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L027

 
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Kr
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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 14:45 (2017)    Sujet du message: L027 Répondre en citant

An 2029, quelque part aux USA, un homme déjà plus
tout jeune sort de prison, à la suite d’un nième
recours qui le déclara innocent d’un crime qu’il
n’avait pas commis, 10 ans plus tôt.

Le véritable assassin?

Lou Higgins, qui venait d’être appréhendé et avait fini
par tout avouer, par ailleurs, il avait été formellement
reconnu au niveau des preuves ADN.

Mais alors, pourquoi une telle injustice alors qu’en
2019, la recherche des preuves par ADN était
couramment pratiquée depuis bien des années ?

Tout simplement parce qu’un certain Juge, un nommé
Allan Broderick convoitait le poste de Maire de
New York, et que n’ayant pas le véritable assassin sous
la main, qui n’avait pas de casier, il lui fallait un
coupable à tout prix.

Le pauvre Peter Nelson, victime de la politique, le fut
moins à la suite d’un dédommagement de 20 millions
de Dollars.

C’était plutôt bien payé, mais Peter Nelson n’était pas
n’importe qui, chercheur américain à la
N.D.R.A.(National Research and Discovery
Administration), il était le fils de Harold Nelson, Colonel
en retraite, et d’Anna Nelson, romancière connue.

Le Colonel Nelson avait été, dans le début des années
80, affecté à une base US en Allemagne, il y avait
connu une jeune femme, Anna Schenck, qu’il
épousa, revenu aux USA, il eut un fils unique, Peter.  

Ce dernier s’avéra être une sorte de génie, études à
Harvard, toujours premier de classe, devant un certain
Willy Carter qui était devenu son ami, ils entrèrent tous
les deux à la N.D.R.A. quelques années plus tard.

Willy Carter avait toujours tenté de le défendre auprès
des Tribunaux, mais étant issu d’une famille plus
modeste, et ne pouvant apporter des arguments
solides, ses interventions n’entraient pas en ligne
de compte.

Peter ressemblait très vaguement à l’assassin, et s’était
trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.

Il vécut durant une courte période, chez ses parents déjà
âgés, à New-York, de par sa mère, il parlait l’allemand
couramment, c’est d’ailleurs le langage qu’ils utilisaient
entre eux.

Revoyant régulièrement son ami Willy, qui ne s’était pas
marié, et qui travaillait toujours à la N.D.R.A. ils eurent
une discussion, un soir, dans un bar.

« Alors Peter, Que veux-tu boire ? »

« Un Bourbon, comme toi. »

« Ok, quels sont tes projets ? »

« Mieux vaut ne pas en parler ici, asseyons-nous plutôt
À une table discrète, dans le fond de la salle. »

« Holà ! Tel que je te connais, ça doit être du
lourd, allons y. »

Une fois installé:

« Tu as toujours fait ce que tu as pu pour
m’aider, Willy, tu es non seulement un véritable
ami, mais le seul que j’ai, nous allons avaler plusieurs
Bourbons, car j’ai pas mal de choses à te dire, j’ai un
grand projet en tête, serais-tu prêt à me suivre ? »

« Je ne connais pas encore ton projet, mais toi, je te
connais, c’est oui, sans problème.

D’ailleurs, depuis quelques années, je commençais à
m’ennuyer, je suppose qu’il y aura de l’action ? »

« Oui, il y aura de l’action, mais la première période
ne va pas être simple, voilà comment je vois
les choses:

Si tu continues à me dire je marche, car j’aurai besoin
d’un assistant, ou si tu préfères, d’un associé, en un
premier temps, nous allons en Allemagne, tu sais que
ma mère est allemande d’origine, et tu te débrouilles
en allemand, car tu l’as fait en première langue à
l’école, là bas, il faut qu’on perde notre trace, un seul
moyen, des faux-papiers qui fassent vrais, tu as pas
mal d’argent je crois, et tu sais combien j’ai obtenu de
l’injustice, à nous deux, cela fait une belle somme, on
fait du transfert de compte dans un paradis fiscal, à
notre nouvelle identité, pour l’obtenir, il nous faudra
peut-être mettre les mains dans le sale, c’est-à-dire la
pègre, parce que les experts des faux-papiers ne
travaillent pas avec n’importe qui, nous sommes
costauds tous les deux, et savons-nous battre, mais
nous sommes aussi des intellos, la pègre de bureau, ça
existe, nous ne serons pas des seconds couteaux.

Retravailler à la N.D.R.A.?

Même s’ils acceptaient de me reprendre, cela ne
m’intéresse plus, la société me dégoutte, elle n’est faite
que de moutons hypocrites qui ne voient que leur intérêt
immédiat, et de gens qui les mènent à la baguette, et qui
sont pires encore, oh, il y a des gens biens parmi les
moutons, mais je n’ai pas d’aptitude à monter un Centre
de bienfaisance, ce qui m’intéresse, et tu le sais car c’est
aussi ton cas, c’est la recherche, mais plus maintenant
au bénéfice de l’humanité, mais au nôtre.

Les 20 millions de Dollars ne compenseront jamais les
années que j’ai perdues ni la salissure de ma réputation.  

Muni de nos faux papiers, ayant placé le fric où il
faut, nous irons acheter une maison quelque part, pas
n’importe laquelle, il faudra du terrain, puis la possibilité
de faire un sous-sol qui deviendra notre labo.

Je pense au Groenland, là, nous ne serons pas
dérangés, et les maisons et terrains ne sont pas
chers, un endroit en valant un autre dans notre cas.

Mon objectif ?

Créer des androïdes qui vont nous servir, et peut-être
nous apporter d’autres connaissances, je sais comment
les rendre intelligents. »

« Ffff ! Je me doutais  que ce serait du lourd, mais à ce point !!!

Je ne marche pas dans ton truc, j’y cours, car je rêvais
de quelque chose de ce genre.

