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L025

 
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Kr
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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 01:32 (2017)    Sujet du message: L025 Répondre en citant

Année 2049, pas de changement notable depuis le début
du millénaire sinon que les gens vivaient de plus en plus
en fonction de l’argent, les conditions climatiques n’ayant
pas vraiment été prises en compte, les pollutions et
maladies s’étendaient sur toute la planète, on portait des
masques dans la plus part des pays, population réduite à
5 milliards d’habitants, deux catastrophes évitées de
justesse en 2019 et 2029.

Les recherches scientifiques stagnaient, les médicales
n’avançaient que très lentement, lorsque l’on parvenait à
guérir une maladie, deux autres faisaient leur
apparition, comme si la nature avait décidé de sanctionner
l’humanité pour son mauvais usage de la planète, quant
aux éventuels progrès sociologiques…

Les nations elles-mêmes n’avaient guère évolué durant
cette période, entre les USA qui cherchaient plus que
jamais à dominer la planète, un certain nombre de pays
du Moyen-Orient qui alimentaient sans cesse des
conflits, la Russie qui voulait toujours reconquérir ses
anciennes provinces, la Chine, de plus en plus
polluée, l’Afrique qui ne se développait pas, l’Europe qui
n’existait que comme une unité monétaire, et la
mondialisation devenue anarchique, tout cela se
traduisait par des restrictions des libertés
individuelles, auxquelles s’ajoutaient des politiques
dépassées et inadaptées.

La France non plus, n’allait pas très bien, hypothéquée
suite aux excès et aux mauvaises politiques de divers
gouvernements, elle n’était que l’ombre d’elle
même, peu de travail, près de 30% de chômeurs, des
retraités mal rémunérés, une pollution croissante comme
partout ailleurs, des assistés gagnés par le
désespoir, d’autres s’accrochant à leur boulot sans penser
à rien d’autre, c’est dans ce merveilleux contexte qu’un
jour, à Paris, naquit un certain Paul Dahan, fils unique
d’Ernest Dahan, chef de service dans la fonction
publique, et de Simone Dahan, infirmière.  

Grâce à ses parents qui disposaient de moyens
suffisants, Paul Dahan, dans les années qui suivirent, pût
entreprendre des études, en un premier temps, très
dissipé et fauteur de troubles durant les
récréations, mauvais élève, peu intéressé aux matières
qu’on lui enseignait, il semblait plutôt doué pour les
sports, et bien sûr, les bagarres.

Ses études secondaires ne furent guère
meilleures, renvoyé de plusieurs lycées, ses parents firent
ce qu’il purent pour le maintenir en lui payant des études
dans une école privée, à partir de la classe de troisième.

Il avait alors 16 ans, devenu grand, costaud, toujours
aussi brillant en gymnastique et en sports, il pratiquait le
karaté et le taekwondo parmi d’autres sports de
combat, et progressait rapidement dans l’obtention
des ceintures.

C’est à ce moment là qu’il fit connaissances d’autres
camarades avec lesquels il avait des similitudes de points
de vue, et qui vont rapidement devenir ses amis, il
s’agissait de Léon Baret, Pierre Castex, Florent Mathé, Serge
Rolin, Robert Simon, et Charles Vergniaud.

Tout comme lui, ils étaient des enfants de bonne
famille, haïssaient la société, n’aimaient pas les
contraintes, étaient plus ou moins bons en sport
et en bagarres, n’admettaient pas le désespoir, et ne
pensaient qu’à la liberté, un jour, ils décidèrent de
baptiser leur groupe du nom des « Sept
Mercenaires », dont Paul Dahan sera reconnu comme
le chef, grâce à une aptitude certaine au
commandement, et au caractère le plus trempé du groupe.

Pendant deux ans, les sept mercenaires demeurèrent
de mauvais élèves, peu doués aux études, toujours prêts
à faire les quatre cents coups, puis un jour, durant la fin
des grandes vacances, alors qu’ils entraient en
terminale, Paul Dahan donna rendez-vous à ses copains
dans une arrière-salle de bar qu’ils connaissaient bien, et
leur dit:

« Bon, avec Serge et Robert, on s’est vus pendant les
vacances, mais vous autres, j’ignore ce que vous avez
fait, on aura le temps d’en parler, il y a quelque chose de
plus urgent à aborder, voilà ce dont il s’agit.

Mon père s’est fait un nouvel ami dans son boulot, c’est
un type assez curieux, mais plein d’intérêt, une sorte de
philosophe de haute volée qui m’a orienté sur une
piste, celle de la liberté, précisément celle que nous
recherchons, il m’a dit, en gros:

« Ton père m’a parlé de toi, il m’a dit que seule la liberté
t’intéressait, que le reste, tu t’en foutais, alors si tu veux
vraiment avoir une chance de l’acquérir, je sais que tu as
des copains, ça peut te faciliter les choses, à condition
que vous avanciez tous dans le même sens.

