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L029

 
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Kr
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MessagePosté le: Dim 17 Sep - 20:35 (2017)    Sujet du message: L029 Répondre en citant

Certains humains, généralement des croyants, disent
que Dieu pardonne toujours, et que l’homme le fait
parfois…

Peut-être, mais la nature, elle, présente sa facture
à la moindre négligence, et elle est toujours salée.

En ce moment même, elle réagit sous la forme d’un
réchauffement climatique, pourquoi ?

Elle créée inlassablement des modifications
progressives afin d‘adapter la planète, et
l’homme, de par ses techniques d’apprenti
sorcier, lui complique singulièrement la
tâche, chose qu’elle n’apprécie pas.

Ce qui fait que depuis quelques décennies, les
cadences d’éruptions des volcans s’accélèrent, les
océans se réchauffent de plusieurs degrés, les
conditions climatiques tournent au désastre.  

Sur les huit milliards d’habitants du début du
siècle, la population globale s’est réduite à deux
milliards, les surfaces des continents ont diminué
de moitié, quant aux îles…

Les cyclones de force 5 sont désormais en force
8, avec des vents à plus de 400 kilomètres/heure, et
ne se bornent plus aux Caraïbes, leur fréquence
augmente constamment.  

En 2062, un certain Gregor LANG a établi une
nouvelle échelle qui complète l’initiale de
SAFFIR-SIMPSON, elle se décompose comme suit:

Catégorie 1              vents 119-153 km/h
Catégorie 2              vents 154-177 km/h
Catégorie 3              vents 178-210 km/h
Catégorie 4              vents 211-251 km/h
Catégorie 5              vents 252-289 km/h
Catégorie 6              vents 290-325 km/h
Catégorie 7              vents 326-364 km/h
Catégorie 8              vents 365-410 km/h

En 2082, dans un vaste lieu bien discret, quelque
part dans les Carpates, deux hommes qui pouvaient
vivre plusieurs siècles étaient en pleine conversation.
 
Il s’agissait de:

Fedor Denikine. Génie de 88 ans et concepteur
du PVAM, un appareil de transfert spatiotemporel
baptisé comme tel en abréviation de:
« Passeport Vers un Autre Monde. »

Car le savant était grand amateur de la langue
française.

Et de :

Kurt Wolffhart. Assistant, 76 ans, disposant d’un
Doctorat de Sciences, sachant tout faire et Maître
dans les arts martiaux, particulièrement calé en
informatique et dans les androïdes.

Si Denikine avait, dans sa jeunesse, été un grand
sportif fortement bâti et mesurait un bon mètre
quatre vingt dix, Wolffhart, véritable masse de
muscles, disposait d’un format supérieur avec ses
deux mètres.

Tous deux suivaient un entraînement quasi quotidien
dans leur confortable salle de sports parfaitement
équipée.

Denikine:« Dans l’état actuel des choses, nous ne
pouvons rien faire pour eux. »

Wolffhart:« Ah! Parce que vous voulez encore faire
quelque chose pour eux après tout ce qu’ils vous
ont fait ? »

Denikine:« Vous devriez comprendre que l’ esprit
de vengeance n’a jamais été constructif, en d’autres
temps, certaines Autorités m’ont peut-être rendues
la vie un peu plus difficile, mais je ne peux que les
en remercier, vous devriez faire de même, car elles
nous permettent de vivre beaucoup plus
longtemps, et confortablement, à l’abri des
catastrophes de la surface, et ce n’est qu’un début.

D’autre part, bien des innocents vont encore
mourir, cela vous paraît-il juste ? »

Wolffhart:« Force m’est de reconnaître que comme
d’habitude, vous avez raison.

Mais êtes-vous sûr que la PVAM va m ’expédier vers
une civilisation plus avancée ? »

Denikine:« Vous savez aussi bien que moi que
non, nous en avons déjà longuement parlé. »

Wolffhart:« Bon d’accord, vous avez également
conçu le TDM, le transformateur de matières qui
nous permet de créer n’importe quel produit, y
compris les boissons et les aliments, sûr que vous
êtes un génie, mais l’histoire de votre point
violet, je reste encore sceptique. »

Denikine:« C’est vous-même qui me donnerez la
réponse, si vous revenez.

Mais cessez de vous sous-estimer, vous avez créé
deux androïdes qui nous sont fort utiles, amélioré
le PVAM, et rendu nos ordinateurs complètement
anonymes, sans parler des TDM, nous formons une
sacrée équipe, l’heure du déjeuner approche, si
nous allions fêter cela ? »

Wolffhart se mit à rire, et:

« Nous le faisons souvent, alors Vodka pour vous et
Whisky pour moi ?

Ok, mais je repense aux androïdes, et suis sûr que
vous pouvez les rendre intelligents. »

Denikine:« Vous aussi, mais si j’ai bien une petite
idée, priorité au PVAM, chaque chose en son
temps, nous devons procéder à d’ultimes vérifications
avant votre départ et enfin est-ce souhaitable ? »

Wolffhart:« A mon tour de vous dire que nous en
avons déjà longuement parlé, rendre des androïdes
intelligents nous permettrait d’allonger encore notre
durée de vie et de faire d’autres découvertes, et puis
nous aurions des amis.

Toujours prévu pour dans 15 jours mon départ ?

Pas de problème pour les dernières vérifications, nous
serons dans les temps. »

Denikine:« Cela ne semble pas beaucoup vous
angoisser, en quoi êtes-vous donc fait ? »

Wolffhart:« Vivre ou mourir ici ou ailleurs, il y a
longtemps que je me suis fait une philosophie sur
cet évènement inévitable, pas vous ?»

Denikine:« Si fait, à moins que nous devenions
immortels, mais en attendant, si nous allions
déjeuner ? »

Arrivés dans un luxueux salon, les deux androïdes
répondant aux prénoms de Klaus et de Sergei les
attendaient, et Wolffhart:

« Bien, Klaus, sers nous, comme d’habitude, un
Whisky on the rocks et une Vodka glacée.

Toi, Sergei, tu nous prépares des œufs à la
russe, un steak saignant avec des frites bien dorées
accompagnés d’un Haut Médoc rouge, pour la
suite, on verra plus tard. »

Et les deux machines répondirent en cœur:

« Nous procédons, Monsieur Kurt. »
 
Denikine: « J’ai idée que cette quinzaine va vite
passer…

Alors indépendamment des derniers contrôles, il
m’apparaît opportun de récapituler les éléments
de votre mission qui, comme vous le
savez, Kurt, durera un an.

- Le PVAM transfère également la matière, ce qui
vous permettra d’emporter votre montre et une
arme.

- La barrière linguistique fait partie des
inconnues, tout comme moi, vous parlez plusieurs
langues, mais…

- Discrétion sur certaines de nos connaissances, mais
cela dépend du type de civilisation que vous
rencontrerez… »

« Oui, Fédor, je vous interromps pour l’arme, car
je ne suis pas convaincu de son utilité, et me fie
plutôt à mes capacités de combattant.

Dans une civilisation plus avancée, mon arme ne
serait d’aucune utilité, dans une autre plus
primitive, avec un stock de munitions limité… 

Je sais que vous cherchez à sauver notre planète
lorsque vous espérez m’envoyer vers des peuples
plus accomplis que nous, et je le comprends, mais
là aussi, cela reste à l’état de théorie, et… »

« Qui ne risque rien n’obtient rien, notre rôle, en
tant qu’humains, et vous le savez aussi bien que
moi, est de faire avancer le schmilblick, regardez
donc votre parcours, loin d’être banal, vous ne
pouvez que me comprendre. »    

« Pas faux, à la vôtre, Fédor ! »

« Santé, Kurt ! »

Les deux semaines passèrent presque à la vitesse
d’un éclair, et le moment du départ approchait.

Denikine: « Prêt, Kurt, vous n’oubliez rien ? »

« Non, Fédor, mais un petit scotch avant de partir… »

« Pourquoi un petit ?

Je vous accompagne avec une bonne Vodka. »

Quelques minutes plus tard, Denikine:

« Nous y sommes, le grand moment est arrivé, prêt ? »

« Prêt, feu ! »

Le savant appuya sur un bouton, et Wolffhart
disparût de la plaque, il pensa:

« Les dés sont jetés, Kurt, maintenant, tout dépend
de vous. »

Ce dernier apparût au milieu d’une vaste
plaine, entourée de chaînes de collines et d’une
bande sombre pouvant représenter une forêt, il s’y
dirigea.

« Les collines me permettraient une meilleure
vue de la zone, mais je dois penser à trouver de l’eau
et à me ravitailler, après tout, une arme aurait pu
m’être utile…

La température est agréable, peut-être 20 degrés, si
c’est une forêt là bas, il doit y avoir de l’eau. »

Il marcha durant plusieurs kilomètres avant de se
voir confirmer qu’il s’agissait bien d’une forêt.

