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L031

 
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Kr
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MessagePosté le: Jeu 28 Sep - 18:17 (2017)    Sujet du message: L031 Répondre en citant

2070, l’humanité du moment subit les
conséquences des négligences et du
laxisme des générations précédentes
et du Dieu argent qu’elles ont tant
privilégié.

Les moyennes des températures sur
tout le globe, ont augmenté de 10
degrés par rapport à celles du début
du siècle, et elles n’en resteront pas là.

La population mondiale est de 5 milliards
d’habitants, plus de banquise, presque
plus de glaces au Groenland, au
Canada, au nord des pays scandinaves, en
Sibérie, et en Antarctique, les océans ont
réduit les dimensions des
continents, devenus quasiment
méconnaissables, et ce n’est pas tout.

Les divers conflits jusqu’en 2060 n’ont
pas arrangé les choses, et il a fallu en
arriver à cette situation extrême pour
que les humains comprennent qu’il
fallait privilégier la solidarité, les énergies
renouvelables, modifier les stratégies
politiques et considérer l’économie
comme un élément de second plan.

L’Europe avait fini par devenir une entité
réelle, c’est-à-dire une véritable Europe
des peuples, qui ne prenait plus le parti
des américains, ni de qui que ce soit
d’autre, mais évoluait selon ses propres
critères, pour des raisons
pratiques, c’est l’anglais qui avait été
adopté, mais chaque ancienne nation
composante utilisait également sa
langue d’origine à l’intérieur de sa
propre zone, ou de ce qu’il en restait
pour nombre d’entre elles.

Cette Europe récente avait su, durant
ces dix dernières années, imposer une
politique de rapprochement des peuples
pour un intérêt commun, celui de
survivre, mais peut-être était-il déjà
trop tard, la chaleur sur tout le
globe, d’autres conditions
climatiques, faisaient en sorte que
bien des gens mouraient de maladies
ou d’accidents avant l’heure, alors que
la dernière mode était la limitation
des naissances.

Des progrès technologiques?
Très peu depuis ce dernier
demi-siècle, les américains étaient allés
sur Mars en 2041 ?
Les chinois en 2047 ?
Oui, mais cela n’avait été qu’un
épisode, peu de nouvelles connaissances
dans divers domaines scientifiques, en
médecine, en techniques spécifiques, en
informatique, il y avait toujours quelque
part quelques petits génies qui
s’efforçaient bien de faire avancer le
schmilblick, mais les derniers
évènements se chargeaient bien de faire
comprendre aux humains qu’il y avait
d’autres priorités plus importantes à
considérer, et il en résultait un certain
tumulte en passe de s’amplifier, risquant
fort de réduire à néant les derniers
progrès réalisés en matière d’entente
et de solidarité.

Loin de ce tumulte, quelque part à
l’intérieur d’une montagne de la
Cordillère des Andes, en Amérique du
sud, un immense laboratoire
indépendant, protégé de
l’extérieur, entièrement
autonome, résultat de siècles
d’un patient travail, dans lequel se
poursuivait une singulière recherche, se
rapportant à l’espace/temps, et au
voyage vers d’autres dimensions.

En des temps lointains, ce laboratoire
avait été un temple abritant une
société secrète.

Maître Wari était né Prince de sang, dès
son enfance, il fût éduqué à devenir un
grand guerrier qui, par la
suite, commanda des légions et inspira
la terreur, mais il disposait d’un cerveau
particulier qui l’amena vers la
spiritualité, il devint une sorte de
prêtre, puis, membre de la société
secrète qui résidait dans le temple, il
en devint le Grand Maître.

Bien plus tard, il entendit parler d’un
certain Yupanki, jeune étudiant doué en
bien des domaines y compris dans les
sports et les combats, une certaine
similitude avec son propre passé fit en
sorte que ce jeune l’intriguait, il avait
déjà, à ce moment là, besoin d’un
assistant, et il fallait faire vite, car s’il
avait acquis des pouvoirs
paranormaux, s’il vivait plus longtemps
que le commun des mortels, s’il
vieillissait beaucoup moins vite tout en
gardant ses moyens, il n’était pas
immortel pour autant, le temps jouait
contre lui pour réaliser son œuvre.

Sa rencontre avec Yupanki fût
révélatrice, ils se comprirent
instantanément, l’assistant était tout
trouvé, il fallait avancer, durant les
premières années, il lui enseigna tout
son savoir, y compris la partie qui
conduisait aux pouvoirs
paranormaux, l’élève devint rapidement
téléporteur et capable de transférer son
esprit ailleurs, ce qui lui permit de
découvrir un secret qu’il communiqua
à son Maître, cette précieuse
connaissance allongea leur durée de vie
de plusieurs siècles, au cours du
temps, ils suivirent de près les évolutions
technologiques humaines, et
particulièrement celles de ces deux
derniers siècles, auxquelles non
seulement ils s’adaptèrent, mais qu’ils
précédèrent, le vieux temple était
devenu un laboratoire dernier cri.

Maintenant, les deux hommes, issus
d’une civilisation qui n’existait
plus, semblaient défier le temps.

Ils étaient tous les deux de petite
taille, 5 pieds 6 pouces, mais
trapus, costauds, le Maître, long cheveux
gris-blancs, paraissait facilement 60
ans, mais il restait très alerte, son
assistant et ami, avait conservé ses longs
cheveux bien noirs, on lui aurait donné
entre 30 et 40 ans, et lui, avait dépassé
de loin le maximum des possibilités
permises.

Les affaires humaines ne les
intéressaient plus, du moins celles de
cette planète, en d’autres temps, cela
aurait pu être différent, les inventions
et autres découvertes de Maître Wari
avaient eu pour but initial d’aider les
gens, mais là encore, les évènements
en avaient décidé autrement.

Wari: « Dans l’état actuel des
choses, nous ne pouvons plus rien pour
eux, laissons les rencontrer leur destin. »

Yupanki: « Oui, Maître, durant très
longtemps, nous avons espéré qu’ils
s’amélioreraient, mais depuis Pizarro, ils
n’ont pas changé. »

Wari: « Pizarro ! Vous n’étiez pas bien
vieux à cette époque, mais vous avez
raison.

Cela ne nous empêchera pas de prendre
un bon whisky avant de déjeuner, pensons
plutôt à votre prochain voyage, comme
vous le savez déjà, cette fois-ci, vous
partirez, et reviendrez, je l’espère, dans
de meilleures conditions. »

« Oh ! Vous savez, Maître, seuls les trois
premiers voyages ont été assez
délicats, pour les suivants, cela m’a plutôt
fait l’effet de promenades touristiques, sauf
peut-être le dernier, qui a été chaud. »

« Cela fait plaisir à entendre, Yupanki.

Grâce à une excellente formation qui vous
a permise de conserver un optimisme
inébranlable. »

« Et aussi, Maître, grâce à votre
extraordinaire savoir qui rend les choses
simples. »

« En partie seulement, car pendant vos
voyages, vous êtes seul Maître à bord, et
là, je ne peux plus rien pour vous. »

« Il y a une question que je souhaiterais
vous poser, Maître, jusqu’à présent, je
n’ai jamais osé, mais… »

« Oui, je sais laquelle, maintenant, il est
temps que vous connaissiez la
réponse, dans notre laboratoire, qui était
un temple, vous avez connu cette
période, il existait un accès au Royaume
souterrain, en fait, il y en a plusieurs, de
ces Royaumes, et vous êtes en train de
vous dire que malgré mon cerveau, un peu
différent de celui des gens
ordinaires, comment ai-je fait pour
acquérir un tel savoir, et notamment dans
les facultés particulières.

A l’époque, je n’étais que le Grand Maître
du temple, et je n’aurais normalement pas
survécu à la plus part de mes membres, mais
quelque part dont je vous indiquerai le lieu
lorsque vous reviendrez de votre prochain
voyage,  car vous serez mon successeur, c’est
par le plus grand des hasards
apparents, lorsque j’ai procédé au nettoyage
et au rangement d‘une certaine pièce, que
j’ai découvert cet accès.

Curieux de nature, je l’ai, bien sûr
emprunté, pour descendre de plusieurs
centaines de mètres, ce fût très pénible, mais
j’étais encore assez jeune pour pouvoir le
faire, au bout d’un long dédale dont les
chemins, ouf ! Etaient devenus
horizontaux, je me trouvai devant une
immense porte d’où une lumière intense
d’un bleu indéfinissable se dégageait, deux
gardiens, très grands, se tenaient devant
cette porte, l’un d’entre eux:

« Que viens-tu faire ici, étranger ? »

Je me surpris de lui répondre, tout en
évoquant mes petites préoccupations de
recherche.

« Hm ! Cela semble passablement
intéressant, qu’en pense-tu, Gatopec? »

« J’ai tendance à croire qu’il dit la
vérité, un humain ordinaire serait déjà mort
ici, car il ne supporterait pas l’intensité des
vibrations émises à travers la porte, je suis
d’avis de le conduire à Thakopec. »

« D’accord, suis-nous, étranger ! »

Thakopec était, et doit être encore, le Chef
de ce Royaume souterrain appelé
Thegarta, lorsqu’il me vit, il fit signe aux
gardiens de partir, et me dit:

« Cela fait un moment que je
t’attends, Wari, sois le bienvenu, tu vas
séjourner ici pendant quelques jours, et
sur tout ce que je vais t’apprendre, tu
devras garder le secret jusqu’au jour où tu
te seras trouvé un successeur que tu devras
me présenter, et c’est à lui seul que tu
retransmettra ton savoir. »  

Et ce Chef de Royaume de m’expliquer que
j’étais dans un véritable Paradis en
comparaison de ce qui se passait à la
surface, que les gens ici, vivaient très
longtemps, des millénaires, sans connaître
la maladie ni le besoin, que rien de ce qui
se pratiquait au-dessus n’avait cours, pas
de politique, pas d’argent, pas de soucis
d’aucune sorte, que les gens étaient très
heureux, qu’ils ne vieillissaient pas, qu’ils
ou elles adoptaient un ou une conjointe
pour la vie, pas d’infidélité, pas
d’adultère, mais aussi des enfants, des
descendants, puis il termina par:

« Ton séjour ici débute à partir de
maintenant, tu vas pouvoir visiter tous les
lieux, rencontrer un tas de gens avec qui tu
pourras parler, de tout, car ils connaissent
tous les évènements qui se produisent en
surface, le savoir ici est instantané, nous
disposons d’appareils vidéo très
sophistiqués, tu pourras en profiter, tes
repas te seront servis sans que tu aies
besoin de te déplacer, et lorsque nous nous
reverrons de nouveau, peu avant ton retour
dans ton temple, je te confierai encore trois
secrets, mais pour le moment, profite bien
de tes vacances, je vais appeler Ottapeca
qui va te conduire à ton nouvel
appartement. »

La guide en question était une femme
magnifique qui paraissait avoir une trentaine
d’années, une voix féminine extrêmement
douce et harmonieuse, elle serait passée
haut la main à The Voice ou à X Factor, la
luminosité des lieux ne pouvait être
comparée, et la température y était
agréable, peut-être 25 degrés.  

« Voici, ton appartement, Wari, je vais
entrer avec toi pour te montrer le
fonctionnement des appareils qui s’y
trouvent, pour ceux de la salle de bains et
pour le réglage de la température et de la
lumière, cela ne posera pas de
difficulté, pour le Theratron, que tu
appellerais ordinateur ou positronique, vu
ton brillant cerveau, c’est une affaire de
quelques minutes, la maîtrise viendra
à l’usage. »

Elle lui montra les lieux, lui précisa les
heures de service pour les déjeuners, puis
lui dit: « Voilà, maintenant, je vais te
quitter en te souhaitant un excellent
séjour parmi nous, ah !

Une dernière chose, tu peux entrer et sortir
de ton appartement sans avoir besoin de
clés, la porte s’ouvre et se referme
automatiquement à ton passage, et ici, il
n’y a pas de voleurs. »

Elle sortit, et lui, s’assit dans un
confortable canapé et se mit à réfléchir:

« Fantastique, et il y a des montres et des
horloges qui donnent l’heure sans avoir
besoin d’être remontées, et elles sont
lumineuses, dans quelques minutes, mon
dîner va arriver, mais dans quel monde
suis-je tombé ?

La lumière ici, pas de bougies !!!

Mais alors, qu’est-ce qui éclaire ?

Le Theratron ?

Je vais m’en occuper dès ce soir, en
espérant pouvoir observer ce qui se passe
ici, mais dès demain, je me promènerai
partout…

Pourquoi m’a-t-elle parlé d’ordinateur ou
de positronique ?

Il n’y a aucune de ces machines à la
surface, au début du XV ème siècle, j’ai
déjà 149 ans, je ne suis plus jeune, alors
pourquoi suis-je ici et que l‘on m‘accueille
aussi bien?

Serais-je une sorte d’élu ?

Tout ça parce que je cherche à améliorer
mon savoir et que je supporte leurs
vibrations ?

Il y a sûrement d’autres raisons que je ne
connais pas encore…

Thakopec m’a parlé, et m’a même montré
ce qu’il appelle appareils vidéos, c’est
archi moderne, je dirais même
futuriste, et j’aurai un assistant !!

Pour quoi faire ?

On dirait que ces êtres connaissent
l’avenir, et qu’ils viennent d’un autre
monde, les quelques personnes que j’ai
croisées en venant ici, hommes comme
femmes, visages sans rides, très
beaux, corps harmonieux, et ils m’ont
salué, j’ai bien sûr répondu de la même
manière, tout cela est stupéfiant.

Je n’ai aucune raison de mettre en doute
ce que Thakopec m’a dit, et je suis impatient
de pouvoir profiter de tout cela. »

Plus tard, après un succulent dîner, il
commença à consulter le Theratron, mais
ne pût aller loin, car son long parcours de
l’après-midi, surtout le vertical, l’avait
passablement fatigué, il se dépêcha de
prendre une douche et de se coucher.

Le Lendemain matin, après le petit déjeuner:

« J’ai très bien dormi, quel lit confortable, il
épouse la forme de mon corps !!

Il y a bien des choses qui me dépassent
ici, je vais devoir m’habituer, mais par quoi
vais-je commencer, le Theratron ?

Non, maintenant, je veux voir les
gens, aller me promener, voir ce qu’ils
ont comme boutiques, ah non !

Ce monde vit sans argent, mais alors quoi ?

Cela m’intrigue au plus haut point, sortons ! »

Il se promena toute la matinée dans
différents lieux, rencontra des
gens, échangea quelques mots avec
eux, puis, au coin de ce qui s’appellerait
une rue, il se retrouva nez à nez avec
Ottapeca:
 
« Tiens ! Bonjour Wari, je suis assez
pressée, car je suis convoquée pour me
rendre à une conférence, mais j’ai quand
même le temps de te demander si ton
appartement te plaît. »

« Oh oui ! Ottapeca, c’est du luxe, le dîner
d’hier soir et le petit déjeuner étaient
divins, là, j’avoue que je suis complètement
dépassé, je n’ai pas pu m’occuper vraiment
du Theratron, j’étais trop fatigué. »

« Alors c’est bien, ne te fais pas de
souci, tout cela est normal, tu vas vite
t’habituer, bon, maintenant, je te
laisse, passe une bonne journée. »

« Merci, toi aussi, et bonne conférence. »

Wari savait ce qu’était une
circonférence, mais une conférence…

« Peut-être que la machine me l’apprendra. »

La journée se passa on ne peut plus
agréablement, à travers des lieux plus
enchanteurs les uns que les autres, il en
profita même pour aller se baigner dans
une piscine, et passer sous un appareil
chauffant pour se sécher, il était carrément
émerveillé, lorsqu’il rentra pour déjeuner:

« Cette fois-ci, Theratron, à nous deux ! »

Il y passa l‘après midi et la soirée, les
débuts furent, bien sûr, difficiles, il se
souvenait bien de ce qu’Ottapeca lui avait
montré, mais parvenir à entrer dans une
application de son choix nécessita un
grand nombre de tâtonnements
ponctués de messages d’erreurs, il fit
des poses, souffla, grommela, puis finit
par tomber sur une liste de codes
correspondants aux diverses applications, il
était sauvé, mais dût chercher un papier
et un crayon, sa mémoire était bonne, mais
rien de mieux qu‘un écrit.

« Voyons, où pourrais-je retrouver cette liste ?

Ah oui, j’ai tapé zk236 pour l’obtenir, notons
cela, informations visuelles diverses:
hb442, spectacles: sh573, informations
écrites: hc 551, tout cela est assez
compliqué, mais continuons, évènements
extérieurs(surface), voilà qui
m’intéresse, ts222.

Bon, zk236 me suffit, j’aurai
automatiquement le reste, mais ça, Ottapeca
aurait pu me l’indiquer. »

Devant un superbe écran de 100 x 66, il
assistait à des évènements extérieurs, cela
était passionnant, mais il se demanda:

« J’aimerais voir des actions sur
commande, par exemple choisir un pays, une
nature d’évènement, des choses comme
ça, mais comment faire ?

Dois-je demander à quelqu’un
demain, muni de quoi noter ?

Oui, c’est comme ça que je vais
procéder, les gens me répondront. »

Le lendemain matin, une femme de
service, jolie par ailleurs, la même que la
veille lui apporta son petit déjeuner, il
repensa à la machine:

« Excellent, le petit déjeuner, merci, je
voulais vous demander, lorsque l’on veut
accéder aux informations détaillées, sur
le Theratron, comment fait-on ? »

La femme le regarda avec une certaine
surprise, puis:

« Ah oui ! Tu es le nouveau, Wari, je crois ? »

« Exact. »

« Alors c’est simple, allons regarder ton
appareil….

Ah ! C’est un Kerk208 qui n’a même pas de
souris, bon, le reste semble aller, je m’y
connais assez bien dans les Theratrons, car
mon compagnon Lupinopec travaille
dedans, il les connait tous, ainsi que tous
les éléments nécessaires à une structure, vas
le voir de la part de Canopec, c’est moi, tu as
juste besoin d’une souris pour un
Kerk208, il te la donnera, et peut-être
viendra-t-il même avec toi ici pour te
l’installer, voilà son adresse….

Très près d’ici. »

« Merci bien, Canopec, mais je n’ai pas
encore trouvé de plan des lieux sur le
Theratron, le mieux que j’ai pu
faire, c’est la liste zk236. »

« Ottapeca ne t’a rien expliqué ?

Et tu as trouvé tout seul cette liste générique ?

Eh bien bravo, c’est déjà pas mal du
tout, bon, alors lorsque tu quittes ton
appart, vas à gauche, puis première rue à
gauche, sur le trottoir de droite, à 30
mètres, tu verras une maison verte, c’est
la seule du coin, premier étage, son nom
est sur la plaque.

Je dois te laisser, car je n’ai pas fini mon
travail, à demain matin. »

Lorsqu’il arriva chez Lupinopec:

« Ah ! Si c’est Canopec qui t’envoie, alors
sois le bienvenu, tu as dit qu’il te manque
une souris sur ton Kerk208 ?

Pas de problème, j’ai ce qu’il faut et je viens
avec toi, je vais même pouvoir t’expliquer
toutes les manips en quelques minutes, le
clavier reste de base, mais avec la souris, tu
verras qu’il y a pas mal de choses plus
pratiques et rapides à faire, après, sans être
un expert, tu seras quand même
dans le coup. »

En chemin, Wari pensa:

« Une souris ?

Qu’est-ce qu’une souris va faire sur ma
machine ?

Un clavier ?

C’est quoi ?

Des manips ?

Bon, ne demandons rien maintenant, on
parlera quand il s’occupera de la machine. »

Arrivés chez Wari, Lupinopec passa une
bonne demie heure à tout lui
montrer, l’installation de la souris, un simple
branchement, lui expliqua la fonction de
toutes les composantes, puis entra dans la
zk236, pour lui montrer comment cliquer sur
les rubriques afin d’obtenir plus de détails, lui
permettant d’entrer dans l’application
spécifique désirée, puis, lorsqu’il s’en alla:

« Si tu as un problème, tu viens me voir, on
pourra toujours régler. »

Quelques jours passèrent, Wari se
débrouillait bien et parvenait à entrer
pratiquement dans n’importe quelle
application, il vit des spectacles, dont
certains, pour lui, dépassaient
l’entendement, puis les informations
externes, il parvenait même à voir ce qu’il
se passait dans sa région, et près de son
temple, puis des informations internes
auxquelles il ne comprit pas
grand-chose, mais cela l’occupait.

Il fût intéressé par une certaine
rubrique, Astronomie et recherches
spatiales, il put alors voir de très près toutes
les planètes du système solaire, puis la
ceinture de Kuiper, Oort, Alpha du
Centaure, et son environnement, avec force
commentaires et explications, ceci jusqu’à
Andromède où il décida de s’arrêter.

Il vit également divers modèles de vaisseaux
spatiaux, puis des appareils permettant des
transferts dimensionnels, il n’en croyait pas
ses yeux.

« Cela dépasse tout, par rapport à nous
autres, petits humains de la surface, ils ont
une avance de milliers d’années, peut-être
plus, seraient-ils allés sur toutes ces
planètes et ces constellations ?

Avec l’aide des vaisseaux spatiaux que j’ai
vus, pour les voir d’aussi près et
précisément, ce n’est pas possible
autrement, et en plus, ils mémorisent, en
quelque sorte, les souvenirs de ces visions…

Et cet homme en spectacle, ce magicien qui
se concentre sur des cristaux pour produire
des objets et des machines, il dit pouvoir
produire n’importe quoi, et ces productions
sont réelles, des gens viennent les toucher
pour s’en assurer, puis il les fait
disparaître, pourquoi suis-je autorisé à voir
tout cela, je ne sais pas quand, mais je dois
revoir Thakopec, il faudra que je lui
demande des explications, plus je
réfléchis, plus je pense que je ne suis pas
là par hasard, mais alors dans quel but ? »

Quelques jours plus tard, il fût convoqué par
Thakopec:

« Alors, Wari, cela fait 20 jours que tu es
ici, ton séjour touche à sa fin, mais sois sans
crainte, tu réintégreras ton temple au même
moment que tu l’as quitté, ainsi, personne
n’aura remarqué ton absence.

Qu’as-tu retenu de ces jours parmi nous?

Essaies de me donner un maximum de
détails. »

Wari lui raconta tout, y compris ce qui
le dépassait.

« Pas mal du tout, tu as une très bonne
mémoire, tu réfléchis bien, et tu
possèdes, à l’état latent, quelques pouvoirs
paranormaux, de plus, pour ton époque, tu
disposes déjà d’un immense savoir, voici
les raisons pour lesquelles nous t’avons
laissé séjourné dans notre Royaume, mais
attention, tout ce que tu as vu doit rester
secret, comme je te l’ai dit, tu as
raison, nous pouvons également voir
l’avenir, mais cette rubrique ne t’as pas été
attribuée sur le Kerk, c’est
volontairement, pourquoi ?

Tout simplement parce que tu dois faire ton
chemin, le fait de venir chez nous a déjà
changé ton destin, maintenant, tu as une
mission, celle de réussir ce que tu vas
entreprendre, tu ne sais pas encore quoi
exactement, peu importe, tu le sauras dans
peu de temps, et tu n’as pas droit à
l’échec, parce que tu seras
amené, indirectement, à sauver la vie de
millions de gens, tu comprendras plus
tard, comme tu as pu le supposer, tu es, en
quelque sorte, un élu, et nous pensons
avoir fait le bon choix.

Maintenant, tu vas nous quitter, et derrière
toi, nous allons refermer l’accès à ton
temple, en le condamnant
définitivement, mais tu ne repartiras pas
sans rien, comme je te l’ai dit, je vais te
confier trois secrets:

- Le premier est-ce petit sac de poudre, en
dissolvant son contenu dans un récipient
contenant de l’eau bien fraîche, et en
absorbant le tout, tu vivras trois siècles
de plus.

- Le second réside dans ce petit manuscrit
qui te décrira comment procéder pour
augmenter tes pouvoirs paranormaux, fais
en sorte qu’à part ton successeur, personne
d’autre n’y ait accès, place le en lieu sûr.

- Enfin, le troisième qui, d’une certaine
façon, concrétise les deux autres, dans ce
sac, tu disposes de trois cristaux, un
jaune, un rouge, et un bleu, chacun a son
domaine d’applications que tu devras
découvrir, là aussi, il faudra les mettre en lieu
sûr, des humains ne disposant pas de facultés
latentes ne sauraient en faire usage, mais les
considérant comme des pierres
précieuses, ce qui est le cas, mais pas dans
le sens où ils l’entendent, ils les voleraient
inévitablement. 

Un jour, tu sauras comment revenir parmi
nous, mais maintenant, tu dois rentrer chez
toi, au revoir, mon ami. »

« Voilà mes petits secrets dont vous
hériterez, Yupanki, vous vous débrouillez
déjà bien dans les facultés
paranormales, et même mieux que
moi, vous êtes un redoutable
combattant, disposez d’un grand
savoir, bref, vous avez tout pour
réussir, mais un dernier voyage, le vingt
quatrième est nécessaire avant de parfaire
votre éducation et de vous présenter à
Thakopec, vous savez pourquoi, un petit
whisky pour la digestion ? »

« Volontiers, Maître, ayant déjà bénéficié
du premier secret, et même davantage, je
suppose que parfaire mon éducation consiste
à maîtriser les deux autres secrets? »

« C’est exact, et lorsque ce sera fait, vous
officierez en mes lieu et place. »

« Cela veut-il dire que… »

« Vous serez, à votre tour le Maître à qui il
faudra un assistant, pour ce dernier, votre
tâche sera moins aisée que la mienne, d’autant
plus que là aussi, nous luttons contre le temps. »

« !!! Et que deviendrez-vous, Maître ? »

« Les deux derniers mots de Thakopec furent
« Mon ami », je préfère ne pas faire de
suppositions, mais… »

« Je vois, vous savez déjà comment rejoindre
les Royaumes souterrains. »

« Exact, et un jour, vous aussi, le saurez. »

« Alors, Maître, au risque d’être hardi, je pense
que les gens du Royaume, du moins les
anciens, ont dû être des gens comme nous, qui
ont longuement officié en marge de la
société, vivant de secrets et de connaissances
paranormales, mais les premiers, comment
ont-ils fait ? »

« A mon avis, seul Thakopec pourrait répondre
à cette question, peut-être venaient-ils
réellement d’un autre monde ?

Mais encore faudrait-il que votre supposition
soit exacte. »

« Ne plus être avec vous risque d’être très dur
pour moi, d’autant plus que je pars pour un
dernier voyage, quand, et pour combien
de temps ? »

« Demain, pour un an, vous avez
l’habitude, mais je vous le redis quand
même, préparez bien ce que vous allez dire
aux gens que vous allez rencontrer, n’oubliez
pas qu’il s’agit d’une civilisation avancée, dans
laquelle les canulars ne doivent pas être trop
gros, d’autre part, si cela peut vous
consoler, lorsque vous aurez fini votre circuit
de Maître, allez donc savoir ce qui se passera
par la suite… »

« Si Thakopec m’accepte, mais ça, c’est un
autre chapitre, je reprendrai bien un whisky. »

« Comme vous y allez… D’accord, je vous
accompagne. »

Le lendemain matin:

Wari: « Bon, Yupanki, le jour J est arrivé, nous
allons prendre tranquillement un petit
déjeuner, puis vous allez vous préparer au
départ.»

« Oui, le dernier, mais je crois que c’est celui
qui m’angoisse le plus, Maître. »

« Ah ! Et pourquoi ? »

« Le point bleu cobalt, une civilisation très
avancée, j’ai idée qu’il va falloir jouer serré. »

« Oh ! La dernière était presque au même
niveau, elle nous a d’ailleurs apporté quelques
petites utilités, et puis, vous y avez fait deux
belles rencontres, non ?