Petits détails pratiques pour le labo dans un
sous-sol, d’accord, on peut faire, y mettre de
l’air, de l’eau, du chauffage, des ordis indétectables, ça aussi, on
peut, stocker des aliments et des boissons, encore possible
avec de gros congelos, mais un bémol, notre autonomie sera
limitée sur ce dernier poste, faudra qu’on soit près d’une ville
pour pouvoir faire des courses, et là où il y a des gens, il y a des
curieux, qui finiront vite par se poser des questions
sur ce que l’on fait. »

« Exact, mais je compte sur l’intelligence de nos futurs
équipiers, mémoire absolue, capacité intégrale dans
tout ce qui est manuel, si, comme je le pense, sous
serons capables de les rendre intelligents, voire
inventifs, comme nous, ils trouveront sûrement un
truc, soit par transfert de matière, soit, et ce serait
encore mieux, par reproduction d’aliments et de
boissons,  pour nous rendre totalement indépendants. »

« Waow ! Et même leur faire faire des recherches en médecine, pour
allonger notre durée de vie, et en spatial, pour pouvoir foutre le
camp si on veut voir ce qui se passe ailleurs, balèze, le coup. »

« Je vois que nous sommes sur la même longueur
d’onde, toi et moi, savons pas mal de choses, eux complèteront, j’en
suis sûr. »

Les deux hommes bénéficiaient d’une excellente
santé, et d’un fort gabarit, Peter, 6 pieds 3
pouces, Willy, 6 pieds deux pouces, sportifs qui
entretenaient leur condition physique, tout en ne
crachant pas sur les bonnes choses, sauf peut-être
les femmes, car bien que tout à fait normaux, ils ne
les considéraient pas comme des éléments
importants dans leur priorités.

En prison, Peter, entre des séries de 100 pompes
dans sa cellule qui était plutôt confortable, il n’avait
pas tout à fait le même statut que les autres
prisonniers, allez savoir pourquoi, des sports collectifs
dans la cour, une alimentation assez correcte, un
bureau et même un ordi, il planchait sur ce projet
depuis des années, il s’informait de tout ce qui se
passait à l’extérieur, des dernières découvertes qu’il
étudiait, tout cela avait fait en sorte que les dix années
n’avaient pas paru trop longues, sauf peut-être les deux
premières, durant lesquelles il était soumis au régime
général, et qu’il effectuait, en quelque sorte, ses classes.

Willy: « Je reprendrais bien un Bourbon, alors, on part
quand? »

Peter: « Oui, mais le dernier, restons en bon état, cela
vaut mieux, le départ ?

Disons dans 15 jours. »   


Peter venait de faire ses adieux à ses vieux parents, il
leur avait fait part de son projet, et de l’ami avec qui il
partait, et qu’ils connaissaient, sachant qu’ils sauraient
garder le secret, mais par précaution, il s’est bien gardé
de préciser sa première destination, et surtout ce qu’il
s’apprêtait à faire pour parvenir à son but.

Harold: « En un sens, je le comprends, j’aurais aimé en
savoir plus, Mais… »

Anna: « Ne sois pas surpris, tu sais comment il est, mais
c’est un génie, et son ami aussi, je suis sûre qu’ils
réussiront.

Les humains sont de plus en plus compliqués et
égoïstes, je ne peux que comprendre sa réaction, j’ai
une idée sur sa première destination. »

Harold: «  Moi aussi, je crois, mais chut, nous ne savons rien, il
est parti faire sa vie, et c’est tout. »

Quelques mois plus tard, les Autorités américaines
commencèrent à s’intéresser au cas de Peter Nelson, et
cela était dû au simple fait qu’un responsable de la
surveillance des fluctuations de comptes bancaires, par
ailleurs neveu du Juge qui l’avait injustement
condamné, s’était soudainement mis à penser à lui.

Le responsable en question s’était vite aperçu que non
seulement le compte de Peter Nelson était vide, mais
que celui d’un certain William Carter, qu’il avait connu
à plus de 4 millions de Dollars, l’était également, il en
fit part à ses supérieurs qui firent émettre un avis de recherche
sur tout le territoire, dans tous les Etats.

Aucune trace, plusieurs semaines s’écoulèrent, puis le
neveu du Juge, toujours plus ou moins en contact avec
son oncle vieillissant, avait apporté une précision sur
l’origine de la mère de Peter.

Les Autorités se rapprochèrent de leurs homologues
européens, et notamment des allemands, ils avaient pu
retracer le dernier passage des deux hommes à
Paris, puis à Cologne, Hanovre, et Berlin, mais après
plus rien.

Nos deux amis, grâce à de nouvelles relations, avaient
pu gagner Munich , manger et dormir sans avoir besoin
de fournir une pièce d’identité, ils étaient dans le pègre
à des postes administratifs, et venaient d’obtenir leurs
faux-papiers.

Il y a plusieurs semaines de cela, au Ministère de la
police allemande, on avait bien reçu des photos des
deux hommes, en plus d’information diverses, mais
comme on n’avait pas que ça à faire, et puis deux
américains en Allemagne, c’était tellement courant, et
on ne les aimait pas trop, simplement recherchés, on
ne demandait même pas de les arrêter, mais
simplement de les situer, cela ne faisait pas
sérieux, ils n’y accordèrent pas une attention
particulière.

Peter Nelson était devenu Wolfgang Schneider, et
William Carter, Ulrich Rohrig, avec un compte au
Lichtenstein, et un départ de France pour Nuuk, il n’y
avait plus moyen de les retracer.

