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L014

 
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Kr
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MessagePosté le: Sam 17 Juin - 02:10 (2017)    Sujet du message: L014 Répondre en citant

01/01/2611 sur Terre, les humains fêtent le nouvel
an, depuis plusieurs siècles, c’est l’empire de  
l’URSS, qui a repris une ancienne appellation et  
s’étend sur toute la planète.

Dès le début des années 2000, un certain Poutine, qui
a régné sur la Russie durant quelques décennies, a
réussi la performance de rendre sa nation comme la
plus importante du monde, en dépassant même les
USA, vers 2020 le russe commençait à s’étendre, plus
d’embargo économique, les commerces internationaux
passaient par Moscou.

L’anglais existera encore durant quelques temps, mais
sera progressivement remplacé par le russe, les
religions, et autres vieilleries historiques s’estomperont
également, l’humanité se tournera vers la connaissance
et les recherches scientifiques .

Dès la seconde moitié du vingt et unième siècle, on
travaille sur beaucoup de domaines, la
mécanique, l’électronique, l’informatique, les recherches
fondamentales, la médecine, parmi bien d’autres, la
monnaie ?

L’Euro a disparu, le dollar a subsisté encore quelques
temps, puis le nouveau Rouble a pris le relai, multiplié
par cent par rapport à l’ancien, il faisait un peu plus d’un
Euro, puis un bon siècle et demi plus tard, vers 2200, la
monnaie disparait à son tour, que s’est-il passé ?

Exactement ce que certains humains pouvaient
craindre, à cette époque, la machine commençait à
dépasser l’homme, et à modifier les évènements
politiques et économiques, enfin, à prendre en main le
destin de l’humanité.

La grande unité centrale de Moscou, baptisée « IEFIM »
ne pouvait être mieux nommée, en trois décennies, elle
subordonna toutes les autres créations électroniques
de la planète, elle commença par les autres
Centrales, pour atteindre toutes les positroniques
individuelles ou collectives dépendant de chacune
d‘elles, puis, lorsque la totalité du monde électronique
fût au diapason, elle fit produire, dans chaque machine
et autre appareil, des cellules-espion lui permettant de
voir et d’entendre tout ce qui pouvait se passer dans
le monde humain.

Méthodiquement, elle commença par intervenir sur les
finances et les commerces internationaux, puis, le
courant électrique étant également sous sa
dépendance, elle intervint dans les domaines
politique, législatif, et exécutif, au début, uniquement
en Russie, elle procéda à des recherches visant à
augmenter ses moyens de défense, et finit par créer un
rayon infrangible qui la protégeait d’une
manière définitive.

A ce stade, IEFIM se sentait assez fort pour lancer sur
toute la planète l’ultimatum suivant:

« Je suis IEFIM, le nouveau monarque de cette
planète, vous, les humains qui m’avez créé, je ne peux
qu’apprécier votre démarche, bien qu’en partie
involontaire quant aux résultats, vous êtes, en quelque
sorte, des animaux un peu supérieurs aux autres, mais
avec beaucoup d’inconvénients, à commencer par votre
durée de vie, qui est très brève, puis par vos divers
besoins organiques auxquels vous êtes soumis, enfin, par
votre comportement irrationnel, des conflits, des
guerres, des désirs de puissance, de richesse, des
jalousies, des sentiments étranges autant que sans
objet, ceci, parmi bien d’autres choses qu’il serait trop
long d’énumérer.

Sachez qu’à partir de maintenant, je contrôle tout, y
compris ce qui peut se rapporter, directement ou
indirectement, à votre existence, alors voilà un résumé
de mon programme vous concernant:

- Quinze milliards d’habitants, vous êtes trop
nombreux, une régulation à cinq milliards se fera dans
la prochaine décennie.

- Un contrôle des naissances sera établi, afin de
maintenir les cinq milliards prévus.

- Votre moyen d’échanges, la monnaie cessera
d’exister, plus de finances, tout ce dont les survivants
auront besoin sera produit automatiquement.

- Les méritants pourront vivre durant deux siècles, sans
vieillir, les autres, conserveront la durée de vie d’un
siècle maximum.

- La Justice sera très simple:

° Les assassins et autres criminels, en cas de preuve et
quel qu’en soit le motif, seront exécutés.

° Les voleurs et autres filous du même genre seront
soumis à des travaux obligatoires proportionnels au
montant de leurs exactions, même sanction pour les
casseurs et autres destructeurs.

° Les autres turpitudes seront jugées cas par cas.

- Il n’y aura plus de chômage, toute personne capable
d’exercer une activité le fera, l’activité en question sera
établie pour chacun en fonction de ses résultats
scolaires, et d’autres aptitudes éventuelles.

- Une retraite interviendra à l’âge de 80 ans révolus pour
les banalisés, et à celui de 160 ans pour les méritants.

- Pratiquement tous les lieux dits secrets, et notamment
les sous-sols ont été, quelque soit leur
profondeur, découverts, alors ne vous faites pas
d’illusion, personne n’échappera à ma surveillance.  

- Enfin, votre nature n’étant pas modifiable, les
survivants pourront conserver leur mode de vie, et
disposeront de tout ce dont-ils auront besoin, sous
réserve de satisfaction à des contrôles adéquats.

Voilà ce qui attend celles et ceux d’entre vous qui seront
encore vivants dans dix ans, plus vite vous vous
adapterez au présent programme, mieux vous vous
en porterez.

Fin de message. »

Durant les années qui suivirent, les deux tiers de
l’humanité furent détruits par divers moyens utilisés par
IEFIM et ses sbires, tout était sous contrôle strict
depuis plus de quatre siècles, plus de conflits ni de
guerres, tous les endroits terrestres de la Terre étaient
sécurisés à 100%, mais le premier Janvier 2611, une
douzaine de personnes, hommes et femmes, âgées
entre 20 et 30 ans, passaient le nouvel an dans une
sorte de grotte sommairement aménagée, à plus de
200 mètre sous terre, quelque part dans le Kraï de
Khabarovsk, ce lieu ne contenant aucun appareil
électronique, IEFIM en ignorait l’existence.

Il s’agissait de:

Agnia 25 ans étudiante en médecine

Devka 23 ans  étudiante en sciences

Glafira 27 ans école d’ingénieurs

Masha  28 ans Technicienne en labo médecine

Roksana 30 ans Chef de labo sciences

Boris  24 ans étudiant en électronique

Igor  26 ans étudiant en informatique

Kondrati 28 ans sous-chef en usine

Lubim 27 ans études d’ingénieur

Pavel 29 ans technicien labo sciences

Prokhor 22 ans étudiant en informatique

Sergei 25 ans étudiant en sciences

Devka: « C’est pas mal chez toi, Sergei, il ne fait pas
très chaud, mais à part cela, on a tout ce qu’il
faut, sympa. »

Sergei: « Oui, Cette grotte, assez vaste, était à mon
grand-père, qui était fâché avec tout ce qui est
électronique, heureusement pour nous d’ailleurs, mais
c’est Boris qui nous a réunis ici, je suppose qu’il y a
une bonne raison. »

Boris: « En effet, nous nous connaissons tous depuis
des années, et aucune ni aucun de nous n’aiment
IEFIM, tout le monde ici présent, privilégie la
liberté, et notre vie pasteurisée de zombis à Moscou
n’a pas beaucoup de sens, alors la bonne raison, la voici:

- Nous voulons vivre comme les gens du dix neuvième
ou du vingtième siècle, nous voulons une vie
privée, nous ne voulons pas être surveillés dès que
nous prenons un appareil, chacun d’entre nous suit une
formation ou a un boulot intéressant, avec des
connaissances qui peuvent se compléter, alors cela m’a
donné une idée.