Tu vas avoir 18 ans, je crois, tes potes aussi, alors
d’abord, il faut arrêter de faire des conneries, vous vous
êtes bien éclatés, maintenant, faut passer aux choses
sérieuses, oublier un peu les nénettes, tu dois devenir bon
dans tes études, eux aussi, c’est le seul moyen, réfléchis
bien, tu as raison de vouloir quitter une société de
*****, faite de lâches, de moutons, et de profiteurs, si tu
restes mauvais dans tes études, non seulement tu ne
sauras pas quoi faire par la suite, mais tu n’auras que des
boulots de bas de gamme dans le meilleur des cas, tu
seras tour à tour exploité et traîné par le système, alors que
si tu deviens bon, tu obtiendras des diplômes qui te
permettront de choisir un meilleur job, qui t’intéressera
davantage, et te fera gagner plus de fric, même cas pour
tes camarades, ce n’est qu’un premier temps, après, en
réunissant vos ressources, vous pourrez constituer un
groupe plus ou moins indépendant, voire constituer un
projet spécial, je m’explique, moi, je rêvais aussi de
m’extraire de la société, en me constituant un laboratoire
secret de recherches scientifiques, mais je n’avais
peut-être pas ta trempe, ni les moyens et les potes
nécessaires, alors je me suis retrouvé dans la fonction
publique, comme ton père, je n’y suis pas mal bien sûr, mais
j’ai des regrets qui me restent quand même sur l’estomac, et
toi, tel que je te vois, et d’après ton père, tu pourrais bien
être capable de réussir là où j’ai échoué, bien sûr, au
départ, c’est plusieurs années d’huile de coude, dans un
tunnel dont tu verras la sortie d’assez loin, mais tu te
rapprocheras progressivement de cette sortie, qui s’appelle
liberté, voilà ce à quoi tu dois réfléchir. »

Eh bien j’ai réfléchi à tout ce qu’il venait de me dire, et je
suis parvenu à la conclusion qu’il avait raison, son projet
était un peu spécial, chercheur scientifique ?

En laboratoire secret ?

Il faut s’y connaître en pas mal de choses, avoir beaucoup
de fric, et du monde, c’est compliqué, mais avoir une
société à nous, on ne dépendrait que des finances, là, c’est
peut-être jouable, qu’en pensez-vous ? »      

Robert: « Comme tu le sais, mon père est médecin, je
m’y connais un peu dans ce domaine, car avec lui, j’apprends
beaucoup, et les chiens ne font pas des chats, alors, peut-être
que je pourrais approfondir la médecine, pas con du tout
l’idée du pote de ton père, Paul, je marche ! »

Serge: « Moi aussi, tu sais qu’en ordis, j’en connais un
rayon, du fric ?

On peut en gagner pas mal sur le net, ou en créant des
logiciels de jeux, en plus, les études me permettraient de
devenir informaticien, d’être au courant de tout de qui se
fait, ouais, pour moi, c’est bon. »
 
Charles: « Mon père est prof de maths, j’achète. »

Léon: « J’aime bien la physique, étudier davantage peut
m’intéresser, je suis preneur. »

Pierre: « Moi aussi, en chimie. »

Paul: « Et toi, Florent ? »

« Tu me connais, j’aime bien baratiner, alors la
communication…

Toi Paul, je suppose que tu coordonneras notre
équipe, mais vers quelle spécialité vas-tu te tourner ? »

« En principe, dans les sciences, je ne suis pas trop
mauvais, j’aime bien tout ce qui est
astronomie, l’univers, tout ce qui est loin de la Terre, je
vais bien me trouver un créneau, alors on est tous d’accord
pour courir après les diplômes ? » 

Pierre:« Ah punaise, on va se mettre à créer un vaisseau
spatial, tu en seras le commandant, Paul. »

Et tous de rigoler.

Paul: « Bon, accord unanime sur quelques années de
sacrifice, j’espère qu’elles vont payer…

Pour le projet, on doit encore réfléchir, un labo secret ?

Pas évident, une société ?

De quoi ?

Il nous faudra étudier les domaines les meilleurs, le jeu
informatique ?

Ouais, ça peut en être un, je pense aussi aux androïdes, ces
serviteurs déjà bien avancés que seuls les rupins peuvent
s’offrir, ou encore les panneaux solaires qui prennent de
l’extension, enfin, tout ça reste à voir, on s’en rejette un ? »  

Florent: « Ah ouais, un coup comme ça, ça donne soif, et on
va changer nos habitudes cul sec ?