Un fois sur les lieux, Willy:

« Brrr, il ne fait pas chaud. »

Peter: « On est habillé en conséquence, maintenant que
nous sommes dans la ville, il doit y avoir des agences
immobilières, avec nos nouveaux papiers, pas de
problème, on se pose dans un hôtel, ils parlent anglais
ici, on va rechercher une maison adéquate, de préférence
au-delà des fjords, en un premier temps, on pourra
toujours revenir en ville, elle a 20.000 habitants, c’est
suffisamment important pour passer pratiquement
inaperçus, puis comme indiqué sur nos cartes de
visite, nous sommes des explorateurs, cela n’étonnera
personne. »

« Oui, mais les agences vont nous proposer des
appartements, ce n’est pas ce qui nous intéresse. »

« Exact, mais si quelqu’un des environs plus ou moins
proches veut vendre sa maison, il ne fait pas une pub
avec un fanion au milieu d’un champ de glace, il doit
en parler à une ou plusieurs des agences. »

« Heureusement que nous avons prévus un beau
paquet de couronnes danoises qui vont nous permettre
de tenir un moment, et il n’est pas évident que l’on
puisse trouver de suite. »

Willy ne savait pas à quel point il avait raison, le
Groenland avait acquis une sorte de demie
indépendance avec le Danemark, la faible population
y avait très peu d’avenir, et comme explorateurs, ils
ne devaient pas séjourner à Nuuk en permanence, ils
décidèrent de se rendre assez souvent à
Copenhague, d’abord pour changer de l’argent en
couronnes, puis pour éviter de se faire trop repérer à
 Nuuk, et c’est à Copenhague qu’ils rencontrèrent, dans
un bar, un certain David Skanssen avec qui ils
discutèrent, ce dernier:

« Ah, vous connaissez Nuuk !

J’y ai vécu là bas, mais je préfère rester ici, à
Copenhague, c’est nettement plus sympa, mais si vous
cherchez une maison par là, j’ai mon cousin par
alliance, Saku, qui vend la sienne, il a décidé de vivre à
Nuuk même, car il y a trouvé du boulot, je vous file son
adresse, allez le voir de ma part. »

Peter: « Comment et où est-elle sa maison ? »

Skanssen: « Oh ! Elle est à plus de 300 kilomètres de
Nuuk, derrière les fjords, au milieu d’un tas de
glace, jusqu’à présent, il y était resté pour s’occuper de
ses parents, qui devenaient vieux, mais il a perdu son
père l’année dernière, puis sa mère il y a quelques
semaines, alors rester tout seul là bas, trop peu pour
lui, et je le comprends.

Sa maison ?

Bof !

C’est une immense baraque en bois, pas très
confortable, au milieu d’un champ de glace, je ne
sais même pas si toute la zone lui appartient ni si
ça a été homologué, j’en doute.

Lui, pourra vous en dire plus, mais c’est
curieux, pourquoi voulez-vous une maison
là-bas, alors qu’il n’y a rien ? »

Peter:« Parce que nous sommes des explorateurs, un
peu spécialisés, nous faisons des études sur les
glaciations, et nous souhaitons avoir un endroit
pour pouvoir nous établir quelque part lorsque nous
allons au Groenland. »  

Skannsen: « Ah oui ! Alors là, c’est logique, on s’en
reboit un ? »

Willy. « Très volontiers, Saku, c’est un esquimau ? »

Skanssen: « Oui, un inuit, tout comme ma femme qui
est sa sœur. »

Peter: « Ah ! D’accord, ça aussi, c’est
logique, pouvez-vous le contacter d’ici, je veux dire
de Copenhague, dans ce cas, nous pouvons revenir
demain ? »

Skanssen: « Mieux que ça, je l’appelle maintenant
de mon portable, vous avez des cartes ? »

Willy: « Oui, mais discrétion, bon, c’est sûr que des
gens qui sauraient que des explorateurs ont une
maison au Groenland, ça ne bousculerait pas la
planète, mais le lieu que nous prendrions, serait
pour nous reposer entre deux études qui se font
parfois dans des conditions difficiles, alors nous
n’aimerions pas être dérangés. »

Skanssen: « Très clair, comptez sur ma discrétion, ah !

Vous êtes allemands, des cousins en sorte, presque
tout le monde parle allemand ici autant que
l’anglais, d’ailleurs vous avez un accent plutôt
américain. »

Il continua à converser en allemand, puis appela
Saku de son portable,  là, il se mit à parler en inuit:

« Bon, dis donc, Saku, j’ai deux amis ici, des
explorateurs allemands, qui seraient intéressés
par ta maison, tu veux toujours la vendre ? »

Saku: « Plus que jamais, je viens de louer un appart
à Nuuk, et un peu de fric me ferait du bien, dis leur
que j’en veux 200.000 couronnes, mais bien sûr, ils peuvent
venir la voir. »

Skanssen en allemand:

« Il en veut 200.000 couronnes, mais vous pouvez
aller la voir, je lui répond quoi ? »

Willy: « Que c’est d’accord, qu’il vous file son adresse
il est où ? »

Skanssen: « A Nuuk, il a un appart maintenant, il va
me donner son adresse que je vous retransmettrai. »

Ce qui fut fait, le surlendemain, nos deux explorateurs
repartirent vers le Groenland.

Arrivés à Nuuk:

Peter: « On va attendre pour acheter du matos, voyons
d’abord Saku, et surtout sa baraque. »

Willy: « Tout à fait, voilà une agence de voyage là
bas, notre adresse, ils vont bien nous dire où ça se
trouve, non ? »

Peter: «  Oui, allons y ».

L’appartement de Saku étant deux rues plus loin, il
purent le trouver rapidement, le nom était sur une
étiquette, il appuyèrent sur un bouton.

« Oui, Saku ici, que voulez-vous ? »

Peter: « Nous n’avons pas compris, parlez-vous
anglais ? »

Saku: « Ah ! Oui, je me débrouille, qui êtes-vous. »

Peter: « Nous venons pour votre maison. »

Saku: « Vous êtes les deux explorateurs allemands
dont David m’a parlé, d’accord, je vous ouvre. »

Une fois chez lui:

Saku: « Alors ainsi, vous êtes intéressés par ma
maison, et vous en acceptez le prix ? »

Peter: « Sous réserve d’aller la voir, et si elle nous convient, oui. »

Saku : « Vous avez eu de la chance de me trouver ici
parce que  je dois aller travailler, je suis serveur
dans un bar près d’ici, et je commence dans une
demie heure, nous sommes mercredi, il faudra
attendre samedi pour y aller, car c’est assez loin, mais
j’ai un 4/4 tout terrain, d’ailleurs, si vous revenez en
ville, il vous faudra en louer un, je vous indiquerai
où, revenez donc samedi matin vers 8 heures, je
vous attendrai, trouvez vous un hôtel entretemps et
visitez la ville, vous verrez, il y a des endroits
agréables. »

Peter: « D’accord, mais pouvez-vous nous parler un
peu plus de votre maison, et surtout des surfaces que
vous avez, éventuellement si vous avez un
sous-sol, des choses comme ça. »


Saku: « Ah ! Si j’ai bien compris, vous risquez d’être en
groupe de temps à autre, c’est classique, la maison est
assez grande, peut-être 150 mètres carrés, le terrain ?

