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L008

 
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Kr
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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 14:14 (2017)    Sujet du message: L008 Répondre en citant

  Entre le vingt et unième et la fin du vingt quatrième
siècle, l’humanité passe par des séries chaotiques
alternées de périodes de relative sécurité, en un
premier temps, jusqu’aux alentours de 2100, les
intérêts privés, et bien entendu financiers ont
gouverné les différentes nations et leurs
représentants, n’ayant pu se mettre d’accord sur
une recherche de solution efficace au dérèglement
climatique, la population globale de 8 milliards
d’habitants vers 2020 dépassait à peine un milliard
en 2099, il fallait coûte que coûte arrêter l’hémorragie.

C’est donc à partir de 2100 que les humains
privilégièrent la solidarisation, avec pour premières
conséquences:

- Recherche d’un moyen de revenir à un climat normal.
- Conformité d’un intérêt commun rapprochant
   les nations.
- Exploitation maximale de l’énergie solaire.
- Reforestations.
- Suppressions de certains produits et des sprays.   
- Reconstitution de la couche d’ozone dans l’Arctique.
- Energie électrique appliquée à tous moyens de
   transports.  

Ceci, parmi bien d’autres dispositions complémentaires
qui permirent, au cours des décennies suivantes, à
l’humanité de bénéficier d’une expansion
démographique, les gens se souvenaient par trop des
divers gouvernements qui n’avaient pas pris leurs
responsabilités, et des météorites de 2036 et 2073 qui
leur avaient transmis un message du genre:

- Attention, dernier avertissement.

Il fallut encore cinq générations pour constituer la
W.U.(World Union), nation unique utilisant l’anglais, le
dollar, ayant pour capitale Chicago
(raisons historiques?), et cette nouvelle constitution
marqua le début d’une période de recherches
scientifiques et médicales qui donnèrent rapidement
quelques résultats intéressants.

La découverte de nouveaux composés chimiques
permirent aux humains d’espérer une durée de vie de


200 ans, et de disposer de leurs moyens jusqu’à la
fin, en spatial, des vaisseaux se déplaçant avec l’aide
de la force gravitationnelle pouvaient approcher la
vitesse de la lumière, vers 2250, les voyages jusqu’au
bout du système solaire, à la limite de la ceinture de
Kuiper, devenaient possibles, la Lune ne présentant
pas d’intérêt particulier, on envisageait de terra
former Mars, mais deux gros problèmes insolubles pour
l’époque apparurent, création d’un champ magnétique
planétaire de la taille de Mars, coût des recherches et
du projet, qui pouvait atteindre des montants
astronomiques,  le gouvernement central de l’époque
n’y donna pas suite, et préféra envoyer des spécialistes
dans divers domaines relatifs à des creusements de
sous-sols qui seraient ultérieurement aménagés.

Dans les décennies qui suivirent, le patient et
fastidieux travail sur les sous-sols sur Mars finit par
aboutir, cinq vastes sous sols très proches les uns des
autres furent aménagés, chacun étant prêt à recueillir
environ 2000 personnes.

Mais en 2300, une série d’éruptions de volcans et une
montée des eaux inquiéta les habitants de la Terre, les
humains devenus 5 milliards eurent des pertes
considérables de l’ordre de 20%, les activités
importantes, autres que celles de la survie furent
laissées en suspens, motivant certaines grosses têtes
à se réfugier sur Mars.

Le calme revint vers 2330, les habitants retrouvant
une relative sécurité reprirent des activités plus
importantes, et cette nouvelle période fût le début de
trois gouvernement successifs, assez tolérants, qui
contribuèrent à une augmentation de la qualité du
niveau de vie, et de la population, les progrès
scientifiques et médicaux stagnaient, d’autres grosses
têtes, pas nécessairement scientifiques, préférèrent
émigrer sur Mars.

Sur Terre, il y eut d’abord Dylan McBride, Président
de 2329 à 2342, puis Greg Harmon, Président de
2342 à 2368, et enfin Gerald Stevenson, Président de
2368 à 2399, durant cette période, tout allait à peu
près bien, les habitants dépassaient les six
milliards, mais la solidarité se perdait, les
gens, probablement à la suite des terribles
évènements du début du siècle qu’ils avaient encore
en mémoire, recherchaient de plus en plus la dolce
vita, privilégiant l’égoïsme.

Dans la nouvelle communauté de Mars, les fameuses
grosses têtes savaient parfaitement ce qui se passait
sur Terre, et pressentirent un danger à court
terme, ce qui les amena à œuvrer sans perte de
temps, dans diverses recherches, dans le
regroupement des cinq sous-sols en un seul, et de voir
de nouveaux arrivants qu’ils triaient sur le volet, pas
question d’accepter n’importe qui.

Durant cinq décennies, cette communauté progressa
considérablement dans les domaines scientifique et
médicaux, de nouveaux composants inconnus sur
Terre leur permettait de vivre durant cinq siècles, les
vaisseaux spatiaux ?

Ils réussissaient à renforcer leur structure de 40 fois
et leur permettait, suite à des découvertes, d’aller plus
vite que la lumière, mais ils ne les utilisaient pas
encore, ils disposaient d’un énorme sous-sol, devenu
très confortable, même pour 8000 occupants.

En 2375, les 20 personnes considérées comme les plus
importantes de cette communauté se réunirent dans
une grande salle, il s’agissait de:

Président de Mars: Ronald Atkins. 108 ans  Politicien

Premier Ministre: Craig Forrest 127 ans Politicien

Ministre des Sciences: 152 ans Jason Clarke Savant

Ministre de la Médecine: 96 ans Zara Padilla Savant

Ministre de l’Intérieur:  Anton Karpov 108 ans Colonel
                                         en spatial

Ministre des Constructions: 118 ans  Clark Lewis
                                                 Architecte

Ministre des Affaires Sociales: Raquel Hernandez
                                           121 ans Directrice sociale

Ministre de la Défense: Tanner Murphy 164 ans
                                         Général

Ministre de la Justice: Angela Gonzalez 112 ans
                                       Avocat

Ministre du Travail: Tyler Scott  132 ans médecin
                                   du travail

Ministre du Logement: Nick Collins 138 ans
                                        Architecte

Ministre de la Culture: Juana Stewart 144 ans
                                       Chef d’orchestre

Nathan Bell   86 ans  chercheur médical

Brandon Mitchell   93 ans chercheur scientifique

Anita Torres  96 ans attachée de presse

Steve Howard 141 ans chercheur médical

Jason Parker 102 ans chercheur scientifique

Austin Graham 158 ans commandant spatial

Chris Nelson 126 ans expert en stratégie

Grace Coleman  132 ans romancière

Autant dire qu’il y avait du beau monde, et le
Président Atkins prit la parole:

« Bien, notre réunion a pour objet de déterminer
les arguments que nous pouvons présenter à mon
homologue de la Terre, le Président Stevenson, afin
d’obtenir notre indépendance, sachant que nous
sommes plus avancés qu’eux en maints
domaines, que nous sommes sur Mars depuis des
décennies, qu’il nous est possible de quitter cette
planète pour aller dans un autre système et
qu’enfin, que les gens sur terre ne vivent que dans
une relative sécurité qui peut se modifier du jour
au lendemain.