« Prudence, je ne sais pas ce que je vais y
rencontrer. »

Peut-être ne le fût-il pas encore assez, car dès qu’il
traversa la lisière, il se vit entouré par une dizaine
d’autochtones armés d’arc et de flèches, probablement
des chasseurs, assez grands, de l’ordre du mètre
quatre vingt, type indien d’Amérique, ayant pour
tout habit un pagne et des sandalettes, deux d’entre
eux s’approchèrent de lui, et le plus proche:

« Qu’est-tu venu faire ici ? »

Le second:

« Je ne pense pas qu’il comprenne notre
langue, Kawa, essayons de communiquer avec lui
par signes. »

« Tu dois avoir raison, Quani, mais je crois qu’il ne
comprendra pas mieux les signes. »

Kurt était stupéfait, car il la comprenait
parfaitement, leur langue, après quelques secondes
de surprise, il passa au stade des réflexions:

« Bon, s’ils avaient voulu me tuer, ce serait déjà
fait, je n’ai pas été assez prudent, mais d’un autre
côté, même s’il me font prisonnier, j’aurai peut-être
de l’eau et de la nourriture. »

Pendant ce temps, Kawa le regardait de la tête aux
pieds et dit à son adjoint:

« Il est grand, costaud, fortement habillé, clair de
peau, ses yeux bleu-verts, des cheveux marron
clair, nous ne connaissons personne qui lui
ressemble, d’où peut-il bien venir ? » 

Quani: « On ne sait pas, mais c’est vrai qu’il semble
très fort, s’il sait se battre, nous pourrions en faire
un guerrier ? »

Kawa: « Pas bête, ton idée, il est impressionnant et
pourrait faire peur aux Gennaks, pour le
moment, considérons le comme capturé, au village, on
le testera. »

Kurt: « Si je vous ai bien compris, les Gennaks sont
vos ennemis, il est inutile de me considérer comme
capturé, je suis prêt à vous aider, car non seulement
je sais me battre, mais peux aussi faire des stratégies.

Dites m’en plus sur vos tribus, ah !

Si vous voulez que je participe, étant fait comme
vous, je peux avoir faim et soif. »
 
Tous les membres de la tribu demeurèrent sans
réactions durant un moment, on aurait entendu une
mouche voler, puis Quani fût le premier à se
reprendre .

« Extraordinaire, n’est-ce pas, Kawa ?

Il parle notre langue comme s’il était des nôtres, que
penses-tu de ce qu’il vient de dire ? »

« Que ton idée d’en faire un de nos combattants est
de plus en plus intéressante, toi, l’étranger, comment
t’appelles tu et d’où viens-tu ? »

Durant la précédente quinzaine, Fédor et Kurt avaient
procédé à des répétitions sur les meilleurs
comportements à adopter, et sur les réponses les
plus convaincantes à fournir en cas de questions
gênantes, aussi, Kurt:

« Je m’appelle Kurt, et viens d’un autre Continent, ou
d’une autre terre si vous préférez,  analogue à
celle-ci, mais séparée par une large étendue d’eau.

Je suis une sorte d’explorateur qui aime s’aventurer
vers l’inconnu. »

Quani et Kawa s’interrogèrent du regard durant
encore quelques secondes, puis ce dernier:

« Bon, nous ne comprenons rien à tes histoires de
stratégies, d’explorateur, de Continent et d’ étendue
d’eau, tu devras nous expliquer tout cela, mais pour
le moment, tu viens avec nous au village, et là, tu
auras de la nourriture et de l’eau, ce qui est le plus
important pour nous est de savoir ce que tu vaux
dans un combat.

Vous autres, baissez vos arcs ! 

Nous rentrons. »

Kurt: « Je suppose que l’un de vous deux est le Chef
du groupe. »

Kawa: « Oui, c’est moi, je suis même celui de toute
ma tribu et Quani est mon numéro deux qui commande
après moi, une fois à Chewan, notre village, tu en
sauras plus sur les Gennaks et sur nous, les Towaks. »

Ils s’enfoncèrent dans la forêt sur un kilomètre pour
arriver dans une vaste clairière, au milieu de laquelle
coulait une rivière, et l’on pouvait y voir une bonne
centaine de tentes de chaque côté.

L’immense tente bleue du Chef à côté de laquelle se
trouvait une tente un peu plus modeste mais encore
très grande et de couleur verte, celle de Quani, se
situait sur un bord, au centre de toute une
rangée, une troisième de couleur jaune encore assez
vaste et près de la bleue, mais du côté opposé à la
verte, toutes les autres étaient plus petites et d’une
couleur blanche.

Kawa: « On va t’en trouver une provisoire, pas très
loin de la mienne, elle sera entourée par des tentes
de guerriers, nous ne te connaissons pas encore
assez pour pouvoir te faire confiance. »

Kurt: « Tu as raison, mais je saurai gagner ta
confiance. »

Quani: « Nous verrons si tes actes valent tes paroles.

En attendant, tu resteras dans ta tente jusqu’à demain
matin, sans la quitter, on t’apportera du ravitaillement. »     
 
Durant les heures qui suivirent, Kurt, à l’intérieur
d’une petite tente blanche d’une largeur de sept mètres
et d’une hauteur de quatre, réfléchissait:

« Fédor ne m’a toujours pas convaincu avec son point
violet, si je dois rester ici pendant un an…

Par contre, le PVAM a parfaitement fonctionné, je suis
vivant.

Leurs repas sont corrects, gibier plus légumes, puis de
l’eau vraiment naturelle, pas de scotch ni même de
café, mais n’en demandons pas trop.

Je n’en sais pas plus sur leurs tribus, et je pense qu’ils
vont d’abord vouloir me tester au combat, demain ou
après demain, mais à quelle sorte de combat ?

Et contre combien d’adversaires ?

Deux autres choses apparaissent, d’abord la couleur
des tentes, toutes blanches à part celles de Kawa et
de Quani, et la jaune ?

A qui est-elle ?

Ce qui indique une hiérarchie bien déterminée.

Puis leur groupement, toutes les unes près des
autres, les hommes, femmes et enfants allant de
l’une à une autre pour palabrer, signe que ces gens
sont plutôt fusionnels.

Main de fer dans un gant de velours ?

Laisse-t-on une certaine liberté à condition d’appliquer
strictement les règles ?

C’est l’impression qui s’en dégage. »

Il finit par s’endormir, personne ne le dérangea jusqu’à
l’aube du lendemain, puis une vieille femme entra dans
sa tente:

« Réveille-toi étranger, je t’apporte ton repas, qui n’est
pas de trop pour tes combats à venir, dans peu de
temps, Varbi va venir te chercher. »

Kurt: « Et toi, quel est ton nom ? »

« Chez les femmes, le nom a peu d’importance, mais
le mien est Poane. »

« Si je suis blessé, par qui serais-je soigné ? »

« Par Tanki, qui occupe la tente jaune. »

Il ne put en savoir plus car la femme s’en alla, une
demie heure plus tard:

« Je suis Varbi, viens avec moi, tu es convoqué par
Kawa. »

Arrivés devant la grande tente bleue, trois hommes
s’y trouvaient également, Kurt reconnut
immédiatement Kawa et Quani, mais qui était le
troisième, nettement plus âgé ?

Kawa: « Reste ici, Varbi, tu seras le premier adversaire
de Kurt.

Bon, tu vois que Tanki est avec nous, il a la tente jaune
car il est à la fois le savant et le sorcier de la tribu, si
tu es blessé, c’est lui qui te soignera.

Quani va t’expliquer la nature de tes combats et le
nombre d’adversaires que tu devras affronter, peu
importe leur nom, tu les connaîtras plus tard, si tu es
encore vivant.

Il ne s‘agit pas de combats à mort, du moins
normalement, il suffit que le ou les vaincus lève(nt)
la main trois fois, alors si tu es dans ce cas, ne sois
pas entêté. »

Quani: « Oui, alors dans les combats, on peut
utiliser les mains fermées, les pieds et les
coudes, et frapper n’importe quelle partie du corps
sauf le sexe.

Tu vois, les règles sont simples, et lorsque les
douleurs deviennent insupportables, alors on lève
trois fois la main, il n’y a pas de sanction pour les
vaincus, sinon celle d’un classement dans le rang des
combattants.