Que de la glace, mais je n’en connais pas les limites, des
centaines de mètres, mais personne ne viendra vous
déranger, il n’y a rien autour, oui, il y a un
sous-sol, aussi grand que la maison, qui nous servait à stocker
des aliments, poissons tels que morue
saumon, flétan, puis des rennes, phoques, bœuf
musqué, morceaux de baleine, du temps de mon grand
père, il y avait encore une tribu dont nous faisions partie
dans le secteur, mais avec le modernisme, tout le monde est parti.

La maison, comme le sous-sol, ne sont pas parfaitement
isolés, vous aurez du travail, mais si c’est un simple abri
que vous recherchez, ça irait.

Bon, maintenant, je dois vous laisser, alors Samedi
matin 8 heures, c’est d’accord ? »

Peter: « Tout à fait, nous serons là, bon courage. »

Saku: « Oh ! Rien de pénible, je vais plutôt
m’amuser, et c’est pas mal payé, alors tout va bien, à
Samedi. »

Peter et Willy retournèrent à leur hôtel habituel qui
n’était pas loin, ils firent un premier point.

Peter: « Cela devrait être bon, 150 mètres carrés au
milieu de nulle part, c’est pratiquement l’idéal pour
nous, et un sous-sol égal ?

Intéressant, mais il est sûrement trop près de la
surface, il faudra qu’on creuse, pas bien isolés, ce
n’est pas le plus grave, on se doutait bien qu’il
faudrait retrousser les manches, nous aurons, même
avec du matériel adéquat, plusieurs mois de travail. »

Willy: « Oui, et puis embaucher des gens, cela nuirait
à la discrétion, à Nuuk, pratiquement personne ne
nous connait, on est clients d’un hôtel, de deux
restos, ils savent que nous sommes explorateurs, et
vont vite nous oublier. »

« C’est-ce qu’il faut, mais le problème du matos ne
va pas être facile à résoudre, surtout si les autorités
américaines nous recherchent. »

Justement, quelque part aux USA:

Alors Sheldon, toujours pas de nouvelles de Nelson et
de Carter ? »

« Non, Monsieur le Sénateur, en Allemagne, depuis
Berlin, ils n’ont laissé aucune trace, et chez nous
non plus, nous interrogeons régulièrement tous
les Etats, renvoyons leurs dernières photos de
l’époque, rien de rien. »   

« C’est bien ennuyeux, nous perdons deux bon
chercheurs,  et surtout, notre Président me remonte
les bretelles de temps en temps, et je n’aime
pas trop. »

« A l’impossible, nul n’est tenu, Monsieur le Sénateur. »

« Allez donc lui dire ça, à notre Président. »

« Je pense qu’ils sont quelque part en Europe, avec
une fausse identité. »

« Ou en Amérique du Sud, ou n’importe où, peut-être
même chez les russes, avec des faux papiers, c’est
sûr, ils en avaient largement les moyens, et ces
deux là, je ne les vois pas passer leur temps à se
bronzer sur une plage, entourés de nénettes, et se la
couler douce, des scientifiques de leur gabarit, ça fait
des recherches, mais où ?

Et qu’est-ce qu’ils recherchent ?

Pour le compte de qui ?

Voilà Sheldon, pourquoi on les poursuit, il s’agirait de
péquins banalisés, il y a longtemps qu’on aurait laissé
tomber, mais là, deux petits génies de la N.D.R.A., le
Président veut les retrouver. »

« Je comprends bien, Monsieur le Sénateur, et nous
mettons en œuvre tous les moyens dont nous
disposons, nos photos vont partout, en Amérique du
sud, en Russie, en Australie, dans les pays arabes, en
Chine, vraiment partout, mais ils nous disent toujours
qu’ils n’ont pas de résultat. »

« Je sais tout cela, Sheldon, orientez vos enquêtes sur
les transactions de matériel scientifique, je suis
pratiquement sûr qu’ils ont un problème de ce
côté-là, même avec beaucoup d’argent, ayez bien à
l’esprit que le jour où ils auront ce qu’ils veulent, on
ne les reverra plus. »

« Bien, Monsieur, chez nous, en Europe, et dans
bien d’autres pays, ce sera facile, mais chez les
russes, en Chine ou dans les pays arabes, c’est
une autre paire de manches. »

« J’en suis conscient, faites donc déjà cela, même
pour eux, la Russie, la Chine ou les pays arabes, comme vous
le dites si bien, ce ne sera pas facile, et
peut-être pas possible, mon objectif est de faire
comprendre au Président que nous avons vraiment
fait le maximum, s’il y a impossibilité, c’est une autre
histoire, mais ça sera à lui de le décider. »

Mike Sheldon était le Chef des Renseignements, Conrad
Zwanenburg, un Sénateur.

De leur côté, dans un hôtel de Nuuk:

Peter: « Je suis sûr qu’aux USA, on continue à nous
rechercher, et en réfléchissant bien, le seul moyen
par lequel ils pourraient nous situer serait dans la
recherche du matos, si nous étions en train de nous
bronzer sur une plage, ou si nous ne faisions pas de
recherches, nous serions tranquilles, mais là, ça craint.

Pour des achats d’outils classiques, genre
tournevis, fers à souder, clous, visses, fils divers, et
autres, il n’y aura pas de problème, on peut même
s’offrir deux ou trois bons ordis, je ne pense pas qu’ils
vont s’intéresser à ça, surtout si on les prend à droite
et à gauche, par petites quantités, mais un matériel
plus sophistiqué, ils vont le surveiller de près, alors
je ne vois que deux solutions:

1/ On prend du matériel d’occasion qu’on
répare, là, les risques diminuent fortement, sans
s’annuler totalement.