Ben c’est quelque chose…

Les panneaux solaires ?

Je suis sceptique pour plusieurs raisons, d’abord parce que
ma mère bosse dedans comme secrétaire, elle est au
courant de tout, et en ce moment, elle dit qu’il y a de la
concurrence, ensuite, que ça stagne, ils n’arrivent plus à
progresser dans les techniques, enfin, qu’il y a peu de
fric, alors les gens commandent moins, les androïdes?

Aucune idée là-dessus, mais pour les logiciels de jeux, j’y
joue moi-même pas mal, ça, c’est un bon créneau. »

Serge: « D’accord avec Florent, avec trois ou quatre langages
que je connais déjà bien, faciles à apprendre et à
maîtriser, on peut faire de sacrés jeux, je pourrais même
m‘en charger au départ, car je sais à qui les vendre. »

Paul: « Bien Serge, là au moins, on a une piste, d’autres
suggestions ? »

Léon: « Pas pour le moment, pour moi, les pistes ?

On a le temps, assurer nos études est le plus urgent. »

Vers 2080, dotés de diplômes, Paul y compris, en
sciences, tous travaillaient dans divers domaines, Léo
comme physicien, Pierre comme chimiste, Florent comme
Chef de service dans un centre de communications, Serge
comme ingénieur-informaticien, Charles comme Prof de
Maths, Robert était chercheur médical, et Paul venait
enfin de réussir son Doctorat de sciences.

Un soir, toujours dans l’arrière-salle d’un bar, Paul:

« Bon, je m’ y suis repris à trois fois pour passer ce
p***** de Doctorat, mais je l’ai, à quoi va-t-il me servir ? »

Charles: « A pas mal de choses, tu en connais un rayon en
sciences, je crois me souvenir qu’ils t’ont refusé la première
fois parce que tu n’avais pas mis les formes dans ta thèse, et
la seconde parce que tu avais avancé une théorie qu’ils
n’étaient pas en mesure d’apprécier, qui les dépassait, c’est
du premier coup qu’ils auraient dû te le donner.

Sur l’univers, sur les atomes, tu as des connaissances qu’ils
n’ont pas, laisse donc ces imbéciles, tu as fait des
découvertes sur l’espace/temps, je crois, grâce à tes études
sur le Doctorat, alors il est capital. »

« Oui, mais pourquoi faire ? »

Robert: « Peut-être pour le labo secret, c’est le seul cas qui
nous garantirait une totale indépendance, donc une entière
liberté, regarde notre situation actuelle, chacun travaille
dans son coin, mais pour les autres, au profit des
gouvernements, on gagne plus ou moins bien notre
vie, mais à quel prix ?

On vient tous de dépasser la trentaine, et les années
passent vite. »

Serge: « Robert a raison, dans nos domaines respectifs, on
n’a que le droit de recommencer le lendemain, mais par
contre, nous disposons de toutes les connaissances de base
nécessaires à un labo de recherches, il faut un médecin, ou
un chercheur médical, un chimiste, un physicien, un
scientifique, un matheux, un expert en communication, un
informaticien, et même un commandant, le problème, c’est
l’argent, même nos familles ne peuvent nous aider, c’est
trop gros pour eux, je vais encore prêcher pour mon
bénitier, mais le seul moyen que je connaisse de gagner
beaucoup d’argent en quelques années est le logiciel de
jeux, j’ai déjà constitué trois jeux, et suis en train d’en finir
un quatrième, disposant des relations nécessaires pour les
vendre, je propose qu’on se remette en équipe, qu’on laisse
tomber nos boulots, pour se mettre dans le logiciel de
jeux, surtout que chacun de vous a pris le temps
d’apprendre les deux langages de base, et plus de
cerveaux, plus grand nombre d’idées, dans moins de dix
ans, on sera riches, et on passera pour des fabricants de
logiciels, cela n’inquiètera personne. » 

Paul: « C’est une bonne proposition, Serge, admettons que
le problème d’argent puisse être résolu, un laboratoire
secret de recherches implique beaucoup d’autres
choses, d’abord un lieu où l’on puisse construire un
sous-sol, de préférence indétectable, le faire assez grand
pour divers usages, un salon, des chambres, des
toilettes, salles de bains, ne parlons pas d’une place pour
un vaisseau spatial, constituer un système indépendant
d’aération, d’eau, de chaleur ou chauffage, puis il y aura
le problème de l’alimentation, des boissons, des produits
d’entretien, que sais-je encore ? »

Florent: « Ca doit pouvoir se résoudre, mais tout ça, on a
encore quelques années pour y réfléchir, pour le
moment, je rejoins Serge, le plus important pour nous est
de gagner beaucoup d’argent, si tout le monde est
d’accord, il est temps de nous constituer une société. »

Paul: « Bon, alors on passe aux votes, sommes-nous tous
d’accord pour créer une société d’informatique qui concevrait
des logiciels de jeux ? »

Le résultat fût un « OUI » à l’unanimité.

