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L002

 
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Kr
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MessagePosté le: Mer 19 Avr - 15:58 (2017)    Sujet du message: L002 Répondre en citant

Un certain Markus Zumthor naquit au début du
dix-neuvième siècle, quelque part en Prusse, fils
unique, son Père et sa Mère tenaient une auberge
près de Magdeburg.
Les combats contre Napoléon avaient cessé
quelques années auparavant, le Duché était
redevenu relativement tranquille.

Markus était un enfant plutôt étrange, qui ne
bougeait ni de son berceau, ni de son lit durant
ses trois premières années, toujours très calme, il
ne se manifestait que lorsqu’il avait faim ou
soif, ou encore s’il devait aller aux toilettes, il
dormait beaucoup, ne causant pratiquement
aucun souci à ses parents qui finirent par estimer
comme anormal le fait qu’il ne marche ni ne parle
à trois ans passés, aussi, un matin, son Père dit
à sa Mère:

« Cela ne peut pas durer, il va falloir qu’il
apprenne à parler et à marcher, tiens l’auberge
pendant que je sors faire quelques pas avec lui. »

Le Père prit Markus du berceau, le posa sur le
sol, il tenait debout, il lui prit la main et lui fit
faire quelques pas vers l’escalier, à son grand
étonnement, l’enfant se déplaçait sans
problème, ils descendirent l’escalier, sortirent de
l’auberge, et commencèrent à se promener dans
la ville, puis sur un chemin en
rase-campagne, l’enfant marchait avec facilité, son
Père lui dit:

« On revient à l’auberge quand tu veux, ou dès
que tu seras fatigué. »

L’enfant répondit par un signe indiquant clairement
qu’il voulait continuer, il regardait partout, observait
tout, lorsqu’ils croisaient des gens, il les scrutait
avec attention, certains connaissaient son père avec
lequel ils se mirent à discuter, Markus écoutait
tout, toujours en ne disant rien.

Lorsqu’ils regagnèrent l’auberge, les quelques pas
se traduisaient par plus de treize kilomètres, son
père n’en revenait pas.

« Il commence à y avoir du monde, mais où êtes
vous donc allés durant tout ce temps ? »

« Ne m’en parle pas, tu ne le croirais pas, nous
avons fait des kilomètres, une bonne dizaine, et
même plus, il marche sans fatiguer, comme s’il ne
faisait que cela depuis des années, nous avons
fabriqué un phénomène, peut-être que demain, il
se mettra à nous réciter du Shakespeare. »

Quelques jours plus tard, toujours un matin.

« Maman, j’aimerais encore avoir une tartine, si
c’est possible. »

Ses parents, prêts à descendre au
travail, marquèrent un temps de stupeur, puis
son Père:

« Ca y est, il parle, et plutôt bien. »

« Extraordinaire ! Tu avais raison lorsque tu l’as
décrit comme un  phénomène. »

Markus: « Je ne sais pas si je suis un
phénomène, mais j’aimerais vous regarder
travailler, quitte à me mettre dans un coin pour
ne pas vous déranger, est-ce possible ? »

Les parents demeurèrent plusieurs secondes sans
réaction, puis sa Mère:

« Tu veux nous regarder travailler ?
Bon, pour moi, c’est d’accord, je sais où te
placer, la plus part de nos clients ne seront pas
étonnés, tu verras que notre travail est souvent
agréable, mais tout aussi difficile et fatiguant. »

Markus: « Je m’en doute, vous faites beaucoup
d’heures. »

Son Père: « Mais comment peut-il déjà
comprendre ça !!
C’est pas un phénomène que tu nous a
donné, Martha, mais un génie ! »

Martha se mit à rire.

«Cela se pourrait, l’année prochaine, il ira à
l’école, je suis curieuse de savoir ce que cela
va donner. »

Markus: « L’école, Maman ? Qu’est-ce que c’est ? »

Tobias: « Nous te l’expliquerons plus
tard, Markus, pour le moment, nous devons aller
ouvrir l’auberge, on va te mettre dans un coin
tranquille d’où tu pourras tout voir, quand tu
auras besoin de quelque chose, fais nous un
signe, allez, on descend. »    

Dans les jours qui suivirent, Markus ne passait
plus son temps dans son berceau ou dans son
lit, mais il se déplaçait partout dans le trois
pièces du premier étage, ou dans l’auberge
même, il regardait des images, puis voyait des
symboles qu’il ne comprenait pas, il posa la
question à sa Mère.

« Il s’agit de l’écriture, chaque symbole est une
lettre, et les lettres forment des mots, tout
comme ceux par lesquels nous nous exprimons, tu
sais maintenant ce qu’est l’école puisque nous te
l’avons expliqué, eh bien c’est là-bas que tu
apprendras à lire les mots, pour comprendre ce
qu’ils veulent dire, parmi bien d’autres choses. »

« Maman, apprendre m’intéresse, je veux pouvoir
lire les mots, et savoir beaucoup de
choses, maintenant, je ne dors plus, sauf la
nuit, dans la journée, à l’auberge, je vois des
gens, je les écoute quand c’est possible, cela me
donne une variété, mais là-haut, je vois toujours
les mêmes choses, et ça commence à
m’ennuyer, est-ce que quelqu’un ici à
l’auberge, pourrait m’aider à lire ? »

Les parents de Markus s’habituaient à ses
manifestations, précises, calmes et souvent
opportunes, il se mirent à réfléchir, et Tobias:

« Il y a bien un jeune étudiant qui fait partie de
nos habitués, il vient vers six ou sept heures du
soir, c’est un garçon bien, tu vois qui, Martha ? »

« Bien sûr, Siegfried, un étudiant en sciences, je
crois, il est souvent obligé de travailler pour
payer ses études, on pourrait l’aider en lui
donnant un  repas et une boisson, ça lui
permettrait de travailler un peu moins puisqu’il
est logé, et consacrer une petite heure, par
exemple, à Markus, c’est une bonne idée. »

Markus: « J’ai vu Siegfried, il me fait bonne
impression, pour moi, c’est d’accord. »

L’année suivante, Markus entra à l’école, il
avait 4 ans, savait parfaitement lire et
écrire, et avait appris beaucoup d’autres
choses, avec l’aide de Siegfried, qui poursuivait
ses études scientifiques, une certaine sympathie
et une empathie s’étaient établies avec les
parents de Markus, qui commençaient à voir en
lui un autre fils qu’ils auraient pu avoir, son
dîner était chaque soir assuré.