Mais n’oubliez pas non plus ce que Thakopec
m’a dit, il y aurait des millions de gens à
sauver, n’étant pas personnellement en
mesure d’exécuter cette mission, je vous
la confie.    »

« Je relève le défi, il faut finir en beauté. »

« Voilà comment j’aime entendre
parler, alors préparez vous ! »

Quelques secondes plus tard, Yupanki était
sur une plaque, Wari appuya sur un
bouton, et son assistant disparut.

Le voici dans une impasse, plutôt
propre, derrière un renfoncement, il le quitte
pour se diriger vers la rue sur laquelle
l’impasse débouche, il regarde vers le
haut, qui est noir.

« Il doit faire nuit, ici. »pensa-t-il.

La rue est bien éclairée, bordée de
boutiques de diverses couleurs assez
agréables, en regardant deux ou trois
d’entre elles de plus près, des objets, des
chiffres, le tout fort bien présenté.

« On dirait des boutiques de luxe, c’est
plutôt classe, mais je sens que je suis
observé. »

Yupanki ne se trompait pas, plusieurs
personnes le fixaient, et pas avec de
bonnes intentions, hommes, femmes, et
même des enfants, tous avaient le même
type plutôt scandinave, grands, très bien
habillés, une femme porta sa main droite
vers sa bouche, et se mit à parler, il était
trop loin pour entendre ce qu’elle
disait, il comprit de suite qu’il ne fallait
pas rester ici, mais où aller ?

Il continua de marcher, en précipitant le
pas, mais il n’alla pas loin, un véhicule
volant atterrit près de lui, six hommes en
descendirent pour venir l’encercler, de
grands gaillards de deux mètres en tenue
militaire qu’un général envierait, l’un
d’entre eux:

« C’est bien un zarkien, il a dû s’échapper
de la mine, conduisons le au dépôt. »

Un autre:

« Comment a-t-il fait pour être ici?

Il est impossible de s’échapper de Kartnum !

Saisissez le, on l’emmène ! »  

Ils lui mirent des menottes aux
mains, derrière son dos, puis
l’accompagnèrent jusqu’à un bâtiment
situé dans l’impasse suivante, cinquante
mètres plus loin.

Ils entrèrent dans une salle dans laquelle
une dizaine d’hommes du même gabarit se
trouvaient, celui qui semblait être le chef
des six leur dit:

« Nous vous amenons un zarkien, nous
ignorons comment il a fait pour
s’échapper, mais il a les menottes, prenez
en soin. »

Trois hommes se précipitèrent sur Yupanki
et le conduisirent assez brutalement vers
une autre salle, drôles de soins:

« Reste ici ! » lui dit l’un des hommes avant
de refermer la porte, il était
debout, menotté, il aurait pu les retirer
facilement, et même se téléporter, mais
pour où ?

« Je suis dans une salle qui a deux
portes, l’autre ne va pas tarder à s’ouvrir, et
je vais subir un interrogatoire, n’opposons
pas de résistance pour le moment, tant que
je ne connais pas les lieux, à première
vue, cette civilisation ne semble pas plus
avancée que la nôtre, et les méthodes sont
les mêmes, mais voyons la suite. »

Un temps assez long s’écoula, il était
debout, et attendait, la porte qu’il regardait
finit par s’ouvrir, un autre policier ou
militaire entra:

« Viens ici, toi, notre Lieutenant va t’interroger. »

Ils débouchèrent dans un long couloir, puis le
policier appuya sur un bouton, un voyant
rouge passa au vert, la porte s’ouvrit
d’elle-même, Yupanki se retrouva dans une
vaste salle, derrière un bureau assez luxueux
se tenait un homme fort bien habillé qui
portait des galons tout neufs, mais il n’était
pas seul, deux autre hommes, un peu moins
bien fagotés, mais propres, se tenaient de
chaque côté, près des murs, prêts à
bondir, le Lieutenant, fit signe à Yupanki
de s’approcher:

« Viens donc t’asseoir, mon ami, tu as sans
doute pas mal de choses à me raconter, mais
nous devons procéder par ordre, ma
première question est la suivante, comment
as-tu fait pour t’échapper de Kartnum ? »

« Je ne connais pas Kartnum, je ne connais
même pas cette ville, des gens m’ont
déposé dans une impasse pas loin d’ici, c’est
tout ce que je peux dire. »

La réponse n’était certainement pas celle
que le Lieutenant attendait, un fort courant
circula dans la chaise métallique, créant
une sensation très désagréable. »

Le Lieutenant: « Bien, alors ce qu’il faut que
tu saches, c’est qu’il s’agit d’un simple
avertissement, à chaque mauvaise
réponse, cela se reproduira.

J’attends toujours la bonne version. »

« Comme vous le voyez, je ne suis
probablement pas habillé comme un
prisonnier de Kartnum, et je ne suis pas
sale, je vous ai dit la vérité. »

Il ressentit aussitôt une autre décharge
électrique, mais ses pouvoirs paranormaux
lui permettaient de la minimiser
fortement, la première fois l’avait
surpris, mais le fait d’avoir été prévenu lui
permettait de rectifier le tir, le Lieutenant
le fixa d’un air incrédule, puis:

« Tu sembles fort bien t’adapter aux
encouragements de réponses, mais cela
ne te sera pas utile très longtemps, il est
vrai que tu n’es pas habillé comme un
esclave zarkien, et que tu sembles
propre, mais cela ne me satisfait pas pour
autant, nos citadins t’ont effectivement
vus sortir de l’impasse d’à coté, mais que
des gens soient venus t’y
déposer, indépendamment du fait que c’est
impossible, pourquoi l’auraient-ils fait ? »

Un autre encouragement survint, mais cela
ne gênait pratiquement plus Yupanki qui
montra ses mains au Lieutenant:

« A votre avis, est-ce que ce sont des
mains d’esclave ?

Pourquoi des gens m’ont déposé ici ?

Je vais essayer de vous les décrire, ils
m’ont capturé dans l’espace. »

Puis il décrivit des gens de type
oriental, avec une couleur de peau
jaune/marron d’environ 5 pieds 10
pouces, certains portant une barbe.

Lieutenant: « Des ejnadiens !!

Effectivement, tu n’as pas des mains
d’esclave. »

Il regarda chacun de ses deux hommes
qui lui firent des signes d’incompréhension.

Lieutenant: « Bon, tu n’as pas du tout
l’aspect d’un esclave, mais ton histoire ne
me plaît pas, et en plus, tu résistes aux
décharges électriques !

Je n’avais encore jamais vu ça.

Il ne fait aucun doute que tu es un
zarkien, et les zarkiens, nous, les
kajeniens, nous en faisons des
esclaves, alors je vais mener une enquête
sur tes ejnadiens, mais toi, tu ne feras
pas exception à la règle, on va te trouver
une place à Kartnum, emmenez le ! »

« A vos ordres, Lieutenant, toi ! Suis nous ! »

Yupanki fût conduit dans une autre
salle, également  accessible par deux
portes, rien pour s’asseoir, il resta debout
un long moment, puis trois hommes du
type de ceux qu’il avait décrits au
Lieutenant ouvrirent une autre porte:

« Vous pouvez lui retirer les menottes, et
toi, tu viens avec nous, mais tu as eu tort
de dire au Lieutenant que ce sont des gens
de notre peuple qui t’ont laissé dans une
impasse, et comme c’est faux, ça va te
coûter cher. »

« Je n’ai jamais dit au Lieutenant qu’il
s’agissait des gens de votre peuple, j’ai
simplement décrit mes ravisseurs, je ne
sais même pas à quel peuple ils
appartenaient, c’est le Lieutenant qui a
parlé d’ejnadiens, pas moi, je prenais sans
arrêt des décharges électriques, alors il
fallait bien que je donne une réponse. »

Les trois hommes se mirent à rire, celui qui
venait de lui parler lui répondit:

« Disons que tu as fait un mauvais choix
dans ta description, si tu avais décrit des
karkiens, tu n’aurais pas eu de problème, pas
de chance pour toi, tu devras payer. »

Ils emmenèrent Yupanki dans un véhicule
volant qui quitta la ville, il se déplaçait assez
vite, durant une demie heure, puis il se posa
sur une aire d’atterrissage, le prisonnier
réfléchissait à la distance parcourue, 200 ?
300 Kilomètres ?

Ce n’était peut-être pas le plus
important, un accès proche conduisit les 4
hommes vers un ascenseur qui descendit
trois étages, ils étaient dans l’enceinte de
Kartnum, ils rencontrèrent d’autres
ejnadiens, celui qui avait parlé à Yupanki
leur dit:

« Emmenez le dans la salle B, il y prendra
30 coups de fouet ! »

« 30 coups de fouet, Konim !!

On va le récupérer à la petite
cuillère, qu’a-t-il fait pour cela ? »

Konim raconta l’histoire aux autres
ejnadiens qui ne se posèrent plus de
question, l’un d’entre eux lui répondit:

« D’accord, Konim, c’est une punition
fondée, nous procédons. »

Une fois arrivés dans la salle B, ils
laissèrent Yupanki durant un moment, il vit
que les murs étaient capitonnés, il eut le
temps de réfléchir:

« Bon 30 coups de fouet, ça fait mal, je peux
rapidement en effacer les traces, mais je
m’en garderai bien, faisons semblant de
crier, puis de rester en mauvais état
apparent pendant plusieurs jours, cela me
fera peut-être gagner du temps, lorsque
nous avons atterri, j’ai vu des vaisseaux
spatiaux, ils sont trois étages plus haut, et
doivent être en état de marche, si je
parviens à me faire des copains parmi les
esclaves, il se pourrait que… »

Il n’eut plus le temps de poursuivre ses
réflexions, six ejnadiens entrèrent dans la
salle, l’un d’entre eux avait un sacré fouet
à la main, ils lui retirèrent sa veste et sa
chemise, et l’obligèrent à se coucher à plat
ventre, la punition allait arriver, l’un d’entre
eux lui dit:

« Un bon conseil, reste couché, si tu
cherches à te relever ou même à changer
de position, la sanction sera de 10 coups
de fouet supplémentaire par tentative, et
tu ne pourras pas en faire beaucoup. »

Et les coups de fouet se
succédèrent, Yupanki s’était
concentré, tout en jouant son rôle d’écorché
vif, il comptait les coups, mais il n’avait
jamais procédé à un tel exercice, utiliser ses
facultés pour que le derme n’ait pas de
dégâts vitaux, tout en criant, et en laissant
la partie supérieure de l’épiderme et la
peau dans leur état naturel afin que les
blessures paraissent authentiques, 30
coups, c’était long, y parviendrait-il ?

17...18... Jusque là, tout allait à peu près
bien, mais il fallait tenir jusqu’au bout, 27...
28... 29, puis le supplice prit fin, il resta
couché sur le ventre, sans bouger, tout en
continuant à gémir, l’un des hommes fit
toutefois une remarque:

« Il n’a même pas bougé, c’est la première
fois que je vois ça, qu’en penses tu, Konim ? »

« Heureusement pour lui, mais regarde le
bien Harnam, il est salement amoché, il lui
faudra une bonne semaine pour s’en
remettre, allez chercher les gars de
l’infirmerie !

J’ai peut-être demandé 10 coups de
trop, n’oublions pas que les kajeniens sont
nos patrons, ils veulent beaucoup
d’esclaves pour fabriquer leurs
vaisseaux, nous ne devons pas trop les
maltraiter, ils s’en chargent déjà bien entre
eux, et nous sommes payés au
rendement, celui-là doit être bien
soigné, cela fera un travailleur de plus. »

Yupanki avait réussi à jouer son rôle
jusqu’au bout, il continuait à gémir tout
en réfléchissant:

« Je pense que je n’ai pas trop de
dégâts, ce que je viens d’entendre est
intéressant, ils ont une certaine obligation
de ménager les esclaves pour des
questions de rendement et de
fric, décidément, c’est partout pareil, mais
les esclaves qui se maltraitent entre
eux, cela m’inquiète un peu plus, si ce
sont tous des zarkiens, ils vont vite
découvrir que je n’en suis pas un, cela
risque de tourner au vinaigre, si je veux
sortir d‘ici, il va falloir que je m‘impose
parmi les zarkiens, comme un leader, mais
chaque chose en son temps…»
 
Trois ejnadiens étaient encore dans la salle
lorsque les gars de l’infirmerie
arrivèrent, l’un d’entre eux:

« Oui, il est dans un sale état, amène le
lit, Torgod, on va le poser dessus pour
l’emmener à l’infirmerie. »

Une fois mis sur le lit Yupanki releva
légèrement la tête et pût voir que les
gars de l’infirmerie étaient des kajeniens.

« Tiens ! Voilà autre chose, chacun
semble avoir son rôle ici, les
zarkiens, esclaves, les ejnadiens, des
sortes de gardiens, et à l’infirmerie des
kajeniens, je dois en savoir
plus, notamment sur le système et ses
planètes, cela devrait s’éclaircir lorsque
j’aurai des partisans, il me faut
également connaître le mode de
fonctionnement de cette mine, pour
pouvoir m’échapper, cela sera nécessaire. »

Yupanki passa une semaine à
l’infirmerie, la nourriture était correcte, il
était bien soigné, ses blessures se
refermaient, puis cicatrisaient, il ne
précipita pas le processus, il fallait
toujours donner le change, il essayait
bien d’écouter les conversations, lorsqu’elles
étaient audibles, par des gens pas trop
éloignés, mais des blessés zarkiens
arrivaient régulièrement, les conversations
ne dépassaient pas l’ordre médical.

« Il va me falloir entrer dans l’arène pour
en savoir plus, et le moment approche. »

Quelques minutes plus
tard, effectivement, deux kajeniens et
deux ejnadiens entrèrent dans sa
chambre, il venait de prendre son petit
déjeuner, l’un des ejnadiens lui dit:

« Viens avec nous zarkien, quel est ton
nom ? »

« Je m ‘appelle Kitapec. »

« Kitapec ! C’est un drôle de nom qui ne
fait pas très zarkien, mais peu importe, nous
allons te coller un numéro, puis t’attribuer
une place dans la chaîne, les explications ?

Tu les auras sur place, par tes voisins, viens
avec nous ! »

Kitapec alias Yupanki parcourut des
couloirs, dans une salle, on lui apposa un
numéro sur son poignet gauche, avec une
sorte d’encre indélébile, ce qui n’était pas
un problème pour lui, puis on le dirigea
vers la chaîne, dans le troisième rang, il
restait une place de libre, entre deux
esclaves, lorsqu’il y fût, les deux ejnadiens
repartirent.

« Tiens, je ne te connais pas, toi, qui es tu ? »

« Je m’appelle Kitapec, et toi ? »

« Kitapec ! Tu n’es pas zarkien, d’où tu
viens ? »

L’autre voisin intervint:

« Il me fait l’effet d’un curieux mélange
entre un kerkien et un ejnadien, mais il
est comme nous, plus petit qu’eux, c’est
vrai ça, d’où tu es ? »

Yupanki: « Peu importe d’où je viens, je
suis esclave comme vous, et il paraît que
vous devez m’indiquer ce que je dois faire. »

« Tu n’as pas répondu, alors tu te démerdes. »

Yupanki les regarda faire et comprit qu’ils
prenaient des petites pierres dotées
d’aspérités coupantes, ils en retiraient une
sorte de gangue avec leur doigts sans
protection, pour faire apparaître quelque
chose de brillant et de jaune, probablement
un métal, peut-être celui qui était utilisé
par les kajeniens pour leurs vaisseaux
spatiaux, il demanda:

« C’est quoi comme métal ? »

Ses deux voisins se mirent à rire, l’un d’eux
lui répondit:

« On te l’a dit, et on ne te le répétera pas. »

Yupanki: « D’accord, puisque vous prenez
les choses de cette façon, cela ne
me gênera pas.»

Il pris à son tour des petites pierres dont
il retira la gangue, mais le voisin situé en
amont tenta de s ‘accaparer toutes les pierres.

Yupanki: « Ce n’est pas très malin, pense
plutôt à tes copains en aval. »

L’intéressé marqua un temps de
réflexion, avant de conclure qu’il était
obligé de s’exécuter, mais il regarda
Yupanki d’un air mauvais en lui disant:

« Tu ne perds rien pour attendre. »

 Et c’est là qu’un ejnadien, qui avait vu le
manège, intervint:

« Que se passe-t-il ? »

C’est le voisin en aval de Yupanki qui répondit:

« Il n’est pas des nôtres, ce n’est pas un
zarkien, on ne travaillera pas avec lui. »

« Pas un zarkien !!

Il vous ressemble comme deux gouttes
d’eau, il a récemment pris 30 coups de
fouet, ce n’est donc pas à lui, mais à toi
qu’on va les donner si tu persistes, zarkien
ou pas on s’en fout, tu m’as bien compris ?

Fais tes pierres, sinon… »

Puis il s’adressa à son autre voisin:

« Cela s’applique aussi à toi, c’est bien clair ? »

« Oui, chef, c’est très clair. »

Yupanki en profita pour s’adresser à
l’ejnadien, qui n’était autre qu’Harnam.

« S’il te plait, chef, de quel métal s’agit-il ? »

Ce dernier se mit à rire:

« C’est du Larkonium, tes voisins n’ont
peut-être pas tort, je me demande d’où tu
viens pour ignorer ça. »

Puis il s’en alla un peu plus loin

Un des voisins: « On joue les fayots avec
l’ejnadien ?

Attends un peu, ce soir, tu riras moins. »

Yupanki: « C’est peut-être vous qui rirez
moins. »

L’autre voisin: « Ffff, alors toi, tu doutes
de rien, j’ai idée que tu vas faire de
sacrés séjours à l’infirmerie. »

« Dans ce cas, je suis sûr que vous
m’accompagnerez, après tout, on n’est
pas si mal que ça, là-bas. »

L ‘autre voisin: « Alors là, Takoni, cherche
pas, il est fou. »

« T’as raison, Hosmani. »

Yupanki: « Maintenant, je sais comment
vous vous appelez. »

« Cela ne va pas te servir à grand-chose. »

C’était très mal engagé, Yupanki, comme
tout être humain, malgré ses pouvoirs et
ses talents de combattant, aurait
besoin, à un moment ou un autre, de
dormir, et là, la situation se corserait, il
devait au plus vite repérer les lieux, les
endroits les mieux protégés, s’il y en
avait, utiliser la téléportation serait une
erreur, il pouvait se téléporter à la
surface, et s’emparer d’un vaisseau, mais
le piloter tout seul pour aller où ?

Il ne savait même pas piloter, la mine était
une énorme salle, avec une vingtaine de
tapis roulants, ceux qui acheminaient les
pierres, et il y avait 20 esclaves par
tapis, cela faisait du monde, et si fort
soit-il, Yupanki se voyait mal affronter
400 personnes, même avec le
Teknak(art secret inca de combat).

Il continuait à s’occuper des pierres tout
en regardant partout où il le pouvait, mais
c’est au court break de midi, l’heure du
déjeuner qui se composait d’une sorte de
brouet pas trop mauvais, et d’un grand
verre d’eau, qu’il put regarder partout, il
s’aperçut que les fils reliés aux tapis
roulants s’orientaient tous vers un
panneau métallique d’à peu près cinq
mètres sur cinq, dans lequel ils
disparaissaient.

« Tiens, intéressant, c’est centralisé, savoir
ce que le panneau cache pourrait m’en
dire plus sur un éventuel moyen de
saboter l’ensemble. »

L’après midi se passa calmement, le dîner
aussi, Yupanki venait de repérer deux ou
trois endroits intéressants car difficiles ou
impossibles d’accès pour un humain
normal, des lieux où il pouvait dormir, mais
cela posait plusieurs problèmes.

D’abord du côté des autres esclaves qui, ne
le voyant pas près d’eux, se demanderaient
pourquoi.

Ensuite, du côté des gardiens, les
ejnadiens, qui se poseraient les mêmes
questions.

Ceci, pour l’endroit où personne ne pourrait
le voir, pour les deux autres où il serait
visible, tous se demanderaient
inévitablement comment il fait pour y accéder.

Yupanki était prêt à ne pas dormir durant la
première nuit, mais cela ne résolvait rien
pour les suivantes, il supposa qu’il n’aurait
pas toutes les 400 personnes contre
lui, sans toutefois pouvoir en être
certain, mais il reçut une aide inespérée.     

Dans l’après midi, Harnam avait fini par
signaler l’incident du matin à Konim, qui
était son chef, ce dernier réunit tous les
gardiens pour leur dire:

« Il paraîtrait que ce Kitapec, n’est pas
un zarkien, et que ces derniers, à
commencer par ses voisins, ont
l’intention de le prendre à parti, s’il le
chopent, il sera perdu pour nous, or
d’après ce qu’Harnam a constaté, il
travaille comme trois, trie parfaitement
les pierres, très vite, cet esclave est donc
précieux pour nos revenus, il faut
le protéger.

Dans la journée, il ne craint rien, nous
sommes sur place, pas de bémol, mais le
danger, c’est la nuit, alors hors du temps
de travail, il ne faut pas qu’il soit avec
les autres, il serait possible de lui trouver
une place permanente à l’infirmerie, mais
parmi les 400 zarkiens, il y en a toujours
une trentaine qui se chamaillent entre
eux, et ce sont toujours les mêmes, par
ailleurs, je n’ai pas totalement confiance
dans les gars de l’infirmerie, ils bloquent
trop facilement la bulle, et la moindre
négligence…

La seule solution que je vois, c’est de lui
attribuer une de nos chambres, elles sont
inaccessibles aux zarkiens, il sera en
totale sécurité. »

Autre chose, chacun d’entre nous est en
quasi permanence à la fin du tapis
roulant, ne serait ce que pour observer
les pierres qui n’ont pas été traitées, le
Larkonium est mis dans des sacs pour aller
au centre, seules les gangues, en tous
petits morceaux ou en poudre, doivent
arriver au bout des tapis, si les cadences
ne sont pas respectées, ce qui est
souvent le cas, on est obligés de
reprendre les pierres pour les remettre
en circuit, avec ce Kitapec, il se pourrait
que nous n’ayons plus de pierres non
traitées au bout de son tapis, ce qui nous
éviterait du boulot, et des
blessures, quitte à le passer en position
20, la dernière, d’un tapis à un autre
selon les jours, afin que tout le monde
en profite, qu’en pensez-vous ? »   

Tous les gardiens étaient d’accord, que
ce Kitapec soit zarkien ou pas, ils s’en
foutaient, la seule chose qui les
intéressait est ce qu’il pouvait leur
rapporter, travailler comme trois, ou
plus encore, cela méritait une sérieuse
considération.

Alors que les esclaves étaient prêts à
se coucher, aucun lieu n’ayant été
désigné à Yupanki, et qu’une bonne
dizaine d’entre eux, parmi lesquels
Takoni et Hosmani, se rapprochaient
de lui avec des regards
mauvais, Harnam et quatre autres
gardiens vinrent dans la zone et firent
un signe à Yupanki:

Harnam: « Toi, le néozarkien, viens
avec nous ! »

Yupanki les suivit en pensant:

« Qu’est-ce qu’ils me réservent encore ?

Ils veulent savoir qui je suis réellement ?

Problème, mais quoi qu’il en soit, ça ne
sera pas pire que d’avoir 400 zarkiens sur
le dos. »   

Ils montèrent à l’étage
supérieur, fermèrent les portes de
sécurité, puis près des chambres des
gardiens, Konim lui expliqua ce dont il
s’agissait, et termina par:

« Voici ta chambre là-bas, tu pourras
même prendre le petit déjeuner avec
nous, mais attention, nous comptons sur
toi pour un rendement maximal, et s’il
ne reste plus de pierres au bout de ton
tapis, ce sera encore mieux. »

« Alors là, oui, sans hésitation, vous
pouvez compter sur moi, je peux encore
augmenter mes cadences, car ce
matin, je suis arrivé en retard par la
force des choses, et au début, mes deux
voisins ne m’ont pas facilité le travail. »

« C’est exact, et j’apprécie ta réponse, si
tes actions la confirment, nous nous
entendrons bien, tu peux aller te coucher. »

Durant les jours suivants, autant ça
jasait chez les zarkiens, autant chez les 
ejnadiens, on pouvait lire une certaine
satisfaction sur les visages des
gardiens, qui tous les jours, affectaient
Yupanki à un nouveau tapis, toujours en
vingtième et dernière position, jamais
aucune pierre non traitée ne dépassait le
tapis, son rendement était presque de
5 fois supérieur à celui des autres.

Si le fait d’occuper la dernière
position, généralement près d’un
gardien, lui assurait encore plus de
sécurité, et un seul voisin au lieu de
deux, cela avait l’inconvénient de lui
diminuer fortement les possibilités de
communication.

Dans l’un des jours suivants, il n’eut pas
un voisin, mais une voisine, pas
particulièrement jolie, ni laide non
plus, jeune, dans les 25 ans, qui finit
par lui adresser la parole:

« C’est vraiment étonnant, je me demande
comment tu fais pour aller aussi vite. »

Yupanki: « Je ne le sais pas
moi-même, mais je crois qu’on peut
toujours progresser. »

« Progresser ! Pour quoi faire ? »

« Pour être bien vu des gardiens, plus tu
décortiques des pierres, plus ils sont
contents, car ça leur rapporte. »

« Je ne comprends pas. »

« C’est pourtant simple, les kajeniens
sont à la fois les clients et les patrons des
ejnadiens, qui sont payés  au rendement. »

« Tiens ! Je n’avais pas vu ça comme ça…

Tu n’es pas bête, toi, tout nouveau ici, tu
sais déjà ça ? ».

« Et bien d’autres choses encore, c’est
vrai que je ne suis pas un zarkien, mais
un esclave tout comme vous
autres, alors pourquoi m’en voulez vous ? »

« Moi, je ne t’en veux pas
particulièrement, mais vouloir te faire
passer pour un zarkien, ce que tu n’es
pas, n’est pas une bonne chose, d’autre
part, grâce à ta vitesse, tu mises là-dessus
pour obtenir des privilèges auprès des
gardiens, tu ne dors pas avec nous, mais
sûrement dans un lieu protégé, ça non
plus, n’est pas bien, alors on peut
comprendre que certains d’entre nous
ne soient pas très contents. »

Il y eut une interruption, car un gardien
était revenu vers le bout du tapis, mais
quelques minutes plus tard, son attention
fût attirée par deux esclaves qui
s’invectivaient vers le milieu du
tapis, il devait intervenir.

« Mets toi un instant à ma place, ce n’est
pas moi qui ai spécialement voulu être
un zarkien, mais c’est la police
qui, lorsqu’elle m’a capturé, était
convaincue de par mon aspect, assez
ressemblant au vôtre, que j’en étais un.

Par ailleurs, que je sois un peu plus rapide
que vous, ce n’est pas ma faute, c’est une
question de nature, mais heureusement
pour moi que je le suis, parce que dans le
cas contraire, j’aurais été placé dans votre
zone pour les nuits, et avec les menaces
à mon encontre par Takoni et Hosmani, je
serais déjà probablement mort. »

« Ce que tu viens de dire n’est pas
faux, pour l’histoire de la police, je te
crois, et il est vrai que si tu avais été avec
nous, tu aurais eu de sérieux ennuis, il
se trouve que Takoni et Hosmani sont
mes meilleurs potes, ainsi que Carrino
et Zorkad, lui non plus n’est pas
zarkien, mais karkien, il vient d’une
planète voisine à la nôtre, nous sommes
en bons termes avec eux…

Je crois que je comprends ton point de
vue, mes potes sont remontés contre
toi, d’autres aussi, par imitation, mes
copains sont, en quelque sorte, les chefs de
notre petite communauté, alors lorsqu’ils
passent un mot d’ordre, les autres
exécutent,  ils sont toutefois capables de
réfléchir, peut-être que cela peut
s’arranger, mais je te garantis rien. »

« Comment t’appelles-tu ? »

« Agnema. »

« Tu viens de faire preuve de
compréhension, Agnema, ce qui
t’honore, si vous m’admettez dans vos
rangs, il se pourrait que je puisse vous
aider. »

« Nous aider ? A quoi ? »

« A vous échapper. »

« !!! Non, là, tu es fou, ce n’est pas
possible. »

« Détrompes-toi, c’est tout à fait
possible, mais chut, le gardien revient. »  

La matinée se termina, durant la pose
déjeuner, sur place:

« Ton histoire de s’échapper…

Je n’y crois toujours pas, car je ne vois
vraiment pas comment on pourrait faire. »

Yupanki: « Moi si, et sans problème, tu
as eu raison de me croire, alors fais
moi confiance pour le reste, mais pour
réussir ce coup, il me faut votre
coopération à tous, les 400 pourront
s’échapper. »

Agnema le regarda avec le même regard
que celui de Moïse devant la gravure de la
Table des 10 Commandements:

« Tu es hallucinant, je parlerai à mes potes. » 
  
 « Je te crois capable de les convaincre. »

« Là, tu vas un peu vite en besogne. »

« L’habitude avec les pierres sans doute. »

Agnema se mit à rire:

« Et en plus, tu as de l’humour. »

L’après midi passa très vite, les six jours
suivants aussi, au septième, Yupanki se
retrouva de nouveau à côté
d’Agnema, ceci étant dû au fait que les
esclaves changeaient de tapis d’un
jour sur l’autre, et n’avaient que
rarement les mêmes voisins, règle de
sécurité ?

