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L011

 
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Kr
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MessagePosté le: Lun 24 Avr - 16:00 (2017)    Sujet du message: L011 Répondre en citant

  Vendredi 01/01/2100

Suite au passage de deux géo croiseurs et aux différents conflits
durant le siècle précédent, le nombre d’habitants de la planète s’était réduit à trois milliards d’individus.

Les trente dernières années s’étaient passées en reconstructions diverses, et en la constitution d’un seul gouvernement mondial.

Les humains avaient, par obligation, finis par comprendre que:

- L’égoïsme n’était pas un bon modus-vivendi, seule la solidarité permettait de construire.

- La recherche du pouvoir, la politique, l’argent, le racisme, et bien d’autres travers représentaient des inconvénients plutôt que des avantages.

- Les religions, et autres croyances surannées n’avaient plus cours.

- L’éducation des enfants, ainsi que le bien être général,  étaient revenus au premier plan des préoccupations.

Les gens pensaient désormais en termes de construction, et non plus de destruction, un seul pays: Le Monde, une seule langue:
L’anglais, une seule monnaie: Le Solar, la seule énergie utilisée:
L’énergie solaire, de nouvelles inventions étaient apparues, comme très souvent en période de guerre ou de catastrophe, la médecine avait bénéficié de grands progrès, ainsi que la technologie, les survivants pouvaient espérer une durée de vie de l’ordre de 130 ans.  

Le monde des bisounours ?
Pas tout à fait, il y avait encore quelques exactions par ci ou par
là, mais cela devenait rare, et la Justice avait été établie en conséquence.

- Le crime volontaire, quel qu’en soit la cause, était puni de mort.

- Le vol, obligation de travailler à des tâches dures de reconstruction jusqu’au remboursement intégral.

- Les attitudes agressives et autres insultes, même punition que pour le vol, le respect d’autrui était devenu une obligation.

- Les impôts continuaient d’exister, ils servaient à alimenter:

 ° Les membres du Gouvernement, et autres subordonnés directs.

 ° L’armée, la police, les différents services publics, les nouvelles réalisations, et les projets divers.
 
Mais comment l’humanité avait-elle pu changer à un tel point ?
Celui de devenir pratiquement parfaite ? Marre des conflits et autres guerres ? Non, la chute sur Terre des  deux géo croiseurs ?
Peut-être, des analyses récentes avaient permis la découverte de substances inconnues à l’état de traces dans l’air, mais pour le moment, elles conservaient leurs secrets.

Les humains, à de très rares exceptions près, étaient devenus plus forts, plus intellectuels, et apparaissaient comme plus équilibrés et nettement moins expressifs, mais ils avaient perdu leur aptitude à ressentir et à exprimer des émotions et autres sentiments, ils  étaient atteints d’aphilisme.

Il n’y avait plus de chômeurs, tous les adultes masculins comme féminins travaillaient, les enfants restaient à la maison, devant leur
ordinateur, ils suivaient des cours, mais les enseignants n’existaient plus, beaucoup d’anciens métiers avaient disparus, plus besoin d’électricien ni de plombiers, ni de gens du bâtiment, ni
d’éboueurs, ils étaient remplacés par des machines, qui travaillaient plus vite et mieux.
Les commerçants tels que bouchers, boulangers, épiciers et
autres, n’étaient plus nécessaires, là aussi, des machines produisaient, d’autres diffusaient, d’autres encore, livraient, tous les anciens jobs n’existaient plus, mais alors, que faisaient les humains maintenant ?

Tout dépendait des aptitudes de chacun qui étaient déterminées dès l’enfance, durant les suivis des cours sur les ordis, puis le passage de différents tests, les plus doués obtenaient des postes clés dans la recherche ou dans les prises de décisions, les autres se bornaient à des échelons divers, à des surveillances et contrôles sur ordis, dans divers domaines.

Pour les logements, plus de clochards ni de sdf, ils étaient confortables pour tout le monde, et dotés de salles de sport bien équipées, pour l’entretien physique, l’argent n’était pas non plus un problème, il y avait, bien sûr, des  écarts de salaires entre les gens les plus importants et les banalisés, le rapport étant de un à
dix, mais personne ne manquait de rien, en ce qui concerne les hiérarchies, elles étaient absolues, l’obéissance à tout supérieur s’avérait obligatoire, une véritable société de style militaire.

Hommes et femmes étaient considérées comme égaux, le sexe était vu comme une simple fonction biologique, sans beaucoup d’excitation, les mariages avaient très souvent lieu entre collègues de travail, l’objectif principal étant la procréation, il fallait repeupler la planète.

L’inversion des pôles était en cours, elle avait débuté un siècle plus tôt, mais elle était très lente, et durerait probablement plusieurs siècles, voire un millier d‘années.

Curieusement, l’espace semblait n’intéresser personne, et pourtant:

« J’ai fini de poser le système de gravité dans le vaisseau
Professeur, il n’y a plus qu’à le tester ».

« C’est bien, Werner, nous procèderons plus tard, avant de poser les Schwarz, pour le moment, j’ai encore une dernière chose à vérifier.»

Cette conversation avait lieu quelque part, en Europe Centrale, dans un immense laboratoire souterrain resté secret, entre un éminent scientifique recherché sur toute la planète, le Professeur Lothar Schwarzschild, et son assistant, plus jeune et moins connu, nommé Werner Freimann.

Depuis bien des années, ils travaillaient de concert à la conception d’un vaisseau spatial dans ce lieu, sans jamais sortir, ils n’en avaient pas besoin, disposant de provisions pour plus d’un siècle, d’un confort optimal, d’un régénérateur d’air, température 20 degrés partout, d’une source de courant et d’énergie quasi inépuisable et indétectable, résultat de diverses créations du Professeur, qui avait
également inventé les réacteurs du vaisseau qu’il avait appelé des Schwarz, son assistant, Werner, était très calé en informatique, en électronique et en mécanique, ce qui lui avait permis de fabriquer une douzaine de robots qui les assistaient sans faille, et pouvaient servir d’équipage au vaisseau, le Professeur et son assistant étaient parfaitement au courant de ce qui se passait à l’extérieur, car ils disposaient également de supers ordinateurs qu’ils appelaient « Technotrons », ils savaient que les gens restés en surface étaient aphiles, mis à part 200 ou 300 personnes, mais parmi celles-ci, certaines commettaient des exactions à titre révolutionnaire, ils n’admettaient pas la nouvelle société, les autres se cachaient soigneusement, peut-être sous terre, tout comme eux, pour un voyage dans l’espace, certaines seraient peut-être intéressantes à contacter, mais comment, et sans se faire repérer ?    