Paul: « Alors c’est parti, dès demain, on prend tous les
renseignements nécessaires à la constitution d’une société. »

Durant la première année de démarrage, l’équipe gagna
200.000 Euros, ils avaient escompté davantage, mais l’année
suivante fût plus intéressante, ils ne manquaient pas
d’idées, quelques brillantes réalisations, les deux millions
d’Euros de recette n’étaient pas loin, il fallait, bien
sûr, acquitter les impôts, qui approchaient les 50%.

Dans les années qui suivirent, ils devinrent réputés, et les
recettes furent en conséquence, les rôles étaient déjà bien
répartis, cinq d’entre eux pouvaient créer des
jeux, mais, tout en consultant régulièrement leurs
camarades, deux seulement s’occupaient de ce domaine
en permanence, les meilleurs en programmation, Serge et
Florent, les autres approfondissaient leur propre
discipline, recherche médicale pour Robert et
Pierre, espace/temps pour Charles et Paul, études de
systèmes pour Léon et Paul, ils venaient d’acheter un
grand terrain de 10 hectares en Lozère, comportant une
maison habitable de 300 mètres carrés, pour la dernière
fois, devant quelques verres dans l’arrière-salle du bar
habituel qu’ils ne reverraient plus, ils tinrent conférence.

Paul: « Maintenant, nous avons un grand terrain et une
maison habitable, qu’il nous faudra quand même
aménager un peu mieux, pour moi, c’est une affaire de six
mois, elle deviendra le nouveau siège social de notre
entreprise, on est à 25 kilomètres de Mende où on peut
acheter tout ce dont nous avons besoin, sinon, il y a
éventuellement Rodez, Nîmes, Montpellier, Toulouse pas
trop loin, on a des véhicules, et les courses, ben une fois
par semaine devrait suffire, on les fera à tour de rôle.

Sur la planète, ça ne s’améliore pas, de plus en plus
polluée, avec un nombre croissant de malades, l’humanité
va se décimer d’elle-même dans peu, je suis content de
quitter Paris définitivement.

Pour ceux qui sont dans les recherches, moi y compris, par
quoi commençons-nous ? »

Florent: « Pour moi qui aime la bonne bouffe, voir ce qu’il y a
à Mende, ou ailleurs selon le cas. »

Paul: « Ca, nous le ferons automatiquement, mais dans le
boulot, Serge et toi mis à part, car vous continuerez pendant
un temps à produire des jeux, les autres, on commence
par quoi ? »

Charles: « Sans vouloir te commander, Paul, à un moment tu
avais fait des recherches sur les androïdes, à mon avis, tu
devrais les poursuivre, d’ailleurs, rien ne nous interdit d’en
avoir deux ou trois pour entretenir les lieux, nous faire la
cuisine, et servir les déjeuners, on ne pourra peut-être pas leur
faire faire des courses, dommage.

Si tu parvenais à en rendre un plus intelligent, qui en
fabriquerait d’autres, on pourrait alors envisager
le vaisseau spatial. »       

Paul: « Les androïdes ?

C’est une idée à creuser, peut-être que je pourrai en
améliorer un, mais il faut, à mon avis, commencer par la
rénovation de notre maison, nous devons être dans de
bonnes conditions pour travailler, en second, voir la question
des androïdes, passage obligatoire à toute action
ultérieure, quant au vaisseau spatial, je serais le premier à
 être d’accord, mais il nous faudra aménager un sacré
sous-sol, avec tous les systèmes qui le rendent viable, même
à sept, c’est un sacré boulot, car il faudra construire une
plaque coulissante ou une zone surélevée pour laisser assez
de place au vaisseau, des androïdes intelligents pourraient
faire ce boulot, car il est exclu de mettre des poutres et des
traverses dans le sous-sol, elles ne tiendraient pas. » 

Robert: « Exact, en fait, Paul a raison, tout dépend des
androïdes, si on veut aller dans l’espace, il y a un autre
problème, notre durée de vie, il faudra trouver un moyen
de l’allonger. »

Florent: « Ben, nous comptons sur Pierre et sur toi pour
ça, c’est vous les spécialistes, faudra peut-être se pourvoir
d’un matériel médical adéquat, des machines, des trucs
d’analyse et de contrôle, ça va coûter bonbon. »