Ses conversations avec Markus devenaient
de plus en plus intéressantes, et l’une d’elles
porta sur un thème bien connu, la jalousie:

« Tu es déjà le meilleur élève de ta classe, et
de loin, Markus, et un jour, tu seras encore bien
meilleur que moi, mais attention, dans peu de
temps, le fait que tu sois toujours le premier
en tout ne va pas plaire à tout le monde, avec
les instituteurs ou institutrices, et les adultes
en général, ça ira, mais le problème sera avec
tes camarades, j’étais moi-même un bon élève, et
j’ai connu ça, mais pour toi, ce sera
probablement pire, certains camarades vont se
grouper pour chercher à te faire des ennuis, au
cours des récréations, ils vont te faire des
histoires, chercher à t’agresser
physiquement, sous n’importe quel prétexte, cela
représentera pour eux une sorte de revanche, tu
es solide, mais il va falloir apprendre à te
battre, physiquement, ça sera le seul moyen de
t’en sortir, d’être respecté, car seuls les gens que
l’on craint, dont on a peur,  sont respectés, c’est
malheureux, mais il en est toujours ainsi, les
humains sont loin d’être des anges, du moins
nombre d’entre eux, je peux t’enseigner un peu
de boxe et de lutte, je ne suis pas pour autant
un expert en ces domaines, mais le peu que
j’en sais m’a bougrement servi, en m’assurant
une certaine tranquillité, parles en à tes parents. »

« C’est bien ce que j’entends faire, Siegfried, car
je sais que tout ce que tu viens de me dire est
vrai, même maintenant, j’ai remarqué que
certains de mes camarades, toujours les
mêmes, se chamaillaient pour un rien, et dans
la cour des grands, à côté de la nôtre, mais
séparée, j’ai vu des garçons de huit ou neuf ans
se battre, et ils n’y allaient pas de main
morte, certains saignaient à la suite de ces
bagarres, tu as raison lorsque tu dis que le
monde n’est pas angélique, je saurai prendre
mes précautions. »

Il en parla à ses parents qui acceptèrent de
laisser Siegfried, dans la cour arrière de
l‘auberge, non visible des clients, lui enseigner
des rudiments de combat, Markus était
vif, rapide, à tel point que cela surprit
Siegfried plus d’une fois.

« Tu es aussi doué pour le combat que dans
tes études, chapeau Markus, je pense que dans
peu de temps, tu n’auras plus de problèmes. »

Le sport venait d’être inventé en
Allemagne, suite à la révolution et à l’empire, en
Prusse, sous l’influence d’un certain Ludwig, les
clubs de gymnastique se constituaient un
peu partout.

On entendait déjà parler de boxe française, et
des coups de savate, ce n’était pas encore
codifié, mais tel était déjà le mode de combat en
vogue chez les mauvais garçons, près des
barricades, on en parlait déjà dans les clubs de
gymnastique, et Markus fit partie de l’un
d’eux, dès l’année suivante, son ami Siegfried
terminait ses études, et recherchait un
emploi, un vrai, dans son domaine.

A cette époque, grâce à un certain Humbold, on
sortait, en matière d’études, du magistral pour
créer des séminaires, groupes restreints
d’étudiants réunis avec leur Professeur ou
Maître, mais la révolution industrielle et le
système capitaliste ne vont pas tarder à faire
leur apparition, orientant ainsi les recherches
à des fins pratiques.

Mais Markus n’en était pas encore là, durant
les années qui suivirent, toujours premier de
classe, et devenu un redoutable combattant, il
était craint, voire haï par un certain nombre
de ses camarades, et parfois soutenu par
d’autres.

Il avait bien pris quelques mauvais coups au
départ, mais avait su régler ses dettes avec
intérêts, dans l’adolescence, on le laissa
tranquille, son savoir augmentait
considérablement, doté d’une mémoire
eidétique et d’un certain niveau de conscience
de lui-même, qui lui permettait de conserver
les perceptions afin de mieux les analyser, il
se rappelait pratiquement de tout ce qu’il
apprenait, quelle qu’en soit la
forme, image, écrit, ou autre.

Devenu adulte, ses parents sachant déjà
depuis longtemps qu’il ne reprendrait pas
l’auberge qui marchait plutôt bien, il enseigna
en un premier temps, tout en continuant ses
recherches, il fit, bien sûr, certaines
découvertes en se tenant constamment au
courant de l’actualité, de ce qui pouvait
exister dans d’autres pays, mais se garda bien
d’en parler, il opta pour un enseignement de
base, assez traditionnel, laissant ainsi ses
élèves faire comme lui, c’est-à-dire poursuivre
leurs recherches de la science pure, selon la
mode Humbold, les domaines d’application
commençaient à se profiler, mais seulement
en filigrane.

Il entretenait constamment sa condition
physique, perdit Siegfried et même ses parents
de vue puisqu’il voyageait sans cesse à la
recherche de nouvelles connaissances, il passa
plusieurs années en Asie, étudia des
enseignements ésotériques, puis revint en
Europe, séjourna en Angleterre et en
France, avant d’aller aux Etats Unis, à
l’approche de la quarantaine, il décida
d’étudier les possibilités de la médecine, dans
le but de chercher à prolonger sa durée de
vie, il avait encore tant à apprendre.

Il comprit très vite le problème de la durée
de vie, que l’être humain est une sorte de
micro-univers, l’univers est constitué de
forces agissantes qui sont:
La gravitationnelle, l’électromagnétique, les
nucléaires, forte et faible, qui créent des
ensembles atomiques et moléculaires, puis
des étoiles et des galaxies, chez l’homme, une 
ou plusieurs force(s) existent également, mais
leur répartition et leur rôle sont un  peu
différents, car la base de la création que l’on
traduira par naissance, existe déjà au
départ, l’homme dès sa naissance n’est plus
en phase de création, mais de
développement, les éléments du
micro-univers grandissent tout en
s’harmonisant, jusqu’à l’état adulte, les
composantes de base, tels
qu’organes, vaisseaux, réseaux nerveux et de
communication sont plus ou moins
connus, mais quelque chose  lui échappait
encore, une sorte de structure hypothétique
qui rendait chaque individu unique et qui
devait l’accompagner, le former, de la
naissance jusqu’au décès, peut-être le secret
était-il là, mais il ne faisait que le supposer.