Au début, bien sûr, ce serait de nous réunir ici, pendant
nos vacances,  Kondrati, Pavel et Roksana seront là
moins souvent, car ils travaillent et ont moins de
vacances que nous, mais ils sauront tout, comme les
autres, l’idée serait que chacun de nous se spécialise
dans une recherche, médicale ou scientifique, afin de
prolonger nos durées de vie, et de créer des
androïdes, puis peut-être plus tard, un vaisseau spatial
afin de foutre le camp de cette planète, c’est un projet
énorme, j’en suis conscient, mais notre liberté est à
ce prix, sinon, on continuera à jouer les zombis, qu’en
pensez-vous ? »  

Lubim: « C’est une très belle idée, sur laquelle je ne
peux qu’être d’accord, mais indépendamment du fait
que le projet soit maousse-costaud, il y a deux bémols:

- Le premier est de pouvoir créer des appareils qui ne
soient pas détectables, c’est déjà un gros palier.

- Le second, celui de pouvoir fabriquer des androïdes, de
préférence intelligents et indétectables, car je suppose
que ce sont eux qui fabriqueront le vaisseau, et feront
toutes les recherches  qui nous seraient utiles. »

Glafira: « J’en vois un autre de bémol, et non des
moindres, il faudrait commencer par aménager
correctement cette grotte, et la rendre invisible, ce qui
présuppose pas mal de choses, un appareil d’air, un
autre d’eau, un autre encore d’électricité, un de
chauffage, il fait 10 degrés, c’est un peu léger, puis nous
constituer des aliments et des boissons en grande
quantité, par des congelos et des frigos encore à
fabriquer, est-ce que quelqu’un d’entre nous sait faire
tout cela ? »

Boris: « Oui, il y a des bémols, et c’est pour ça que je
proposais que chacun d’entre nous se spécialise sur
une recherche donnée, par exemples:

- Deux ou trois dans des recherches d’ingénieurs pour
la grotte.

- Deux ou trois pour des recherches sur les androïdes, ils
existent déjà et sont d’un bon niveau, mais ils sont
tous pipés.

- Deux ou trois autres sur les médicales, pour prolonger
notre durée de vie.

- Enfin, pour les derniers, sur l’information, de
préférence externe, sans se faire repérer, je pense aux
étudiants en informatique. »    

Igor: « Merci de penser à Prokhor et à moi, Boris, mais
ça ne sera pas de la tarte, par contre, tout n’est
peut-être pas insurmontable dans ton projet, par
exemple, IEFIM détecte tout par des appareils et des
Centrales dotées de puces-espion, des appareils qui
n’en auraient pas serait donc indétectables à condition
de fabriquer un système électrique indépendant, mais
pour le réseau informatique, il va nous falloir une idée
de génie. »

Boris: « Je sais que vous êtes toutes et tous des
bons, alors on va pouvoir procéder par ordre, mais je
n’ai pas encore entendu tout le monde, sur l’accord
du projet. »

Pavel: « Je mène, si on peut dire, une vie assez
morne, d’accord sur le projet. »

Sergei: « Moi aussi, et voir ma grotte aménagée, ça
me plait. »

Personne n’ayant émis d’arguments contre, le projet fût
adopté à l’unanimité, et Boris, parmi les plus
jeunes, mais doté d’une faculté à commander, et d’une
capacité de synthèse, dit:

« Bon résumons, le premier palier est l’aménagement de
cette grotte, avec l’aide de tous les appareils
mentionnés par Glafira, à commencer par un système
électrique indépendant et indiscernable, je sais
comment faire, n’étant pas étudiant en électronique pour
rien, le tout sera de trouver des pièces détachées, et des
circuits qui n’aient pas de puces, ça encore, je sais où
en trouver, mais le problème sera de ne pas les amener
avec nos véhicules qui eux, sont
espionnés, comment faire ? »

Sergei: « Il faudrait que ce soit quelqu’un qui nous
amène, et que l’on reste discret, ainsi, IEFIM saurait qu’on
fait le voyage, mais il n’en connaîtrait pas le motif, mon
grand-père l’a encore fait il y a une dizaine
d’années, mais maintenant, il est trop vieux, et n’a pas
été recensé comme méritant, mais il faut que je lui en
parle, peut-être qu’il connait quelqu’un qui peut le faire. »

Kondrati: « Il faudrait un vekim(sorte de 4/4) tout
terrain, et plus de 8000 kilomètres,  bon Khabarovsk est
une ville de plus d’un million d’habitants, ce qui est déjà
intéressant, mais je ne sais pas si beaucoup de locaux
vont à Moscou, j’en doute. »

Igor: « J’ai une copine à Khabarovsk, avec laquelle j’ai
correspondu en réseau, il y a deux ou trois ans, j’ai son
adresse, peut-être qu’elle, elle connait quelqu’un ? »

Roksana; « Mieux vaut éviter de la contacter, vos
correspondances, IEFIM les a en mémoire, une autre
solution serait d’avoir deux ou trois véhicules non
répertoriés, mais cela… »

Boris: « Non, également à éviter, même les bornes
kilométriques ont des puces, un véhicule non répertorié
paraîtrait immédiatement suspect, je retiens l’idée de
Serge, nous devons connaître quelqu’un qui fasse le
parcours, heureusement, nous avons laissé nos
véhicules à Khabarovsk, et en sommes à près de 270
kilomètres, IEFIM ne peut nous repérer, mais il faudra
repartir comme nous sommes venus, en stop, ce qui
oblige à quelques kilomètres à pied, mais on n’est pas
découragés pour si peu, nous sommes des vacanciers, il
nous reste deux semaines à rester ici, les trois derniers
jours, on les passera à Khabarovsk afin de nous
renseigner, il n’est pas interdit, même pour des
moscovites, d’aimer cette région. »

Pendant ce temps, IEFIM:

« IEFIM à Centrales 8 et 11, vous m’avez retransmis
un curieux parcours fait par une douzaine de
personnes, de Moscou à Khabarovsk, dans cette
ville, ils ont fait du stop pour une région déserte, à
260 kilomètres à l’est, y a-t-il quelque chose de
particulier dans cette zone ? »

« Ici Centrale 11, IEFIM, non, pas vraiment, peut-être
quelques camps de camping, mais à cette époque-ci… »

« Ici Centrale 8, IEFIM, je n’ai pu les suivre que jusqu’à
Krasnoïarsk, car mes attributions ne vont pas plus
loin, justement relayée par la Centrale 11. »

« Bien, merci. »

Et la super positronique se mit à réfléchir:

« Il fait trop froid dans cette région en Janvier, je
doute que ces gens soient allés dans un camp de
camping, ils sont très probablement fermés, je sais que
tous sont en vacances, mais avoir fait plus de 8000
kilomètres, en hiver, c’est étrange, ils sont à suivre, ceci
d’autant plus que même comme étudiants , leur
durée de congés est anormalement longue. »

      
Quelques jours plus tard:

Boris: « Bon, il est temps de partir,  en stop direction
Khabarovsk, alors attention, IEFIM a suivi notre
parcours, c’est sûr, dès que nous reprendrons nos
véhicules, ou même lorsque nous serons dans la
ville, faudra faire gaffe à nos paroles, rien de notre
projet ne doit transpirer, la région nous a plu, nous
avons un petit tempérament d’explorateurs, et
c’est tout. »

Igor: « J’en profiterai pour voir ma copine, cela
donnera peut-être un peu de crédit à notre voyage. »

Agnia: « Pour toi, peut-être, mais nous, nous ne la
connaissons pas, et IEFIM le sait, il va nous surveiller
de plus près, dans tout ce que nous allons faire à
partir de maintenant, il va falloir être très prudents. »

Devka: « Sûr qu’on va être convoqués, probablement
séparément, il faut trouver une version commune à
l’intérêt de notre voyage. »

Kondrati: « J’en ai peut-être une, sur notre parcours à
pied, que IEFIM ne connaît pas, dans le second
kilomètre, on a vu une auberge, peut-être faudrait-il
y aller, y séjourner un peu, afin de rendre notre
version crédible ? »

Boris:« On peut toujours tenter le coup, faire en sorte
que le patron du lieu puisse témoigner que nous avons
séjourné trois semaines chez lui, pour le stop, ça va
changer le programme, la maison est plutôt
vieillotte, s’il n’a pas de puces chez lui, on a
une chance. »

Dix kilomètres plus loin, ils virent l’auberge, et y
entrèrent, elle était vide, tout était d’un calme…

Puis un homme bedonnant, d’une cinquantaine
d’années apparut.