C’était précisément la teneur de la conversation entre le Professeur et son assistant, au cours d’un déjeuner:

Lothar:« Créer un vaisseau spatial, c’est bien, mais s’il ne doit transporter que nous et nos robots, quel en est l’intérêt? Nous ne sommes pas éternels. »

« C’est vrai, Professeur,  il faudrait que nous partions avec une cinquantaine de personne au moins, des hommes, des femmes, de préférence jeunes, pour pourvoir recréer une civilisation
ailleurs, mais comment les contacter sans nous faire découvrir par les aphiles qui ne nous feraient pas de cadeau? »

« Voyons, notre nef n’est pas tout à fait prête, nous devons nous assurer que tous les systèmes auxiliaires fonctionnent,  son châssis en parakronite renforcée nous rend quasi invulnérables, même dans l’espace, certaines de mes créations, ainsi que des vôtres, en informatique et en électronique, nous confèrent un net avantage sur les aphiles, je me pose la question suivante: Est-ce que des non aphiles sont en groupe, et ont gardé un moyen quelconque de communication ? »

« A mon avis, Professeur, la plus part des non aphiles doit être en groupe, c’est en quelque sorte une condition de survie, seul, c’est beaucoup plus difficile, un moyen de communication ?  Cela les
ferait repérer, ils ont dû s’en débarrasser. »

« Vous devez avoir raison, Werner, allons tester le système de gravité, nous réfléchirons au moyen de les contacter dès que notre vaisseau sera prêt, au fait, quel nom allons nous lui donner ? »

« Nous sommes sur Terre, je propose le Terrana. »

« Pas mal, je pense au Solarsys, par le fait que nous sommes aussi dans le système solaire. »

« D’accord avec vous, Professeur, le Solarsys, c’est mieux. »

Quelques jours plus tard:

« Bon, Werner, maintenant, tout est au point dans le Solarsys, et les
Schwarz fonctionnent, nous pourrions quitter cette planète dès maintenant, si l’on chargeait les aliments, et les principaux éléments
du labo, mais il reste plusieurs problèmes à résoudre:

- Notre vaisseau ne fait que 120 mètres, en chargeant
tout, technotrons et autre matériel électronique compris, l’espace restant ne pourra abriter plus de 40 personnes.

- Ces 40 personnes non aphiles, il va falloir les trouver.

- Si nous trouvons des groupes plus importants, nous devrons êtres sûr de tomber sur des gens valables, et intéressés par une nouvelle vie dans l’espace, ceux qui commettent des exactions doivent se faire repérer tôt ou tard par les aphiles, mais tous ne sont pas encore repris, ce qui nous oblige à attendre.
     
- D’autre part, les révoltés dont je parle, ont droit à leur chance, ils se battent contre des malades, contre un régime qu’ils n’approuvent pas, et que nous ne souhaiterions pas non plus, ce sont peut-être eux qui seraient le plus intéressés à tenter une nouvelle vie dans l’espace.

- Enfin, je suis recherché, et peut-être vous aussi, ils n’en parlent guère en ce moment, mais…

- L’aphilisme n’est pas près de disparaître de sitôt sur cette
planète, à moins qu’un nouveau cataclysme survienne et annule les effets des précédents, mais ne comptons pas trop là-dessus, de toute manière, nous ne vivrons pas assez longtemps pour cela.

Voyez, Werner, le problème est complexe. »

« En effet, Professeur, et j’ai beau y réfléchir aussi, actuellement, je ne vois pas de solution. »

Sur la surface, les aphiles avaient constitué une capitale planétaire au milieu du désert de Gobi, elle s’appelait Braintown, une énorme ville circulaire de 50 kms de diamètre qui abritait 20 millions de personnes, le gouvernement planétaire logeait, bien sûr, dans un quartier résidentiel du centre.

Le gouvernement se composait:

- D’un Président.

- De dix Ministres.

- De Secrétaires Généraux, dont nombre d’entre eux étaient répartis sur tous les continents et anciens pays de la planète, du moins sur ce qu’il en restait.

- De sous-fifres divers encore plus nombreux et répartis d’une manière analogue, plusieurs centaines résidaient dans la nouvelle capitale.

Ce jour là, le Président, William Bradford,  était en conférence dans son palais, avec ses Ministres:

« Alors, Messieurs, racontez moi les évènements de ces quinze derniers jours. »

Stratov: « Nous avons encore procédé à l’arrestation de deux malades qui sont actuellement dans le centre principal de traitement de Kent, leur interrogatoire se poursuit, et le traitement sera fonction de leurs réponses, voire de leur
coopération, voilà, Monsieur le Président. »

« Bien Stratov, et vous Korrigan ? »

« Nos recherches médicales sur la durée de vie
progressent, Monsieur le Président, j’attends des résultats dans les semaines à venir, mais nos scientifiques parlent d’un allongement de 50 ans, et d’un processus de vieillissement encore plus lent, ils ont trouvé… »

« Epargnez moi les détails, Korrigan, seul le résultat m’intéresse, et vous Faber, toujours rien de neuf sur ce fou qui voulait partir dans l’espace ? »

« Vous devez parler du Professeur Schwarzschild, Monsieur le Président, nous continuons les recherches, d’après ce que nous savons, il voulait créer un vaisseau spatial, et avait un
assistant, mais nous ne savons toujours pas exactement qui, à cette époque qui remonte à près de 30 ans, des centaines de personnes ont mystérieusement disparues, probablement des malades dont certains vivent encore, ses dernières traces se recoupent avec les derniers contacts que nous lui connaissons… »

« Oui, Faber, vous ne m’apprenez rien, je les connais par cœur, ses
derniers contacts, Phan Van, Klopstock, Van de Vries, les frères Livingstone, Morris, Dupont, Moskovenko, Freimann, Soriano, et bien d’autres, des scientifiquement doués, mais cela ne m’indique toujours pas qui, intensifiez vos recherches, ils doivent se terrer dans un laboratoire secret, sur l’ancien continent américain ou ailleurs, nous avons fait de sérieux progrès en matière de
détection, non ? Alors retrouvez les. »

« Il se pourrait, Monsieur le Président, qu’ils fassent partie des groupes de malades que nous recherchons, peut-être en saurons nous plus lorsque nous aurons traité les deux derniers capturés. »

« Je ne me contente pas d’approximations, et encore moins de peut-être, Luccini, et je ne pense pas qu’ils soient avec d’autres avec qui ils perdraient leur temps, pour de hautes pointures comme eux, ce n’est pas le style, ces gens là font des recherches jusqu‘à ce qu‘ils aboutissent, ils étaient déjà très avancés à l’époque, et doivent être encore plus dangereux maintenant, il faut les retrouver à tout
prix, quoi d’autre ? »

« De mon côté, Monsieur le Président, les taxes rentrent bien, nous pouvons compter sur une augmentation de 5% par rapport à l’année dernière ».