Il était repassé chez lui , histoire de se
rapprocher de ses parents qui vieillissaient, il
apprit que Siegfried était parti en
Angleterre, pour exercer à Londres comme
conseiller scientifique, les sciences aux
USA, ou en Angleterre, c’était encore un peu
tôt, mais devait-il impérativement résoudre son
problème, ou au moins obtenir une solution
partielle par la science ?

Il n’en était pas convaincu, et c’est à ce moment
là que son savoir et sa pratique de certains
enseignements ésotériques lui furent utiles.

C’était un gaillard solide de plus d’un mètre
quatre vingt, qui, à 45 ans, âge qu’il ne
paraissait pas, était en pleine forme, il
repensa aux trois nourritures, les
aliments, l’air, et les impressions, tout devait
commencer par là, il débuta par la
nourriture, non seulement il ne devait pas
manger n’importe quoi, mais il devait mâcher
longuement ce qu’il absorbait, cela facilitait
considérablement le travail de l’estomac, puis
du foie, et il adopta un mode de
respiration, l’objectif étant de tirer un
maximum d’énergies de l’air inhalé, enfin, il
travailla sur les perceptions, avant même de
les transformer en impressions, au bout de
quelques mois, tout en continuant à
entretenir son physique, il constata de nettes
améliorations qui lui donnèrent l’impression
de rajeunir de 15 ou 20 ans, il se remettait à
faire des choses dont il ne se serait plus cru
capable quelques semaines auparavant.

Chez ses parents, qui prendraient bientôt leur
retraite, il n’avait pas de problèmes d’argent, et
disposait de tout son temps, il travailla sur
lui-même, sur la conscience de soi, qui lui permit
d’augmenter le qualité de ses perceptions, de
ses impressions, et de la maîtrise globale de son
usine interne, son corps, il parvenait à situer les
réseaux nerveux, y compris ceux du
cerveau, puis les cellules, et c’est là qu’il fit une
découverte, dans un endroit bien précis du
cerveau, résidait un groupe de cellules qui ne
réagissait pas comme les autres, et il se mit
à méditer:

« Je ne suis pas encore capable d’agir
directement sur les productions de cellules, il
doit y avoir un moyen de les activer en
permanence, une sorte de réactivation cellulaire
qui me permettrait de ne pas vieillir, une ou
deux clés dans un certain enseignement pourrait
m’aider à y parvenir, mais le groupe
différent, quelle est sa fonction ?
Par ailleurs, les clés utiles exigent beaucoup
d’énergie, que l’on peut obtenir de certaines
plantes que je n’ai pas vues ailleurs qu’en
Asie, dois-je retourner là-bas ?

Les sciences ont fait des progrès ces vingt
dernières années, mais ils ne sont pas
suffisants pour résoudre ma préoccupation, je
ne fais que retarder jusqu’à un certain point
le processus de vieillissement, ne nous
précipitons surtout pas, mais il me reste peu
de temps pour trouver une clé dans de
bonnes conditions, Jhankri et Narayan sont
maintenant très âgés, s’ils vivent encore et si
je dois repartir, c’est maintenant.
Quelques jours plus tard, il quitta ses parents
pour retourner en Asie, il revit Jhankri
quelques semaines plus tard, ce dernier lui
dit que Narayan venait de rendre son dernier
soupir quinze jours auparavant.

« Tu aurais pu le voir, Markus, en venant un
peu plus tôt, il est parti en paix, il
disposait, tout comme moi, du pouvoir de
rendre sa vie plus longue, mais il ne le
souhaitait pas vraiment, comme tu le
sais, nous avons suivi le même
enseignement, mais nos perceptions de son
contenu étaient un peu différentes, il partait
du principe qu’il devait suivre son destin, sans
rien modifier, alors que toi et
moi, cherchons, au contraire, à améliorer
notre condition. »

Jhankri, à l’âge de 103 ans, était loin de les
paraître, il avait tous ses cheveux, était d’une
souplesse et d’une force étonnantes, ils
étaient dans une vaste pièce d’un temple, il
se mit à marcher sur les mains, sans effort
apparent, durant des dizaines de mètres, avant
de revenir près de Markus.

« Tu vois, et je me sens encore en très bonne
forme, cela aurait pu aussi être le cas de
Narayan, mais ces derniers temps, la perte de
certains de ses proches l’avait affecté, et si
fort fût-il, il ne pût rien y faire, car il ne voyait
plus l’intérêt de rester en vie. »

« Oui, Maître, mais il avait 101 ans, je crois, ce
n’est déjà pas mal. »

« Certes, Markus, mais ce n’est pas le « pas mal »
que toi et moi recherchons, nous sommes bien
plus exigeants, tu as été notre meilleur élève, et
tu disposes de facultés que même moi, je ne
possède pas, je réussirai à vivre encore un
certain temps, mais toi, tu as bien fait de
revenir, car tu dois pouvoir faire mieux, je vois
par ton aura que tu as atteint un très haut degré
de conscience, tu approches le premier seuil de
la grande connaissance, je dirais même que tu le
touche presque, et je sais ce qu’il te manque
pour l’atteindre, mais avant de t’en
parler, racontes-moi donc tes voyages. »

Markus raconta sa vie en Europe, puis aux
USA, pensant pouvoir aboutir par la
science, puis termina par:

« C’est encore trop tôt, Maître, pour la
science, peut-être que dans deux ou trois
siècles, certains pourront réussir par ce
biais, mais il leur faudra aussi plus de savoir
en médecine, leur fameuse révolution industrielle
va privilégier l’usage de machines de plus en plus
modernes et performantes, mais cela ne les fera
pas progresser sur eux-mêmes. »

« Et tu as tout à fait raison, l’occident a toujours
été une zone de combats, de conflits et de
guerres, les blancs, toi excepté, n’ont pas une
maturité suffisante, et ne savent pas distinguer
ce qui est important, tout simplement parce
qu’ils dorment même lorsqu’ils se croient
éveillés. Tu as cru à la science ?
Et peut-être penses-tu avoir perdu du temps ?
Eh bien non, tu as fait ce que tu devais faire, la
science te servira plus tard, je pense qu’un grand
destin t’attend, et je savais que tu reviendrais.

