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L032

 
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Kr
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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 11:57 (2017)    Sujet du message: L032 Répondre en citant

En Janvier 2025 naquit Cornelius
Manning, enfant unique de bonne
famille dont le Père était médecin
et la Mère décoratrice d’intérieur, ses
premières années d’existence se
passèrent fort bien, il bénéficiait
de tout ce qu’il fallait.

Ses années d’école furent brillantes, mais
chaotiques, en parfait premier de
classe, il n’était pas apprécié par tous
ses camarades, jalousé par les
uns, carrément haï par d’autres, il était
souvent sollicité, au cours des
récréations, ou lorsqu’il rentrait chez
lui, dans des conflits qu’il ne souhaitait
pas, et prenait, de temps à autres des
raclées mémorables.

Mais son intelligence hors normes lui
permettait non seulement de
comprendre très vite une situation, mais
aussi de la maîtriser assez rapidement.

Il se mit au sport et au combat, encouragé
par ses parents qui l’inscrivirent à
plusieurs clubs huppés de sport, de
boxe, et de karaté.

Il ne lui fallut que quelques mois pour
devenir un adversaire redoutable que
l’on évitait de provoquer, même à
plusieurs.

Il en profita pour régler ses comptes, avec
intérêts, plus personne ne le gênerait
désormais.

Quelques années passèrent, devenu
adolescent, c’était déjà un solide
gaillard, fort, souple, rapide, et
mesurant six pieds.

Mais l’essentiel de ses préoccupations
ne se situait pas à ce niveau, même pour
ses parents, il devenait difficile à suivre, et
bien que ne leur voulant aucun mal, il
n’aimait pas beaucoup les humains, le sexe?
Les filles?

Cela ne l’intéressait pas, alors que
certaines, et non des moindres, étaient
attirées par lui, par son aspect physique
et un beau visage, certes, mais tout
autant par sa réputation, celle d’un
cerveau exceptionnel.

Et c’est précisément là que se situait son
dilemme, durant ces dernières années, il
avait sauté 3 classes, il savait déjà tout, et
même au-delà, de ce qu’on pouvait lui
enseigner, notamment sur le contenu des
classes suivantes.

Pratiquement plus personne ne le
comprenait ni ne pouvait nouer des liens
avec lui, devait-il continuer ses études
en restant chez ses parents, ou s’en aller
ailleurs ?

Tenter sa chance dans un endroit plus
discret que la grande ville des USA dans
laquelle il habitait ?

Il préféra laisser passer encore quelques
années, le temps de finir de hautes
études scientifiques, les
mathématiques, la physique, la
chimie, les recherches spatiales, voilà ce
qui l’intéressait au plus haut point, voilà
ce pourquoi il vivait.

Devenu Docteur ès Sciences à un âge où
d’autres en sont encore au Bac, doté
d’une mémoire pratiquement sans
limites, il s’était intéressé à l’activité
de son Père, la médecine, mais constata
très vite qu’elle avait encore beaucoup de
lacunes, il disposait d’un très bel
ordinateur et d’une configuration
adéquate, ce qui lui permettait non
seulement une connaissance approfondie
en informatique, et de plusieurs
langages, mais aussi de créer des
logiciels, d’être, en parfait hacker, capable
d’en pirater et d’en transformer
d’autres, et de suivre toutes les
informations importantes du net, y
compris les plus codées ou secrètes.

Il avait tout ce que qui que ce soit
pouvait espérer dans ses rêves les
plus fous, sauf peut-être une énorme
richesse, ses parents étaient très
aisés, certes, mais cela était loin de
suffire aux projets qu’il allait s’établir.

Il n’était toutefois pas encore temps
de les quitter, s’il avait laissé la boxe
de côté, il allait toujours à son club de
karaté, dans lequel il était devenu
ceinture noire, et entretenait toujours
son physique, un soir, au cours d’un
dialogue avec son Père, ce dernier:    

« Bon, Cornelius, tu sais que tu n’es
pas pressé par le temps, tu peux rester
ici autant que tu le voudras, mais
maintenant, avec ton diplôme de
Docteur ès Sciences, que comptes-tu
en faire ? »

« Je n’ai pas encore pris de
décision, Père, j’ai bien quelques idées
en tête, mais elles ne sont pas
mûres, par ailleurs, tu sais que je ne
recherche pas la célébrité, tout au
contraire, moins je suis visible, mieux
je me porte. »

« Ca oui, je le sais, tout comme je sais
que tu ne prendras pas ma suite dans
la médecine, mais as-tu pensé à des
activités telles que la création de jeux
et/ou de logiciels ?

Ou encore te retrouver dans une grande
équipe de recherches scientifiques ? »

« J’y ai pensé, Père, créer des logiciels
ou des jeux peut rapporter beaucoup
d’argent, mais cela m’apporterait
également une certaine célébrité que
je ne veux pas, faire partie d’une équipe
de recherches scientifiques ?
Non, cela ne m’intéresse pas pour
d’autres raisons.

Par ailleurs, si disposer de beaucoup
d’argent peut m’être utile, cela ne
restera qu’un moyen, pas une finalité.

Par contre, le fait que tu me proposes
du temps, me convient, cela me permettra
de réfléchir de manière opportune à mes
futurs projets. »

« Je suppose que tu as de très grands
projets, qui risquent d’exiger une fortune
personnelle, pourquoi ne chercherais-tu
pas à gagner de grosses sommes dans
des jeux dits de hasard, je sais qu’ils sont
plus ou moins truqués, mais toi, avec
ton savoir…

De plus, les gagnants ont le droit de
conserver l’anonymat. »

« Non seulement ta supposition est
exacte, Père, mais tu viens d’avoir une
idée très intéressante, à laquelle je crois
que je vais consacrer un certain temps. »

Durant les trois années suivantes, Cornelius
Manning resta chez ses Parents, il mit ce
temps à profit pour:

- S’intéresser à  certains jeux sur lesquels
il finit par gagner plus de 20 millions
de Dollars.

- Etudier certains enseignements
ésotériques qui lui permirent d’acquérir
de nouveaux pouvoirs.

- Réviser complètement tout ce qui
pouvait constituer les recherches
spatiales, médicales,  et la robotique.

- Etablir un projet définitif, disposer d’un
grand laboratoire et d’auxiliaires pour
ses recherches.

En 2049, alors qu’il avait 24 ans, il
commença à constituer son
laboratoire, dans un immense
hangar, situé sur un très grand terrain
désert, dans une zone pratiquement pas
fréquentée, près d’une chaîne de
montagnes, terrain qu’il avait obtenu
à un prix très avantageux.

Pendant deux ans, il aménagea avec
patience son hangar, le rendit
complètement isolant, et solide, avec
des matériaux pratiquement
inviolables, un espace-chambre qu’il
fit très confortable, plusieurs
congélateurs de 600 litres, des
frigos, tous bien remplis, et lui
permettant plus de deux mois
d’autonomie, et enfin un système de
production électrique et d’eau
autonomes, d’un puissant
chauffage, avant de penser à ses
machines qu’il fabriqua.

Il avait pris la précaution de se fournir
en pièces diverses dans différentes
villes afin de ne pas se faire repérer, et
le temps qu’il avait passé, en tant
qu’adolescent, à acquérir des aptitudes
manuelles en plomberie, en circuits
électriques, et bien d’autres, lui facilitait
considérablement la tâche, il lui suffisait
de disposer des pièces nécessaires pour
pouvoir pratiquement tout
fabriquer, même une piscine de 20 mètres sur
six, bien agréable à certains moments, les
télés et autres ordis qu’il n’avait pas
oubliés, il les avait déjà chez ses
Parents, qui étaient les seuls à connaître
son secret qu’ils ne divulgueraient pas.

En 2052, son labo était opérationnel, mais
il lui manquait des collaborateurs, qu’à
cela ne tienne, il les fabriquerait, des
robots, qu’il n’aurait pas besoin de
nourrir et qui ne fatiguaient jamais, donc
utilisables 24/24 heures, la technologie
dans ce domaine avait fait pas mal de
progrès, ce qui lui permettait de construire
des androïdes qui pensaient, parlaient, et
bien sûr, obéissaient, pas question d’en
acheter un tout fait, pour plusieurs raisons:

- Les existants sur le marché n’étaient pas
suffisamment évolués pour son genre de
recherches.

- La discrétion, il avait pris la précaution de
se fournir en pièces détachées à différents
endroits.

- Ses recherches ne concernaient que lui, et
lui seul, du moins, pour le moment.

Par la suite, il aurait besoin d’un Assistant
humain, qui aurait notamment pour tâche
de maintenir l’autonomie alimentaire du
hangar, mais aussi de sérieuses
connaissances scientifiques afin de
pouvoir le seconder utilement, cet Assistant
devra, tout comme lui, abandonner toute
relation extérieure et partager sa passion
dans les recherches, savoir garder un
secret, en bref, avoir une personnalité très
approchante de la sienne, cas
extrêmement rare qu’il faudra trouver, mais
pour le moment, d’abord il s’estime encore trop
jeune, ensuite, les androïdes sont prioritaires, et
enfin, la constitution d’un Turbotron est
nécessaire afin de donner corps aux recherches
spatiales ou dimensionnelles.

Et c’est précisément ce à quoi Manning, devant
un whisky on the rocks, était en train
de réfléchir:

« Je passerai voir mes Parents dans une
quinzaine, me reposer quelques jours, voir
s’ils vont bien, au retour, je m’attaquerai à
mes androïdes, faire un Turbotron tout
seul prendrait trop de temps, par
ailleurs, mes Parents vieillissent, je dois
étudier un moyen de prolonger la vie, la
leur comme la mienne, je verrai bien mon
Père comme Assistant, mais je ne sais pas
si ça peut l’intéresser,  je crains d’être
obligé de transformer ma recherche
spatiale en recherche dimensionnelle, car
fabriquer un vaisseau spatial ici, ce ne
serait pas discret, et cela dépasserait mon
budget, regagner sur des jeux ?

Trop risqué, mes Parents et moi, avions
déjà été étroitement surveillés lors de
mes derniers gains, l’anonymat n’avait
pas joué pour tout le monde…  


J’ai encore de quoi voir venir avec plus
de 14 millions de Dollars, si nécessaire, je
trouverai toujours une solution, les
finances doivent se poser des questions, par
la suite, j’utiliserai mes androïdes pour
creuser un  sous sol qui sera le véritable
labo, l’intérieur du hangar deviendra un
lieu d’informatique ou de recherches plus
simples, à voir…

Il me manque encore quelques composants
rares, et des cristaux, j’en profiterai pour
me les procurer, mais dans une autre ville. »

Deux ans passèrent, le hangar contenait
une dizaine d’androïdes très ressemblants
aux humains, cinq avec un aspect
d’hommes, et les cinq autres, de
femmes, tous avaient un prénom
d’attribué, et ils finissaient un sous-sol
assez conséquent dans lequel seront
transférés la chambre, les congélateurs et
autres frigos, éventuellement la piscine et
certains ordinos très évolués.

Adrian: «  Carrie, Malcolm, où en êtes vous
pour le transfert de la chambre du Maître ? »

Malcolm: « Bientôt fini, Adrian, il reste le
lit et une armoire à descendre, la salle de
bains est terminée. »

Adrian: « Il reste deux congélateurs en
surface, Alice et Ross, venez les chercher. »

Alice: « On s’en occupe de suite, Adrian. »

Adrian et Laura, les deux premiers
créés, étaient, en quelque sorte, les
chefs du groupe qui se composait
d’Alice, de Brian, de Carrie, de
Diana, d’Elvis, de Malcolm, de Ross et
de Stella.

Manning: « Où en est-on avec la
piscine, Adrian ? »

Adrian: « Carrie et Elvis viennent de
me dire qu’elle est terminée, Maître. »

Manning: « Et le sous-sol, Laura, il sera
fini quand ? »

Laura: « Après demain matin, Maître, et
tout sera propre. »

Manning: « Bien, c’est donc à partir
d’après demain que nous pourrons
procéder pour le Turbotron, avez-vous eu
le temps d’étudier les plans ? »

Adrian: « Oui, Maître, Laura et moi, avec
Elvis et Ross, l’avons fait cette nuit, aucune
difficulté, sauf pour les pages 17 et 26, le
troisième et le quatrième phaseur, les
croquis des sous-ensembles:

 c2x, c4l, d3f, d8k, et d11z prêtent à
confusion. »

Manning: « oui, je crois me souvenir qu’ils
sont près de bouts de pages, je regarde
cela tout à l’heure, vous les aurez demain.

Avez-vous évalué le temps de construction
pour les 4 phaseurs et le Turbotron, jusqu‘à
l‘état de marche ? »

Laura: « Oui, Maître, Elvis et Ross pensent
à 33 ou 34 jours, Adrian et moi sommes un
peu plus optimistes, avec 29 et 28
jours, délai pour l’état de mise en
marche, bien sûr. »

Manning: « Bien, alors pas de
précipitation, ces délais sont
excellents, vérifiez surtout que toutes
les pièces sont bien emboitées et que les
connexions soient sûres. »

Adrian: « Ce sera fait, Maître. »

Pendant que les androïdes poursuivaient
leur travail, Cornelius Manning se
prépara à dîner, il aurait pu en charger
l’un de ses assistants, mais il avait
conservé l’habitude de préparer ses
repas, il en profita pour se servir un bon
whisky, et se mit à réfléchir:

« Un mois ! Extraordinaire, si je l’avais
moi-même fabriqué, j’en aurais eu pour
plusieurs années, quel gain de temps…

Mais cela précipite les choses, il sera
bientôt temps de m’adjoindre un assistant
humain, ce qui va m’obliger à retourner
voir mes Parents au passage, je sais qu’ils
vont bien, mais ce que je ne sais pas, c’est
si les trois personnes avec qui j’avais de
bonnes relations durant mes deux
dernières années d’étude pour le
Doctorat, Alex Sutter, Craig Hardington et
Barry Vaughn sont encore là.

Seul, moi mis à part, Barry a eu son
Doctorat, j’ignore si Alex et Craig ont tenté
de le repasser l’année suivante, Ils ont
tous trois ou quatre ans de plus que
moi, mais peu importe, le chef du
projet, c’est moi, mais c’est Alex qui me
conviendrait le mieux comme Assistant, un
costaud de six pieds et quatre
pouces, sportif en diable, il était un peu
trop sur les filles, mais sinon, nous avions
des traits communs, il rêvait d’un projet
du genre du mien, cela pourrait lui
plaire, plus qu’à Craig qui, s’il n’a pas eu
son Doctorat, a dû se caser dans
l’enseignement.

Il faut que je retrouve Alex, Barry?
Non, car lui, est intéressé par la célébrité  
qui est incompatible.

Je ne suis pas à quinze jours près pour
la mise en marche du Turbotron, d’abord
parce qu’une vérification des fluides
s’impose, celle des lasers aussi, et puis à
ce stade, il me faut un assistant
humain, laissons donc mes androïdes
terminer le travail, la semaine
prochaine, en allant voir mes
parents, j’espère retrouver Alex, je vais
le rechercher d’ici, avec un numéro
anonyme, je ne crains rien. »

Quinze jours plus tard:

« C’est gentil de penser à moi pour être
ton Assistant dans ton projet, mais même
si cela me tentait, ce qui n’est pas trop le
cas vu mon âge, ta Mère s’y
opposerait, les autorités ne te courent
plus après, mais se demandent toujours
ce que tu es devenu, nous avons encore
des visites de temps à autres, mais de
moins en moins fréquentes, quant
à ton copain Alex, as-tu pu le situer ? »

« Oui, Père, je crois qu’il est toujours
dans la ville. »

« Eh bien, une bonne surprise, il est
venu il y a quinze jours, nous demander
de tes nouvelles, voici sa carte. »

« Extraordinaire, Alex Sutter
Consultant, oui, il aurait pu faire
mieux, je vais l’appeler ce soir.

J’ai commencé à faire quelques progrès
dans les recherches médicales, avec l’aide
de mes androïdes, et je vais… »

« Si tu penses à nous, non, Cornelius, de ça
aussi, nous en avons parlé avec ta
Mère, pour toi, si tu veux passer dans
d’autres dimensions, et tu en es bien
capable, cela peut se justifier de gagner
quelques dizaines d’années, mais pour
nous, non, nous allons encore bien pour
le moment, laisse nous vieillir
tranquillement, nous avons fabriqué un
génie, on a bien travaillé, voilà notre
récompense. »

« Cela ne vous empêche pas de vivre
plus longtemps, réfléchissez y, si vous
avez besoin de quoi que ce soit, je suis là ».

« Cela me touche, mais non, et puis, cela
poserait des problèmes, nous, nous vivons
parmi les autres, si les gens ne nous
voyaient pas vieillir, nous aurions vite des
ennuis, et tu le sais, le fait que tu n’aimes
pas les humains, c’est probablement toi
qui as raison, par ailleurs, ton génie va
t’amener à un destin particulier, j’espère
que tu pourras récupérer Alex, il m’a
toujours fait bonne impression, à ta
Mère aussi, à mon avis, d’ailleurs il nous
en a dit quelques mots, s’il n’est que
Consultant, c’est un projet contrarié, je
pense que le tien va l’intéresser. »

« Que celui qui est là haut, s’il
existe, t’entende. »

Un peu plus tard:

« Salut Alex, devines qui t’appelle. »

« ??? Attends, bon dieu, Cornelius ? »

« Oui, passe me voir dès maintenant, si
tu peux, je ne voudrai pas m’étendre en
communication, si tu vois ce que je veux
dire. »

« Je vois, et j’arrive. »

Plus tard, chez les Mannings:

« Salut Alex, entre, viens dîner avec
nous, j’ai pas mal de choses à te dire. »

« Salut Cornelius, bonsoir
Madame, bonsoir Monsieur, oui, je m’en
doute, tu vis dans le secret, cela promet
d’être intéressant. »

Manning Père: « Oui, et j’ai idée que
dans peu, nous allons encore recevoir
des visites. »

Manning: « Tu leur diras que je suis
Consultant quelque part en Amérique
centrale, tu ne sais pas exactement où. »

Manning Père: « Si, j’irai même jusqu’à
parler du Costa Rica ou du Nicaragua, ça
va les rassurer, mais une chose, quand
tu achètes de l’alimentation ou des
pièces dans diverses villes, les autorités
peuvent te retracer. »

Manning: « Plus maintenant, mes
androïdes m’ont fabriqué des faux
papiers, plus vrais que les vrais, je
vais parler de mon projet à Alex. »

Et Cornelius parla longuement pour
finir par:

« Voilà, Alex, tu connais maintenant le
dessous des cartes, alors, qu’en penses-tu ?»