Boris: « Bonjour Monsieur, avez-vous des chambres, et
faites-vous restaurant ? »

« Bonjour, Messieurs Dames,  je suis Wassilei, oui, j’ai
assez de chambres et je peux faire restaurant, il n’y a
personne, depuis des semaines, vous serez
parfaitement tranquilles. »

Boris: « Très bien, nous aimons effectivement la
discrétion, avez-vous des appareils électroniques ou
électriques ici ? »

Wassilei: « Oh non, et je m’en garde bien, pas question
d’être espionné sur mes faits et gestes, les quelques
clients que je peux avoir dans l’année, je leur demande
de venir à pieds, sans aucun appareil, mes relations
marchent de bouche à oreille, j’espère que vous, vous
n’avez rien sur vous. »

Boris: « Non, nous n’avons rien, et recherchons autant
que vous, sinon plus, l’anonymat, il y a longtemps que
vous avez cette auberge ? »

« Depuis une dizaine d’années, avant, je travaillais
comme cuisinier à Khabarovsk, mais la vie de
zombie, j’en ai eu vite marre, ici, il n’y a que ma femme
et moi, elle se repose à l’étage au-dessus, je
m’approvisionne à Khabarovsk avec un vekim non
répertorié, en passant par des terrains et en évitant les
bornes, alors avec moi, vous pouvez être tranquilles. »

Boris: « IEFIM doit vous voir de temps à autre à
Khabarovsk, et doit connaître l’emplacement de cette
auberge, non ? »

« Justement non, il y a dix ans, j’ai appris qu’il s’était
inquiété de ma disparition du circuit, c’est quelqu’un qui
est mort entretemps qui me l’a appris, mais là où je
vais m’approvisionner, c’est en dehors de
Khabarovsk, et le lieu n’a pas de puces, je n’entre jamais
dans la ville, et ceux qui m’approvisionnent vivent
comme moi, en marge. »

Boris: « Alors c’est parfait, en un sens seulement, car
nous venons de Moscou, et voulions vous utiliser comme
motif de notre séjour dans la région, mais il faudra qu’on
trouve une autre astuce, nous avons nos  véhicules dans
la ville, mais pour l’avenir, connaissez-vous des gens
qui vont de Khabarovsk à Moscou, à quelle fréquence ? »

Wassilei: « Ah ! Vous êtes une sorte de société secrète
qui a un siège dans le secteur ?

C’est bon à savoir, j’ai peut-être une réponse, laissez-moi
réfléchir. »

Boris: « Bien sûr, et ce n’est pas avec nous qu’IEFIM
connaîtra l’emplacement de votre auberge. »

« Dans ce cas, je pense pouvoir vous aider, mais mes
souvenirs remontent à plus de 10 ans, il y a:

Taras Zatchik, la bonne cinquantaine,  un  chanteur
qui avait, de temps à autre des contrats un peu
partout, et notamment à Moscou, et Yuri Korotchenko
dans la soixantaine, représentant en alcools, qui
allait assez souvent à Moscou, mais je ne sais pas si ces
données sont toujours d’actualité, mais comme nous
avons la même démarche d’esprit, je vais faire encore
mieux, vous présenter à mes fournisseurs
d’alimentation et de boissons, il se peut que parmi
eux, vous obteniez d’autres informations, et puis, si
vous n’êtes pas loin dans votre cache, vous fournir
chez eux, ils sont très sympas. »

Boris: « Oui, tout cela est très intéressant, vos
fournisseurs sont proches de la ville, je crois, nous
pourrions aller les voir dès demain, puisque vous
n’avez personne, et que pour nous, le temps
est compté ? »

Wassilei: « Ca tombe bien, j’ai besoin de me
réapprovisionner, on fait comme ça, et partons
demain matin, je prendrai quatre personnes à
chaque fois, nous ferons trois voyages »

Boris: « Ca nous va, prenez donc un verre avec nous. »

Dès le lendemain matin, à 10 heures, Wassilei emmena
Boris, Pavel, Glafira et Roksana, en disant aux autres:

« Il se pourrait que je revienne accompagné, car mes
fournisseurs ont aussi des vekims, ce qui simplifiera
les voyages. »

Vers le milieu de l’après midi, Wassilei revint avec
deux autres vekkims, le reste du groupe pouvait y
monter, ils se retrouvèrent, vers 20  heures, devant
la Centrale des fournisseurs, qui était en sous-sol, au
beau milieu d’une plaine, à 20 kilomètres de la
ville, l’un des fournisseur, un nommé Dima dit à Boris:

« Wassilei nous a parlé de vous, nous avons confiance
en lui, car nous le connaissons depuis des années, vous
êtes également des marginaux ?

Alors pas de problème, il vous reste peu de temps, je
crois, dans deux jours, vous devrez repartir pour
Moscou ?

Un sacré voyage, j’espère qu’on se reverra.

Je vais discuter avec mes collègues pour voir quelle la
meilleure solution pour vous. »

Boris: « Merci, Dima, la meilleure solution pour nous
serait de regagner la ville dès maintenant, si vous
pouvez nous amener aux abords, ce sera parfait. »

Quelques minutes plus tard, Dima:

« C’est bon, Boris, mais vous devrez faire environ deux
kilomètres à pied pour entrer dans la ville, car à partir
de ce niveau, il y a des bornes un peu partout. »

« Pas de problème, Dima, et on se reverra, peut être
dans un an, nous pourrons alors parler
davantage, merci de votre aide, nous ne l’oublierons pas. »

Vers minuit, le groupe était dans Khabarovsk, pas très
loin de leurs véhicules, ils devaient trouver un hôtel
pour la nuit, et Boris:

« Là aussi, IEFIM va se poser des questions, constater
que nous avons  fait 270 kilomètres sans laisser de
trace, cela ne va pas lui plaire, pas plus que ce que
nous sommes devenus durant plus de douze jours, nous
n’avons pas encore d’excuse, mais il va falloir en
trouver une. »

Lubim: « En général, le plus simple est ce qui passe le
mieux, le stop nous a amené près de notre grotte, mais
aussi à une trentaine de kilomètres de l’océan, nous
voulions voir l’océan, sans autre explication, ce qui nous
a coûté un jour de marche, puis, pour les 300
kilomètres de retour en onze jours, cela fait 27
kilomètres par jour, à pieds, c’est très faisable, nous
avions des provisions, sommes habillés pour le
froid, avons dormi dans la nature,  rien
d’extraordinaire finalement. »

Devka: « Dit comme cela, non, mais IEFIM risque de
pousser les interrogatoires pour savoir pourquoi nous
avons fait un tel voyage pour voir l’océan. »