As-tu tout compris ? »

Kurt: «  je crois que oui, mais puis-je bénéficier d’un
temps de réflexion ? »

Kawa: « Pourquoi faire ? »

« Ce mode de combat m’étant étranger, j’aimerais
pouvoir me concentrer pour voir en images les
explications de Quani. »

Les quatre hommes se regardèrent et ce dernier:

« Si Kawa est d’accord, nous te laissons un temps
dans ta tente, et Varbi reviendra te chercher. »

Kawa fit un signe de tête et Kurt pût regagner sa
tente, une fois à l’intérieur, il faillit éclater de rire:

« Voilà que les indiens se mettent à la boxe
thaïlandaise, mais ne rions pas trop, je pourrais être
surpris, je mise sur ma vitesse et sur le Karaté, ainsi
que sur la boxe puisque j’en ai fait, mais c’était de
l’anglaise, je crois avoir une bonne frappe, mais je
ne connais pas le niveau de mes adversaires, ne les
sous-estimons pas, surtout qu'il y a longtemps que
je n'ai pas combattu.

D’un autre côté, je ne veux pas les démolir ni leur
casser des jambes, mais seulement obtenir qu’ils
lèvent la main, car je pense être mieux considéré
si je ne fais pas trop de dégâts.

Ok, Varbi peut venir. »

Peu après, son premier adversaire entra dans la
tente.

« Le temps qui t’a été accordé par Kawa est
écoulé, nous nous rendons sur la zone de combat
qui est près des trois tentes principales. »

Kurt: « Je te suis. »

Rendus sur les lieux, il pût voir non seulement
Kawa, Quani et Tanki confortablement assis, mais
aussi un grand nombre de femmes et d’hommes
debout, tout autour de l’ère de combat, quelques
adolescents mais pas d’enfants.

Kawa leva la main et:

« Que les combats commencent ! »

Kurt se retrouva face à Varbi qui ne perdit pas de
temps en tentant un direct, un side kick et un
uppercut, mais il était assez lent, on le voyait venir.

Kurt décida de n’utiliser contre lui que la boxe
anglaise, pour deux raisons, la première, celle de
ne pas dévoiler ses batteries, et la seconde, se
contenter d’un Ko ou d’une levée de main.

C’est-ce qu’il obtint facilement après deux crochets
et un direct, Varbi grimaçait et se tenait le visage, il
leva trois fois la main. »

Il se trouva alors en face de deux nouveaux
adversaires, l’un assez râblé et paraissant
nerveux, et l’autre plus fin et flegmatique, prudence
sur celui-là pensa Kurt.

Il eut raison, car le plus massif abandonna après
une bonne droite qui le mit pratiquement Ko, mais
le flegmatique était plus rapide et disposait d’une
meilleure technique, quelques side-kicks furent
nécessaires pour en venir à bout, lorsqu’il éprouva
plus de difficultés à se déplacer.

Contre trois, quatre et cinq adversaires, tout se
passa encore bien pour Kurt qui n’avait pratiquement
pas été touché, plus rapide que ses adversaires et
sachant se placer et donner les bons coups, il obtint
une série d’abandons.

Kawa leva encore la main et dit:

« Dernier combat contre six adversaires, dont
Tawin, notre meilleur. »

Kurt les regarda tous, il ne savait pas lequel était
Tawin, il essaya de sonder les regards, mais tous
avaient à peu près le même, un mélange de hargne
et de colère.

En défaisant deux des adversaires, il remarqua vite
que l’un des restants se maintenait éloigné, et son
regard était différent, plus mince que les autres, il ne
bougeait pas.

« Serait-ce lui ? » pensa Kurt avant de parer de
justesse un mauvais side kick, ces derniers
adversaires étant plus coriaces, il prit quand même
quelques mauvais coups, mais il était solide, et finit
par en venir à bout.

Jusque là, il n’avait pas encore utilisé le Karaté qui
pouvait causer de sérieux dommages, mais il avait
devant lui ce fameux Tawin qui le regardait d’un air
goguenard avec un sourire qui se voulait moqueur, s’il
avait décidé de le combattre seul à seul, il devait y
avoir au moins une bonne raison, plus petit et plus fin
que les autres, il ne payait pas de mine, mais Kurt
comprit qu’il pouvait être dangereux lorsqu’il prit sans
les voir venir deux side kicks et un direct, ils étaient
puissants, et pouvaient faire très mal.

Maintenant, Tawin ne restait plus en place, d’une
rapidité déconcertante, il sautillait de droite et de
gauche, d’avant en arrière, sans une seconde
d’arrêt, devenant ainsi très difficile à atteindre, Kurt
prenait des coups sans pouvoir donner le change, et se
demandait d’où lui venait une telle énergie, son
adversaire semblait ne jamais fatiguer.

Kurt eut juste le temps de penser rapidement en se
déplaçant:

« J’ai une tête de plus que lui et une allonge
supérieure, mais il est trop rapide, la boxe et le Karaté
ne peuvent rien pour moi, il faut lui paralyser les
jambes, et pour cela, lui en saisir une. »

Avant de prendre à l’enfilade un crochet, et deux side
kicks qu’il sentit passer, mais il réussit un fauchage à
une tentative d’un troisième, Kurt eut le temps de voir
la surprise dans le regard de Tawin qui était à
terre, tant pis pour les règles, seul le résultat
compte, il ne perdit pas de temps, se saisit d’un des
pieds de son adversaire et commença à le tordre tout
en maintenant Tawin au sol, il augmenta
progressivement la pression, Tawin grimaçait de plus
en plus, et Kurt de lui dire:

« Tu as le choix, soit tu abandonnes, soit je te casse la
jambe, au sol tu n’as plus aucune chance. »

Tawin comprit qu’il était en mauvaise position et leva
trois fois la main, Kurt avait encore gagné, mais Kawa:

« D’accord, tu as gagné tous tes combats, mais contre
Tawin, tu ne t’es pas battu selon les règles, que réponds
tu à cela ? »

Kurt: « Quelles règles ?

Lorsque tu prends une flèche d’un ennemi, surtout dans
le dos, alors que tu ne la vois pas venir, as-tu encore
des règles là-dessus ?

Dans un combat, seul le résultat compte, en règle
générale si tu es vainqueur tu vis, dans le cas
contraire, tu meurs, où sont les règles là-dedans ? »   
    
Quani : « Kurt n’a pas tort, contre nos ennemis, ceux qui
perdent meurent inévitablement, il n’y a pas de combat
loyal, ce sont les plus malins qui s’en sortent. »

Kawa se mit à réfléchir, et:

« Bon admettons que Kurt soit notre meilleur
guerrier, encore supérieur à Tawin, mais je ne vois
toujours pas comment on peut vaincre nos ennemis, les
Gennaks, en leur tordant les pieds, surtout qu’ils sont
au moins aussi forts que nous. »

Kurt: « Il y a différentes façons de vaincre des
ennemis, mais il existe aussi des manières de faire en
sorte qu’ils deviennent des amis, y as-tu pensé ? »

Kawa: « Faire en sorte que les Gennaks deviennent
nos amis?

Tu es fou Kurt, c’est impossible. »

Quani: « Peut-être pas, cela nous faciliterait bien des
choses, Kurt nous a démontré qu’il est intelligent, s’il
a une solution à nous proposer, écoutons le. »

Kurt: « Je vous expliquerai ce qu’est une stratégie, mais
avant, je dois en savoir plus sur vos deux peuples, c’est
important, vous comprendrez après pourquoi. »
 
Kawa: « Bon, alors retire toi dans ta tente Kurt, Quani
et moi allons réfléchir sur cette nouvelle situation. »

Tanki: « Puis-je me joindre à vous ? »

Kawa: « Bien sûr, tes conseils seront précieux, allons
dans ma tente. »

A l’intérieur de la tente de Kawa, Tanki:

« Si je t’ai demandé de participer à votre
discussion, c’est que j’ai de bonnes raisons, ce
Kurt vient d’un autre monde, j’ai bien observé ses
combats, et j’ai vu qu’il s’est efforcé de causer le moins
de dommages possibles à nos hommes, ce qui veut dire
que ce n’est pas quelqu’un de mauvais, il a compris que
Tawin était plus rapide que lui, que son seul moyen de
s’en sortir était d’attraper ses jambes, cela prouve que
non seulement il est fort, mais tout aussi intelligent, ses
vêtements, et ses chaussures, sont très étranges, je me
demande en quelle matière ils sont faits, je souhaiterais
avoir un entretien avec lui, il se peut qu’il dispose de
connaissances susceptibles de nous intéresser, quant à
son histoire de transformer nos ennemis en amis, je sais
ce qu’est une stratégie, car j’en ai vu la définition sur
nos anciens documents, tout comme Quani, je le crois
capable de nous apporter une solution. »

Kawa: « Ah ! Alors si tu penses comme Quani, et que ce
Kurt est aussi extraordinaire que vous le dites, alors
d’accord, tu peux le recevoir, après tout, si cela apporte
quelque chose de plus à la tribu, je suis pour, mais une
chose qui m’inquiète, je ne voudrais pas qu’il prenne
ma place. »

Quani: « A mon avis, Kawa, ce n’est pas son genre, il te
l’a dit, il est attiré par l’inconnu, il veut découvrir des
choses, bien sûr, il faudra qu’il nous explique ses
histoires d’explorateur et de Continent, mais je pense
qu’il ne restera pas ici. »    

Tanki: «Continent ? J’ai vu ça dans mes archives, c’est
une immense terre entourée par de l’eau, que l’on
appelle des mers, cela confirme que ce Kurt sait
beaucoup de choses, très intéressant.