Agnema occupait toujours la dix neuvième
position, et semblait faire exception à la
règle, pourquoi ?

Parce qu’elle était la seule femme parmi
les 400 esclaves ?

Que les gardiens estimaient qu’elle devait
être protégée ?

Bref, à un moment, le gardien libéra la
zone, et Agnema:

« Ton nom, c’est Kitapec, c’est ça ? »

« Exact. »

« Alors j’ai parlé de ton histoire et de
ton projet à mes potes, et ils ont
longuement réfléchi, ils comprennent
ton point de vue, et ne t’en veulent
plus, si tu venais parmi nous, tu serais en
sécurité, c’est à ton tour d’avoir confiance
en ce que je vais te dire, désormais, ils
t’admettent, autrement dit, tu fais partie
de notre communauté, mais pour cela, il
faut venir dormir avec nous, pour que
l’on puisse parler, autrement, c’est trop
difficile, par personne interposée, une
fois tous les x jours, trop compliqué.

Lorsque tu m’as dit qu’on représentait
pour les ejnadiens une sorte de
rentabilité, cela m’a fait comprendre
pourquoi nous les esclaves, on n’est pas
trop maltraité, et que lorsqu’il y a des
blessés parmi nous, ils sont bien soignés
à l’infirmerie, même les repas, simples
mais pas mauvais, sont bourrés de
vitamines, tu es quelqu’un
d’intelligent, cela ne fait aucun doute, mais
si tu as un plan pour nous échapper, il te
faut un autre plan pour nous rejoindre
la nuit. »

Yupanki: « J’en ai un, il me suffit de
baisser ma cadence dans l’extraction de la
gangue aux  pierres, pour me mettre à peu
près à la vôtre, j’intéresserai beaucoup
moins les gardiens qui n’auront plus de
raisons de m’accorder des privilèges. »

« Ffff, très intéressant, mais ils vont se
demander pourquoi, quel prétexte
vas-tu leur donner ? »

« La fatigue, un peu malade, un
surmenage, sois sans crainte, j’arriverai
toujours à broder, je vais faire en sorte
que, dans les jours qui viennent, ils
m’envoient chez vous. »

« Super, alors nous t’attendons. »

Yupanki mit de suite son plan à
exécution, il ralentit sa cadence de
travail, deux jours après, un soir, il fut
convoqué par Konim:

« Ah ! Kitapec, alors ?

Qu’est-ce qu’il se passe ?

Depuis près de trois jours, ton rendement
n’est pas meilleur que celui des autres, tu
nous a habitués à beaucoup
mieux, aurais-tu une explication ? »

« Eh bien, chef, je ne me sens pas bien
en ce moment, et je suis fatigué, j’ai le
sensation d’être partiellement
paralysé, toujours engourdi, j’ai du
mal à coordonner mes gestes, et je
n’y comprends rien. »

Konim: « Hm ! Fatigué? Engourdi ?
Paralysé ? Bizarre, pourquoi ne l’as-tu
pas dit plus tôt ? »

« Je pensais que ça allait se passer, chef. »

« Ouais, bon, alors vas te coucher, demain
matin, je t’envoie à l’infirmerie, il y aura
un docteur qui va t’examiner. »

 Le lendemain, en fin de matinée, Konim:

« Alors, Docteur, comment il est, Kitapec ? »

« Pas trop bien, il a de fortes baisses de
tension, des battements de cœur
irréguliers, je dois poursuivre les examens
pour en situer la ou les cause(s). »

« Ah bon, alors il ne m’a pas menti, j’aime
mieux ça, mais il faut me le rétablir, hein
Docteur !

Je compte sur vous. »

« Je ferai ce que je pourrai. »

Yupanki jouait de ses facultés pour
dérouter les contrôles médicaux, cela
fonctionnait à merveille, il fallait
continuer, le soir, chez les zarkiens:

Agnema: « Vous voyez, il joue le jeu, il
paraît qu’il est à l’infirmerie, c’est sûrement
vrai, car on ne l’a pas vu de la journée. »  

Carrino: « C’est sûr, un esclave qui ne
travaille pas, c’est qu’il est à
l’infirmerie, d’après ce que tu nous a dit
sur l’histoire du rendement qui profite à
nos gardiens, on a beaucoup mieux
compris les choses, son plan, à
commencer par l’infirmerie, est génial. »

Takoni: « Ouais, sûr, il a dû se faire
remonter les bretelles par Konim, lui dire
que ça n’allait pas, qu’il était fatigué et
tout le toutim, l’autre l’a balancé à
l’infirmerie, et voilà, finalement, c’est
sûr, c’est un malin, attendons la suite. »

Hosmani: «D’accord, c’est bien beau tout
ça, mais rien ne dit qu’ils vont finir par
nous l’envoyer. »

Zorkad: «  Si, Hosmani, je pense qu’il le
feront, si on n’a pas pu le choper, c’est
qu’il dormait dans une des chambres des
gardiens, auxquelles on n’a pas accès, il
n’y a pas d’autre possibilité, extraordinaire
privilège dont il ne bénéficiera pas
longtemps s’il ne leur rapporte plus
grand-chose.

Je serais d’avis que demain, deux d’entre
nous simulent une dispute un peu physique
pour que l’un ou les deux partent à
l’infirmerie, histoire de prendre la
température. »

Takoni: « Ca, c’est une bonne idée, faut
qu’on arrive à lui parler, à Kitapec, a quoi
pense-tu, Agnema ? »

« Au fait qu’il ne vient d’aucun de nos deux
systèmes, aurait-il été capturé dans
l’espace par les kajeniens, puis amené ici ? »

Hosmani: « Ca peut être une réponse, mais
alors, qu’est-ce qu’il est venu foutre dans
nos zones ? »

Carrinio: « Il faudra le lui
demander, alors, c’est sûr, tout le monde
est d’accord, on n’en a plus après lui ? »

Une minute de silence, puis Takoni:

« Non, s’il a vraiment un plan pour qu’on
s’échappe et qu’on rentre chez nous, au
contraire, il va devenir un ami, c’est le
moins qu’on lui devra, non ? »

Agnema: « Oui, ça, il l’aura mérité, ça nous
permettra de continuer la lutte contre les
kajeniens, qui devront payer. »

Accord général, d’autres jours
s’écoulèrent, Yupanki alternait entre
l’infirmerie et le travail, le Docteur ne
parvenait pas à trouver la ou les
cause(s) de son nouvel état qui était devenu
permanent, ce qui finit par lasser les
gardiens qui se réunirent à nouveau:

Konim: « Suite aux derniers évènements
qui concernent Kitapec, je pense que vous
serez d’accord avec moi sur le fait qu’il
ne présente plus beaucoup d’intérêt pour
nous, ce n’est pas tout à fait un
boulet, car il a la même cadence que les
autres, mais nous n’avons plus aucune
raison de lui octroyer des privilèges, il
y aura d’autres zarkiens qui
viendront, un de plus ou un de moins sur
déjà 400, cela ne fait pas une grande
différence, le Docteur ne parvient pas à
trouver les causes de sa diminution qui
est pourtant bien réelle, les zarkiens ne
l’aiment pas, ils peuvent l’envoyer à
l’infirmerie, ou même plus grave, mais
dans les deux cas, cela ne nous concerne
pas, alors pour moi, il apparaît comme
évident, puisque c’est un esclave
comme les autres, de le renvoyer chez
les zarkiens, qu’en pensez-vous ? »

Les gardiens étant tous d’accord, Konim
convoqua Kitapec:

« Bon, je t’ai fait venir pour te dire que
tu vas prendre tes affaires et aller te trouver
une place chez les zarkiens, ta maladie ou
ta diminution n’est peut-être pas de ta
faute, peut-être n’es tu qu’une victime, mais
nous ne pouvons plus rien pour toi, surtout
que par ailleurs, il arrive que nous ayons des
visites de responsables kajeniens, qui ne
comprendraient pas que tu bénéficies de
privilèges sans rien donner en échange, nous
ne pouvons pas te garder, et nous le
regrettons, tu peux t’en aller, bonne chance. »

Yupanki n’avait pas grand-chose à prendre
comme affaires, il se rendit chez les
zarkiens, au rez de chaussée:

« C’est joué, j’espère qu’Agnema ne m’a pas
menti, son ton était sincère, mais quoi qu’il
en soit, j’ai idée que je serai admis si mon
plan d’escapade fonctionne, et je risque
fort d’être obligé de leur démontrer ma
faculté de téléportation. »

Une fois arrivé:

Agnema: « Ah ! Te voilà, Kitapec, bon, tu as
une place ici pour dormir, à côté de nous.

Pour les douches, elles sont là-bas, au bout
du couloir, les toilettes, les dix dernières
portes à gauche dans le couloir, nous
entretenons la propreté des lieux à tour de
rôle, dix par dix sont de corvée générale
d’entretien tous les jours.

D’accord, on dort sur le sol, mais tu
verras, on n’y est pas si mal, il fait
bon, même pas besoin de couvertures. »

Yupanki: « Pas de problème. »

Takoni: « Très bien, alors, nous t’écoutons. »

« Sommes nous sûrs que personne ne
nous écoute ? »

Une bonne quarantaine de personnes se
mirent à rire.

« Bon laissons passer un peu de temps, il
se pourrait que des gardiens viennent voir
si tout va bien. »

Takoni: « Pas faux, attendons un peu. »

Yupanki ne s’était pas trompé, un quart
d’heure plus tard, trois ejnadiens vinrent
voir si tout était calme, voyant Kitapec
parmi les autres, et en bon état, ils
repartirent, ils avaient entendu les rires, et
c’est cela qui les avait fait venir.

Yupanki:« Pour commencer, vous avez
dû, comme moi, voir que trois étages
plus haut, en surface, il y avait des
vaisseaux kajeniens en pagaille, une bonne
quinzaine, à votre avis, sont-ils en état de
marche, et est-ce que certains d’entre
vous sauraient les piloter ? »

Hosmani: « Au premier sous-sol il y en a
encore d’autres, mais oui, ceux de la surface
sont opérationnels, on voit que tu n’es pas
de notre planète, car autrement, tu saurais
que tous les prisonniers ici sont des pilotes
ou des copilotes de guerre, si nous sommes
là, c’est que nos appareils ont été abattus
un peu partout dans le secteur, quant à
piloter les appareils de nos ennemis, le
temps de s’adapter à leurs commandes
que certains d’entre nous
connaissent, c’est une histoire d’une
demie heure maximum.

Tu as posé une bonne question, mais où
veux-tu en venir ? »

Yupanki: « A ceci, les effectifs me semblent
peu nombreux, d’accord, nous n’avons
pas d’armes alors que eux en ont, les
gardiens une vingtaine, dites moi si je
me trompe, les gars de l’infirmerie et le
Docteur ?

Sept ou huit, au premier sous-sol, je ne
sais pas, mais admettons que cela fasse
un total de 50 personnes, contre 400, à mon
avis, c’est jouable à condition des distraire
la trentaine de notre secteur, et pour
cela, j’ai remarqué que les câbles électriques
qui actionnent les tapis se dirigent tous vers
un carré de 5 mètres sur cinq, endroit à
partir duquel ils disparaissent, ce qu’il y a
derrière ce panneau de cinq sur cinq
m’intéresse, afin de savoir si on peut
le saboter. »

Carrino: « Alors ça, c’est pas bête du
tout, nous savons que derrière le panneau
carré dont tu parles, les câbles sont
absorbés dans un tunnel en
plastique, quelques mètres plus loin, dans
lequel ils continuent, mais pour y
accéder, pas évident, monter le long d’un
câble, très long, sur 20 mètres de haut ?

Les gardiens ont 100 fois le temps
d’intervenir, en plus, il faut disposer
d’outils pour saboter les câbles, où
les prendre ? »

Yupanki: « Atteindre ce qu’il y a derrière
le carré n’est pas un problème pour
moi, ni saboter les câbles, c’est à vous
que reviendra la tâche de neutraliser les
gardiens pendant le travail, puis ceux
de l’infirmerie, avant d’utiliser l’ascenseur
qui vous mènera à la surface, êtes vous
capables de faire cela en souplesse, sans
créer d’alerte ? »
 
Takoni: « Agnema avait raison, tu es
hallucinant.

Neutraliser les gardiens durant le
boulot, monter à l’infirmerie pour
neutraliser les autres guignols, sans
donner d’alerte, oui, ça, nous pouvons
le faire, l’ascenseur peut monter
directement à la surface, sans déranger
les éventuels mecs qui seraient au
premier sous-sol, mais il y a deux
bémols:

- Il faut un code pour mettre l’ascenseur
en service.

- L ‘ascenseur contient 10 personnes
max, 400, ça fait 40 voyages, non
seulement ça prend du temps, mais le
fonctionnement incessant de l’ascenseur
alerterait les gens du premier. »

Yupanki: « Bon, d’accord, je vais aussi me
charger de ces deux bémols, pas de souci… »

Hosmani: « Pas de souci !!! Mais il est fou ! »

Yupanki: « Oh non, je ne le suis pas, une
dernière question, y a-t-il un cristal quelque
part, si oui, de quelle couleur et de
quelle taille? »

Takoni: « Un cristal, ha ha ha, on est dans
la science-fiction là. »

Zorkad: « Peut-être pas, Takoni, deux
appareils médicaux ont sûrement des
cristaux, et ils sont dans la même
salle, quelle couleur et quelle taille, je
ne sais pas, et démonter les appareils
sans risque prend du temps, à condition
de ne pas être dérangé. »

Yupanki: « Décidément, c’est encore plus
simple que je ne pensai, préparez vous tous
à dormir, nous n’aurons même pas besoin
de saboter les câbles des tapis, je me charge
de tout et vous réveillerai dans cinq
heures, nous serons alors prêts à partir. »

« !!! » « !!! »  « !!! » « Mais il est fou ! »
« !!! » « ha ha ha »

Yupanki: « ce que je viens de vous dire
est très sérieux, dans cinq heures nous
partons, moi, je ne sais pas piloter un
vaisseau spatial, mais vous, oui, le
reste, je m’en charge, dormez dès
maintenant, car vous devrez être en état
de piloter, et lorsque je vous
réveillerai, il faudra quand même faire
vite, ayez confiance. »

Takoni: « Non mais là, on est dans la folie. »

Agnema: « Non, Takoni, moi, je le crois, on
a intérêt à dormir de suite, rien qu’avec
le ton avec lequel il a utilisé les deux
derniers mots, crois moi, il ne plaisante
pas, j’ai été deux jours avec lui, j’ai
l’habitude de ses intonations. »

Hosmani: « Mais réfléchis, Agnema, ce qu’il
dit n’est pas réalisable, surtout par un
seul homme, c’est impossible ».

Yupanki: « Vous verrez que non, bonne
nuit à tout le monde. »

Tous rigolèrent pendant un bon
moment, une dernière parole avant de
s’endormir.

« Nous venons d’hériter d’un
comique, remarquez, ça va nous changer
un peu. »

Peu après, Yupanki:

« Mes séjours à l’infirmerie ont été
utiles, ils ont un produit analogue au
chloroforme, qui peut endormir durant
plusieurs heures, je sais où il se
trouve, et lorsqu’ils se réveilleront, nous
serons partis depuis longtemps, les
compresses aussi, je sais où les
prendre, alors récapitulons, téléportation
au premier, vers l’infirmerie, tout le
monde dormira, tant pis pour celui
qui serait encore réveillé, je
chloroforme les infirmiers et les
gardiens, puis je démonte les machines
et prends les cristaux, ils peuvent me
servir à fabriquer une arme si
nécessaire, puis je me téléporte à l’étage
au dessus, j’endors tout le monde, les
codes des ascenseurs, je les connais, une
fois la voie libre, je réveille mes zarkiens.

Combien de temps pour un tel ensemble?
Disons trois quarts d’heure, allez, comptons
une heure, je vais me provoquer un
sommeil de trois heures avant de passer
à l’action, en plus, pas besoin de montrer
mes pouvoirs aux zarkiens, ils me
demanderont comment j’ai fait, je trouverai
toujours de quoi leur répondre. »

Cinq heures plus tard, Yupanki commença
par réveiller Agnema, Takoni, Zorkad et
Hosmani, Carrino.

« Réveillez tous les autres et allez vers
l’ascenseur, nous partons. »

Takoni: « Hein ? Quoi ?

Il est fou, ça va pas la tête ! »

Yupanki: « Faites ce que je vous dis, la
voie est libre, tout le monde dort. »

Agnema: « Allons-y, faites ce qu’il dit. »

Hosmani: « Si c’est une plaisanterie, ça
va te coûter cher. »

Yupanki: « Vous pouvez aller crier dans
la grande salle si ça vous amuse, vous
ne réveillerez personne. »

Carrino regarda intensément Yupanki:

« Il n’a pas l’air de plaisanter, ça vaut
le coup de vérifier. »
 
Tous les zarkiens furent réveillés, ils se
dirigèrent vers l’ascenseur qui
commença à prendre les 10 premières
personnes, une demie heure plus
tard, les 400 zarkiens étaient en
surface, devant les vaisseaux
spatiaux, Yupanki:

« Bon, avec qui je monte ? »

Agnema: « Avec nous, bien
sûr, maintenant, notre chef, c’est toi. »

Les quatre autres potes: « On est
d’accord, il l’a bien mérité, mais
comment as-tu fait, Kitapec ? »

« Ca, c’est mon secret, l’essentiel, c’est
que vous soyez libres, non ? »

Takoni: « Aucun homme normal n’aurait
pu faire ce que tu as réussi, je ne sais pas
qui tu es ni d’où tu viens, mais j’essaierai
pas de me battre contre toi. »

Hosmani: « Moi non plus, quand les
gardiens t’ont protégé, on a dit
heureusement pour lui, mais c’était
plutôt heureusement pour nous. »

Une heure plus tard, tout le monde avait
quitté la planète avec 10 vaisseaux, dans
la salle de contrôle de l’un d’eux:

Yupanki: « Maintenant, où allons-nous ? »

Takoni: « Ben sur Zarka, pardi, et tu vas
être bien accueilli, crois moi. »

« Il y en a pour combien de temps ? »

Hosmani: « On approche la
vitesse/lumière, je ne connais pas
encore les capacités de ces
appareils, mais je les crois au moins
aussi puissants que les nôtres, je dirais
deux jours. »

Carrino: « C’est vrai qu’il ne connait pas
notre planète, ni notre système, mais
chapeau, chef, tu nous as tiré d’une
méchante mélasse, quatre ans que
j’étais prisonnier. »

Takoni: « Et moi, deux, mais chez
d’autres, c’est bien pire encore, je crois
que le plus, c’est douze ans, quand il va
retrouver sa famille… »

« Je suppose que vous allez continuer
à combattre les kajeniens et les
ejnadiens ? »

Takoni: « Nous, chef, car maintenant, tu
fais partie des nôtres, d’ailleurs, à ton
aspect, je trouve que tu as un air de
famille, les ejnadiens non, eux ne nous
attaquent pas, ils ne passent d’ailleurs
pratiquement jamais dans notre
système, ce sont des gens qui aiment
l’argent, ils louent leurs services au plus
offrant, les karkiens, et nous, on ne les
intéresse pas comme clients, mais les
kajeniens oui, eux, rêvent de régner sur
les deux systèmes et d’exploiter les
autres, on les voit souvent dans notre
zone, détruire nos navires et nous
prendre comme prisonniers, les karkiens
en principe non, car depuis pas mal de
temps, ils ne vont plus beaucoup dans
l’espace, et sont assez forts sur terre
pour se défendre, les kajeniens estiment
que ça vaut pas le coup d’aller trop les
chatouiller, c’est nous qui sommes les
plus faibles parce qu’on est, de temps à
autre obligés d’aller chercher certaines
ressources sur Mardem ou sur Sornim, on
fait également du commerce avec les
karkiens, avec eux, pas de problème, on
s’entend bien. »

« Avez-vous des cristaux ? »

Hosmani: « Tiens ! Une drôle de
question, oui, il se trouve qu’on en a
dans un certain sous-sol sur
Mardem, que les kajeniens ne
connaissent pas, mais pourquoi
demandes-tu ça ? »

« Vous le verrez dans l’avenir, avec des
cristaux, je peux vous aider. »

Takoni: « Nous aider ?
Avec des cristaux ?

On s’en sert pour certaines machines, mais
à part ça…

Que ferais-tu avec des cristaux ? »

Agnema: « Attention, Takoni, s’il dit qu’il
peut nous aider avec des cristaux, ça
doit être du gros. »

Yupanki: « Assez, oui, avec des cristaux, je
peux vous donner la victoire sur les
kajeniens, ils n’auront plus jamais envie
de venir vous chatouillier. »

Hosmani: « Fff, Oui, alors là, c’est plus que
gros, mais avec le chef, on commence à
avoir l’habitude, Kitapec, c’est pas un
homme, mais un surhomme. »

« Non, pas vraiment, mais je dispose de
quelques petites possibilités. »

Zorkad: « Des petites possibilités !!

Quelqu’un qui est capable de neutraliser
20 gardiens, une dizaine d’infirmiers, de
décoder un ascenseur, de neutraliser
encore d’autres gens au dessus, tout
cela presque en moins de temps qu’il
n’en faut pour le dire !!!

Alors qu’est-ce que ce serait s’il parlait
de grandes possibilités ? »

Yupanki: « Oh, ce n’était pas si compliqué
que ça, vous savez que j’ai passé quelques
jours à l’infirmerie, j’ai pu y repérer un
liquide du genre du chloroforme, qui
peut endormir durant plusieurs
heures, puis des compresses, une heure
avant notre départ, tout le monde
dormait, facile de poser sur le nez de
chaque gardien et de chaque infirmier
une compresse, dito pour les 8 péquins de
l’étage au-dessus, puis le tour était joué. »

Takoni: « Tiens, justement, puisque tu en
parle, endormir tout le monde alors qu’ils
dormaient déjà, oui, d’accord, là, c’est
possible, mais comment as-tu réussi à
passer la porte de sécurité, à trouver le
code de l’ascenseur, et à franchir l’autre
porte de sécurité de l’étage au-dessus? »

« Par un énorme coup de chance, j’avais
une chambre parmi celles des
gardiens, je prenais même le petit
déjeuner le matin avec eux, un
soir, après le travail, les gardiens
fêtaient quelque chose, je n’ai pas
trop compris quoi, mais comme j’avais
attiré leur sympathie parce que je leur
rapportais du pognon, ils me
convièrent à leur fête, tous ont bu pas
mal d’alcool, moi aussi, mais je le
supporte bien, à un moment
donné, Harnam a dit à Gamed, qui
était complètement pété:

« Tu as trop bu mon pote, demain, tu ne
te rappelleras de rien, je parie que tu
n’es même plus capable de réciter les
codes ».

Ils ont parié du fric, mais Gamed, tout
pété qu’il était, a récité tous les
codes, d’ailleurs Konim m’a aussitôt dit
d’oublier ce que je venais d’entendre, je
lui ai répondu que dans l’état où
j’étais, je ne risquais pas de m’en rappeler.

Voilà, c’est aussi simple que ça. »

Hosmani: « Hm, ouais, pour toi tout
paraît simple, tu avais bu pas mal et tu
t’es rappelé des codes ?

Tu disposes d’une sacrée mémoire, parce
qu’ils doivent être assez complexes. »

« Pas tellement, le code de
l’ascenseur, c’est kajena12, celui de
la porte de sécurité des gardiens, c’est
ejnada 14, et celui de la porte du
dessus, c’est Azna 567. »

Takoni: « Ah ouais, ça, c’est simple à
retenir, même quand on est pété, eh
bien Kitapec, merci de nous avoir fait
profiter de ton coup de chance, dont tu
vas également bénéficier, mais même
si ce que tu as fait est moins
extraordinaire qu’on pouvait le
penser,  deux choses restent
surprenantes, d’abord le fait que tu
ailles cinq fois plus vite que nous sur les
pierres, ensuite, ton histoire de cristal. »

« Pour les pierres, c’est facile, j’ai
été chercheur d’or, un métal
précieux, dans des rivières ou des
carrières, il fallait retirer de la
gangue de chaque pierre pour libérer
une pépite, je l’ai fait pendant des
années, j’avais du métier, pour le
cristal, cela reste mon petit secret, après
tout, il faut bien que j’en garde
un, mais un jour, vous saurez. »

Takoni: « Nous savons ce qu’est
l’or, admettons pour les pierres, mais de
là à nous donner une victoire sur les
kajeniens avec du cristal, ça, ça
reste énorme. » 

 Agnema: « Pas pour moi, il est plus
intelligent que nous tous réunis. »

Yupanki: « Aucun rapport avec
l’intelligence, mais merci quand
même, Agnema. »

Il avait gagné une fan, et non des
moindres.

Zorkad: « J’aime bien vos histoires, on
vit dans un conte de fée, là, mais
moi, j’ai une femme et deux enfants, que
je n’ai pas vus depuis 5 ans, quand
vais-je rentrer chez moi ? »

Takoni: « Pas de soucis, mon ami, comme
dirait Kitapec, on a des liaisons régulières
avec Karka depuis 3 ans, tu devrais y être
dans trois jours. »

Zorkad: « Ah! Il y a des liaisons régulières
maintenant, chouette…

Mais, les kajeniens vont savoir que nous
nous sommes évadés, et ça ne va pas leur
plaire, il peut y avoir des réactions dans
notre zone. »

Yupanki: « Il y en aura certainement.

Peut-être qu’il faudra que tu restes un
peu plus avec nous, mais avec les
cristaux de Mardem, elles ne vont pas
durer longtemps, leurs réactions. »

Takoni: « D’autant plus qu’on ne va pas
aller de suite à Mardem, les autorités
vont vouloir nous entendre, il va y avoir
les fêtes avec Kitapec comme héros
national, cela risque de prendre plusieurs
jours, voire des semaines. »

Yuapanki: « En arrivant dans votre
système, il va falloir être
prudent, disposez-vous de moyens de
détection longue distance ? »

Takoni: « Oui, mais les kajeniens savent
rendre leur vaisseaux furtifs, on peut à
tout moment avoir une vilaine
surprise, tu as raison de nous inciter
à la prudence, d’ailleurs je vais
donner des ordres aux pilotes
demain, nous sommes encore
loin, dans une zone sans risques. »

Yupanki: « Leur vaisseaux vont autour
de votre planète, et d’après ce que j’ai
compris, pas tellement à Karka, et à
Mardem ? »

Takoni: « Non, Karka, ils n’y vont
guère, à Mardem non plus, ils ne
connaissent pas notre sous-sol, et en
surface, elle est inhabitée, pourquoi ? »

Hosmani: « Kitapec ne pose jamais de
questions par hasard, je crois avoir
compris, il pense à faire déposer
Zorkad avant d’aller directement sur
Mardem. »

Yupanki: « Excellent, Hosmani, c’est
effectivement mon idée, après tout, les
Autorités, qui ne vous ont pas vus depuis
des années, ne seront pas à quelques
jours près, quand à ma fête de héros
national, je ne suis pas pressé, le mieux
est d’abord de faire un heureux, Zorkad
en l’occurrence, puis de nous organiser
en défense à Mardem, dans le
sous-sol, y aurait-il des espaces libres
pour des vaisseaux spatiaux ? »

Takoni: « Fff, alors là, c’est encore une
autre histoire, je ne sais plus où ils en
sont sur Mardem, il faudra leur
demander, mais pourquoi de la place
pour des vaisseaux spatiaux ? »

« Parce que je vais en fabriquer, avec
armement et tout. »

Takoni « !!! »

Hosmani « !!! »

Carrino: «Avec quoi tu vas les
fabriquer ? »

« Avec les cristaux. »

Takoni :«Tu dis que tu es capable de
fabriquer des vaisseaux spatiaux avec
des cristaux !!