2/ On fabrique ce dont on a besoin à base d’outils
classiques, là, évidemment, on ne risquera
pratiquement plus rien, mais cela peut prendre pas
mal de temps. »

Willy: « Tu as bien posé le problème, mais il y a
peut-être un moyen de contourner la difficulté, c’est
de faire acheter le matériel sensible par personne interposée, par
exemple Skanssen au Danemark.


Peut-être qu’en France ou ailleurs, on pourra aussi
se faire des relations qui pourraient nous servir encore
mieux. »

Peter: « J’en serai venu à cette idée, mais tu y a pensé
aussi, c’est bien, et à creuser.

Mais tout va dépendre de la maison, on devra lister les
dégâts avant d’entreprendre quoi que ce soit, donc on
va commencer par l’acquisition des outils classiques, à
Nuuk ou éventuellement à Copenhague, où on pourra
les faire acheter par Skanssen. »

Willy: « Oui, ou alors, pour des outils classiques, deux
ou trois grandes surface en Allemagne, ça pourrait
marcher aussi, ils ne nous retraceront pas. »

Avec Saku, ils partirent visiter la maison, puis revinrent
à Nuuk, conclurent la transaction chez lui, avant de
retourner à l’hôtel.

Peter: « Bon, allons dîner quelque part, ça a bien
roulé, je ne pensais pas être revenu ce soir, la maison
est très bien, des rondins solides, pas
d’étages, seulement un rez de chaussée, une bonne
étendue, relativement peu de réparations à faire, par
contre, le sous-sol, ce sera un sacré boulot, il faudra
creuser. »

Willy: « Oui, l’extérieur, finalement, on s’en fout, mais je
repense à une chose, nos recherches sur les androïdes, je
ne crois pas qu’aux USA, ils vont penser à ça, aucun
rapport avec la N.D.R.A., et au Japon, ils en font déjà des
bons, on n’a pas besoin d’en avoir 36, un ou deux
suffiront. »

Peter: « Restons prudents, pour le moment, on n’en est
pas là, après demain, il va falloir louer, ou acheter un 4/4
du genre de celui de Saku, mais plutôt louer, on pourra
transporter pas mal de choses avec, la première phase
sera de réparer la maison et la rendre totalement
isolante, après, en seconde phase, il va falloir y installer
toutes les commodités, l’eau, le chauffage et
l’électricité, puis acheter des congelos en troisième
phase, alors là, attention, ne pas les prendre tous
au même endroit, puis pour l’alimentation, éviter
les trop grandes quantités d’un coup, tout payer
en cash, même une fausse identité peut trahir, ce
qu’il nous faudra surtout, c’est un gros stock de
métal, un peu de bois, faire du ciment, pour le
métal, peut être repérer une décharge publique, ces
phases ne seront pas les plus marrantes. »

Willy: « C’est sûr, mais d’un autre côté, c’est un
avantage, car avec le temps qui passe, Aux USA, ils
vont devenir moins vigilants, dans quelques mois, voire
un an ou deux, au changement de la prochaine élection
présidentielle, ce sera peut-être plus facile, celui-là
est un tenace, mais le suivant… »

Peter: « On ne peut pas miser là-dessus, trop
aléatoire, ils ne doivent jamais pouvoir nous situer, on
y mettra le temps qu’il faudra. »

Ils mirent trois ans à remettre la maison en état, à
creuser un sous-sol à 20 mètres de la surface, le relier
à la maison par un ascenseur, installer toutes les
commodités, aux USA, le Président n’était plus le
même, le nouveau, qui avait d’autres
préoccupations, avait bien entendu parler de Peter et
de Willy, mais c’était le cadet de ses soucis.

Conrad Zwanenburg, le Sénateur, n’étant plus relancé, se
désintéressa de l’affaire, Mike Sheldon estimait
également qu’elle pouvait être classée, qu‘il avait fait
tout ce qu‘il pouvait sans résultat, et pensait surtout
à sa retraite qu’il aurait dans trois mois.

Mais tout cela, Peter et Willy l’ignoraient, et restaient
prudents, ils avaient de tout, dans le nouveau
sous-sol, du métal, du bois, du matériel électrique et
électronique, il était temps de s’occuper du premier
androïde, grâce à leurs ordinateurs, qu’ils avaient
réussis à rendre indétectables, ils suivaient toutes les
actualités dans le monde, les découvertes, les avancées
scientifiques, et surent qu’au Japon, une nouvelle gamme
d’androïdes venait de se créer, ils étaient performants
dans bien des domaines, et ressemblaient beaucoup aux
humains, ils commençaient même à être vendus dans le
monde, et notamment en Europe.

Peter: « C’est là que nous allons devoir retrouver
Skanssen, via Saku, il va en acheter un pour
nous, retourner directement à Copenhague pour le
retrouver dans le bar n’est pas évident, le seul souci
sera de le faire emballer correctement afin qu’il ne
soit pas repérable, un truc d’un mètre quatre vingt, ce
n’est pas rien. »

Willy: « On doit pouvoir y arriver, Saku n’a rien dit de
notre présence ici, Skanssen non plus, maintenant, le
Président US n’est plus le même, si ça se trouve, notre
affaire a été classée sans suite. »

Peter: « C’est possible, mais pas certain, restons
prudents, on va voir Saku et Skanssen, ça d’accord, ils
ne nous ont pas trahis, mais il faut d’abord savoir s’il
y a des exemplaires en Europe, et où, s’assurer qu’il y
en ait au Danemark, mais les ordis doivent pouvoir nous
le dire, recherchons. »

Après une heure de consultation, Peter avait le sourire:

« Oui, on en vend à Copenhague, bonne affaire pour
nous, appelons Saku… »

« Ah, il doit bosser, réessayons plus tard. »

Ils finirent par l’avoir, et récupérèrent l’adresse de David
Skanssen, quelques jours plus tard, ils étaient à
Copenhague, retrouvèrent leur ami de bistrot, et lui
mirent le marché en main, quitte à lui octroyer une
petite récompense.