Je pense comme Quani, s’il sait beaucoup, c’est qu’il
se déplace dans différents lieux et qu’il apprend, mes
vieux documents attestent que des hommes qui
voyageaient sans cesse disposaient d’un savoir
étendu, et ce sont des gens hors normes, je veux
parler à ce Kurt, cela peut être bénéfique pour notre
tribu. »

Kawa: « Bon alors qu’il en soit ainsi, je suppose que le
laisser consigné dans sa tente ne serait pas une bonne
idée ? »

Quani: « Non Chef, moi, je lui fait confiance. »

Kawa: « Dans ce cas, tu peux lui dire qu’il est libre
dans le village, mais qu’il n’en sorte pas. »

Tanki: « Je vais avec toi, Quani, car je le recevrai dans
ma tente après le second repas. »

Un peu plus tard, dans la tente jaune, Tanki:

« Bon, avant de discuter, je vais te présenter deux ou
trois vieux documents afin de savoir ce que tu en
penses, j’ai fait une croix sur celui-ci, qui ne représente
peut-être pas l’emplacement exact de notre
village, mais je crois que nous sommes loin d’une mer
si l’échelle de notre forêt est exacte »

Après les avoir regardés avec attention, Kurt lui dit:

« Intéressant, pourrais-tu m’en montrer deux ou trois
autres ? »

« Tu dois avoir une bonne raison pour me demander
cela, saches que même pour les membres de notre
tribu, Kawa et Quani mis à part, ils restent secrets, je
te demanderais donc de ne pas en parler ailleurs. »

« Compte sur moi, oui, j’ai une bonne raison, d’après
ce que je viens de lire, mais c’est autre chose que je
voudrais vérifier. »

« Que veux-tu voir d’autre ? »

« Je te l’expliquerai plus tard, autre question, quelles
sont vos mesures ? »

Tanki: « Elles partent de la largeur d’une main au
Maknan qui correspond à mille pas, par exemple, d’après
cette carte et la partie de forêt que nous connaissons, la
totalité de cette forêt aurait soixante Maknans de hauteur
pour quarante cinq de largeur. »

« Bon exemple, alors laisse moi réfléchir. »

Kurt en lui-même:

« Leurs pas font environ 70 centimètres, une largeur de
main, disons dix centimètres, soixante Maknans font
environ quarante deux kilomètres, l’océan le plus proche
est à plus de 200 kilomètres de la forêt, mais, ce vieux
cercle m’intrigue, posons lui la question. »

Tanki: « Ce petit cercle, oui, je vais te montrer le papier
qui en parle, c’est le lieu où l’un de mes ancêtres a trouvé
les documents que je détiens, mais comme tu peux le
voir, il est à cinquante Maknans d’ici, dans un groupe de
rochers en bordure de plaine, pourquoi t’intéresse-t-il ? »

« Parce que on pourrait peut-être retrouver d’autres
documents. »

« !!! Je n’avais pas pensé à cela, je vais en parler à Quani
pour prévoir une expédition. »

Kurt: « Pas encore, laisse moi les lire tous, je crois que
je vais faire de sacrées découvertes, on parlera plus tard
d’une éventuelle expédition. »

Kurt put lire tous les documents et posa d’autres
questions, ce qui lui permit de savoir à peu près tout sur
les deux tribus, et notamment que les Gennaks vivaient
dans une autre clairière à quelques kilomètres de la leur.

La discussion dura toute l’après-midi, et Kurt termina
par:

« Je ne peux que te féliciter, Tanki, car tu sais déjà pas
mal de choses, tu as sans doute compris que tu te
trouves sur une planète nommée  Karzan, qui a à peu
près 60.000 Maknans de tour, à sa surface, il y a trois
Continents bordés de mers, sous réserve que les cartes
soient à l’échelle, et que ces documents ont été produits
par une civilisation plus avancée que la vôtre, pour
l’expédition dont nous avons parlé, je te conseille
d’attendre un peu avant d’en parler à Kawa ou à
Quani, j’aurai encore beaucoup de choses à te raconter
sur ce que je viens de lire, mais les combats
d’aujourd’hui m’ont quelque peu fatigués, je
souhaiterais maintenant me reposer. »

« Tu as raison, on peut être fatigué à moins, j’ai assisté à
tes prouesses, non seulement tu es très intelligent, mais
aussi un sacré guerrier, battre Tawin, ce n’est pas rien.

Je vais te faire raccompagner à ta tente, à moins que tu
veuilles dîner avec moi, j’en profiterai pour regarder de
plus près certaines écorchures sur ton visage et
probablement sur tes jambes, car j’ai d’excellentes
pommades. »

« Une autre fois, mes écorchures disparaîtront dans
peu, cela ne m’inquiète pas, je ne pense qu’à dormir et
ne sais même pas si je vais dîner. »

« Dommage, mais j’attends notre prochaine entrevue
avec impatience, c’est trop intéressant. »

Ayant pratiqué un entraînement soutenu durant des
dizaines d’années et ne paraissant pas même la moitié
de son âge, Kurt n’était pas vraiment fatigué, il avait
bien pris quelques mauvais coups, mais il en avait vu
d’autres.

Une fois dans sa tente, on se dépêcha de lui apporter
à dîner, encore Poane qui lui dit:

« Bravo pour tes combats, surtout contre Tawin que
je n’aime pas, c’est un prétentieux. »

Lorsqu’elle sortit de la tente:

« Oui, un prétentieux dont la rapidité est
redoutable, je dois m’en méfier car à l’un de ses
regards, j’ai vite compris que je m’étais fait un ennemi.

En plus, si je prends sa place comme premier guerrier…

Mais pensons à autre chose, les documents de Tanki
sont particulièrement intéressants, ils doivent dater de
plusieurs siècles ou peut-être même davantage, je n’ai
pas compris tous les caractères et symboles, mais les
croquis étaient clairs, les deux autres continents
sont-ils habités ?

Certains symboles s’y trouvent, mais quelle est leur
signification ?

Et ce petit cercle ?

Une expédition avec Kawa, Quani et d’autres hommes ?

Que nenni, c’est à moi d’y aller tout seul, mais pas
maintenant, je dois récupérer, ayant appris que
certains gardes bien placés surveillent les
environs, probablement à cause des Gennaks, il me
faudra connaître l’emplacement exact de chacun, et
puis cent Maknans dans une nuit, en plus des
recherches, j’ai intérêt à péter la forme.

D’un autre côté, si je reste ici durant un an, quel peut en
être l’intérêt ?

Je n’apprendrai rien, d‘accord, Quani et Tanki me voient
plutôt d‘un bon œil, Kawa ?

C‘est plutôt moyen, même si j‘ai du galon comme
premier guerrier dans une tribu de primitifs, cela ne
m'emmènera pas loin, et je ne rapporterai rien à
Fédor, j‘avais raison, pour une fois, d‘être sceptique sur
son point violet, et pourtant, il ne se trompe pratiquement
jamais, aurais-je loupé un épisode ?

Laissons passer quelques jours avant de
décider,  soixante dix kilomètres en une nuit ?

Je ne suis pas champion de marathon, mon expédition
vers le petit cercle risque fort d’être un aller simple, s‘il
reste quelque chose à trouver…

Peut-être qu’une autre entrevue avec Tanki me sera
utile ? »

Le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner, il
quitta sa tente pour se retrouver face à face avec Varbi.

« Tiens! Une connaissance, ca va ? »

« Tu n’étais pas obligé de frapper aussi fort, surtout que
je ne suis pas un bon combattant, mais ça va mieux.

Je t’accompagne car Kawa veut te voir. »
   
Dans la grande tente bleue:

« Ah ! Kurt, j’ai longuement discuté avec Quani, il m’a
suggéré de te passer au rang de premier guerrier, tu es
donc devenu le numéro quatre de la tribu, après
moi, Quani et Tanki.

Tu auras désormais le plaisir de commander directement
ton ami Tawin et tous ses hommes, au nombre de
200, comprenant les gardes de nuit qui sont cinquante.

Les premiers temps, afin de t’habituer, tu feras part, à
Quani, des ordres que tu entends donner, pour
acceptation avant exécution.

Je pars en expédition pour un certain temps, mais dès
mon retour, c’est à moi que tu t’adresseras directement.