« Eh bien, c’est simple, Cornelius, dès que
tu pars d’ici, je pars avec toi, je
commençais à m’ennuyer ces derniers
temps, et puis, je me suis pas mal tenu au
courant sur le dimensionnel,  je rêvais d’un
projet de ce genre, pas question de laisser
passer ça, d’accord, tu es le Chef, et je suis
ton Assistant. »

Manning: « Bon alors ne perdons pas de
temps, on part après dîner. »

Et ils eurent raison, car dès le lendemain
matin, les Mannings avaient les autorités
sur le dos, mais avec l’explication de
l’Amérique centrale à laquelle Manning
Père eut la bonne idée d’inclure Alex à
qui Cornelius venait de proposer un
job, ils furent rapidement relâchés, ils
resteraient sous surveillance, mais
comme Cornelius Manning n’avait rien à
voir, ni avec les enjeux nationaux, ni avec
des top secrets, et que son projet était
totalement ignoré, la dite surveillance
passait au simple rang de formalité.

Dans le hangar:

« Bon, je vais te faire visiter les lieux, tu
vas faire connaissance avec mes
collaborateurs, puis on va se
reposer, parce qu’un parcours de 2000
kilomètres en non stop me donne envie
de récupérer. »

« Tu as raison, Cornelius, ne te casses pas
la tête, moi j’ai dormi en cours de route, donc
je vais manger un morceau, puis me faire
expliquer de quoi il retourne par tes
androïdes, je suppose que tu les a mis
au courant ? »

« Tout à fait, Diana ou Carrie vont te servir
à boire et à manger, et te montreront ta
chambre et la salle de bains, moi, j’ai beau
être costaud, je ne tiens plus debout, alors
à plus tard. »

Le lendemain:

« bon alors, comment ça s’est passé, as-tu
commencé à comprendre quelque chose ? »

« Oh oui, et je ne suis pas surpris, c’est
bien digne de toi, Cornelius.

Tes androïdes voulaient m’appeler Maître
Assistant, mais je leur ai dit de m’appeler
Alex, et que c’était toi qui les commandait, pas
moi.  »

« Cela pourrait venir quand tu seras dans le
coup, pour le moment, il y a une chose à
régler, c’est en quelque sorte notre point
faible, l’alimentation, seul, j’avais une
autonomie de deux mois et demi, mais
maintenant, elle passe à un peu plus d’un
mois, cela veut dire que dix fois par
an, il faudra s’approvisionner, jusqu’à
présent, j’étais obligé d’aller dans différentes
villes dans lesquelles je pouvais me faire
repérer, car même avec des faux papiers il
y avait des risques, d’ailleurs il va falloir
t’en constituer, et du liquide, les autorités
doivent néanmoins surveiller mes
mouvements bancaires, et là, je ne peux
pas ponctionner avec de faux papiers. »

Alex: « il y a peut-être une solution, ou
plutôt deux solutions:

- La première, c’est que tu ailles
ponctionner un montant assez important
pour nous laisser une longue autonomie, et
là, avec mes nouveaux faux papiers, dont je
n’aurais peut-être pas besoin, je ferai des
achats en liquide.

- La deuxième, plus radicale encore, c’est de
tout retirer afin que notre autonomie soit
définitive, là, il n’y aurait plus de
problème, quitte à ce que j’aille avec toi. »

Adrian: «Excusez moi d’intervenir dans votre
conversation, Maîtres, mais il y a peut-être
une troisième solution, deux d’entre
nous, Alice et Stella, ont fabriqué des
machines qui permettent d’établir de faux
papiers, en reprenant exactement les
filigranes et autres compositions
subliminales et chimiques, nous pouvons
tout aussi bien constituer des faux Dollars
indétectables, car aussi vrais que les
vrais, le seul petit problème serait celui
du numéro, mais il suffit de connaître les
séries existantes, lorsqu’ils seront en
circulation, les humains dits banquiers
risquent de trouver bizarre de trouver des
billets ayant le même numéro, mais ils
n’en connaîtront pas nécessairement
l’origine, de plus, on peut, selon le
cas, les faire en plus ou moins usagés
pour faire authentique. »

Manning: « Les trois solutions sont
intéressantes, bravo et merci Adrian, mais
je ne prendrai pas la troisième solution, sauf
peut-être bien plus tard dans l’avenir, si
nous manquons de liquidité, pourquoi ?

Parce que lorsque des billets en double
seront repérés comme provenant des
mêmes villes, cela risque de nous poser
des problèmes, je ne peux pas faire certains
achats n’importe où, et surtout pas dans
certains états, il y aurait même une quatrième
possibilité qui consisterait à ponctionner du
liquide et d’établir un ou plusieurs nouveaux
comptes avec les faux papiers, bien sûr, les
villes où je fais mes achats n’indiquent pas
que nous sommes ici, mais nous pourrions
être attendus sur place, et si nous étions
arrêtés…
 
Parce que des banquiers analystes
trouveront très vite curieux qu‘un ou plusieurs
inconnus venant de nulle part, établissent des
comptes importants d‘un seul coup, surtout
lorsqu‘il s‘agit des centaines de milliers ou
de millions de Dollars…

Non, j’hésite entre ta première, et ta
deuxième solution, Alex, mais je crois que
je vais privilégier la première, retirer un
montant partiel de trois ou quatre millions de
dollars, j’en ai plus de quatorze, là
déjà, cela nous laisserait une autonomie de
plusieurs années, nous aurions de quoi
voir venir. »

Alex: « Sans indiscrétion, comment as-tu
fait pour disposer d’une telle somme ? »

Manning: « J’ai gagné plusieurs fois à des
jeux, en demandant l’anonymat, bien sûr, cela
n’est pas resté anonyme au niveau des
mouvements bancaires, mais comme ces
montants ne sont pas imposables, ils ont
beau se poser des questions, il n’y a rien
d’illégal. »

Alex: « Ah d’accord, tu as utilisé ton brillant
cerveau. »

Adrian: « Nous travaillons actuellement
sur une autre possibilité, celle de reproduire
les aliments et les boissons, si nous y
parvenions, le problème serait résolu. »

Manning: « Si vous y parvenez, oui, et je
vous crois capables de réussir, n’oubliez pas
les recherches médicales sur l’allongement
de la durée de vie, de cela aussi, nous avons
besoin pour notre projet. »

Adrian: « Oui, Maître, nous procédons. »

Manning: « Bon, Alex, nous allons appliquer
ta première solution, dans une ville où je
n’ai jamais encore mis les pieds, près de la
frontière mexicaine, ce qui rendra crédible
nos déplacements supposés vers le
Honduras, dans trois ou quatre semaines, et
tu viendras avec moi, nous retirerons
quatre millions de dollars, comme tu l’as
remarqué, mon 4/4 est très grand et très
haut, nous pouvons stocker, je pense, jusqu’à
quatre mois d’aliments et de boissons, de
plus, il a des fausses plaques amovibles, alors
nous allons constituer une liste de ce qu’il
y a à prendre, des lieux où l’on pourra retirer
des quantités partielles, tous deux dotés de
faux papiers que l’on nous demande
pratiquement jamais lorsque nous payons
en liquide, pas de carte de visite, nous
sommes consultants à la société Bendox au
Honduras, totalement inconnue, mais peu
importe, on se contente de le dire si on
nous le demande, certains me connaissent
depuis déjà longtemps, tous seront
rassurés, trop heureux d’avoir
périodiquement des acheteurs qui leur
prennent des quantités importantes,  tu
parles un peu espagnol ?

Alors tout va bien, j’ai aussi été obligé de
l’apprendre pour consulter certains
documents, par la suite, j’achèterai
peut-être un camion, de préférence
frigorifique, afin de pouvoir transporter
de plus grosses quantités et gagner en
autonomie, sauf si, bien sûr, Adrian réussit
à faire ce qu’il m’a proposé. »


Quelques semaines plus tard, le
réapprovisionnement ayant été fait sans
incidents, et Alex s’étant familiarisé avec
les divers appareils, le Turbotron était
prêt à fonctionner, et Manning:

« Bon, Alex, je vois que tu comprends
assez vite et que tu peux me seconder 
dans certaines opérations, te sens tu
capable de vérifier les fluides ? »

« Je pense que oui, quitte à m’y prendre
à deux fois, je pense avoir assimilé le
mode opératoire. »

« Alors go ! Moi, je vais me charger
des lasers. »

Une heure plus tard:

« C’est fait ? »

« Oui, Cornelius, c’est fait. »

« Alors par précaution, on va charger
Adrian de faire un dernier check. »

Lorsque l’androïde procéda aux
vérifications, puis confirma que tout
était en ordre:

« Alors voilà, Alex, nous y
sommes, maintenant, regarde
bien, là, tu vois une sorte de
cartographie, en bleu, sur laquelle
quelques points clignotent, à ton
avis, de quoi s’agit-il ? »

« De lieux, soit dans l’espace/temps, soit
dans le dimensionnel, dans lesquels un
transfert est possible. »

« Exact, l’espace/temps et le
dimensionnel sont liés, tu remarqueras
que les points ont des couleurs
différentes, certains sont en
rouge, d’autres en vert, d’autres en
jaune, ou en orange, et d’autres en
blanc, comment traduirais-tu cela ? »

« A mon avis, les rouges sont peut-être
dangereux, les jaunes et les oranges
peuvent présenter un coefficient
d’incertitude, les blancs risquent d’être
impraticables, seuls les trois verts
seraient bons. »

« Chapeau, Alex, tu as récemment fait
des voyages ou quoi? »

« J’avais un projet du genre du
tien, peut-être pas aussi élaboré, surtout
dans son aspect pratique, mais j’ai
toujours été intéressé aux recherches
spatiales et dimensionnelles, et
particulièrement ces dernières, oui, je me
suis tenu à jour. »

« Bravo, tu me facilites les choses, car je
sais que je peux compter sur toi, où en
es-tu dans la connaissance du matos ? »

« Eh bien, j’ai étudié les circuits
électroniques dans les phaseurs, les
convertisseurs, puis la partie
mécanique, là dedans, je pense pouvoir
m’y retrouver rapidement, mais je ne
me suis pas encore attaqué au Turbotron. »

« Normal, c’est la partie la plus complexe, et
logiquement, elle m’est réservée, à partir
du moment où toi, tu sauras réparer les
phaseurs, tu seras un parfait Assistant. »

« Je suppose que tes androïdes
connaissent également les phaseurs, même
mieux que moi. »

« Bien sûr, et même le Turbotron, mais là
où j’ai surtout besoin d’un Assistant
humain, à ton avis ? »

Alex se mit à rire, puis:

« Pour l’envoyer au casse-pipe ? »

« Exactement, mais il peut également y
avoir des avantages, les découvertes que
tu feras risquent d’être intéressantes, et
il se peut que, par la suite, j’envisage
également de me transférer
moi-même, mais on ne peut commencer
par là, au départ, on essuie les plâtres, il
faut que l’un de nous deux reste ici pour
veiller au grain, toi qui aime les
femmes, il se peut que tu puisses en
trouver sur place, car tu vas partir dans
quelques jours, il nous reste, à Adrian, à
Laura et à moi, à ne pas faire de fautes
sur le réglage des temps de transfert, je
pense au départ à une période de six
mois, d’ici là, il se pourrait que l’on fasse
ici-même de nouvelles découvertes, ne
serait-ce que sur les durées de vies. »

« Vu sous cet angle, je ne peux
qu’approuver, mais ce n’est pas
sans danger. »

« Oui, mais tu es un grand garçon, encore
plus grand que moi d’ailleurs, sportif et
costaud, tu sais te battre, je ne me fais
pas trop de souci. »

« Tu es encore plus fort et meilleur
combattant que moi, mais tu es aussi
le Chef, et tu en sais plus, donc
ok, je suis partant, c’est moi qui vais
les essuyer, les plâtres. »

« Ne prends pas les choses comme ça, si
ça se trouve, après un ou deux
transferts, tu ne voudras plus la changer
ta place, tiens !

Si l’on se prenait un petit whisky
on the rocks ? »

« Ouais, un de mes pêchés mignons, et
un whisky on the rocks !

Ah ! Comme tout le monde, j’ai lu des
bouquins de SF, notamment des
Blade, dans lesquels le cobaye seul pouvait
être transféré, pas la matière inerte. »

« Je vois où tu veux en venir, car moi
aussi, j’en ai lu quelques uns, mais ne
t’inquiète pas, tu n’auras pas d’électrodes
et ne seras pas obligé de t’enduire d’une
pommade nauséabonde, je n’ai pas encore
la réponse sur la matière inerte, c’est toi
qui me la donneras. »

« Ouais, bon, prenons le, ce scotch, et que
je pense à autre chose. »

Quelques jours plus tard:

« Bon, Alex, le départ est proche, tu sais où
te placer pendant que j’enclenche les
lasers, tu es resté habillé, ok, cela va
permettre d’être fixés sur l’histoire de la
matière inerte, allons y ! »

« J’ai une petite appréhension, mais si l’on
n’essaie rien, on obtient rien, alors… »

« Tu as tout dit, prêt ? »

« Prêt. »

 Quatre rayons laser partirent des phaseurs
pour atteindre Alex qui s’évapora, ainsi que
ses vêtements et ce qu’il portait sur lui.

Il se retrouva au fond d’une impasse, qu’il
suivit jusqu’à sa sortie, il était en pleine
ville, dans une grande avenue, il y faisait
chaud, peut-être 30 degrés pensa-t-il, mais
seulement des gens s’y promenaient, pas
de véhicules…

Des boutiques de chaque côté, des
bars, des lieux d’expositions, des devantures
diverses, les passants qui circulaient le
regardaient curieusement, ils étaient habillés
léger, les hommes, plus petits que
lui, portaient une sorte de short et une
chemise, avec des chaussures
comparables à des tennis, mais sans
chaussettes, les femmes, encore un peu
plus petites, des robes légères, courtes
décolletées, avec généralement de très
belles chaussures à hauts talons, quel
que soit l’âge, mais très peu de passants
marquaient par des traits de
vieillissement, qu’est-ce que tout cela
pouvait signifier ?

Il se posait des questions.

Passé quelques minutes, et après avoir
fait quelques centaines de mètres, il
décida d’en avoir le cœur net, toujours
dans l’élégante avenue, il avisa un homme
d’âge indistinct et lui demanda:

« Où suis-je, pouvez vous m’indiquer le
nom de ce lieu ? Dans quelle ville ? »

L’homme le regarda stupéfait, puis se mit
à éclater de rire.

« Vous ! Vous n’êtes pas d’ici, mais de là à
me demander où vous êtes, il est impossible
que vous ne le sachiez pas…

Vous êtes très grand, comme un
dwakar, mais vous ne leur ressemblez
pas, vos habits me font penser à un
creuseur takoran, alors que vous n’avez
rien d’un takoran, votre ton de voix aussi
est étrange, je ne vois pas à quoi
l’assimiler, de tête, vous ne passez pas
inaperçu, vous semblez humain, mais
tout cela est bizarre, vous ne paraissez
pas agressif, donc de ce côté-là, ça va, au
bout de l’avenue, vous trouverez un
poste de défense, vous devriez vous y
rendre, là bas, ils pourront peut-être
vous aider. »

Et l’homme continua son chemin, laissant
Alex désappointé:

« Takoran ?
Dwakar ?

C’est quoi ces gens là?

Des étrangers?

Comme les chinois ou les africains chez
nous ?

Je ne suis pas renseigné pour autant, et
ce poste de défense ?

Ils seraient attaqués alors qu’il se
promènent ici tout tranquillement ? 

Ou bien est-ce que cela désigne autre
chose ?

Allons regarder les boutiques de plus
près, cela va peut-être me donner des
informations. »

Après avoir regardé quelques boutiques, il
n’en savait pas plus, s’il ne semblait pas
avoir de problème linguistique au niveau
de l’expression, il n’en était pas de même
de l’écrit, les caractères utilisés pouvaient
ressembler à un mélange d’hindou et de
chinois, dans la plus part des cas ils
désignaient des appareils ou des objets
dont il n’avait aucune idée de l’usage, il
avait soif, et serait bien entré dans un
bar, mais il n’avait pas d’argent, et rien
qu’à la manière dont les gens le
regardaient, il ne serait certainement
pas le bienvenu, d’un autre côté, il fallait
qu’il essaie encore quelque chose, mais
quoi ?

Tenter à nouveau de parler à quelqu’un ? 

Il se décida sur une femme assez jolie, mais
dont on ne saurait donner un
âge, élégante, démarche souple, plutôt
classe, il l’aborda:

« Excusez-moi, Madame, mais
pouvez-vous m’indiquer dans quelle
ville nous nous trouvons ?