J’écoute vos suggestions. »
 
Nelson: « D’après ce que je comprends, Monsieur
le Président, notre demande sera, en quelque
sorte, un acte de politesse vis-à-vis de notre mère
planète, car nous n’avons aucune raison de revenir
sur Terre, ni de recevoir des ordres de gens dont
les conceptions politiques et les intérêts sont
différents des nôtres, Stevenson, et Harmon avant
lui, voulaient que nous en revenions à
l’établissement d’une monnaie, erreur qui a coûté
assez cher dans le passé, et dont nous nous passons
fort bien, ici, nous pouvons désormais produire tout
ce dont nos citoyens ont besoin, à mon avis, se
borner à énoncer les principales différences de
points de vue politiques devrait être suffisant. »
 
Forrest: « Nelson a raison, Monsieur le
Président, surtout que jusqu’à présent, nous avons
tenus nos découvertes dans le plus grand
secret, pour des raisons bien fondées que nous
connaissons tous, notre système est stable, alors
que le leur peut changer à tout
moment, pratiquement personne de la Terre ne
vient sur Mars, nous représentons l’avenir d’une
humanité en décadence, qui ne fait plus de progrès
dans les recherches depuis des décennies, et dont
la solidarité durement acquise tend à disparaître
au profit d’un égoïsme qu’ils ne vont pas tarder à
payer, notre décalage par rapport à eux devient
tel que notre indépendance est la seule solution. »

Coleman: « Je suis du même avis, en tant qu’ex
romancière sur Terre, il m’est arrivé, comme vous
le savez, de prévoir des évènements qui se sont
produits par la suite, à l’heure actuelle, depuis
quatre décennies, ils vivent dans une relative
sécurité, mais des signes avant-coureurs
m’indiquent qu’elle est de plus en plus
menacée, dans peu de temps, à mon avis, un coup
d’état est à craindre, probablement au profit d’un
tyran qui ne fera pas de quartier, alors non
seulement je suis pour notre indépendance, mais il
se pourrait bien que dans un jour pas si lointain, il
soit préférable d’utiliser nos vaisseaux pour
aller ailleurs. »

Murphy: « Je connais les talents de Madame
Coleman, et suis tout à fait d’accord sur notre
indépendance, un peu moins sur l’éventualité de
quitter Mars, établissons un rapport de forces, à 6
milliards contre 8000, ils marquent un point, mais
pour le reste ?

Nous disposons d’un rayon protecteur
infrangible, sans parler de nos vaisseaux et de nos
armes, bien supérieurs aux leurs, même en cas de
coup d’état, je ne leur vois guère de chances
contre nous, pour moi, Monsieur le Président, je
ne demanderais même pas à Stevenson son avis, je
déclarerais l’indépendance de notre
communauté, point barre. »  

Gonzalez: « Voilà bien un raisonnement de
Général, qui semble oublier qu’en cas de
combats, des pertes humaines importantes sont à
prévoir, et d’après ce dont nous disposons, elles
seraient terriennes en quasi-totalité, sur des
personnes dont la plus part ne seraient pas
responsables, non, pour le moment, notre demande
d’indépendance, oui, mais pour les guerres, si
Grace Coleman voit juste, un départ
s’imposera, nous sommes suffisamment nombreux
pour recréer une civilisation n’importe où. »
 
Graham: « Ce n’est pas moi qui dirait le
contraire, autant l’espace me manque, tout autant
je ne suis pas pour les guerres qui occasionnent
de lourdes pertes, tant que Stevenson, ou que
quelqu’un dans son genre est au pouvoir, il n’y a
pas de problème, on peut tranquillement rester
ici, tout en suivant de près ce qui se passe sur
Terre, afin d’assurer nos arrières, si un tyran
apparaît, on sera prêts, la demande d’indépendance?

Je suis pour, bien sûr. »

Clarke: « Je partage assez l’avis de Graham, et suis
partisan de surveiller ce qui se passe sur Terre, en
cas de modification importante, de prévoir un
départ, profitons du temps indéterminé qui nous
reste pour approfondir nos recherches, tant
scientifiques que médicales, un allongement
Supplémentaire de notre durée de vie serait le
bienvenu, surtout si nous devons quitter le système
solaire, par ailleurs, améliorer les vaisseaux ne
serait pas du luxe. »

Graham: « Oui, parce que trouver rapidement une
planète habitable dans un autre système est loin
d’être évident. »

Atkins: « Bon, indépendamment du fait que nous
soyons tous d’accord sur l’indépendance, pas d’autre
suggestion sur les arguments à présenter ?

Bien, alors Forrest et moi, allons nous
débrouiller, vous serez tenus au courant des
réactions de Stevenson, fin de la séance. »

Le lendemain, Atkins et Forrest contactèrent
Stevenson, ce dernier leur demanda un temps de
réponse et convoqua deux de ses Ministres, Igor
Korovine Ministre des Armées, et Laura
Rodriguez, Ministre des Affaires Sociales, ainsi que
Natan Menachema 78 ans, Expert en Stratégie.

C’est Korovine qui répondit le premier:

« Non, Monsieur le Président, de mon point de
vue, pas question de leur accorder une
indépendance, j’irai même jusqu’à dire que parmi
eux, il y a des grosses têtes dont on aurait bien
besoin en ce moment, nous stagnons, et je suis sûr
que certains d’entre eux peuvent avoir des
remèdes, tant médicaux que scientifiques, il
faudrait au contraire, penser à rapatrier les savants
et les chercheurs, les autres non, on peut les laisser. »

Menachema: « Il se trouve, Monsieur le
Président, que j’ai étudié cette collectivité de
Mars, ils sont très hermétiques, comme s’ils
détenaient des secrets qui pourraient nous être
utiles, deux amis à moi y sont allés récemment, ils
m’ont dit qu’il n’y a plus qu’un seul sous-sol, très
confortable pour environ 8000 personnes, comme
nous le savons, la monnaie n’y a pas cours, l’un de
mes amis, Jeff Logan qui a une parenté là-bas, leur
a demandé où ils en étaient au point de vue
scientifique et médical, et a voulu visiter leurs
vaisseaux, c’est une certaine Anita Torres qui les a
reçus et leur a répondu:

«  Nous suivons avec grand intérêt vos actualités, si
vous vous demandez pourquoi nous ne voulons pas
revenir sur Terre, la réponse réside dans un seul
mot, accoutumance, ici, nous vivons dans un
sous-sol, cela a l’inconvénient relatif d’être un peu
uniforme, bien que confortable, mais nous y voyons
des avantages plus importants, pas d’intempéries
ni de variations de climats, pas besoin d’argent
pour bien vivre, et nous nous sentons en parfaite
sécurité, cela compense largement, en matière
d’avancées scientifiques et médicales, nous
stagnons, tout comme vous, nous poursuivons des
recherches, mais si brillants soient certains de nos
savants, ils sèchent.

Quant à nos vaisseaux, puisque nous n’en avons
pas besoin, ils sont dans un lieu assez éloigné
d’ici, et il se pourrait qu’ils se dégradent, les visiter ?

Non, croyez-moi, ça ne vaudrait pas le coup.’’

Ils n’ont pu visiter certains lieux, cela me laisse
perplexe, avec deux explications possibles, soit
cette collectivité a simplement décidé de pourvoir
à ses besoins primaires, alimentation et autres, dans
lesquels ils sont plutôt bien pourvus, tout en ne
tenant pas compte de l’espace, du temps de durée
de vie, genre advienne ce que pourra, ce qui irait
dans le sens des dires de cette Anita, soit elle aurait
menti, et ils seraient plus avancés que nous, et
dépositaires de secrets qu’ils veulent conserver, ce
qui va dans le sens de leur demande
d’indépendance, ils ne se sentent plus terriens, mais
martiens, et veulent voler de leurs propres ailes, je
ne sais quelle hypothèse est la bonne. »

Korovine: « C’est bien énoncé, pour moi, c’est la
seconde hypothèse qui est la bonne, ils ont fait des
progrès et ont des secrets qu’ils veulent
cacher, cette Anita machin, sûr qu’elle a menti, sur
ordre, je suis partisan, Monsieur le
Président, d’approfondir cette histoire. »

Stevenson: « Et vous, Laura, qu’en pensez-vous ? »