En combien de temps ? »

« Instantanément. »

Hosmani: « Mais qui es tu donc pour
avoir un tel pouvoir ? »

« Quelqu’un qui a déjà un assez long
entrainement, alors êtes-vous d’accord
pour déposer Zorkad, puis aller sur Mardem ? »

Takoni: « Le Chef, c’est toi, tu es le
Commandant de ce navire, et de tous
les autres. »  

« Alors, cap sur Karka. »

Zorkad: « Merci, Kitapec, je serai heureux
de retrouver ma famille, mais si un de ces
quatre, tu as besoin de mes
services, quitte à aller sur Mardem, tu
peux compter sur moi, je vais
simplement te demander de me
laisser quelques jours. »

« Profite de tes retrouvailles, malgré que
tu sois quelqu’un de bien, je ne suis pas
pressé de t’appeler. »

Le lendemain, Yupanki:

« Takoni, s’il te plait, assure toi bien que
l’on peut communiquer avec Karka, car il
ne faut pas oublier que nous sommes
dans des vaisseaux kajeniens. »

« Pas de problème, Chef, nous
aussi, avons des codes. »

L’arrivée sur Karka, le dépôt de
Zorkad sur un aéroport près de la
capitale se firent sans incident, puis
les vaisseaux naviguèrent dans
l‘entre espace très au large de
Zarka pour atteindre Mardem, Takoni
et d’autres connaissant les codes
d’identification, ils purent se poser en
surface sans problème, le sous-sol
n’avait pas assez de place pour dix
vaisseaux.

Dans le sous-sol de Mardem:

« Content de vous voir, je suis le Colonel
Barkani, et voici le Commandant
Norentino

Vous nous avez demandé, je crois, si nous
disposions d’assez de places pour des
vaisseaux spatiaux ?

Nous sommes un millier de personnes, et
nous avons deux vaisseaux spatiaux, pour
les places disponibles, je dirais que l’on
peut recueillir quatre autres vaisseaux
spatiaux, mais guère
plus, effectivement, les vaisseaux
kajeniens par lesquels vous êtes venus
devront rester en surface, mais cela ne
devrait pas poser de problème, les
kajeniens savent que Mardem est
inhabitable, ils n’auront pas l’idée de
venir ici. »

« Bonjour Colonel, bonjour
Commandant, je suis le Capitaine
Takoni, vous connaissez notre
histoire, je crois, nous avons tous été
prisonniers des kajeniens durant des
années, et voici notre libérateur, notre
Chef, Kitapec.

Il souhaiterait avoir à sa disposition
quelques cristaux pour différents
travaux, est-ce possible ? »

Norentino: « Des cristaux ! Oui, nous en
avons, mais que veut-il en faire ? »

Kitapec: « D’abord faire disparaître les
vaisseaux kajeniens qui sont en
surface, ceci, par mesure de
sécurité, ensuite, créer de nouveaux
vaisseaux qui vont aller combattre les
kajeniens, afin de leur faire comprendre
une bonne fois pour toutes qu’il est
préférable pour eux de rester dans leur
système, après, on verra, s’ils vous
manque quelque chose ici, des machines
ou autres utilités, on pourra arranger cela. »

Barkani :« !!! »

Norentino: « !!! »

Takoni: « Oui, il est normal que vous
soyez surpris, mais Kitapec est
quelqu’un d’exceptionnel,  à lui tout
seul, il a libéré 400 personnes en moins
d’une heure, après avoir endormi une
trentaine de gardiens, d’infirmiers et de
militaires, avoir violé trois codes de
sécurité, et enfin, nous avoir mis à
disposition les 10 vaisseaux qui sont en
surface et qui nous ont permis de venir
ici après avoir déposé quelqu’un sur Karka. »

Barkani: « Oui, c’est sans aucun doute
une action extraordinaire, mais de là à
utiliser des cristaux pour faire apparaître
ou disparaître des vaisseaux, et créer
bien d’autres choses, il y a une
sacrée marge. »

Takoni: « Pour lui, Colonel, autant dire
que les marges n’existent pas. »

Barkani: « Bien alors je suis curieux de
voir cela, Norentino, faites lui apporter
des cristaux ! »

Norentino: « Bien, Colonel, où voulez
vous avoir les cristaux ? »

Kitapec: « De préférence dans l’espace
disponible pour des vaisseaux
spatiaux, nous procèderons sur place.

Il me faut également un plan de vos
vaisseaux, et des armements, avez
vous ici même des pilotes qui pourront
les conduire ? »

Norentino: « Oui, nous disposons d’une
centaine de pilotes, vous aurez tout ce
que vous demandez, mais… »

Kitapec: « Ne vous faites pas de
soucis, Commandant, tout ira bien. »

Tout lui fût apporté, il procéda, les
vaisseaux de surface disparurent, il
créa un premier vaisseau complet et
armé, puis un second, avant de dire:

« Maintenant, je souhaiterais me
reposer, pouvez vous nous loger
tous ? »

Barkani: « Vraiment extraordinaire, je
n’aurais jamais cru cela possible, créer
des vaisseaux exactement conforme et
opérationnels avec des cristaux !

Mais de quel monde venez- vous ? »

Kitapec: « Je vous le dirai plus tard, mais
pour le moment j’ai besoin de dormir, et
ne suis pas le seul, alors ? »

Norentino: « Oui, Nous pouvons loger
tout le monde, nous allons mettre des
gens à votre disposition, pour
vous, Kitapec, vous aussi, Capitaine
Takoni, une belle propriété disponible, et
à votre disposition, avec du personnel
qui vous serviront vos repas, vous aurez
tout ce qu’il faut. »

Takoni: « Je vous présente les
Lieutenants Carrino et Hosmani, ainsi
que le Sous-Lieutenant Agnema, qui
sont mes amis, seront-ils également
logés dans la propriété ? »

Norentino: « Assurément, elle est très
grande, nous nous occuperons de tout
le monde, je fais le nécessaire. »

Takoni: « Merci Commandant. »

Ils furent conduits au lieu dit, très
proche de l’endroit de leur
conversation avec les officiers
supérieurs, Yupanki ne demanda pas
son reste et partit se coucher dans
une belle chambre.

Takoni, Hosmani, Carrino et Agnema
firent le tour de la propriété, avant de
se faire servir une boisson dans le
luxueux salon.

Takoni: « Vous avez vu ?
Ca dépasse l’entendement, non
seulement Kitapec lisait des plans de
vaisseaux, passablement complexes, ainsi
que ceux d’armements, mais en se
concentrant sur des cristaux, il fait
disparaître les vaisseaux kajeniens, et
crée deux vaisseaux zarkiens
opérationnels, c’est au dessus de tout
ce qu’on peut imaginer, vous rendez-vous
compte du pouvoir dont il dispose ? »

Hosmani: « Oh oui, et il n’a sûrement pas
que celui-là. »

Carrino: « A un moment, j’ai cru ne plus
pouvoir respirer. »

Agnema: « Il est au-dessus de tout ce qui
peut exister, ce n’est pas un homme, c’est
un dieu, et peut-être plus encore. »

Hosmani: « Peut-être pas car il a aussi
une limite, là, il doit dormir à fond, il lui
faut du temps pour récupérer. »

Takoni: « Tu m’étonnes, mais regardes
ce qu’il a fait. »

Hosmani: « Attention, loin de moi l’idée
de le critiquer, le mot extraordinaire
ne suffirait pas à le décrire, c’est
certain, ce qu’il a fait est encore bien
au-delà du hors normes, sûr que
dématérialiser, puis créer des centaines
de tonnes, ça en jette, c’est
stupéfiant, il n’y a pas de mots pour
décrire ça. »

Takoni: « Lorsqu’il va venir s’établir
chez nous sur zarka, on va le
bombarder au moins Général, il sera
peut-être notre prochain
Président, mais quel âge peut-il avoir ? »

Carrino: « A son apparence, je dirais
une quarantaine d’années. »

Agnema: « Peut-être pas autant, et
en plus, il est beau. »

Hosmani « Toi, tu en es tombée
amoureuse. »

Agnema: « Et alors ? »

Takoni: « Je ne voudrais pas te
décourager, mais ce type, ou cet
être, je ne sais même plus comment
le qualifier, doit avoir un destin à sa
mesure, c’est-à-dire exceptionnel, et
puis, est-ce un homme normal ?

Je commence à en douter.

Mais c’est sûr que j’aimerais connaître
son âge, là aussi, on risque une sacrée
surprise. »

Hosmani: « Non, parce qu’il est
malin, il nous dira celui qui paraît
logique, comme Carrino l’a dit, la
quarantaine.

Le réel, on ne le connaitra jamais. »

Agnema: « Si ça se trouve, il est
immortel. »

Hosmani: « C’est reparti. »

Dans les deux mois qui
suivirent, Kitapec alias
Yupanki, continua à produire des
vaisseaux spatiaux plus vite que les
tanks et bateaux américains de la
seconde guerre, à un moment, il n’y
eut plus assez de pilotes
disponibles, les vaisseaux se
multipliaient à la surface de
Mardem, mais les kajeniens furent
vaincus une bonne fois pour toutes, ils
ne seraient pas près de retourner dans
le système des zarkiens, les pertes
devenaient trop lourdes, là où un
vaisseau kajenien se trouvait, il y avait
toujours 5 ou 6 vaisseaux zarkiens, ils
n’avaient aucune chance, et le
comprirent très vite.

Dans les trois mois suivants, Kitapec
résida sur Zarka, il y fut promu
Colonel,  ses nouveaux amis étaient
aussi à Zarkania, capitale de la
planète, ils se rencontraient
épisodiquement, mais chacun avait son
occupation, Takoni, Hosmani et
Carrino continuaient à voler la moitié
du temps, parfois pour aider les gens
situés sur Mardem, et parfois vers
Karka, pour des relations plus ou
moins commerciales.

Agnema avait abandonné le spatial
pour un emploi de bureau, comme
Chef de Service, assez brillante, elle
était en passe de devenir
Chef de Département, suite à un
départ proche du titulaire, vers
sa retraite, plus amoureuse que
jamais de Kitapec, elle ne le voyait
pratiquement pas, lui, ne quittait pas
un Centre de Commandement à l’autre
bout de la ville, et cela commençait
à lui peser, activité pas très
passionnante, reconnu comme héros
national, naturalisé zarkien, ayant
même une rue à son nom, il n’avait que
faire de tout cela, un jour, il décida
d’aller sur Karka, histoire d’en connaître
un peu plus sur cette civilisation.

Compte tenu de son rang de Colonel, il
n’avait que l’embarras du choix pour
les navettes entre zarka et karka, il
prit un aller simple.

Arrivé à Karkana, ville principale sur
Karka, il passa les premiers jours à visiter
les lieux, il ne connaissait personne, car
il n’avait accepté aucune recommandation
qui faciliterait son séjour, et il n’avait rien
dit à personne, il partait du principe que
cette nouvelle étape équivalait à un
départ de voyage espace/temps, et qu’il
devait  se débrouiller, à la différence près
que les banques karkiennes et
zarkiennes se reconnaissaient, et qu’il y
disposait d’une coquette somme.

Logé dans un hôtel moyen, il avait une
valise contenant des documents sur les
armements et vaisseaux zarkiens, un
petit plus pour la Terre, ou plutôt pour le
temple-labo des Andes, et des cristaux, pas
de voleurs ni de filous à Karkana, et il le
savait, donc il ne craignait rien.

Au cours d’une de ses ballades, un
matin, il se retrouva nez à nez avec
Zorkad, devenu Commandant dans l’armée
spatiale.

« Ca alors, Kitapec ! Comment vas-tu, et que
fais-tu ici ? »

« Bah, je commençais à m’ennuyer sur
Zarka, et je voulais voir comment ça se
passe chez les karkiens, je vais très
bien, merci, et toi ? »

« Alors tu as très bien fait, je suis
devenu Commandant maintenant, et
je vole beaucoup moins, cela devient
presque exceptionnel, j’ai donc pas mal
de temps libre, on déjeune ensemble
tout à l’heure, puis je te présenterai
ma famille.

J’ai récemment revu Takoni et
Carrino, on s’est fait des bonnes
bouffes, ils m’ont raconté ce que tu
es devenu Colonel !

Ils auraient pu te passer Général, au
moins, bon, l’histoire du héros national
et une rue à ton nom, je suppose que
ça te fait ni chaud ni froid, le seul
intérêt est ta naturalisation, je
me trompe ? »       

« Non, Zorkad, tu vois parfaitement
juste, et j’accepte ton invitation. »

« Parfait, alors si j’ai bien compris, tu
es là en touriste, où loges-tu ? »

« Dans un hôtel près d’ici. »

« On va améliorer ça, j’ai trois
appartements, j’en occupe un, bien
sûr, mais sur les deux autres j’ai un
beau 4 pièces qui t’irait bien, à part
moi, tu connais personne ici ? »

« Non, en effet. »

« Alors pas de soucis, comme tu le
disais si bien, j’ai pas mal de
relations, tu abandonnes définitivement
Zarka ? »

« Je crois que oui. »

« Et tel que je te connais, je suppose
que tu es parti sans prévenir
personne, on va passer à ton
hôtel, puis à mon appart, dans lequel
tu vas t’installer, après, on ira
déjeuner, oh, ce n’est pas que je me
fasse du souci pour toi, j’ai appris
l’histoire de Mardem, et de ce que tu
y a fait, chapeau, c’est
fantastique, avec des cristaux, tu
peux faire ce que tu veux sans avoir
besoin de personne, ça c’est fort, j’ai
eu plusieurs fois l’occasion d’aller à
Zarka, les zarkiens sont sympas, mais
ici, tu devrais te sentir mieux, les gens
sont un peu plus raffinés, enfin, j’ai
encore beaucoup de choses à te
dire, mais ne traînons pas, une fois
logé, on va se faire une bonne
bouffe, je connais un de ces
restaurants, tu m’en diras des nouvelles. »

« C’est bien, mais avant de nous
rencontrer, tu n’avais pas quelque
chose à faire, et ta famille ? »

« Tu les verras tout à l’heure, le
matin, j’aime me promener dans la
ville, non, je n’avais rien de spécial à
faire, et si je ne suis pas toujours à la
maison pour le repas de midi, ça n’est
pas que j’aime pas ma famille, au
contraire, je l’adore, mais être à
l’extérieur de temps à autre me distrait
et me détend, étant quelqu’un de très
relationnel, il m’arrive assez souvent
de me retrouver à midi dans un bon
resto avec un ami ou une bonne
relation, et puis, j’ai été prisonnier
pendant 5 ans à Kartnum, comme
c’est assez récent, je suis encore dans
la zone de rattrapage, j’ai 42 ans, le
temps passe vite, et toi, au fait, tu
as quel âge ? »

« 39 ans. »

« Ouais, on est dans la même zone, autant
en profiter. »

Dans les jours qui suivirent,  Zorkad
et Yupanki étaient toujours ensemble, le
karkien lui présenta pas mal de
relations, il en avait vraiment
beaucoup, parmi elles, une certaine
Sabna, très belle femme dans la bonne
trentaine, célibataire, 5 pieds 6
pouces, de type méditerranéen, qui était
d’ailleurs le type général des
krakiens, amie de longue date de la
femme de Zorkad, elle occupait un poste
important au Ministère de la Culture.

Autant Agnema n’avait pas spécialement
tapé dans l’œil à Yupanki, autant pour
Sabna, c’était différent, et cela avait
même paru réciproque, même Zorkad
s’en était aperçu:

« Jolie femme Sabna Morrad, hein !

A mon avis, tu lui as plu. »

Yupanki: « Nous avons eu une assez
longue discussion, et effectivement, c’est
une femme très fine, qui se comporte
avec classe, très agréable, oui, elle me
plait. »

« Alors il ne te reste qu’à conclure, elle
vit dans un trois pièces assez
coquet, mais mon appart, devenu le
tien, peut également convenir pour
deux, enfin, vous verrez. »

Yupanki, qui riait rarement, fit exception
à la règle.

La vie était plutôt agréable à
Karkana, il y faisait toujours
beau, température dans les 30
degrés, la mer et les plages pas
très loin, Yupanki s’y sentait
bien, mais il aurait bien voulu
connaître un peu mieux les avancées
scientifiques et les possibilités
spatiales de Karka, il en parla à Zorkad.

« Hm, je n’ai pas encore toutes les
entrées dans ces domaines, le spatial, je
m’en éloigne tout doucement, et le
scientifique, ce n’est pas trop mon
truc, je me tiens plus ou moins au
courant des éventuelles dernières
découvertes, mais sans plus.

Je suppose que, tout comme
moi, tu prends les infos en
vidéo, mais si tu veux
approfondir, j’ai trois ou quatre
petites relations, bien placées, qui
pourront t’être utiles, je vais voir
ça dès demain. »

« C’est tout ce que je souhaitais, je
ne t’en demande pas plus. »

Quelques jours plus tard, Sabna et
Yupanki s’étaient rapprochés, la jolie
femme accepta de vivre dans
l’appartement de Yupanki, qu’elle
connaissait déjà, mais conserva
toutefois son 3 pièces, à toutes
fins utiles.

Les relations spatiales et scientifiques
de Zorkad  lui avaient donné une
relative satisfaction, c’était mieux que
rien, mais celles avec Sabna étaient
excellentes.

D’autres relations de Zorkad lui
permirent de devenir karkien, il ne
revit plus ses anciens amis de Zarka, mais
Zorkad les voyait de temps à autre, et
lui en parlait, il savait que tout le
monde allait bien et cela lui suffisait.

Les mois passèrent, toujours avec
Sabna, et régulièrement en contact
avec Zorkad, le jour de son retour
approchait, il pensait qu’il n’était
que temps, son contrat, il l’avait
honoré, les zarkiens qui représentaient
100 millions d’habitants restaient
vivants grâce à lui, s’il n’avait pas été
là, les kajeniens auraient fini par en venir
à bout, peut-être à long terme, mais le
rapport de force initial, nettement en
leur faveur, et leurs derniers projets
allaient dans ce sens, il était prêt à
partir, il attendait.  

Puis le jour J arriva, il était encore dans
son appartement alors que Sabna venait
de le quitter pour aller travailler lorsque
le transfert se produisit, pouf, il se
retrouva sur la plaque, dans le labo
de Wari.

« J’ai pris un an de plus, Maître. »

Ce dernier se mit à rire:

« Allons prendre un bon whisky, et
racontez moi tout. »

« Même en abrégeant, il y en aura pour
la journée. »

« Le temps, Yupanki, ce n’est pas ce
qui nous manque. »

« Avant de raconter mon aventure, j’ai
ramené des choses très intéressantes.

Des cristaux, des plans détaillés de
vaisseaux spatiaux, d’armements
divers, d’autres machines, et j’aimerais
savoir ce que vous en pensez, Maître. »  

Wari passa une bonne heure à étudier
les divers plans, puis:

« Fantastique, vous êtes tombé sur une
civilisation très avancée, mais il
faudra m’expliquer en détail les divers
usages, il aurait été préférable de parler
de ce dernier voyage avant de me
montrer ces diverses choses, cela m’aurait
permis de mieux comprendre. »

« Vous avez tout à fait raison, Maître, je
n’ai pas procédé par logique. »

Et Yupanki de narrer à son Maître tout
son vécu, cela prit deux jours, le
lendemain matin, Wari:

« Bon, Yupanki, nous allons nous prendre
un bon petit déjeuner.

Sachez que j’ai longuement réfléchi à
votre histoire, ce qui fait que j’ai fort peu
dormi cette nuit, mais je ne regrette
rien, cela m’a permis de conclure que
ce dernier transfert était absolument
indispensable, ne serait-ce que pour
vous permettre de vous améliorer sur
la concentration sur les cristaux.

Ainsi, non seulement vous avez
parfaitement exécuté votre mission, mais
devenir capable de produire des vaisseaux
de guerre et de l’armement de par votre
puissance mentale, c’est extraordinaire.

Vous avez gagné plusieurs années sur
l’enseignement final que je prévoyais
pour vous avant mon départ, et êtes
devenu, à votre tour, un véritable
Maître. »

« Votre départ, Maître !! Maintenant ? »

« Non, pas encore, tranquillisez vous.

Pendant votre absence, j’ai travaillé la
téléportation, qui me sera utile pour
regagner le Royaume de Thakopec, s’il
m’appelle, mais je doute qu’il le fasse
tant que nous n’avons pas acquis
l’immortalité, tel est le stade ultime
de l’enseignement qui prendra encore
des années.

Mais là encore, les cristaux que vous
avez rapportés, ainsi que votre faculté
de les travailler, nous faciliteront les
choses .»

D’autres années passèrent, c’était le début
d’un nouveau siècle, le vingt deuxième.

Wari: « Décidément, les choses ne
s’arrangent pas à la surface.

Dans peu de temps, il ne restera plus
personne.

Bon, Yupanki, l’enseignement est
terminé, nous sommes désormais
immortels tous les deux.

Thakopec m’a appelé hier, il voudrait
vous voir, je vais donc vous présenter
À lui.

Il se pourrait que, comme à moi en
D’autres temps, il vous propose un
séjour de deux ou trois semaines dans
son Royaume .

N‘ayez aucune crainte, non seulement
vous serez bien reçu, mais vous passerez
des vacances bien agréables, je vous
conseille de parler avec les locaux, vous
apprendrez encore beaucoup de choses. »

En effet, trois semaines plus tard, lorsque
Yupanki regagna le labo:

« Alors ? »

« Extraordinaire, Maître, ils vivent
dans un monde merveilleux, eux aussi
sont immortels ? »

« Ca, je l’ignore, mais en tout cas, ils
vivent très longtemps, mais je pense
que Thakopec est immortel. »

Quelques jours plus tard:

« Thakopec m’a rappelé, il m’a fait
des éloges de vous, et m’a dit que
vous êtes un successeur légitime.

Je dois partir bientôt pour le
rejoindre, maintenant, le Maître
ici, c’est vous, à vous de jouer. »

« Vraiment Maître ! J’aurais dû m’y
attendre, je savais qu’un jour ou
l’autre, cela arriverait.

Mais je vais être seul maintenant, que
dois-je faire ? »

« Vous le savez aussi bien que
moi, Yupanki, la voie normale serait de
vous trouver un assistant, puis de le
former, ce qui, à l’heure actuelle, ne
sera pas évident, mais vous savez aussi
que d’autres voies existent, à vous de
décider de votre destin, je ne peux pas
vous en dire plus. »

« Vous voulez dire que vous ne devez
pas, je vous comprends, rester à Karka
ne m’aurait pas déplu, mais je ne serais
pas immortel, maintenant est-ce un
avantage ?

Je n’en suis pas convaincu. »

Une semaine plus tard, un matin alors
que Yupanki venait de se lever:

« Allons prendre notre petit déjeuner, j’ai
faim…

Tiens ! Maître Wari n’est pas là, où est-il ? »

Il se promena dans tout le laboratoire, et:

« Maître Wari, où êtes-vous ? »

Pas de réponse, après avoir minutieusement
contrôlé tout le labo:

« Il a dû être appelé par Thakopec…

Maintenant, je suis vraiment seul, quelle
sera ma voie ?

Rester sur cette planète qui subit des
catastrophes ?

Faire un voyage dimensionnel pour vivre
ailleurs ?

Créer un vaisseau spatial pour visiter
l’univers ?    
     
Chez Thakopec, Maître Wari doit savoir
ce qu’il se passera sur Terre dans
l’avenir, puisqu’ils qu’il peuvent y accéder.

Mais je suppose que si cette humanité
disparaît, à cause des conditions
climatiques, une autre se constituera
dans les prochains millénaires, prendre
un assistant ?

Je suis probablement le dernier de ma
race, Le Royaume de Thegarta est
attrayant, mais pas possible pour moi
avant plusieurs siècles.

Un vingt cinquième voyage dimensionnel ?

A supposer que je sache comment annuler
un retour automatique, ce qui me ferait
partir en aller simple, si jamais je me
trompe sur le choix d’un point, même en
disposant de cristaux, cela pourrait bien
faire désordre…

Retourner à Karka ? Revoir Sebna et
Zorkad ?

Impossible, je n’y serais pas à la même
époque, et je ne sais pas remonter
le temps.

La possibilité de créer un vaisseau spatial et
visiter l’univers, ou trouver un autre monde
intéressant ?  Mais pour cela, j’ai besoin de
personnel, par exemple des
androïdes, intelligents de préférence, car
même si je savais piloter un vaisseau, tout
seul ?

Cela ne serait pas possible. »

Un an plus tard:

« Non finalement, des androïdes et un
vaisseau spatial ?

Trop peu pour moi, d’après ce que j’ai
vu, un vaisseau est synonyme de guerre, de
combats, des androïdes, si intelligents
soient-ils, ce ne sont pas des humains, il
me faut trouver autre chose.

Le vingt cinquième voyage dimensionnel ?

J’ai eu de bonnes aventures, et d’autres
moins agréables…

Non, je ne me vois pas continuer là-dedans.

Chez Takhopec, des jolies femmes ?
Revoir Maître Wari ?

Peut-être, mais comment rechercher un
assistant ?

Heureusement que je n‘ai pas perdu mon
temps en poursuivant mes entraînements
à la téléportation, je peux aller jusqu’à
1000 kilomètres, trois fois sans trop me
fatiguer, ce qui peut me permettre
d’atteindre différentes villes comme La
Paz et Ascuncion, hélas pas Lima, Rio de
Janeiro, Buenos aires, Montevideo et
d’autres qui sont sous la surface des eaux.
 
Je parle espagnol, ai des faux papiers plus
vrais que les vrais au nom de Diego
Fernandez, des dollars en pièces de 10 et
de cinq qui passent partout, mais trouver
par ordinateur un assistant fiable, c‘est
une autre histoire, il devra posséder un
minimum de facultés hors normes, être
fort, savoir se battre, disposer de
connaissances scientifiques, vouloir
poursuivre une vie secrète hors des
sentiers battus, c‘est un oiseau rare
que je recherche, un gros facteur
chance sera nécessaire.»

Des années passèrent, les recherches
par ordinateur ne donnèrent rien, Yupanki
stationnait dans différentes villes
d’Amérique du sud, la plus part du temps
dans des bars et restaurants, mais un
jour, dans un bar à Ascuncion, assis en
terrasse à côté de deux jeunes qui
discutaient, il tendit l’oreille.

« Tu sais, Miguel, Rimac est gentil, mais
bizarre, je n’arrive pas à le comprendre, et
toi, t’en penses quoi ? »

« C’est vrai, Alvaro, il ne réagit pas comme
tout le monde, mais moi, je l’aime bien, au
moins, il est original. »
  
« S’il n’était que ça…

Premier de classe en tout, toujours
en train de lire ou de faire du sport, et
il paraît que chez ses parents, c‘est lui
qui répare tout, plomberie, électricité, en
ce moment, je l’ai vu il y a dix minutes, il
fait du ciment dans le jardin !!