Et le nom de cette avenue ? »

La femme réagit exactement comme
l’homme d’il y a quelques instants, elle
s’apprêtait à continuer son chemin sans
lui répondre, mais elle se ravisa, en
revenant vers Alex, elle le regarda
intensément, puis:

« Alors ça, il faut vraiment le voir pour le
croire, vous semblez être un homme, plutôt
beau d’ailleurs, mais drôlement fagoté, vous
ne ressemblez ni à un dwakar, ni à un
takoran, ni à un zakarian, mais un peu à
nous, les nandars, vous êtes très grand, et
probablement fort, votre voix est
puissante, et vous ne savez vraiment pas
où vous êtes ? »   

« Non, Madame, vraiment pas, je peux
vous l’assurer. »

« Madame, madame, cela ne signifie rien
chez nous, un homme est un nandar, une
femme est une nandara, avez-vous parlé à
quelqu’un ici, avant moi ? »

« Oui, à un homme, un nandar comme vous
dites, il a eu la même réaction que
vous, mais il est parti après m’avoir
conseillé d’aller au poste de défense qui est
au bout de cette avenue. »

La femme marqua un temps de
réflexion, puis:

« Si vraiment vous êtes sincère dans tout
ce que vous venez de me dire, alors
l’homme en question n’était pas bien
intentionné, surtout dans votre cas, aller
au poste de défense aurait été une
catastrophe, ils vous auraient mis de
suite en prison…

C’est curieux, mais je vous crois, j’ignore
d’où vous sortez, on verra ça plus
tard, pour le moment, venez avec moi, il
se trouve que vous me plaisez, et pour
qu’un homme me plaise, c’est plutôt
rare, pour ne pas dire rarissime, alors je
vais vous aider, nous allons chez moi, très
près d’ici. »

Alex repartit en sens inverse avec la
charmante, ils tournèrent dans la seconde
rue à gauche, et 20 mètres plus loin:

« Nous voici arrivés, tout le bâtiment
m‘appartient, mais je loge essentiellement
au second étage. »

A la femme, assez grande, genre 5 pieds 9
pouces, bien faite, on aurait pu lui attribuer
un type libanais, elle tendit un doigt vers
une porte qui s’ouvrit.

« Entrez, comment vous appelez vous ? »

« Alex, et vous ? Comment avez-vous
ouvert votre porte, empreinte digitale ? »

« Ah, vous savez quand même quelque
chose, vous connaissez les empreintes
digitales, je m’appelle Samira, avez-vous
soif ? »

« Oh oui. »

Samira habitait seule, dans un bel
appartement, le salon était spacieux, elle
invita Alex à s’asseoir et partit dans une
autre pièce, avant de revenir quelques
secondes plus tard avec deux verres
pleins d’un liquide jaune clair:

« Buvez, cela vous rafraîchira »

Alex s’exécuta, et constata que le liquide
était une sorte de citronnade glacée.

« Excellent, oui, cela me rafraîchit, je
vous remercie de votre gentillesse ».

« Oh, n’allez pas trop vite, en général, je
ne suis pas aussi gentille que cela, ici, les
gens ont l’air de rien, mais les mauvaises
intentions sont fréquentes, et il faut
toujours se battre, la plus part des gens à
Nandkar sont des hypocrites.

Vous savez au moins sur quelle planète
nous sommes ? »

« Sur Terre ? »

« Comment sur terre ?

Je ne vous parle pas de terre ou de
culture, mais de planète. »

« Ah pardon, la planète, c’est Mars ? »

« Pas du tout, décidément, vous ne
savez rien, bon, visiblement, vous
devez venir de très loin d’ici, mais pas
d’une autre planète, ça, c’est impossible. »

Elle marqua un temps de réflexion, puis:

 « Ah oui, dans votre peuple, notre
planète a pour nom Mars ? »

« Exactement. »

« Alors je croyais connaître tous les
peuples, mais vous qui avez un aspect
agréable, mais si particulier, de quel peuple
venez vous donc ? »

Alex n’avait pas encore eu le temps de
réfléchir à ce qu’il pouvait lui dire, il
venait de comprendre que cette
civilisation n’en était pas encore au stade
spatial, encore moins au spatiotemporel, il
devait parler d’autre chose.

« Savez-vous ce qu’est un éclair ? »

« Bien sûr que je le sais, vous me posez
une bien étrange question là. »

« Justement, c’est pour vous expliquer, je
viens d’une île qui doit être fort loin
d’ici, peut être de l’autre côté de la
planète, je suis l’Assistant personnel du
Grand Chef de notre peuple, nous pensons
avoir atteint un certain stade de
développement, car nous utilisons des
machines, avons une monnaie pour pouvoir
acheter des marchandises, et à un moment
donné, j’étais dehors, en train d’attendre un
ami, il s’est mis d’un seul coup à pleuvoir, j’ai
reçu un éclair, et me suis retrouvé dans une
impasse qui donne sur l’avenue où nous nous
sommes rencontrés, mais à plusieurs
centaines de mètres. »

Samira réfléchissait, une bonne minute
s’écoula:

« Ce que vous me dites est très
surprenant, lorsque vous parlez d’utiliser
des machines et d’avoir de la monnaie comme
base d’échange, je vous crois, Assistant
personnel d’un Grand Chef ?

Pourquoi pas, là aussi, cela sent la
vérité, l’impasse, oui, là aussi, vous dites
vrai, c’est l’impasse karzana, mais une
île, de l’autre côté de la planète, bon, je ne
suis pas très forte en géographie, mais je
vais vérifier sur un livre, c’est possible, mais
quant à l’éclair qui vous a amené ici … 

D’accord, vous n’êtes pas un homme
comme les autres, mais quand
même, lorsque quelqu’un prend un éclair
ici, il meurt, sans être transporté
nulle part, surtout s’il est déjà mouillé
par la pluie, qui chez nous, est assez
rare, nous vivons dans une région
chaude, mais c’est bien la première fois
que j’entends parler d’un éclair qui
transporte quelqu’un qui reste en vie et
en parfait état. »

« Eh bien, moi aussi figurez vous, il y a
encore une heure ou deux, je n’aurais
jamais cru cela possible, mais croyez
moi, je préfère être ici, près de vous qui
êtes bien charmante, que d’être
mort, que je sois encore en vie ?

Je suis incapable de l’expliquer. »

« Le fait que vous soyez en vie n’est pas
le plus étonnant, c’est un cas
unique, certes, vous avez eu une énorme
chance, ou vous bénéficiez d’un destin
particulier, mais ce qui me surprend le
plus, c’est le fait que l’éclair vous ait projeté
ici, à Nand, peut-être à des milliers de
kilomètres de chez vous.

Vous me qualifiez de charmante ?

Cela me fait plaisir, vous plairais-je ? »

« Bien sûr que vous me plaisez.

Tiens, un point commun, tout comme
nous, vous évaluez les distances en
kilomètres. »

« Il y a encore plus curieux que
cela, comment parlez vous notre langue ?

Car mis à part quelques cas particuliers, les
dwakars, les takorans, et autres
zakarians, ne parlent pas la même langue
que nous, et ils ne se comprennent pas non
plus entre eux, il s’agit de peuples différents. »

« Je suis incapable de vous
l’expliquer, avons-nous eu des ancêtres
communs en d’autres temps ? »

« Je ne le pense pas, quels sont les noms
de votre île et de votre peuple ? »

« Mon île s’appelle Schengla et mon peuple
les schenglars. »

« Ces noms ne me parlent pas, mais plus
tard, nous regarderons sur un livre, j’ai
pas mal de documentation ici, sur divers
sujets, avez-vous faim Alex ? »    

« Oui, en effet, vous aussi ? »

« Oui, nous allons dîner. »

Lorsque le repas fût consommé, Samira:

« Nous n’êtes pas fatigué ?

Non, alors on va parler encore, mais
avant, je vais me chercher un livre de
géographie pour situer votre île. »

Samira revint avec un livre et le
feuilleta, quelques minutes plus tard:

« Ah oui, ça, c’est étonnant, dans une zone
sud de l’océan rouge, le plus grand de nos
océans, nous en avons quatre, entre la
ligne médiane et le pôle, il y a une île, assez
importante d’ailleurs, qui a pour nom
Changalah, vous, vous m’avez dit
Chenglah, alors là, je n’en reviens pas, je
vais finir par croire tout ce que vous
dites, il se peut que nous ayons eu des
ancêtres communs, mais cela doit remonter
à loin, et vous auriez conservé exactement
la même langue que nous ?

C’est stupéfiant.

Pouvez-vous lire notre écriture ?

Tenez, voici le livre. »

« Non, Ca, je ne le peux pas, avant de
vous rencontrer, j’ai essayé de me
renseigner en regardant les vitrines des
boutiques, je ne comprends pas les
caractères que vous utilisez, par
contre, cela ne m’étonne pas tellement
car nous, les schenglars, nous n’avons pas
d’écriture, peut-être en avons-nous eu une
dans un lointain passé, mais je ne le sais
pas, rien de cela ne ressort dans nos
traditions. »

« Encore une chose vraiment surprenante, il
est vrai qu’avec vous, il va falloir que je m’y
habitue, mais comment pouvez vous utiliser
de l’argent et des machines si vous n’avez
pas d’écriture ? »

« Je ne sais pas exactement, pour les
machines, des personnes de notre
peuple, d’un autre temps, ont dû les
concevoir, mais les utilisateurs de machines
le sont de père en fils, ce sont en quelque
sorte nos spécialistes, pour l’argent, ce sont
des ronds de métal de différentes valeurs. »

« Ah, pour l’argent, pas de billets ?

Cela ne doit pas être très pratique, nous
aussi, avons également des pièces, mais les
trimballer en grandes quantités, ce n’est
pas simple, pour les machines, vous faites
des transmissions orales, et le fils copie le
père comme un élève imiterait le maître ?

Oui, cela se tient, dans un lointain
passé, l’histoire nous explique que nous
avons fait la même chose, avant l’écriture.

Bon, ce n’est pas le tout, mais il va falloir
penser à nous coucher, voulez-vous une
boisson remontante ? »

« Vous parlez d’un alcool ? »

« Oui, vous connaissez ce mot populaire !

C’est bien, après, vous allez devoir me
prouver que je vous plais. »

« Cela ne sera pas trop difficile. »

« Ne soyez pas prétentieux. »

« Je ne parlais pas de faire des
miracles, ni de réussir des performances
d’un super homme, mais simplement de
vous faire comprendre que vous me
plaisez, d’ailleurs je me demande à qui
vous ne plairiez pas, vous êtes vraiment
ravissante. »

« Wow ! Alors là, vous me confondez, je
vous présente mes excuses, s’il s’agit
vraiment de sentiments, alors vous êtes
le bienvenu, et pour la vie j’espère.

Dès demain, je vous expliquerai
comment notre société fonctionne, et
vous donnerai un maximum de détails
sur l’environnement, par la suite, je
vous apprendrai à lire notre écriture, chez
nous, il n’y a personne de votre taille, ni
de votre format, mais vous nous ressemblez
passablement, ils finiront par vous
accepter, oh bien sûr, il y aura toujours
un peu d’hypocrisie, mais à partir du
moment où vous êtes avec moi, ils n’auront
pas le choix, surtout si nous parvenons à
leur démontrer que vous avons des ancêtres
communs, je repense à cette histoire du
poste de défense, il s’agit de militaires qui
ont pour mission de maintenir l’ordre dans
notre quartier, celui de l‘avenue et des rues
voisines, ce ne sont pas des tendres, mais
ils font bien leur travail. »

« Une sorte de police ? »

« Exact, vous comprenez vite finalement, je
pense que vous êtes très intelligent. »

« Que devrais-je dire de vous. »

« Vous me direz tout cela demain, pour
le moment, je crois que nous avons mieux
à faire. »

Après une nuit courte mais fort
agréable, Samira et Alex prirent un bon
petit déjeuner,  puis l’instruction de ce
dernier commença, il apprit beaucoup de
choses en peu de temps, et notamment que
Samira Akenan était quelqu’un d’important
dans la Cité, qui s’appelait Nandkar, la
région, Nand.

Samira était la petite fille de Kankar
Akenan qui avait gouverné toute la
région de Nand.

Les gens de la Cité qui habitaient sur
l’avenue et dans les rues avoisinantes
qui se terminaient toutes en
impasse, formaient une sorte de haute
bourgeoisie, ceci expliquait cela, au delà
du poste de défense les quartiers devenaient
plus ordinaires et moins attrayants, les gens
qui y habitaient, contrairement aux grands
bourgeois, exerçaient une activité.

Nand était un petit continent, situé près de
l’équateur, là où il faisait presque toujours
beau, le soleil s’appelait Bellar, la
planète, Kangon, Takor se situait entre trois
océans, le rouge à l’ouest, le bleu à l’est, et
le vert au sud,  Dwak, entre le bleu à
l’ouest, le rouge à l’est, et le vert au
sud, Zanka, entre l’orange au nord, et le
rouge à l’ouest et à l’est, enfin, Nand, avait
le rouge à l’est comme à l’ouest, le vert au
nord, et l’orange au sud, ce qui voulait
dire que Takor et Dwak se trouvaient
dans l’hémisphère nord, Nand à l’équateur
ou sur la ligne médiane, et  Zanka, dans
l’hémisphère sud, si ce dernier était encore
relativement chaud, ceux du nord étaient
passablement froids et souvent recouverts
de neige.

Si les zakarians étaient de piètres
voyageurs qui arrivaient rarement dans la
zone de Nand, il n’en était pas de même
des dwakars et des takorans, qui n’étaient
pas franchement hostiles, et avec lesquels
des liens commerciaux existaient avec
Nand, mais pas vraiment avec Zanka, dont
les liens restaient faibles, il est vrai que la
température moyenne de l’ordre de 22
degrés à Zanka, terre fertile qui disposait
d’à peu près tout, la dispensait de liens
trop étroits, les zakarians avaient
tendance à se laisser vivre, la situation
était toute autre à Takor et à Dwak, qui
avaient besoin de Nand pour la moitié
des denrées, leur zone sud, moins
froide, permettait des cultures, mais en
quantité limitée, c’étaient plutôt des
guerriers, mais la situation les contraignait
à se tenir tranquilles, surtout que Nand
était la civilisation la plus avancée de
toutes. 

Le tutoiement se pratiquait à Nand, dans
les classes populaires, ainsi que sur les
autres continents, seule la grande
bourgeoisie faisait exception.

La monnaie, à Nand, s’appelait le
bellonar, mot dérivé de Bellar, le soleil, et
comme sur Terre, les bourgeois qui
gouvernaient en avaient beaucoup, alors
que les actifs du peuple, nettement moins.

Alex parla à Samira des objets qu’il avait
repérés dans plusieurs vitrines, cette
dernière lui précisa qu’il s’agissait d’objets
essentiellement féminins pour l’entretien
du corps et de la peau, à Nand, les
habitants, et particulièrement les
femmes, prenaient grand soin de leur
corps, de leur visage et de leur aspect
général.

Samira, qui était loin de les paraître, avait
52 ans, alors qu’Alex en avait 34, les
bourgeois dépassaient souvent le
siècle, ce qui n’était pas le
cas du peuple, son appartement luxueux
contenait une vaste salle de sport et
une piscine.

Samira: « Oui, je suis très heureuse d’avoir
près de moi un ravissant jeune homme dont
je pourrais être la Mère, nous disposons de
nos moyens physiques très longtemps, ils
diminuent un peu avant notre
extinction, nous devons ces progrès à notre
médecine, et bien sûr, j’ai l’intention de vous
en faire bénéficier. »

Cela pouvait expliquer ce qu’Alex avait
observé à sa sortie de l’impasse, une foule
de gens aux visages non
marqués, auxquels on ne pouvait
donner un âge, ce qui lui permettait
de conclure:

« Oui, maintenant je comprend mieux
ce que j’ai vu sur cette grande
avenue, mais les gens du peuple
peuvent-ils venir par ici ? »

Samira: « Chez eux, le vieillissement se
voit davantage, théoriquement, ils ont
le droit de venir, après s’être fait
contrôler au poste de défense, mais
dans la pratique, seuls ceux dont
l’activité rapporte pas mal d’argent
peuvent se le permettre, car les
produits d’entretien coûtent cher, et
s’avèrent être hors de portée pour 90%
d’entre eux, c’est peut-être injuste, mais
il en a toujours été ainsi.

Par ailleurs, parmi cette classe
populaire, certaines personnes peuvent
avoir des comportements agressifs, voire
dangereux, heureusement, la proportion
est faible, mais ils sont répertoriés et les
postes de défense ne les laissent jamais
passer, à chaque bout de l’avenue qui
s’appelle l’avenue Akenan, du nom de mon
ancêtre, il y a un poste de défense, nous
sommes situés dans le centre de
Nandkar, et bien protégés. »

Alex comprenait maintenant beaucoup
mieux les paroles du premier homme
qu’il avait rencontré.

Samira: « Bon, maintenant, il est temps
de modifier votre présentation et
d’abandonner vos curieux vêtements, je
n’ai, bien sûr, pas d’habits d’hommes, mais
nous allons en acquérir dans l’un des
magasins environnants, les chaussures
peuvent poser un petit problème compte
tenu de votre pointure, mais en moins
d’une demie heure, il sera
résolu, après, nous irons déjeuner dans
un restaurant chic où je vais souvent. »

« Compte tenu de votre rang, il est curieux
que vous n’ayez pas de personnel à votre
service ici même. »

« Du personnel à mon service ?

Ici ?

Des gens du peuple ?

Ah non, hors de question, personne ici à
Nandkar n’a qui que ce soit à son service, cela
ne se fait pas.

La seule chose qui se pratique ici concerne
le linge sale et l’alimentation, une fois par
semaine, un employé d’une boutique
voisine passe à mon domicile pour le
linge, et me le rapporte propre la
fois suivante, pour l’alimentation et les
boissons, il en est de même, on me livre
toutes les semaines.

Votre remarque est étonnante, Alex, et me
fait supposer que vous, sur votre île, avez
des serviteurs à votre service ? »

« C’est exact, cela fait partie de nos
habitudes. »

« Ah, je comprends que d’un peuple à un
autre, des traditions puissent être
différentes, mais alors, il vous faut avoir
une totale confiance envers vos serviteurs. »

« En général, nous sommes rarement déçus. »  

« Nous aurions beaucoup de surprises dans
notre cas, ici, les gens sont loin d’être
fiables, préparons nous à sortir. »

Alex était désormais habillé à la mode de
Nankar, une tenue légère et élégante qui
lui allait plutôt bien, une certaine quantité
de rechanges avait également été achetée
par Samira qui donna ordre de la livrer à
son domicile dans l’après midi.