Est-ce clair ? »

« Tout à fait, mais je ne connais pas encore
l’emplacement exact de tous tes hommes. »

« Hm, oui, c’est vrai, et il te faudra connaître aussi leur
nom, à chacun, un bon chef doit tout savoir sur tous ses
hommes, je te laisse deux passages d’étoile pour ce
faire, maintenant, c’est Quani qui va t’aider, mais au
deuxième passage, ce sera Tawin.

Tu peux disposer, Quani t’attend devant sa tente. »

Devant la tente verte:

« Kawa t’a tout expliqué, je suppose. »

« Oui, il ne m’a pas fait de cadeau. »

Quani éclata de rire:

« Ca, c’est sûr, mais ne le prends pas mal, c’est son
style, en fait, il n’a rien contre toi, mais je suis bien
placé pour savoir qu’il n’est pas commode. »

« D’accord, mais s’il avait une dent contre moi, qu’est-ce
que ce serait ? »

Nouvel éclat de rire de Quani:

« Tu dois bien t’en douter, je préfère ne pas te
répondre, mais avec ton intelligence, tu maîtriseras
vite la situation.

Si ça peut te consoler, on te prépare ta nouvelle tente
pour demain, la grande blanche juste à côté de la
mienne, celle  de Tawin, qui sera alors obligé de prendre
la suivante, je ne sais pas s’il aimera.

Mais tu auras un avantage, c’est Lenanda qui t’apportera
tes repas, une jeune et très jolie femme. »

Kurt lui aurait bien répondu quelque chose de cru, mais
il préféra s’abstenir et réfléchir:

« Un passage d’étoile, c’est un jour, donc aujourd’hui
avec Quani, et demain avec Tawin, cela risque de
devenir épique. » 

La journée fût assez rude, entre les kilomètres pour
voir les uns et les autres, retenir le nom des
hommes, connaître leur famille, un bord aujourd’hui et
l’autre demain, avec quelqu’un qui serait fort peu
coopératif, cela promettait. 
 
Le soir même, lorsque Poane lui apporta son dîner:

« Ah, Poane, content de te voir. »

« Oui, pour la dernière fois hélas, j’avais plaisir à te
servir, comment s’est passée la journée ? »

« Harassante, et ce sera pire demain, ici, il est préférable
d’être capturé que Chef. »

« Hm, oui, même moi, j’ai entendu pas mal de
choses, heureusement que tu es très fort, mais je ne
peux t’en dire plus, profites de ton dîner. »

Et Poane sortit de la tente, elle devait être surveillée.

« Je me doute de ce que tu pourrais me dire, Poane, je
n’ai pas que Tawin comme ennemi, les changements de
situation ne plaisent pas à tout le monde, les nouveaux
venus non plus, bien que je sois lessivé, je sortirai
quand même après dîner, les gens parlent dans les
tentes, écouter discrètement des bribes de conversation
peut servir. »

Un peu plus tard, Kurt mit son projet à exécution:

« Il fait nuit, je ne vois personne, toutes le sorties des
tentes sont du côté opposé à celui de la rivière, il fait
bon, attention aux surveillances, le mieux est de sortir
discrètement et de longer ma tente pour m’asseoir un
peu au bord, cela devrait me détendre et personne ne
pourra me reprocher cela. »     

Peu après:

« Curieux, je suis fatigué et pourtant, je n’ai pas envie
de dormir, ma situation n’est pas brillante, en fait, Quani
n’est pas plus de mon côté que Kawa ou que Tawin, j’ai
l’impression qu’ils me craignent et me voient comme un
indésirable, je dirais même un danger.

L’histoire de m’utiliser contre les Gennaks n’est qu’un
faux prétexte, ils savent très bien que si fort que je
paraisse, je ne suis pas plus à l’abri des flèches que
n’importe lequel de leurs hommes, alors où veulent-ils
en venir ?

Surtout que Kawa ne m’a pas reparlé de stratégies
alors qu’il voulait soi-disant comprendre, non, là, il
y a un bémol, quelque chose m’échappe. 

Il est parti en expédition, cela voudrait-il dire que
Tanki, malgré mon conseil, lui a retransmis la teneur
de notre conversation ? »

Il resta un moment assis, perdu dans ses pensées, et
le regard vague vers la rivière, puis:

« Bon, le mieux est de rentrer, écouter les
conversations ?

Je n’entends rien, tout le monde doit dormir, levons
nous et essayons d’en faire autant… »

Il allait le faire lorsqu’il vit devant lui, à un mètre
environ, un point lumineux bleu qui venait d’apparaître.

« Tiens ! Curieux… »

Le point resta fixe un moment, puis se dirigea vers sa
main droite, puis il reprit sa position de départ, cela à
plusieurs reprises, Kurt:

« Vraiment curieux, ce n’est pas naturel…

Il n’est pas gros, peut-être un millimètre, mais il est
vivace, qu’est-ce que c’est ? »

Kurt continua à observer le manège, le point allait
sans cesse de sa main à sa position d’apparition, vers
la rivière.

« Serait-il en train de m’observer ?

Ou encore de me faire comprendre quelque chose ? »

Le point se dirigea plus loin au-dessus de la rivière avant
de revenir sur la main de Kurt, sur laquelle il évolua en
cercles, puis repartit de nouveau vers la rivière, encore
plusieurs fois avant de rester un moment sur sa position
initiale.

« Voyons, il fait des cercles sur ma main, puis se dirige
vers la rivière, puis recommence, comment dois-je
traduire cela ?

C’est stupéfiant, un point lumineux qui tenterait de
communiquer avec moi, de me transmettre un
message !

Que dois-je faire ? » 

Le point revenait inlassablement vers sa main, puis allait
de plus en plus loin sur la rivière, suivait le courant
durant quelques secondes, avant de revenir à nouveau
vers la main droite de Kurt, ce dernier:

« Ce n’est pas naturel du tout, là, je suis dépassé…

Revenir sans cesse sur ma main, comme s’il voulait la
tenir, puis se diriger vers la rivière !!

Ces manœuvres ne sont pas dues au hasard, voudrait-il
que j’aille dans la rivière ?

Essayons pour voir… »

Peu après:

« Brrr, l’eau n’est pas chaude, je risque d’attraper
la crève.

Il se dirige vers le centre de la rivière, puis revient vers
moi, et recommence, comme s’il voulait que je le
suive, hallucinant, allons y, tant pis pour la suite. »

Kurt se retrouva dans une zone dans laquelle, malgré ses
deux mètres, il n’avait plus pied, le point revenait sans
cesse vers lui, puis suivait le sens du courant qui n’était
pas trop fort, il se laissa porter entre quelques brasses
silencieuses, avant de se retrouver devant le pont
flottant qu’il connaissait et qui permettait d’accéder aux
deux rives.

« Attention, deux gardes de chaque côté du pont, j’espère
pouvoir passer en dessous… »

L’essai fut concluant, il refit doucement surface 20 mètres
plus loin, le point se trouvait encore devant lui et
poursuivait sa trajectoire.

En se retournant:

« Ils ne m’ont pas vu ni entendu, maintenant, je quitte le
village, mais pour aller où ?

L’eau me paraît moins froide. »

Un peu plus tard, Kurt suivait toujours le point bleu, à un
moment:

« !! On dirait que la rivière continue au-delà de la
forêt, je me retrouve dans une plaine, je n’y vois pas
grand-chose, mais il n’y a plus d’arbres. »
 
Puis le point quitta le centre de la rivière pour se diriger
vers une berge, là, il marqua un temps d’arrêt, attendant
que Kurt sorte.

« Hm, là, je crois que je vais devoir marcher, ma montre
étanche fonctionne, il est une heure et demie du matin. »

Il sera obligé de marcher toute la nuit pour suivre le
point, puis, au lever du jour:

« Six heures du matin, comme sur Terre dans une zone
tropicale, il est vrai que si cette planète a 60.000
Maknans de tour, autant dire qu’elle est de la même
taille que la nôtre, l’étoile semble avoir le même aspect
que le soleil, et la même grandeur apparente, il fait
plus chaud, peut-être 20 degrés, serais-je dans un
système analogue au système solaire ?

Dans une zone tropicale ?    

Je commence à avoir un creux, tiens ! Le point semble
accélérer, je vois des collines là bas… »

Deux heures plus tard, il était au pied d’une chaîne de
collines, le point lumineux venait d’adopter une
position de surplace, ce qui voulait peut-être dire:

« On reste ici, tu attends. »

Kurt s’assit sur un rocher, il n’eut pas longtemps à
patienter, quelques minutes plus tard, un véhicule
volant semblant venir de nulle part, apparût d’un seul
coup, une sphère d’environ 20 mètres de diamètre
de laquelle un homme en tenue de spationaute sortit:
 
« Venez Kurt ! Vos ennuis sont terminés. »

Le temps de se remettre de sa surprise et de ses
émotions, Kurt se leva et se dirigea vers la sphère.