C’est vrai que la maison est un peu
délabrée mais quand même… »

Miguel: « Je crois qu’il fait même les
courses, il n’arrête jamais, je me
demande quand il dort…

Les nénettes, n’en parlons
pas, pourtant il en intéresse plus d’une. »

« Ca, c’est vrai, nous, on se casse le *** à
les draguer pour espérer en avoir
une, lui, il n’aurait qu’à se baisser, c’est
dingue…

Mais surtout je repense à une conversation
que j’ai eue avec lui, un jour je lui ai
demandé ce qu’il voulait faire comme job
plus tard, il m’a répondu:

Je ne sais pas encore, mais peut-être la
recherche. »

Miguel: « Oui, je sais, il m’en a parlé
aussi, la recherche scientifique.

Finalement, c’est nous deux qui sommes
les plus proches de lui, car les autres….. »

Yupanki en lui-même:

« Voilà qui devient intéressant, serait-ce
mon oiseau rare ?

Ils n’ont pas menti, je peux le voir
sur leurs auras.

Rimac !! C’est un prénom de chez
moi, j’ignorais qu’il avait encore cours.

Intelligent, travailleur, sportif, et beau
paraît-il, je dois le voir, ce jeune.

Cet Alvaro l’a vu faire du ciment dans
son jardin, s’il est venu de son domicile
pour ce bar, il devrait repasser devant
le jardin en rentrant chez lui, il me suffit
de le suivre.

Serait-ce le facteur chance ? Enfin… »

Ses deux jeunes voisins reprirent une
boisson, puis continuèrent leur discussion
sur d’autres sujets, Yupanki attendit
patiemment en commandant, à son
tour, un autre whisky, une demie heure
plus tard, les deux jeunes quittèrent
le bar, et firent un bout de chemin
ensemble avant de se séparer, Yupanki
savait que c’est Alvaro qu’il devait
suivre, et c’est-ce qu’il fit, discrètement.

Au bout de deux cents mètres, ce dernier
s’arrêta devant une vieille maison, dans
une petite rue, Yupanki se cacha derrière
une camionnette, et se concentra.

« Alors Rimac, ça avance ? »

« Oui, Alvaro, tu vois là-bas ? J’ai quelques
fissures à colmater, mais cela ne prendra
pas longtemps. »

« Et après, tu feras quoi ? »

« Des courses, ma Mère ne finit pas avant
18 heures, et comme tu le sais, mon Père
ne rentre qu’à 19 heures. »

« Ouais, alors bon courage, salut, moi, je
rentre. »

« Salut, passe une bonne soirée. »

« Sûr, avec Miguel, on va aller en boite. »

« Donnes lui le bonjour. »

Yupanki ne pouvait pas voir Rimac, il
dût attendre le départ d’Alvaro pour
passer devant la maison en question.

Il vit le jeune homme affairé dans le
jardin, affublé d’un débardeur, peau
foncée jaune/marron, il était grand et
costaud, bon indice.

« Oui, il est grand et beau, pensa
Yupanki, mais comment vais-je faire
pour l’aborder ?

Son aura indique qu‘il dispose de
facultés latentes, d‘un fort caractère et
d‘une grande honnêteté, un indice de
plus qui n‘est pas négligeable.»

Et le jeune homme se retourna:

« Oui, Monsieur, vous recherchez quelque
chose ? »

Yupanki: « En effet, jeune homme, le
bar « La Casa de Pedro », vous connaissez ? »

« Bien sûr, à votre gauche, vous suivez
la rue sur 400 mètres, vous ne pouvez
pas le manquer. »

Effectivement, Yupanki ne pouvait pas le
manquer, car c’est de celui-là qu’il venait.

« Je vous remercie, je vois que vous
faites des travaux, bon courage. »

« Merci Monsieur. »

Yupanki prit la direction, mais cent
mètres plus loin, il disparut.

De retour dans son laboratoire:

« Bon, là, j’ai peut-être mon client, mais
ça ira pour aujourd’hui, reposons- nous.

Il connaît le bar, mais je doute qu’il y
aille, il a environ 19 ou 20 ans, Alvaro
et Miguel doivent être ses copains de
classe, probablement en Fac…

En ce moment, c’est zone de vacances
chez les étudiants, ce qui explique qu’il
est dans son jardin, je dois trouver un
moyen de lui parler, avec des arguments
susceptibles de l’intéresser.

Comment procéder ?

Via ses copains que j’ai vus au bar ?

Directement en m’adressant à lui ? »

Il laissa passer quelques jours, puis
décida d’adopter la démarche directe, en
début d’après midi, il retourna à
Ascuncion, à « La Casa de Pedro » pour
y prendre un digestif, ni Alvaro ni Miguel
ne s’y trouvaient, mais dix minutes plus
tard, à son grand étonnement, il vit
Rimac se diriger vers la caisse, et
prendre cinq paquets de cigarettes, car
le bar faisait tabac, il quitta sa place
pour se rapprocher du jeune
homme, lorsque ce dernier, nanti des
cigarettes s’apprêtait à sortir, il lui
dit:

« Bonjour jeune homme, vous me
reconnaissez ? »

« Oui Monsieur, en effet, je vois que vous
avez trouvé votre bar. »

« Exact, auriez-vous un moment à
m’accorder ? Ce serait pour vous proposer
une activité qui aurait un rapport direct
avec la recherche scientifique. »

Rimac: « Vraiment ? Comment savez-vous
que je suis intéressé par ce genre de
recherche ? »

« Parce que j’ai vu sur le réseau que vous
êtes un premier de classe, avec une
moyenne de 18.5/20 en sciences, ce qui
est vraiment remarquable, et j’ai besoin
d’un assistant, je suis prêt à vous en
dire plus si vous me permettez de vous
offrir un verre, croyez-moi, c’est du
sérieux. »

Rimac devait sentir ou percevoir que
Yupanki ne plaisantait pas, il hésitait, puis
réfléchissait:

« Vous me faites une curieuse impression…
Vous êtes quelqu’un d’étrange, je ne sais
pas si je dois vous écouter. »

« Je comprends votre méfiance, vous ne me
connaissez pas, du moins pas encore, voilà
ce que je vous propose:

Intelligent comme vous êtes, je sais qu’au
bout d’un quart d’heure, vous saurez si ce
dont je vais vous parler est susceptible de
vous intéresser ou pas, dans le premier
cas nous pourrons peut-être nous
revoir, dans le second, je m’engage à ne
plus vous importuner.

Qu’en pensez-vous ? »

Rimac: « Bon d’accord, je vous accorde
un quart d’heure, je prendrai une orange
pressée. »

Ils s’installèrent, et Yupanki:

« Vous vous appelez Rimac
Waskar, moi, c’est Yupanki suivi d’un
nom qui prendrait plusieurs lignes, nous
sommes de même origine, voilà ce que
je fais depuis déjà longtemps:

Il résuma en quelques minutes l’histoire
du labo, les passages dimensionnels, ses
petites aventures avec de jolies femmes
pour éviter toute confusion, puis il
termina par:

« Entre autres, je peux voir les auras, la
vôtre indique clairement vos
caractéristiques, intelligent, sportif et
honnête, doué d’une forte personnalité
et disposant d’embryons de facultés
paranormales qui ne demandent qu’à
être développées, voilà, qu’en
pensez-vous ? »       

Rimac: « Wow ! Tout ce que vous m’avez
raconté sent la sincérité, mais j’ai quand
même du mal à vous croire, vos 24 voyages
dimensionnels, votre ancien Maître qui est
dans un Royaume souterrain, pouvoir créer
de la matière via des cristaux, et où avez
vous trouvé le temps de faire tout ça ?

Il faudrait avoir vécu plusieurs siècles
pour faire ne serait ce que la moitié de ce
que vous m’avez dit, puis vos téléportations… »

« Les téléportations sont faciles à
démontrer, le reste, il suffit d’aller à mon
laboratoire, ne serait-ce que pour l’histoire
des cristaux, si déjà vous pouvez constater
la réalité de ces deux points, serez-vous
intéressé ? »

Rimac était quelqu’un qui voulait apprendre
un maximum de choses, être capable d’être
le plus complet possible, et il était doté d’un
esprit d’aventurier, s’il ne s’était pas senti
obligé d’aider ses parents…

La vie courante sur Terre ne l’intéressait
pas beaucoup, il ne s’exprimait que par
l’action, ce qui ne l’empêchait pas de
réfléchir:   

« Si vous pouvez me démontrer les
téléportations et les cristaux, oui je
suis intéressé, mais il y a encore deux
points à évoquer:

1/ Si ce que vous prétendez être est
exact, vous avez besoin d’un assistant
hors normes, et de loin, je ne sais pas
si je peux correspondre à cela.

2/ Mes parents, ils travaillent beaucoup
pour un petit salaire, ces
cigarettes, elles sont pour mon Père qui
boite, suite à un accident de travail.

Ma Mère est fatiguée car elle
aussi, travaille dur, voilà pourquoi
j’essaie de les aider au maximum, car
je leur dois tout, ils se sont sacrifiés
pour que je puisse poursuivre mes
études qui ne sont pas terminées, et
bénéficier de tout ce dont j‘ai besoin. »

« Je sais, vous préparez un Doctorat.

Mais rien que les connaissances
que je vous propose d’acquérir iront
bien au-delà, ceci sans parler des pouvoirs. 

Je pense qu’en ce qui vous
concerne, devenir un assistant hors
normes, c’est dans vos possibilités, car
je perçois cela chez vous, donc le point
un vous est accessible, et j’y crois.

Ce qu’il faut que vous compreniez, c’est
que ce que je vous propose n’a rien
à voir avec une vie normale, il s’agit
d’un changement de destin.

Pour le point deux, l’histoire de vos
parents, notre objectif, à vous et à
moi, est de former une équipe, devenir
des amis, et une sorte de
famille, pourquoi pas ?

Vos parents ? Oui, je peux les aider, de
plusieurs manières, guérir votre
Père, redonner de la santé à votre
Mère, oui, je le peux, même si
nécessaire, les accueillir dans mon
labo, jusqu’à la fin de leurs jours, ils
ne manqueront de rien. »

Rimac: « Vous iriez jusqu’à héberger
mes parents !!

C’est plus qu’avoir besoin d’un assistant.

En fait, pour vous, c’est une nécessité
absolue. »

« Cela fait partie de la tradition, pour
qu’un Maître puisse poursuivre sa vie
dans un Royaume souterrain, il doit se
doter d’un assistant qu’il forme, durant
longtemps, si l’assistant satisfait à
l’enseignement et aux épreuves, s’il
acquiert ce qu’il doit acquérir pour
pouvoir, à son tour, devenir Maître un
jour, et rechercher un assistant, le
Maître qui l’a formé est alors libéré, voilà
la situation. »   

 « Cela me paraît logique, bon, là, je
dois rentrer, car j’ai à faire, après
demain matin, vers 9 heures, serez-vous
là ? »

« Oui, je peux être là sans problème.

Que souhaitez-vous faire après demain ? »

Rimac: « Le mieux sera de vous trouver
devant ma maison, question de discrétion.

Je souhaite une démonstration des deux
points évoqués, téléportations et usage
des cristaux.

Votre labo est-il loin ? »

« A 1500 kilomètres d’ici, tout sera fait
dans la matinée, vous serez chez vous
avant midi. »

« Ffff ! Alors là, d’accord, vous
l’aurez, votre assistant, mais je dois
voir avec mes parents comment faire
pour les aider, car vivre dans un
labo, ça sera pas évident pour eux. »

« Ne leur en parlez pas pour le
moment, nous verrons cela après les
démonstrations, je préfère que vous
soyez sûr des décisions que vous allez
prendre. »

« Correct, faisons comme cela, bon
je rentre, à après demain, 9 heures. »

Le surlendemain matin, après s’être
bien reposé, à l’heure dite, Yupanki
se retrouva carrément dans le jardin
de la maison de Rimac, le jeune homme
était là, à deux mètres de lui.

« Allons derrière ces arbustes par
discrétion. »

Rimac: « D’accord. »

« Donnez moi la main, nous partons. »

Trois téléportations au lieu de deux furent
nécessaires, ils se retrouvèrent dans le
labo de Yupanki, Rimac écarquilla les
yeux, il semblait avoir des difficultés à
croire ce qu’il voyait.

« Extraordinaire ! C’est immense, on dirait
la N.A.S.A., où sommes-nous ? »

« A l’intérieur d’une montagne, dans
la Cordillère des Andes, côté Pérou. »

« Wow ! Ainsi, nous avons fait 1500
kilomètres ! Fantastique. »

« Oui, et je vais prendre un quart
d’heure de repos, car se concentrer sur
des cristaux prend aussi de
l’énergie, mais la démo va vous plaire. »

Peu après, Yupanki:

« Voici des cristaux, de différentes
couleurs, je ne vais pas matérialiser un
vaisseau spatial maintenant, car il
faut prévoir le retour, mais que
penseriez-vous d’une paire
d’ordinateurs ? »

« Oui, cela serait convaincant. »

Yupanki se concentra, et:

« Vous les avez matérialisés
instantanément !

Alors ça, ça dépasse tout, et vous pouvez
matérialiser n’importe quoi ? »

« Tout à fait, maintenant, je vous propose
une rapide visite des lieux, voulez-vous
boire quelque chose ?  »

« Oui, une orange pressée. »

Yupanki matérialisa un Bourbon on the
rocks et une orange pressée, Rimac:

« Il faut le voir pour le croire, vous
disposez de pouvoirs qui dépassent
l’entendement, maintenant, je sais que
tout ce que vous m’avez dit est vrai, mais
une question…

Puis-je connaître votre âge ? »

« Je vous le dirai plus tard, sachez
simplement que j’ai connu Pizarro. »

« !!! Pizarro ? Il y a six siècles ?

Vous êtes immortel ou quoi ? »

« Ca aussi, vous le saurez plus
tard, visitons les lieux. »

Une heure plus tard.

« Alors ? »

« Votre labo est une merveille, je vais
parler à mes parents qui sauront tenir
leur langue, surtout s’ils décident de
venir, il faut que je fasse quelque chose
pour eux, mais pour vous, c’est
d’accord, je suis votre assistant, comment
dois-je vous appeler ? »

« Yupanki suffira, Rimac, mais il vous
faudra suivre scrupuleusement mes
enseignements, et vos épreuves
consisteront notamment en voyages
dimensionnels, mon assistant doit être
capable de savoir se défendre, et de
revenir, même dans des situations
difficiles, mais nous n’allons pas
commencer par là, vous devez d’abord
en savoir plus et augmenter vos
facultés paranormales, qui vous seront
très utiles.
   
Dans un quart d’heure, nous
procèderons au retour. »

Peu après, Rimac:

« Nous revoici derrière les arbustes, là
où personne ne peut nous voir, et il est
midi moins dix, fantastique !

Mes parents ne vont pas tarder, et je vais
leur parler, laissez moi encore quelques
jours, par exemple une semaine, car ils
ne vont pas être faciles à convaincre.

Le mieux sera de revenir la semaine
prochaine, plutôt à huit heures, avant
que mon Père et ma Mère ne partent au
travail, à ce moment là, je pense que
nous saurons quoi faire.

Vous allez regagner votre labo ? »

« Pas tout de suite, je dois récupérer.

Les téléportations sont plus dures que
les créations par cristaux, j’ignore
pourquoi, un peu plus d’entraînement
peut-être ?

Je vais aller manger un morceau à la
« Casa de Pedro », après, je pourrai
repartir.

Donc même jour la semaine prochaine
à 8 heures ? »

« C’est cela, ici même, derrière les
arbustes, mes parents y seront
également. »

Yupanki se rapprocha de la porte de
sortie, attendit qu’il n’y ait personne
pour quitter les lieux et se diriger vers
le bar.

« Bon, heureusement que les téléportations
s’effectuent sur des zones bien
répertoriées de la Cordillère où il n’y a
jamais grand monde, car être vu ferait
désordre, il est vrai que je ne crains
rien, mais si ses parents optent pour
terminer leur vie dans le labo, téléporter
trois personnes d’un coup, je ne l’ai
jamais fait.

Elles seront plus courtes, peut être 250
ou 300 kilomètres, à l’arrivée, je serai
crevé.

Les guérir ? Allonger leur vie d’une
cinquantaine d’années, oui, faisable.

J’ai déjà une chambre et une salle de
bains de libre pour eux, les repas ?
No problem.

Rimac me semble bien, mais il y aura
quand même du travail, et j’en aurai
pour un moment…

Il faut la mériter, sa place chez Thakopec. »

A la « Casa de Pedro », il y avait du monde
mais quelques places en terrasse étaient
encore libres.

Alvaro et Miguel y étaient, entourés d’une
demie douzaine d’autres jeunes, quelques
tables plus loin, Yupanki avait faim.

L’attente fut plus longue que la
première fois, mais étant confortablement
installé, cela lui permit de récupérer.

Une semaine plus tard, à l’heure
dite, Yupanki se retrouva dans la
propriété des parents de Rimac, derrière
les arbustes, trois personnes l’y
attendaient, dès qu’ils le virent, Rimac:

« Bonjour Yupanki, je vous présente mes
parents…
  
Nous avons eus de longues discussions
mais finalement, ils seraient d’accord
pour continuer à vivre au labo, convaincus
par ailleurs qu’en continuant à travailler
comme ils le font, cela ne pourrait pas
durer longtemps, et d’un autre côté, ils
se reprochaient injustement de me mettre
trop à contribution, je leur ai tout
expliqué, et ils ont bien tout compris, leur
cerveau fonctionnant mieux que leur
corps.

Comment allons-nous procéder pour les
transferts ? »

Yupanki apprit également que son Père
s’appelait Topec, et sa Mère Yuyanna.

Lui, après avoir longtemps travaillé dans
des mines de cuivre, avait fini par se
trouver un emploi de serveur dans une
sorte de brasserie, à 55 ans, c’était dur.

Sa mère travaillait en cuisine dans un
restaurant, dans une forte chaleur, elle
y faisait beaucoup d’heures et à
52 ans, cela devenait pénible.

Tous deux avaient bien un type inca
assez marqué.

Yupanki: « Les transferts ? On va les
faire à quatre, pour moi, c’est une
première, mais je pense qu’on y
arrivera.

On se joint les mains pour partir. »

Au bout de six téléportations et des
temps de repos pour les trois
dernières, ils parvinrent au labo.

Yupanki: « Bon, nous y voilà, asseyez
vous là bas, à la grande table, je fais
un break de cinq minutes, et vous
aurez des petits déjeuners.

Café avec ou sans lait, croissants, petits
pains, beurre et confiture, ça vous ira ? »

Yuyanna: « Parfaitement, Monsieur, êtes
vous un dieu ? Venez vous d’un autre
monde ? »

« Ni l’un ni l’autre, Yuyanna, un dieu ne
fatigue jamais, et je doute qu’il ait le
même type que nous, mais vous en
saurez plus par la suite, pour le moment
reposez vous.

Et ne m’appelez pas Monsieur, mais
Yupanki, cela suffira. »

Topec: «  Ce lieu est extraordinaire !
Et immense, au-delà même des
descriptions de Rimac.

Nous n’avons rien emporté avec
nous, notamment des cigarettes pour
moi, que… »

Yupanki: « Pas de souci, Topec, ici
vous aurez tout ce dont vous pouvez
avoir besoin, même des cigarettes, avec
un bon Bourbon ou un whisky, il
m’arrive de fumer un cigare de temps
à autre. »

Rimac: « Oui, Père, il peut tout créer
avec des cristaux. »

« En effet, même des aliments, des plats
préparés, finie pour vous la
cuisine, Yuyanna, et fini pour vous le
service, Topec, vous allez pouvoir vivre
agréablement désormais. »

Topec: « Mais Yupanki, Yupanki…

Je crois me souvenir que c’était un dieu
ou un souverain qui a régné il y a bien
des siècles, Hatahualpa Yupanki, c’est
vous ? »

Yupanki se mit à rire et:

« Non, pas exactement, quelqu’un s’est
fait appeler Hatahualpa Yupanqui il y
a 150 ans, c’était un poète, chanteur et
musicien argentin.

Il y a eu effectivement un souverain de
ce nom il y a sept ou huit siècles, mais
ce n’est pas moi.

Allez ! Passons aux petits déjeuners. »

Dans les jours qui suivirent, Yupanki
se chargea de guérir les parents de Rimac
et de leur administrer un traitement léger
qui allongerait leur durée de vie de 50
ans, avec conservation de leurs moyens
jusqu’au bout, il s’éteindraient d’un seul
coup durant une nuit de sommeil, sans en
avoir conscience.

Et Rimac:

« Merci pour ce que vous venez de
faire, Yupanki, je me sens un peu gêné
de vous appeler ainsi, car vous êtes
réellement un Maître. »

« Surtout pas, Rimac, un jour, vous serez
à votre tour un Maître, et puis, le titres et
autres distinctions, ce n’est pas trop mon
truc, bien sûr, mon ancien Maître, que
j’appelais toujours Maître Wari, qui est
quelqu’un d’extraordinaire, mais
c’était une autre époque.

N’oubliez pas, nous faisons une équipe
dont je reste simplement le capitaine. »

Topec: « Elle est très agréable, cette
piscine, j’y passerais des journées
entières, tellement on s’y sent bien. »

Yuyanna: « Parles pour toi, moi, l’eau… »

Topec: « Oui, c’est vrai, toi, tu passes
ton temps à t’instruire, mais pourquoi
faire ? »

« Parce que j’aime bien apprendre, avant
je n’en avais pas le temps, mais
maintenant… »

Rimac: « Ca n’est pas moi qui lui
donnerai tort, Père. »

Yupanki: « Moi non plus, excellent
passe-temps. »

Topec: « Ah ! Si les experts ont parlé, alors
je ne dis plus rien. »

Bien des années passèrent, la fin du
vingt deuxième siècle approchait, les
parents de Rimac venaient de mourir, d’un
seul coup, au cours d’une nuit de sommeil.

Ce dernier progressait considérablement, il
est vrai que son enseignement était strict
et efficace, il savait beaucoup de choses, ses
facultés paranormales se développaient, il
était capable de soulever plusieurs kilos
par télékinésie, puis de les déplacer, il
pouvait aussi se téléporter sur un
kilomètre et créer de petits objets à
travers les cristaux.

En Teknak et dans les arts martiaux, ils
étaient plus considérables encore, il
devenait un véritable expert, redoutable
pour n’importe qui.

Doté d’une musculature impressionnante
et d’une force conséquente, il ne
vieillissait plus, paraissant 35 ans, il en
avait plus du double, un jour, Yupanki:

« Rimac, vous êtes très doué, et vous me
faites honneur, mais maintenant, il est
temps pour vous de relever votre premier
défi, vous voyez ce dont je veux parler ? »

« Oui, Yupanki, vous voulez parler d’un
premier voyage dimensionnel…

Je savais que cela arriverait un jour ou
l’autre, à cette pensée, je ressens quelque
chose d’étrange, je suis à la fois excité et
angoissé, mais je suppose que c’est
normal ? »

« Tout à fait, c’est le contraire qui ne le
serait pas…

D’après tout ce que j’ai pu vous raconter
de mes expériences, vous savez comment
vous devez vous comporter dans diverses
situations, et notamment vis-à-vis des
gens, et de certaines femmes que vous
risquez de devoir connaître plus
intimement, et qui souvent, pourront vous
aider dans des cas désastreux.

Je prévois votre premier départ pour
dans 15 jours, ce qui vous laisse le temps
de vous préparer, si vous avez besoin de
revoir certaines choses, notamment au
niveau des comportements à
adopter, n’hésitez pas, nous ferons les
révisions nécessaires. »

« Je vais réfléchir, à priori, je ne pense
pas qu’il y ait de problème, car je me
suis longuement et souvent répété vos
conseils, je m’en suis formé des images, des
scènes, une sorte de second vécu
comparable à une seconde nature, avec
les automatismes correspondants.

Cela devrait aller. »

« Vous ne me surprenez pas, je vous
savais capable de ce genre de
démarche, néanmoins, si quoi que ce
soit ne vous semble pas clair, encore
une fois, n’hésitez pas à m’en parler
car lorsque vous serez dans le grand
bain, il sera trop tard. »

« J’en suis conscient, et je suis prêt.

C’est pour un an ? »

« Oui, j’aurais pu raccourcir la durée, mais
cela ne serait peut-être pas souhaitable
pour différentes raisons, je suppose que
vous voyez lesquelles ? »

« Oui, et moi aussi, je préfère ce délai. »

15 jours plus tard, un matin, après un
bon petit déjeuner, Yupanki:

« Prêt Rimac. »

« Prêt Yupanki. »

Ce dernier appuya sur un bouton, et
Rimac disparut.

Il apparut au milieu d’un massif d’arbustes
sur une étendue d’herbe, étendu et
engourdi.

« Ca y est, je ne sais pas si je peux me
lever, reprenons nos esprits et attendons
un peu. »

Quelques secondes plus tard:

« Eh vous ! Que faites vous là, c’est
interdit de dormir ici, relevez vous et
présentez moi vos papiers ! »

Rimac porta son regard en direction de
l’homme qui venait de l’interpeler, et se
leva péniblement.

« Qu’est-ce que je fais ici ?

Que s’est-il passé ? »

« C’est à vous de me le dire, vos papiers ! »

L’homme avait une sorte d’uniforme bleu
foncé, assez classe, avec deux barrettes
dorées sur chaque épaule, une belle
chemise blanche, moins grand que Rimac
de dix centimètres, et plutôt fin, il n’était
pas impressionné pour autant, notre
voyageur fit un signe de la main et se
mit à réfléchir, il fouilla dans ses
poches, puis: 
             
« Je n’ai plus de papiers, Monsieur, et je
ne me souviens de rien.

Je me sens bizarre. »

« Inspecteur, pas Monsieur, dans ce cas
je vous emmène à la grande maison.

Venez avec moi, et ne tentez pas de
vous échapper ! »

« Je ne suis pas en état de le
faire, Inspecteur.

Où suis-je ? »

« Vous le saurez bien assez vite, allez ! »

Dans les secondes qui suivirent, Rimac
retrouva vite son état normal, et:

« Je pourrais facilement me débarrasser
de cet Inspecteur, mais peut-être mieux
vaut jouer le jeu, j’en saurai certainement
davantage et plus vite. »

Et à voix haute pour l’Inspecteur:

« Je ne comprends rien à ce qui m’arrive. »

« Ouais, vous avez bu un coup de trop
et vous êtes dans le coltard, vous allez
vite retrouver la mémoire, mes supérieurs
vont vous y aider. »

Le massif d’arbustes dans lequel il était
apparu se situait dans un parc magnifique
entouré de bâtiments de style
haussmannien, Rimac:

« D’après les véhicules que je vois circuler
et l’aspect des bâtiments, la manière de
s’habiller des passants, les femmes sont
plutôt élégantes, j’ai l’impression de me
retrouver en Europe au milieu du
vingtième siècle…

Serais-je dans une ville ?

Il fait plutôt chaud ici, je dirais entre 25
et 30 degrés, serait-ce l’été ? »

Ils sortirent du parc, firent encore une
centaine de mètres dans une rue
adjacente, pour arriver devant une
grande maison qui pourrait bien être
un Commissariat, un garde à chaque
côté d’une grande entrée, une cour
assez longue, un couloir, un escalier
conduisant au premier étage, l’Inspecteur:

« C’est ici, Entrez ! »

Rimac se retrouva dans une assez vaste
pièce, bien agencée, et devant un
bureau derrière lequel trônait un trois
barrettes assez corpulent et d’un certain
âge, ce dernier:

« Ah ! Stank, vous tombez bien, je voulais
vous voir, mais qui est-ce mal fagoté que
vous ramenez ? »
« Bonjour Chef, justement, je l‘ai surpris
en train de dormir dans le parc Bakren, au
milieu d’un massif d’arbustes, il n’a pas de
papiers, alors je vous l’ai amené. »

« Ah ! Un clochard ! Qui ne savait pas que
le parc lui était interdit, bon, je vais
l’interroger, passez dans la pièce à
côté, je vous verrai tout à l’heure.