Paul: « Arrêtons de tracer des plans sur des comètes, après
tout, une fois là-bas, nous serons libres et ne dépendrons
de personne, c’est déjà une victoire, on continuera les jeux
pour avoir de l’argent, on rénovera la baraque puis, avec
l’aide de Léon, et peut-être aussi de Charles, j’étudierai
l’histoire des androïdes, bien sûr, entretemps, rien ne nous
interdit d’en avoir deux ou trois pour nous éviter des
corvées, le gros problème sera de savoir si je peux rendre
l’un d’entre eux plus intelligent, toute la suite en dépendra. »

Pierre: « Je pense que tu y parviendras, tu es une sorte de
génie dans les sciences. »

Paul: « Il faut le dire, mais très vite, seuls les
résultats comptent. »

Quelques jours plus tard, alors qu’ils approchaient de la
quarantaine, les mercenaires quittèrent Paris à bord de quatre
véhicules, dont deux 4/4 touts terrains qui seraient bien utiles
pour les courses, le voyage se fit tranquillement dans la
journée, le soir même, à Mende, dans un restaurant, Paul:

« Bon, on arrive, pour dormir durant les premières nuits, ce
sera un peu le mode camping, mais on se dépêchera
d’aménager des chambres. »

Léon: « Ouais, il y a deux salles de bain, ce qui est déjà
bien, C’est un sept ou un huit pièces, je crois ? »

Charles: « Sept pièces, mais certaines sont grandes, avec un
peu de ciment, on pourra faire deux ou trois murs afin d’avoir
le bon nombre de chambres. »

Robert: « Peut-être un ou deux de plus, on a besoin d’une
grande pièce pour caser tout notre matos, peut être de
deux, puis d’un salon, ou salle de réunion, les chambres n’ont
pas besoin d’être très grandes. »

Paul: « On verra tout ça sur place, pour le moment, un bon
apéro et un repas, c’est-ce qui compte. »

L’aménagement de la maison prit un an, Florent et Serge
continuèrent à créer des jeux pour ne plus avoir de
problèmes financiers, pendant que Paul, après avoir acquis
trois androïdes dernier cri, se mit à étudier l’un d’eux, il le
démonta, puis le remonta, avec l’aide de Léon, à plusieurs
reprises afin d’en connaître parfaitement toutes les
composantes, au bout d’une dizaine de fois, il dit à Léon:

« Pour le moment, je ne vois pas quoi faire pour
l’améliorer, nous sommes deux à en connaître tout
l’intérieur, mais cela ne suffit pas, là, je sèche. »

Léon: « Ne te décourage pas, on en a vu d’autres, je suis sûr
qu’un jour ou l’autre, tu sauras ce qu’il faut faire. »

« Peut-être que toi aussi, après tout, comme physicien, tu
n’es pas mal.

Crois-tu que Charles pourrait nous aider ? »

« C’est un bon matheux, qui a fait pas mal de progrès depuis
qu’il a quitté l’enseignement, mais je crains que pour
l’androïde, les équations mathématiques ne suffisent pas, du
moins au départ, pour l’améliorer, mais on peut toujours lui
poser la question, et Robert, il en est où ? »

« Tu as vu qu’il a fait racheter du matos par Serge, lorsque
c’était son tour de courses, à mon avis, il doit avoir une idée. »

« Ok, Léon, je vais parler avec lui. »

Robert n’avait pas encore d’idée précise sur les moyens de
prolonger la durée de vie humaine, mais il savait ce qui lui
manquait pour améliorer ses connaissances, et affiner ses
analyses, avec l’aide occasionnelle de Pierre.

Pendant trois ans, rien de neuf ne se produisit, nos
mercenaires passaient leurs journées entre leurs recherches
respectives, un peu de sport et d’entraînement au
combat, histoire de se défouler, Serge et Florent continuaient
à rapporter pas mal d’argent à la collectivité, de temps à
autres, tous faisaient un break de deux ou trois jours pour
aller à Toulouse ou à Montpellier, visiter la ville et s’offrir des
bons restaurants, repérer les possibilités locales pour
d’éventuels achats, et se changer les idées.

Les femmes ?

Certains d’entre eux y pensaient parfois, mais tous savaient
qu’elles poseraient plus de problèmes qu’elles n’en
résoudraient, et cela n’allait pas dans le sens de leur
grand projet.