« Vous me connaissez ? »

« Moi ? Non, mais mon Autorité oui, vous devez vous
poser un certain nombre de questions mais les
réponses vous seront données à destination. »

« Alors comment pouvez-vous savoir que mes ennuis
sont terminés ? »

« C’est-ce que j’ai ordre de vous dire, ne me posez
plus de questions, ma seule mission est de vous mener
à Varokna, le voyage sera court. »

« Je commence à avoir faim et soif. »

« Je le sais, suivez moi, nous avons un bar dans
l’astronef, café, lait, croissants, beurre confiture, ça
vous ira ? »

« Vous avez vécu sur Terre ou quoi ?

Un jus d’orange m’irait aussi. »

« Pour le jus d’orange, nous avons, vécu sur Terre ?

J’ignore ce dont vous parlez. »

Après avoir copieusement déjeuné, Kurt s’assit sur
un siège confortable, et:

« Finalement, Fédor avait raison, une fois de plus, un
astronef dont l’intérieur est digne d’un palace, le lieu
où la dite Autorité réside, qu’est-ce que ça doit être…

Rien à voir avec les sauvages que je viens de
quitter, me voilà dans un monde bien plus avancé que
le mien, et je vole vers un autre Continent, ou peut-être
une autre planète ? »

« Varokna dans 5 minutes. »

« Tiens ! Ils connaissent aussi les minutes, auraient-ils
les mêmes échelles de temps ? »

La sphère se posa dans un lieu qui n’avait rien à voir
avec un aéro ou un astroport.

« Vous êtes arrivé, prenez cette grande entrée là
bas, c’est la résidence de l’Autorité. »

Il se trouvait au milieu d’une superbe esplanade, bordée
de magnifiques jardins, et la fameuse porte d’entrée
était tout de même à environ 200 mètres, au bout d’une
grande allée.

« Je n’ai jamais rien vu de semblable, c’est à couper le
souffle, la sphère repart, personne pour me réceptionner ?

Il est vrai que devant une telle résidence, et un tel
environnement, on peut se sentir de peu d’importance. »

Il se dirigea vers la porte du Palais qui avait des
dimensions impressionnantes, une ouverture automatique
lui permit d’accéder à un vaste hall, sur un des côtés, à
une bonne vingtaine de mètres, se trouvait une sorte de
bureau de réception derrière lequel une splendide
créature lui fit signe de s’approcher.

« Bonjour Kurt, asseyez-vous un instant, quelqu’un va
venir vous chercher pour vous conduire à votre nouveau
lieu de séjour. »

« Merci, où suis-je ? »

« Pour le moment, vous ne devriez penser qu’à dormir
car vous êtes fatigué, vous disposerez d’une positronique
qui vous transmettra toutes les informations de base. »

« Une positronique ? »

« Oui, dans votre monde vous disposez de machines que
vous appelez ordinateurs, c’est-ce qui s’en rapproche
le plus. » 

Peu après, un homme élégant de la taille de Kurt et d’un
âge indistinct entra dans le bureau, et:

« Suivez moi, je vous conduis à vos dépendances. »

Kurt en lui-même:

« Mes dépendances !! Ffff !

Une positronique ! Dans quel monde suis-je tombé… »

Il lui fallut marcher plusieurs centaines de mètres avant
d’entendre le fameux: « Vous êtes arrivé. »

Une grande porte s’ouvrit automatiquement et ce qu’il y
trouva derrière était époustouflant, voire indescriptible.

Un immense espace que Kurt évalua à plus de 5000
mètres carrés dans lequel il put reconnaître une zone qui
pouvait lui servir de salon, une autre de salle de
sport, une autre encore de bureau sur lequel il put
supposer qu’il s’agissait de la positronique, puis une
immense chambre, une salle de bains, une petite
piscine, un espace cuisine dans lequel d’étranges
appareils, un autre espace dans lequel d’autres
appareils, aucune séparation d’aucune sorte entre les
espaces, il décida de parcourir toutes les zones avant
de s’asseoir devant le bureau, et c’est là que la positronique
s’activa:

« Bonjour Kurt, vous voici dans un lieu qui va vous
devenir familier, l’élément 136 du Palais de l’Autorité que
vous appelez appartement.

Vous pourrez me consulter pour diverses informations
en vous asseyant devant ce bureau, mais pour le
moment, vous avez besoin de dormir, prenez donc un bain
et couchez vous, vos vêtements seront nettoyés et vous
disposez d’un choix d’autres, si vous le décidez, il me
reste à vous souhaiter une bonne nuit, ou plutôt un bon
sommeil. »

Et la positronique devint silencieuse, Kurt:

« Ne cherchons pas à comprendre, je vais faire ce
qu’elle dit. »

Lorsqu’il se réveilla son premier réflexe fût de consulter
sa montre qui indiquait dix heures du soir.

« J’ai dormi un quadrant, là, je me sens nettement mieux. »

Il s’habilla avant de se rapprocher de son bureau:

« J’ai faim, consultons le mode d’emploi. »

La positronique:

« Bien dormi Kurt ?

Vous avez faim?

Aucun souci, que désirez-vous ? »

« Un jus d’orange, un grand café, trois croissants, beurre
et confiture de fraise par exemple. »

« Vous aurez tout cela dans deux minutes sur votre
table de cuisine. »

« Merci, très aimable. »

« Mais de rien Kurt, je suis à votre service.

Pour les autres repas, ou les apéritifs, c’est également
moi qui m’en occupe, il vous suffira de demander. »

L’appareil devint à nouveau silencieux.
 
Après son déjeuner, Kurt:

« Je suis dans l’élément 136, qu’est-ce que doit être
le 1, ou celui de l’Autorité…

Bon, inspectons tout cela de plus près, je n’ai rien
d’autre à faire pour le moment.

Le salon ne pose pas de problème particulier, l’éclairage
en jette, source électrique ou bien ?

Même cas pour le bar, la chambre, la salle de bains, la
piscine, la cuisine, et le bureau, mais pour la salle de
sports qui comporte deux appareils, ainsi que pour
l’autre espace doté d’une demi douzaine d’autres
machines, serait-ce une salle de jeux ?

Pour le nettoyage périodique de cet immense
ensemble, qu’est-ce qui est prévu ?

Je dois interroger la Positronique.»

Au cours de la semaine suivante, il n’eut aucun contact
extérieur, ce qui lui permit de recueillir auprès de son
super ordinateur toutes les informations relatives à
l’usage et à l’utilité des différentes machines, et
notamment celles de l’espace qui était bien une salle
de jeux.

Le nettoyage périodique de l’élément 136 était assuré
par un système automatique incorporé dans le sol, les
aliments et boissons pouvaient lui être servis à l’endroit
désiré, table du salon, celle de la cuisine ou ailleurs par
un autre système qui nettoyait également son linge et
d’autres déchets, toujours en coordination avec la
Positronique de laquelle il obtint bien d’autres
informations sur le système dans lequel il se trouvait, la
planète, les Continents, la société sur Varok et Varokna
se composant de 100 millions d’habitants, mais lorsqu’il
l’interrogea sur l’Autorité, la réponse fût:

« Vous le saurez en temps opportun. »

Enfin, il en profita pour recycler son sommeil et au
huitième jour, lorsqu’il prit place devant son bureau:

« Bonjour Kurt, vous avez fort bien utilisé ces derniers
jours, mais à partir de demain, un autre programme vous
attend, durant un mois, vous allez passer des
tests, intellectuels et physiques, dans un Centre de tests
situé dans le premier sous-sol du Palais, on viendra vous
chercher à 9 heures pour vous ramener ici à 18
heures, ceci durant cinq jours par semaine, vous aurez
donc deux jours de repos pendant lesquels vous resterez
ici, le détail des tests vous sera communiqué sur place.

Je vous souhaite une excellente journée. »   

« Là, on passe aux choses sérieuses, l’Autorité ne perd
pas de temps. »Pensa Kurt.

« Récapitulons l’essentiel, trois Continents, Varod qui est
inhabité, je me demande pourquoi, Varok, celui sur
lequel je me trouve, et Varom, celui sur lequel je suis
arrivé il y a douze jours.

Une Autorité, douze Ministres, sur Varokna, des militaires
et une police répartis dans la capitale et dans les 51
autres villes du Continent.

Le système est protégé du reste de l’univers pas une
sorte de rayon, la planète est elle-même conditionnée
au niveau du climat, 20 degrés partout, pas de nuages.

Je sais maintenant que les transferts spatiotemporels
abolissent les barrières de langues, que cette civilisation
les connait et dispose de vaisseaux spatiaux pouvant
aller n’importe où, bref, que sur Terre, nous sommes
des bébés à côté d’eux.