Peter: « Depuis ces derniers temps, nous avons voyagé
un peu partout, et notamment en Antarctique, le
réchauffement climatique inquiète tout le monde, mais
là, au Groenland, nous y allons pour plusieurs mois, avec
une équipe de scientifiques, notre maison est à peu près
aménagée, mais l’androïde Kazuhiro Tanaka nous serait
bien utile pour s’occuper de tout le monde, en
cuisine, pour le service, le nettoyage aussi, enfin pour
bien des tâches de base qui nous seraient épargnées, il
vaut 200.000 couronnes, mais pour des raisons que nous
ignorons, notre Centre préfère rester discret sur ce type
d’achat, voilà pourquoi nous pensons vous mettre à contribution
afin que nos noms n’apparaissent pas, seriez vous d’accord pour
en acquérir un pour nous, quitte à recevoir une
petite compensation? »

Skanssen: « Vous êtes des amis, pas de problème, pas
de compensation, sinon quelques coups à boire où
vous savez, vous avez fait un heureux avec Saku, il
m’en parle encore de temps à autre, et comme je
l’aime bien, mon cousin, c’est entendu, je vous en
ramène un, à l’avenir, vous pourriez revenir de temps
en temps afin qu’on puisse se marrer, qu’en
pensez-vous ? »

Peter: « Nous aimons beaucoup Copenhague, et ferons
tout notre possible, c’est n’est pas très facile pour
nous, car on nous envoie toujours un peu partout dans
le monde, surtout en ce moment, nous sommes
malheureusement loin de pouvoir faire ce que nous
voulons, mais à la première possibilité, on vous le
promet, nous la saisirons. »

« Très bien, alors je m’en occupe, on se retrouvera ce
soir au bar d’accord ? »

Willy: « Ok, on fait comme ça. »

Deux jours plus tard, ils avaient  le Kazuhiro Tanaka bien emballé, et
repartaient le lendemain pour Nuuk.

Leur 4/4 les attendait, ils purent rentrer rapidement
chez eux, lorsqu’ils déballèrent l’androïde, ils
s’aperçurent que sa ressemblance avec un humain
était parfaite, il parlait anglais, ce qui ne posait pas
de problème, ils l’actionnèrent pour entendre:

« Ici Tanaka 4226 pour vous servir, comment
allez-vous ? »

Peter: «Bien ,merci Tanaka 4226, et toi ? »

« Fort bien, merci, je suis à votre disposition. »

Peter: « Bon, alors marche un peu pour voir. »

L’androïde se déplaça gracieusement, avec une
souplesse certaine.

« Très bien, alors que sais-tu faire ? »

« Un tas de choses, Monsieur, cuisiner, servir, soulever
des charges importantes, réparer des circuits
électriques, adapter des objets en un tout
cohérent, répondre à des questions diverses, la liste est longue. »

« Parfait, alors nous te rappellerons. »

« A votre service, Messieurs. »

Ils l’éteignirent, et commencèrent à l’étudier, pour ce
faire, il fallait le démonter, ils disposaient des outils nécessaires.

Quelques heures plus tard, Peter:

« Bon, on va se prendre un bon whisky, et on va
dîner, à mon avis cela se présente plutôt bien, qu’en
penses-tu ? »

Willy: « Les circuits sont assez complexes et
nombreux, il dispose d’un espace suffisant pour qu’on
le reprogramme et qu’on lui transmette d’autres
connaissances, on doit pouvoir lui adapter des circuits
parallèles à certains endroits, le nom de Tanaka
4226, on va le changer, il doit pouvoir satisfaire à nos
premiers objectifs, à savoir:

- Reproduire d’autres unités.

- Augmenter son intelligence et sa résistance.

- Pour la capacité d’invention, et les reproductions de
matière, c’est plutôt ton domaine.

Oui, je crois qu’on n’a pas perdu notre temps. »

« Et tu as raison, je vois encore bien d’autres
choses, mais commençons par le début, le nom ?

Que pense-tu d’Harold ? »

« Le nom de ton père ?

Pourquoi pas. »

« Après dîner, tu sais ce qu’on va faire ?

On va effectivement lui implanter des circuits
parallèles, je t’indiquerai les endroits, on va faire
quelques dérivations, puis ma petite botte secrète, je
vais faire un petit nœud à deux circuits particuliers
afin qu’ils se touchent, demain, on le remonte, on le
reprogramme, puis on le met à jour en lui laissant
consulter nos ordis, on verra alors ce que ça donne. »

Depuis des années, nos deux génies avaient eu le
temps de préparer des programmes, et de prévoir
tout ce qui pouvait être ajouté ou modifié en un
premier temps, ils se mirent à l’ouvrage, et deux jours
plus tard:

Peter: « Prêt, Willy, on le connecte ? »

« Ah oui, vas-y, je suis curieux de voir ça, tu lui as fait
de sacrées modifs. »

« Tu y as participé, let’s go ! »

Quelques secondes plus tard:

« Bonjours Messieurs, je suis Harold, et suppose que
vous êtes mes créateurs, comment vous appelez-vous ? »

Peter: « Voici Willy, et je suis Peter, c’est exact, nous
sommes tes créateurs, ou plutôt tes recréateurs, car nous
avons amélioré pas mal de choses. »

Willy: « Le patron, c’est Peter, content de te voir dans notre équipe. »

« Tout aussi content d’être à votre disposition, que
puis-je faire pour vous? »

Peter: « Voilà le programme:

- Si tu en es capable, tu procèdes à une sorte de
vérification interne, pour voir si tout va bien.