Ils avaient commencé à creuser un début de sous-sol, mais
Paul les dissuada de continuer tant que lui-même, n’avait
pas trouvé de solution pour améliorer un androïde, Robert
était d’un autre avis, sans rien dire, il utilisa l’un des
androïdes, qu’il appelait Gork1, les deux autres s’appelant
respectivement Gork2 et Gork3, pour creuser un peu dans
le début du sous-sol afin de recueillir des matériaux
susceptibles d’analyses, et c’est à ce moment là que tout se
déclencha, Robert à Paul:

« Je crois que Gork1 m’a déterré quelque chose
d’intéressant, les analyses sont bonnes, on doit pouvoir avaler
un extrait qui prolongera notre vie d’une bonne trentaine
d’années. »

« En es-tu sûr ? »

« Tout à fait, et Pierre aussi. »

« Alors bon, nous n’allons pas refuser ça, n’est-ce pas Léon ? »

« Sûr Paul, ça devient bon. »

Tous prirent de l’extrait, mais se trouvèrent plus ou moins
malades le lendemain, dans l’état de quelqu’un qui aurait
fait un long parcours en non stop, dans un autocar qu’il ne
supporterait pas, mais à partir du surlendemain, et les jours
suivants, ils se retrouvèrent dans une forme de quelqu’un
de vingt ans de moins, et c’est à ce moment là que Léon dit
à Paul:

« On pète la forme, pourvu que ça dure comme disait
quelqu’un que j’ai oublié, mais je repense à notre
Gork3, qu’on a démonté et remonté, et à la croisée de fils
électroniques qui se situent juste en dessous du cerveau, on
pourrait peut-être procéder à une ou deux
dérivations, histoire de voir ce que ça donne, non ? »

« Attends que je réfléchisse, j’y avais déjà pensé, mais n’avais
pas osé le faire parce que bidouiller au hasard aurait pu faire
désordre, mais…

Ouais, ca y est, je vois ce qu’on peut tenter de faire, c’est-à-dire
à quel endroit et entre quelles fils on peut dériver, s’il y a une
cata, on pourra toujours en racheter un, mais j’ignore si
l’extrait de Robert en est la cause, mais je crois que je vois
plus clair, allons-y, Léon, je vais te montrer ce qu’il faut faire. »       

Ils se saisirent de l’androïde, commencèrent à le
démonter, puis procédèrent à deux ou trois modifications
avant de le remonter, enfin, Paul:

« Bon, Léon, tu as vu ce que j’ai fait, alors maintenant, on va
lui parler, mais il se pourrait qu’il ait besoin d’un programme
complémentaire de Serge, il reste de la place en mémoire. »

« Gork3, ici Paul, peux-tu me répondre ? »

« Bonjour Paul, bonjour Léon, je vous reconnais, vous êtes
des humains, je suis Gork3, comme vous m’avez appelé, mais
je manque de données pour vous apporter des réponses
plus complètes. »

Paul et Léon se regardèrent stupéfaits, puis Paul:

« Pas de soucis, Gork3, nous allons te mettre à jour. »

« Comment comptez-vous procéder ? »

« Ffff, bravo Gork3, nous allons t’ajouter de la mémoire et
peut-être un programme de Serge, par la suite, nous te
montrerons comment utiliser un ordinateur, et tu pourras
accéder à toutes les données qu’il contient, lorsque tu les
auras toutes enregistrées, tu seras à jour. »

« Cela me paraît bon, Paul, j’attends la suite pour pouvoir
mieux vous aider. »

« Patiente un peu, nous devons faire une réunion. »

« Je patiente. »

Paul à Léon: « Réunis tout le monde dans le salon, on va
boire quelques bons coups. »

« Je suis content que tu aies réussi. »

« Nous avons tous les deux réussis, Léon, grâce à ton rappel. »

Quelques instants plus tard:

« Bon, alors voilà, Messieurs, Robert a, comme vous le
savez, réussi un super coup il y a quelques jours, il a été plus
rapide que nous, mais Léon et moi en avons réussi un
autre, avec Gork3, il a maintenant des réactions sans
précédent, parle parfaitement notre langue, s’exprime aussi
bien que nous, autrement dit, il est devenu intelligent, il ne
reste qu’une mise à jour à lui faire, et peut-être lui rajouter
un programme de Serge ou Florent si nécessaire, mais on
doit d’abord lui augmenter la mémoire, et je sais comment faire. »

Serge: « Champion, Paul, on savait qu’un jour ou l’autre, tu
réussirais, nous aussi, avec Florent, on a trouvé le moyen de
rendre les codes ordi indétectables, on venait juste d’en
parler lorsque tu nous a appelés. »  

Charles: « De mon côté, c’est curieux mais j’ai vu défiler des
équations que je ne connaissais pas, j’ai pris le soin de les
noter, tu pourras apprécier, Paul, car je crois qu’elles se
rapportent à l’espace/temps. »