Rodriguez: « Il m’est difficile d’avoir un avis tranché
sur cette question, Monsieur le Président, d’un
côté, une communauté de 8000 personnes serait
facile à réintégrer ici, des terriens comme
nous, mais d’un autre côté, ils se sentent désormais
martiens, ils ont pris l’habitude, depuis des
décennies de vivre dans un sous-sol dans lequel
ils se sentent en sécurité, les avantages énoncés
par Anita Torres, que je connais, sont probablement
vrais, pour les secrets des avancées éventuelles, je
ne sais pas, alors… »

Stevenson: « Bon, on va dissiper les
doutes, Korovine, faites envoyer une cinquantaine
de vaisseaux sur Mars, les équipages visiteront les
lieux, ainsi, nous serons fixés. »

Korovine: « Tout de suite, Monsieur le Président. »

Quelques minutes plus tard, sur Mars:

« Une communication de Monsieur le Ministre des
Sciences, Monsieur le Président. »

« Passez-le moi. »

« Oui, Clarke, quelque chose d’urgent ? »

« Je le crains, Monsieur le Président, 50 vaisseaux
viennent de décoller de la Terre et se dirigent vers
nous, ils seront là dans quelques minutes. »

« Bon, heureusement que nous avons prévu le
coup, prévenez Karpov et Lewis, qu’ils fassent
masquer la zone des vaisseaux et les laboratoires
A2 à A8, ainsi que les secteurs techniques C12 à
C18, on a juste le temps !

Pour les vaisseaux, on les pilotera en zone
K17, celle des épaves.»

« De suite, Monsieur le Président. »

Forrest à Atkins:

« Ouf ! Monsieur ! Heureusement qu’on a fait une
zone d’épaves qui peut faire illusion.

Je vais appeler Anita Torres, afin qu ’elle remette
tout le monde au diapason. »

Oui, faites ça, qu‘on utilise les grands haut-parleurs
afin de prévenir tout le monde. »

Dans tous les lieux du sous-sol, des cloisons
épaisses et amovibles de séparation
pouvaient, lorsqu’elles étaient actionnées, faire
croire qu’il s’agissait de murs pleins, et tout avait
été agencé de telle sorte que l’on pourrait
supposer qu’il s’agissait de zones non creusées, mais
il ne fallait pas perdre de temps et bien coordonner
les opérations, Collins, Karpov, Lewis et
Murphy, avaient déjà auparavant fait exécuter ces
opérations à titre d’exercice, ils le firent une fois
de plus.

Dix minutes plus tard:

« Allo, ici le Commandant Wright, de l’escadrille
Corsair, nous recevez-vous, si oui indiquez nous la
zone d’atterrissage. »

« Nous vous recevons Commandant, zone
BK12, entourée de vert, notre accès est tout
près, il vous sera indiqué par un voyant rouge. »

« Over. »

Quelques minutes plus tard, 1500 militaires étaient
dans la place, le Commandant fut reçu par Atkins
en personne qui lui dit:

« Bonjour Commandant, que nous vaut le plaisir de
votre visite ? »

« Je vous reconnais, vous êtes le Président
Atkins, alors, Monsieur le Président, nous venons
visiter vos installations, sur ordre du Président  
Stevenson, surtout ne considérez pas cela comme
une perquisition, nous venons simplement pour
savoir où vous en êtes, et si vous n’avez besoin
de rien. »

« J’ai bien compris cela, Commandant, vous
pouvez rester tout le temps nécessaire, Collins
Karpov, Lewis et Murphy, Mes Ministres, se feront
un plaisir de vous accompagner, et vous
montreront tous les lieux de notre sous-sol, un bon
exercice de marche pour vos hommes, car il y en a
pour plusieurs kilomètres. »

« Pas de souci, Monsieur le Président, ils sont
entraînés, mais vos Ministres… »

« Ils ne circuleront pas à pieds, vous voyez
là-bas, les véhicules avec chauffeur. »

« Et ils peuvent aller partout ? »

« Bien sûr, comme vous le voyez, nos voies sont
très larges et lisses, et mènent à tous les lieux, sauf
peut-être pour les domiciles individuels pour
lesquels il faudra marcher un peu. »

« Les domiciles individuels ne nous intéressent
pas, pas plus que les aires de distraction et autres
lieux du même genre, nous nous contenterons de
votre zone de vaisseaux, et des laboratoires, ainsi
que des principales zones de production, j’ai avec
moi des experts scientifiques et techniques qui sont
en mesure d’apprécier vos installations. »

« Très bien Commandant, alors je vais vous laisser
à votre visite, et aux soins de mes Ministres. »

Dès qu’Atkins les quitta pour se rendre à son
bureau, il appela Anita Torres:

« Oui, Monsieur le Président. »

« Tout le monde a bien reçu le message ? »

« Oui, Monsieur, tout le monde est au courant et
sait quoi répondre. »

« Parfait, alors bonne fin de journée. »

La visite en question prit la fin de la matinée et
toute l’après-midi, vers 20 heures, le Commandant
Ted Wright se trouva à nouveau en face du
Président, ce dernier:

« Alors Commandant, la visite a-t-elle été à votre
convenance ?

Si vous le voulez, nous pouvons nous arranger
pour que vous diniez ici, vous loger, afin que vous
repartiez frais et dispos demain matin. »

« Ce ne sera pas nécessaire, Monsieur le
Président, nos vaisseaux feront l’affaire, j’ai vu
votre zone d’épaves, c’est triste, il est dommage
que vous ayez négligé ces vaisseaux durant ces
dernières décennies. »

« Vous avez tout à fait raison, Commandant, mais
d’un côté, nous nous sommes axés sur nos besoins
primaires et le confort, nos scientifiques
vieillissent ainsi que nos ex techniciens qui ne
seraient plus capables de les réparer et d’un
autre, nous sommes bien ici, et n’avons pas besoin
de vaisseaux. »

« Je vois cela, Monsieur le Président, mais c’est
quand même dommage, il me reste à prendre congé
et à retourner sur Terre, faire un rapport adéquat
à mes supérieurs. »

« Et il me reste à vous souhaiter un bon
retour, Commandant. »


Le surlendemain, Stevenson avait de nouveau réuni
les mêmes personnes, Igor Korovine, Laura
Rodriguez et Natan Menachema.

« Alors d’après les rapports que Korovine m’a remis
hier, il n’y a rien d’alarmant ?

Pas de vaisseaux extraordinaires ?

Pas de laboratoires secrets ?

Rien d’anormal ? »

Korovine: «Hélas non, Monsieur le Président, c’est le
Commandant Wright en personne qui m’a remis ces
rapports, 1500 hommes ont visité les lieux, sondé les
murs, interrogé des gens qu’ils rencontraient, Wright
est digne de confiance, il a servi sous mes ordres
durant une dizaine d’années, et avec les experts
qui l’accompagnait, nos meilleurs, le moindre
bémol, ils l’auraient vu, non, autant leur sous-sol
est confortable, avec une système de production
d’alimentation qui vaut largement les
nôtres, autant ils en sont prisonnier, leur zone
d’épaves, c’est triste.

Ils ont tout investi sur leurs besoins primaires et
de confort, rien sur le reste, en plus, leurs
scientifiques et autres techniciens vieillissent, comme
les nôtres, mais ils n’ont pratiquement pas de
relève, alors les recherches… »
 
« Oui, et vous Natan, votre avis ? »

« Si je me fie aux rapports, Monsieur le Président, il
n’y a effectivement rien d’anormal, et ces rapports
me semblent sérieux, s’ils veulent leur
indépendance, après tout… »

Rodriguez: « D’après ce que je crois savoir, depuis
qu’ils sont là-bas, on n’a jamais vu un vaisseau
décoller de Mars durant des décennies, les
rapports, d’après une visite de 1500 militaires en plus
des experts, semblent ne faire aucun doute, je
partage l’avis de Nathan, nous avons nos propres
problèmes ici, des gens commencent à manifester
dans certains endroits, alors s’ils veulent rester sur
Mars, eh bien… »
 
Stevenson: « Bon, alors si je comprends bien, il faut
leur accorder leur indépendance ?