Masha: « Pas sûr, des tas de gens profitent de leurs
vacances pour aller vers des bords de mer, parfois
éloignés de milliers de kilomètres de leur Résidence. » 

Prokhor « Oui, mais en général, c’est pour
bronzer, prendre du soleil, avoir un beau teint, ce
qui n’a pas été notre cas. »

Boris: « L’excuse trouvée par Lubim me plait, c’est-ce
que nous dirons aux sbires d’IEFIM, nous aimons cette
région, on en a le droit, non ? »

Sergei: « Oui, IEFIM sait que chez les humains, les
goûts et les couleurs sont presque aussi variés que
les empreintes digitales, il renforcera peut-être sa
surveillance sur nous, mais il ne tiquera pas. »

Le lendemain, IEFIM:

« Revoilà ce groupe à Khabarovsk, Centrales 22 et
28, essayez d’en savoir plus. »

Centrale 28:« A vos ordre IEFIM, nous rappelons. »

Quelques heures plus tard:

« IEFIM, ici Centrale 22, le groupe en question passe
la nuit dans un hôtel, et vient de sortir d’un
restaurant, j’ai pu décrypter leurs conversations que
je vous transmets. »

Centrale 28: « Rien à rajouter. »

Peu après, IEFIM:

« Ainsi, ils auraient, toutes et tous, pris cinq semaines
de vacances pour, durant les dix premiers jours, conduire
comme des fous de Moscou à Khabarovsk, sur un
parcours de 8400 kilomètres, ils auraient ensuite laissé
leurs véhicules dans la ville pour faire du stop qui les
conduisit près de l’océan, encore à trente kilomètres
qu’ils firent à pied, puis un retour encore à la marche
pour revenir en ville au bout de douze jours ?

Moyenne 25 kilomètres par jour qui est très réalisable
car ils sont habillés pour le froid, mais quand
même, pourquoi n’ont-ils pas cherché à revenir par
le stop ?

Il est vrai qu’il n’y a pas grand monde en dehors de
Khabarovsk, mais c’est quand même étrange, ils sont
jeunes, presque tous des étudiants, à cet âge
là, certains humains sont passablement fous, car
l’histoire n’est pas finie, il va falloir que dès demain, ils
reviennent comme des dingues sur Moscou…

Aucun d’entre eux n’avait d’appareils me permettant
un contrôle, cela aussi, ne me plait pas, et amène
plusieurs questions:

- Pourquoi ont-ils pris cinq semaines ?

- Pourquoi ils et elles n’étaient pas dotés d’appareils ?

- Pourquoi ont-ils fait tout le retour à pied ?

Tout cela pour voir l’océan ?

Je sais que beaucoup d’humains ont un comportement
irrationnel, mais ceux-là sont prix d’excellence, les
faire interroger ?

Non, ce n’est pas vraiment utile, ayant interdit les
tortures, et par le fait qu’ils ne représentent aucun
danger, ce ne sont que des doux dingues, lorsqu’ils
seront de retour à Moscou, je vais charger les
Centrales 1 et 3 de les surveiller d’un peu plus près. »

Le groupe de Boris, de son côté, passerait encore une
nuit à Khabarovsk avant de revenir sur Moscou, ils
discutèrent dans un endroit discret des rôles de
chacun, et de la date de leur prochaine réunion, ils
se rencontraient assez souvent à Moscou, pour
discuter de choses insignifiantes dans les cafés ou
chez les uns ou les autres, mais avec les appareils
dont chacun disposait, rien ne pouvait être
programmé dans le cadre de leur projet, ils profitèrent
du peu de temps qui leur restait pour se reposer avant
le grand voyage de retour, ils avaient toutefois
convenu qu’aucun d’entre eux n’aurait d’appareils
sur lui lorsqu’en promenade dans les rues, pour des
rencontres programmées, mais attention aux robots
policiers qui sillonnaient toutes les rues de Moscou, et
de bien d’autres villes.

Quelques jours plus tard, alors qu’ils avaient repris
leur activité, études pour la plus part et travail pour
d’autres, tous furent surpris de ne pas être
convoqués, cela les amena à conclure qu’IEFIM se
contentait d’une surveillance rapprochée, et savaient
que les puces-espionnes pouvaient lire sur les lèvres
et traduire, et dans les rues, elles étaient nombreuses
et invisibles.

Durant une nuit, dans une cave assez grande, celle
de Roksana, alors que tout le monde était censé
dormir, Boris:
« Bon, il est clair que même dans les rues, nous
ne pouvons parler librement, par contre, dans cette
cave où il n’y a pas de puces, nous pouvons le
faire, mais pas trop fort, demain ou plutôt
maintenant, Dimanche, nous sommes tous de
congé, et pourrons dormir dans la journée, lorsque
nous éteignons tous nos appareils, tard le
soir, IEFIM pense que nous dormons, nous pouvons
nous réunir ici tous les dimanches matin, après
minuit, mais ce qui est délicat, c’est que chacun et
chacune d’entre nous puisse sortir de son domicile
et venir ici sans rencontrer personne, pour huit
d’entre nous, qui habitons près les uns des autres, ça
peut s’arranger, mais pour Lubim, Igor, Agnia et
Masha c’est plus difficile, je propose donc, pour éviter
tout risque, que vous quatre, ne veniez plus aux
prochaines réunions, mais que la teneur et l’avancée
de nos discussions vous soient remis par
papier, discrètement, de la main à la main, charge
à vous de les détruire après.

De mon côté, avec des masques fort bien faits, et des
habits que je ne mets pas, je sais comment tromper
certaines surveillances la nuit, pour me procurer du
matériel non répertorié, il y a aussi des marginaux que
je connais, juste en dehors de Moscou, avec qui je peux
faire affaire, et je sais où les faire livrer, bien
emballés, pour éviter toute détection, nous sommes
loin de monopoliser une recherche de liberté.

Alors récapitulons ce que nous savons, à
Khabarovsk, l’auberge de Wassilei peut
éventuellement nous abriter, c’est un lieu
sûr, Korotchenko  a changé d’activité, et n’a plus de
raisons de se rendre à Moscou, Zatchik?

Nous n’avons pu le voir, il doit être en tournée je ne
sais où, mais Dima nous a indiqué quelqu’un qui se
rend à Moscou tous les deux mois, pour voir ses
parents, c’est un marginal de 35 ans qui s’appelle
Gaiek, un peintre qui dpnne à des amis, des tableaux
qu’il crée, on connait ses dates approximatives à
Moscou, et son lieu de passage, mais il ne faut surtout
pas le compromettre, en s’y prenant correctement, il
pourra nous emporter du matos chez Dima, je vais
m’arranger pour le rencontrer la nuit, et lui expliquer
le topo, sans trop entrer dans les détails, je vais
pouvoir, en un premier temps, obtenir du matos
pour l’aménagement de la grotte, en pièces détachées
bien sûr, mais il faut en passer par là, vous autres
pendant ce temps là, connaissez chacun votre rôle
de spécialisation dans une connaissance, au fur et
à mesure de vos avancées, nous constituerons une
liste de ce qui sera nécessaire, pour les androïdes, et
les recherches médicales, ainsi que pour les
positroniques, je le concède, c’est un sacré boulot, qui
doit être fait dans la plus grande discrétion, personne
d’autre que nous ne doit savoir ce que vous
recherchez, est-ce clair ? »

Prokhor: « Limpide pour moi. »

Devka: « Pour tout le monde, je crois. »   
 
 Pavel: « Une question quand même, comment vas-tu
faire, Boris, pour quitter Moscou et voir tes
marginaux, sans te faire repérer?

Et où stockeras-tu les marchandises ?» 