- Dans l’affirmative, nous te montrerons l’usage des
ordinateurs que tu vois là bas, tu pourras alors faire
une mise à jour de tes connaissances, lorsque tu seras
up to date, nous verrons la suite. »

« Très bien, Peter, je procède à une vérification interne. »

Quelques minutes plus tard:

« A priori, tout va bien, mais peut-être qu’il me faudra
procéder à d’autres tests, voyons comment fonctionne
vos ordinateurs, et à quoi ils servent. »

Plusieurs heures s’écoulèrent, Peter et Willy venaient de terminer
un digestif, quand Harold:

« Bon, je crois que j’ai tout vu, effectivement, vos ordinateurs
sont des transmetteurs d’informations, j’ai tout enregistré, j’ai
étudié votre anatomie et votre biologie, elle sont  différentes de
la mienne, votre psychologie aussi est intéressante, vous vous
appelez des humains, et d’après ce que j’ai pu voir me concernant, il
y a des êtres qui me ressemblent au Japon, que l’on
appelle androïdes, vous vous dites recréateurs, aurais-je été
fabriqué là-bas ? »

Willy: « Chapeau, il est extraordinaire, oui, Harold, tu as bien été
fabriqué au Japon, nous t’avons acheté au Danemark, et Peter t’a
rendu encore plus complexe et intelligent. »

« Chapeau Peter, tu es un génie. »

Peter: « Peut-être, mais même un génie a ses
limites, nous ne sommes que des humains, mais nous
te considérons comme un des nôtres, tu fais partie de
notre équipe. »

« Cela me fait plaisir d’entendre ce que tu viens de
dire, alors si je fais partie de l’équipe, je dois aider, que
voulez-vous que je fasse ? »

Peter: « Rien pour le moment, regarde ce qui se passe
sur les ordis, nous devons réfléchir. »

« Très bien, je procède. »  

Le lendemain:

Peter: « Tu peux procéder à des derniers
tests, Harold, pour voir s’il n’y a pas quelque chose à
améliorer. »

« D’accord, j’y vais. »

Une demie heure plus tard:

« Bon, alors effectivement, il y a quelques petites
améliorations à prévoir, vous pourrez accéder plus
facilement que moi à certains endroits à l’intérieur, mais
il faut vous faire un schéma, et pour cela, je vais utiliser
un ordi et une imprimante. »

Deux heures plus tard, un croquis d’une grande précision
sortait de l’imprimante:  
 
« Voilà la base, j’ai codé différents endroits afin de vous
aider à vous repérer, vous verrez qu’entre le k8b, le l9c et
le k12c, il faut faire une dérivation comme celle que j’ai
indiquée en rouge, entre le n9a, le o9b, et le n10b, même
motif, même punition, le s8f et le t7g sont à relier, comme
deux d’entre eux dans mon cerveau, voir l’indication en
vert, enfin, même cas pour w9j et x10k, cela multipliera
mes possibilités. »

Peter: « En es-tu bien sûr ? »

« Tout à fait, n’hésitez pas. »

Trois heures plus tard, Willy:

« Allez Harold, c’est reparti pour un test. »

Au bout d’un quart d’heure:

« Bon résultats, c’est positif, vous avez bien travaillé. »

Peter: « Ok, Harold, mais qu’est-ce que cela t’apporte ? »

« Plusieurs choses:

- Augmentation de ma force, de ma souplesse, et de ma
vitesse.

- Capacité de reproduction, autrement dit, je peux créer
de nouvelles unités qui me seront identiques.
  
- Capacité de procéder à des modifications comme celles
que vous venez de faire, cette fois-ci, je n’aurai plus
d’obstacle, vous n’aurez plus à intervenir.

Si vous êtes d’accord pour que je reproduise d’autres
unités, par exemple une dizaine, cinq en aspect féminin, et
cinq en aspect masculin, cela devient possible, mais il va
falloir que je travaille le métal, que je pioche dans votre
réserve de câbles électroniques, et autres fils
électriques, que je recopie vos programmes, bref, que
j’utilise pas mal de choses, si j’ai besoin de matériel, c’est
le cas des matières synthétiques des yeux, du visage, et du
corps, ce que vous appelez le derme et l’épiderme, il va
falloir m’en trouver, vous en connaissez la composition
chimique, puisque vous l’avez dans vos ordis, lorsque vous
disposerez d‘une quantité suffisante,  il faudra compter un an. »

Peter: « Pas de problème, quitte à retourner à
Copenhague, si nous n’en trouvons pas à Nuuk, nous t’en
ramènerons, combien en faudra-t-il exactement ? »

« Pour les yeux, un bon kilo, pour le reste, c’est assez
léger, une cinquantaine de kilos fera l’affaire. »

Willy: « Tu ne manques pas d’humour, cinquante
kilos, pour des humains, ce n’est pas léger. »

« Oh ! Vous êtes costauds, à deux, vous y arriverez. »

Les matières recherchées étaient introuvables à Nuuk, les
Tanakas n’existaient pas encore au Groenland, Peter et
Willy furent obligés de retourner à Copenhague, ce qui
n’était pas plus mal, car Skanssen qui avait acheté
l’unité, savait où en trouver, il faudrait le remettre à
contribution moyennant quelques verres, c’était plutôt
sympa.

C’est-ce qu’ils firent, et une semaine plus tard, ils étaient
de nouveau chez eux.

« Ca y est, Harold, voici ce que tu as demandé. »

L’androîde inspecta tout et:

« Parfait, je peux désormais procéder, alors c’est parti
pour un an. »

Durant cette période rien d’extraordinaire ne
survint, Peter et Willy se rendaient toutes les semaines
à Nuuk pour faire des courses, en profitaient pour
boire un verre ou deux dans le bar où Saku
travaillait, puis repartaient tranquillement chez eux.

Peter: « Je crois que tu as raison, Willy, ici, les gens
commencent à nous connaître, certains nous parlent, il
y a encore un an ou deux, cela aurait représenté un gros
risque, heureusement qu’ils ne sont pas curieux, notre
affaire a dû être classée sans suite aux USA. »

« Oui, et puis maintenant, même si on avait des visites
indésirables, notre sous-sol est devenu indiscernable
grâce à Harold, il a même camouflé l’ascenseur d’une
manière géniale. »

Peter: « Oui, mais sans parler de Skanssen, Saku sait
aussi que nous avons un sous-sol, et pour cause, ils ont
su rester discrets, nous avons de la chance. »

« Pour réussir, il en faut, même le génie ne suffit pas. »

Au bout de la période, Harold:

« Voilà, et ils sont à jour, vous connaissez la plus part
d’entre eux, mais merci de m’avoir laissé le soin de leur
trouver un prénom, alors voici:

Burt, Gary, Roger, Sean et Tony pour ces Messieurs.