On sait enfin que les extraterrestres, ça existe, et
qu’ils sont sur une planète voisine ?

C’est d’accord, je vais rappeler Atkins. »

Et tous d’éclater de rire.

C’est ainsi que la communauté de Mars obtint son
indépendance, en 2375.

Le Président Stevenson, loin d’être un mauvais
bougre, était tout de même passablement
indolent, les premières manifestations dont parlait
Laura Rodriguez avaient lieu fort loin de
Chicago, mais elles auraient dû l’avertir, elles
représentaient des signes avant-coureurs de ce qui
allait se passer deux décennies plus tard.

Il ne s’en préoccupa pas outre-mesure, et continua
à gouverner assez mollement, pensant sans doute
que l’immense majorité des gens était satisfaite de
leur niveau de vie,  à cette époque, il avait
108 ans, et estimait en avoir fait assez, pendant ce
temps, quelque part en Europe, parmi des militaires
qui faisaient un parcours du combattant, deux fortes
têtes, Caslav Kabashi et Zoran Lukic, qui avaient fait
de la prison suite à des exactions mineures telles
que vols et autres cambriolages, s’étaient vus
accorder une seconde chance à condition d’effectuer
une période militaire, camarades de cellule et
devenus amis, ils se connaissaient bien, mais celui
des deux qui commandait était Caslav
Kabashi, Zoran Lukic qui, lui aussi, avait un
caractère bien trempé n’était toutefois pas aussi
fort, il était devenu suiveur, tous deux étaient
costauds et pour eux, même avec 30 kilos sur le
dos, effectuer des parcours relevait de la simple
plaisanterie, ils prenaient même le temps de
discuter avant d’arriver, toujours premier et
deuxième, à la fin du parcours.

Caslav: « Bon, on va s’en jeter un, il nous reste 6
mois à tirer, je suis d’avis d’aller à l’ancienne
Amérique, là où tout est centralisé, on a une place
à se faire. »

Zoran: « Tu crois ? »

« Plutôt, oui, tu vois comment qu’on manipule nos
camarades ici, qu’en leur faisant un peu peur, on
obtient ce qu’on veut ?

Je crois même qu’on aura un bel avenir là-bas, il
faut simplement savoir réunir des gens et les
diriger, en ce moment, il y a des manifs, donc des
gens mécontents, voilà notre terrain de chasse, ce
Président Stevenson, à Chicago, c’est un mou, il
y a une place à prendre, pas tout de suite bien
sûr, attendons notre heure, mais on va y arriver. »

« Je ne suis pas facile à effrayer, mais toi, par
moments, tu me fais peur. »

« C’est pour ça que je suis le chef, sans moi, ce
serait toi qui commanderait les autres, et il se
trouve que j’ai besoin d’un bon lieutenant, tu
verras, un jour, on aura tout ce qu’on veut, mais
un conseil, ne me trahis jamais. »

« Ca n’a jamais été mon intention. »

« Alors tout baigne, on s’en jette un autre ? »

Des mois, puis des années passèrent, le nombre de
mécontents sur Terre augmentait, lentement mais
sûrement, pour diverses raisons, les manifestations
aussi, certaines voyaient le jour à New-York et à
Philadelphie, nos deux fortes têtes étaient dans
cette dernière, Caslav et Zoran avaient formé un
syndicat qu’ils dirigeaient, plus de soucis
financiers, ils devenaient importants, Caslav portait
une attention toute particulière à cultiver des
relations avec des militaires et des policiers, et il
savait arranger les choses quand il le fallait, on était
en 2389, ils avaient tous deux 35 ans.

Caslav: « Tu te rappelles, Zoran, ce que je t’avais dit
en Europe, on est en train de se faire une place au
soleil, mais ce n’est que le début, on doit gérer les
mécontents et les gens des services d’ordre, ce
sont nos futurs hommes, d’un côté, ce Stevenson
me hérisse le poil, mais d’un autre, il travaille
pour nous. »      

Zoran: « Tu as raison on dirait que tu es
voyant, mais je ne comprends pas l’histoire de
Stevenson qui travaille pour nous. »

« C’est pourtant simple, mou comme il est, il
augmente régulièrement le nombre de
mécontents, c’est-à-dire le nombre de péquins que
nous utiliserons à nos fins, et maintenant, nous en
avons à portée de main, lorsqu’ils étaient à l’autre
bout du globe, on ne pouvait pas faire
grand-chose, mais maintenant, notre jeu de
cartes s’améliore, on va même participer à
augmenter le nombre de mécontents, autrement dit
aider Stevenson, on va s’adjoindre des gens qui
sont ce que nous étions autrefois, des voyous, qui
feront les quatre cents coups, faire exploser des
objets, même des boutiques, éviter de tuer des
gens bien sûr, casser uniquement du matos, faire
des pannes de courant à droite et à gauche, tu
vois ce genre de truc ? »

« Waow ! C’est carrément génial. »

« J’ai lu pas mal de bouquins ces derniers
temps, surtout ceux qui décrivaient comment les
tyrans se préparaient à gouverner, il y a des
constantes, que nous allons pratiquer, mais à notre
manière, bis repetita ne paie pas toujours, il faut
savoir innover, surtout avec des époques
différentes, nous sommes dans une société plus
moderne, soi-disant plus avancée, mais les gens
restent des moutons, ça, ça ne change pas, toujours
tirer parti des faiblesses. »

« Il va falloir passer du temps à recueillir tous les
motifs de mécontentement, les analyser afin de
jouer sur les plus forts, non ? »

« On peut toujours voir, mais nous connaissons
déjà les principaux motifs, nous vivons dans une
société pasteurisée qui plait de moins en moins, elle
convient à des gens pépères, mais il y a de plus en
plus de jeunes qui veulent autre chose, certains
veulent aller dans l’espace, explorer
l’univers, d’autres veulent voyager, avoir des
aventures, d’autres encore veulent de la
liberté, sans trop savoir laquelle… »

« Excuse-moi, mais l’histoire de l’espace, je ne
comprend pas trop, nous n’avons pas intérêt à ce
que les gens aillent dans l’espace, ni qu’ils aient
trop de liberté d’ailleurs, les aventures, bof. »

« Bien sûr, ce sont des motifs qu’il n’est pas
question de satisfaire lorsque nous serons en
place, mais au départ, il faut hurler avec les
loups, il faut se faire mousser pour atteindre le
sommet, tu vois mieux ? »

« Ah oui, là, tout est clair, finalement on fera
comme les autres, mais à notre manière, des
promesses qu’on ne tiendra pas. »

« Tu as tout compris, mais maintenant, il est
temps de passer à la vitesse supérieure, nous
avons Ed Barnes et Jack Hawkins qui nous
mangent dans la main, on va les laisser sur les
ordis faire notre pub, pendant que nous allons aller
partout, en Europe, en Asie, en Afrique, en
Amérique du sud, nous rapprocher des divers
syndicats de mécontents, nous faire
connaître, jouer sur le fait que nous sommes sur
le même contient, pas très loin du Président pour
se faire entendre, notre présence va en
impressionner plus d’un, eux aussi feront notre
pub, le coup de la traînée de poudre, ça va se
répandre, je compte passer trois ou quatre ans sur
ce coup pour nous orienter vers la position de
force, tout ceux que nous contacterons le seront
également par Ed et Jack via les ordis, avec notre
projet, nos idées, dans le sens de tous les
mécontents, prôner la liberté, il faut que les deux
actions, ordis et visites soient conjointes, puis
rappels et rappels par les ordis, afin de ne pas nous
faire oublier, les gens doivent penser à notre
syndicat jour et nuit, on a déjà plus de 12000
affiliés, il faut augmenter ça très vite, ah !