La positronique est loin de m’avoir tout transmis, il doit
y avoir un paquet de connaissances auxquelles je ne dois
pas avoir accès, et que je ne comprendrais
probablement pas.

Le point lumineux bleu qui est venu me chercher sur
Varom, juste au moment où j’étais en situation
difficile, là non plus, ce n’était pas une coïncidence.

Ils sont vraiment très forts.

Les tests que je vais passer ont dû être ordonnés par
L’Autorité qui doit disposer d’un savoir et d’un pouvoir
quasi absolus, mais qui est-ce ?

Peut-être le saurais-je à la suite des résultats ?

Ah! J’ai vu quelques spécimens de cette civilisation, ils
sont du même type que les Towaks et que les
Gennaks, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

Que les ancêtres des sauvages de Varom auraient fait
partie de ce peuple de Varok, les Korads ?

Encore un mystère à éclaircir…

Bon, évitons de nous casser la tête, cela ne fait pas
avancer, un petit entraînement dans l’espace sports
ne me fera pas de mal. »

Le mois qui suivit fût particulièrement pénible pour
Kurt, les deux jours hebdomadaires de récupération
n’étaient pas de trop, non seulement les tests étaient
difficiles, même pour un gaillard comme lui, mais la
Positronique s’était bien gardée de lui préciser qu’il
aurait à subir des tests psychologiques qui étaient
de loin les plus fatigants, heureusement pour lui, ils
avaient lieu durant le jour qui précédait ses
repos, mais cela devait être voulu.
 
« J’ai un moment pensé que cette période serait sans
fin, pas fâché d’en être sorti, je dirais bien deux mots à
la Positronique, mais ce n’est qu’un outil, qui est aux
ordres comme tout le monde ici.

J’ai bien dormi et commence à récupérer tout
doucement, j’en suis au 44 ème jour, il en reste un
paquet…

Quelle suite me réserve-t-on ? »

Il prit de temps de se doucher, de s’habiller, avant de
s’installer devant son bureau:

« Bonjour Kurt, comment allez-vous ? »

« Tu le sauras en temps opportun, pour le moment
je veux mon petit déjeuner, menu habituel. »

« Comme d’habitude, vous l’aurez dans deux
minutes, mais vous me paraissez agressif. »

« J’ai lieu de l’être, compte tenu de la pénibilité des
tests que je viens de passer, et du fait que tu ne m’a
pas parlé des psychologiques qui sont une véritable
violation de ma personnalité. »

« Vous avez compris cela, c’est bien, mais je ne
pouvais pas vous en parler, votre déjeuner est prêt. »

La machine redevint silencieuse et Kurt se dirigea
vers l’espace cuisine.

Kurt repassera deux mois dans l’élément 136 sans
aucun contact extérieur, il a bien essayé de sortir et
d’interroger la Positronique dont la réponse fût:

« Ce n’est pas opportun pour le moment, soyez patient. »

« Bon, si j’ai bien compris, il me reste à utiliser le
temps au mieux jusqu’à ce que le moment arrive. »

« Tout à fait, Kurt, aucun souci là-dessus. »

Il apprit encore pas mal de choses, poursuivit un
entraînement physique assez intensif, se familiarisa
avec les machines de l’espace jeux, et un
matin, lorsqu’il commanda son petit déjeuner:

« Bonjour Kurt, comment allez-vous ? »

« Bien merci, tu sais pourquoi je t’appelles ? »

« Bien sûr, votre petit déjeuner habituel, lorsque vous
aurez fini, revenez vous asseoir devant votre bureau, j’ai
une grande nouvelle pour vous. »

Kurt n’insista pas, car il connaissait parfaitement le
fonctionnement de la Positronique, tout devait être
méthodique et précis, aucune perte de temps ni
information inutile, la formule « chaque chose en son
temps » ne pouvait être mieux appliquée.   
 
« Attendons le résultat des courses. »

Lorsqu’il revint s’asseoir devant son bureau:

« Alors Kurt, l’Autorité veut vous voir, c’est un grand
honneur pour vous, dans dix minutes, quelqu’un viendra
vous chercher pour vous conduire à ses dépendances.

Je vous suggère d’adopter une tenue plus seyante. »

Nouveau silence, et Kurt:

« Enfin, depuis le temps que j’attends, mais
attention, prudence, ça doit être du gros, pour quel
motif suis-je convoqué ? »

Dix minutes plus tard, un homme entra dans l’élément
136, Kurt le reconnut, car il s’agissait de l’élégant qui
qui l’y avait amené trois mois plus tôt, ce dernier:

« Bonjour Kurt, vous savez pourquoi je suis là, alors
suivez moi. »

Il quitta son espace pour circuler dans de nouveaux
couloirs, puis il pris un ascenseur qui le conduisit trois
étages plus haut, l’élégant:

« Dirigez vous vers la première porte à droite, quelqu’un
d’autre va vous piloter. »

Lorsqu’il arriva sur les lieux, une très jolie femme blonde
de six pieds de haut et habillée avec goût:

« Suivez moi, nous allons vers l’espace de réception
de l’Autorité. »

Trente mètres plus loin, une porte à gauche s’ouvrit:

« Entrez, ma mission est terminée. »

Kurt franchit la porte et se retrouva dans une pièce qui
l’étonna, elle était certes très luxueuse, mais ses
dimensions relativement modestes, on aurait dit que
tout était dans la concentration.

Derrière un bureau au centre de la pièce, une femme
brune d’un âge indéterminé se tenait et dit:

« Asseyez vous en face de moi, Kurt, bienvenu ici, voulez
vous boire quelque chose ? »

Il mit plusieurs secondes avant de réagir, car elle était
d’une beauté inimaginable et avait une voix de
sirène grecque.

« Laissez moi le temps de me ressaisir, car je n’ai jamais
vu quelqu’un comme vous, si vous m’accompagnez, je
prendrai un whisky on the rocks. »

La créature se mit à rire et:

« Vous au moins, vous êtes amusant, pour moi, ce sera
un Zart, cela ressemble beaucoup à votre Bloody Mary. »

Aussitôt, deux verres quasiment pleins apparurent sur
le bureau.

« Avez-vous une idée de qui je suis ? »

Kurt: « Je pense que vous êtes l’Autorité. »

« Exact, alors buvons à notre rencontre, j’ai pas mal de
choses à vous dire.

Votre fauteuil est confortable ?

Je vois que oui, alors profitez-en, car notre entrevue sera
longue, d’ailleurs, nous déjeunerons ensemble, ici même. »

Et l’extraordinaire créature parla longuement avant de
terminer par:

« Comme vous pouvez le constater, je sais tout de
vous, y compris de vos processus de pensée, je dispose
de toutes vos connaissances et suis parfaitement au
courant de ce qui se passe sur votre planète, la Terre.

Je sais aussi que je vous plais, mais une relation entre
nous ?

En d’autres temps j’aurais pu l’envisager car vous êtes
un très beau garçon doté de qualités certaines, mais
maintenant cela n’est plus possible pour les raisons
suivantes:

- L’écart entre nos civilisations est trop grand.

- Dans moins de neuf mois, vous retournerez vers votre
   planète.

- Ma position d’Autorité, contrôlant tout un système
  m’interdit de vivre comme mes sujets, cela depuis plus
  de 100.000 de vos années.

- Nos connaissances avancées me permettraient de vous
   retenir ici, mais étant au courant de vos projets avec
   votre ami Fédor, qui est brillant, cela ne serait pas une
   bonne idée.

- Enfin, j’entrevois quelque chose d’autre pour vous, mais
   vous en saurez plus au cours de notre prochaine
   rencontre, peu avant votre départ.

Pour le moment, nous allons bientôt déjeuner, désirez-vous
un apéritif ? »

Ils déjeunèrent et poursuivirent de longues conversations
jusqu’à la fin de l’après-midi, puis:

« Bien, maintenant, Kurt, il est temps pour vous de
regagner votre élément, je vais vous faire raccompagner. »

Lorsqu’elle se leva, il put constater qu’elle avait une
demie tête de plus que lui.

Dans l’élément 136, son attention se porta sur un fauteuil
du salon qu’il n’avait jamais utilisé:

« Asseyons nous ici, oui, très confortable, alors tout ce que
j’ai entendu aujourd’hui est matière à réflexion, surtout les
points suivants:

- Elle a un projet me concernant dont je connaîtrai la
nature peu avant mon départ, qu’est-ce-que ça peut être ?

- Pour les mois à venir, j’ai cru comprendre qu’elle a
prévu de m’occuper, mais à faire quoi ?

Cette civilisation est encore bien plus avancée que je
pouvais le penser, d’après ce que crois, l’écart se
chiffrerait par centaines de milliers d’années, c’est
vertigineux.