« Enfin une réponse intéressante, bravo, Matombo, continuez ! »

Personne ne reprit la parole, ce qui clôtura la séance.

Dans le laboratoire:

« Bon, alors Werner, évaluons toutes les hypothèses:

- Nous quittons la planète dès maintenant, en espérant, si notre Solarsys fonctionne correctement, trouver au moins une autre planète habitée de gens qui nous ressemblent, la probabilité me semble très faible, d’autres vies évoluées, peut-être, mais des répliques exactes…

- Nous tentons de sauver des gens sains qui recomposeraient une nouvelle humanité sur une planète vierge ou peu habitée, là, se pose le gros problème, en surface, ils ont fait des progrès en
détection, et il se pourrait qu’un jour, ils parviennent à situer notre labo, Bradford est un enfoiré de première, et il est tenace, plus vite nous partirons, mieux cela vaudra pour nous.

- Utiliser l’émotron pour situer des non aphiles nous ferait immanquablement repérer.

Voyez vous autre chose ? »

« Oui, une chose, Professeur, nous pouvons déjà stocker tout ce dont nous avons besoin dans le Solarsys, aliments, composants électroniques, et toutes nos affaires, réadapter les composants à l’intérieur du vaisseau, cela nous rendra prêts à partir si nécessaire. »

« C’est une bonne idée, nous allons nous y employer dès
demain, autre chose ? »

« Oui, une idée dingue, me rendre à la surface pour essayer de trouver des non aphiles, dans des quartiers zonards d’une grande ville, par exemple… »

« Là, Werner, vous êtes fou, c’est d’avance voué à l’échec, vous vous feriez capturer, plusieurs raisons à cela:

- Vous avez 49 ans, donc plus tout jeune, et nous ne bénéficions pas des progrès des aphiles en durée de vie, car nous n’avons pas eu le temps de faire des recherches là-dessus.

- Vous faites de l’entraînement physique dans la salle de sport, vous êtes costaud, et savez-vous battre, mais contre des aphiles devenus plus forts et en nombre, vous n’auriez aucune chance.

- Nous n’avons pas de faux papiers d’identité, si comme moi, vous êtes recherché, ils vous trouveront vite, dans le cas contraire, vous n’avez pas appris à réagir comme des aphiles, vous seriez vite détecté.

- Enfin, vous n’avez pas d’argent, et vous devrez vous
nourrir et loger quelque part,  comment ferez vous ?

Non, ce n’est pas une bonne idée, et en plus, j’ai encore besoin de vos compétences, alors oubliez cela, nous n’avons qu’une seule possibilité, en temps limité, qui consiste à trouver le moyen de communiquer avec des humains non contaminés, je veux bien que l’on se laisse un temps de recherche, le labo, à 100 mètres sous
terre, en dessous d’une rivière assez large,  n’est pas facile à
repérer, mais comme je l’ai dit, ils peuvent, un jour, y
parvenir, le mieux est de charger totalement le Solarsys, et de s’habituer à vivre à l’intérieur,  là, nous serons pratiquement en totale sécurité, et laissons-nous un an, à la rigueur deux pour rechercher un moyen de contact , c’est la seule possibilité que je vois. »

« J’en ai peut-être une autre, Professeur, à condition d’être sûr que la parakronite puisse nous protéger de toutes leurs armes, elle consisterait à nous balader en surface, dans le Solarsys, et d’utiliser l’émotron pour repérer des groupes de non affectés, quelle est la portée de l’émo ? »

« Je dirais un kilomètre, la parakronite nous protégerait à coup
sûr, c’est plutôt une bonne idée, Werner, dès demain, on charge le vaisseau, puis on se laisse un an en recherches, si l’on n’obtient rien de plus, on activera les plaques de sécurité pour sortir. »

« Ok, Professeur, on fait comme ça, pourvu qu‘ils ne nous repèrent pas entretemps, car s‘il leur venait l‘idée de bombarder les plaques de sécurité et les systèmes qui les actionnent, nous resterions coincés ici . »

« Dès demain, on charge le Solarsys, une fois fait, j’ai peut-être une autre idée…  Fabriquer un poste à galène. »

« ??? »

« Oui, Werner, vous ne savez pas ce que c’est, alors j’explique:

Il y a près de deux siècles, notamment durant les guerres de l’époque, les gens communiquaient au moyen de postes à
galène,  c’est facile à fabriquer, et nous avons tout ce qu’il faut ici pour qu’il soit puissant, les aphiles ignorent ce que c’est et ne nous repéreront pas, si, parmi les gens sains en groupe, quelqu’un a eu l’idée d’en fabriquer un, nous pourrons alors communiquer, voilà une possibilité que nous essaierons une fois dans le vaisseau. »

Un mois plus tard:

« Maintenant, Werner, nous sommes définitivement dans le Solarsys, à nous de jouer pour tenter une communication. »

« J’attends les résultats avec impatience, Professeur, quelle est l’autonomie ? »

« Des centaines de kilomètres, allons-y, mais évitons de nous
situer,  ne donnons pas de nom, on ne sait jamais, j‘espère simplement que quelqu‘un a eu la même idée que moi.»