Au restaurant, qui était vraiment
classe, d’autres personnes observaient
Alex, mais les regards n’étaient plus
tout à fait les mêmes que la première
fois, ils marquaient davantage une
certaine interrogation,  probablement
due à la présence de Samira.

« Ne vous en faites pas, Alex, ils
s’habitueront, bon appétit. »

« Vous de même, Samira, je ne m’en
fais pas, ce restaurant est vraiment chic. »

« N’est-ce pas ?

Il est réputé comme le meilleur de
Nandkar, vous allez vous régaler. »

L’après midi passa très vite, Alex disposait
désormais d’habits et de chaussures de
rechange, et commençait à se familiariser
avec les caractères d’écriture qui avaient
cours à Nandkar, il fallait faire des breaks
de temps à autre, le temps d’assimiler.

« D’après votre progression, Alex, c’est
une affaire de quelques semaines.

Si nous profitions un peu de la piscine ? »

« Très volontiers,  que prévoyez-vous pour
ce soir ? »

« Hm, d’abord de retourner à notre
restaurant qui vous a tant plu, il faut que
les gens s’habituent à votre présence.

Après ?

Encore un peu d’instruction durant la
soirée, puis nous coucher de bonne heure
afin de passer une excellente nuit, après
avoir fait l’amour, bien sûr. »

« Oh, le joli programme. »

« Ravie qu’il vous plaise. »

Les jours suivants furent consacrés à
l’instruction d’Alex, entrecoupée par des
entraînements en salle de sport, et des
sorties dans d’autres restaurants, tout
aussi classe.

Malgré ce programme plutôt agréable, ce
dernier commençait à trouver cet emploi
du temps assez monotone et en fit part
à Samira.

« Vous avez tout à fait raison, dès
demain, nous irons nous promener sur
l’avenue Akenan et dans quelques rues
adjacentes, jusqu’au deux postes de
défense, où je vous présenterai, en
quelques jours, vous connaîtrez
parfaitement le centre de Nandkar, cela
aussi, fait partie de votre instruction, vous
commencez à savoir lire, et passer voir
les étiquettes dans certaines boutiques
fera une excellente mise en pratique, de
plus, en peu de temps, vous aurez vu tout
le monde, les gens vous voyant avec
moi, s’habitueront très vite à votre
présence, nous irons également à la
piscine plein air qui est sur le toit
de mon bâtiment, pas besoin de slip de
bain, et vous prendrez une jolie couleur. »  
  
« Voilà un excellent emploi du temps. »

Par la suite, ayant toujours Samira près de
lui, il n’avait pas le temps de réfléchir à sa
situation et à tout ce qu’il avait appris, il
commença à pouvoir le faire uniquement
lorsqu’ils étaient à la piscine située sur le
toit de l’immeuble de Samira, soit pendant
qu’elle était dans l’eau soit pendant que
lui-même y était , il y restait d’ailleurs le
plus longtemps possible, pour deux
raisons hors de la réflexion proprement
dite:

- L’eau était d’une température
agréable, il avait moins chaud.

- Lorsque Samira et lui étaient hors de
l’eau, elle ne pensait qu’aux
gâteries, heureusement qu’il avait la santé.

« Ouf, elle a un sacré tempérament, et en
plus, elle veut une descendance, bon, on
pourra la lui donner, dans quelques
mois, je serai de nouveau sur Terre…

Maintenant, je sais à peu près lire, encore
une histoire de quelques jours, je vis
d’une manière plutôt agréable, avec une
très jolie femme, mais c’est un mode de
vie dont je me lasserais assez vite.

Je suis dans un monde analogue à celui
de notre système solaire, Kangon est la
seconde planète, il y en aurait, d’après
les documents, six au total, leurs
connaissances sont très limitées, ils
n’ont pratiquement aucune technologie, pas
de moyens de transports terrestres ou
aériens, seulement quelques machines de
base pour reproduire des
objets, conditionner de l’alimentation et des
boissons, ou produire de la monnaie, un peu
de savoir dans le domaine médical, et ils
connaissent les empreintes digitales, seul
le centre de Nandkar a atteint un certain
degré de raffinement, les zones populaires ?

Le peu que j’en sais me fait l’effet de
certaines grandes villes sur
Terre, boulot, dodo, sans le métro.

Quel niveau de civilisation ont-ils atteint ?

Il me semble difficile de les situer par r
apport à notre histoire, les grecs ?

Les romains ?

Avant ?

Il y a toujours eu des combats chez nous, ce
qui n’a pas l’air d’être leur cas…
Les autres peuples ?

Ils seraient encore plus primitifs que
celui de Nand, ils ont des voiliers pour
voguer d’un continent à l’autre, mais à
part cela, et leur description
physique, ainsi que quelques dessins, peu
d’informations sur leur activité et leur
mode de vie global, c’est vraiment un
drôle de monde, qui serait décalé
de quelques siècles, voire de millénaires
par rapport à nous.

Tout ce que je pourrai en dire à mon
retour ne rapportera rien de vraiment
positif à Cornelius, ce qui serait
intéressant, ce serait de tomber sur des
mondes plus avancés que nous, pour
pourvoir y rapporter des trouvailles
qui pourraient nous servir, mais cela… »  

« Cela fait un bon moment que vous êtes
dans l’eau, Alex, je vais venir vous
rejoindre. »

« Vous avez raison, elle est bonne, et
 j’ai moins chaud ici. »

« Oui, c’est vrai, tant que votre peau ne
s’est pas totalement habituée à
Bellar, vous êtes mieux dans l’eau, mais
vous commencez déjà à avoir une belle
couleur, quand elle sera un peu plus
soutenue, ce sera parfait. »

« Il faut surtout que j’évite les brûlures. »

« L’eau ne les évite pas, mais nos produits
oui, j‘ai ce qu‘il faut. »

« C’est chouette ici, comme lieu, il y a
une vue magnifique sur l’océan vert. »

« Exact, j’aurais préféré que Nandkar soit
au bord de l’océan orange, mais on ne
peut pas tout avoir. »

« Pourquoi ? »

« Bien que l’on ne voit pratiquement pas
les dwakars et les takorans dont certains
baragouinent notre langue, et viennent
faire du commerce, ou plutôt du troc, dans
nos zones populaires, au bord de l’océan
orange, nous ne les verrions plus du
tout, peut-être un peu plus les
zakarians, mais ceux-là sont
inoffensifs, et puis surtout, en zone
sud, il n’y a aucun jour de
pluie, ici, oui, une quinzaine de jours
par an.

Mon ancêtre, Kankar Akenan, avait voyagé
jusqu’au bord de l’océan orange, il a écrit
que la région était magnifique. »

« Celle-ci n’est pas mal non plus, puis les
dwakars et les takorans ne posent aucun
problème à partir du moment où ils ont
besoin de Nand pour leur alimentation. »

« Vrai, mais cela peut changer dans
l’avenir. »

Alex put constater que les bourgeois
de Nandkar ressentaient un certain
mépris envers les autres peuples, et
même envers les leurs qui
n’appartenaient pas à leur classe.

D’autres semaines passèrent, Alex savait
à peu près tout ce qui concernait ce
monde, il était connu de tous les
habitants du centre de Nandkar, qui le
regardaient d’une manière
différente, presque normalement, il
faisait en quelque sorte, partie du
paysage, il lui arrivait, toujours avec
Samira qui ne le lâchait pas, de parler
avec d’autres personnes qui se
confondaient en salamalecs plus ou moins
hypocrites.

Au cours d’une promenade, son regard
se posa sur les bars, il posa la question
à Samira:

« Oh, les buvettes ?

Indépendamment des services qu’elles
peuvent rendre lorsque les gens ont
soif, ou viennent boire quelque alcool tard
le soir, elles servent essentiellement aux
hommes, pour discuter ou encore lorsqu’un
homme veut sortir de chez lui pour être seul
ou avec des amis, j’en connais certains qui
sont parfois saturés de leur femme, et
j’espère que ce n’est pas votre cas.

Comme vous avez pu le
remarquer, certains viennent y passer un
instant en famille dans la journée, lorsqu’ils
ont soif, cela donne aux enfants l’occasion
de sortir, ce qui n’est pas plus mal. »

« J’irai bien y prendre une
doka(sorte de sangria) bien glacée, qu’en
pensez-vous? »

« Bonne idée, moi aussi, tout ce que vous
voulez du moment que cela vous fait
plaisir, et que vous êtes avec moi. »

C’était clair.

Quelques jours plus tard:

« Il est temps, Alex, d’aller voir le Docteur
Zenanda, oui, c’est une nandara, pour le
traitement de longévité, votre peau a une
petite tendance à marquer, probablement
à cause de Bellar, il va donc falloir la
rajeunir, et ce n’est pas la seule
propriété, mais pour l’une d’entre elles, je
préfère que ce soit Zenanda qui vous en
parle, elle est dans le bâtiment qui touche
au mien et qui fait le coin de l’avenue, je
vais la voir de ce pas pour prendre
rendez-vous, vous, vous restez ici, je ne
serai pas longue. »

« Attendez, je vous remercie pour
cela, mais en quoi consiste ce traitement?

De quelle durée va-t-il allonger ma vie?

Et parlez moi des propriétés qui ne sont
pas secrètes. »

« Oh, c’est très simple, Zenanda va vous
enduire tout le corps d’une pommade
spéciale, vous ressentirez un léger froid
durant une demie heure, le temps que la
pommade pénètre, rien de douloureux ni
de désagréable, les propriétés ?

Votre durée de vie va s’allonger d’une
bonne vingtaine d’années, vos moyens
physiques seront conservés pratiquement
jusqu’au bout, vous vous sentirez encore
mieux, meilleure récupération contre la
fatigue, probablement un peu plus de
force, que des choses agréables. »

« Très intéressant, d’accord, je ne peux
qu’être partant. »

« Alors j’y vais, soyez sage. »

« Je ne vois pas ce que je pourrai faire
d’autre. »

Samira quitta l’appartement en rigolant.

« Oui, la propriété secrète, j’en ai une
petite idée, cela ne pourra que faire
plaisir à Samira. »

Un quart d’heure plus tard:

« Me voici de retour, alors nous avons
rendez-vous cet après-midi à trois
heures, nous pourrons entretemps aller
à notre restaurant favori, je n’ai pas
envie de faire de la cuisine en ce moment. »

Après un excellent repas, chez le Docteur
Zenanda:

« Ah ! Bonjour Alex, Samira a bien fait de
vous faire administrer le traitement, vous
ne le regretterez pas, déshabillez-vous
entièrement et allez vous allonger sur
la table là bas, d’abord sur le ventre. »

Alex s’exécuta, Samira était présente, il
posa la question:

« Samira m’a dit, Docteur, que pour
une des propriétés du traitement, il
vaudrait mieux que ce soit vous qui
m’en parliez. »

Le Docteur en question était une ravissante
femme, d’un âge indéterminé, un léger type
asiatique, en bref une superbe brune de 5
pieds 8 pouces faite comme une nana de
Playboy.

Elle se mit à rire, puis:

« Oui, la propriété en question accroit vos
possibilités dans vos rapports, si vous voyez
ce que je veux dire. »

« Tout à fait. »

Alex se serait bien passé de la présence de
Samira, ceci d’autant plus qu’il voyait que
le Docteur le regardait intensément, ce qui
était assez clair, elle commença à lui
masser le cou avec la pommade, puis
procéda sur les épaules, les
triceps, l’arrière des avant-bras, la paume
des mains avant de revenir sur le dos, les
fesses, l’arrière des jambes, puis des pieds.

« Vous pouvez vous retourner. »

« S’agit-il d’une sorte d’activateur
cellulaire ? »

« Je vois que vous avez des notions de
médecine, en effet, on peut dire cela. »

Elle massa son visage, puis tout l’avant de
son corps sans négliger aucune
partie, insistant très légèrement sur le
sexe, mais passa vite aux
jambes, Samira surveillait.

« Bien, vous allez rester ainsi durant une
demie heure, le temps que la pommade
pénètre, après, bien sûr, vous pourrez
vous rhabiller. »

Zenanda et Samira partirent dans une
autre salle, probablement pour régler la
prestation, puis revinrent une demie
heure plus tard:

« Comment vous sentez-vous ? »

« Bien, une légère sensation de froid ou
de frais, comme Samira me l’a expliqué, pas
de problème, Docteur. »

« Parfait, encore un peu de patience. »

 Plus tard, chez Samira:

« Alors ? »

« Je me sens très bien, la forme. »

« Excellent, alors j’attends ce soir avec
impatience. »

Samira avait bien vu qu’Alex avait plu
au Docteur, mais préféra n’en rien
dire, car c’est elle qui profiterait de
l’amélioration.    
 


D’autres semaines passèrent encore, le
moment du retour
approchait, heureusement, pensa
Alex, car Samira ne le lâchait jamais.

Elle ne faisait plus de cuisine, tout juste
les petits déjeuners du matin, avec
Alex, ils passaient leur temps dans les
restaurants chics, la piscine du
toit, la salle de sport chez
Samira, l’avenue Akenan, la
chambre, tout cela devenait de plus
en plus répétitif pour Alex qui
attendait avec impatience son retour.

Et le moment arriva enfin, un matin, alors
que Samira et lui venaient de prendre leur
petit déjeuner, Samira:

« Pendant que vous dormiez encore, je
suis allée voir en toute urgence le Docteur
Zenanda, ces derniers temps, j’avais
quelques petites réactions internes
anormales dont j’évitais de vous
parler, cela ne me semblait pas grave, et
je n’avais pas encore de douleurs,  mais
il fallait tout de même que je m’en
préoccupe, tout en me doutant déjà de
quoi il pouvait s’agir, la réponse de
Zenanda est sans appel:

Je suis enceinte. »

Alex se leva pour la féliciter, s’habilla
puis d’un coup, il disparût.

A nouveau sur une plaque en face du
Turbotron, et située entre les quatre
phaseurs, il apparût avec ses habits de
Nandkar.

Cornelius Manning, Adrian et Laura étaient
là, qui l’attendaient:

Manning: « Parfait, tout s’est passé comme
prévu, te revoilà parmi nous, nous avons
pas mal de choses à te dire, mais tu dois
en avoir plus encore à raconter, tu risques
de ne pas avoir trop chaud ici, avec ta
tenue. »

Alex: « Salut tout le monde, ben, je suis
bien content de rentrer, lorsque je vous
aurai tout raconté, vous comprendrez
pourquoi. »

Et Alex décrivit ses six mois
d’aventures, pour finir par:

« La prochaine fois, Cornelius, essaie de
régler sur des périodes plus courtes. »

Manning: « Ne t’en fais pas, Alex, cela
ne sera pas difficile, nous avons fait pas
mal de progrès dans divers domaines
durant ces six derniers mois, mais je
t’en parlerai plus tard, en réfléchissant
bien, je me demande vraiment de quoi
tu te plains, dès que je t’envoie sur
cette planète, Kangon, je crois, dans
l’heure qui suit, tu tombes sur une
jolie femme qui se dépêche de prendre
soin de toi et de t’apporter tout ce
qu’un homme peut désirer, bon
d’accord, elle était un peu collante, mais
on peut la comprendre avec un mec
comme toi qui passe son temps à faire
des ravages, si elle t’avait laissé un peu
de liberté, le Docteur Zenanda y serait
passée, ainsi que bien d’autres.

Alors ainsi, juste avant ton retour, tu
as appris qu’elle était enceinte, eh
bien, tu as fait ton boulot, elle aura de
la descendance, c’est-ce qu’elle
voulait, non ?

Bon, pour le reste, ce n’est pas
folichon, une civilisation qui remonte
à peine au temps des grecs, on aurait
pu espérer mieux, la prochaine
fois, on obtiendra peut-être quelque
chose de plus intéressant, et… »

« Holà, du calme, Cornelius, pour le
moment, je ne pense qu’à me
reposer, d’accord, je ne suis pas
fatigué, car je sors d’un petit dej, mais
quand même, c’est à toi de me parler
de vos progrès. »

« Tu as raison, pour ton prochain
départ, on pourra régler sur une
période de trois mois, nous avons bien
repéré le point vert que nous avons
utilisé, nous en avons découvert
d’autres depuis, tu ne passeras pas par
le même, d’ailleurs, avec les décalages
de temps et dimensionnels, en te faisant
passer par le même point, ce n’est plus
Samira que tu reverrais, mais
probablement l’un de ses arrières petits
enfants, je n’ai pas encore appris
au Turbotron à voyager dans le passé ou
dans l’avenir.

Nos progrès ? Oui, nous en sommes très
satisfaits, mais nous essaierons d’aller plus
loin encore, en bref, tu peux déjà
remercier nos androïdes, les voici:

- Problème d’alimentation réglé, plus
besoin d’aller nulle part, tu verras cela
au sous-sol.

- Maintenant, je fume le cigare, avec un
bon whisky on the rocks, c’est le
pied, tabac de qualité, rendu tout à fait
inoffensif, si ça te tente, tu pourras
t’y mettre.

- Le sous-sol, quatre fois plus grand
qu’avant, est maintenant à 20 mètres
en dessous de la surface, tu y est
déjà, dans le nouveau sous-sol.

- Une fermeture totalement hermétique
avec la surface, dans le hangar, il ne
reste que quelques ordis que j’ai fait
fabriquer pour faire déco.  

- Des nouvelles machines auxiliaires
remplaçant avantageusement les
ordis, je prends directement toutes
les infos de l’extérieur sur des
satellites, donc indécelable, aucune
incidence sur les bandes passantes.

- Progrès médicaux, encore mieux
que ton traitement, je suis allé
rechercher en ville des produits rares
en me faisant passer pour un
médecin, grâce à de nouveaux faux
papiers que tu ne connais pas
encore, Laura, Brian, Diana et
Malcolm se sont livrés à de sérieuses
recherches, pour aboutir à un
traitement qui va te rajouter au
moins 70 ans, en gardant tes moyens
jusqu’au bout, j’ai, bien sûr, bénéficié
de ce traitement, mais je ne veux
pas en rester là, je cours toujours
après l’immortalité.