Ajouter certains de nos affiliés dans nos pubs qui
sont militaires ou policiers, atteindre ces deux
couches est capital, voilà le programme à venir, dès
demain on rédige les arguments et le projet à
transmettre à Ed et Jack qui vont les passer sur
ordis à jet continu, dès la semaine prochaine, on
sera en voyage. »

« On pourrait se mettre en rapport avec la
presse, voilà un support important. »

Caslav: « Oui, mais c’est trop tôt, ça sera la dernière
carte que nous utiliserons après nos
voyages, lorsque nous nous serons assurés d’avoir
formé un syndicat très puissant, le plus puissant de
tous, là, ce sont eux qui viendront vers
nous, chaque chose en son temps. »

Pendant ce temps, la communauté de Mars n’était
pas restée inactive, d’autres découvertes en
médecine et en science avaient été
faites, allongement de cinq siècles
supplémentaires sur la durée de vie, les occupants
du sous-sol pouvaient vivre près de 1000 ans, les
coques des vaisseaux avaient été renforcées, des
canons dimensionnels redoutables étaient en
cours de fabrication, on étudiait l’invisibilité. »

Au cours d’une réunion, Atkins:

« Alors, Mesdames et Messieurs, que vous
inspirent les derniers évènements sur Terre ? »

Nelson: « Je suis de plus en plus convaincu que
Grace Coleman a vu juste, moi aussi, je sens
qu’un coup d’état se prépare, le mécontentement
épisodique et périphérique du départ a gagné
tous les continents, y compris celui de
Stevenson, des syndicats de mécontents
apparaissent, les presses en parlent, je ne
comprends pas que leur Président laisse passer
ça, ses années de règne sont comptées, ça sent
la poudre. »

Murphy: « Oui, parce que Stevenson est un
mou, il leur faudrait un autre Président, plus à
poigne, un militaire par exemple, ou un
policier, ça m’écoeure de voir tout ça. »

Scott: « Il n’y a pas que les militaires ou les
policiers qui peuvent être des hommes ou des
femmes à poigne, mais là n’est pas le plus
important, ce qui est préoccupant, c’est qu’un
jour ou l’autre, on va les avoir sur le dos. »

Coleman: « Je préfère ne rien dire. »

Atkins: « Au contraire, Grace, si vous dites
cela, c’est que vous avez une idée, faites la
nous partager. »

Coleman: « Puisque vous insistez, Monsieur le
Président, je pense, ou plutôt je sens que dans
quelques années, si rien ne se modifie, le coup
d’état va venir d’un dirigeant de syndicat. »

Forrest: « Intéressant, qu’est-ce qui vous amène
à cette idée ? »

Coleman: « Les syndicats que nous voyons sur leurs
presses n’ont rien à voir avec les anciens
syndicats qui défendaient les droits des
salariés, ceux-ci s’efforcent de recueillir un
cumul de mécontentements afin de prendre de
l’importance et de se constituer comme une force
politique, il suffit de lire certaines pubs pour s’en
convaincre, bientôt, il y aura des actions moins
honorables encore que les pubs, cela va tourner
en émeutes. »

Hernandez: « Si vous le dites, je suis curieuse de
voir cela, bien que ça ne me réjouisse pas. »

Karpov: « Heureusement que nous n’avons pas
perdu notre temps, avoir travaillé sur les armes et
les vaisseaux est une bonne chose qu’il faut
poursuivre, Scott a raison, dans peu de temps, on
va les avoir sur le dos, et comme il n’est pas
question de les tuer… »  

Atkins: « Karpov a le mot de la fin, on continue
nos travaux, tout en surveillant de près ce qui se
passe sur Terre, heureusement que nos
connexions sur leurs satellites sont indétectables
pour eux, mais il se pourrait que je sois amené à
nommer un ou une Ministre des
télécommunications, qui serait candidat(e) ? »

Anita Torres: « Cela pourrait m’intéresser, Monsieur
le Président. »

Atkins: « En êtes-vous bien sûre ?

Cela ne sera pas de tout repos. »

Torres: « Je sais, Monsieur, mais je suis preneuse
si personne d’autre n’est intéressé. »

Après quelques secondes de silence

« Bien alors vous voilà nommée, à vous de jouer
pour nous tenir informés. »

« Comptez sur moi, Monsieur le Président, avec
Edgar et Greg, on fera une bonne équipe. »

A Philadelphie:

« Bon Zoran, on part après-demain vers
l’Europe, tu t’es assuré que les Thunders et les
Sharks ont leur programme d’actions pour les
six mois à venir? »

« Tout à fait, Caslav, tu sais que je suis allé les
voir hier, on a fait une sorte de répétition, ils sont
trop contents d’entrer en action.

Je leur ai dit qu’ils seraient payés au résultat, ils
m’ont répondu qu’ils l’auraient fait par plaisir. »

« Parfait, alors on ne leur doit rien ?

Je plaisante, on les paiera, et bien, car dès notre
premier retour, nous leur confierons d’autres tâches.

Personne d’autre n’est au courant, pas même Ed
et Jack, alors rien ne pourra se retourner contre
nous, mais je suis tranquille, ce sont des bons. »

Les Thunders et les Sharks étaient des bandes
organisées de voyous qui sévissaient à
Philadelphie, ils se partageaient le territoire, en
quelque sorte pour commettre leurs
exactions, telles que brûler des véhicules, des
boutiques, créer des accidents, couper des fils
électriques, parmi bien d’autres choses, c’étaient
des spécialistes.

Trois jours plus tard, Caslav et Zoran étaient à
Paris, rencontraient les principaux membres
d’un syndicat qui se baptisait « L’homme
libre », et qui avait 4500 adhérents, ils firent leur
pub, Gérard le Dantec dirigeant principal du
syndicat, leur promit de leur faire de la pub et de
coopérer avec eux, il en fût de même chez
Kraken à Berlin, puis à Londres, à Amsterdam, à
Vienne, à Budapest, ils allèrent dans toutes les
principales villes de l’ancienne Europe pour
rencontrer les dirigeants des principaux
syndicats, ils n’avaient pas eu besoin de les
connaître tous à l’avance, les pubs locales et
les gens des villes leur indiquaient où les
trouver, Caslav avait le chic pour les convaincre
de coopérer, que la liberté était proche, qu’ils
devaient rechercher des affiliés militaires et
policiers, pour faire bonne mesure, certains, qui
ne l’avaient pas encore fait, trouvèrent
l’idée géniale.

Le voyage dura  près d‘un an, car ils étaient
allés jusqu’à Athènes, Constantinople, Bucarest, pour
remonter aux pays baltes, et terminer par
Helsinki, Stockholm et Oslo, de retour à
Philadelphie, ils apprirent que les Thunders et les
Sharks avaient bien travaillé en faisant pas mal
de casse sans se faire prendre, paralysé des zones
pendant des heures en coupant l’électricité, brûlé
des boutiques, des véhicules, parmi bien d’autres
choses prévues dans le programme, Slade, le chef
des Thunders, et Rick, celui des Sharks, leur
remirent des journaux évoquant les
évènements, Caslav les rétribua grassement et
leur promit d’autres programmes, Ed et Jack leur
apprirent qu’ils avaient désormais plus de
35000 adhérents.

Caslav: « Bien, c’est maintenant qu’il va falloir
pimenter la sauce, et ne lésinons pas sur les
quantités,  notre syndicat, « Le Vanguard » devient
puissant, remettons des pubs sur nos affiliés
militaires et policiers, faisons recontacter
régulièrement les syndicats que nous avons visités
et les autres, ceux que nous irons voir dans une
dizaine de jours en Asie, à Moscou, à Pékin, et dans
bien d’autres villes, il y a à faire, si on reste là
durant quelques jours, c’est pour voir s’il y eu déjà
des réactions en notre faveur en Europe, avec des
ordis, on va vite. »

Quelques jours plus tard, dans la communauté
de Mars:

Atkins: « De plus en plus inquiétant, les
mécontentements se répandent comme une traînée
de poudre, les exactions commencent, et Stevenson
qui ne réagit toujours pas. »

Murphy: « Pas étonnant, Monsieur le Président, il n’a
pas pris la précaution de s’entourer d’assez de
militaires et de policiers pour contenir tout ça, il
devrait quitter Chicago pour aller en Antarctique
s’il veut espérer finir calmement ses jours, avec les
manchots, il a une chance. » »

Gonzalez: « Là, vous êtes dur, Général, mais je ne peux
pas m’empêcher de rire, malgré l’aspect désastreux
de la situation.