Vous asseyez vous ici, en face de moi ! »

L’inspecteur quitta la pièce, Rimac prit
place, et:

« Je ne suis pas un clochard, Chef, mais
seulement quelqu’un qui ne sait pas ce
qui lui est arrivé, j’ai dû prendre un coup
sur la tête, mais je me souviens de rien. »

« Tiens donc ! Ah ! Ah ! Je ne suis pas
votre Chef, mais l’Inspecteur Principal
Kerwicz, comme vous pouvez le voir
sur le panneau de mon bureau.

Vous n’avez pas de papiers ! Pas normal
ça, comment pouvez-vous prétendre
avoir pris un coup sur la tête si vous ne
vous souvenez de rien ? »

« On a dû me voler mes papiers, le coup
sur la tête, je le sens encore par des
douleurs. »

« Hm ! Admettons, mais qu’on vous ait
volé vos papiers, ça, j’ai du mal à le
croire, surtout bâti comme vous
êtes, vous m’avez l’air d’un sacré
gaillard… 

Dans ce cas, il n’y a qu’une chose à
faire, on va vous prendre en photo et
faire circuler un portrait robot, pendant
ce temps là, on va vous affecter une
cellule jusqu’à ce que quelqu’un vienne
nous donner votre identité.

Ne vous plaignez pas, vous serez nourri. »

Kerwicz appuya sur un bouton, quelques
secondes plus tard, deux uniformes sans
barrettes vinrent chercher Rimac pour le
conduire en cellule, deux étages
en dessous.

La cellule en question, de dix mètres
carrés, n’était pas d’une propreté
exemplaire, mais ce n’est pas ce qui
gênait le plus Rimac:

« Bien, ils n’ont pas l’air de connaître
les empreintes digitales, le portrait
robot, personne n’y répondra, rester
un an ici, pas question, je peux me
téléporter sur de courtes
distances, mais je dois en savoir
plus, comment faire. »

Quelques minutes s’écoulèrent, puis:

« Eh toi, le nouveau, t’es ici pour quoi ? »

Providentiel, un voisin de cellule qui
pourrait le renseigner, Rimac:

« Salut, si je le savais, je ne me souviens
plus de rien avant l’histoire du parc, je
vais te raconter. »

Et il relata à son voisin, d’une manière
précise, tout ce qui s’était passé entre
son arrivée dans le parc et sa venue en
cellule, pour terminer par:

« Avant cela, je ne me souviens
strictement de rien, pas même de mon
identité. »

« Ffff ! Alors ça, c’est pas banal…

On t’aurait mis un coup sur la caboche
pour te piquer tes papiers !!

Des mecs du milieu peut-être, ça leur
arrive de faire des faux bien
imités, certains parviennent même à
les rendre indiscernables des vrais .

A part eux, je ne vois pas qui aurait
intérêt à faire ça. »

Rimac: « Et toi ? Tu es là pour quoi ? »

« Oh moi ! C’est autre chose, je chaparde
pas mal, et de temps à autre, je me
fais piquer, là, j’en ai encore pour trois
mois, tu vois, c’est simple. »

« C’est quoi le nom du milieu ? »

« La Gaffia, pourquoi ? Tu voudrais
qu’ils te fassent des faux papiers ?

Pour ça, il faut pas mal de fric. »

« D’accord, et pour le reste, où
est-ce que je me trouve?
Dans quelle ville ?
Sur quel continent ? »

« Holà mec ! Je ne suis pas un centre
de renseignements, mais tu peux
avoir tes réponses, cet après midi, comme
tous les après midis, on a droit à une
heure de détente dans une cour, et à
une autre heure de bibliothèque pour
ceux que ça intéresse, de seize à dix sept
heures, il y a toutes sortes de bouquins. »

« Alors problème résolu, bon, j‘ai encore
mal à la tête, y-a-t’il un hôpital par ici ? »

« Ben, tu peux demander à te faire
transférer à l’infirmerie, mais fais
gaffe, vaut mieux que ce soit pour le
bon motif. »

Les prisonniers, même de cellules
voisines, ne pouvaient pas se voir, cela
était intéressant pour Rimac qui
disposait d’une chaîne avec un petit
cristal au bout, suffisant pour créer
de petits objets ou des aliments, parce
que la bouffe en prison… C’était connu.

La matinée passa, le repas aussi, que
Rimac avait jeté dans les toilettes, et
remplacé par des compositions qu’il
avait bien appris à faire.

Il s’était même permis de siffler un
bon Bourbon dans un verre qu’il
avait fait disparaître.

Dans l’après midi, dans la cour de
détente, il n’y avait que deux
prisonniers, lui et son voisin qui
était un homme de peau
marron, type oriental, plus petit
que lui, des cheveux poivre et
sel, il devait avoir dépassé la
cinquantaine.

« Salut, je suis Kardok, tu seras
bientôt à la bibliothèque, j’espère
que tu trouveras ce que tu veux voir.

Cette heure de détente, faut
l’apprécier, crois moi, en plus il fait
beau, combien de temps tu dois
tirer ? »

« Moi, c’est Rimac, l’Inspecteur
Principal m’a dit que tant que l’on
ne trouvera pas qui je suis, je dois
rester là. »

« Kerwicz ? C’est un enfoiré, lui, il
ne va pas se fouler, si personne
ne te reconnait, tu risque de rester
là à vie.

Au fait, t’a vu le repas?

Dégueulasse, non ? »

« Plutôt, oui, mais j’avais faim, pas
le choix.

On est loin d’un océan ? »

« Là, sûr, t’as perdu la boule, bon, je
vais t’aider un peu, nous sommes des
varks, du continent de Vartkan, notre
ville est Varkann, la capitale, nous
sommes environ 300 millions
d’habitants, et supposés être une
république, mais ici, la justice d’une
république, c’est comme nos repas en
prison, si tu vois ce que je veux dire.

Notre ville est au bord de l’océan, qui
peut conduire chez les Zenks, continent
Zenntan et capitale Zenkan, au bord
sud de leur continent, c’est un autre
peuple, clairs de peau et de cheveux, ils
sont au moins aussi grands que
toi, sinon plus grands, et plutôt
costauds, dans ton genre, eux, sont
dans ce qu’ils appellent une
monarchie, c’est à dire gouvernés par
une reine qui, paraît-il, est une
femme magnifique mais dure.

Tu en sauras plus dans la
bibliothèque, le fait qu’ils te bloquent
ici pour une histoire de papiers, cela
me fait gerber, si tu étais un marin, tu
n’aurais pas besoin de papiers, eux, du
moment qu’ils connaissent leur
boulot, on ne leur demande rien
d’autre, ils ont la belle vie, entre leur
navigation entre les deux
continents, paraît qu’on a des accords
commerciaux, à terre, ils stationnent
dans les bars, se saoulent la
gueule, draguent des nénettes des
deux côtés, bref la vie de roi quoi.

S’il se font arrêter par notre police de
***** dans un bar, parce qu‘ils ont
trop bu, il leur suffit de donner le nom
de leur capitaine et de leur bateau, on
les relâche avec des excuses, presque
des Présidents ou des Ministres, les
mecs. »

« Ce que tu viens de me dire est très
intéressant, n’aimerais-tu pas être
marin ? »

« Attention, leur boulot, à certains, c’est
du dur, je commence à être un peu trop
âgé pour ça, j’ai 55 balais, puis il faut
connaître, avoir navigué, c’est sûr que
si toi, par exemple, tu vas les voir pour
te faire embaucher, ils vont te faire
tenter ta chance, mais si tu ne fais
pas le poids, ils te virent. »                
         
« De plus en plus intéressant, l’autre
civilisation, est-elle avancée ? »

« Ouais, plus que nous, mais je me
demande pourquoi ça t’intéresse
tant, car si tu ne sors jamais d’ici… »

« Oui, tu as raison, il faut envisager
le pire, c’était simple curiosité de
ma part. »

« T’as l’air du genre de mec qui aime
apprendre,     avec la biblio, tu devrais
te régaler. »

Plus tard, lorsque Kardok regagna
sa cellule, Rimac se dirigea vers la
bibliothèque, il se retrouva face à l’un
des deux hommes qui l’avaient amené
vers sa cellule le matin, ce dernier:

« Oui, que viens-tu faire ici ? »

« Il paraît que j’ai le droit de venir
dans cette bibliothèque pour une
heure, est-ce exact ? »

« Oui, tu en as le droit, Kardok n’y
vient jamais, toi, je vais t’enregistrer, tu
t’appelles ? »

« Rimac. »
« Drôle de nom, enfin, peu importe, mais
je vais te surveiller. »

« Pas de problème, Inspecteur, je suis
passionné de lecture. »

« Non, pas Inspecteur, j’aimerais
bien, mais je ne suis qu’Auxiliaire n°2...

Merci quand même, tu peux y aller. »

« Merci », puis en lui-même:

« Pourvu qu’ils aient un secteur
géographie. »

Au bout de cinq minutes, il trouvait
ce qu’il cherchait, deux livres attirèrent
son attention, il les parcourut au plus
vite, une heure, ça ne durait pas
longtemps.

Ce qu’il lut dut lui plaire, car à dix
sept heures précises, il quitta la
bibliothèque avec un large sourire
et ne manqua pas de remercier
l’Auxiliaire n°2 en lui disant:

« A demain. »

Lorsqu’à son tour, il regagna sa
cellule, Kardok:

« Alors ? »

« J’aurai encore beaucoup à lire, c’est
vrai qu’il y a un grand choix, cette
bibliothèque est un trésor.

Mais maintenant, je vais me
coucher, car je suis très fatigué. »

« C’est trop tôt, et ton dîner ? »

« Tu pourras demander ma part. »

Un peu plus tard, Rimac:
« Bon, alors là, je crois que j’ai le
facteur chance, récapitulons:

Les livres m’ont confirmés le peu que
Kardok m’avait dit, maintenant, je sais
qu’il y a deux continents sur cette
planète, que les Zenks, une race nordique
de 200 millions d’habitants, sont plus
avancés qu’ici, leur continent est
Zenntan, leur capitale, Zenkan se trouve
sur le bord d’en face, mais à 6000
kilomètres, pas la porte d’à côté…

Mais ce qui est encore plus
intéressant, c’est cette histoire de
marins, n’importe qui peut se faire
embaucher, comme l’a dit Kardok, pas
besoin de papiers, et on n’arrête
jamais les marins.

Ce soir, vers une heure du matin, il
y a un départ, et c’est inscrit même
sur les livres, il y a de l’embauche
avant chaque départ, j’ai vu exactement
où je me trouve dans la ville, à 1,6
kilomètre de la travée 12 dans le
port, lieu où le navire se trouve, le
« PAKKRAD ».

Deux téléportations, et je serai sur
place, pour me faire embaucher comme
marin, à minuit, je prends le seau, le
ballet et deux ou trois autres ustensiles
pour les placer sous le drap, lorsque
demain matin, ils ne me verront pas, ce
sera trop tard, je serai déjà loin, surtout
qu’ils seront à cent lieues de penser que
je suis devenu marin, c’est dans la ville
ou les environs qu’ils me rechercheront.

J’aurais bien amené Kardok avec
moi, mais il m’a dit qu’il était trop
vieux, et il ne lui reste que trois mois à
tirer, alors…

Allez ! Je n’ai plus qu’à attendre mon
heure. »
A minuit, Rimac procéda à sa première
téléportation, il apparut sur un trottoir
d’une grande avenue à mi chemin, mais
un couple se promenait à proximité et le
vit, « Zut » pensa-t-il, et se retéléporta
de nouveau pour arriver dans le port, près
de la travée 12, là, personne ne fit
attention à lui, une dizaine d’hommes se
tenaient autour d’un autre, assis derrière
une table avec un papier et un
crayon, le lieu de l’embauche
probablement, Rimac s’approcha et
attendit son tour.

L’un des dix hommes qui le précédaient
repartit, l’homme assis dit aux autres:

« Il n’a pas fait l’affaire la dernière fois. »

Lorsque ce fut le tour de Rimac:

« Tu as déjà navigué ? »

« Non, mais tous les marins ont débuté
un jour, alors pourquoi pas moi ? »

L’homme regarda Rimac:

« Tu as l’air costaud, ce que tu as dit
n’est pas faux, d’accord, monte courir
ta chance, quel nom ? »

« Rimac. »

« Original, passe à l’intendance pour
changer de tenue, là où nous allons, il
fait froid, au suivant. »

A l’intendance, il obtint une tenue
seyante et une clé pour la cabine 122.

Une fois dans celle-ci, Rimac:

« Pas mal, elle est spacieuse et propre.

La trajet va durer 6 ou 7 jours, j’ai du
temps pour réfléchir, le mieux est de
prendre une douche et de me
coucher, demain matin, c’est-à-dire
dans un peu plus de cinq heures, lever
à six heures, ne trainons pas.

Ses débuts de marin ne furent pas
évidents, mais il apprenait vite, très
vite, et étant rapide et costaud, tout
s’enclencha rapidement, a bout de
4 jours, il savait déjà tout faire, et
il le faisait bien, à tel point que:

« Alors bosco, que donne notre
équipage, surtout les 30 nouveaux ? »

« Eh bien, capitaine, les 170 permanents
font leur travail, rien à redire, pour les
30 nouveaux, voici une liste de ceux que
je ne garderais pas, ils sont douze, six
ne seront jamais marins, deux pourraient
le devenir, mais ils sont trop distraits, le
manque d’attention peut coûter cher, un
autre a trop sale caractère, et serait
capable de mettre la zizanie partout, les
trois derniers sont trop maladroits, ils
se sont blessés au cours de différentes
manœuvres, deux sont encore à
l’infirmerie.

Un qui m’a surpris c’est Rimac, celui
là, c’est un phénomène, le premier
jour, ou même le deuxième jour, je
l’aurais viré, mais maintenant, en
voilà un que je veux garder, il est
dans les meilleurs, même parmi
les permanents. »

Dans sa cabine, Rimac:

« Alors c’est un navire de 300
mètres, puissant, avec un équipage de
220 hommes, 200 marins et 20 faisant
partie de la chaîne de commandement.

Il transporte des centaines de tonnes
de matières premières dont les zenks
ont besoin et qui n’existent pas sur leur
continent.

ces derniers les paient avec de l’argent
et rien d’autre, assez curieux…

Les sommes énormes qui vont chez les
Varks, car il n’y a pas qu’un seul
navire, mais 8 dans le même cas, ça doit
les aider sur le moment, mais tôt ou
tard, comment peuvent-ils maintenir
leur équilibre financier sans dévaluer ?

Les zenks, plus avancés que les
varks, devraient leur vendre des
appareils sophistiqués, mais ils ne le
font pas, pourquoi ?

Dans deux jours, nous serons à Zenkan,
Je voudrais pouvoir rester là bas, mais
comment faire ?

Ah oui ! J’ai lu que quelques Vars
travaillent et habitent à Zentann, voir
même à Zenkan, mais très peu, des
spécialistes en recherches scientifique
ou médicale…

En tant que marin, il peut arriver de
stationner trois ou quatre jours à
Zentann, le temps de déblocage des
paiements.

Si un marin comme moi veut se
prétendre apte aux recherches, ils
vont me rire au nez, pour le moment, pas
sûr que mon statut puisse me protéger
à Varkann, notamment contre des
idiots du genre Stank ou Kerwicz, et
le couple qui m’a vu en téléportation, pas
bon, de plus, si Kerwicz fait circuler un
portrait robot sur tout le continent…

Je voulais rester à Zenkan ?
Maintenant, je n’ai plus le choix, c’est
impératif, peut être qu’on embauche
pour des petits boulots là bas, genre
plongeur ou autre, mais sans papiers…

Le lendemain, en fin d’après midi, Rimac
fut convoqué au bureau du Lieutenant
Dorkann, l’un des deux adjoints du
Commandant du navire, lorsqu’il s’y
rendit:

« Asseyez-vous Rimac, Garguen, notre
Bosco, est particulièrement satisfait de
vos services, nous nous fions à ses
compétences pour juger des hommes et
de leurs aptitudes, car il a plus de 20 ans
de service au PAKKRAD, et il n’a jamais
fait d’erreurs.

Il nous a indiqué que vous aviez effectué
des tâches à une vitesse record et
procédé à des réparations dignes de
spécialistes mécaniciens, c’est
effectivement inhabituel, surtout pour
un débutant, il a demandé votre
promotion au rang de marin confirmé
3 ème échelon, c’est le plus haut grade
parmi nos permanents, et une promotion
sans précédent.

Ce nouveau rang vous donne un
autre avantage, avez- vous des
papiers ? »

« Hélas non, mon Lieutenant. »

« Bien, ne le regrettez pas, nous allons
vous les établir, il vous suffit de me
donner votre nom, vos date et lieu de
naissance, et vous pourrez venir
récupérer votre carte demain, chez
Garguen. »

« Quelle date somme nous
aujourd’hui, mon Lieutenant ? »

« Ah, beaucoup de marins sont dans
votre cas, fâchés avec les dates, nous
sommes le 13 Août 3137. »

« Alors mon nom est Waskar, né à
Varkann le 26 Mars 3103. »

« Bien, alors dès que vous serez passé
chez Garguen pour votre carte, également
valable comme identité à Varktan, vous
irez à l’intendance pour vos galons, demain 
nous serons à Zenkan, pour probablement
3 ou 4 jours, ne faites pas de folies ! »

« Je m’en garderai bien, mon Lieutenant. »

Lorsque Rimac regagna sa cabine:

« Ouf ! Cela me donne de nouvelles
possibilités, à Varkann, personne ne
pourra plus rien contre moi, avec des
papiers, et comme marin…

Le couple peut avoir rêvé, il se pourrait
que personne ne puisse les croire.

Mais je préfèrerais tout de même un
petit boulot à Zenkan, vivre dans une
civilisation plus évoluée est
normalement un plus, et puis, peut-être
aurais-je des réponses à mes questions. »

Le lendemain, le PAKKRAD accosta à
Zenkan, les marins quittèrent le navire
pour 48 heures de permission, lorsque
Rimac se retrouva sur le pont, prêt à
descendre, il se retrouva nez à nez avec
Garguen.

« Je me dois de vous remercier Bosco.

Je suis plus qu’agréablement surpris
d’un tel honneur. »

« Vous le méritez largement, Rimac, des
marins comme vous, je n’en avais jamais
vus, au début, vous ne saviez pratiquement
rien faire, vous hésitiez sur tout, trois
jours après, vous pouviez tout faire, comme
si vous aviez toujours navigué, vous
reconnaitrez avec moi que c’est
phénoménal.

Mais ne parlons plus de cela, allons
prendre un verre au « Tarkskodd », c’est
un bar resto assez chouette. »

« je ne connais pas les lieux, alors je
vous suis. »

Une fois dans le lieu en question, Rimac:

« Que me conseillez- vous ? »

« Oui, c’est vrai, vous ne connaissez pas
encore, ils ont de sacrés alcools ici, mais
mieux vaut ne pas en abuser, je vais
prendre une snatch, essayez. »

« C’est-ce que je vais faire, parlent-ils
notre langue ? »   

« Ah non ! Mais moi, je parle la leur, depuis
le temps, alors laissez-moi faire. »

Garguen commanda deux alcools, mais
Rimac put écouter des conversations aux
alentours qu’il pouvait parfaitement
suivre, comme pour Varktan, le transfert
dimensionnel ne connaissait pas de
barrières linguistiques, mais il fit semblant
de ne rien comprendre.

Quelques minutes plus tard, Garguen:

« On pourrait dîner ici, je vous invite
bien sûr, au PAKKRAD, la bouffe est
correcte, mais ici, c’est supérieur. »

Ils étaient à table, en train de
déguster l’entrée lorsqu’une altercation
éclata de l’autre côté de la salle, entre
un homme de teint foncé, type oriental
et un couple de zenks, le varks parlait si
fort que tout le monde pouvait entendre.

« Avec vous autres il y a toujours quelque
chose à redire, le plat n’est pas assez
ceci ou cela, le service est mal fait, si
vous n’êtes pas contents, allez donc
ailleurs. »

Une femme d’un certain âge quitta la
caisse pour aller vertement engueuler
le varks, et s’excuser auprès du
couple qui resta, Garguen:

« Elle a dû leur proposer un dessert
gratuit, ou un digestif, lui, à mon
avis, il va se faire virer.

Il s’appelle Pashkinn, le mois dernier
il a essayé de devenir marin, mais il
n’en avait pas l’étoffe, en plus, un
caractère désastreux, on allait le
ramener à Varkann, mais il a voulu
rester ici, à Zenkan, s’il continue
comme ça, il n’aura bientôt plus de
boulot, et ici, quand on ne travaille
pas, c’est la fin de tout.

Les zenks ne s’hébergent déjà pas
entre eux, alors recueillir un varks
sans boulot…

Ici, pas question de dormir
dehors, vous avez senti la
température? Je ne sais même pas
s’il fait 5 degrés, la nuit, c’est en
dessous de zéro.

En plein été chez eux, alors imaginez
le reste de l’année. »

Rimac: « Je ne savais pas que des
varks pouvaient travailler ici, à part
peut-être certains chercheurs. »

« Ah, vous savez ça ? C’est déjà pas
mal, oui, il y a des varks qui bossent
ici, ils sont mieux payés qu’à Varkann
pour les mêmes emplois, mais ce sont
toujours des petits boulots, plongeurs
ou serveurs, ils ne sont même pas
toujours déclarés, parce qu’ici, les
impôts sont encore pire que chez nous.

Franchement, je les plains, nous, dans
La marine, on est privilégiés.

Moi, par exemple, simple bosco, mais
avec 30 ans de marine, je suis bien
payé, et c’est de l’argent de poche, je
peux m’acheter tout ce que je
veux, je vis tout le temps dans ma
cabine, qui est assez vaste, j’y ai
des livres, un juke box, pas de loyer
ni de frais d’eau ou d’électricité, ou
encore de chauffage, les repas, comme
vous l’avez constaté, sont
corrects, avec du bon vin et des bons
alcools, je pourrais faire entretenir ma
cabine par des marins, mais je préfère
le faire moi-même, question de vie
privée et de discrétion, vous aussi, allez
pouvoir en faire autant, au début, le
salaire sera moins bon, mais avec
le temps…

Les marins permanents aussi n’ont pas
besoin d’un appart en ville, et on
voyage, chez nous, il fait toujours
beau, quand on est en relâche, on
peut se balader n’importe où, des
vacances quoi.

La moitié du temps, on est par
ici, mais on s’en fout, nos cabines sont
toujours bien chauffées, on a même
des marins qui ont femmes et enfants, pas
beaucoup, bien sûr, et leurs proches
ne peuvent pas naviguer avec nous, donc
il leur faut aussi un appart en ville, quand
on va vers Zenkan, mais si vous restez
célibataire, avec ou sans copines à la
décroche, croyez moi, c’est le mieux.»

Rimac :« Vous avez bien raison, la
marine m’intéresse. »

« Vous ne le regretterez pas, dès
que vous aurez touché votre premier
salaire, vous verrez déjà la
différence, Pashkinn, qui est serveur
ici, en tant que marin confirmé 3 ème
échelon, vous toucherez 50% de plus
que lui, et le jour où, comme je le
pense, car vous êtes un bon, vous
serez Bosco avec trente ans de
carrière, ce sera encore le double. »        

Rimac: « Lorsque l’on devient vieux et
que l’on ne peut plus exercer, comment
ça se passe ? »

« Bonne question, à Varkann, on a le
« CENTRE DES NAVIGANTS », nous
sommes tous pris en charge, et ce
n’est pas mal, notre salaire descend
de moitié, mais le reste, on l’a encore
gratos.

Les marins peuvent y aller à partir de
60 ans, moi, avec mon boulot pas trop
physique, si j’ai encore la tête, c’est
comme les officiers, on peut tenir
jusqu’à 70 ans. »

« Oui, encore un avantage non négligeable. »  

Rimac avait lu la fréquence des départs
sur Zenkan, mais il préféra en avoir
confirmation.

« Quelle est la fréquence des voyages ? »

« Cela dépend des besoins des zenks en
matières premières, et de leur réaction
au niveau des paiements, certains mois
c’est un seul voyage, pour d’autres, c’est
deux.

Cela veut dire que durant certains mois, on
peut apprécier douze ou treize jours
de vacances à Vardann, alors que
durant d’autres, on n’a pas de
break, si, 48 heures,  le temps d’une
révision complète du navire et de son
approvisionnement en carburant. »

« Très intéressant. »

Après un excellent dîner, le bosco et
Rimac regagnèrent leur cabine sur le
navire, ce dernier:

« Je n’en sais pas encore assez sur les
zenks, pas de problème linguistique ni
de lecture, ça, c’est une bonne chose, mais
même si ma mission consiste à connaître
des civilisations avancées, chez les
zenks, cela ne sera pas facile, tôt ou
tard, il faudra que je relève le défi, mais
c’est un peu trop tôt, j’ai intérêt à rester
marin pendant au moins deux ou trois
semaines, revenir par un autre voyage.

Ouais, par curiosité, j’aimerais bien savoir
ce que mon portrait robot a donné à
Varkann, éventuellement voir les têtes de
Kerwicz et Stank.

Ce n’est pas que pouvoir leur rire au nez
sans qu’ils puissent m’arrêter m’amuse
particulièrement, finalement, en un sens, ils
m’ont indirectement rendu service, mais
je vais rechercher des livres qui parlent
des zenks, cela est capital pour la suite.

Je suppose qu’à Varkann, ils disposent
d’informations intéressantes, les
rechercher chez les zenks ici, trop
aléatoire pour le moment. »

Rimac avait bien dîné et surtout bien
bu, il décida de prendre une douche
et de se coucher.

Deux semaines passèrent, le navire
avait regagné Varkann, par chance, Rimac
disposait d’une relâche de près de deux
semaines, les mois d’Août et de Septembre
étant des mois creux pendant lesquels il
n’ y avait qu’un seul voyage.

Il apprit que son portrait robot avait
circulé pendant une semaine, puis que
son identité comme marin avait été
dévoilée, ce qui fait qu’il était
tranquille, ceci d’autant plus que les
personnes du couple qui l’avait
surpris, ont été considérés comme
des affabulateurs.

Après avoir passé deux jours à se
familiariser avec les bars de Varkann
avec Garguen et/ou d’autres
marins, expérience qu’il avait considérée
comme utile, ces établissements étant
souvent réputés comme d’excellents
lieux de renseignement, il se rendit à
La bibliothèque principale de Varkann.

La réceptionniste:

« C’est pour quoi, Monsieur ? »

Rimac lui expliqua le sens de sa démarche
pour s’entendre répondre:

« Vous ne faites pas partie des personnes
autorisées à consulter des informations
confidentielles, je regrette. »

Rimac: « Puis-je avoir une liste des
personnes qui le soient, il se pourrait que
j’en ai dans ma famille. »

« Bien sûr, les listes sont accessibles à
tout le monde, en voici une. »

Rimac regagna sa cabine pour consulter
la liste, les personnes autorisées étaient:

- Le Président.

- Les Ministres.

- Certains chefs et directeurs de cabinets.

- Les militaires et les policiers ayant un
  Rang égal ou supérieur à Colonel ou à
  Commandeur Principal.

« Je peux m’arrêter là, Commandeur
principal, un  policier à cinq barrettes, j’ai
une idée…

Avec mon cristal je peux produire:

- Un masque, comme Yupanki me l’a
appris.

- Un uniforme de ma taille avec quatre
barrettes.

- Des bottes correspondantes.

Tout ceci, pas ici, mais dans un lieu
discret que je connais depuis avant-hier.