- Comme tu le vois, l’aspect d’Adrian
et de Laura se sont améliorés, ainsi
que celui des autres, maintenant, on
dirait des humains, avec derme et
épiderme synthétique, ils disposent
même de toutes les expressions
humaines et ont de l’humour, un jour, ils
seront capables d’inventer.

Ne cherche pas à draguer une
androïde, on n’a pas encore travaillé
ce côté-là.

- Enfin, je maîtrise de mieux en mieux le
Turbotron, bientôt cela sera aussi simple
que de prendre l’autobus ou le métro, tu
te souviens ?

Seulement trois points verts au
départ, maintenant, ils se comptent par
dizaines, et Adrian, qui dispose d’une vue
probablement plus performante que la
mienne, a remarqué des nuances de
couleurs dans ces points verts, ils ne sont
pas tous d’un même vert, ce qui veut
dire, d’après mon hypothèse, que ces
nuances de vert peuvent avoir un lien
avec un degré d’avancement d’une ou
de plusieurs civilisations, tu vois où
je veux en venir ? »

« Oui, je le vois très bien,  de très
beaux progrès en effet, chapeau, je
sais que tu es un génie, et que tu
n’en resteras pas là, on verra plus tard
pour le traitement, et encore beaucoup
plus tard pour mon prochain
départ, pour un cigare, je ne sais
pas encore, mais pour un whisky bien
tassé on the rocks, oui, et tout de suite. »


Année 2056, Cornelius Manning poursuivait
ses recherches dans l’immense sous sol
de son hangar, ses androïdes lui
apportaient une aide précieuse dans bien
des domaines, et notamment vis-à-vis
de l’extérieur.

Les Autorités connaissaient désormais
l’existence de son hangar, et vu sa
situation, dans une zone déserte non
cultivable, cela les intriguait, ils voulaient
absolument connaître la raison pour
laquelle un bâtiment d’une telle
importance se trouvait au milieu de
nulle part et à quoi il pouvait bien servir.

Après différents passages aériens au
dessus de la zone, et des sondages et
autres analyses de terrain en bonne et
due forme, qui ne révélèrent rien de
suspect, et surtout pas l’existence du
sous-sol, elles commirent des agents
ayant pour mission de savoir à qui
appartenait le hangar, et de le visiter
de fond en comble.

Elles apprirent par Adrian, qui avait un
parfait aspect humain, que ce dernier
en était le propriétaire, qu’il s’appelait
Peter Rapp, qu’il avait acheté ce hangar
un an plus tôt à un certain Will
Bradford, que les actes de transaction
avaient dûment été enregistrés par
Notaire, et que ce hangar ou plutôt
les ordis qui s’y trouvaient, servaient
à produire des logiciels de jeux vidéo.

Peter Rapp avait un domicile dans une
ville située à 500 kilomètres du
hangar, il était connu comme
producteur de logiciels, et acquittait
correctement ses impôts , pas de
bémol de ce côté-là, les Autorités
le déterminèrent comme un
indépendant qui avait l’esprit
créateur, elles recherchèrent son
origine, et apprirent qu’en
Allemagne, les Peter Rapp existaient
par dizaines, elles ne purent aller plus
loin dans leurs investigations, l’enquête
s’arrêta là, elles conclurent que ce
hangar avait été acquis d’une manière
légale, que son activité était licite.

Manning: « Bon, maintenant, nous ne
serons plus dérangés, bien
joué, Adrian, tu es réputé comme
producteur de jeux vidéos, cela ne
gênera personne.

Toi, Alex, cela fait plusieurs mois que
tu bloques la bulle, tu as eu le temps
de te reposer, non ?

Et puis tu t’es mis au cigare, avec un
scotch, c’est plutôt agréable, non? »

Alex: « Oui, mais je ne fume le cigare
qu’avec un whisky ou, à la rigueur, un
café, mais toi, tu en fumes beaucoup. »

Manning: « Bah ! Tu sais comme moi
qu’ils sont inoffensifs, alors pourquoi
s’en priver ?

Mais passons aux choses
sérieuses, tu vas devoir refaire un
voyage dans peu, et d’après
Adrian, ce sont les points d’un vert
plus foncé doublés d’un fond bleu
qui tendraient à indiquer l’existence
de civilisations plus avancées, nous
allons pouvoir vérifier cela dès
demain, quelques whiskies on the
rocks t’aideront à te préparer. »

« Holà, Cornelius, comment tu y
vas, c’est facile pour toi de me lancer
dans l’inconnu. »

Manning: « Bon, alors reconsidérons
les choses:

1/ Tu es mon Assistant, j’ai veillé à ce
que tu bénéficies d’un repos
maximal, mais de temps en temps, il
faut bosser.

2/ Le délai de récupération est passé
de 6 mois à trois mois, si tu fais une
ou plusieurs bonne(s) rencontre(s), tu
risques de trouver ce nouveau délai trop
court.

3/ Il te reste, pour le moment, 120 ou
130 ans à vivre, avec pratiquement tous
tes moyens, c’est quand même
intéressant, non ? »

4/ Si Adrien et moi, avons vu juste, tu
vas pouvoir nous rapporter des éléments
qui vont nous faire encore
progresser, c’est bien le but de nos
recherches, n’est-ce pas ? »

5/ Alors, arrête de te plaindre, et sois
plus positif. »

Alex: « Bien, Chef, si tu prends les choses
comme ça, no comments. »

Le lendemain :

« Prêt, Alex ? »

« Ouais, vas-y, Cornelius. »

Alex s’était rhabillé à la mode terrienne, avec
des chaussures, un pantalon, une chemise, une
veste, il portait une montre et avait une
arme, un revolver du genre Magnum
357, il prit place sur la plaque devant le
phasotron.

Quatre rayons lasers l’atteignirent et le
firent disparaître.

Il mit plusieurs secondes avant de
reprendre conscience, il se trouvait sur
une grande plaine, avec une ville à environ
500 mètres, des objets volants évoluaient
à diverses vitesses au-dessus de la ville.

Alex: « Ouf ! Le choc a été assez rude, mais
je suis entier…

Levons nous et réfléchissons, d’après ce
que je vois, des objets volants, et le style
des constructions, je suis près d’une
civilisation avancée, probablement plus
que sur Terre, ces gens maîtrisent
l’espace, aller vers la ville ?

C’est la seule solution, mais avec ces
gens avancés, il y a un risque, parler ?

Je pense qu’il n’y aura pas de
problème, mais lire leurs symboles sera
plus compliqué, ils vont me demander
qui je suis et d’où je viens, quelles
explications vais-je pouvoir leur donner
sans éveiller leur suspicion?

Ils ne me connaissent pas.

Carrément leur dire que je suis transféré ?

Non, vaut mieux pas, même si
eux-mêmes sont capables de
transfert, c’est un précieux atout
que je dois garder en main, trois
mois, cela devrait être supportable, d’après
Cornelius, la trace d’un transfert disparaît
au bout de quatre heures, ma montre
indique 10 heures, je n’irai pas vers la
ville avant 14 heures. voyons ce qu’il
y a autour. »

Alex s’éloigna de la ville et finit par
apercevoir une forêt, à environ deux
kilomètres, il s’y dirigea.

« Il fait assez chaud, peut-être 20
degrés, la forêt me rafraîchira, à
condition de rester en limite, il peut y
avoir du danger à l’intérieur. »

En s’approchant de la forêt, il put
voir, sur sa droite, une zone de terres
cultivées avec des légumes et des
arbres fruitiers, au milieu desquels
apparaissait une sorte de dôme qu’il
aurait dit en plastique, il s’y dirigea.

« Elle est assez grande, peut-être 300 x 400
mètres, plus de 10 hectares, dirigeons
nous vers les arbres fruitiers et le
dôme, en espérant rencontrer quelqu’un
de pas trop agressif. »

Il venait de faire quelques pas entre les
premiers arbres fruitiers lorsque:

« Holà, toi, que fais tu sur ma propriété ? »

L’homme, habillé d’une combinaison
moulante moderne, doté d’une ceinture
qui pouvait comporter une arme, était
assez grand mais plus petit qu‘Alex, assez
costaud, il était apparu d’un seul
coup, comme venu de nulle part, sinon
peut-être du dôme, il avait également
des bottes, et des gants, encore jeune, on
pouvait lui donner la quarantaine.

Alex: « Je suis venu par simple curiosité, je
ne comptais rien vous prendre, car je viens
de déjeuner, je me dirigeais vers la forêt
lorsque j’ai vu votre propriété. »

« Vers la forêt !! Avec les ours qui sont à
l’intérieur !

Tu devrais savoir que tu n’aurais aucune
chance, mais d’où viens tu donc pour
ignorer cela ?

Pas de Dakkna, c’est sûr, car même
eux, connaissent les dangers de cette forêt. »

« Je viens de très loin, d’une zone
beaucoup plus froide qu’ici, très au nord. »

« Tiens, curieux, je croyais que personne
n’habitait par là, mais je ne suis qu’un
cultivateur, pas très calé en
géographie, qu’est-tu venu faire par ici ? »

Alex: « Eh bien je pêchais des
poissons, dans les eaux glacées chez
moi, lorsque j’étais plus jeune, mais
cette activité s’est
éteinte, maintenant, avec des moyens
modernes, les gens de Dakkna assurent
leur alimentation et nous interdisent de
pêcher, mon Père est mort de faim, ma
sœur aussi, j’ignore comment j’ai fait
pour résister, mais j’ai quitté ma zone
pour tenter de survivre, il y a longtemps
de cela, voilà comment je suis arrivé ici. »

« Hm, tu m’as l’air bien costaud et bien
portant pour quelqu’un en difficulté, là
aussi, ça me surprend, as-tu une
explication ? »

« D’autres cultivateurs, comme toi, m’ont
donné à manger avant d’atteindre Dakkna
que j’ai préféré éviter. »

« C’est vrai qu’il y en a encore quelques
uns au nord de Dakkna, plus pour très
longtemps d’ailleurs, et tu as bien fait
d’éviter la ville, ces gens nous
considèrent, nous les manuels, comme
des quantités négligeables, ainsi, tu
pêchais des poissons dans les glaces ?
 
Ca m’intéresse, je veux bien t’héberger
pour 7 jours, mais après, tu devras
repartir, tu me sembles plutôt
sympathique, mais mon exploitation
ne peut nourrir que ma femme, ma
fille et moi, en permanence, et ma fille
dans dix ou quinze ans, devra aller
travailler à la ville, mon exploitation
n’existera plus. »

« Je te remercie pour ton hospitalité, si
tu as besoin d’aide, n’hésite pas à me
le demander, ce sera avec plaisir, si
c’est dans mes compétences. »

« On verra cela, entre avec moi, on va
boire un coup, je n’ai pas souvent
l’occasion de rencontrer du monde
ici, comment t’appelles-tu ?

Moi, c’est Zan-Karr »

« Moi, c’est Dub-Norr. »

« Un drôle de nom, est-il lié à la zone des
glaces ? »

« Tout à fait. »

« Alors voici ma femme, Sana Karr, et ma
fille Etna-Karr. »

« Bonjour Sana, bonjour, Etna, enchanté. »

Bref signe de tête des deux femmes.

Durant les sept jours d’hébergement, Alex
apprit pas mal de choses et ses nouvelles
connaissances lui seraient nécessaires
pour vivre à Dakkna car:

Zan: « Tu sais, tout bien réfléchi, tu
n’auras pas d’autre solution que d’aller
à Dakkna un jour ou l’autre, vivre dans
une forêt comme la nôtre n’est pas
envisageable, continuer vers le sud
pour traverser une partie de l’océan et
atteindre Dao m’apparaît impossible, et
même si par miracle, tu y parvenais, les
deoniens ne t’accepteraient pas. »

« Oui, Après avoir passé pas mal
d’heures sur ton ordi, j’ai appris
beaucoup, et notamment que si, avec
les deoniens, nous avons des ancêtres
communs, leur physique et leur
comportement sont différents de celui
des Dakiens, je vais devoir me battre
pour y faire ma place, à la ville, mais je
sais me battre. »

« Ah ! Tu sais te battre !!

Explique moi. »

« Oh, c’est simple, jeune, dans l’eau, j’ai
dû me battre avec des norks
(sorte de requins) pour ne pas être
mangé et contre des pols(genre ours
polaires) pour la même raison, mon
petit peuple avait acquis des techniques
de combat ancestrales qui nous aidaient
à survivre. »

« C’est vrai que physiquement, tu es
costaud, et d’ailleurs tu m’as bien
aidé, ça, je l’apprécie et t’en
remercie, mais il te faudrait également
des techniques mentales de combat, car
les gens de Dakkna sont des tordus, ils
vont t’analyser sous tous les angles
pour voir à quoi ils peuvent t’exploiter. »

« Ne t’en fais pas pour ça, sur ce plan
aussi, je sais me défendre. »

« Tant mieux, si tu parviens à évoluer
dans leur société, peut-être pourras-tu
aider ma fille lorsqu’elle y recherchera
un emploi, voici notre code de
visiophone, nous pourrons rester en
contact. »

« Bien sûr, tu peux compter sur moi. »

Alex savait qu’il mentait, mais que
pouvait-il dire d’autre envers quelqu’un
qui lui avait apporté une aide non
négligeable?

Il avait appris à convertir les unités
d’espace et de temps, il savait qu’il
se trouvait dans le système de Djaïr
qui était leur soleil, composé de cinq
planètes, Tanek, la plus proche, inhabitable
car trop chaude et pas
d’atmosphère, Oceane, celle sur laquelle
il se trouvait, puis Narduk, Vartann, et
Zebribb.

Oceane était recouverte aux deux tiers
par de l’eau, un seul océan appelé
Wat, puis deux continents formant le
troisième tiers, séparés par 1000 kms.

Dak se situait au nord, depuis le pôle
jusqu’au 25ème de latitude, la
ville, Dakkna, était au trentième, donc
assez chaude, Dao, le continent du
sud, entourait la quasi-totalité de
l’équateur, limité au nord comme au
sud, à 15 degrés de latitude, sa
capitale, Deona, se situait sur l’équateur.

La planète était un peu plus petite que
la Terre, 36000 kilomètres de tour, sa
distance à l’étoile était pratiquement la
même que la Terre au Soleil, d’après les
Dakiens, la lumière mettait
510 secondes, ou 8 minutes trente.

Les saisons étaient un peu plus
marquées, car Oceane pivotait de 30
degrés, au lieu des 23 terrestres
(23.27 exactement).

L‘année, temps de révolution complète
d’Océane autour de Djaïr, comportait dix
mois, et chaque mois comportait 40
jours, cela pouvait se comparer, à peu de
choses près, à nos années, mois et
jours, cela permettait à Alex de savoir
que les jours et nuits étaient un peu
plus courts (22 heures), notamment
grâce à sa montre qu’il consultait lorsque
Djaïr se levait et se couchait.

Les deux femmes, froides au
début, s’étaient rapidement habituées à
sa présence, et regrettaient presque son
départ, surtout Etna, à qui il plaisait, mais
rien ne s’était passé entre eux, Alex avait
estimé qu’il ne pouvait pas se le
permettre, contexte tout différent de
celui avec Samira.

En chemin vers Dakkna:

« Je n’ai pas eu assez de temps pour me
familiariser avec les symboles de leur
écriture, heureusement, je les ai tous
notés, mais pour chercher du travail, cela
ne va pas m’aider en un premier
temps, heureusement que les pêcheurs
du nord ont bien existé, me faire
passer pour un paysan serait
difficile, à Dakkna, ils doivent tous les
connaître.

La ville est assez importante, 30 x 40 kms
avec 15 millions d’habitants, ça va me
faire une sacrée marche pour atteindre
le centre, et pour manger, pas
d’argent, dur dur.

Heureusement que Zan m’a fait fabriquer
une combinaison sur mesure par ses
femmes, je vais essayer de ne pas me
faire trop repérer.  »

Dans la ville, les gens allaient et
venaient, les hommes portaient des
combinaisons du même genre, et les
femmes aussi, moulantes, mais allant
jusqu’à mi-cuisse, lorsqu’ils voyaient
Alex, ils et elles le regardaient avec
insistance, il leur ressemblait pourtant
beaucoup, au point de passer
inaperçu, mais sa taille et son gabarit…

Les hommes avaient une tête de
moins, et les femmes une tête et
demie, et si certaines étaient plutôt
bien faites, les hommes n’étaient
pas particulièrement costauds, et après
avoir parcouru plusieurs rues, rien ne
changeait, les formats étaient toujours
les mêmes.

« Pas d’hommes grands ni de femmes
de bonne taille, je vais passer pour un
monstre de foire… »

De nombreux véhicules volaient à des
niveaux différents, et parfois s’arrêtaient
suite à la couleur jaune de certaines
balises qui, en passant au bleu, leur
permettait de redémarrer.

Alex continua sur d’autres rues, le temps
passait, son regard fût attiré par
quelqu’un qui, devant une sorte de
boutique, utilisait un mini-clavier pour
faire apparaître, venus de nulle part, un
plat et une boisson.

Là, pensa Alex, nous n’y sommes pas
encore, il refit quelques pas lorsque:

« Eh, toi, arrête toi, et viens avec nous ! »

Il se retourna et vit une demi douzaine
d’hommes, chacun tenait à la main une
sorte de galet, très probablement une
arme.

« Que me voulez-vous ? »

« Nous, on exécute, ce sont nos chefs qui
vont t’interroger, passe devant ! »

Ils firent 20 mètres, et entrèrent dans un
bâtiment par une large porte entourée de
4 gardes.

« Un poste de police. »pensa-t-il.

En traversant une grande cour, il
remarqua que des rayons de différentes
couleurs circulaient parallèlement à
toutes les fenêtres, tant à droite qu’à
gauche, exception faite de la façade vers
laquelle on le conduisait.