Pendant plusieurs jours qui suivirent, pas de réponse, cela devenait désespérant, puis:

« Allo, TK45 ? Vous m’entendez ? »

Lothar: « Oui, ça y est, je vous entends, qui êtes vous ? Combien êtes vous, et où ? »

« Je suis SU12, évitons les noms et les lieux, nous sommes une cinquantaine, dont une dizaine d’enfants, dans un endroit sûr. »

« Personne d’aphile chez vous ? »

« Bien sûr que non, et chez vous ? »

« Pas davantage, nous ne sommes que deux, connaissez vous d’autres groupes ? »

« Non, et je pense que personne n’a eu notre idée, celle d’utiliser un poste à galène, qui que vous soyez, chapeau, les aphiles ne nous détecteront pas, mais soyons prudents. »

« Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? »

« Oh ! C’est simple, s’ils pouvaient nous détecter, cela fait longtemps que nous serions capturés, car j’essaie de communiquer depuis des années, mais maintenant, je deviens vieux, et nous n’avons plus beaucoup de provisions, bien sûr, pas question de sortir, et
vous, comment avez vous tenu le coup? »

« Pour nous, cela a été beaucoup plus simple, une cinquantaine dites-vous ? Avez-vous des femmes et des hommes jeunes parmi vous, qui pourraient redémarrer une nouvelle population ? »

« Voilà une bien étrange question, mais je vais y répondre, oui, nous avons une trentaine de jeunes, treize hommes et dix sept femmes qui pourraient procréer, mais qui êtes vous donc pour poser une telle question ? »

« Celui qui peut peut-être vous sauver si l’espace vous
intéresse, nous sommes dans un vaisseau spatial, prêts à décoller et à vous recueillir, qu’en pensez-vous ? »

Une minute s‘écoula:

« Vous êtes des extraterrestres ? »

« Pas du tout, allez, je peux dire mon nom, car je ne crains rien, je suis Lothar Schwarzschild, un scientifique, et près de moi, mon assistant, Werner Freimann, dites nous où l’on peut vous
trouver, nous passons vous prendre, une dernière question, il n’y a pas de trouble-fêtes chez vous ? »

D’autres secondes passèrent:

« Oui, nous avons parmi nous un ancien chercheur scientifique, qui a entendu parler de vous, attendez, je vous le passe… »

« Professeur Schwarzschild !! C’est bien vous ? Le grand savant qui a décidé, il y a près d’une trentaine d’années de fabriquer un vaisseau spatial ? »

« C’est bien moi, et tout comme la personne qui vient de me
parler, je ne rajeunis pas, alors qu’il réponde à mes questions, et que l’on fasse vite, et vous, qui êtes vous ? »

« Je m’appelle Sheldon, j’étais physicien, mais je vous repasse le père Da Costa, qui est notre patriarche. »

« Bon, Professeur, non, pas de trouble-fête chez nous, que des gens biens qui méritent une chance, d’après ce que je comprends, ce que vous dites est sérieux, alors je vous donne les éléments, nous sommes dans l’ancien Canada, près de Peterborough, à 44.12.26
degrés de latitude nord, et à 78.22.22 degrés de longitude
Ouest, nous vous attendons, dans combien de temps votre vaisseau sera là, et où irons nous ? »

« Nous n’avons encore jamais essayé notre vaisseau, c’est une première, le temps de nous familiariser avec les manœuvres, nous avons des assistants mécaniques autrement dit des robots, comptez environ une heure, pour votre lieu, puis nous partirons dans l’univers, nous devrons trouver une planète vierge ou peu habitée, si tout va bien, nous commencerons par la zone d’Orion, mais dans le
Solarsys, le nom de notre vaisseau, vous serez en sécurité, et nous avons de tout, pour pas mal de temps. »

Une minute s’écoula:

« Ffff, fantastique, alors d’accord pour l’espace, nous vous attendons. »    

Quelques minutes plus tard:

« Nous sommes en surface, Werner, et le Solar  se manœuvre facilement, mais laissons nos robots procéder, ils sont plus habiles que nous, transmettons leur les coordonnées. »

Une demie heure plus tard, ils étaient déjà sur les lieux:

« Bon, utilisons l’émotron pour les situer, et le galène pour leur parler. »

« Je me charge de l’émo, Professeur, Ah ! Je les situe, ils sont tous jaunes, donc non aphiles. »

« Je vais leur parler pendant que nous nous rapprochons de la surface. »

« Père Da Costa ? Vous m’entendez ? »

Quelques secondes:

« Oui, Professeur, je vous entends, où êtes-vous ? »

« Juste au-dessus de vous, vous pouvez monter en surface. »     


 
Au même moment, à Braintown:

« Une communication urgente pour vous, Monsieur
le Président, elle vient du Secrétaire Général
d‘Ottawa, Monsieur Cooper. »

« Passez le moi ! »

« Monsieur le Président, on vient de m’informer
qu’un ovni se balade près de Peterborough, on
détecte des rayons, et d’autres ondes qui pourraient
être des communications, que dois-je faire ? »

« Capturez moi cet ovni, et ratissez la zone qui doit
recueillir des malades, rappelez moi de suite pour me
communiquer vos résultats. »

Bradford raccrocha et se mit à réfléchir:

« Je m’en doutais, c’est un coup de Schwarzschild, il
a son vaisseau spatial, et va recueillir des malades
pour les emmener ailleurs, hors de la planète, cela
devait arriver, si je n’étais pas entouré
d’incapables, il y a longtemps qu’on l’aurait capturé
puis traité, pour le moment, j’attends les résultats de
Cooper, mais s’il ne sont pas bons, je vais en envoyer
plus d’un dans un centre de traitement, et ce
sera définitif. »

Près de Peterborough, le père Da Costa et son
groupe montait dansle Solarsys, il était temps, des
chasseurs arrivaient sur les lieux, ils virent le
vaisseau et tirèrent dessus, mais ce dernier se
contenta de prendre doucement de l’altitude, puis
disparût soudainement.   

Dans le vaisseau:

« Nous sommes déjà à 100.000 Kms de la Terre, il
est temps de faire les présentations, nos robots
sont en train de vous préparer des chambres avec
tout confort, puis une salle qui servira de
réfectoire, ici, vous êtes en sécurité. »

Père Da Costa: « Extraordinaire, Professeur, 100.000
Kms !

En quelques secondes !