Je sais que la bibliothèque a un
Conservateur qui n’a pour souci que
les crédits qui lui sont alloués, et ce sont
précisément les privilégiés de la liste qui
font le Jury, à moi de jouer. »

Le lendemain, doté de ses créations qu’il
emporta dans un sac de marin, il se rendit
à son lieu discret, puis:

« Voyons avec un miroir, oui, tout est en
ordre, faisons disparaître le sac et allons
rendre visite à Monsieur Bakrann. »

Arrivé sur les lieux, la même
réceptionniste:

« Oui Monsieur ? Heu pardon, Monsieur
le Commandeur ? »

« Je souhaiterais parler à Monsieur
Bakrann. »

« Je vais l’appeler, vous êtes le
Commandeur ? »

« Storkann. »

Cinq minutes plus tard:

« Asseyez-vous Commandeur
Storkann, désirez-vous boire quelque
chose ? »

« Oui, un karaï glacé. »

« Excellent goût Commandeur, je crois
que je vais vous accompagner.

Que me vaut l’honneur de votre visite ? »

Rimac lui expliqua que le Ministre lui avait
confié une enquête sur un criminel varks
qui sévissait chez les zenks, et il termina
par:

« Il s’agit d’une information confidentielle
qu’il faudra garder pour vous, si je parvenais
à mener à bien cette enquête, c’est-à-dire
faire arrêter ce criminel en série qui nous
cause du tort, une cinquième barrette
atterrirait sur mes épaules, à ce moment
là, je pourrais faire partie du Jury qui
vote vos crédits.

Nous pouvons mutuellement nous
entraider, je crois savoir que vous
disposez de livres et autres documents
secrets sur Zentann, et tout ce qui s’y
passe, pouvoir les consulter faciliterait
mon enquête, qu’en pensez-vous ? »

Bakrann: « Hm! Oui, peut-être, mais
d’une part, la fiabilité totale de ces
documents n’a pas été prouvée, et
d’autre part, depuis plusieurs années, mes
crédits n’ont pas été réévalués, pour
bien faire, une augmentation de 20%
serait la bienvenue, mais sans vouloir
vous manquer de respect, je doute que
vous puissiez obtenir cela. »

« Eh bien détrompez vous, il se trouve
que je le peux, comme vous le savez, le
Jury se compose de 12 personnes, les
votes se font aux deux tiers, soit sur
l’accord de huit personnes, j’ai pour
amis:

Un Ministre, deux Directeurs et trois
Chefs de Cabinet, qui répondent de
moi comme je réponds d’eux, Monsieur
Mertink, capitaine d’industrie, a une
petite dette envers moi, un plus deux
plus trois plus un et moi, cela fait bien
huit, votre augmentation serait assurée.

Mais encore une fois, gardez tout cela
secret.

Quant à la fiabilité des documents, je
pense être apte à en juger, soyez sans
crainte, à ma sortie, ils resteront
secrets. »

« Bon, ce que vous venez de me dire
est impressionnant, et j’y crois, alors ces
documents se trouvent dans une salle
spéciale que je vais vous indiquer, vous
pourrez y rester aussi longtemps que
vous le désirez, personne ne vous
dérangera.

Suivez-moi. »

Rimac passa plusieurs heures à lire
quatre livres, deux comptes-rendus, et
d’autres documents dotés de croquis
et même de photos, puis il tomba sur
une feuille qui relatait d’étranges
événements tels que:

 Le Professseur Kotschner est mort à
48 ans d’un arrêt du cœur, sportif
confirmé, il était en parfaite santé.

L’érudit Bardenn 52 ans, célèbre pour
ses émissions mourut d’un seul coup
dans l’avenue ******, des témoins
affirment avoir vus une voiture à
vitres teintées près de là, les causes
du décès restent mystérieuses.

Darnoro 43 ans, chercheur aurait été
assassiné dans son domicile par des
inconnus.

Lartonn écrivain 37 ans, aurait été
empoisonné dans le restaurant ****

Décédé quelques minutes plus tard, il
n’a pas été possible de déterminer le
ou les coupable(s).

Rimac: « Bon, heureusement que j’ai
créé un petit enregistreur que j’ai dans
la poche avec toutes les données, rien
que les 4 décédés, parmi la vingtaine, cela
se passe de commentaires, le premier, un
mois après ses découvertes, et les
autres, dans les semaines qui ont suivies
les leurs, cela fait beaucoup de
coïncidences, lorsque Bakrann me dit
que la fiabilité des documents n’est pas
prouvée, c’est peut-être vrai, mais je
sais que la plus part des données risque
fort d’être exactes.

Certaines datent de plus d’un siècle, les
autres ? Entre 20 et 80 ans, mais ce qui
est curieux, c’est que ce sont les
anciennes qui sont les plus
intéressantes, plus on avance dans le
temps, moins elles le sont, comme si
les zenks avaient améliorés leurs
moyens de défense anti-espionnage
au fur et à mesure des évènements.

Les divers assassinats, ce sont eux qui
en sont les auteurs, s’ils peuvent faire
des masques et passer pour des
varks, ou encore aborder sur le
continent par voie aérienne avec des
vaisseaux furtifs, ils doivent disposer
de possibilités inconnues des varks. »
 
 Rimac quitta la salle et suivit un
couloir, au premier croisement, il se
retrouva face à face avec Bakrann:

« Alors, Commandeur Storkann? »

« Très intéressant, tant pour ma barrette
que pour vos crédits, bonne fin de
journée. »
 
Rimac ne pouvait pas encore aller
déjeuner en ville, son premier salaire
ne viendrait que dans une semaine.

Cela ne le gênait pas, il trouva un
endroit discret pour se débarrasser
de son déguisement qu’il fit disparaître.

Habillé en marin, il regagna sa cabine.

« Je n’ai pas déjeuné, et c’est un peu
tard pour la cantine, créer un peu de
monnaie de Varkann me serait utile, mais
je peux attendre le repas de ce soir.

Ces données méritent bien des relectures, mon
enregistreur ? Normalement, personne ne
vient dans ma cabine, comme Garguen, je
l’entretiens moi-même,  mais je dois le
cacher, voyons voir, en sondant l’épaisseur
des murs de ma cabine… »

Une demie heure plus tard:

« Oui, ici, j’ai une place, en supprimant un
rectangle métallique de 15 x 10 cms que je
recrée plus tard, c’est gagné, mais il me
faudra également créer et faire disparaître
un écran compatible, je sais faire, alors
rangeons l’enregistreur et faisons une
bonne sieste dans l’attente du repas de
ce soir. »

A la cantine, il vit Garguen qui lui fit un
signe.

« Alors Rimac, ça va, vous avez passé
une bonne journée ? »

« Très calme, je suis peu sorti, car tant
que je n’ai pas encore été payé, je ne
peux pas faire grand-chose, et vous ? »

« Ah oui, je me suis bien marré, puis
ai acheté un bon livre, c’est vrai que
pour vous, ça n’est pas cool, encore une
semaine de patience, bon, ce soir, je
vous invite à aller boire quelques
coups dehors, et demain à midi, on ira
au resto, ça vous va ? »

« Avec plaisir, mais je compte bien
vous rembourser. »

« N’y pensez surtout pas, je vous
l’interdit, sortir et discuter avec vous
est un plaisir, pas une contrainte, alors… »

« Je vous remercie, vous êtes quelqu’un
de bien. »

Durant les jours qui suivirent, Rimac passa
le plus clair de son temps à son entretien
physique et à ses concentrations et autres
téléportations, les limites de sa cabine
ne lui facilitaient pas les choses, mais
grâce aux différents bars du port et
d’autres dans la ville qu’il commençait à
connaître, ainsi que les heures de
fermeture, il progressait dans les
téléportations, pas question de se faire
repérer, un jour il se dit:

« Cette nuit, je vais tenter le bureau de   
Kerwicz, 1.6 kilomètre, ce sera un
record. »

Il y parvint, aller et retour et:

« Ouf ! Là, je suis rincé, je me couche. »

En Septembre, il était reparti pour un
autre voyage vers Zenkan, il savait qu’à
ce moment là, il aurait au retour encore une
douzaine de jours de repos, mais que de
Octobre à Mars, la probabilité de deux
voyages par mois était forte, il se dit:

« J’en ai encore pour quelques semaines
avec mes données secrètes, mais je
pense qu’en Janvier ou Février, ce sera
bon pour rester à Zenkan, je sais créer
de la monnaie, ce qui me dispensera
des petits boulots, louer une pièce
là-bas, cela doit être possible, le fait
que je parle leur langue ?

Des marins varkiens comme Garguen
le font, alors cela ne les surprendra
pas, je peux moi-même avoir été marin
depuis plusieurs années.

Pour le semaines à venir, mes objectifs
sont:

- Bien faire mon boulot.

- M’entraîner à tout.

- Ne pas trop boire, en principe, cela ne
   me gêne pas trop, mais prudence.

- Bien mémoriser toutes les données.

- Me promener le plus possible dans
   Zenkan, en évitant d’être trop souvent
   avec Garguen, qui est très bien, mais
   qui me prend trop de temps.

Plusieurs mois s’écoulèrent, on était à
mi Janvier 3138, pour le second voyage
du mois, Rimac commençait à bien
connaître Zenkan, du moins la moitié
de la ville la plus proche du port, pour la
température, ce n’était pas la bonne
période, 5 degrés dans la journée, et
moins vingt la nuit, mais il pouvait
s’habiller en conséquence.

Il lui restait sept mois à faire, il avait
la possibilité de faciliter son séjour
en restant dans la marine, mais tel
n’était pas le but de l’épreuve, il le
savait, il devait affronter les zenks
et en tirer le meilleur parti.          

Et c’est-ce qu’il décida de faire, le
24 Janvier, au lieu de regagner le
PAKKRAD, loin de Garguen qui devait
se trouver dans un bar ou déjà dans
sa cabine, il était en plein centre ville
en train de rechercher une location.

On lui demanderait ce qu’il faisait comme
travail, il avait trouvé, il serait soi-disant
traducteur dans les bars du port, pour
faciliter la communication entre la
plus part des marins varks qui ne parlaient
pas le zenk, et les zenks du coin.

Il était, bien sûr, supposé se faire
rémunérer.

Les bars et restaurants du port, ainsi que
certains commerçants du coin, disposaient
d’une double monnaie, celle des varks et
celle des zenks, une parité existait entre
les deux.

Mais Rimac savait créer de la monnaie
zenk, c’est avec cela qu’il paierait sa
location, il finit par en trouver une en
soirée, dans un bar du centre, un certain
Lundstor avec lequel il avait bu deux
verres lui dit:

« Oui, j’ai un studio qui n’est pas mal, un
beau 40 mètres carrés, ici, dans la
première rue à gauche, vous voulez
le voir ? »

« Bien sûr, vous en demandez combien ? »

Le prix n’était pas donné, mais cela ne
gêna pas Rimac qui:

« S’il est comme vous dites, ça me va. »

« Bien, mais avant d’y aller, quelle est
votre profession ? »

Rimac le lui expliqua et Lundstor:

« Fff ! Et on vous paie pour ça ? »

« Bien sûr, c’est un service comme un
autre, et en moyenne, je gagne *****
par mois. »

« Pas mal ! Et avant, où étiez vous ? »

« Chez un ami, mais il a trouvé une
copine, alors…. »

« D’accord, je vois, bon, eh bien
allons-y, on reviendra prendre un
verre après. »

Rimac pensa:

« C’est un pilier de bar, j’espère qu’il
ne sera pas trop collant. »

En chemin, Rimac:

« Et vous, vous faites quoi ? »

« J’ai une compagnie d’assurances, oh
une petite, mais je fais mon beurre. »

« Intéressant. »

« Oui, par exemple le studio doit être
assuré, et je peux m’en charger. »

« Pas de problème. »

« Avec ce que vous gagnez non, c’est sûr. »

Le studio était une belle pièce bien
agencée avec une entrée minimale qui
faisait peu de perte, une salle de bains
assez grande avec une baignoire sabot
et une cuisine carrée de bonnes
dimensions, de bons radiateurs récents
dans chaque pièce, pas grand-chose à
redire, Rimac:

« Ca me va ! »

« Alors vous pouvez déposer votre sac, on
va se boire un verre et je vous donne ma
carte, l’adresse de ma compagnie est
à deux rues d’ici, demain vous
passez, et on fait le contrat.

Réunissez la somme pour trois mois de
loyer, soit deux mois de caution, et le
mois d’avance, car comme vous le savez
sans doute, le loyer se paie toujours
d’avance. »

« Pas de problème. »

« Parfait, allons-y. » 

Le studio était au fond d’un petit jardin
actuellement couvert de neige, mais
c’était une bonne chose, Rimac avait
deux clés, une pour, de la rue, accéder
au jardin, et une autre, pour le studio
proprement dit.

« C’est encore mieux que dans un
immeuble, là au moins, j’ai une certaine
indépendance, et je vais pouvoir
m’organiser. »

Le lendemain, dans l’agence de Lundstor:

« Avez-vous un papier ou une carte
d’identité ? »

Rimac lui présenta sa carte.

« Ah, vous avez été un marin de varks…

Cela explique pourquoi vous parlez
notre langue et votre travail de
traducteur, pas mal, vous êtes malin.

Mais si je peux vous donner un
conseil, votre tenue de marin là, je ne
sais pas si c’est intentionnel pour votre
boulot, mais ici, au centre ville, ça fait
plutôt désordre, à votre place j’irai
acheter des habits zenks dans un
magasin, je peux vous en indiquer un, à
50 mètres d’ici, puis un marchand
de chaussures à 100 mètres.

Lorsque vous aurez le look zenk, tout
ira bien. »

« C’est précisément ce que je comptais
faire en sortant d’ici, alors merci pour
vos indications, je suis vraiment
intéressé de faire partie de votre
communauté. »

« Je vois qu’on se comprend, vous
connaissez mon bar, on aura l’occasion
de se boire quelques verres.

Bon, voici votre carte, maintenant passons
au réglement. »

Rimac lui sortit un paquet de pièces
nécessaire au montant, Lundstor:

« Fff ! Heureusement que vous m’avez pas
sorti des centimes, vous n’avez pas de
billets ? »

« Hélas non, les marins et autres clients
me donnent des pièces, jamais de
billets. »

« Ouais, je vois le topo, pour les autres
mois, cela nécessitera moins de
pièces, heureusement, il faudra
peut-être penser à une carte de
crédit, ça sera plus facile. »

« Je verrai cela dès que possible. »
 
« Pendant que j’y suis, je vous fais
votre assurance appartement, le
montant est modique, j’aurai moins
de pièces. »

Lorsque Rimac quitta Lundstor, il
se dirigea vers le magasin
d’habillement, puis vers celui des
chaussures, pour ce dernier, il se
retrouva avec deux bonnes paires
de bottes, mais pour les habits, il
put obtenir deux chemises, mais
pour le reste, il fallait attendre une
semaine, il se dit:

« Mais que je suis bête! Allons au
studio pour m’en créer, surtout que
je dois aussi refaire des pièces, pour
une télévision et un ordinateur et
toute la structure, car mon cristal est
trop petit, je doute de pouvoir les
créer, à moins de créer un cristal, ou
même plusieurs, plus gros ! Essayons. »

Des heures passèrent, Rimac, à son grand
étonnement, avait réussi à créer deux
cristaux plus importants, puis des
vêtements, d’autres pièces en grande
quantité, une télévision, et un ordinateur
avec clavier, souris, papier et
imprimante, et tout fonctionnait.

« Ffff ! Je me surprends moi-même…

La télé ok, ça va me donner des
indications, mais l’ordi, gaffe, il me
faudra me connecter avec des satellites
pour ne pas me faire repérer…

Bon, faudra que j’alimente un compte en
banque, avec une carte, ont-ils des
chéquiers ?

On va me débiter de l’eau, de
l’électricité, que sais-je encore, là, les
pièces ne sont pas pratiques, je verrai
tout ça demain, pour le magasin
d’habillement, faudra quand même que
j’y retourne pour le payer et prendre
mes vêtements.

Je mangerai bien un morceau, j’ai des
couverts et tout ce qu’il faut ici, cela
va me faciliter, il y a même une
machine à laver la vaisselle, mais pas
de machine à linge.

Enfin, ne nous plaignons pas, ce n’est
pas un Palais que j’ai loué. »
 
Plusieurs semaines passèrent, Rimac avait
réussi à régulariser sa situation tous
azimuts, comptes en
banque, vêtements, alimentation, paiements
de factures diverses, il vivait comme un
zankien, il avait revu Lundstor deux ou
trois fois, ils étaient en bonnes relations
sans être amis pour autant.

Il repensait de temps à autre à Garguen et
au PAKKRAD, mais les regrets n’étaient
pas de son style.

La télé et surtout l’ordi, via le Tranet, lui
procuraient pas mal d’informations, certains
des points sur les données secrètes
avaient été résolus, voire revisités, les
Zenks disposaient de vaisseaux spatiaux
qui pouvaient atteindre d’autres
systèmes, forte police, beaucoup de
militaires, la monarchie zenk dépendait
d’une reine qui semblait toute puissante, les
Lois étaient assez strictes, les gens avaient
des rôles à tenir, un simili de liberté ?

Oui, mais jusqu’à un certain point, quant à
leur opinion sur les varks, ils étaient
carrément considérés comme des
primitifs, ce dont Rimac se doutait depuis
longtemps, les échanges entre les matières
premières des varks, et leur production de
monnaie de singe établie pour des
paiements qui ne leur coûtaient rien, cela
indiquait clairement le rapport de force, il
y avait un écart d’au moins deux siècles
entre les deux peuples.      

Lorsque Rimac sortait, même avec le look
zenk, sa couleur de peau et son type
le trahissaient, bien des gens le
regardaient avec mépris.

Yupanki lui avait appris à devenir un
hacker, il maîtrisait les langages et
pouvait déchiffrer tous les codes, quelle
que soit leur complexité, il commençait
à accéder à certains fichiers secrets, et
c’est là qu’il se fit, en quelque
sorte, repérer.

Anona Nershgod, la reine des zenks, habitait
un Palais en dehors de Zenkan, à
quelques kilomètres, c’était une superbe
créature de 5 pieds 11 pouces, blonde, des
yeux verts clair, teint bronzé, un corps
d’athlète parfaitement proportionné, qui
avait plus de 3000 personnes directement à
son service, confortablement assise dans un
fauteuil, elle regardait un spectacle lorsque
sur un autre écran, une tête apparut:
  
« Oui Bao, que se passe-t-il ? »

Bao Kerstenn le Chef informaticien qui
travaillait et résidait dans le Palais, répondit:

« Votre Majesté, il se pourrait que nous
ayons un problème, depuis quelques
heures, mais on a voulu s’en
assurer, quelqu’un dans Zenkan, pompe
directement sur nos satellites sans que
nous puissions savoir qui c’est, ce qui est
plus grave, c’est qu’il accède facilement à
tous les dossiers secrets. »

« Tiens donc ! Il ou elle ou plusieurs…

Affinez vos recherches ! Il faut que l’on
trouve à qui on a affaire. »

Le reine raccrocha et se mit à réfléchir:

« Quelqu’un qui peut directement
accéder à nos satellites et aux dossiers
secrets, c’est fort, mais l’évènement est
récent, et sans précédent, cela veut dire
qu’il s’agit de quelqu’un qui s’est
récemment installé à Zenkan, mais alors
s’il est si fort, d’où vient-il ?

Voyons cela avec Rott Parstrom mon
Chef de la police. »

La reine composa un numéro, et:

« Rott ? Bien, voilà ce qui se passe… »
  
Après avoir restitué sa conversation
avec Bao Kerstenn, elle termina par:

Pour moi, c’est quelqu’un qui vient de
s’installer à  Zenkan, j’en suis
pratiquement sûre, alors faites moi
une recherche approfondie sur les gens
qui habitent Zenkan depuis moins de
six mois, je ne pense pas qu’il y en
ait une masse. »

« Je pense comme vous, Votre Majesté, un
tel évènement sans précédent ne peut
s’expliquer que de cette façon, je m’en
occupe et vous rappelle. »

Elle raccrocha et continua à méditer, ne
portant plus aucun intérêt à un spectacle
qui, quelques minutes avant, la captivait. 

« Accéder aux dossiers secrets ? Pourquoi ?

Oh ! Les plans des vaisseaux spatiaux et des
armements qui sont dans mon labyrinthe…

C’est peut-être ça qui intéresse le ou les
hacker(s), bon, je vais rappeler Bao. »

« Bao ! Oui alors enregistrez le dossier
4k8zz21c sur une disque dur à part, celui
là, vous ne le connectez pas, puis une fois
fait supprimez le moi de la catégorie D8K. »

« Bien Votre Majesté, mais la catégorie
D8K est hors du Tranet. »

« Vous croyez que je ne le sais pas?
Faites ce que je vous dis, exécution ! »

« A vos ordres. »

Elle raccrocha, puis:

« Pas plus qu’on ne peut péter plus haut
que son ***, un imbécile ne pourra
raisonner au dessus de son niveau. »

Rimac venait de faire une pause, lui aussi
réfléchissait:

J’ai accédé à un certain nombre de
dossiers secrets, en fait, ils n’ont rien
d’extraordinaire, sinon peut-être que la
Reine ne veut pas que son peuple sache
certaines choses, mais ça, c’est
classique quelle que soit la forme de
gouvernement.

Par contre, j’en ai vu deux ou trois qui
doivent être salement codés, je vais
finir, je pense, par les avoir, mais
demain.

Ils sont assez avancés, j’espère qu’ils
ne disposent pas de moyens de me
repérer. »

Quelques heures plus tard:

« Votre Majesté, ici Rott, alors aucun
Zenk n’est venu habiter Zenkan ces six
derniers mois, les dernières locations
concerne des étudiants et étudiantes
qui sont venu(e)s pour poursuivre des
études supérieures il y a plus de dix
huit mois, aucun d’entre eux n’est
réputé en informatique, leurs études
portent sur l’administration.

Il y a eu trois varks, deux d’entre eux
travaillent dans les bars et restaurants
du port, d’anciens marins qui ont voulu
s’établir ici, à Zenkan, il y en a un
troisième qui serait soi-disant
traducteur dans les bars et restaurants
du port, mais personne n’a vu de
traducteurs là-bas, c’est aussi un
ancien marin qui semble avoir les
moyens, car il a loué un beau studio 
de 40 mètres carrés au centre ville. »

« Merci Rott, je vous rappelle. »

Au même moment, Rimac qui avait
décidé, sans savoir vraiment
pourquoi, d’aller au bar de
Lundstor, était en pleine conversation
avec lui, ce dernier:

« C’est curieux, cet après midi, j’ai
reçu un appel de la police, ils m’ont
demandé si j’avais loué quelque chose
à quelqu’un depuis moins de six
mois, je leur ai répondu oui, puisque
c’est la vérité, vous ne seriez pas
recherché par hasard ? »

Rimac: « Pas à ma connaissance, ce
genre de demande, est -il fréquent ? »

« Non, c’est la première fois. »

« Vous leur avez donné mon identité ? »

« Bien sûr, je ne pouvais pas faire
autrement…

Cela vous pose un problème ? »

Rimac se mit à rire.

« Non, pas précisément, on s’en reboit
un autre ? »

« J’aime mieux ça, oui bien sûr qu’on
va s’en vider un. »    

Au même moment, la Reine:

« Des zenks étudiants arrivés il y a dix
huit mois ? Non, on peut les éliminer.

Les deux Varks qui travaillent dans
les bars? D’anciens marins ?

Ils font beaucoup d’heures pour
gagner peu, je ne les sens pas pour
un tel coup, ils n’ont pas
l’envergure, à éliminer.

Il me reste le traducteur que
personne ne voit, ça, c’est déjà un
bémol.

Ancien marin ? Bon c’est vrai que des
marins varks, ça doit être très limité
mais lui, il a les moyens de louer un
beau studio sans travailler ?

Second bémol, ça commence à faire
beaucoup, ceci d’autant plus qu’il doit
manger, payer des factures diverses, cela
présuppose encore d’autres moyens bien
plus importants, troisième bémol, là, il
m’intéresse, je vais rappeler Rott. »

« Bon, Rott, celui qui m’intéresse, c’est
le faux traducteur qui vit dans un
beau studio, communiquez moi toutes
les coordonnées, du loueur, adresse et
profession, puis du locataire, identité
et adresse. »

« Oui, Votre Majesté, alors voilà….. »

« Merci Rott à demain. »

« Devons nous faire quelque chose
dès maintenant ? »

« Non, Rott, attendons demain, il ne
s’envolera pas. »

Elle raccrocha puis:

« Lundstor, petite compagnie
d’assurances, c’est le loueur, sans
intérêt. 

Rimac Waskar, adresse, paie ****
par mois pour un 40 mètre carré
agréable.

Fff ! C’est bien au-delà des possibilités
des marins varks qui viennent travailler
dans les bistrots ou dans les restos, et
en plus, celui là, on ne lui connait pas
de travail réel ?

Voilà une belle énigme, Rimac Waskar !

Drôle de prénom et de nom, cela ne fait
pas très varks ça, décidément….

Le W au lieu du V, les autres lettres au
A près, ça sent le foutage de gueule, ça.

Attends un peu demain, on va
s’occuper de ton cas. »

Au même moment, Rimac, une fois
Rentré chez lui:

« Pas de doute, j’ai été repéré, ils ne
vont pas intervenir cette nuit, parce
qu’ils pensent que je ne m’envolerai
pas, mais demain, je vais les avoir sur
le dos, que dois-je faire ?

Dommage, j’étais près du but, car je
suis sûr que les dossiers secrets les
plus récalcitrants doivent contenir des
informations très intéressantes, peut
être des plans d’armements, ou même de
vaisseaux spatiaux ou encore des
remèdes pour prolonger la vie, je ne
pense pas qu’ils connaissent le
dimensionnel, s’ils m’ont repéré, ils ont
dû copier les dossiers sensibles sur
d’autres supports, et les ont
supprimés des ordis, quelles sont les
solutions qui me restent ?

1/ Je n’ai rien de vraiment important
dans l’ordi finalement.

2/ Qui m’a repéré, leur service
informatique qui doit être assez
élaboré ?

La Reine est toute puissante, c’est
elle qui prend les décisions, elle
a décidé de me retrouver, par qui ?

La police ? D’où l’appel à Lundstor.

3/ La police a dû procéder par
tri, probablement par un critère
logique de recherche, évènement
récent, on scrute les gens installés
ici, moins de 6 mois d’après Lundstor.

Si pas ou peu de zenks, on recherche
ailleurs, les varks, ceux qui travaillent
dans les bars ?
Non, pas intéressants, pourquoi
moi, je le suis ?

Ils ont dû découvrir que mon boulot
de traducteur était bidon, et que
je m’offre un studio agréable avec pas
mal de fric, c’est ça qui les a fait tilter.

En fait, ils ne m’ont pas vraiment
découvert, mais leur détection est
suffisante pour voir que le pompage
venait de la ville, si je supprime
l’ordino ils ne peuvent rien
prouver, mais maintenant, ils vont
me demander comment j’ai autant
de fric ?

Là, je serai bien embarrassé.

Je suis dans une nasse, que faire ?

Première possibilité, s’il y a un navire
dans le port, l’emprunter pour leur
fausser compagnie, ca me fait retourner
à Varkann, je me fais embaucher sur
un autre navire, et je me planque
dans ma cabine jusqu’à la fin…

Pas marrant, et échec à ma mission.

Deuxième possibilité: Me
téléporter, actionner l’ordi ailleurs pour
qu’ils repèrent un pompage, en
continu, je lui met une puissante
batterie, quand demain ils arrivent, ils
savent que le pompage continue
ailleurs, ce qui me suppose
innocent, mais il restera le problème
du fric.

Ils me mettront en prison ? Bof !

Réfléchissons mieux…

Qui a pris la décision de rechercher
les personnes arrivées à Zenkan
depuis moins de 6 mois ?

Les informaticiens ? Non, ils ont dû
paniquer et appeler la Reine.

La police ? Non, ils n’étaient pas au
courant avant que la Reine ne leur
en parle.

Mon pire adversaire dans cette
affaire, c’est la Reine, et personne
d’autre, les autres sont des pions.

Donc mon objectif va être de
rencontrer la Reine, comment
procéder ?