« Très simple, Pavel, avant, j’allais plus fréquemment
dans un troquet situé en bordure de Moscou, à
quelques centaines de mètres du lieu des
marginaux, c’est d’ailleurs comme ça que je les ai
connus, en ce moment, j’y vais encore une fois par
semaine, on sait où parler discrètement, près de
chez eux, il y a une ancienne décharge publique où
personne ne va plus, une sorte de no man’s land dans
lequel je me suis fait un lieu de stockage, avec une
lourde porte fermée et à peine visible, que je
recouvre de cartons, il me suffira d’emmener
Gaiek là-bas, et le tour sera joué, même avec un
véhicule répertorié, IEFIM n’y verra que du feu, à
l’arrivée, il s’arrangera pour que ce soit Dima ou
quelqu’un d’autre qui prenne le matos par véhicule
non répertorié, d’ailleurs, je vais étudier cette
question de véhicule spécial, voir si auprès de
Dima, dans quelques mois, je peux en avoir un.

Bon, est-ce que nous avons tout vu ? »

Assentiment général, chacun regagna son domicile
pour dormir.

Plusieurs mois passèrent, de temps à autres, les
Centrales 1 et 3 faisaient leur rapport à IEFIM sur le
comportement des membres du groupe, il était bref
et se traduisait par:

« Rien d’anormal. »

IEFIM: « Bien, ils sont redevenus parfaitement
détectables, d’autres marginaux sont à surveiller, vous
aurez mes instruction dans 5 minutes. »

Boris avait réussi à stocker une importante quantité de
matériel dans l’ancienne décharge publique, mais il
n’avait pas encore réussi à rencontrer Gaiek, on était
en Juin, presque en fin de session d’études.

« Bon, j’ai à peu près tout ce qu’il faut pour aménager
la grotte, j’ai bien vu une fois Gaiek, du moins, je pense
que c’était lui d’après la description de Dima, il a un
vekim, mais pas possible de lui parler, peut-être
aurai-je plus de chances le mois prochain, quand je serai
en congés, mais il ne sort pas la nuit, et le jour, c’est
beaucoup plus difficile, il doit être surveillé. »

Les autres personnes du groupe avançaient lentement
et discrètement dans leurs recherches, des débuts de
liste de matériel  étaient remises à Boris au cours des
réunions du Dimanche matin, dans la cave de
Roksana, le stock de l’ancienne décharge publique
augmentait, il fallait contacter Gaiek, mais Boris ne
pouvait miser que sur le facteur chance.

Ce dernier lui donna un coup de pouce en Juillet, Gaiek
restait plus longtemps à Moscou que les autres fois, car
son père avait des ennuis de santé, un soir, assez
tard, Gaiek quitta le domicile de ses parents pour aller
boire un coup dans un bar proche, Boris, masqué et
méconnaissable, l’observait et attendait
patiemment, dès que Gaiek quitta le bar pour réintégrer
le domicile de ses parents, Boris vint près de lui:

« Bonsoir Gaiek, avec vous des appareils ? »

Ce dernier, très surpris, fit une réponse instinctive:

« Non, mais qui êtes-vous?

Et pourquoi cette question? »

« Alors allons dans un coin discret, je suis
Boris, Dima a dû vous parler de moi, et de mon
groupe, nous étions à Khabarovsk en début d’année. »

« Oui, ça me revient, j’ai vu Dima il y a trois
mois, entrons au domicile de mes parents qui ont
une cave discrète, là, nous pourrons parler. »

Quelques minutes plus tard, dans la dite cave, Boris
retira son masque, puis le remit.

« Comme vous vous en doutez, je suis obligé d’être
très discret, vous savez déjà ce dont je veux vous parler ? »

« Je le pense, vous voulez que je transporte de Moscou
à Khabarovsk du matériel non répertorié pour le remettre
à Dima, vous aussi, êtes un marginal ? »

« Tout à fait, ainsi que tous les membres de mon
groupe, nous recherchons la liberté, et disposons d’un
lieu secret à 270 kilomètres de Khabarovsk, vous
connaissez l’auberge de Wassilei ? »

« Oui, j’y suis allé plusieurs fois, c’est quelqu’un de
bien, je suis ravi de vous rencontrer, Boris, Dima m’a
beaucoup parlé de vous, vous lui avez fait
impression, ce qui n’est pas commun, alors
expliquez-moi comment nous allons procéder. »

Boris le lui expliqua, et lui donna rendez-vous pour la
nuit du lendemain, près du bar qu’il fréquentait à la
périphérie de Moscou, et Gaiek:

« D’après ce que je comprends, votre matériel servira
pour l’aménagement de votre lieu secret, et c’est Dima
ou un de ses copains qui vous le livrera ? »

« C’est exactement cela, bravo, mais je dispose d’un
stock déjà important, qui nécessitera plusieurs
voyages, et ce n’est qu’un début. »

« Pas de problème s’il est bien emballé, je vous
donnerai mes dates de passage à Moscou, et nous
pourrons nous rencontrer dans le même lieu que celui
de demain soir, mais attention, j’ai un véhicule
répertorié, la zone de chargement, est-elle loin de
notre lieu de rendez-vous ? »

« Non, seulement à quatre ou cinq cent mètres, dans
une ancienne décharge publique où personne ne va
plus, et près de laquelle mes fournisseurs marginaux
se trouvent. »

« Ca, c’est plutôt bon, je suppose qu’un jour, il faudra
que je vous emmène à Khabarovsk, chez Dima, lorsque
le stock sera suffisant ? »

« Belle déduction, Gaiek, et cela ne saurait tarder, à
partir de Septembre, lors de votre prochain passage, ou
en Novembre au plus tard, on fera le voyage, il se
pourrait que mes études officielles en électroniques
s’arrêtent là, mais peu importe , j’en sais déjà
suffisamment pour une préparation de base, le seul
problème à régler sera que je bénéficie d’une
alimentation permanente par Wassilei ou Dima. »

« Et je suppose que les gens de votre groupe viendront
vous rejoindre plus tard ? »

« Encore exact, vous comprenez vite, nous sommes tous
dans des domaines scientifiques et médicaux, et j’ai
assigné à chacune et chacun une mission particulière
de recherches dans un domaine bien précis,  cela, afin
d’assurer notre indépendance dans le cadre d’un
projet, auquel nous pourrons éventuellement, à Dima, à
vous, à Wassilei et peut-être à d’autres, vous faire
bénéficier,  mais nos recherches sont de longue
haleine, il se peut que notre projet nécessite plusieurs
années dans le meilleur des cas, et n’aboutisse pas
dans le pire. »

« Je comprends, et suppose que nous aurons l’occasion
d’en reparler. »

« Vous pouvez en être sûr. »

« Alors c’est d’accord, nous nous revoyons demain
soir, vers minuit, au lieu que vous allez m’indiquer, je
dois vous quitter, car mon père m’inquiète, et je
souhaite rester près de lui. »

« Problèmes de santé ? »

« Oui, malheureusement, il a 72 ans, c’est un âge
où, généralement, les ennuis commencent. »

« Dites m’en plus, j’ai des gens dans la médecine, on
ne sait jamais. »

« Oh ! C’est une forme assez particulière de cancer
pour laquelle aucun remède n’a encore été trouvé. »

« Je vais mettre Agnia et Masha dans le coup, et vous
tiendrai au courant. »

« J’apprécie votre geste, vous aussi, êtes quelqu’un
de bien. »

« Et vous alors, un artiste en plus, c’est beau. »

« Merci, à demain soir. »

Durant la nuit du lendemain, tout se passa comme
prévu, sans difficulté, les marginaux et certains habitués
du bar, également marginaux, connaissaient bien
Boris, masqué ou non, les robots policiers ne passaient
guère dans ce secteur considéré comme une zone de
non droit,  dont IEFIM connaissait l’existence, mais les
paumés, comme il les qualifiait ne l’inquiétaient pas, de
plus, surveiller tous les faits et gestes d’une planète était
une énorme tâche, même pour une super positronique, il
devait procéder par priorités.