Tu as bien situé le cas du groupe de cellules
différentes des autres, et c’est tout à fait
exact, il s’agit d’une sorte de système
d’autodestruction, tu as sans douté remarqué
que des gens, qui se portaient encore
bien, mourraient d’un seul coup, de ce qu’ils
appellent une belle mort, en dormant durant
la nuit,  sans même s’en apercevoir, c’est le
résultat de l’action du système en question, à
ma connaissance, on ne peut pas le
supprimer, mais peut-être est-il possible de
le neutraliser, tu devrais avoir la réponse si
tu atteins le seuil dont je t’ai parlé, revenir
récupérer de l’énergie par deux ou trois
plantes que nous connaissons ?

Ce n’est pas la bonne solution, cela équivaudrait
à tenter d’augmenter ta conscience en prenant
de la drogue, car certaines peuvent le
faire, mais les résultats obtenus sont
artificiels, tu peux très bien trouver une
chambre vide.

Il est temps de t’enseigner la pratique de trois
exercices sacrés, car ce sont précisément
ceux-là qui te permettront d’acquérir l’énergie
qui te manque, et bien d’autres choses, ils
sont très peu connus, Narayan a pratiqué le
premier pendant un temps, mais… 

Tu as travaillé sur toi pour augmenter la qualité
de tes perceptions, c’est excellent, car ce travail
représente la base du premier exercice, à
quelques variantes près, encore plus
efficaces, mais il n’est pas possible de pratiquer
les trois exercices en même temps, car la
maîtrise de chacun correspond à un degré
d’évolution, tu ne pourras aborder le second
que quand tu maîtriseras parfaitement le
premier, et ainsi de suite, tu es actuellement, en
quelque sorte, à une dernière croisée de
chemins avant la libération, le choix ?

Tu repars tenter quelque chose d’autre
ailleurs, avec des résultats très
hypothétiques, ou bien tu restes ici, tu
apprends encore, pour d’autres résultats dont
tu es déjà très proche, la décision te revient. »

« Vous vous doutez déjà de quelle décision je
vais prendre, sans hésitation, je reste. »

« Bonne décision, Markus, dès demain, nous
nous attaquons au premier exercice. »

Et c’est-ce que firent les deux hommes, au
bout de quelques semaines d‘un intense
travail, Markus s’acquitta du premier
exercice pour aborder le second, autant
le premier lui avait semblé relativement
simple, car le travail sur la qualité des
impressions, il le pratiquait déjà depuis
longtemps, à quelques variantes près, autant
le second exercice était un tout autre
chapitre, qu’il n’avait jamais vraiment
abordé, et qui s’avérait nettement plus
difficile, il s’agissait d’affiner les énergies
circulant dans son corps par un rappel global
extrêmement poussé et sans faille, cela lui
prit autant de mois que de semaines pour le
précédent, mais il parvint encore à ses
fins, il venait de passer deux échelons, il lui
en restait un, le plus dur.

« Maintenant, Markus, je te conseille de
prendre quelques jours de repos, afin
d’aborder cet exercice dans des conditions
maximales, car il exige beaucoup plus
d’énergie que les précédents, toi et moi en
sommes au même point, je n’ai plus rien à
t’apprendre, il n’y a plus désormais de Maître
ni d’élève, tu es toi-même un Maître, nous
sommes à égalité, si tu parviens au bout de
cette tentative, tu auras atteint un point qui
m’a toujours échappé. »

« Vraiment, Maître, en quoi consiste-t-il ? »

« Comme je te l’ai dit, il n’y a plus de Maître
entre nous, en quoi consiste cet exercice ?

Théoriquement, c’est simple, ce que tu as
réussi pour tes perceptions et pour ton
corps, tu dois maintenant le faire avec la
totalité de ton être, c’est à dire également
avec ton cerveau, tout cela en même
temps, d’après ce que l’on m’avait enseigné
il y a fort longtemps, tes perceptions passeront
du niveau des cellules à celui des
atomes, encore un autre monde, un autre
univers à ta disposition si tu réussis, et là, tu
auras inévitablement la réponse que tu
cherches, puisque les atomes constituent
des cellules. »

« Atomos ! La fameuse particule invisible
des grecs repris par un certain Dalton en
1808, la plus petite composition d’un
corps, vous avez raison lorsque que vous me
dites que la science pourra un jour m’être
utile, mais puisque vous parlez
d’atomes, vous en connaissez l’histoire ? »

« Bien sûr, Markus, pour atteindre notre
niveau, les exercices ne suffisent pas, il nous
faut également disposer d’un minimum de
savoir, rappelles-toi tout ce qui se rapporte
à l’essence et à la personnalité qui, dans un
être, doivent former un équilibre harmonieux. »

Quelques jours plus tard, il s’attaqua au
final, avec l’assistance de Jhankri, conforté
par les résultats précédents qui lui donnèrent
un moral à toute épreuve, il travailla sans
relâche durant plusieurs années, il venait
d’avoir 50 ans lorsqu’il obtint enfin le
succès, il avait réussi, et bien des choses
allaient se modifier en lui, à commencer
par la naissance, la vie, et la finalité d’un
évènement, le pourquoi et le comment de
nombreux phénomènes, un nouvel
univers, peut-être le causal de ceux qu’il
connaissait déjà, lui apportait une nouvelle
compréhension de tout, il avait atteint une
nouvelle dimension, il en existait encore
d’autres derrière, il le savait, mais chaque
chose en sont temps, et ce temps, il venait
de l’allonger, sa durée de vie allait
singulièrement s’adapter à une autre échelle
qui ne se mesurerait plus en années, mais
en siècles.