Anita, Barbara, Liz, Marilyn, Samantha pour ces Dames.

Anita, Barbara, Burt et Gary, sont affectés à la médecine.

Liz, Marilyn, Roger et Sean,  à l’espace.

Samantha et Tony entretiennent les lieux, feront la cuisine
et le service.

Nos deux génies eurent droit à un chaleureux

« Bonjour, Peter et Willy, ravi de vous connaître, nous
sommes à votre service. »

Tous les visages étaient différents, on aurait dit de vrais
humains, mais curieusement, aucun ne paraissait
japonais, toutes et tous, de bon visages d’américains.

Les cheveux aussi, étaient de couleurs différentes, Harold
avait fait des merveilles avec des perruques qu’il avait
transformées en implantations.

A partir de ce moment là, la vie de nos deux chercheurs se
simplifia bien davantage, plus d’entretien des lieux, plus de
cuisine, plus de service, il fallait encore faire les
courses, mais même là, les androïdes ayant fabriqué un
congelo supplémentaire, le déplacement hebdomadaire se
transformait en 3 déplacements par mois.

Tous les espoirs de Peter et de Willy n’étaient pas encore
exaucés, mais c’était en très bonne voie, ils étaient
désormais convaincus que de bonnes nouvelles
arriveraient dans peu de temps.

Et cela se produisit deux ans plus tard, ils avaient alors 45
ans, un jour, Harold:

« Bon, Peter et Willy, vous savez déjà qu’en creusant dans
votre sous-sol que nous avons d’ailleurs étendu, nous
avons trouvé des corps rares, susceptibles de propriétés
particulières, nos médicaux ont fait de sérieux progrès, en
concentrant certaines propriétés dans un liquide que nous
vous proposons de vous injecter, ce traitement prolongera
votre durée de vie de 50 ans au moins, sans aucun effet
secondaire, et vous conserverez vos moyens pratiquement
jusqu’au bout, vous avez 45 ans, je crois, c’est encore un
bel âge.

Nos scientifiques n’ont pas été en reste, ils ont utilisé
d’autres propriétés pour constituer une sorte de métal
pratiquement indestructible, qui servira à fabriquer des
vaisseaux spatiaux, pour le moment, ils n’ont pas encore
travaillé sur l’espace/temps, mais ils vont y
venir, ceci, pour les propulseurs, nous sommes sur le bon
chemin, et nous n’en resterons pas là. »

Le lendemain, Peter et Willy avaient bénéficié du
traitement, après un instant de torpeur, puis un autre de
surprise, ils eurent l’impression d’avoir rajeuni de 20
ans, mais n’était-ce qu’une impression ? 

Deux ans s’écoulèrent encore, les nouvelles de la surface
devenaient de plus en plus alarmantes, réelles ou
exagérées,, difficile à dire, pour les changements
climatiques, cela pouvait être vrai, au Groenland, les
étendues de glace se réduisaient, on parlait aussi de
géocroiseurs, celui de 2029 était passé au large, mais
un autre s’avérait menaçant.

Puis un jour, Harold:

« Comme vous le savez, nous avons récemment trouvé
deux autres composés disposant de caractéristiques très
intéressantes, ce qui a permis à nos scientifiques de
travailler sur la matière, on peut vraiment les féliciter, car
les résultats obtenus sont sans précédent.

Nous pouvons désormais non seulement transférer de la
matière d’un point à un autre, y compris lorsqu’elle est
vivante, ce qui ouvre aux possibilités de
téléportations, mais nous pouvons aussi la reproduire, ce
qui résout une fois pour toutes les problèmes
d’alimentation et de boissons, vous n’aurez plus besoin
de faire des courses à Nuuk.

L’équipe médicale a également avancé, vous allez pouvoir
bénéficier d’un second traitement, tout aussi inoffensif
que le premier, qui allongera votre durée de vie d’un
siècle, ce qui étendra votre espérance à plus de 200
ans, ce n’est encore qu’une étape .

Notre équipe spatiale va s’occuper de l’espace/temps, il
est difficile d’avancer dans toutes les directions à la
fois, mais d’après les résultats que nous obtenons, cela
ne saurait être long, après, il n’y aura plus qu’à fabriquer
le vaisseau spatial.» 

Un an plus tard, la technique visant à plier de l’espace/temps
était découverte par Liz, il ne restait plus qu’à l’intégrer à des
propulseurs qu’ils baptisèrent du même nom.

Ils prirent leur temps pour constituer ce fameux
vaisseau, passèrent des jours et des jours à tout
contrôler et à recontrôler, puis Harold:

« Le vaisseau est terminé, tout est en ordre, où
voulez-vous aller ? »

Peter: « Comme tu le sais, Harold, il y a eu sur le net
des histoires plus ou moins abracadabrantes sur nos
origines, certains allant jusqu’à écrire que nous
viendrions de Sirius, pourquoi ne pas commencer
par là ? »

« Oui, nous avons lu tout ça, pourquoi pas, en effet, nos
médecins n’ont pas pu faire d’autres progrès ces derniers
temps, votre nature d’humains ne vous permet pas de
devenir immortels, mais le transfert de matière serait une
solution, à vous de voir si vous l’accepterez.

Elles consiste à créer deux nouvelles unités qui vous
soient physiquement identiques, on procède au transfert
de toutes les données de votre cerveau à l’unité
idoine, plus d’alimentation, plus de boissons, mais vos facultés
seront conservées, et vous serez, tout comme nous, immortels.

De plus, bien entendu, vous resterez nos chefs d’équipe, là
rien ne changera, nous n’oublions pas que ce que nous sommes
devenus, c’est grâce à votre génie, rien à voir
avec un Tanaka, vous nous avez apporté la conscience. »   


-----***-----

 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 14:45 (2017)    Sujet du message: Publicité

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