Depuis quelques jours, le nom d’un syndicat de
Philadelphie apparaît de plus en plus dans les
presses,  « Le Vanguard », il serait dirigé par un
certain Caslav Kabashi et par Zoran Lukic, des drôles
de noms, d’où peuvent-ils bien venir ceux-là ? »

Karpov: « A mon avis, ils sont d’origine serbe, un
peuple cousin à notre vieille Russie, on dirait que
la tête du clou commence à apparaître, avec ce genre
de ouistiti, il faut s’attendre au pire. »

Torres: « Il faudrait pouvoir pirater leurs ordis pour
en savoir plus sur eux, je vais demander à Edgar et
à Greg s’ils peuvent le faire. »

Nelson: « J’ai commencé ma carrière comme
informaticien, durant 15 ans, et j’étais plutôt
bon, mais là, je doute que ce soit possible, en
plus, si ces ostrogoths sont bons en informatique, ils
doivent être salement blindés. »

Coleman : « Ces exactions, de plus en plus brutales
m’obsèdent, je me demande s’il y a un lien avec des
syndicats. »

Forrest: « Là, vous allez peut-être un peu loin. »

Atkins: « Peut-être pas, si ces fameux syndicats ne
sont que des organisations à vocation purement
politique, il n’est pas exclu qu’ils utilisent des moyens
pas toujours très honorables pour augmenter les
mécontentements, et arriver à leurs fins, vous et
moi avons été politiciens, nous en savons
quelque chose. »

Forrest: « Effectivement, Monsieur le Président, vu
sous cet angle… »

Graham: « Il nous faudrait des photos de ces deux
dirigeants de Philadelphie, je connais quelqu’un qui
peut lire sur les visages, cela pourrait nous donner
des indications ? »

Torres: « C’est une idée, je vais voir cela avec Edgar
et Greg. »



Quelques années passèrent, on était en 2398, le
Vanguard de Philadelphie était devenu tellement
puissant, avec ses 9 millions d’abonnés, sans parler
de la coopération des trois quarts des autres syndicats
de la planète, qu’il était devenu un état dans
l’état, les bagarres de rues avec dégâts collatéraux
étaient tellement courants que la plus part des gens
ne sortaient plus, ou très peu, partout sur la
planète, c’est à ce moment là que Caslav dit
à Zoran:

« Le moment du coup de grâce, ou de l’estocade
finale si tu préfères, est venu, il est temps de faire
circuler nos idées et nos promesses via tous les
moyens de communication pour faire comprendre
à tout le monde que notre Président est dépassé, et
doit être remplacé, mais par qui, à ton avis ? »

« Par toi, bien sûr, cela ne se pose même pas. »

« Si justement, cela se pose encore tant que nous
ne serons pas en place, nous avons plus de deux
millions de militaires et policiers parmi nos
abonnés, les autres syndicats, sur la planète en
ont également des millions, on est dans la phase
de la prévision d’un coup d’état bien orchestré, il
n’y a pas encore assez d’insécurité ni de dégâts
pour le moment, le poulet n’est pas tout à fait
cuit, ce qui nous laisse le temps de mettre les pions
en place, un peu de patience, Zoran, Stevenson va
bientôt nous tomber dans la main, et il sera mûr. »  

Sur Mars, Atkins:

« Cela sent de plus en plus mauvais, nous avons
obtenu les photos de ces deux dirigeants du
Vanguard, qui est devenu l’égal d’un état et qui
semble diriger les autres syndicats de la planète, ce
Zoran Lucik a un visage plutôt inquiétant, mais ce
n’est rien à côté de celui de  Caslav Kabashi, d’après
les données obtenues par Anita, et les interprétations  
par la femme que Graham connait, il y a tout lieu de
penser que ce Caslav Kabashi projette de renverser
le Président Stevenson par un coup d’état, ou par
une élection anticipée, on dirait que vous avez vu
juste, Grace, cet individu est dangereux, avec lui, les
terriens vont passer un mauvais moment qui va
durer longtemps, reste à voir ce qu’il tentera
vis-à-vis de nous. »   

Murphy: « Il est déjà en passe de prendre le
pouvoir, qu’est-ce qu’il attend ? »

Nelson: « Il prend ses précautions, c’est un sacré
tordu, à mon avis, il utilise tous les moyens de
communication pour charger Stevenson, il doit
estimer qu’il n’y a pas encore assez d’insécurité
dans les villes, il attend patiemment son heure, on
a vu ce qu’il a fait ces dernières années, il est
méthodique, il doit mettre en place son coup
d’état, mais il se pourrait qu’il veuille passer par
la grande porte, et obtenir une élection anticipée, on
voit les promesses qu’il fait dans ses pubs, et les
arguments qu’il avance, tout cela est finement
joué, pour moi, les exactions sont en rapport direct
avec ce syndicat, comme Grace l’avait pressenti. »

Atkins: « Vous venez d’avoir le mot de la
fin, Nelson, il n’y a plus qu’à attendre la suite, mais
avec nous, il aura un client trop gros pour lui. »

Quelques mois plus tard, en 2399, Kabashi n’eut
pas besoin d’un coup d’état, les mécontentements
et les exactions avaient atteint un tel degré
que tout le monde demandait une élection
anticipée,  Stevenson, Korovine, Laura Rodriguez et
Nathan Menachema quittèrent Chicago avant même
les nouvelles élections, les pubs et les presses
avaient fait leur œuvre, à tel point que Caslav
Kabashi n’avait aucun concurrent au poste de
Président de la planète, c’était beaucoup trop
risqué pour qui que ce soit d’autre, il fût élu à
l’unanimité, il apprendra quelques jours plus tard
que Stevenson avait trouvé la mort dans un étrange
accident ne ressortant pas de son fait, que
Korovine était parti se réfugier dans l’ancienne
Russie, ne connaissant ni Laura Rodriguez, partie
en Amérique du Sud, ni Menachema, parti au
Moyen-Orient, ces trois dernières personnes purent
terminer leur vie à peu près tranquillement, dans
des conditions plus ou moins acceptables,  Zoran lui
parla de Korovine, mais Caslav:

« Je ne m’intéresse pas aux pions, qu’il aille geler
dans ses glaces en Sibérie, s’il ne fait pas
l’imbécile, je l’oublierai, pour le moment, seul mon
discours d’investiture m’intéresse, les choses
sérieuses, on les verra à partir de demain, je vais
faire attendre les gens deux jours, pour la constitution
de mon équipe, pour toi, c’est déjà fait, tu seras mon
premier Ministre, pour les autres, j’ai mes idées, et
tu as les tiennes, on en discutera demain, l’essentiel
est de faire bonne impression dès maintenant, et
arrêter les désordres qui ne sont plus
nécessaires, voilà mon nouveau Palais, allez, on va
au balcon pour donner notre bénédiction à toute
la planète. »

Quelques jours plus tard, le Président Caslav Kabashi
n’avait pas perdu de temps, il avait commencé par
renforcer ses effectifs militaires et de police, pas
moins de 2000 personnes gravitaient autour de son
Palais, il n’avait pas jugé utile de changer les serviteurs
qui étaient compétents  quel que soit le
gouvernement en place, les désordres avaient cessé
dans toutes les villes, le gens se sentaient à nouveau
en sécurité et reprenaient leur emploi ou leur
activité, Kabashi avait constitué son équipe qui se
composait comme suit:

 Président: Caslav Kabashi 45 ans.