Bon, pour les présentations, voici Craig
Sheldon, ancien physicien, à qui vous avez
parlé, puis Brahim Kadar, qui était enseignant
en histoire et géographie, voilà pour les vieux
qui ont connu l’avant aphilisme, pour les jeunes… »

Il continua d’énumérer des noms pour terminer par:

« Moi, eh bien j’étais un curé de la religion
catholique, à laquelle plus personne ne
croit, heureusement que notre refuge avait été
une immense cantine pour enfants, nous avons
vécu et tenu le coup grâce aux surgelés, les
jeunes, adultes et enfants, sont des enfants et des
petits enfants de Martha et de Boris, ici
présents, puis de Janosh et Carmen, que voici, les
autres jeunes restants ont perdu leurs
parents, malheureusement.

Même cas pour Craig Sheldon et Brahim Kadar
dont les enfants sont désormais aphiles, pourquoi
avons-nous été épargnés ?

Vous connaissez la citation, les voies du Seigneur
sont impénétrables. »

Sheldon: « Extraordinaire de vous voir en chair et
en os, Professeur Schwarzschild, il y a 30 ans, j’ai
lu certaines de vos thèses, dès que les gens sont
devenus aphiles, vous êtes devenu l’ennemi public
n°1, du temps de Landesberg, qui précéda
Bradford à la présidence planétaire, lui aussi, c’était
un teigneux. »

« Oui, j’en ai entendu parler, mais tout cela est
déjà loin, si vous étiez un bon physicien, vous
pourrez nous être utile, mais pour le moment, nous
allons vous confier à nos robots qui vont vous
guider vers vos chambres, puis vers le réfectoire
dans lequel vous pourrez vous restaurer, nous
avons tout ce qu’il faut. »

Sheldon:« Très bien, Professeur, mais vous avez
parlé d’Orion, c’est à environ 1500 années/lumière
d’ici, je crois, il va nous falloir pas mal de temps
pour atteindre cette zone. »

Lothar: « Peut-être pas,  Craig, nous ne connaissons
pas encore les possibilités des Schwarz, qui peuvent
courber de l’espace-temps, il se pourrait que nous
ayons d’agréables surprises, allez donc vous
détendre maintenant, les uns et les autres l’avez
bien mérité, par la suite, nous reparlerons de tout
cela, lorsque nous-mêmes, en saurons plus. »

Sur Terre, à Braintown:

« Monsieur Cooper pour vous, Monsieur le Président ».

« Ah ! Alors Cooper ? »

« Eh bien, Monsieur le Président, j’ai mis des
chasseurs sur l’ovni, mais sans résultat apparent, ce
vaisseau a quitté la Terre… »

« Très bonne nouvelle Cooper, bravo, et pour les
malades qui se réfugiaient dans cette zone ? »

« La zone est vide, ils ont dû être pris en charge par
le vaisseau. »

« Excellent, d’après ce que je crois
comprendre, nous sommes débarrassés d’eux ? »

« Absolument, Monsieur le Président, les capturer
ou les détruire aurait été parfait, mais ils ont pris la
fuite et ne nous gêneront plus, alors finalement, le
résultat est le même. »

« Bonne analyse, Cooper, passez une bonne journée. »

Bradford raccrocha et se remit à réfléchir:

« Bon, cet idiot de Cooper fera l’objet d’une bonne
mission pour Stratov, je vais l’envoyer à Montréal
avec quelques militaires, mission, l’exécuter, Stratov
est bon pour ce genre de chose, il ne me décevra
pas, quant à Faber et à Luccini, je vais les remettre
à Chen Yin, mon Ministre des armées, même
motif, même punition, j’ai les gens qu’il faut pour
les remplacer.

Ces incapables ne sont même pas dignes d’être
envoyés dans les centres, on ne peut pas les
recycler, et ça coûte au contribuable, non, c’est
sans intérêt.

Pour Schwarzschild, cela aurait pu être
différent, bien recyclé, il aurait été un auxiliaire
précieux, j’étais même prêt à le nommer Vice
Président, mais là, c’est fichu, on ne le reverra
pas, ou bien il va se crasher dans l’espace, ou il va
faire une civilisation ailleurs, dans les deux
cas, c’est quand même quelqu’un, chapeau, un
rude adversaire.

Finalement, je ne suis pas mécontent, les malades
vont finir par mourir, d‘abord parce qu‘ils sont
dans de mauvaises conditions de
survie, ensuite, parce qu‘ils ne bénéficient pas de
nos progrès sur la durée de vie, alors que
maintenant, je peux vivre jusqu‘à 180 ans, avec
possibilité d‘extension, et enfin parce que la
planète m‘appartiendra  encore pendant plus d‘un
siècle, d‘une façon ou d‘une autre, peu
importe, tout s‘arrange.»

Dans le vaisseau:

« 10.000 fois la vitesse/lumière, Professeur,  et
seulement en indice 17 !!! ».

« Fff ! Attendons la suite, Werner. »

« 20.000 indice 19, 30.000, indice 22 !!! Extraordinaire. »

Quelques minutes plus tard:

« 500.000 fois la vitesse/lumière, et l’indice n’est
que de 42 !

Je crois savoir que les Schwarz peuvent atteindre un
indice 100, est-ce exact, Professeur ? »

« Théoriquement oui, Werner, ce qui signifierait qu’à
l’indice 100, nous irions plus de 1.000.000.000 de fois
la vitesse/lumière, je n’en attendais pas tant, lorsque
vous atteindrez un million de fois la V/L, maintenez
la, ce qui nous permettra d’atteindre la zone d’Orion
dans quelques heures. »

« Un million de V/L, indice 47, vitesse de croisière, les
Schwarz fonctionnent à merveille. »

« Bien Werner, maintenez cap et vitesse, je vais
déjeuner, puis vous prendrez le relais. »

Quelques heures plus tard:

« Nos invités dorment à poings
fermés, Professeur, nous sommes près d’Orion, la
M42, où devons nous aller? »

« Réduisez la vitesse afin de quitter l’entre espace
et de regagner l’espace einsteinien, nous allons
prendre des flashs de l’environnement, et voir s’il
existe des systèmes proches, et des étoiles de type G. »

« Et si nous n’obtenons rien ? »

« Nous avons du temps, à ce moment là, nous nous
dirigerons en exploration automatique vers NGC
1973, 1975, 1977 et 1981, nous aurons sûrement
quelque chose. »

Plusieurs mois passèrent:

« Bon, nous avons exploré toute la zone sud
d’Orion, très riche en étoile G, mais pas de planètes
identiques à la Terre, la plus part des exo planètes
supposées  ont soit une gravité trop importante, soit
du méthane à la place de l’oxygène, ou encore des
températures trop hautes ou trop basses, nous
poursuivons les recherches côté nord, zone M43 et
NGC 1999, surtout, ne désespérons pas, nous
finirons par trouver. »

Sheldon: « Oui, Professeur, mais était-on obligés
d’aller aussi loin, alors que nombre d’exo planètes
existent dans alpha ou béta du Centaure, et d’autres
classifiées en Kepler, également plus proches du
système solaire? »

« Excellente question Sheldon, elles sont connues
depuis près d’un siècle, mais vous devez bien vous
douter que je m’en suis déjà préoccupé, avant que
les humains ne soient affectés, dans les années
2060, je disposais d’un immense télescope  qui m’a
permis de procéder aux relevés nécessaires, sur des
centaines d’exo planètes situées à moins de
100 A/L du système solaire, et
malheureusement, aucune d’elles ne possédait
toutes les conditions requises à une vie
humaine,  j’avais déjà, à l’époque, l’intention de
fabriquer un vaisseau spatial, donc mes observations
n’étaient pas neutres,  croyez moi que si j’en
connaissais ne serait-ce qu’une seule qui soit en
toute certitude habitable, nous y serions déjà.

Par ailleurs, j’ai 74 ans, et j’aimerais bien mourir
ailleurs que dans un sous-sol ou dans un vaisseau
spatial, soyez en sûr. »

« Je comprends, Professeur, mais l’univers étant
composé de milliards d’étoiles, et très
probablement de milliards de milliards de
planètes, il semble étonnant que plusieurs d’entre
elles ne puissent être similaires. »

« La réponse n’est pas simple, Sheldon, d’abord, sur
ces milliards de milliards de planètes, nous n’en
avons sondé que quelques centaines, ensuite, les
conditions de vie étant nombreuses et
draconiennes, il faut d’abord trouver des étoiles
G, et pas d’autres, dans lesquelles des planètes
puissent réunir toutes les conditions, y compris
celles d’avoir exactement le même stade de
développement dans le même temps, et enfin, d’y
retrouver les mêmes bases, l’air, l’eau, la flore, la
faune, etc, la nature n’a pas été faite que pour
nous, ça, vous le savez bien, mais lorsque vous
pensez que plusieurs planètes puissent être
totalement similaires afin de permettre à des
humains d’y résider, je partage votre opinion, j’y
crois également, mais nous ne pouvons pas éliminer
le facteur chance, et le temps nous est compté. »

Père Da Costa: « Nous sommes du même
âge, Professeur, mais je ne suis pas aussi inquiet
que notre ami, d’abord parce que nous sommes
bien ici, c’est bien mieux que de vivre en cachette
des aphiles, nous voyons des choses qu’aucun
humain n’a vu avant nous, c’est quand même un
privilège, et enfin, je sais que le Seigneur y pourvoira. »

Lothar: « Très content de vous entendre parler
ainsi, Père Da Costa, si tout le monde avait votre
optimisme, la vie serait encore plus agréable dans le
Solarsys, allons-y, Werner, direction la zone M43. »

Quelques jours plus tard:

« Là bas, Professeur, une petite planète bleue à
examiner. »

« Bien, Werner, procédez aux relevés habituels. »

Quelques minutes plus tard:

« Fantastique, Professeur, je crois que nous avons
trouvé notre point de chute. »

« Holà, Werner, du calme, donnez moi donc les
résultats. »

« Et comment:

IST:0,99 - SPH:1,01 - HZD:1,1 - HZC:0 - HZA:0,5 -
PC: terrienne

Et  HC:20-40 méso planète. »

« Ffff !  »

« Et ce n’est pas fini:

RM: 5,4 - DE: 140M - Kr:41250.

N=79 - O=21 - traces de gaz rares, de dioxyde de
carbone, de xenon, de radon, bref, tout est comme
l’air sur Terre.»

« J ’avoue que là, cela devient intéressant, rapprochons
nous encore, il faut en faire le tour dans tous les
sens, et voir si elle est habitée. »

Plus tard:

« Voyez, Professeur, il y a deux pôles et trois
Continents dont deux sont rattachés en zone
nord, en dessous du pôle ou de la banquise, bien qu’un
peu moins étendus que chez nous, les pôles sont assez
ressemblants, mais les Continents n’ont pas du tout la
forme des nôtres, ici, il n’y a pas d’Australie ni de
Groenland, une analyse spectrale des compositions est
très proche de celle de la Terre, pour les terres
habitées, il va falloir passer de long en large sur
tous les Continents, à moins d’un kilomètre
d’altitude, et actionner l’émo. »

« Tout à fait, Werner, allez-y ».   

Quelques heures plus tard:

« Bien, Werner, alors toutes les conditions semblent
réunies, et elles sont encore bien meilleures que sur
Terre pour démarrer une population, sur les deux
Continents reliés quelques populations à demi
sauvages résidant dans les zones plutôt
chaudes, entre des latitudes de 40 degrés et
l’équateur, où les températures varient entre 20 et
40 degrés, le troisième continent, plus petit que les
deux autres n’est pas occupé, je me demande
pourquoi. »

« Oui, Professeur, surtout que là aussi, il y a une
faune et une flore, voulez-vous que j’approfondisse
les analyses ? »

« Oui, ce sera plus prudent, regardons attentivement
les différentes végétations sur les zones tempérées
et chaudes de ce Continent, il se pourrait que dans
les forêts au nord et au sud de l’équateur, il y ait des
animaux dangereux, ce qui pourrait être une
explication, voyons cela de plus près. »

La zone équatoriale était un immense désert analogue
au Sahara, quelques palmeraies et zones d’eau
perdues de ci et de là, dans cette immensité
sablonnée, mais aucun danger apparent.

La forêt au nord avait une faune qui pouvait s’avérer
dangereuse, des reptiles de diverses sortes, d’autres
sortes de varans ou de dragons de Komodo, là, il
fallait faire attention.

La forêt du sud n’avait pas la même faune, peu de
mammifères, mais surtout des insectes et autres
araignées, là aussi, cela pouvait être dangereux, la
meilleure solution serait de trouver une palmeraie, au
nord ou au sud, pas trop chaude, dans une latitude de
l’ordre des 30 degrés, nord ou sud.