« Bravo, Markus, maintenant, c’est toi qui es
devenu mon Maître, ne parlons pas de tout
ce que tu vas découvrir, car toi seul peut
désormais le savoir, j’ai réussi ma
mission, maintenant, je peux penser à partir. »

« Certainement pas, Jhankri, c’est à mon tour
de vous aider, et de vous dire qu’après
quelques jours de détente, nous pourrons
procéder à l’exécution du dernier exercice. »

« Surtout pas, Markus, un autre destin
t’attend, car tu n’en resteras pas
là, maintenant, tu dois agir pour ton propre
compte, tu vas pouvoir me quitter, retourner
vers l’occident, découvrir encore un tas de
choses, et notamment à quel point les gens
sont endormis, même à l’état de veille, mon
fils spirituel a dépassé son Père spirituel, c’est
toi qui doit continuer, j’aurais eu cinquante
ou soixante ans de moins, peut-être aurais-je
accepté ton offre, mais cela aurait également
signifié un manque de sagesse de ma part, à
chacun son parcours, on pourrait penser que
dans le monde des humains, la solidarité
devrait régner, mais les Lois de l’univers en
décident autrement, désormais, tu es seul, et
tout ce qui t’a été apporté par l’extérieur, par
tes parents pour commencer, puis à travers
tes études, tes voyages, puis enfin par
moi, cela t’appartient, et il ne te reste qu’à en
faire bon usage. »

Markus ne mit pas longtemps à parvenir à la
même conclusion, il resta encore quelques
semaines près de Jhankri, il possédait la
réponse relative au groupe de cellules
anarchiques, certains résultats du troisième
exercice les avait momentanément
anesthésiées, mais elles pouvaient encore se
réveiller au moindre manque de vigilance, les
résultats acquis n’étaient pas encore
permanents, un niveau supérieur ?
Oui, mais lequel ?
Que faut-il encore faire pour l’atteindre ?

Il mit à profit ce temps de repos tout en
maintenant une certaine vigilance pour
entretenir son physique et réfléchir, hors du
groupe d’autodestruction, il venait de
découvrir quelque chose d’autre qui
l’intriguait, une sorte de macromolécule de
forme bicaténaire qui semblait avoir des
ramifications un peu partout, et jouer un rôle
très important, pouvait-il agir sur cette
macromolécule ? Était-ce opportun ?
Il ne le savait pas encore et préféra
s’abstenir, tout en continuant à l’observer, il
s’agissait d’un groupe complexe dont
l’importance lui apparut de plus en plus au
cours du temps, il voyait désormais tout son
intérieur en images, comme s’il regardait une
vidéo qui n’existait pas encore.

A son retour en Prusse, qui faisait désormais
partie de l‘Allemagne, il apprit le décès de son
père, trois ans auparavant, sa
mère, Martha, était encore en assez bon
état, mais marchait difficilement, il fit juste
un passage avant de penser à retourner aux
Etats Unis, il était trop connu près de
Magdeburg, et les gens voyaient qu’il ne
vieillissait pas, mieux valait ne pas
s’éterniser, l’auberge avait été revendue, mais
Martha continuait à occuper le trois pièces du
premier étage.

Juste avant de partir, elle lui dit:

« Adieu, mon garçon, je crois que je ne te
reverrai plus, les gens de ton âge paraissent
déjà vieux alors que tu restes presque un
jeune homme, c’est vraiment
extraordinaire, mais je savais que tu es
particulier et que tu auras un destin hors
du commun, ton Père le disait aussi. »

Une profonde émotion envahit Markus, mais
il fallait qu’il parte, et de préférence vers un
lieu dans lequel il n’avait pas encore mis les
pieds, il avait hérité de son père d’une
certaine somme d’argent qui pouvait le mettre
à l’abri durant plusieurs années.  

Il se ravisa sur la destination de son
voyage, et opta pour la France, récemment
vaincue par la guerre franco-allemande de
70, il opta pour la région Alsace-Moselle
appelée également Alsace-Lorraine.

Otto von Bismarck, dont la politique différait
de celle de Napoléon III sur une éventuelle
constitution de l’Europe, ce dernier avait été
exilé, la France se trouvait sous la troisième
République, la Prusse avait d’abord été
intégrée dans la Confédération d’Allemagne
du Nord, puis dans l’empire allemand en 1871.          

Markus Zumthor quitta l’Alsace-Lorraine au
bout de quelques mois pour résider à
Paris, après avoir estimé que c’est dans cette
capitale qu’il obtiendrait un maximum de
nouvelles dans tous les domaines.

L’ADN venait d’être découvert par un certain
Miescher, Markus fit immédiatement le
rapprochement avec la macromolécule, il
restera quelques années à Paris, la science ne
progressait pas encore comme il le
souhaitait, on inventait quelques petites
choses, la machine à écrire, la dynamite, la
bicyclette, la dynamo, les éléments périodiques, la
théorie des ensembles, le téléphone, les
horloges électriques, la première émission
radio, la lampe électrique, puis en 1879, naît
Albert Einstein, mais c’est une autre histoire.

Markus profita de ces quelques années pour
maintenir ses divers entraînements, mais tant
dans le domaine scientifique, que dans
l’ésotérique, il était momentanément devant une
impasse, il pouvait inventer certaines choses
dans les sciences, mais cela ne lui serait pas
encore vraiment utile en un premier temps, dans
l’ésotérique, le degré supérieur qu’il recherchait
ne présentait toujours pas de porte d’accès.

Il pouvait toutefois voir comment les
évènements se développaient, et en prévoir
d’autres, il voyait les auras des gens, et le
profond sommeil dans lequel ils vivaient, que
pouvait-il tirer de tout cela?

Il décida d’acquérir une fausse identité, dans
la fin des années 70, un prussien pouvait ne
pas être bien vu, il parlait parfaitement le
français et l’anglais, et décida d’exercer  en
tant que conseiller scientifique
français, répondant au nom de Charles
Dupont, âgé de 38 ans, car à l’approche
de la soixantaine, il en paraissait plutôt
entre 30 et 40.

Il donnait également des cours privés à
des jeunes étudiants qui s’orientaient vers
les sciences, la recherche, afin de se
constituer un complément de salaire qui
lui permette un mode de vie aisé.

Il pensa bien, à cette époque, à s’acheter
un terrain dans un endroit discret, pour se
constituer un laboratoire de recherches, mais
cela nécessitait un paquet de conditions qu’il
n’était pas encore en mesure de
satisfaire, d’abord parce que les gens
travaillaient beaucoup, les vacances n’existaient
pas vraiment, quelques jours fériés, mais sans
plus, et son statut de conseiller scientifique ne
lui permettait pas de s’absenter trop
longtemps, il lui fallait attendre une époque plus
propice, il habitait un rez de chaussée, dans un
bâtiment haussmannien sécurisé, et disposait
d’un sous-sol assez vaste qui lui servit de
premier laboratoire.