« Pire, c’est une prison. »

La suite des évènements lui démontra
qu’il avait vu juste, il fut conduit à un
second étage, dans une vaste salle sans
aucun siège, dans laquelle on le fit
attendre une bonne demie heure, pas
de décoration sur les murs, rien, ils
étaient blancs.

Un homme ouvrit une porte et lui fit
signe de le suivre, jusqu’à un immense
bureau bourré d’électronique situé
trois portes plus loin, un autre
homme, mieux habillé que le
premier, devait être un officier ou un
commissaire, confortablement assis
derrière son bureau, l’air hautain, voire
méprisant, il dit à Alex:

« Assieds toi ici, profites en, car dans la
prison, ce sera moins confortable. »

Alex:« Que me reprochez-vous ? »

« Ici, c’est moi qui parle, et qui pose
les questions, tu viens d’apparaître dans
notre ville, tu n’es pas de Dakkna, alors
qui es tu et d’où viens-tu ?
 
As-tu des documents prouvant ton
identité ? »

« Hélas non, on me les a volés en cours
de route, heureux que je sois encore
vivant… »

Et Alex raconta son histoire du nord, sans
parler de Zan-Karr, pour terminer par:

« Voilà ce qui m’a amené par ici, je m’en
serais bien passé, mais mon père et ma
sœur étant morts, que pouvais-je faire
d’autre? »

« Ce que tu pouvais faire d’autre ?

Tu aurais mieux fait de rester chez toi et
de mourir tranquillement, des gens
comme toi, ici, on n’en veut pas, tu étais
pêcheur ?

Et tu t’appelles Dub Norr ? Hm, en
principe, je connais toutes les familles
de paysans et de pêcheurs, et je n’ai
jamais entendu parler de toi, c’est
curieux, non ?

Tu as vraiment le physique de
l’emploi, les manuels sont plus grands
et plus costauds que nous, mais en
ce qui te concerne, cela ne prouve
rien, ce qui est sûr, c’est que tu n’es ni
un deonien, ni un indépendant, qui
eux, ont le même physique que toi, mais
eux aussi, nous les connaissons tous, par
ailleurs, ton histoire n’est pas très
crédible, mais nous disposons de moyens
de connaître la vérité, tu vas passer une
série de tests et de sondages, selon leur
résultat, tu seras exécuté ou recyclé, ce
que l’on entend par recyclage consiste en
une préparation, plus ou moins longue, à
te rendre apte à servir notre
communauté, passons sur les détails qui
sont sans importance, nous sommes en
période de congés, tu subiras la
batterie dans 3 jours, en attendant, nous
allons te loger en prison, voyons
voir, oui, il en reste une avec Akr Chek, un
indépendant justement, en attente
d’exécution, tu seras en bonne
compagnie. »

L’officier appuya sur un bouton, quelques
secondes plus tard, un homme entra:

« Accompagne le jusqu’à la cellule d’Akr
Chek ! »

« A vos ordres, capitaine. »

Alex suivit le maton le long des
couloirs, puis arriva dans celui des
prisons, quelques portes plus loin:

« Voilà, entre ici ! »

Alex se retrouva dans une pièce de trois
mètres sur quatre, déjà occupée par un
gaillard aussi grand et fort que lui, qui
l’observait.

Il avisa un pucier qu’il replia afin de
s’asseoir dessus, le gaillard en question
ne disait toujours rien, peut-être
était-ce au nouveau d’engager la
conversation.

« Salut, Je suis Dub Norr, un pêcheur
venant d’une zone froide. »

« Un pêcheur ? Je les croyais idiots, mais
pas à ce point, tu aurais mieux fait de
rester chez toi. »

Alex en profita pour raconter son histoire.

« Eh oui, mon gars, les dakiens ne font
pas de cadeau, tu es grand, solidement
bâti, et si ce que tu dis est vrai, que tu as
tué un certain nombre de pols pour
survivre, tu dois pouvoir m’être utile.

Je suis Akr Chek, un indépendant, on
doit m’exécuter dans trois jours, mais
manque de chance pour eux, j’ai déjà
un plan d’évasion, on va tester ta force. »

Akr Chek proposa à Alex une petite
variante du bras de fer, au bout de cinq
minutes, tous deux étaient encore en
compétition, Akr fit un signe: 

« Bon, ça va, tu es vraiment
costaud, serais-tu d’accord pour
rejoindre notre groupe d’indépendants ? »

« J’ai entendu parler des deoniens, mais
pas des indépendants, seriez-vous une
sorte de troisième force ? »

« Exactement, entre la société
tyrannique des dakiens, et celle trop
pasteurisée des deoniens, nous
représentons quelque chose
d’autre, qui cote les gens au mérite, au
savoir-faire, tout en laissant toute liberté
à chacun, mais lorsque nous avons besoin
de nous regrouper, une forte solidarité
existe entre nous, nous avons notre base
sur la troisième planète, Narduk, en
sous-sol, de telle sorte que les dakiens ne
peuvent nous attaquer, nous
n’intéressons pas les deoniens, tous les
indépendants ont été des dakiens, qui
n’ont pas toléré toutes les injustices
des gouvernants de Dakkna ou qui en
ont été directement victimes, nous
pourrions détruire Dakkna, très
facilement même, mais parmi les 15
millions de dakiens, il y a au moins 14
millions de victimes qui ne méritent pas
leur sort, nous avons des laboratoires, nous
faisons des recherches, nous avons un
armement solide et des vaisseaux, et tout
le confort, notre communauté est peuplée
de quatre millions de personnes, chacun
travaille, est utile, sauf les enfants bien
sûr, qui doivent apprendre.

Tu vas me demander pourquoi je suis
prisonnier ici alors que nous, les
indépendants, nous sommes forts, eh
bien simplement parce que mon vaisseau
a été touché au cours d’un combat spatial
avec les dakiens, après avoir éliminé 18 de
leurs vaisseaux, il y a près d’un mois de
cela, s’ils ne m’ont pas exécuté de
suite, c’est parce que j’étais le seul
survivant et commandant du vaisseau, et
qu’ils voulaient obtenir des informations
sur nos petits secrets, ils ont fait tout ce
dont-ils étaient capables dans ce
but, mais ils ont échoué, voilà pourquoi
ils veulent m’exécuter dans trois jours. »

« Alors dans ce cas, étant moi-même un
indépendant d’esprit, et un franc tireur, je
marche avec toi. »

« Franc tireur, voilà deux mots qui me
plaisent, indépendant d’esprit ?

Alors on va s’entendre, dans quelques
minutes ils vont nous servir un brouet, pas
fameux, mais faute d’autre chose…

Alors voilà le programme, cet après midi, on
se repose, cette nuit aussi, car nous aurons
besoin de nos forces, j’ai dans mon bras
gauche un micro communicateur, je m’en
suis servi hier pour appeler mes gens, sur
une fréquence que les dakiens ne peuvent
pas capter,  demain midi, lorsque Djaïr
(soleil) sera au zenith, un de nos vaisseaux
que l’on peut rendre indétectables, sera à
la sortie de la ville, à 2 kms d’ici, mais l’un
des nôtres nous attendra à la sortie de
cette prison dans un véhicule
discret, pour nous y emmener, la liberté
approche, mais le plus dur reste à
faire, dès demain matin, juste après la
saleté qu’ils vont nous servir pour le petit
déjeuner, nous allons soulever la plaque
que tu vois ici, j’ai mis plus de 20 jours
pour en venir à bout, mais il fallait
procéder discrètement, après, il faudra la
remettre en place lorsque nous serons
en dessous, ce sera plus facile, c’est alors
que nous nous trouverons dans une série
de longs couloirs dont certaines parties
sont des égouts, pas très agréable, tu as
dû remarquer que les fenêtres étaient
barrées par des lasers, c’est le cas de
tous les murs sauf les planchers, à cause
de l’évacuation toilettes, voilà leur erreur
qui va nous profiter, je connais par cœur
les circuits à emprunter pour sortir, tu
n’auras qu’à me suivre, progression
rapide à quatre pattes, car entre le petit
déjeuner, et le déjeuner que les matons
nous apportent, il n’y a pas beaucoup de
temps, moins de trois heures, nous
devons trouver la sortie avant
midi, sinon… »

Alex: « Ca marche, mais il n’y a pas de
micros ici, personne n’écoute notre
conversation ? »

Akr: « Non, c’est une autre de leurs
erreurs, ils m’ont placé en cellule de
sécurité dans lesquelles il n’y a plus
de caméras ni de micros, dans le
passé, il y en avait, mais ils mettent
généralement dans cette sorte de
cellule des gens en solo, les dakiens
ont horreur de la solitude et finissent par
s‘en plaindre, certains se sont tellement
plaints que les matons et surtout leurs
chefs en avaient marre de les
entendre, ceci explique cela. »

Alex: « Excellent, tant pis si on est
sales demain. »

Akr se mit à rire: « Ne t’en fais pas
pour si peu, on ne le sera pas
longtemps, les douches et habits de
rechange existent dans nos vaisseaux. »

Le lendemain matin, après le petit
déjeuner, les deux hommes passèrent
un bon quart d’heure à desceller et à
déplacer la plaque, Akr descendit le
premier, suivi d’Alex, ils reprirent
la partie de plaque accessible et la
remirent en place:

Akr: «  Maintenant, Dub, on fonce, tout
droit sur 20 mètres. »

C’était parti pour une course à quatre
pattes.

Akr « Dans 2 mètres, on tourne à
gauche, puis 8 mètres à droite, tu me suis. »

Ils avançaient assez vite, mais étaient
parfois obligés de ralentir à cause de
certains goulots d’étranglement dans
lesquels ces gaillards passaient de
justesse, pas de lasers, tout allait
bien, mais à un moment:

Akr: « Il va falloir desceller cette
grille, et une autre un peu plus loin .»

Une demie heure s’écoula, ils passèrent
les deux grilles, continuèrent dans un
couloir qui transmettait une odeur fort
désagréable d’excréments, mais il fallait
passer.

Akr: « Attention, nous arrivons à un
point délicat, nous sentons
mauvais, alors que dans ce couloir, il
n’y a plus de déchets, son odeur est
presque normale, or, la fin du couloir
là bas, tu la vois ?

Alors regarde bien. »

Un pantalon et une paire de chaussures
passait derrière la sortie toutes les trente
secondes.

« Bien, Dub, tu n’as qu’à me suivre, mais
il faudra réagir vite, dès que le garde passe
de droite à gauche, il fera à peu près 10
mètres dans un couloir adjacent, à
gauche, si nous sortons à ce moment
là, en tournant à droite, il ne nous verra
pas, restons à 10 mètres de la sortie afin
qu’il ne nous sente pas, après, dès qu’il
sera passé, il atteindra ce couloir adjacent
au bout de 13 mètres, donc le cas est
simple, nous devons faire 10 mètres à
quatre pattes pendant qu’il fait 13 mètres
en marchant à bonne cadence, est-tu prêt ?

« J’attends qu’il passe de droite à gauche
et je te suis. »

« Ca marche. »

Il franchirent l’obstacle sans problème et
coururent dans un dédalle de couloirs de
droite, pendant ce temps, le garde, lors
de son retour vers la sortie droite de
son couloir:

« Hm, ça sent mauvais ici, l’entretien n’a
pas été fait ou quoi ?

Je vais appeler le Chef. »

Pensa-t-il avant de s’exécuter.

Akr: « Faisons vite, le garde a dû sentir la
mauvaise odeur à son retour, il va appeler
son Chef, et ils vont vite faire le
rapprochement avec les prisons, cela nous
laisse quand même le temps d’atteindre
une zone, proche de la sortie, qui n’a pas
d’accès direct ni pour les matons, ni pour
leurs Chefs, ne traînons pas. »

Une heure plus tard, ils apercevaient la
sortie, à 25 m.

« C’est bon, on y est, c’est un
soupirail, mais dont il faut desceller la
grille , tu vois Dub, le véhicule est en
face, allons y.»

Mais durant cette heure, l’alarme avait
été donnée, l’administration pénitentiaire
locale savait qui étaient les
échappés, une foule de gardes et autres
matons se trouvaient tout autour de la
porte du bâtiment pénitentiaire, mais
heureusement, le soupirail en question
débouchait via un mur adjacent, à 150
mètres de la grande porte, et personne
ne s’y trouvait.

Akr et Dub descellèrent la grille et
traversèrent la rue pour s’engouffrer
dans le véhicule qui démarra en
trombe, juste au moment où quelques
gardes apparaissaient, ils n’eurent pas
le temps de réagir.

Un rapport fût communiqué au Capitaine
qui, froidement:

« Bon, voilà un indépendant de plus que
nous connaissons, mais là, c’est la fin de
ma carrière, je préfère que l’on
m’exécute, parce que sans solde ni
retraite…» pensa-t-il.

Plus tard, dans le vaisseau spatial qui
se dirigeait vers Narduk:

Akr: « Ffff, prenons vite une
douche, Zen-Tam, prévois-nous des
habits de rechange. »

Zen: « Entendu Commandant, je vous
les apporte près des douches dans
cinq minutes. »

Quelques instants plus tard:

« Bon, je me sens mieux, toi aussi je
suppose, Dub, on va se prendre un
sacré déjeuner. »

« Tout à fait, Akr, combien de temps
pour atteindre Narduk ? »

« Le temps de déjeuner, moins de deux
heures. »

« On peut y vivre à la surface ? »

« Non, il y fait très froid et pas
d’atmosphère, mais en sous-sol, on y
vit très bien, à 50 mètres sous la
surface, nous ne craignons rien, les
dakiens ne savent même pas où il est
situé, nous disposons de brouilleurs
très efficaces, les premiers indépendants
qui sont venus ici pour commencer les
travaux, il y a une trentaine d’années
ont remarquablement travaillé, dans
la plus grande discrétion.

Toi aussi, tu as bien travaillé, Dub, tu
seras une recrue de choix, bien sûr, il
va falloir te former, sais tu lire ? »

« Hélas non, pas vraiment. »

« Bon, tu n’es pas idiot, c’est une question
de jours, une petite quinzaine devrait faire
l’affaire, mais qu’est-ce qui t’intéresserait
le plus ? »

« Ben, peut-être le domaine
scientifique, si ce n’est pas trop
compliqué. »

« Tiens donc, je t’aurais plutôt vu en bon
militaire, et le domaine
scientifique, comme tu le dis si bien, c’est
compliqué, mais on va te faire passer des
tests d’aptitude, rien à voir avec ceux
pratiqués à Dakkna, bien sûr, tu n’auras
pas mal à la tête, ni ailleurs. »

« Il y a une question qui me
chiffonne, les gens de Dakkna ont une
tête, voire une tête et demie de moins
que nous, même tes hommes, qui ne
sont pas si grands que nous, sont
nettement plus grands qu’eux, comment
cela se fait ? »

« Bonne question, même les deoniens et
deoniennes sont plus grands
qu’eux, peut-être aussi les paysans, à
mon avis, cela tient à la nourriture et à
l’activité, les dwakiens consomment
beaucoup de composés chimiques, et
sont inactifs, toujours à travailler dans
des bureaux et autres centres de
contrôle, leur vie ne vaut pas
grand-chose, ils n’ont pas de plaisirs à
part le sexe, et encore, les deoniens
les dépassent nettement, les dwakiens
sont paranoïaques, c’est une maladie
dont-ils ne guériront pas, car ils
ignorent qu’ils l’ont. » 

 « A propos de paysans, avant
Dwakkna, j’ai été recueilli durant sept
jours par un certain Zan-Karr, qui a une
femme et une fille, leur propriété qu’ils
craignent de voir disparaître, va les
amener à vivre à Dakkna, ce qui ne leur
plait pas trop, ne pourrait-on faire quelque
chose pour eux ? »

« Où est située leur propriété ? »

« Je crois en zone sud, à 3 kilomètres
de la ville, au bord d’une forêt. »

« Ah, la forêt Loolan ?

Oui, je vois à peu près où ils sont, je
vais en référer au Général Tan-Minn, ici
aussi à Tarduk, qui est notre base sur
Narduk, nous faisons de la culture, ils
pourraient nous être utiles, mais as-tu
confiance en eux ?
 
Peuvent ils se joindre à notre
communauté ? »

« Je réponds d’eux, ils m’ont beaucoup
apporté, et avec une grande sympathie. »
 
« Hm, devant de tels compliments, je ne
peux qu’obtempérer, si Tan-Minn est
d’accord, nous irons les récupérer, tu
viendras avec nous pour situer
l’emplacement exact. »

« Je dois pouvoir le faire en partant
de la limite de la ville, j’y ai noté deux
points de repère. »

Le repas prit fin alors qu’ils approchaient
Narduk, quelques instants plus tard:

Akr: « Bon, je dois passer à la Chambre
des Officiers afin de faire mon rapport, tu
viendras avec moi, on te fera attendre
dans une salle, mais je te récupérerai pour
aller au Centre de l’Immobilier afin de te
trouver un appartement, tu devras quand
même passer à la Grande Administration
afin de te faire recenser, nous irons à
l’Administration avant l’Immobilier, c’est
plus logique, après ?

Eh bien on restera en contact, car je suis
content de te connaître, tu es
quelqu’un, allons-y. »

Dans les jours qui suivirent, Akr Chek fût
promu au rang de Colonel et devint le
héros de Tarduk, compte tenu de sa
performance contre les vaisseaux
dwakiens, une grande fête eut lieu en
son honneur, il présenta son nouvel
ami Dub-Norr(Alex) au plus grand
nombre possible de personnes, ce
dernier fut recensé, puis on lui attribua
un bel appartement de trois pièces près
du centre de Tarduk.

Il passa divers tests d’intelligence, de
force, d’habileté, de combat, de
connaissances, d’aptitude à se débrouiller
en diverses situations, ses résultats
furent excellents, sauf dans le domaine
des connaissances, surtout les
scientifiques qu’il ne devait pas
divulguer, il venait juste d’apprendre à
lire, ce qui pouvait expliquer ces
médiocres résultats, pour cette raison, il
n’entrerait pas dans le domaine
scientifique, mais serait affecté aux vols
spatiaux, avec rang de Lieutenant.