Après avoir promené le Solarsys un peu partout, un
lieu idoine fût trouvé, une belle palmeraie à 33
degrés de latitude nord, la forêt étant à 800
kilomètres environ, les mammifères ne
traverseraient probablement pas une telle distance
de désert, aucune palmeraie ne se situant plus
au nord.

« Il est temps de réunir tout le monde, Werner, nous
allons nous poser dans cette palmeraie. »

« Je m’en occupe Professeur. »

Une fois le Solarsys posé, après deux dernières
observations confirmant qu’il n’y avait aucun danger
apparent:

« Bien, alors nous voici arrivés à destination, nous
sommes sur une planète pratiquement identique à la
Terre, à quelques détails mineurs près, la distance à
l’étoile est de 140 millions de kilomètres, et la planète
a un peu plus de 41000 kilomètres de circonférence, là
où nous sommes, il fait actuellement 25 degrés à
l’extérieur, mais nous sommes en milieu de
journée, les nuits seront probablement plus
fraîches, je vais vous expliquer pourquoi nous avons
choisi ce lieu. »

Le Professeur parla des Continents, des deux autres
déjà peuplés par des demi-sauvages qui pourraient ne
pas être amicaux,  des analyses approfondies faites sur
le troisième Continent, celui sur lequel ils se
trouvaient, du danger potentiel dans les forêts nord
et sud, des avantages d’une palmeraie qui avait une
belle petite étendue d’eau, pour terminer par:

« Maintenant, nous sommes dans la M43, dans un
secteur nord de la Constellation d’Orion, à 1700
années/lumière de la Terre, je vous laisse le soin de
donner un nom à notre nouvelle étoile et à cette
planète, ainsi qu’éventuellement à la zone dans
laquelle nous nous trouvons, et à la nouvelle ville
que nous allons bâtir, vous avez la parole. »

Sheldon: « Ce n’est que mon avis, mais je ne vois
pas pourquoi rechercher des nouveaux noms, pour
moi, cette zone est le Sahara, la planète, la
Terre, l’étoile, le Soleil, le nom pour la palmeraie
et la ville, je laisse la parole. »

Janosh: « Le Soleil, la Terre, le Sahara, ça me va, la
palmeraie, je l’appellerai bien Da Costa Place, et la
ville, du prénom du Professeur, Lothar, parce que
Schwarzschild, c’est un peu compliqué. »

Boris: « D’accord avec Janosh, le Père et le Professeur
sont âgés, alors déjà par respect, puis c’est grâce à eux
que nous sommes encore vivants, chacun nous ayant
apporté beaucoup. »

L’accord fût unanime, ils vivraient à Lothar, dans la
Da Costa Place.

Père Da Costa: « Je suis très ému, et vous remercie, avoir
pu vous aider est pour moi un honneur. »

Lothar: « Je suis tout aussi ému que le Père Da Costa, et
pour moi aussi, c’est un privilège d’avoir pu vous être
utile, maintenant, le mieux me semble être d’aller
visiter la Da Costa Place, puis de déjeuner, quartier libre
pour cet après midi et pour ce soir, dès demain, nous
commencerons à bâtir la ville, mes robots seront à
disposition et feront un bon travail, avec Werner, car il
ne faut pas l’oublier, lui aussi est important, nous avons
déjà constitué un plan de Lothar, que nous soumettrons
à votre appréciation , n’oubliez pas que l’avenir, c’est
vous autres, vous serez les concepteurs d’une nouvelle
population humaine.

Voilà, allons donc nous promener. »

« Non !

Ne sortez pas, je viens de voir quelque chose
d’anormal, qui bougeait sous le sable. »

« Etes vous sûr, Werner ? »

« Regardez, Professeur, je ferme le Solarsys. »

« En effet, ces ondulations sous le sable ne sont pas
normales, voyons ce qu’il y a en dessous…

On dirait des sortes de vers, de 15 cms, mais c’est
curieux, ils ne s’approchent pas du vaisseau, la
parakronite ne doit pas leur plaire, jetons leur quelque
chose, un bout de métal simple par
exemple, ah, voilà, une boite vide de sardines, ouvrez
la porte, Werner.»

Le Professeur jeta la boite vide à quelques mètres
dehors, puis fit fermer la porte et observa:

« Tiens ! Ils se précipitent dessus, la boite commence à
se dissoudre, ces vers émettent un acide très
corrosif, ou alors, ils la dévorent, heureusement que
vous êtes resté devant le Technotron, Werner .»

« Oui, Professeur, je ne pense pas qu’il faille rester ici. »

« Bon, vous êtes tous là, bien, je comprends mieux
maintenant pourquoi ce Continent est resté
inhabité, aucun humain ne pourrait survivre ici, et il
y a tout lieu de supposer qu’en forêt, nord ou
sud, les dangers sont au moins équivalents, nous allons
devoir procéder à des analyses sur les deux autres
continents, essayer de trouver le meilleur lieu
possible, et tôt ou tard, devoir nous mêler à d’autres
populations. »

Quelques instants plus tard:

Lothar: « Nous sommes maintenant à la jointure des
deux Continents, en zone nord, analysons la. »

« Température moyenne 10 degrés, aucune présence
humaine, mais la couleur de cette terre est curieuse, un
jaune bizarre, pas d’arbres, aucune végétation, pas de
faune non plus, là aussi, il doit y avoir un bémol. »

« D’accord avec vous Werner, allons plus au sud, durant
un instant, on a cru au miracle, mais c’est pas facile de
trouver un logement, par ici. »

« En effet, Professeur, nous avons vu sept ou huit mini
civilisations sur ces deux Continents, à mon avis, ils se
sont placés dans les seuls endroits dans lesquels ils
puissent vivre, et il se pourrait qu’il n’y en ait pas
d’autres, nous risquons fort d’être obligés d’adopter
un lieu qui soit très près de l’une de ces
civilisations, et d’y faire notre place. »

« Possible, Werner, mais nous ne sommes pas à deux
ou trois jours près, soyons simplement plus prudents
dans les analyses que nous effectuerons partout, avant
de choisir un endroit. »

« Entendu, Professeur, mais je pense à deux autres
choses. »

« Je vous écoute, Werner. »