Premier Ministre: Zoran Lukic 45 ans.

Ministre des Sciences:  Emilio Sorran 43 ans

Ministre de la Médecine: Tan Phan Van  44 ans

Ministre de l’Intérieur:  Gérard le Dantec  38 ans

Ministre des Constructions:  Rik Vretblad  36 ans

Ministre des Affaires Sociales: José Cerrano 43 ans

Ministre de la Défense: Karl Drescher  39 ans

Ministre de la Justice: Sandor Kowacs  34 ans

Ministre du Travail: Sergei Koratchine  40 ans

Ministre du Logement: Angelo Sipriani 38 ans

Ministre de la Culture: Ed Barnes 41 ans

Ministre des télécommunications: Jack Hawkins 38 ans.

Chef Militaire: Mongo Kiwongo  47 ans ex Adjudant
                          passé Général

Chef de la Police: Brahim Tarafah  45 ans  ex policier

Zoran: « Ouais, pour le Ministre des sciences, et

celui de la médecine, de la Justice, du travail, et du
logement, je ne sais pas s’il sont qualifiés. »

Caslav: « Pas plus que nous, mais peu
importe, l’essentiel, c’est que celles et ceux qu’ils
commandent le soient, tu sais comme moi que
mis à part Ed et Jack, qui ont des postes
subalternes, il a fallu qu’on place les dirigeants des
plus gros syndicats qui nous ont aidés, de toute
façon, ils nous obéiront au doigt et à l’œil, et
c’est-ce qui compte.

C’est surtout la police et les militaires qu’il fallait
établir, notre dispositif est maintenant au
point, prochaine réunion après-demain, avec un
ordre du jour assez musclé, pour le moment, on va
se faire servir quelques coups à boire, t’as remarqué
qu’il y avait du beau monde dans le Palais ? »

« Ouais, tu parles des nénettes, tu as raison, il y a
des beaux lots, j’ai idée qu’on va se régaler, mais
pour Jack, Ministre des télécommunications, c’est
pas un poste subalterne, les infos, c’est
important, remarque, lui, en ordis, il est qualifié, Ed
à la culture… »

Caslav se mit à rire:

« Tu as raison, on a au moins un qualifié dans nos
Ministres, ouais, Ed à la Culture, léger, mais on s’en
fout, la culture c’est secondaire, les coups à boire
et les nénettes, c’est plus important, pour les
premiers, ça va se régler maintenant, pour les
secondes, eh bien ce soir, j’ai idée que deux nénettes
vont faire des heures sup. »

« Tu m’étonnes, tu as parlé d’un ordre du jour
assez musclé. »

« Tu sera branché demain, j’ai quelques idées qui me
passent par la tête, et j’aimerais que ça soit réglé
rapidement, il y a des choses qu’il ne faut pas laisser
traîner, je pense notamment à cette communauté de
Mars, va falloir que je jette un œil sur les dossiers, on
va bien les trouver ici. »

Le surlendemain matin, Caslav avait réuni son équipe.

« Alors les gars, ça va ? Tout le monde est bien logé ? »

Cerrano: « Oui Chef, j’ai tout un étage sur 500 mètres
carrés, avec du personnel plutôt agréable, c’est cool. »

Koratchine: « J’ai un peu moins en surface, mais ça
me convient. »

Tous étaient bien logés, Caslav aborda l’ordre du jour.

« Bon, de toute façon, il y a le resto du Palais qui est
à votre disposition mais passons au sérieux, premier
point, cette fameuse communauté de Mars, Zoran et
moi avons trouvés un dossier assez costaud avec une
enquête remontant à 2375 dont vous avez tous
copie, je vous laisse dix minutes pour la lire, afin de
me dire ce que vous en pensez. »

Dix minutes plus tard, le Dantec:

« Ouais, ils ont eu leur indépendance à cette
époque, d’après l’enquête ils ne peuvent même pas
bouger de Mars, et ne pensent qu’à la bouffe et à
leur confort ?

8000 péquins qui sont peut-être 10.000 maintenant ?
Pour moi, ils sont sans intérêt. »   

Vretblad: « Même avis. »

Sorran : « moi aussi. »

Drescher: « Puisque je vais m’occuper de la défense
de la Terre, je vois les choses autrement, pour
moi, on ne sait pas ce qu’ils peuvent faire sur
Mars, les vieux, qui étaient des grosses têtes, ne
sont pas éternels, mais il doit y avoir des jeunes pour
assurer la relève, d’accord, l’enquête les déclare
inoffensifs, mais Stevenson et ses copains, c’était
du léger, je suis partisan d’aller voir de plus près où
ils en sont. »

Barnes: « Mais non, mon pote, pour moi, ils sont nuls. »

Kowacs: « On a assez à faire sur Terre, aller nous
occuper de péquins qui vivent terrés dans un coin
loin d’ici, je n’en vois pas trop l’utilité. »

Aucun avis supplémentaire ayant été émis, Caslav
reprit la parole:

« Eh bien moi, non seulement je partage le point de
vue de Drescher, mais je vais encore plus
loin, d’abord, j’ai un doute sur l’enquête, pourquoi ?

Si j’avais dirigé la collectivité de Mars, avant de
demander mon indépendance, sachant qu’il y aurait
enquête, j’aurais commencé par faire planquer tout
ce qui est compromettant, n’oublions pas qu’il n’y
avait que des grosses têtes là-bas, autrement dit les
cerveaux les meilleurs, avec un paquet de malins à
côté, j’aurais donné un mot d’ordre pour que
personne ne révèle rien, sonder des murs ?

Cela ne veut rien dire, avec des panneaux coulissants
assez épais, on ne peut rien déceler, 1500 militaires
qui ont suivi leur Chef, et qui ont négligé les
appartements privés et les lieux de détente ?

Pas sérieux.

Non, pour moi, cette collectivité représente un danger
potentiel, si ça se trouve, ils sont plus avancés que
nous et nous observent tranquillement en
rigolant, des chercheurs scientifiques et médicaux de
la plus haute pointure, ça se contente pas de rester
confortablement chez soi et de bien bouffer, ces
gars là, ils recherchent sans arrêt, et comme les
chiens ne font pas des chats, les jeunes doivent être
du même calibre, en plus, il se pourrait que sur
Mars, il y ait des trucs qu’on ne connait pas
ici, non, tout ça n’est pas clair, justement
Drescher, c’est toi qui as le bon poste pour régler
ça, tu diras à Kiwongo d’expédier une centaine de
vaisseaux bien armés sur Mars, et qui auront pour
mission de me péter ce sous-sol, qu’il ne reste aucun
survivant, c’est clair? »

Drescher: « Limpide, Chef, je vais procéder. »

Caslav: « Bien, autre point, assurer notre
domination sur toute la planète, pour ça, il faut
répartir un nombre de militaires et de policiers
suffisant dans tous les points stratégiques, à
commencer par les grandes villes, là
encore, Drescher et Le Dantec, vous allez avoir du
boulot, Kiwongo et Tarafah, va falloir qu’ils se
décarcassent pour mettre en place un dispositif qui
nous assurera une parfaite sécurité, pour le
moment, on bénéficie de la bienveillance de la
populace, mais ça ne durera pas, alors il faut faire
vite, c’est clair? »

Le Dantec: « Oui, Chef. »

Drescher: « Je vais m’y mettre de suite, Chef. »    