Bon, pour le reste, je sais qui elle est, qu’elle vient
d’une autre galaxie, qu’elle a encore des machines bien
supérieures à notre PVAM, mais qu’elle n’utilise
plus, qu’elle gouverne tout un système, car d’autres
planètes sont habitées, le pourquoi du Varod
inoccupé et la raison pour laquelle les Towaks et les
Gennaks sont sur le Continent voisin, dans le premier
cas, elle y prévoit y un transfert de population, et dans
le second, il s’agit de descendants de criminels qui ont
été punis, enfin, elle n’est pas immortelle, mais peut
vivre durant des millions ou peut-être des milliards
d’années, on peut dire que je suis tombé sur une drôle
de cliente, hallucinante ?

Le terme n’est pas encore assez fort, mais j’ai faim, puis
après, je me détendrai dans l’espace jeux. »    

Le lendemain matin, lorsqu’il commanda sont petit
déjeuner:

« Aujourd’hui, Kurt, vous êtes de repos, mais à partir de
demain matin, un important programme est prévu pour
vous occuper, cela vous changera de l’élément 136. »

« Tiens donc ! Et je suppose qu’il est inutile de te
demander en quoi il consiste. »

« Permettez moi de laisser ce soin aux spécialistes, mais
d’après le peu que j’en sais, il devrait vous intéresser.»

« En matière de suspens, tu es plutôt douée. »

Le lendemain matin, Kurt, qui était dans l’espace cuisine
vit à nouveau l’homme élégant, ce dernier:

« Prenez votre temps, je peux attendre… »

« Où allons-nous, cette fois-ci ? »

« Où vous allez, car je ne fais que vous y conduire, c’est
au second sous-sol du Palais, il s’agit d’un Centre de
formation et de perfectionnement, je n’en sais pas plus. »

« Ou tu ne veux pas m’en parler, mais peu importe. »
Pensa Kurt.

Après une matinée dans une salle de briefing dans
laquelle il était seul avec un enseignant, qui lui expliqua
la fonction du Centre, avant de terminer par:

« La raison de votre présence ici est de vous
améliorer, tant par certaines connaissances que par des
techniques de défense, pour vous permettre un
maximum de chances de procéder à des transferts
sans trop de dommages.

Nous savons qui vous êtes, que c’est votre premier
transfert, que tout déplacement spatiotemporel présente
un certain nombre de risques que, d’après notre
expérience, nous avons répertoriés au mieux, tout cela
vous sera enseigné ainsi que des mises en
pratique, ceci, durant huit mois qui ne seront pas de
trop, même si, d’après ce que je sais, vous êtes plutôt
doué, ne prenez pas cela à la légère, vous aurez des
périodes difficiles dans les réalisations. »

Puis il rencontra au déjeuner de midi dans une cantine
qui supporterait avantageusement une comparaison
avec des restaurants trois étoiles, d’autres hommes et
femmes qui poursuivaient des formations et/ou des
perfectionnements dans d’autres domaines, le contact
s’établit sans grande difficulté, les autres personnes
savaient qui il était, certaines deviendraient même des
amis qui se retrouveraient toujours aux mêmes
tables, midi et soir, Kurt comprit très vite qu’il ne
reverrait pas l’élément 136 durant ces huit mois.

Effectivement, il connut une bonne trentaine de périodes
difficiles dans les applications, et un seul jour
hebdomadaire de repos était plus que nécessaire, mais
tout était prévu pour qu’il puisse s’en sortir sans
conséquences, sa nouvelle chambre, loin de valoir
l’élément 136, était toutefois très correcte, mais il
n’avait pas trop le temps de s’en soucier, hors des
moments qui nécessitaient de la récupération, il
était avec de nouveaux amis, plaisait même à
quelques femmes, mais il se gardait bien d’y donner
suite pour différentes raisons:

- Obligation de conserver un maximum de potentiel.

- Les autres personnes en formation et/ou en
perfectionnement séjournaient plus ou moins longtemps
dans le Centre, cela pouvait varier de quelques jours à
plusieurs semaines, des nouveaux amis prenaient la
suite des anciens.

- Il pensait toujours à l’Autorité, et était convaincu
qu’elle suivait son évolution de près.       

Durant cette longue période, il apprit beaucoup de
choses, acquit une forme physique sans
précédent, quant aux techniques de combat et aux
maniements d‘armes, là aussi, il fit d’énormes progrès.

Lorsqu’enfin, il regagna l’élément 136, rien n’avait
changé, il était 19 heures, il avait faim.

« Il me reste 16 jours à passer ici, je suppose que je
reverrai l’Autorité dans peu de temps, je n’ose jamais
l’appeler par son nom, mais allons vers le bureau. »

« Bonsoir Kurt, ravie de vous revoir, que désirez-vous
pour dîner ? »

« A la cantine, c’était pas mal, mais je vais en revenir à
mes plats favoris.»

Puis il passa sa commande pour se retrouver cinq
minutes plus tard assis à la table du salon.

« Bon, pas de piscine pendant huit mois, c’est prévu
pour demain matin, maintenant, l’espace jeux m’a aussi
manqué, privilégions la détente. »

Durant les deux semaines suivantes, rien de nouveau
survint, Kurt occupait son temps au mieux dans
l’élément 136, puis:

« Maintenant, allons dormir, j’espère que l’Autorité ne
m’a pas oublié, après demain, je dois impérativement me
retrouver sur Varom, à l’endroit exact de mon arrivée et
à la même heure, elle le sait, mais j’en parlerai à la
Positronique demain matin. »

Le lendemain, à son bureau:

« Oui Kurt, petit déjeuner habituel ? »

« Exact, mais… »

« Si c’est à l’Autorité que vous pensez, c’est
réciproque, vous êtes convoqué à 10 heures. »

« Excellent, à plus. »

Une heure plus tard:

« Ah Kurt, asseyez-vous, nous allons passer la journée
ensemble, cela vous changera du 136. »

La journée en question passa très vite et
agréablement, riche en émotions et en conversations
de haute volée, puis l’Autorité termina par:

« Sachez que je regrette un peu votre départ, et qu’en
d’autres circonstances…

Enfin passons, je ne vous ai pas oublié, vous voyez ce
petit sac ?

Eh bien il est à vous, voilà ce qu’il contient:

- Un petit mode d’emploi permettant de rendre un
androïde intelligent.

- Deux seringues contenant un liquide qui allongera
votre durée de vie, à Fédor et à vous, d’environ
1000 ans.

- Enfin un spray qu’il vous faudra vaporiser en surface
et qui réglera votre problème de réchauffement
climatique.  
   
Par ailleurs, Garkan, qui vous a amené de Varom, sera
demain devant la porte du Palais.

Il connaît votre emplacement exact et sera sur les lieux
à temps, il me reste à vous souhaiter un bon retour. »

Dans le 136, Kurt:

« Ffff, elle a fait un sacré cadeau…

A moi d’en faire bon usage, j’attends demain avec
impatience.

Moi aussi je regrette de la quitter, mais… »

Le temps défila à grande vitesse jusqu’au lendemain
matin.

« Oui, Kurt, petit déjeuner ? »

« Oui, le dernier. »

« Je sais, un peu dommage. »

« Pourquoi ? Je te plais. »

Un rire mélodieux sortit de la Positronique et:

« C’est surtout que je n’aurai plus rien à faire. »

« Il ne te reste qu’à attendre le prochain transfert. »

Il n’y eut pas de réponse.

Peu après, l’homme élégant était de nouveau dans les
lieux, puis le parcours inverse jusque devant le bureau
de réception, près de l’entrée du Palais, le belle créature
ne releva même pas la tête, et enfin sur
l’esplanade, quelques secondes plus tard, la sphère
apparaissait, Kurt vit Garkan en descendre.

Une fois dans la sphère, Kurt:

« Vous connaissez le lieu?

Nous y serons dans combien de temps ? »

« Affirmatif, 15 minutes, aucun problème. »

« Ce monde est finalement assez sympathique, je le
regretterai. »

Peu après, il fût laissé dans la plaine, la sphère disparut
et cinq minutes plus tard, Kurt disparut à son tour pour
se retrouver sur la plaque du PVAM, Fédor était là.

« Alors ? »

« Eh bien j’ai une longue histoire à vous raconter, mais
on va commencer par ce petit sac, ou plus exactement
son contenu. »

« Si c’est long, on va commencer par boire un
pot, non ? »

« Il y en aura plusieurs, et sûrement au moins deux
repas. »

« Ffff, voilà qui promet, pendant votre absence, je me
suis pas mal ennuyé. »

Kurt: « Eh bien je doute que cela puisse se reproduire
avant un bon bout de temps. »


-----***-----  
  
 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Dim 17 Sep - 20:35 (2017)    Sujet du message: Publicité

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