Akr Chek ayant fortement insisté pour
qu’Alex, alias Dub-Norr soit affecté à
son vaisseau, ils se verraient désormais
très fréquemment.

Quelques jours plus tard encore, le 
Général Tan-Minn ayant donné son
accord, Akr et Dub partirent vers Oceane
pour récupérer Zan-Karr et sa famille, le
voyage se passa sans problème
particulier, et le vaisseau atterrit près de
la propriété de Zan-Karr.

Ce dernier sortit de son dôme pour aller
à la rencontre des deux hommes, le
vaisseau restant à 500 mètres plus
loin, invisible.

Zan: « Tiens Dub, quelle surprise, content
de te voir, mais qui est cet homme ? »

Alex lui expliqua tout, son court séjour
en prison à Dakkna, son évasion avec
Akr, son voyage vers Narduk, sa nouvelle
situation, et termina par:

« Nous venons vous aider, il ne faut pas
que vous soyez obligés d’aller à
Dakkna, pense à Etna, sur Narduk, je
peux vous garantir que vous serez bien. »

« J’apprécie énormément ta
reconnaissance, Dub, mais je vais perdre
ma propriété, et que vais-je pouvoir faire
d’autre à Narduk ? »

« Ne te fais aucun souci, sur Tarduk, base
de Narduk, il y a aussi des paysans, j’en ai
vus, tu peux me croire, nous pouvons
te faire construire un dôme pratiquement
identique au tien, sur un terrain aménagé
disposant d’une surface analogue, tu
pourras y faire pousser des arbres
fruitiers et des légumes, bien sûr, c’est
un sous-sol, mais il y fait bon, tu ne seras
pas déçu. »

Zan: « Bon, eh bien c’est sûr que la vie
ne serait pas drôle à Dakkna, si j’ai bien
tout compris, vous, les indépendants, vous
vous battez pour le mérite et la
liberté, pour l’aide humaine, la solidarité ?

Est-ce bien cela ? »

Alex: « Tout à fait, le Colonel Akr Chek, ici
présent, mon ami qui commande un
vaisseau que tu ne vois pas encore, pourra
te confirmer tout ce que je viens de te
dire, c’est un héros national très
important dans la communauté. »

Zan: « Un Colonel ?
Ton ami ?

Alors ça, c’est impressionnant, je vois que
toi aussi, tu as du galon. »

Alex: « Je fais partie de son équipage, avec
rang de Lieutenant, mais laissons parler
mon supérieur. »

Akr: « Tout ce que Dub vient de te
dire, Zan-Karr, est entièrement
vrai, toi aussi, je crois, tu es son
ami, alors fais lui confiance.

Nous n’avons pas trop de temps car
notre brouilleur n’a qu’une durée
d’action limitée, si les dakkiens nous
repèrent, nous serons dans de sales
draps, nous disposons d’une demie
heure pour partir, si tu veux faire
partie de notre communauté, dans
laquelle ta famille et toi, serez les
bienvenus, demande à tes femmes
de t’aider à emporter toutes les
affaires qui vous sont précieuses, nous
vous aiderons si nécessaire. »

Zan: « Bon, nous acceptons car nous vous
faisons confiance, je sens que vous parlez
juste, Colonel, je me dépêche. »

Alex: « Nous venons avec toi, ça ira plus
vite. »

Sana et Etna sautèrent au cou
d’Alex, mais les effusions devaient être
brèves, pas le temps de tout
réexpliquer, il fallait faire vite.

Ils furent juste à temps dans le
vaisseau qui décolla, quelques secondes
plus tard, le brouilleur cessa de
fonctionner, mais ils étaient déjà
suffisamment hauts lorsque Dakkna les
repéra pour éviter toute riposte, les
dakkiens savaient que les vaisseaux des
indépendants étaient plus rapides que
les leurs, ils ne les poursuivraient pas.

Deux heures plus tard, le vaisseau
approchait de Narduk, la base était
déjà localisable grâce à des détecteurs
spéciaux que les dakkiens ne
possédaient pas, ce qui surprit Zan:

« Vos vaisseaux sont extrêmement
rapides, je crois savoir qu’à Dakkna, ils
auraient mis deux fois plus de
temps, mais je suppose qu’ils savent
où est votre base ? »

Alex: « Eh bien non, nous te raconterons
cela, parmi bien d’autres choses, plus
tard, si nos brouilleurs ont un temps
d’action limité sur les vaisseaux, d’autres
beaucoup plus puissants et bien trop
grands pour un vaisseau, fonctionnent
en permanence pour protéger la
base, il n’y a rien à craindre, nous
voyons très souvent des vaisseaux
dakkiens se balader dans notre
zone, et d’après Akr, depuis plus de 20
ans, mais ils peuvent nous chercher
encore longtemps… »

Zan: « Ca alors, je suis complètement
dépassé, et j’ai maintenant du mal à
croire que toi, Dub, tu as été un pêcheur
venant du nord, ou alors tu as fait une
sacrée ascension chez les indépendants
auxquels tu n’appartenais pas il y a
encore quelques jours. »

Akr: « C’est tout à fait
exact, Zan, l’ascension de Dub est
 justifiée, il dispose de capacités
étendues, et je l’ai connu en prison il
y a encore quelques jours, il te dit
la vérité. »

Zan: « Alors tous mes respects, je suis
confondu, j’ai eu le privilège d’héberger
un hôte de marque, j’en suis très
heureux. »

Alex: « Merci Zan, cela me touche, mais
je n’en mérite pas tant, peut-être
deviendrais-je quelqu’un dans
l’avenir, mais tu resteras toujours mon
ami, ainsi qu’Akr, bien sûr. »

Akr: « Oh oui, Dub, tu vas devenir
quelqu’un de très important, tu es
déjà apprécié dans la communauté, mais
trêve de salamalecs, nous sommes dans
la base. » 

Comme pour Alex, les Autorités locales
des indépendants firent le nécessaire
pour loger Zan-Karr et sa famille
conformément à leurs souhaits, après
un appartement temporaire pour
quelques jours, ils obtinrent une
propriété pratiquement identique à
celle d’Oceane, Alex leur laissa le
temps de s’organiser avant de
passer les voir:

« Alors Zan, comment ça se passe ? »

Zan: « Vraiment extraordinaire, Dub, nous
avons l’impression d’être chez nous, mis
à part que c’est un sous-sol, bien sûr, mais
on s’y fait, entre donc, Sana et Etna vont
être ravies de te voir. »

Après quelques effusions, un coup à boire et
des petites discussions, Alex les quitta pour
retourner chez lui, il garda en mémoire le fait
qu’Etna était de plus en plus ravissante, mais il
lui fallait penser à autre chose:

« Bien, plus d’un mois vient de s’écouler, je
vais finir par croire que Cornelius a
raison, trois mois, c’est peut-être trop
court, par ailleurs, je ne suis pas dans une
section scientifique, ce qui veut dire que
je ne pourrai pas lui apporter
grand-chose, les deoniens, plus avancés
que les dakkiens, auraient peut-être pu
me le permettre, mais à moins d’un
miracle, je n’aurai pas l’occasion de
séjourner chez eux.

Les indépendants sont également très
avancés, autant que les deoniens ou pas?

Ils procèdent comme partout ailleurs en
gardant bien soigneusement leurs
secrets, si on n’est pas dans la bonne
filière…

Mais je ne crois pas qu’ils connaissent
les transferts espace/temps et il se
pourrait que les deoniens non plus.

Les voyages spatiaux ne me déplaisent
pas, mais là, entre Narduk et Oceane, c’est
assez limité. »

Au même moment, sur Oceane, à Deona, la
Présidente de Dao était en réunion avec
deux de ses Ministres, également
deoniennes, elle s’appelait Akna
Zarkhan, son Ministre des Armées, Debra
Harknim, et celui ou celle de la Gestion
Sociale, Rhona Ordrakk, toutes trois
étant amies, s’appelaient par leurs
prénoms:

Akna: « Alors, que pensez-vous de ce
que nous venons d’observer à Dakkna
durant ce dernier mois ? »

Rhona: « C’est très curieux, cette histoire
d’homme grand, costaud, venu de nulle
part, qui arrive à Dakkna, est mis en
prison, et s’échappe aussitôt avec un autre
du même gabarit qui, je crois fait partie
des indépendants, ils partent pour
Narduk, puis reviennent récupérer un
paysan et sa famille, qu’ils emmènent dans
leur base. »

Debra: « Oui, l’homme venu de nulle
part, a été hébergé par ce paysan
durant 7 jours, ils ont dû devenir amis, le
fait d’avoir récupéré ce paysan pour
l’emmener sur Narduk me semble être
un acte de solidarité très honorable.

J’ai déjà eu l’occasion de repérer
l’indépendant en question, c’est un
Commandant de vaisseau, pas n’importe
qui, celui qui en a détruit 18 avant d’être
fait prisonnier, je pense qu’une amitié s’est
également créée entre lui et l’homme
mystérieux, des membres importants de
la hiérarchie pénitentiaire de Dakkna ont
été exécutés, ces dakkiens sont toujours
aussi barbares.

Maintenant, que conclure des ces étranges
évènements ?

Faut-il y voir un changement futur ?

Un présage ou une prophétie ?

Je ne saurai proposer une réponse. »
  
Akna: « Avoir récapitulé les évènements
est très bien, mais effectivement, cela ne
nous apporte aucune réponse sur le
futur, cela peut-il devenir inquiétant
ou pas ?

Voilà ce que j’aimerais savoir. »

Rhona: « A mon avis, cela n’est pas
inquiétant pour nous, à cela, j’y vois
deux raisons:

- L’homme mystérieux agit dans ce qui
me semble être le bon sens, ainsi que
ce commandant de navire qui fait bien
son travail.

- Les Indépendants se développent, ils
atteignent presque notre niveau de
civilisation, mais contrairement aux
dakkiens, ils ne sont pas nos
ennemis, ils cherchent à progresser
dans le sens de la liberté et du
mérite, cela aussi, me semble
honorable, nous ne les acceptons pas
trop, mais d’après ce que nous savons
d’eux, à quelques défauts près, je les
estime valables. »  

Debra: « Je parviens à peu près à la
même conclusion, je pense même
qu’au cours du temps, les indépendants
auront le dessus sur les dakkiens, si un
jour, ils pouvaient prendre leur
place, nous aurions moins de soucis. »

Akna: « Tout cela n’est pas faux, sauf
peut-être de voir les indépendants
supprimer les dakkiens et prendre leur
place, je ne crois pas que ça les
intéresse, nous avons tous les mêmes
ancêtres, voilà pourquoi ni les
indépendants ni nous-mêmes, ne
voulons supprimer les dakkiens, dont
l’immense majorité ne sont que
des victimes de leur système, les
indépendants ont eux-mêmes été
des dakkiens qui, je dois le
reconnaître, ont fortement progressé
dans le bon sens, contrairement aux
gens de Dakkna, nous savons
parfaitement où se trouve leur base sur
Narduk, ils l’appellent Tarduk, je crois, mais
ce qui se passe à l’intérieur de la base, nous
l’ignorons, car ils disposent de puissants
brouilleurs.

Quoi qu’il en soit, mais nous ne le verrons
pas, une alliance ou une refonte entre
indépendants et deoniens n’est pas
impossible dans l’avenir, mais pour le
moment, je leur reproche d’être un peu
trop casse-cou, et de jouer au échecs avec
le danger, mais on peut le comprendre
dans le sens qu’il s’agit d’une toute
nouvelle communauté qui a ses preuves
à faire.

Si je devais attribuer des notes à nos
voisins, je donnerais 5/20 aux
dakkiens et 14/20 aux indépendants. » 

Debra: « 14/20 est une note très
correcte, et justifiée, mais pour les
dakkiens, je serai plus dure que
toi, Akna, 2/20 pour le simple fait
d’exister, c’est tout ce qu’ils méritent. »

A Tarduk:

« Dub, ici Akr, tu as vu tes protégés ? »

« Oui, Akr, ils se sentent bien à
Tarduk, pratiquement comme chez eux, si
je m’étais laissé aller, j’y serais encore. »

« Tu as bien fait de ne pas te laisser aller
car on embarque dans une heure, je
t’attends donc sur l’emplacement KB2C. »

« Où allons-nous ? »

« Vers Zebribb, pour y prélever une
certaine quantité de stennack, minerai
précieux qui n’existe que sur cette
planète, et qui va permettre à nos
scientifiques d’exploiter certaines
découvertes médicales et techniques, je
n’en sais pas plus, à tout Colonel que je
suis, on ne dit pas tout, je ne reste
qu’un simple commandant de vaisseau. »

« Cela va prendre combien de temps ? »

« Pourquoi, tu as autre chose en vue ? »

« Non, simplement par curiosité. »

« Zebribb est loin, plus de deux jours
pour l’aller, à pleine vitesse, autant pour
le retour, et entre un et deux jours pour
les prélèvements. »

« Disons une semaine pour le tout, une
ballade. »

« Tu as tout dit, je t’attends. »  

Le voyage se fit sans incident, sur
Zebribb, les prélèvements de stennack
furent faits par des appareils, personne
ne quitta le navire, l’extérieur était
à -250 degrés, l’équivalent de 500 kilos
du précieux minerai fût déposé dans l’un
des entrepôts de la Division
Scientifique, la mission était terminée.

Revenu dans son confortable
appartement, Alex commençait à
s’ennuyer, pas d’occupation, bien
qu’il fût connu et plus ou moins admis
dans la communauté, il ne connaissait
pratiquement personne hors de ses
collègues navigants, d’Akr, souvent très
occupé, tant comme Chef du Groupement
des Libres, car chez les
indépendants, plusieurs tendances, peu
éloignées les unes des autres, commençaient
néanmoins à se préciser, les Libres
représentant le principal groupement, que
comme Officier Supérieur dont le
rôle principal était de participer à des
colloques dans diverses Administrations
et autres Centres, puis de Zan-Karr et sa
famille qui eux, bien éloignés de tout
cela, cultivaient leur jardin.

Il se remit à cogiter:

« Bon, maintenant, je sais lire, j’ai
appris encore bien des choses dans
divers domaines, grâce à mon ordi, mis
à part certains secrets sensibles, on
peut y recueillir pratiquement toutes les
informations d’ordre
médical, juridique, là, c’est encore un
peu en friche, mais ils
avancent, technique, scientifique, et
bien d’autres.

Je pourrais demander à repasser des tests
afin d’atterrir dans la Division
Scientifique, pas pour un emploi de
bureau, bien sûr, mais cela risque fort
de ne pas plaire à Akr, qui m’estime
indispensable et me place dans tous les
coups, mieux vaut être son ami que
l’inverse, quel âge peut-il avoir, entre la
cinquantaine et la soixantaine?

Il pourrait être mon père, et puis, même
dans la Division, il n’est pas sûr que je
puisse apprendre quelque chose de
transcendent, les gros Chefs scientifiques
ne vont pas me dévoiler de suite leurs
secrets sur ma bonne mine, il faudrait du
temps pour cela, beaucoup de temps, et
c’est précisément ce qui me manque, la
moitié de mon séjour fait déjà partie du
passé, il me reste un mois et demi avant
mon retour, bon, le mieux est de me
rendre chez Zan, au moins, j’aurai
quelqu’un avec qui discuter. »

Alex s’exécuta et quelques instants plus
tard, se retrouva sur la propriété de
Zan-Karr, devant son dôme, ce dernier
apparût de suite, comme venu de nulle part.

Alex: « Salut Zan, comment fais-tu pour
apparaître comme ça, d’un coup ? »

« Ah ! Vraiment ravi de te voir, j’en connais
deux autres qui vont être très
heureuses, surtout Etna, tu veux parler
du Jektron, tu ne connais pas ?
C’est un dispositif de transfert inventé par
un certain Tanoth il y a quelques dizaines
d’années, à une époque où les paysans
représentaient encore quelque chose dans
la communauté de Dakkna.

Les paysans de l’époque disposaient de bien
plus grandes étendues que la mienne, et
nombre d’entre eux avaient du bétail, et
lorsque l’une de leurs bêtes, ou plusieurs
étaient malades, cela leur permettait
d’intervenir de suite avec une trousse
médicale, ou tout autre matériel adéquat, le
dispositif est réglable jusqu’aux limites de
la propriété, encore une bonne initiative qui
va bientôt disparaître, mais entre donc, on
va se boire une bonne Airgnas(sorte de
Sangria) bien fraîche, cette fois-ci, j’espère
que tu n’es pas venu en coup de vent, et
que tu vas rester avec nous au moins
1 jour ou 2. »

« Ok, pour le jektron, j’ai encore appris
quelque chose, c’est bien pratique, mais
pourquoi Etna veut spécialement me voir ? »

« Hm, comment te dire ça, elle nous parle
souvent de toi, son visage rayonne quand
tu es là, bref, tu lui as tapé dans l’œil, et si…

Eh bien nous n’y verrions aucun
inconvénient, au contraire, ce serait un
honneur pour nous, excuse moi de te
dire les choses franco, mais je ne sais pas
faire autrement. »

« Je ne peux qu’apprécier ta franchise
Zan, c’est la marque d’un homme de
valeur, ainsi, je plais à Etna, de mon côté, je
dois reconnaître que tu as une très jolie
fille, quel âge a-t-elle exactement? »

Etna était effectivement une superbe brune
de cinq pieds et huit pouces, disposant de
formes très harmonieuses, se comportant
avec une certaine classe et s’exprimant fort
peu, mais toujours juste.

« Elle a 22 ans, ma femme 48 et moi juste
50, et toi ? »

« Tu ne les parais pas, Sana non plus, je
suis un jeunot à côté de vous, je n’en ai
que 35, c’est curieux que l’on n’en ait
pas parlé lorsque j’étais chez
vous, à Dakkna. »

« Eh oui, mais à ce moment là, tu avais
d’autres préoccupations, tu t’en souviens ?