Caslav: « Bien, maintenant, à toi, Sorran, tu es affecté
aux sciences et aux recherches, pas question de
modifier quoi que ce soit dans les avancées
actuelles, on veut être tranquille dans le
système, alors les galaxies, on les oublie, ça
multiplierait les risques de rencontrer des formes de
vie plus avancées que nous qui pourraient nous
casser la gueule, donne des ordres en conséquence
à tes services, les inventions révolutionnaires, pas
pour nous, des recherches pour renforcer des
vaisseaux et des armes d’accord, mais pour qu’ils
aillent plus vite et plus loin, non, le petit malin qui
ferait une trouvaille dans le mauvais sens, tu
bloques la découverte que tu me transmets, et fais
en sorte que le mec, on en entende plus
parler, c’est bon ? »

Sorran: « Sans problème, Chef, je saurai faire le nécessaire. »

« Bon, par contre, toi, Phan Van, il va falloir que tu les
pousses, tes chercheurs médicaux, prolonger la durée
de vie, ça nous intéresse, et il vaudra mieux pour eux qu’il
y ait des résultats, ok ? »

Phan Van: « Je m’en occupe, Chef. »

« Bon, toi, Nimayak, tu étais informaticien avant de
diriger un syndicat, je crois ? »

« Oui, Chef. »

« Alors les Finances, tu dois connaître, ça, c’est un
poste intéressant, le fric, c’est sacré, plus on en
a, mieux on se porte, avant qu’on intervienne, les gens
disposaient d’un niveau de vie acceptable, qu’ils sont
en train de reprendre, alors tu vas me faire une étude
de ce qui se pratique déjà au niveau des impôts et des
taxes, bien tout recenser, puis me soumettre un projet
de gestion de ces revenus, en prévoyant une petite
augmentation, pas trop importante au début, faut pas
qu’ils sentent le coup venir, on a besoin de garder une
bonne réputation en un premier temps, une fois que
tous nos dispositifs seront en place, ce sera une autre
histoire, vu ? »

« Oui Chef. »

« Passons aux histoires de logement, Vretblad et
Sipriani, vous êtes tous dans des bons apparts, mais
dans l’avenir, je préfère vous avoir sous la main, il y a
une énorme place d’espaces verts inexploitée autour de
mon Palais, de quoi construire une quinzaine de petits
Palais tout autour, avec bien sûr, ce qu’il faut pour
prévoir une bonne garde, vous allez me présenter un
projet de construction que vous ferez réaliser après
acceptation, ok ? »

Vretblad et Sipriani, en chœur: « Oui Chef. »

« Bien, pour la population, pour le moment, on ne
change rien, passons à la Justice, Kowacs, tu vas me
faire fabriquer un nouveau recueil de Lois très clair et
simplifié, en partant du principe que:

- Un assassin ou un criminel, en cas de preuve, et quel
qu’en soit le motif, hors des cas de légitime défense et
de ceux que nous missionnons, sera exécuté.

- Un voleur sera soumis à des travaux obligatoires, dont
la durée sera fonction du montant dérobé, toujours
si preuves.

- L ’un et l’autre peuvent être défendus par des avocats.

Pour le reste, tu vois avec les spécialistes, qu’il
raccourcissent au maximum le maquis de Lois
existant, et le rendent clair. »

« Bien Chef. »

« A toi, Koratchine, les codes du travail sont assez
clairs, mais il faut simplifier, vois cela avec les
spécialistes, surtout, je ne veux pas de chômeurs, la
retraite ?

Elle est actuellement à 120 ans, il faut la passer
progressivement à 150, sur 10 ans, donc rajouter 3 ans
tous les ans, les gens s’ennuient lorsqu’ils ne travaillent
plus, là aussi, consulte tes spécialistes pour me faire
un projet. »

« Oui Chef. »

« Bien, pour les affaires sociales et pour la
culture, Cerrano et Barnes, vous ne changez rien pour
le moment.

Pour les télécommunications, il y a des progrès à
faire, alors Hawkins !

Tu  vas faire équipe avec Sorran pour que nos
scientifiques, et autres techniciens trouvent des
améliorations dans ce domaine, je veux pouvoir tout
contrôler, là aussi, il y aura lieu de me soumettre un
projet, en fonction des dernières
découvertes, là, Sorran, tu pourras mettre tes
chercheurs à contribution. »   

« Entendu Patron. »

« Plus Patron, mais Chef maintenant, des
commentaires ?

Non ? Alors je clos la séance, exécution! »

Il était temps d’aller déjeuner, Zoran:

« Tu n’as pas parlé des pubs que tu as faites au
peuple, notamment des promesses, comment les
gérer. »

« Ce n’était pas utile, je leur ai déjà donné pas
mal de boulot, il faut s’assurer tout ce qui est
technique et stratégique, c’est prioritaire, les
laïus au peuple, on bénéficie d’une cote qui durera
trois ou quatre mois, ce qui nous laisse le temps
de rectifier le tir. »

« Dois-je, moi aussi, t’appeler Chef ? »

Caslav se mit à rire, au même moment, sur Mars, Atkins:

« Ce que nous avons craint est arrivé, ils ont leur
dictateur, qu’allons-nous faire ? »

Nelson: « Pour le moment, il n’y a rien à
faire, laissons-les venir. »

Ils étaient encore en réunion lorsque:

« Monsieur le Président, une centaine de vaisseaux vient
de quitter la Terre et vient dans notre direction !»

« Bien Sam, faites actionner le rayon infrangible mais
ne tirez pas, j’ai idée que le dictateur va faire une drôle
de tête. »

Effectivement, le lendemain matin, Caslav reçut un
rapport des mains de Drescher:

« On s’en doutait toi et moi, canardés pendant trois
heures à coup de canons transformateurs et
dimensionnels qui n’ont pas pu traverser un rayon ?

Et de leur côté, pas un coup n’a été tiré sur
nos vaisseaux ?

Cela veut dire qu’ils nous prennent pour des minables
tout juste bons à jouer avec des pistolets à bouchon, je
n’apprécie pas, nos scientifiques vont avoir un surcroit
de travail, a-t-on étudié ce rayon ? »

« L’étude est en cours, Chef. »

« Bon, tiens moi au courant. »

Sur Mars, Atkins:

« Nous nous attendions à cette réaction, je suppose
qu’ils ont pris une empreinte de notre rayon qu’ils
sont en train d’étudier…

Nous disposons de 20 vaisseaux confortables et
pratiquement indestructibles pouvant recueillir tout
le monde, afin d’éviter tout risque futur éventuel, il me
semble préférable de quitter Mars, qu’en pensez-vous ? »

Clarke: « C’est aussi mon avis. »

Gonzalez: « Moi aussi, mais pour aller où ? »

Karpov: « Tout dépendra de la vitesse que peuvent
atteindre nos propulseurs qu’il faudra tester, en
tenant compte de l’autonomie, dans les
vaisseaux, nous serons bien installés, ce qui nous
permet de voir venir, Clarke peut peut-être donner
une réponse? »

Clarke: « D’après mes scientifiques, sous réserve de
vérifier l’autonomie, un million de fois la lumière
serait possible. »

Karpov: « Ce qui mettrait la M31 à moins de 3 ans ?

Pourquoi pas. »    

Padilla: « Reste à voir si ce tyran ne va pas tenter de
nous poursuivre. »

Atkins: « Pour le moment, il en est incapable, et je ne
pense pas qu’il voudra le faire, d’après ce que nous
avons pu décrypter de lui, c’est le genre de type qui
veut posséder un domaine, en l’occurrence notre
système solaire, et rien d’autre, par ailleurs, il va être
occupé à asseoir son emprise pendant pas mal de
temps, il a encore 150 ans de vie devant lui ?

C’est court, et puis, nous sommes encore susceptibles
de faire des progrès, laissons-donc les terriens à leur
destinée, il y a eu un avant-Caslav, il y aura un
après, êtes-vous tous d’accord pour un grand départ ? »

Après un accord unanime, Atkins:

« Bon, il nous reste à préparer nos citoyennes et
citoyens à ce grand évènement. »

-----***-----
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 14:14 (2017)    Sujet du message: Publicité

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