Il savait comment prendre les gens dans le
sens du poil, et s’était établi d’importantes
relations susceptibles de lui faciliter les
choses, comme scientifique, il intéressait des
gens importants, mais toujours dans la discrétion.

Pas question de devenir célèbre, ou seulement
connu, toujours derrière le rideau, en éminence grise.

Il ne disposait plus d’un temps suffisant pour
rechercher un degré supérieur d’évolution, même
avec ses brillantes facultés, il ne pouvait que
maintenir son acquis, il avait étudié les
processus du froid, notamment pour les appliquer
à la conservation des aliments, les
réfrigérateurs à absorption et autres congélateurs
existaient déjà depuis des années, mais il sut
perfectionner le système et les moderniser, il
disposait de trois grands congélateurs et de
deux frigos dans son sous sol, qui lui
permettaient de stocker des aliments et
boissons, il fabriqua également un
système de production électrique
indépendant, une arrivée d’eau, et bien
sûr, la lumière avec des lampes
électriques, dans nombre d’applications, il
avait presque un siècle d’avance sur son
époque, et s’intéressait à l’énergie
solaire, mais les composants n’étaient pas
encore disponibles, peu importe, il attendrait.

Une trentaine d’années plus tard, il n’était
plus à Paris, mais à Marseille, il se nommait
désormais  Gérard Lemoine, toujours âgé
de 38 ans alors qu’il avait près d’un
siècle, donnant toujours des cours privés 
à des étudiants, qui lui permettaient de ne
pas exercer de fonction officielle, il avait
repris le même genre de domicile qu’à
Paris, un trois pièces au rez de chaussée avec
un sous-sol laboratoire dans lequel il avait fait
tout transférer, la science n’avançait
guère, peu de nouvelles découvertes, sauf
peut-être celles d’un certain Albert Einstein qui
commençait à faire parler de lui.

« Tiens ! Cet Einstein est intéressant,  un
allemand comme moi, il est bien jeune, sa
théorie des quantums, exacte dans sa
base, mais pas tout à fait dans certains
détails, son  équation mc^2 ?

Qui indique qu’un objet se déplaçant à la vitesse
de la lumière aurait une masse infinie ?
 
C’est à la fois vrai et faux, tout dépend du
référentiel dans lequel l’objet se trouve, il
sera peut-être à suivre, celui-là, il me fait
penser à Max Planck qui lui aussi, fait
avancer la science.

Mais j’ai idée que ce qu’ils découvriront me
servira plus tard, probablement dans un
siècle, que vais-je faire entretemps? »

Plusieurs dizaines d’années s’écoulèrent, Markus
avait fait un certain nombre de découvertes
scientifiques et médicales, mais il devait changer
constamment de lieu et d’identité, cela
devenait de plus en plus difficile, par le fait
que maintenant, les autorités de chaque
pays disposaient de moyens adéquats pour
pouvoir repérer n’importe qui, n’importe
où, et une identité spontanée venant de nulle
part excluait tout travail officiel, et tout
enregistrement dans le système.

Agé de 180  ans, il avait connu les deux
guerres, la bombe atomique, la télévision, le
voyage sur la Lune, les satellites, les
ordinateurs, suivi de près toutes les
découvertes, tiré parti de certaines, aménagé
enfin à peu près complètement un laboratoire
souterrain en Terre de Feu, argentin sous le
nom de Carlos Marquez, 40 ans, il était
supposé être un explorateur, cela voulait tout
et ne rien dire, et un explorateur, surtout
inconnu, n’intéressait personne, il serait bien
allé en Antarctique, ce qui aurait été l’idéal
pour sa tranquillité, mais peut-être pas
pour l’approvisionnement, il avait acheté un
terrain, dans une zone discrète près du
détroit de Magellan, là aussi, personne ne le
dérangeait, il passait de temps à autres à
Puntas Arenas ou à Ushuaia pour ses achats
qu’il payait toujours en cash, il avait mis
dix ans pour se construire une maison, pour
le décor, juste aménagée minima, puis surtout
son laboratoire, à 20 mètres en sous-sol, dans
lequel il était totalement indépendant et
invisible, maintenant que l’an 2000 venait
de passer, il pût enfin prendre quelques jours
de repos, en profiter pour remplir ses
congélos et ses frigos, et réfléchir sur ses
futures priorités.

« Bon, maintenant je dispose d’un matériel
dernier cri en tout, d’une salle de
sports, d’une chambre et d’un salon
confortables, seuls l’alimentation, les boissons
et les produits d’entretien m’obligent à sortir
de temps à autre, mon développement
psychique n’est plus une priorité,  mon plan de
marche est facile à établir:

- Construire un androïde intelligent qui en
fera d’autres.

- Ils me fabriqueront des aliments, des
boissons, des produits d’entretien, entretiendront
les lieux, feront la cuisine, et m’éviteront toute
corvée, enfin, m’aideront à constituer un
vaisseau spatial.

-Je n’aurai plus besoin d’argent, ils feront
également des recherches scientifiques et
médicales, pendant que je poursuivrai
les miennes.

- J’ai déjà une idée assez précise sur la
manière de plier de l’espace temps, et saurai
dans peu l’appliquer en construisant, ou
faisant construire des propulseurs. »

Il prolongea son temps de repos pour acquérir
toutes les matières premières nécessaires à la
fabrication d’un androïde, qu’il saurait rendre
plus intelligent que la normale, doté de deux
ordinateurs puissants et indétectables, il
continuait à suivre les actualités partout
dans le monde.

« Me voilà à une autre croisée de chemins, je
sais comment rendre un androïde
intelligent, grâce aux résultats obtenus des
derniers enseignements de Jhankri qui ne doit
plus être de ce monde, peut-être pourrais-je
même lui transmettre mes pouvoirs
psychiques, grâce à mes connaissances et à
certaines capacités d’action sur les
atomes, lui donner une totale ressemblance
humaine ?