Surtout pas en fuyant, dormir un
peu et les attendre, mais dois-je
supprimer l’ordi, ou au contraire le
laisser à leur disposition, la Reine
verra que les Varks ne sont pas tous
idiots, et elle me proposera peut-être
un job? Le fric ?

J’ai été marin pendant des
années, j’ai fait quelques
économies, la monnaie varks, je
l’ai faite changer par des copains
dans les bistrots, ce genre
d’opération est courant là bas, ils
ne recouperont jamais, depuis le
nombre d’années que ça existe.
Comment vais-je me comporter ?

Les pions je m’en fous, ils ne me
font pas peur.

La Reine, redoutable paraît-il, forte
personnalité, semble aimer les
défis, on a des points communs, ça
peut jouer à mon avantage, le coup
que j’ai fait sort de l’ordinaire, même
pour eux, il se peut que je l’intéresse
la Reine, et dans ce cas, c’est à moitié
gagné, je me souviens de ce que m’a
dit Yupanki sur plusieurs de ses
expériences, bon, eh bien je les
attends. 

Le lendemain matin, vers 7 heures.

« Toc, toc,  toc, Police de la Reine, ouvrez ! »

Rimac: « Mais bien sûr, détendez vous. »

Il ouvrit et se trouva en face de six
hommes armés.

Rimac: « Je n’opposerai pas de
résistance. »

« Ca sera mieux pour vous, Rimac
Waskar, je suis Rott Parstrom chef de la
Police de la Reine, suivez nous ! »

« Volontiers, n’oubliez pas mon
ordinateur, il vous sera utile. »

Rott: « Ne nous dites pas quoi faire ! »

La Reine, devant un écran, assistait au
spectacle.

« Toi, mon gars, tu m’intéresses de
plus en plus.

J’ai hâte de voir ce que tu pèses. »

Rimac: « Je suppose que vous me
conduisez en prison ? »

Rott: « La prison serait un Paradis
pour vous, non, c’est devant la Reine
que nous vous conduisons, et je
n’aimerais pas être à votre place. »

Ils empruntèrent un gros véhicule qui
volait, dix minutes plus tard, ils
arrivaient devant le Palais de la Reine.

Après plusieurs centaines de mètres
de couloirs, Rott ouvrit une porte et:

« Entrez ! »

Rimac s’exécuta et la porte se referma, il
se trouvait dans une vaste pièce d’un luxe
inouï la Reine, à vingt bons mètres, assise
dans une fauteuil, lui fit un signe et:

« Venez, Rimac Waskar, et asseyez vous
là, devant moi ! »

« Avec plaisir, Votre Majesté. »

« Vos risquez de changer d’avis.

Ainsi, c’est vous qui perturbez mes
satellites et qui cherchez à entrer
dans mes dossiers secrets ? »

« C’est exact, et c’est vous qui avez
pris la décision de faire rechercher
des gens qui habitent Zenkan depuis
moins de 6 mois ? »

« Puisque vous êtes si malin, décrivez
moi le processus complet. »

« Oh, il est simple, votre service
informatique a paniqué hier, alors il
vous a appelé, ils ne pouvaient pas
me situer directement, vous avez prise
une décision, celle d’appeler votre Police
pour un tri, elle a visiblement bien
fait son travail puisque je suis là.

Vous auriez pu m’arrêter hier mais
avez pensé que je ne m’envolerai pas. »

La Reine regarda intensément Rimac et:

« Vous n’êtes pas un varks. »

Rimac prit sa carte de marin et la tendit
à la Reine, cette dernière la regarda
attentivement, et:

« Cela ne prouve rien, un marin varks
capable de perturber mes satellites.

Ah ! Ah! Ah, trop drôle. »

« Vous avez une curieuse opinion des
varks, sont-ils des primitifs pour vous ? »

« En quelque sorte, mais quoi que vous
disiez, vous n’en êtes pas un, de quel
monde vous venez ? »

« D’une autre galaxie, fort loin d’ici. »

« Tiens donc, et vous seriez venu vous
poser tranquillement sur Varktan, histoire
de leur en mettre plein la vue ? »

« Oh que non, je suis ce que vous
appelez un hacker, et un jour, à force
de faire des bidouillages, je suis tombé
sur des informations que je ne devais
pas connaître et qui se rapportaient à
certaines méthodes de notre
Gouvernement, j’en ai parlé à certaines
personnes, et visiblement pas qu’à des
amis, car j’ai fait l’objet d’une sanction
de justice, chez nous, la peine de mort
n’existe pas, mais l’exil oui, nous
sommes plus avancés que vous en
recherches spatiales et pouvons
facilement nous déplacer d’une galaxie
à une autre, les atlantes, mon peuple
m’ont exilé ici, sur Tanbara, il y a
quelques années. »
 
« Les atlantes ! En admettant que vous
veniez d’un peuple plus avancé que
nous, comment expliquez vous que
nous n’ayons rien vu alors que nous
avons des satellites et des vaisseaux
dans tout l’espace environnant ? »

« Tout simplement parce que nous
pouvons rendre nos vaisseaux
invisibles et indétectables. »

« Et allez donc, eh bien vous
savez, Rimac Waskar, je ne vous
crois pas. »

« Alors comment pouvez-vous
expliquer que je suis plus fort que
vos informaticiens, sans être un
vark pour autant ? »

« C’est à vous de me l’expliquer, la
peine de mort existe chez nous, et
ma patience a des limites. »

« Non seulement je n’ai pas peur
de mourir, mais vous perdriez le
moyen de connaître le fin mot de
ma petite intervention. »

« Savoir comment vous faites pour
perturber nos satellites et pirater
nos données ?
Je me fiche de cela, ce qui compte
pour moi, c’est que cela ne se
reproduise pas.

Vous n’avez pas peur de mourir
dites-vous ?

Cela dépend de la manière de vous y
préparer, et je dispose d’excellentes
méthodes. »  

« J’en doute, et vos pions ne feraient
pas le poids. »

« Ffff ! On veut jouer les durs ?
Et mes pions ne valent rien ?

Eh bien c’est-ce que l’on va voir. »

La Reine prit un mobile et fit un
numéro.

«  Zerk venez en salle B, avec
Bork, Kandar, Margg, Echtan et Tork. »

Et elle raccrocha pour dire à Rimac
avec un curieux sourire:

« Venez avec moi, je vais vous faire
visiter la salle B »

Rimac comprit de suite qu’il aurait
six adversaires en face de lui, et
sûrement des costauds.

Arrivé sur les lieux, les six hommes
s’y trouvaient déjà, le Reine s’adressa
à Zerk, visiblement le plus costaud.

Aucun des six ne faisait mois de 6 pieds
5 pouces alors que Rimac mesurait 6
pieds 1 pouce.

« Je vous présente Rimac Waskar, un
jeune homme qui ne doute de rien et
qu’il faut ramener à la réalité, je vous
laisse le soin de vous en occuper, mais
ne me le tuez pas, je n’ai pas fini mon
programme avec lui. »

« A partir du moment où elle dit à
ses hommes de ne pas me tuer, leurs
moyens vont diminuer. » Pensa Rimac.

Kandar et Margg s’approchèrent de
lui, il fit un pas de côté et décocha
un coup de pied en Teknak, qui arriva
a la gorge de Margg, puis, en vrille, fit
de même à Kandar, les deux hommes
se tenaient le cou et avaient bien des
difficultés à respirer, puis ils
s’écroulèrent, évanouis.

Zerk: « Ca, tu vas le payer. »

Avec  Bork, Echtan et Tork ils se ruèrent
Vers Rimac, mais ne rencontrèrent 
que le vide, Rimac avait sauté au
dessus d’eux, lorsqu’ils se
retournèrent, crochet du gauche à
Bork et du droit à Echtan.

Les deux hommes étaient sonnés mais
reprirent le combat, Zerk:

« Méthode K ! »

Deux hommes tentèrent de plaquer
Rimac alors que les deux autres
dirigeaient leur mains vers son cou, une
vrille et une toupie, les quatre hommes
étaient par terre, Zerk:

« Laissez le moi ! »

Deux bons mètres, très costaud, il
était toutefois un peu lent, il envoya
un crochet à Rimac, et une fois
encore, rencontra le vide, mais la
réponse ne se fit pas attendre, un
autre coup de teknak, et il se retrouva
étalé pour le compte, c’est là que la
Reine intervint:

« Bon, Ca suffit, allez vous faire
soigner ! Vous Rimac, venez avec
moi. »

Ils réintégrèrent la salle d’accueil.

« Asseyez-vous, que voulez-vous
boire ? »

Rimac: « Je serais partant pour
une zerag. »

« Bon goût, moi aussi, tiens. »

La Reine appela pour commander, trois
minutes plus tard.

« Santé Rimac ! »

« A la vôtre, Votre Majesté. »

«Alors comme ça, vous venez de
corriger mes pions…

Il s’agit de mes six meilleurs
hommes, des militaires costauds
et experts en combat…

Mais vous, vos techniques de
combat et votre rapidité sont
étonnants.

Je me demande si vous êtes
humain. »

« Je ne suis pas un androïde. »

« Androïde ? Qu’est-ce que c’est ? »

Rimac le lui expliqua et termina par:

« Avec votre niveau de développement
je suis surpris que vous n’en ayez pas. »

« Et ces êtres artificiels pourraient
être à notre service, et faire tout ce
que nous demandons ?

Intéressant, je vais réfléchir à cela,
pourriez-vous en fabriquer ? »

« Peut-être. »

« J’en suis sûre, vous n’êtes pas de ce
monde, un simple hacker ? Non, vous
êtes bien autre chose… »

« Vous aussi, vous êtes autre chose
qu’une simple Reine, une superbe
créature aux multiples talents.

Vous faites beaucoup de sport. »

« Si l’un de mes sujets m’avait dit
ce que vous venez de me dire, j’aurais
pris cela pour une flatterie.

Et je n’aime pas les flatteries, il aurait
été sanctionné, mais venant de vous…

Vraiment ? Vous me trouvez superbe ?
Wow !

Oui, mon entraînement physique est
important, vous êtes très observateur. »

« Magnifique, oui, mais avec un sacré
caractère. »

« Alors là, il faut me comprendre.

Mettez-vous à ma place, croyez vous
que gouverner des millions de gens
soit facile ?

Les gens ne sont pas tous
raisonnables, tant s’en faut, j’ai
des secrets, normal, tout le monde
ne doit pas tout savoir, cela n’en
intéresserait pas certains, d’autres
en feraient un mauvais usage, je
n’ai peut-être pas la meilleure
méthode pour gérer une population
mais je fais ce que je peux, avec ce
que je sais, j’ai des privilèges, et alors ?

Si tout le monde avait les mêmes, croyez
vous que ça serait mieux ?

Une égalité en tout et pour tous ne
serait pas possible, aucune civilisation
n’y survivrait, est-ce mieux chez
les varks ? »

« Vous venez de me démontrer que
vous êtes vous-même très
intelligente, et tout ce que vous avez
dit est juste, les varks ? Non, ils ne
sont pas meilleurs, mais il ne faut pas
les sous-estimer, ils sont moins
avancés que vous, c’est vrai, mais eux
aussi, sont des humains. »

« Vous êtes quand même quelqu’un de
curieux, emprunt de sagesse tout en
étant un super combattant, disposant
d’un savoir étendu et venant de je ne
sais où…

Quel âge avez- vous ? »

« Là non plus, vous ne me croiriez pas. »

« Dites toujours. »

« Peut-être plus tard, vous m’avez
démontré des qualités, mais je ne
vous connais pas encore assez. »

« Vous ne cessez de me surprendre. »

« Tant que l’on peut être surpris par
quelque chose, on vit, quelqu’un que
rien ne pourrait surprendre est
quelqu’un de mort.»

La Reine se mit à rire:

« Vous êtes hallucinant.

Bon, si vous venez d’un monde avancé
qui peut voyager dans l’espace et
utiliser des androïdes, vous devez
également être avancés en médecine
et avoir découvert des moyens de
prolonger la vie.

Alors parlons franc, j’ai 188 ans et
peux vivre 1000 ans, bien sûr, nous
poursuivons des recherches sur
l’immortalité…

Je pense que là d’où vous
venez, on fait de même, je ne crois
pas à votre histoire d’exilé, pour
moi, vous êtes une sorte
d’ambassadeur qui a une mission
bien précise.  »

« Non seulement votre discernement
est remarquable, mais vous auriez
des dispositions pour des facultés
paranormales que ça m’étonnerait
pas.
 
J’ai 77 ans et moi aussi, je peux vivre
des siècles, est-ce que cela vous
satisfait ? »    

« Voilà encore un point qui nous
rapproche, une autre zerag, Rimac ? »

« Si vous en reprenez une, volontiers. »

« Bon, nous n’allons pas tarder à
déjeuner, sachez que non seulement
je ne vous vois pas comme un
ennemi, mais comme quelqu’un avec
qui une coopération serait très
intéressante, qu’en pensez-vous ? »

« Votre ouverture d’esprit vous
honore, Majesté, si vous maintenez
cette bonne volonté, alors oui, on
peut envisager une coopération. »

Ils déjeunèrent, puis, dans l’après
midi:

« Oui, Bao ? »

« Votre Majesté, comme vous le
savez, nous avons l’ordinateur
du trouble-fête de varks.

Pas moyen d’entrer dans ce qu’il
contient, il est vraiment très
fort, que devons-nous faire ? »

« Hm ! Laissez cet ordi, n’y touchez
plus et occupez-vous plutôt de la
surveillance générale…

Maintenant, il n’y aura plus de
problème je le ferai prendre demain. »

« A vos ordres, Votre Majesté. »

Le Reine raccroche, et:

« J’espère, Rimac, que vous pourrez
me montrer quelques unes de vos
applications, j’ai de bonnes notions
dans ce domaine. »

« Je n’en doute pas, et vous serez
satisfaite. »

« Bien, je vois qu’on avance, je crois
que maintenant, nous pouvons nous
parler franchement, en évitant les
énigmes, si vous voulez savoir
quelque chose, je vous en
parlerai, ferez-vous de même avec
moi ? »

« Vous avez raison, je crois moi aussi
que nous sommes sur le bon chemin.

Mais il faudra me laisser encore un
peu de temps. »

« Je comprends, vous devez disposer
de connaissances hors normes.

Que vais-je faire de vous ?
Comment vous intégrer dans ma
Monarchie ?

Là encore, je dois réfléchir, pour cette
nuit vous allez pouvoir dormir dans
une chambre près d’ici, et bien
entendu, nous dînerons ici même tout
à l’heure. »

Beaucoup plus tard, bien après le
dîner, Rimac:

« Je suis dans une bien belle
chambre, là, elle ne s’est pas fichue
de moi, et le dîner, tout comme le
déjeuner d’ailleurs, succulents.

Je crois que je vais prendre un bain…

Mais ! Je sens qu’elle m’observe, c’est
sûr que je dois l’intriguer énormément.

Une femme qui pourrait bien me
plaire, mais d’une part, je ne suis que
de passage, et d’autre part, je n’ai
encore jamais eu d’expérience sexuelle.

Est-ce que cela pourrait poser un
problème?

La théorie, je connais, mais la pratique…

Bon, qu’elle m’observe ou non, je
prends mon bain. »

Dans les secondes qui suivirent:

« Curieux ! Je ne me sens plus
observé, aurait-elle eu la décence de
couper ses caméras ?

Dans ce cas je lui tire mon chapeau. »

De son côté la Reine:

« Ffff, quel corps il a … Un sacré beau
mec, question sport, il n’a rien à
m’envier, car il doit pas mal pratiquer.

Cela fait plusieurs années que je n’ai
pas eu d’hommes, je n’y pensais pas
avant de le connaître, mais maintenant…

Un compagnon pour l’avenir ?
Pourquoi pas ?

Mais je veux qu’il soit plus franc avec
moi, ce n’est qu’à ce moment là que
je lui attribuerais un rang ou un grade.

Il n’est pas facile à percer à jour, mais
curieusement, je sens que nous
avons pas mal de choses en commun.

Mais une chose me gêne chez lui, d’un
seul coup, à  Varkann, il est arrivé
comme un cheveu sur la soupe, s’il
peut repartir de même, je ne sais
toujours pas comment, puisqu’il
semble avoir une mission, je ne
pourrai pas le garder…

Si c’est un homme, je n’en reverrai
pas un comme lui, et je ne pourrai
tirer ça au clair que s’il décide d’être
franc avec moi.

Oh ! Mais j’y pense, Starkos
Gularstrom, notre éminent
scientifique,  poursuit des recherches
sur les portes dimensionnelles…

Je l‘appellerai demain pour savoir
où il en est…

Et si Rimac venait d‘une porte
dimensionnelle ?

C‘est-ce qui me semble le plus
vraisemblable, car son histoire
d’atlante exilé, venant dune galaxie
lointaine, je ne la sens pas, elle sonne
faux, il se peut que des êtres soient
plus avancés que nous en
spatial, ce qu’il dit doit être
techniquement possible, mais
depuis deux siècles, nous avons
visités des centaines d’exoplanètes, et
n‘avons jamais trouvé d‘autres formes
de vie intelligentes, humaines ou
non, cela ressort d‘une chance sur
des milliards.

Si mon idée est exacte, Rimac repartira
d‘où il est venu un jour ou l‘autre, par
une sorte de téléportation, rien
à voir avec les vols spatiaux.

Si je m’attache à lui, je risque fort
de le regretter, il faut que dans les
jours qui viennent, il me dise la
vérité, je vais lui faire part de mon
idée dès demain et tenter de voir
ses réactions.»

Le lendemain, après un bon déjeuner:

« Merci de votre démo ce matin sur
l’ordi, je vois que j’ai encore à en
apprendre, et j’espère qu’on
continuera ? »

« Vous pouvez y compter, Majesté, je
sais que ces connaissances seront
dans de bonnes mains. »

« Parfait Rimac, là, vous me mettez
à l’aise, alors j’ai une préoccupation
vous concernant, savoir comment
vous êtes venu ici.

Votre histoire d’atlante exilé, je n’y
crois toujours pas, nous poursuivons
secrètement des études sur les portes
dimensionnelles, et je pense que c’est
par l’une d’elle que vous êtes venu.

Si tel est le cas, vous devrez, un jour ou
l’autre, repartir, mais dans combien
de temps ? »

Rimac: « Pouvez-vous me laisser
quelques minutes de réflexion ? »

« Bien sûr, prenez votre temps. »

Il savait que pour compléter sa
formation, Rimac devait avoir une
expérience avec une femme, et
celle-ci lui plaisait, il devait aussi
recueillir des éléments intéressants, mais
voudrait-elle les lui donner ?

Il fallait tenter le coup.

« Bien, Majesté, alors vous venez de me
démontrer que vous avez droit à la
vérité, je vais donc vous la dire, mais
ce sera long. »

« Peu importe, nous avons tout le
temps, et je ne demande qu’à vous
écouter. »

Et Rimac parla comme jamais il
n’avait parlé, durant des heures, il
commença à lui parler de sa rencontre
avec Yupanki, puis de sa formation, du
développement de ses facultés
paranormales, lui fit une démonstration
sur des courtes téléportations de 10
mètres, fit apparaître deux verre pleins
de Bourbon on the rocks:

« Goûtez moi ça, c’est du Bourbon, je
crois que ça vous plaira. »

Un break salutaire durant le dîner, puis
la poursuite des explications jusque
tard dans la nuit, notamment en relatant
des éléments de certains voyages
dimensionnels de son Maître, puis:

« Suite à demain matin, bonne
nuit, Votre Majesté. »

« Bonne nuit Rimac, j’attends tout à
l’heure avec impatience. »

Quelques heures plus tard, dans le
milieu de la matinée, après un petit
déjeuner, Rimac continua jusqu’au
début de l’après-midi, pour terminer
par ce dont il avait besoin, de la Reine
et des plans de vaisseaux spatiaux et
d’armements.

La Reine: « Woosh ! C’est à mon tour
de vous demander un temps de
réflexion, et je serai plus longue
que vous, je vais vous demander
de regagner votre chambre, et de
revenir dans une heure. »

Dès que Rimac quitta les lieux, la Reine:

« Zakar ? »

« Oui, Votre Majesté. »

« Que personne ne me dérange
avant demain matin, aucun appel.

Clair ? »

« Oui, Votre Majesté, je m’en charge. »

Puis, en elle-même:

« Mon parcours, à côté de celui de
Rimac, c’est de la rigolade, et son
fameux Maître, Yupanki, Wow !

Ainsi, dans 5 mois et demi, il doit
repartir par transfert automatique.

J’ai bien senti que ça lui plairait de
rester avec moi, mais son destin est
tout tracé.

Il me veut pour première femme, et
me demande les plans des vaisseaux
et des armements ?

Ca, c’est autre chose, il m’a dit qu’il y
aurait un échange, que va-t-il me
proposer ?

Il n’a jamais connu de femmes!!
Ca, c’est plutôt mignon, je dirais même
émoustillant, car il me plaît.

J’ai ce qu’il faut pour l’amener à faire
de sacrées performances.

Pour le lit d’accord, mais pour les
plans, je veux une sérieuse
contrepartie, et être sûr qu’il n’y
aura aucune conséquence pour
nous ici.

Ses téléportations, sa concentration
sur son cristal, Wow !

Carrément fantastique, il dispose
de sacrés pouvoirs, et ceux de son
Maître, Yupanki…

Cent fois pires, il crée des vaisseaux
spatiaux avec armement en un clin
d’œil, j’aurais bien voulu le
connaître, celui-là.

Bon, contentons nous du disciple qui
n’est pas mal du tout, et je sais quoi
lui répondre.

Un peu plus tard, la Reine:

« Ah, te voilà Rimac ! Bien alors
fabriques nous deux Bourbons, c’est
vraiment fameux.

Maintenant, appelles moi Anona, mon
nom est Nershgod, on peut se tutoyer
car je suis d’accord pour que tu sois
mon compagnon pendant ton séjour ici.

Faire l’amour avec un puceau ! C’est
loin de me déplaire, et n’y vois aucune
moquerie de ma part, c’est sûr que
beau comme tu es, dans un contexte
normal, il y a longtemps que tu ne
le serais plus.

Les plans des vaisseaux et des
armements, je suppose que c’est
pour Yupanki ? »

« C’est aussi pour qu’il ait une preuve
que j’ai réussi ma première épreuve. »

« Oui, c’est vrai, tu m’en as parlé, mais
quelles seront mes garanties ? »

« Oui, j’aurais pu t’en parler à la fin
de mon récit, elles sont de deux sortes:

La première, c’est que si, en transfert
dimensionnel, il est possible de revenir
au même point, à la même époque, c’est
impossible, on ne sait pas remonter
la passé, il n’y aurait donc aucun
risque pour ta planète.  

La deuxième, c’est mon intention de
t’apporter un certain nombre de
choses, je suppose que tu as des
cristaux ? »

« Oui, ça, je n’en manque pas, de
diverses tailles et de plusieurs
couleurs, j’en ai un stock, je te le
montrerai. »

« Bien, dans l’ordi, j’ai des plans
détaillés d’androïdes, peut-être
même que je pourrai en fabriquer
un ou plusieurs, qu’en penses-tu? »

« Oui, Ca m’intéresse, quoi d’autre ? »

« Te faire travailler tes facultés
paranormales et les téléportations. »

« Wow ! Oui, tu crois que c’est possible ? »

« J’en suis même sûr, tu disposes de
bonnes bases. »

« Comment peux-tu le savoir ? »

« Par une perception qui, elle aussi, fait
partie des facultés paranormales, et qui
peut être développée. »

« Si ça se passe comme tu le
dis, d’accord, tes propositions font bon
poids, marché conclu. »

« Je peux même aider tes scientifiques
pour la porte dimensionnelle. »

« !!! Non, pas possible ! Tu peux faire ça ? »

« Bien sûr, en tant qu’assistant, j’en
connais tout l’intérieur puisqu’en cas de
panne je répare. »

« Alors ça oui, on leur filera les plans, ils
se débrouilleront. »

« Oui, parce que leur en construire
une, c’est un trop gros morceau pour
moi, je ne suis pas Yupanki. »

« J’aurais bien aimé le connaître. »

« Il t’aurait plu, mais
malheureusement, tu n’as que le disciple. »

« Hm ! Je crois que je vais m’en contenter. »  

Le soir même, après dîner, la Reine:

« Excellent ! Bon, maintenant, on
va penser à une autre chose agréable, tu
vois laquelle ? »

« Je crois que oui. »

« Alors allons dans ta chambre, demain, on
ira dans la mienne. »

En elle-même, avec un sourire:

« Je lui ai fait verser une petite potion
dans ses zerags, il va péter la forme
pendant plusieurs heures.. »

Le lendemain matin:

« Bien dormi, Rimac chéri ? »

« Oui ma chérie, et toi ? »

« Oh oui ! Quelle nuit, eh bien mon
cochon, pour un ex puceau tu
apprends vite, et tu es doué. »

« Et toi, tu es divine. »

« Wow ! Ca me plait d’entendre
ça, j’espère que tu en redemanderas
souvent. »

« Ca, tu peux y compter. »

Les mois passèrent, les premiers
androïdes assuraient un excellent
service, à la grande satisfaction de
la Reine, et surtout de ses serviteurs.

L’ordinateur n’avait plus beaucoup
de secrets pour elle, ses facultés
paranormales se développaient à
tel point qu’elle-même était capable
de se téléporter sur plusieurs
mètres, de créer des petits objets
tels que bagues, bracelets, ses
perceptions devenaient encore
plus fines, sa force et sa maîtrise
En divers domaines augmentaient
également et régulièrement.

Starkos Gularstrom  avançait aussi
dans la construction d’une porte
dimensionnelle qui nécessiterait
encore quelques mois.

Le départ de Rimac approchait.

Le Reine: « Quand je pense que
tu pars dans trois jours, j’aurais
bien voulu te garder, moi. »

« En un sens, je le regrette
aussi, avec toi, cela a été
merveilleux, mais je ne peux pas
échapper à mon destin.

Avec tes progrès en paranormal, peut
être qu’un jour, toi aussi, tu vas
devenir un Maître. »

« Il n’y a pas de Royaume souterrain
ici, et prendre un assistant ?

Je ne crois pas que cela soit mon
genre de destin, non, régner encore
durant quelques millénaires, oui, mais
je me demande si l’immortalité vaut
le coup. »

« Moi aussi parfois, je ne sais pas si
Yupanki lui-même peut répondre à
cette question, après tout, il n’a que
sept ou huit siècles. »

« Ah, quand même !
C’est déjà pas mal. »

Trois jours plus tard, le départ eut
lieu, Rimac voyait encore  Anona en
larmes, et entendit:

« Adieu, mon amour. »

Ko pendant quelques secondes sur une
plaque, il vit Yupanki, ce dernier:

« Ca va ? Vous êtes en bon état ? »

« Oui, je me remets, sacré aventure. »

« On va se boire quelque chose, je suis
pressé d’entendre cela. »

Rimac lui tendit un sac et:

« Je crois que cela va vous intéresser. »

Yupanki se mit à en extraire le
contenu, des panneaux de plastique en
format A2 qui représentait des plans et
des écritures.

Il se mit à sourire et:

« Tiens ! Ca me rappelle quelque
chose, ça.

Bravo Rimac, je regarderai ces
plans plus en détail demain.

Je vous écoute. »

Et Rimac de narrer, pendant des
heures, tout son vécu, il termina
peu avant le dîner, Yupanki:

« Oui, une très bonne aventure
dans laquelle vous avez fait preuve
de prudence et de discernement, de
courage aussi, je suis fier de vous.

Une Reine, dès le début ?
Vous tapez haut, ce sont des
Impératrices maintenant, qu’il va
falloir rechercher. »

« Holà doucement, Yupanki, j’ai
besoin de me reposer durant un
bon moment. »

« Bien sûr, mon ami, mais
l’humour, vous connaissez ? »

-----***-----
 
 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Jeu 28 Sep - 18:17 (2017)    Sujet du message: Publicité

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