« D’abord il faut que nous ayons des armes, je sais
qu’il nous reste quelques lasers, mais il nous faudrait
en fabriquer d’autres, et de voir si les anciennes
marchent encore, ensuite, nous devrions aussi sonder
les océans dans lesquels nous risquons fort d’avoir de
drôles de clients, cela nous permettra de savoir si on
peut éventuellement choisir ou non un lieu en bord
de mer. »

« Bravo, Werner, voilà deux excellentes idées, en
matière d’armes, j’ai une petite surprise, à condition
qu’elles soient encore en état, j’en ai quelques unes
que vous ne connaissez pas, je les avais déjà avant
vos débuts au labo, on va s’en occuper ce soir, pour
les océans, on les sondera dès demain. »

Au cours de la réunion du soir:

« Je vous ai tous réunis pour vous parler, nous
rencontrons actuellement quelles petites difficultés
quant à un lieu d’implantation, mais surtout gardez
le moral, cette planète n’est pas très hospitalière, tout
comme la Terre en des temps encore pas si
lointains, mais des humains y vivent, cela veut dire
que nous pouvons y vivre aussi, trouver le bon endroit
n’est qu’une question de jour, nous allons explorer
toute la planète de fond en comble, les zones
polaires, les océans, chercher à comprendre pourquoi
la zone de jointure des deux continents n’est pas
habitée, puis, bien sûr, toutes les zones du 40ème à
l’équateur, tant nord que sud, nous aurons notre
place, quitte à la créer. »

Dès le lendemain, le Solarsys passa sur les zones
polaires, au nord, la banquise ne présentait aucun
danger réel, mais la température étant de moins
quarante degrés, puis que de la glace, ce n’était pas la
zone idéale pour s’y installer, le cas fut identique pour
la zone polaire sud où la température était encore
plus basse.

La zone de réunion des deux Continents donna une
indication intéressante, le sol était composé de
soufre à plus de 50%, ce qui expliquait que rien n’y
poussait, mais par contre, on pouvait l’utiliser dans
nombre d’applications, cette réserve naturelle
semblait illimitée, ce soufre paraissait issu d’une zone
sédimentaire, plutôt que d’une zone volcanique, à
propos de volcans, si cette planète en avait, ce qui
était plus que probable compte tenu de sa quasi
parfaite similitude avec la Terre, où étaient-ils ?

Cela ferait l’objet d’autres recherches, en explorant les
zones entre le 60ème et quarantième nord, ils ne
trouvèrent que des forêts, la température y variait
entre 10 et 20 degrés, donc supportable, mais une
forêt ne représentait pas l’avenir, elles étaient peuplées
de mammifères, d’oiseaux, de quelques
insectes, l’ensemble ne paraissait pas trop dangereux
et pouvait servir d’alimentation, mais cela restait
à vérifier.

Les zones sud 60-40, sur les deux Continents, étaient
identiques, température 5-20, un panaché de
rocaille, de collines et montagnes, de forêts, de
prairies, selon le niveau, des mammifères petits et
moyens, mais surtout des oiseaux, beaucoup d’oiseaux
dont certains, compte tenu de leur
envergure, pouvaient s’avérer dangereux, ceci
expliquait peut-être pourquoi ces lieux restaient
inhabités.

Les océans s’avéraient assez surprenants, l’émo révéla
beaucoup d’êtres vivants de toutes
sortes, crustacés, poissons de taille variable, mais il y
avait aussi des créatures de plus de 15 mètres de
long, pas des baleines ni des requins, mais des sortes
d’énormes serpents qui ondulaient, inquiétant.

Quatre zones restaient à examiner, les 40-0 degrés
nord, et les 40-0 degrés sud, la première nord était
quasi désertique, personne n’y vivait, la seconde
faisait penser au grand canyon, des rochers, des
chaînes de montagnes, du sable, des rivières, trois
civilisations distantes les unes des autres d’au moins
800 kilomètres, y vivaient, températures 20-40, pas
mal de vents, pas idéal, mais à retenir.

Première zone sud, une jungle avec un désert assez
grand au centre, une seule population vivait en limite
des deux, pas idéal non plus, mais la seconde s’avéra
plus intéressante, pas la partie tropicale qui comportait
presque que du désert, mais la partie 20-40ième degré
sud, encore assez chaude, pouvait se comparer au sud
de l’Europe, des paysages variés, plaines, forêts
montagnes, autres terres de culture, quatre
populations y vivaient, deux proches l’une de
l’autre, et deux autres à près de 1000
kilomètres, formant un triangle à peu près
isocèle, c’est ce triangle qui méritait une analyse
plus approfondie.

Ils trouvèrent finalement un endroit, situé assez loin
des autres populations, composé de terres non
cultivées, entre lesquelles coulait une rivière, entre
une forêt peu dense à plus de 500 mètres, et un flanc
de montagne situé à un kilomètre, si les terres ne
présentaient pas de danger, ils pourraient s’y installer.

Après maintes précautions d’usage, ce fût le cas, tout
le monde sortit du Solarsys pour piétiner une terre qui
serait peut-être apte aux cultures, quelques oiseaux
volaient au loin, de petite taille, ils ne représentaient
pas de danger, enfin de l’air pur et une légère
brise, sous un beau soleil qui se dirigeait vers
l’horizon, c’était déjà la fin de l’après midi.

« Bon, nous avons enfin abouti, nous savons où
trouver du soufre, ici il y a de l’eau, une forêt peu
dense est un indice de gibier genre cerf, daim, biche, ou
approchant, la montagne , en espérant qu’elle ne soit
pas volcanique, nous apportera des matériaux de
construction, nous en avons un peu en réserve, mais
un surplus ne nuit pas, dans les jours qui viennent, nos
robots vont construire des logements tout
confort , des terrains de jeux pour les
enfants, bref, constituer le début de Lothar, et cette
zone, Da Costa Place, sera notre territoire, n’allez pas
vers la forêt maintenant ou plus tard, un jour nous
irons tous, avec des armes, pour voir ce qu’elle
contient, d’après son étendue, quinze kilomètres de
large sur vingt de profondeur, il y aura de quoi
faire, quartier libre pour ce soir et demain, nous
avons mérité un bon repos. »

-----***-----               
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Lun 24 Avr - 16:00 (2017)    Sujet du message: Publicité

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