Je sais que cela se fait au Japon, mais pour
moi, ce n’est pas nécessaire, deux jambes, deux
bras, une tête, d’accord, mais surtout qu’il soit
solide, par la suite, il me faudra d’autres matières
premières, heureusement que je n‘ai jamais
dépensé beaucoup d‘argent, et qu‘il m‘en reste
pas mal, probablement pour plusieurs
années, mais commençons par le premier qui
sera, en quelque sorte, mon assistant. »

Il ne se pressa pas, et mit près de deux ans à
construire un androïde de sa taille, qu’il
surnomma Siegfried, il a longuement hésité
avec Tobias, mais pensa que ce serait un
certain manque de respect envers son défunt
père, il paracheva deux ou trois dernières
finitions puis:

« Il est temps de le mettre en marche, afin de
voir si j’ai bien travaillé. »

Il appuya sur un bouton de télécommande, et
quelques secondes plus tard:

« Je suis Siegfried,  mon concepteur est 
Markus Zumthor, je dispose d’une certaine
quantité de données que je vais
compiler, afin de me mettre à Jour »

Puis il cessa de parler, de temps à autre, un
très léger fond, à peine audible, des minutes
s’écoulèrent, puis il reprit la parole:

« Je vous vois et vous salue, vous êtes
Markus Zumthor, mon concepteur, vous êtes
conforme aux images qui existent dans mes
données, en quoi puis-je vous être utile ? »

« Excellent, Siegfried, sois le bienvenu dans
l’équipe qui se compose, pour le moment, de
toi et de moi, effectue donc quelques
déplacements, en avançant, en tournant, en
reculant, puis en avançant de
nouveau, ceci, afin de voir s’il n’y a pas de
problèmes mécaniques. »

L’androïde s’exécuta, durant cinq minutes, il
allait, venait, s’arrêtait, repartait, tout en
regardant partout, puis il s’arrêta pour répondre:

« Mes déplacements sont assez souples, aucun
problème mécanique détecté.
Comment dois-je vous appeler ? Maître, Professeur ? »

« Rien de tout cela, Siegfried, à partir de
maintenant, tu es mon assistant et mon ami, on
se tutoie, et tu m’appelles Markus. »

« Très bien, Markus, être ton assistant et ami est
un honneur, que dois-je faire d’autre? »

« Je pense pouvoir encore t’améliorer, Siegfried, et
pour me le permettre, tu devras procéder à des
tests de connaissance, de mémoire, tes
déplacements sont effectivement bons, mais un
peu plus de souplesse ne serait pas un
mal, vérifie toutes tes connexions, et signale
moi la moindre anomalie. »

« Je procède, Markus. »

Une heure s’écoula.

« Mes programmes sont clairs et fonctionnent
bien, mes connexions sont bonnes, la souplesse ?
Oui, c’est à étudier, mais je ne vois aucune
anomalie. »

« Bon, alors nous allons faire le tour des
lieux, je vais te donner les explications
nécessaires, et tu pourras me servir un bon
whisky avec de la glace, dans un verre, voilà
un premier test. »

Dix minutes plus tard:

« Voici ton whisky, Markus. »

Siegfried avait un verre à la main, plein de
whisky on the rocks, qu’il posa doucement sur
la table du salon, devant son concepteur.

« Bravo, service impeccable, à la
tienne, Siegfried, dans quelques minutes, je te
montrerai l’usage de mes deux ordinateurs, tu
pourras alors faire ta vraie mise à jour. »

« Je patiente, Markus. »

Par la suite, il montra à son androïde l’usage
des ordinateurs, et comment lui permettre d’aller
à toutes les applications, ce dernier lui servit
son dîner, en toute conformité, avec les boissons
adéquates, avant de retourner aux ordinateurs.

« Encore un service impeccable, je vais le
regarder faire. »pensa Markus.

Trois heures plus tard, alors que Siegfried était
toujours devant les ordis, Markus prit une
douche et se coucha, le lendemain matin:

« Bonjour Markus, je vais pouvoir te servir ton
petit déjeuner, café et croissants comme
d’habitude ? »

« Oui, Siegfried, café et croissants, où en es-tu
dans tes compilations ? »

« Je pense que j’aurai tout vu sur ton premier
ordi vers midi, c’est vraiment intéressant, après
ton déjeuner, je pourrai passer au second. »

L’androïde qui ne dormait jamais, avait passé
toute la nuit à compiler, vu la quantité des
données accumulées dans la machine, Markus
constata que Siegfried était extrêmement
rapide, et que dès le lendemain, cela présagerait
à d’excellentes discussions.

Il ne se trompa pas, le lendemain à midi:

« Bon, je vais te préparer ton déjeuner, dis-moi
ce que tu souhaites. »

« Un whisky pour commencer, puis un couscous
avec un bon petit rouge, un malbec, j’aurais bien
privilégié un boulaouane gris, mais je n’en ai
pas, après, un fromage, un camembert par
exemple, puis une glace, n’importe laquelle, enfin
un café. »

Siegfried fit la cuisine et le service, prit le temps
d’observer Markus afin de savoir quand présenter
le plat suivant, puis au café:

« J’ai tout compilé, sur tes deux ordis, très
intéressant, je pense maintenant être à jour, et
nous allons pouvoir en discuter si tu le souhaites. »

« Bien sûr que je le souhaite, j’aurai certainement
pas mal de questions à te poser, si je me souviens
à peu près de tout, car je dispose d’une mémoire
un peu spéciale, elle ne vaut toutefois pas la
tienne, il y a plusieurs questions qui me
préoccupent, mais je t’en parlerai plus tard. »

« S’il s’agit de celles du contenu du rapport
texte « Priorités01.wbk », on pourra
effectivement en parler quand tu le voudras. »

Markus était stupéfait, non seulement
l’intelligence de Siegfried ne faisait aucun
doute, mais en plus, tout comme un humain, il
était capable de voir de suite ce qui
était important.

« Je finis mon café, tu me ressers un whisky, et
on en parle après. »

Quelques minutes plus tard:

« Bon, alors je t’écoute. »

« Reprenons les points importants qui sont au
nombre de cinq:

1/ Construire un androïde intelligent qui en
fera d’autres.

Tu as résolu la moitié de ce point, puisque je
suis là, quant à créer d’autres androïdes qui me
soient identiques, je vais te demander quelques
jours avant de pouvoir te donner une réponse.