Pierre: « Il me semble que ma mémoire s’est améliorée, je
retiens pratiquement tout ce que je vois ou lis. »

Paul: «  Alors ne cherchez plus, on peut tous remercier Robert
et toi, Pierre, l’extrait en question, doit-on en
reprendre, ou bien ? »

Robert: « Non, ce n’est pas nécessaire, une fois suffit, et
d’après ce que j’entends, on continue tous à bénéficier d’une
super forme, la question que je me pose est comment
vieillirons nous ? »

Florent: « D’ici là, tu auras encore trouvé quelque chose. » 

Paul: « Bon, on a tous mérité un ou deux bons coups, pas plus
pour moi car je dois assurer la suite avec Gork3, pendant que
j’ai les idées claires, Serge, Florent, il faudra laisser les ordis à
disposition de Gork3, il va enregistrer tous les contenus pour
assurer sa mise à jour, je vais entretemps lui rajouter pas mal
de mémoire, c’est une affaire d’une demie heure, pendant ce
temps, vous pouvez continuer à vous détendre ici. »

Florent: « Pas de problème, Paul, il va peut-être nous aider
dans les codes des ordis ? »

« Pas maintenant, je lui ai prévu une autre mission si tout va
bien, celle de construire une dizaine de ses semblables, même
cas pour Gork1 et Gork2 si on les modifie. »

Serge: « Ffff ! Là, je crois qu’on atteint la vitesse de croisière. »

Paul: « Pas encore, car il y aura une suite, et vous pouvez tous
deviner laquelle. »

Paul rajouta deux plaquettes-mémoires à Gork3, le
remonta, puis:

« Maintenant, Gork3, tu viens avec Léon et moi, voir Serge ou
Florent, qui vont te montrer comment on utilise un ordi, là, tu
pourras faire ta mise à jour. »

Gork3: « Bien Paul, il se pourrait que le programme de Serge
ne soit pas nécessaire. »

Ce dernier le regarda, stupéfié.

Quinze jours plus tard, après avoir bien vérifié que Gork3 se
comportait comme prévu, Paul décida, avec Léon, de procéder
de la même façon avec les deux autres androïdes, trois jours
furent nécessaires à leur réactualisation, ils réagirent comme
prévu, sans avoir besoin d’un programme
supplémentaire, les ordinateurs contenaient toutes les
données, arrivés à ce stade, devant tous ses camarades, Paul:

« Bon, alors Gork1, Gork2, et Gork3, vous savez qui nous
sommes, et vous pouvez nous aider, votre première mission
sera de vous constituer en équipe, en fabriquant une
dizaine d’autre partenaires qui vous soient identiques, si
cette mission est dans vos cordes, faites-nous une liste du
matériel dont vous aurez besoin, et dites nous combien de
temps nécessitera l’opération. »

C’est encore Gork3 qui répondit le premier:

« Nous connaissons vos plans de construction, que vous avez
eu la bonne idée de mettre dans un ordinateur, au moyen de
photos, mais avant de vous répondre, nous devons procéder
à un autotest afin de vérifier si tout est en ordre, après, il y a
aussi la possibilité, comme vous l’avez fait, de démonter et
remonter l’un d’entre nous, qui sera probablement la
meilleure solution, si vous nous autorisez à le faire, nous
pourrons vous dire dès demain si la mission entre dans nos
possibilités d’action. »

Paul: « C’est parfait, vous pouvez procéder. »

Gork1: « S’ils le veulent, ils peuvent me choisir, je suppose
que si tout se passe bien, notre prochaine mission sera
d’aménager un sous-sol pour un vaisseau spatial ? »

Paul: « Alors là, Messieurs, je tombe à genoux… Fantastique! »

Et tous d’applaudir.

Six mois plus tard:

Paul: « Bien, alors nous avons maintenant 13 Gorks, tous
complets, avec un numéro sur eux pour les
reconnaître, formation des équipes:

Gork1 coordonnera Gork4, Gork5,Gork6, Gork7 creuser
le sous-sol.

Gork2 coordonnera Gork8, Gork9, Gork9, Gork10 creuser
le sous-sol.

Gork3 coordonnera Gork12 et Gork13, entretien de la
maison, cuisine, service des repas.

Sous-sol allant jusqu’à la surface, avec une pente à l’autre
bout à faible dénivellation sur 200 mètres, longueur 150
mètres, largeur 100 mètres , hauteur 50
mètres, régulièrement recouvert avec une plaque épaisse
non déformable en guise de toit, sur laquelle nous, les
mercenaires, on mettra de la terre, de l’herbe, des végétaux
divers, conformes à l’environnement, afin de le masquer, la
pente permettra au vaisseau spatial de sortir.