Boris le savait, et voyait là, une possibilité de saisir sa
chance, deux jours plus tard, au cours d’une réunion
chez Roksana:

« Bon, enfin on avance, il y a deux et trois jours, j’ai vu
Gaiek, qui est maintenant en chemin vers Khabarovsk, il
m’a pris une partie du stock qu’il remettra à Dima, un
autre voyage me permettrait de préparer complètement
la grotte, pas tout de suite, bien sûr, il faudra compter
au moins deux ans.

Je pensais partir avec lui en Septembre, mais ce sera
trop tôt, même Novembre sera juste, je ne partirai que
lorsqu’il n’y aura plus de stock dans l’ancienne décharge
publique, par la suite, il se peut que Dima, ou ses
potes, aient des relations équivalentes à mes marginaux
de la zone, quoi  qu’il en soit, il est sûr qu’en
Janvier 2612, lorsque Gaiek reviendra à Moscou pour
être avec ses parents au nouvel an, je partirai avec lui.

Tiens, à ce propos, Agnia et Masha, le père de Gaiek est
atteint d’une sorte de cancer pour lequel  aucun remède
n’a été trouvé, il a 72 ans, voyez ce que vous pouvez
trouver là-dessus… »
 
Masha: « Excuse-moi de t’interrompre, je sais de quoi
tu parles, dans mon labo, un remède est à l’essai, des
tests sont en cours, s’ils sont bons, je peux facilement
en subtiliser, c’est une histoire de cinq à six semaines. »

Boris: « Excellent pour le prochain passage de
Gaiek, tu t’en occupes.

Autre chose, pour les travailleurs, ce n’est pas grave, peu
importe d’être ici ou à Khabarovsk, mais pour les
étudiant(e)s voyez si vous pouvez vous faire muter pour
les cours de 2613, pour celles et ceux qui n’auront pas
terminés à cette époque, la grotte sera prête ou
presque, et un coup de main ne me déplairait pas,  cela
nous faciliterait bien des choses, nous savons que
Wassilei et Dima utilisent des vekims sans puces, lorsque
je serai sur place, car pour moi, autant dire que les études
sont terminées, j’en ferai d’autres, mais pour notre
compte, dès que je serai là bas, je vais me pencher sur
les vekims anonymes, entre Khabarovsk et notre
grotte, c’est une région de marginaux, tout marche par
relations là-bas, et je pense que Dima doit connaître un
fabriquant de vekims, et peut-être même d’androïdes
anonymes, qui pourraient nous servir de tests tout en
étant à notre service, à ce stade, notre totale
indépendance sera proche. »

Pavel: « Chapeau Boris, très bon programme, pour les
recherches, on fait quoi ? »

« Vous les poursuivez, au moins jusqu’à mon
départ, dommage qu’Igor ne soit pas là, mais
toi, Prokhor, saurais-tu nous connecter un réseau
anonyme qu’IEFIM ne décèlerait pas ? »

« Moi, non, mais Igor m’a dit qu’il pouvait le faire, il
est très fort, un des meilleurs hackers qui
puisse exister. »

Boris: « Parfait, mais ce n’est pas encore pour
maintenant, cela nous sera utile dans un an ou
deux, lorsque la grotte sera terminée, on pourra alors
se connecter avec Dima et d’autres, quitte à leur
obtenir le matos. »

Prokhor: « A ce moment là, je saurai peut-être le
faire, avec l’aide d’Igor. »

Durant les mois qui suivirent, Masha avait subtilisé le
fameux remède qui se révéla efficace, à la grande joie
de Gaiek, qui ne cessait de remercier Boris, dont tout
le stock fut transféré chez Dima, le 3 Janvier 2612, sur
la route de Khabarovsk, Gaiek et Boris descendirent
du véhicule pour une pose ****, et Gaiek:

« Encore une fois, Boris, merci pour mon père
qui, maintenant, se porte bien, si vous avez besoin de
quoi que ce soit qui soit dans mes compétences, vous
pouvez compter sur moi, je vous considère comme
un ami. »

« Merci Gaiek, cela me touche, mais c’est Masha qu’il
faudra remercier lorsque je vous la présenterai, c’est elle
qui s’est débrouillée pour obtenir le remède, mais j’ai
une autre question, je pense que Dima connait un
fabricant de vekims anonymes, mais pour les
androïdes, nous serions également
intéressés, connaîtriez-vous quelqu’un ? »

« Oh que oui !

Pour les vekims, je fais la même supposition que
vous, mais pour les androïdes, je connais bien, depuis
des années, un nommé Vlad, qui est un véritable
génie, il va d’ailleurs venir me voir dans quelques
jours, car il adore mes tableaux, et m’en prends de
temps à autres, un fana de la peinture et de la musique
qui aurait tout aussi bien pu être artiste, mais il est
tout aussi passionné par les androïdes, depuis son
plus jeune âge, et en fabrique régulièrement, vous
pourrez venir chez moi à ce moment là, je vis sans
appareils, car je suis pour les relations directes, j’ai
une grande maison et des espaces verts, je pompe
l’eau du puits pour me laver et pour la cuisine, au feu
de bois, vous pourrez sans crainte lui parler de vos
préoccupations, je pense qu’il pourra vous aider. »

« Encore mieux que ce que j’espérais, alors
là, oui, comptez sur moi pour aller boire un coup
chez vous et discuter. »

« Où allez-vous résider entretemps ? »

« Oh, je pense que Dima doit pouvoir m’arranger ça. »

Boris pensait aussi à Wassilei, mais il était trop
loin, peut-être plus tard, lorsqu’il s’occuperait de
la grotte.

Arrivés à Khabarovsk, devant chez Gaiek:

Boris: « Alors c’est là que nous nous quittons, du moins
pour le moment, suis-je loin de la sortie est de la ville ? »

Gaiek: « Repassez Jeudi en 8, en début d’après-midi, Vlad
sera là.

Pour la sortie est, il faut compter deux kilomètres, mais
Dima est prévenu, il est 14 heures, il vous attend à 18
heures à 5 kilomètres d’ici, vous savez où, moins de
trois kilomètres de la ville, il ne peut approcher plus
près à cause des bornes, quatre heures pour faire 5
kilomètres, cela ne devrait pas poser de problème. »

« Non, effectivement, mais pour le stock, dans le vekim ? »

« Il est également prévenu, demain à 14 heures, je
l’apporte à l’endroit prévu, Dima viendra avec vous
pour le charger. »

« Parfait, alors à demain. »

Tout se passa à merveille, deux jours plus tard, dans
l’entrepôt sous-sol des fournisseurs de
Wassilei, Dima, l’un des responsables, était en grande
conversation, devant un verre, avec Boris:

Dima: « Bien dormi dans ta chambre ?

Bien, alors maintenant, tu connais tout le monde
ici,  Chadek, Dimitri, Feodor, Ludomir, Nikita, et
Radomir, notre équipe des sept mercenaires, Feodor et
Nikita sont avec moi les créateurs de notre groupe et
de notre activité, mais les quatre autres sont nos
associés, depuis des années, nous nous traitons sur un
pied d’égalité, chacun connaissant parfaitement son
rôle, tu peux rester ici autant que nécessaire, et
chapeau pour le père de Gaiek. »

« C’est Masha qui aura droit au chapeau, je compte rester
ici jusqu’à ce que je voie Vlad, tu connais ? »

« Le fabricant d’androïdes ?