2/ Ils me fabriqueront des aliments, des
boissons, des produits d’entretien, entretiendront
les lieux, feront la cuisine, et m’éviteront toute
corvée, enfin, m’aideront à constituer un
vaisseau spatial.

Si je parviens à créer une équipe, avec mise à
jour, pour l’entretien et les corvées, pas de
problème, fabriquer des aliments, des boissons
et des produits d’entretien, nous devrons
étudier cela.

3/Je n’aurai plus besoin d’argent, ils feront
également des recherches scientifiques et
médicales, pendant que je poursuivrai les miennes.

Recherches scientifiques et médicales ?

Bien sûr, il faudra nous préciser lesquelles, et si
nous devons creuser dans ce sous-sol pour
trouver d’éventuelles matières premières.

4/ J’ai déjà une idée assez précise sur la manière
de plier de l’espace temps, et saurai dans peu
l’appliquer en construisant, ou faisant construire
des propulseurs.

J’ai vu cela dans tes écrits composés de
formules, cela rejoint les recherches scientifiques.

5/ Passer à un degré supérieur de conscience.

Vu ton résumé, et lu tes expériences avec
Jhankri, remarquable, d’après ce que je sais par
ailleurs, concernant les humains, tu as
effectivement atteint un degré de conscience
élevé, ton âge fait partie des preuves, mon
premier avis serait que tu dois comprendre les
quatre forces de l’univers, c’est-à-dire les
intégrer en toi, les vivre, en quelque sorte, comme
tu l’as fait auparavant sur les organes, les
nerfs, les cellules, et les atomes, je pense que la
solution est là, mais comment procéder ?
 
Ca, je ne peux pas encore te l’expliquer. »

Les réponses aux points 3 et surtout 5 étaient
fulgurantes, Markus demeura interdit durant
quelques secondes.

« Formidable, Siegfried, tu es hallucinant, le
point 3, creuser le sous-sol pour trouver des
matières premières, vraiment excellent.

Quant à ta réponse au point cinq, il se pourrait
bien qu’elle soir la bonne, je l’ai cherchée pendant
longtemps, et j’aurais dû penser aux quatre
forces, pour le comment, Jhankri n’est
certainement plus là pour me le dire,  mais je vais
chercher, j’aurai du temps pendant que tu
verras comment constituer tes semblables. »

« Sans doute, Markus, mais ne vas pas trop
vite, attends que je puisse te répondre sur ma
reproduction, si elle est positive, il me faudra
toutes les matières premières, que tu connais
parfaitement, pour procéder, autre
question, si cela m’est possible, combien
devrais-je en constituer ? »

« Je dirais une dizaine, cela ferait une bonne
équipe dont tu serais le coordinateur . »

« Bon, eh bien il ne me reste qu’à étudier
la question. »

Quelques jours plus tard:

« Markus, heureusement que tu as eu l’idée
d’établir un document complet sur ma
création, je peux te répondre par
l’affirmative, sous réserve de disposer des
matières premières nécessaires, pour dix
androïdes, je te donne les quantités… »

« Je passe en texte dans l’ordi pour les
inscrire, vas y

 …………………………………

Ouais, cela me fait pas mal de choses à
acheter, et je devrai louer un véhicule de
transport, bon, ok,  je vais faire différents
magasins sur deux villes pour ne pas me faire
repérer, il faut compter une semaine.»

« Délai qui me paraît raisonnable, j’attends
pour procéder, tu as mis deux ans pour me
créer, je pense pouvoir aller un peu plus
vite, tout en procédant aux vérifications en règle. »

« Je n’en doute pas, tiens ! Sers-moi plutôt un whisky. »

« Ok, patron, à votre service. »

« Et en plus, tu as de l’humour, super ! »

La suite se passa relativement vite, au bout de
deux ans, Markus disposait d’une équipe
complète de onze androïdes, sur les dix
nouveaux, cinq avaient des prénoms
masculins, Albert, Günther, Klaus, Rudolf, et Werner.

Les cinq autres s ‘appelaient: Amber, Hilda
Kirsten, Lydia et Veronika.

Les rôles avaient été distribués par Markus
et Siegfried:

Recherches scientifique: Günther, Rudolf, Hilda
et Veronika.

Recherches médicales: Albert, Werner, Amber
Kirsten.

Entretien et service: Klaus et Lydia.

Mais tous disposaient des mêmes
connaissances, et pouvaient intervenir dans
divers domaines, Siegfried était considéré
comme leur coordinateur.

Creuser le sous-sol s’avéra intéressant dans les
deux domaines de recherches, le scientifique
permit de trouver la possibilité de constituer
un corps assez solide pour voyager dans
l’espace, cette savante composition permettrait
à un vaisseau de ne pas craindre les météorites.

En médical, une composition bien étudiée et
sans effet secondaire, annulait l’action humaine
du système d’autodestruction en l‘anesthésiant
d‘une manière permanente, et elle pouvait
également accélérer la reproduction des
cellules, de telle sorte  que Markus devenait
réellement immortel, sauf dans certains cas
trop rapides pour une activation.

Quelques années plus tard, le problème des
aliments, boissons et autres produits
d’entretien était résolu, et vers 2020, alors que
Markus approchait les deux siècles, le vaisseau
spatial était presque fini, mais le problème de
la vitesse/lumière dans les propulseurs n’était
pas encore réglé.

Il le sera dix ans plus tard, en 2030, un
vaisseau de 200 mètres de long sur 20 mètres de
haut, doté de deux propulseurs appelés des
Rudolfs s’apprêtait à partir pour un long
voyage, intégrant tout le nécessaire, surtout pour
Markus, un système maintenant la gravité à
1, un autre annulant tout effet d’accélération
quelles que fût la vitesse, tout avait été vérifié
et archi revérifié, une large bande du sol fût
soulevée, permettant au vaisseau de se
retrouver en surface, puis la terre du sous-sol
fût remise en place, personne n’y verrait rien. 


« C’est parti pour la ceinture principale, nous
allons tester les Rudolfs. »

Markus: « Absolument, Siegfried, peut-être
reviendrons-nous un jour par ici, lorsque le
réchauffement climatique se sera calmé. »

« A moins que l’on trouve mieux ailleurs, après
tout, la Terre n’est pas indispensable. »


-----***-----







_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Mer 19 Avr - 15:58 (2017)    Sujet du message: Publicité

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