Dimensions du vaisseau, on verra lorsque le sous-sol sera
fini, au fur et à mesure des avancées, nous achèterons chez
différents fournisseurs des petites quantités de karonite, un
plastométal très résistant, qui iront dans le sous-sol, de
trop grandes quantités paraîtraient immédiatement
suspectes, en petits lots, vu son usage multiple, ça n’étonnera
personne, ce plasto, tant pour le toit du sous-sol que pour le
vaisseau et ses propulseurs pourra être ultérieurement
amélioré  sur le vaisseau, il peut être soudé par un processus
que nous connaissons, et que nos Gorks connaissent
aussi, alors tout n’est qu’une question de temps, la surface
nous donnera du boulot, mais la convertir en fonction des
avancées sera moins pénible, nous achèterons un petit camion
pour transporter les lots, bâché, bien sûr, un jour, les autorités
recouperont nos différents achats, mais à ce moment là, nous
aurons quitté la Terre, donc pas de souci.   

Un an plus tard, les puissants Gorks avaient fini et recouvert
le sous-sol et sa pente de sortie, il était temps de passer à
la suite.

Paul: « La nouvelle répartition par équipes sera comme suit:

Gork1 coordonnera Gork4, Gork5,Gork6, Gork7 et
Gork8, section scientifique.

Gork2 coordonnera Gork9, Gork10, et Gork11, section
médicale.

Gork3 coordonnera Gork12 et Gork13, toujours entretien de
la maison, cuisine, service des repas.

La section scientifique construira le vaisseau, recherchera les
moyens d’augmenter sa résistance, selon des plans déjà établis
dans cet ordinateur, un vaisseau de 150 mètres, sur 50 de
large et trente de haut, largement suffisant pour loger tout le
monde, et emporter tout le matériel.

La section médicale s’occupera de rechercher un moyen de
prolonger encore nos vies, quitte à creuser dans le sous-sol si
nécessaire , ou autre indication éventuelle d’un composant
que l’on peut trouver ailleurs.

Voilà le programme, exécution dès demain. »

Léon: « Le vaisseau prendra un certain temps, et nous ne
disposons pas encore de toutes les données pour le départ, il
se pourrait que les autorités réagissent plus vite que prévu
quant à nos achats de karonite. »

Paul: « Effectivement, c’est un risque, j’ai peut-être lancé trop
tôt l’histoire du sous-sol, mais il fallait faire vite, nous avons
tous 45 balais, le sous-sol peut être aménagé pour que l’on y
vive, nous avons mis tous les systèmes, faire des chambres, des
salles de bain et un salon serait une affaire de jours, mais bien
sûr, notre point faible reste l’alimentation, tu as raison, je vais
modifier les missions, la section scientifique devra trouver un
moyen de nous créer de l’alimentation et tout le nécessaire, ils
sont plus intelligents que nous, ils y arriveront, si nous
sommes en sécurité dans un sous-sol indécelable, la
fabrication du vaisseau sera moins urgente, à condition que
nos médecins fassent encore une découverte, on va se réunir
et réfléchir à tout cela.

Mais j’y pense, si les fournisseurs acquittent régulièrement
leur impôts, les autorités n’auront aucun motif logique de
procéder à des recoupements, le seul clash serait un employé
doté d’une mémoire eidétique qui ferait le rapprochement, ce
serait jouer de malchance, mais on trouvera toujours
une parade.  »    

Trois ans plus tard, tous les problèmes étaient résolus, pas
d’employés disposant d’une mémoire eidétique aux
Finances, la karonite, renforcée de 20 fois, rendait le vaisseau
pratiquement invulnérable, Paul, avec l’aide des Gorks, savait
comment plier l’espace/temps, et aller beaucoup plus vite
que la lumière, ces mêmes Gorks pouvaient recréer des
aliments, des boissons, et autres produits d’entretien à
l’identique, les médicaux avaient indiqué qu’une plante dont
l’extrait pouvait rendre immortel se trouvait en
Antarctique, le plus difficile fût d’en ramener une, mais Paul
et Léon y parvinrent, et les sept mercenaires bénéficièrent
d’un nouveau traitement, le vaisseau, appelé le Gork99, était
très confortable et spacieux, doté de canons transformateurs
et d’un rayon de protection, il était prêt au départ.

Léon à Paul: « Alors Commandant, on part pour où ? »

« Je connais quelques exoplanètes du côté d’Orion, on va
commencer par là. »


-----***-----
 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 01:32 (2017)    Sujet du message: Publicité

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