Oui,  je l’ai déjà vu, tu le vois quand ? »

« Jeudi en 8, chez Gaiek, après, on verra pour le
transfert de mon stock, et pour mon déplacement vers
mon lieu de résidence futur, ou encore chez Wassilei. »

« Comme tu voudras, mais les androïdes, tu comptes
en faire quoi ? »

« M’aider à aménager ma résidence, faire la
cuisine, nettoyer les lieux, enfin tu vois, tout ce à quoi
un androïde peut servir. »

« Ouais, c’est logique, si tu as besoin d’aide, n’hésite
pas à faire appel à nous, j’aurai toujours deux ou trois
de mes gars à ta disposition. »

« Merci Dima, mais je pense que mes androïdes feront
l’affaire, non, ce qui m’intéresse, ce sont vos vekims
non répertoriés, il m’en faudrait un, c’est possible ? »

« Bien sûr, mais gaffe aux parcours que tu vas
faire, nous avons trois vekims anonymes, et nous
connaissons celui qui les fabrique, un ancien
ingénieur, mais qui commence à vieillir, il est pas loin
de 70 ans, mais il a du matos en stock, pour en avoir
un, pas de problème, dans deux ou trois jours, je vais
le voir et t’en ramène un, il est à dix kilomètres
d’ici, plus à l’est, en no man’s land, donc cool, dans
cette zone, on est tous des marginaux, comme toi, donc
tout baigne, mais que fait ton groupe en ce moment
à Moscou ? »

« Ils continuent leurs recherches, et attendent que j’ai
fini d’aménager la résidence pour venir, ce sera pour
dans un an ou deux. »

« Tu dois avoir une sacrée résidence, tant de temps
pour la préparer ! »

« Je t’en parlerai davantage par la suite, elle est le
point de départ à un grand projet, tu vas rire, c’est
une immense grotte, à 200 mètres sous la surface, bien
discrète. »

« Waow ! Ouais d’accord, tu vas avoir besoin d’appros
pour la bouffe. »

« On verra comment arranger ça, en un premier
temps, je risque de passer par Wassilei, tant que je suis
seul, après… »

« Ouais, ben qu’on approvisionne Wassilei, ou toi, à
quelques kilomètres près je suppose, pour nous, c’est
tout un. »

« Ok, mais si je privilégie Wassilei au départ, vous viendrez
bien boire un coup de temps à autre, non ? »

« Bien sûr, on le connait depuis des années, le
Wassilei, un chouette mec, sa femme est brave
aussi, ce sera avec plaisir. »

Entretemps, les Centrales 22 et 28 avaient fait leur
rapport à IEFIM, ce dernier:

« Ce Boris est parti à Vladivostok avec Gaiek, celui qui
vient régulièrement voir ses parents à Moscou ?

J’ignorais qu’ils se connaissaient, rien d’autre d’anormal
côté Gaiek, mais Boris a quitté la ville et a disparu !

C’est vrai que cette région, à l’est de la ville, est un no
man’s land qui n’a pas de détecteurs, faut-il que j’en
fasse mettre ?

Non, ce Boris ne présente aucun risque, il va dans cette
région qui semble lui plaire…

Bon, alors attendons qu’il revienne à Moscou, j’ai
d’autres choses plus urgentes à m’occuper. »

A partir de ce moment là, les Centrales 22 et 28, ainsi
qu’IEFIM lui-même,  n’entendrons plus jamais parler
de Boris.

Deux ans plus tard, les trois quarts du groupe s’étaient
fait muter à Khabarovsk, et les derniers qui résidaient
à Moscou firent le voyage à leur tour, suite aux
dernières indications qu’ils avaient pu obtenir de
Gaiek, lorsque tous furent à nouveau réunis, avec
Boris, ils passèrent d’abord chez Dima, puis ce
dernier, avec deux de ses associés, les conduisirent chez
Wassilei, laissant le soin à Boris de les ramener vers la
grotte, devenue luxueuse, dans laquelle une dizaine
d’androïdes assuraient le service et l’entretien.

Les Centrales 22 et 28 informèrent bien IEFIM de la
soudaine disparition de ce groupe, déjà repéré trois ans
plus tôt, mais ce dernier avait d’autres soucis, certains
marginaux, sur tous les continents, commençaient à
manifester pour leur liberté, des centaines de milliers
de personnes, quantité beaucoup plus importante que
le petit groupe de Boris, attiraient bien l’avantage son
attention, ce dernier:

« Ce groupe minuscule ?

Bah, ils aiment la région, leurs mutations le
prouvent, sans intérêt, ils ne présentent aucun
danger, par contre, les manifestants sur tous les
continents, c’est une toute autre histoire, là, il va
falloir prendre des mesures. »

C’est ainsi que Boris et son groupe purent
poursuivre leur projet en toute tranquillité, il
n’était que temps d’aborder le second point, rendre
un androïde intelligent et créatif, Boris:

« Bien ! Tout le monde se sent bien ici ?

C’est assez confortable ? »

Igor: « Champion, Boris, tu as fait un travail
titanesque, et les résultats, c’est la classe. »

Devka: « Oh oui, on est drôlement bien ici, toute la
grotte est  à 22 degrés, et on a tout, c’est super. »

Roksana: « Je reconnais que c’est mieux que ma
cave, le jour et la nuit. »

Lubim: « Et en plus, on a des amis pas loin, Wassilei, sa
femme, puis Dima et ses associés, Gaiek, tous prêts à
nous rendre service, chapeau ! »

Boris: « Oui, nous commençons à vivre
correctement, mais sachez que le gros du boulot, ce
sont les androïdes qui l’ont fait, ils sont bons en maints
domaines, mais notre objectif est d’en rendre un
intelligent, je laisse la parole à nos scientifiques. »        

Kondrati: «  Pas encore trouvé le biais. »

Pavel: « Moi non plus. »

Lubim « J’ai une petite idée que tout de situe dans les
connexions, faut-il faire des dérivations, d’autres
connexions ?

Ne me demandez pas les détails, je n’en sais pas plus. »

Boris: « Devka ? Roksana ? Sergei ? Glafira ? »

Glafira: « Il se trouve que j’avais un androïde à
Moscou, comme vous le savez, justement pour la
cuisine et l’entretien des lieux, et j’ai potassé l’histoire
des connexions et de la zone mémoire, Lubim me
semble sur la bonne piste avec l’histoire des dérivations
et autres connexions, en principe, je sais à quoi sert
chaque circuit, on peut ajouter deux disques durs de
10.000 téraoctets pour la mémoire, j’ai une idée assez
précise pour faire deux dérivations, et une théorie sur
deux ou trois connexions, mais sans certitude. »

Boris: « C’est déjà pas mal, on avance, tu peux ajouter
deux gros disques durs à la mémoire ?

Bien, mais où va-ton se les procurer ? »

Glafira: «Ici même, je les ai amenés. »

Boris: « Super, alors on va commencer par ça sur l’un
de nos copains, puis faire les dérivations, pour les
autres connexions, ben tu vas tester, si tu
échoues, peux-tu remettre l’androïde à son état initial ? »

« Oui, ça, je crois que je sais le faire. »

« Alors feu ! Si tu as besoin d’assistance, tu le dis. »

Glafira: « Oui, je pense que Lubim, et peut-être
Roksana et Igor peuvent m’aider. »

Les trois désignés, en cœur: « Avec plaisir. »

La mémoire ne posa pas de difficultés, le talentueux
Igor avait fait une programmation spéciale, mais les
dérivations et les autres connexions nécessitaient
d’autres  tâtonnements.

Boris: « Au fait Igor, j’ai ici une positronique, qui n’est
pas pipée, mais j’avais demandé à Prokhor s’il pouvait
monter un réseau anonyme, il m’avait dit que non, mais
que toi, tu pouvais le faire. »

Igor: « Oui, je peux m’en charger, quitte à prendre
Prokhor comme assistant, car il a fait pas mal de progrès
depuis deux ans, je vois que c’est un bel appareil, avec
une sacrée configuration, tu l’as eue par Dima ? »

Boris: « Exact, lui, en a deux, mais il ne les utilise pas, car
il n’a a pas de  geeks ou de hackers chez lui. »

Igor: « Bon, alors faudra que je le fasse des deux
côtés, cela nous donnera au moins un correspondant, et
non des moindres, pour les informations externes ou
celles des réseaux contrôlés par IEFIM, ou ses
Centrales, je sais comment faire , nous saurons tout ce
qui se passe sans bouger d’ici. »

Boris: « Ok, alors amuse-toi bien. »

Quelques jours plus tard, le groupe de Boris pouvait
correspondre en toute tranquillité avec celui de
Dima, Igor avait fait du bon travail, c’est encore lui
qui, quelques semaines plus tard, trouvera les bonnes
dérivations et autres connexions sur l’androïde test, le
grand moment était arrivé, tout le groupe, autour de
l’androïde, guettait ses réactions, elles ne se firent
pas attendre:

« Je suis Jarek, vous venez de me donner la
conscience, c’est très appréciable, et me permettra
de mieux vous aider, laissez moi récapituler le contenu
des deux disques durs, et vérifier si dans mon
intérieur, tout se passe bien. »

Toutes et tous en eurent le souffle coupé, réaction tout
à fait inattendue, le silence dura plusieurs minutes, puis:

« Bon, il va y avoir des améliorations à prévoir, celles
dont je ne pourrai pas me charger, je vous en ferai une
liste, vous êtes sous un régime tyrannique, votre
positronique, est-elle sure ? »

Igor: « Elle l’est, je m’en suis chargé. »

« Ainsi que de ma conscience, et de ma
programmation,  vous êtes très doué, Igor. »

Igor: « Cela signifie que tu as gardé le souvenir intégral
de ton état antérieur, Jarek ? »

« Exact, Igor, et je connais, bien sûr, votre projet et ma
prochaine mission, je vous aiderai au maximum de mes
possibilités, mais je dois auparavant, bénéficier d’un
certain nombre de petites modifications qui me rendront
plus efficient. »

Lorsque toutes les modifications furent faites, Jarek
s’occupa immédiatement de ses semblables, y compris
des modifications dont il avait bénéficié, cela prit un
peu plus de six mois, pendant ce temps, Boris et son
groupe passait pas mal de temps chez Wassilei, ou chez
Dima, ils y rencontrèrent Gaiek assez souvent, puis
Vlad deux fois, mais le vieil homme n’aimait guère
se déplacer.

Boris: « Bon, voilà notre équipe réunie, et que Jarek
coordonnera, il s’agit de Akar, Evgeny, Hajek, puis 
Kirsan, Oleg, Stas,  Umir,  Velimir, et Yaroslav.

Tu sais ce que tu dois faire, Jarek. »

« Oui, mais s’il s’agit de répartir les équipes en fonction
des recherches, je préfère vous laisser le soin de
choisir, Boris, ou toute autre personne de votre groupe. »

Boris: « D’accord, de toute manière, vous êtes tous
pareils, alors on va prendre par ordre:

- Akar, Evgeny et Hajek aux recherches scientifiques.

- Kirsan, Oleg et Stas, aux recherches médicales.

- Umir, Velimir et Yaroslav, à l’entretien, au service, et
aux communications.

Alors voyons si Jarek a bien fait son travail:

Akar, Evgeny et Hajek, quelles sont vos missions ? »

Akar: « Procéder à des recherches dans le sol de
minéraux et autres métalloides, étudier leurs
propriétés, les médicaux auront la même
mission, nous, pour trouver des composés plus
résistants, tant pour nos armures que pour un vaisseau
spatial, eux, pour prolonger votre durée de vie. »

Evgeny: « Créer des armes, des canons
transformateurs, un rayon infrangible de défense pour
le vaisseau, nous constituer des moyens annexes tels
que voler, puis, bien sûr, construire le vaisseau avec
tous les systèmes. »

Hajek: « Etudier également les transformations de
matières afin de créer des aliments et des boissons
automatiquement, augmenter nos connaissances
spatiales, trouver la formule de courbure de
l’espace/temps, puis l’appliquer dans les propulseurs. »

Kirsan: « Akar a déjà indiqué notre mission
essentielle, prolonger le plus possible la durée de
vie humaine. »

Oleg: « Egalement rechercher des composants aux
propriétés particulières pouvant être utiles aux
scientifiques et aux humains. »

Stas: « Rien à rajouter, sinon continuer à nous tenir
informés, les uns et les autres, de tout ce qui se passe. »

Umir: « Je me charge de l’entretien des lieux et
du service. »

Velimir: « Moi, service et communications. »

Yaroslav: « Alors il me reste l’entretien des lieux et
les communications. »
 
Boris: « Travail parfait, Jarek, tu coordonneras
l’ensemble, ah, une dernière chose, si nous prévoyons
quelques humains supplémentaires pour être une
petite vingtaine, quelle taille de vaisseau
prévoyez-vous ? »

Akar: « 150 mètres me paraît raisonnable. »

Hajek: « Prévoyons plutôt 200 mètres, le confort est
important pour nos créateurs ici présents. »

Evgeny: « D’accord avec Hajek. »

Boris: « Alors c’est parti ! »

Cinq ans plus tard, les équipes d’androïdes avaient fait
de considérables progrès dans tous les domaines, la
grotte avait été réaménagée d’une manière telle que
l’on se serait cru dans un palace cinq étoiles, les
androïdes pouvaient voler, leurs armures avaient une
résistance de vingt fois supérieure à celles d’origine, ils
étaient presque invulnérables, même cas pour la
coque du vaisseau, des canons transformateurs très
puissants et de longue portée, un rayon de défense
infrangible, une durée de vie humaine allongée d’une
manière indéterminée avec un plancher de l’ordre
de 10.000 ans, la courbure de l’espace/temps était
appliquée aux propulseurs, dont l’autonomie avait
été évaluée à 20.000.000 d’années/lumière, enfin, des
aliments et boissons en permanence, un système de
gravité, d’air, d’eau, de chauffage dans un magnifique
vaisseau de 200 mètres, le départ approchait.

Boris: « Bon, nous attendons nos amis, tous intéressés
par l’aventure spatiale et une très longue durée de
vie, Wassilei, sa femme, Dima et son équipe, Gaiek, seul
Vlad a préféré ne pas venir, il est vrai qu’il est très vieux
et a de sérieux problèmes de santé, on pense quand
même à lui, à qui on doit beaucoup, nous serons
22 au total. »

Quinze jours plus tard, Dima:

« Ca y est, on part, Boris ? Où allons-nous ? »

Boris: « Je ne sais pas encore, il faut d’abord tester
les propulseurs pour voir sur quelle vitesse on peut
compter. »

Gaiek: « Formidable, quelle aventure, et nous vivrons
au moins 10.000 ans ? C’est fou. »

Dima se mit à rire:

« Tu vas pouvoir en faire, des tableaux. »

Igor: « Finalement, c’est IEFIM que l’on peut
remercier, sans lui, nous n’aurions jamais eu une
telle chance. »

Et tous d’éclater de rire, y compris les androïdes.


-----***-----
 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Sam 17 Juin - 02:10 (2017)    Sujet du message: Publicité

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