Tu passais ton temps devant mon ordi pour
apprendre le plus de choses possibles. »

« Si je m’en souviens… Je ne suis pas près
de l’oublier, où sont tes ravissantes
femmes ? »

« Elles sont parties faire quelques
courses, notamment prendre de la
viande, je pense qu’elles seront de
retour dans 10 ou 15 minutes.

Mais assieds toi, on va se prendre une
bonne airgnas, ou peut-être même
deux, puis tu vas me goûter ça, comme
accompagnement, j’adore.

Là aussi, je ne t’en ai pas proposé à
l’époque de Dakkna, car je n’en
avais plus. »

Ce bout de plante longiligne ressemblait
passablement à un cigare, Alex le goûta.

« Vraiment très bon, Zan, un peu fort, mais
super, avec l’airgnas on va se régaler. »

« Très content que ça te plaise, alors c’est
d’accord, tu restes un peu avec nous ? »

Alex: « Bon d’accord, allons-y pour 2
jours, cela va me rappeler de bons souvenirs. »

« Et tu ne seras pas le seul. »

Peu après, Sana et Etna revinrent des
courses, poussèrent des cris de joie en
voyant Alex, déposèrent leurs paquets
avant de se jeter à son cou.

Zan: « Bon, les filles, vous nous
accompagnez sur une airgnas ? »

Sana: « Oui, mais le cigare on vous le
laisse, pour Etna et moi, c’est moins bon.

J’espère que cette fois-ci, tu vas rester
un peu avec nous, Dub ? »

Zan: « C’est déjà réglé, il est là pour 2 jours. »

Sana: « Merveilleux, on va fêter ça.

Nous sommes bien ici, tout est calme, nous
nous sentons en sécurité, et vraiment
comme chez nous à Dakkna, sinon mieux
encore, tout cela grâce à toi, Dub, nous
ne l’oublierons jamais, Etna, je ne sais
pas, mais Zan et moi te considérons
comme faisant partie de notre famille. »

Etna: « Moi aussi. »

Alex: « Ce que vous venez de me dire me
touche profondément, je suis confus et ne
sais plus où me mettre, bon , alors à
votre santé ! »

Zan: « Mais je repense à une chose, Dub, les
paysans qui t’avaient recueilli avant nous, au
nord de Dakkna, tu n’as pas gardé de contact
avec eux ? »

Alex: « Ah, la demie douzaine que j’ai vus ?

Avec quatre d’entre eux qui ont consenti à me
donner un brouet et quelques légumes avant
de me dire de foutre le camp ?

Aucun d’entre eux ne m’a vraiment recueilli, j’ai
toujours dormi dehors, et même hors de leur
propriété, tu vois, Zan, ce n’était pas du
tout pareil, vous êtes les seuls à m’avoir
réellement aidé, et ça, moi aussi, je ne
l’oublierai jamais. »

La soirée fût festive, avec un dîner bien
arrosé, encore quelques petites
conversations avant d’aller se
coucher, Alex était dans une chambre
tout à fait identique à celle de
Dakkna, décorée avec les mêmes
objets, il était évident que Zan et
Sana avaient décidé de la conserver
telle quelle, en son souvenir.

Et cette chambre se trouvait juste à
côté de celle d’Etna, au premier
étage, alors que la chambre des
parents était au rez-de-chaussée, à
côté du salon, chaque chambre avait
une salle de bains et des toilettes.

Alex se prit une bonne douche et:

« La soirée a été bien arrosée, heureusement
que je n’étais pas fatigué, leur airgnas est
fameuse, mais elle finit par taper, il faut
avoir l’habitude.

Je suis ici pour 2 jours, bon c’est sûr que
ça va être sympa, mais je suis juste à côté
d’Etna, une superbe fille, que dois-je faire?

Zan m’a bien encouragé dans ce sens, mais…

Si ça se passe comme Samira, que je la
mette enceinte juste avant de partir, ce ne
sera pas très glorieux ni sympa pour eux, je
n’ai pas le droit de dire que je suis
en transfert. »

Quelques minutes plus tard, alors qu’il
était déjà dans son lit, il entendit frapper
à sa porte, des coups légers que Zan et Sana
n’entendraient probablement pas, si c’est
Etna qui frappait ? 

Il se leva, se revêtit d’une sorte de
peignoir, et alla ouvrir, Etna était face à
lui, complètement nue, elle mit un doigt
sur sa bouche et entra.

« Cela devait arriver. » Pensa-t-il.

Le lendemain matin:

Etna: «Bonjour mon chéri, as-tu bien
dormi ? »

Alex: «Oui, ma chérie, et toi ? »

« Très bien, après cette merveilleuse nuit.

Je sais que lorsque mes parents
apprendront, ils ne seront pas surpris, je
dirais même que c’est-ce qu’ils
souhaitaient, mais je dois tout de même
repasser dans ma chambre pour me
préparer et m’habiller, on se revoit tout
à l’heure au petit déjeuner. »

Lorsqu’elle sortit, Alex prit un temps de
réflexion:

« Alors là, vraiment incroyable, Samira, à
côté, c’était de la rigolade, Etna n’était pas
vierge, bon à 22 ans, c’est plutôt
normal, mais quant à faire l’amour mieux
qu’une pro, avec tout le toutim, où a-t-elle
choppé toutes ces techniques ?

Une section porno dans un ordi ?

Une aptitude naturelle ?

Là je suis stupéfait.

En plus, elle est d’une beauté…

Cette fois-ci, je crois que je vais amèrement
regretter un retour contre lequel je ne peux
rien, celui qui va l’avoir après mon départ
sera un homme vraiment heureux. »     

La journée se passa dans la plus grande
gaieté, encore passablement arrosée, avec
force cigares pour Zan et Alex, mais
personne n’avait parlé de la dernière
nuit, devant ses parents, Etna avait
toujours parlé de Dub, mais pas de
mon chéri, du moins pas encore.

La nuit suivante fût identique, la journée
aussi, puis le moment du départ vint.

Zan: « Nous sommes heureux, reviens
nous vite, que pense-tu de ma fille ? »

« C’est un don du ciel.

Soyez sans crainte, je profiterai de mes
moments de libre pour vous voir. »

Embrassades, adieux émouvants, Alex
regagna son domicile.

« Bon, maintenant, tout est clair, dans
un peu plus de six semaines, je regagne
la Terre, et les whiskies on the rocks, en
attendant, eh bien comme je ne connaîtrai
jamais les deoniens ni les deoniennes, il
me reste qu’à tuer le temps entre les
missions spatiales, et la famille Karr, mais
ils ont des salles de sport ici, il va falloir
que je m’entretienne, dès demain, je
m’inscris à l’une d’elles. »

Le lendemain matin:

Akr: « Salut Dub, l’Amirauté Spatiale
vient de m’appeler, on part en mission
ponctuelle sur Oceane, surveillance de
Dakkna. »

Alex: « Ah ! Fréquente, ce genre de
mission ? »

« C’est vrai que tu es nouveau parmi
nous, il y en a 6 par an, nous passons
deux jours en surveillance, alors je
t’attendrai dans la zone habituelle, dans
deux heures. »

« Deux jours ?

Cela ne va pas être très bon pour les
brouilleurs. »

« La Division Scientifique progresse, les
six vaisseaux de la mission sont dotés
de nouveaux brouilleurs tout aussi
efficaces, mais consommant beaucoup
moins d’énergie, leur autonomie
théorique s’étend désormais à deux
jours, c’est en quelque sorte le second
objectif de cette mission, vérifier
l’autonomie des nouveaux brouilleurs. »

« J’y serai .»

--------

Alex: « Tant pis pour ma salle de
sport, mais vérifier l’autonomie des
nouveaux brouilleurs est plus
intéressant que surveiller Dakkna. »

Quelques heures plus tard, en début
d’après-midi:

Akr: « Nous voici au dessus de
Dakkna, essayons un peu de voir ce
qui s’y passe. »

Alex: « Par le Stepkaz(écran d’observation) ? »

Akr: « Exact, tu as bien appris. »

Akr et Alex se trouvaient devant un écran
d’un mètre cinquante par un
mètre, confortablement assis, dans la salle
de contrôle.

L’écran s’activa et montra en 3D ce qui
se passait dans les rues de Dakkna, des
gens qui circulaient, allant probablement
à leur travail, des véhicules volants
individuels se déplaçant au dessus de la
ville, les rues défilaient, les unes derrière
les autres.

Akr:« Rien d’extraordinaire pour le
moment, ces gens sont d’une tristesse, je
les plaindrai presque. »

Alex: « C’est-ce que j’ai vu lors de mon
arrivée avant la prison, et ils me
regardaient d’un sale œil. »

Akr se mit à rire: « Tu m’étonnes. »

L’après midi, puis la nuit s’écoulèrent
sans incident, le lendemain matin:

Akr: « Salut Dub, bien dormi ? »

Alex: « Très bien, et toi ? »

Akr: « Trop court, là, tu vois, une forte
masse nuageuse me préoccupe, pas eu
le temps de prendre un petit
déjeuner, peux-tu aller m’en chercher un ? »

Alex: « J’y vais, à quelle altitude
sommes nous ? »

Akr: « A 13.3 Kms, mais les nuages
peuvent être très hauts ici, et les éclairs
aussi, et ceux là, on les craint, faisons
passer les vaisseaux à 40 kms pour être
tranquille. »

Alex fit l’aller et retour entre la salle de
commandement et le restaurant pour
rapporter le petit déjeuner d’Akr:

« Alors ? »

Akr: « Nous sommes à 40 kms, je crois
qu’un éclair nous a touchés, mais pas
de conséquence apparente, le temps sur
Dakkna sera pourri pour une
journée, notre mission doit durer encore
un jour, restons au dessus de la
couche, à 75 kms, puis attendons
tranquillement, l’observation de Dakkna
est sans intérêt. »

Quelques heures plus tard:

« Colonel, Colonel, notre brouilleur ne
fonctionne plus, il est déconnecté, et
l’homme qui devait le surveiller
dormait, je l’ai fait mettre aux arrêts. »

« C’est bien Capitaine, nous aurions
dû avoir une alerte, soit par un led rouge
ici, aux commandes, soit par un autre de
nos vaisseaux, prenez de
l’altitude, fichons le camp avant d’être
attaqués par des  dakkiens. »

Par un concours de circonstances
hautement inhabituel, l’éclair qui avait
touché le vaisseau avait également atteint
les propulseurs, les systèmes
d’alarmes, et la boite de commande du
brouilleur sans pour autant couper le
courant, ni l’alimentation des ordis, ce qui
fait que personne ne s’était aperçu de
rien, les propulseurs réagirent avec une
lenteur exaspérante, et le vaisseau fût
entouré par trois vaisseaux dakkiens.

Le bouclier énérgétique de défense
fonctionnait encore, mais seulement à
30 %, lorsque Akr Chek en prit
conscience, il donna un ordre:

« Vite,  passez par les Karffs !(zone de
transfert vers un autre vaisseau) »

« Suis-moi, Dub ! »

C’est-ce que fit Alex, mais il ne put
atteindre la zone en question, le bouclier
de défense venait de céder, et un tir de
trop fit éclater les parois de la salle dans
laquelle il se trouvait, il eut juste le temps
d’appuyer sur un bouton, sur sa
tenue, pour faire apparaître un globe de
 métal transparent  qui lui entoura
instantanément la tête, il pouvait
respirer, sa tenue supporterait l’extérieur
si aucun éclat ne la touchait, ce qui fût le
cas, une chance énorme, il se retrouva
projeté dans l’espace, à 1000 kilomètres
de la planète, il vit par moments, entre
des couches de nuages, des continents.

« J’espère qu’Akr a pu se transférer, et
que les autres vaisseaux ont abattu les
dakkiens, peut-être ne reviendrais-je
plus jamais sur Terre, cela va dépendre… »

Au même moment, à Deona:

Akna: « Cela devient intéressant, les
cinq vaisseaux des indépendants
repartent après avoir abattu les douze
vaisseaux dakkiens, c’est probablement
le vaisseau amiral qui a été abattu
chez les indépendants, les morceaux
vont aller se perdre dans wat(océan). »   

Debra: « Si c’est le commandant auquel
nous pensons, j’espère qu’il a pu se
transférer vers l’un de ses vaisseaux, ainsi
que l’homme mystère qui doit être avec
lui, il y aura certainement des
pertes, leurs équipages se composent
généralement d’une centaine de
personnes, à mon avis, les pertes
vont s’évaluer aux deux tiers. »

Rhona: « Au moins, les Karrfs sont dans
la salle de contrôle, les principaux
officiers, les opérateurs des salles
voisines ont pu se transférer, mais le
reste de l’équipage… »

Dans l’espace, Alex descendait vers la
planète, sa combinaison supportait la
température et la gravité, il voyait
toujours les continents par
intermittence, l’un, au nord, très
grand, qui descendait à peu près
jusqu’aux deux tiers de l’équateur, et
un autre, en bande autour de l’équateur
qui devait être, comme il l’avait
appris, à plus ou moins quinze degrés
de latitude, et c’est sur ce continent que
sa chute semblait le conduire.

« On dirait que je me dirige vers Dao !!

Plus rien dans l’espace, les vaisseaux
seraient-ils partis ?

Cette situation est hallucinante. »

Trois heures plus tard:

Akna: « Regardez ! Un petit point dans
l’espace, on dirait qu’il se dirige vers
nous, augmentez le starak(télescope) !

Oui, quelqu’un en combinaison, les
indépendants savent fabriquer des
combinaisons leur permettant de vivre
un certain temps dans l’espace, mais
j’ignore leur autonomie, suivez le
scrupuleusement, nous ferons actionner
le tobblesk(appareil émettant un
rayon de transfert) lorsqu’il ou elle, sera
à 100 kms. »

Il fallut attendre encore quatre heures
pour cela, Alex avait faim et commençait
sérieusement à faiblir, il avait du mal à
respirer.

« Je crains que ce soit trop tard, je ne
vais pas tarder à mourir, je ne descends
pas assez vite. »

C’est à ce moment là qu’un rayon bleu
l’enveloppa.

Akna: « Nous l’avons réceptionné, allons
voir Katzan. »

La Présidente et ses deux Ministres
descendirent trois étages pour se retrouver
dans un immense laboratoire, elles finirent
par voir le Docteur Katzan dans la seconde
salle, puis, quelques mètres plus
loin, Alex étendu dans sa combinaison.

Akna: « Alors, Docteur, dans quel état
est il ou elle ? »

Katzan: « Il, Madame la Présidente, il est
affaibli, mais vit encore, un sacré gaillard, un
tel parcours dans l’espace, même avec une
combinaison adaptée, je ne pensai pas que
ce fût possible. »

Akna: « Tout dépend de la qualité et de
l’autonomie de la combinaison, est-il
possible de lui parler ? » 

Katzan: « Personnellement
Madame, j’attendrai quelques minutes au
moins, il doit encore être sous le choc. »

Akna: « Bien alors attendons, c’est
visiblement un indépendant, mais je suis
pressée de savoir à qui j’ai affaire. »

Un peu plus tard, Alex ouvrit les
yeux, actionna sa cloche de métal pour
qu’elle réintègre sa place, essaya de lever
la tête, mais c’était encore un peu trop
tôt, par contre, il se remit à respirer
normalement.

Akna se dirigea vers lui:

« Comment vous sentez- vous ? »

Quelques secondes passèrent, puis:

« Assez mal, j’ai faim, essayé de lever la
tête, mais je n’y suis pas parvenu, où
suis-je ? »

Akna: « En tout cas, vous vous exprimez
fort bien, on dirait que vous parlez
parfaitement notre langue, comment
est-ce possible ? »

« Votre voix est très agréable, mais soyez
gentille, ne me posez pas trop de
questions pour le moment, j’ai encore
fortement mal à la tête. »
 
Katzan: « Si je peux me permettre, Madame
la Présidente, on doit pouvoir lui donner
à manger, lui faire faire un bon repas, cela
l’aidera à retrouver ses moyens, il sera alors
plus facile de parler avec lui, puis je me
proposer de l’examiner pour voir s’il est en
bon état ? »

Akna: « Faites donc, Docteur, puis rappelez
moi lorsqu’il sera en état. »

« Ce sera fait, Madame la Présidente. »

Alex: « C’est bien, Docteur, me donner à
manger et m’examiner me semble une bonne
solution, suis-je sur Dao ? »

Akna, Debra et Rhona, l’ayant
entendu, revinrent sur leur pas.

Akna: « Exact, vous êtes même à Deona, je
suis Akna Zarkhan, Présidente de Dao, et
vous, qui êtes-vous ? »

Alex: « Je ne suis pas encore en état de
vous présenter mes respects, Madame la
Présidente, je suis Dub-Norr, Lieutenant
dans les navigants. »

Akna: « Lieutenant ? Hm, alors vous devez
connaître le commandant du vaisseau
abattu et l’homme mystérieux ? »

Alex: « Le Commandant qui est
Colonel, oui, il s’appelle Akr Chek, j’espère
qu’il a pu se transférer, mais l’homme
mystérieux ?

Non, je ne vois pas. »

Akna: « Bon, Docteur Katzan, remettez
nous ce combattant en bon état et donnez
lui à manger, puis rappelez moi, ah, il m’a
l’air grand, vous le mesurerez. »

Revenue dans son bureau avec ses
auxiliaires la Présidente:

« Là, je suis songeuse. »

Rhona: « Ah oui ! Pourquoi ? »

Akna: « Cet homme, malgré son visage
très fatigué, est un bel
homme, grand, costaud, un simple
Lieutenant ?

Cela ne me paraît pas logique, il s’exprime
parfaitement, même avec une certaine
élégance, « Vous présenter mes
respects, Madame la
Présidente », classe, non ?

Dans notre langue qui, si nous pouvons
encore nous comprendre avec les
dakkiens et les indépendants, est
devenue plus élégante et évoluée que la
leur, ce qui n’a pas l’air de lui
poser un problème, on ne détecte
aucun écart de langage, avoir subi ce
qu’il a subi, lancé dans l’espace à au
moins 1000 kilomètres de notre
planète, et être encore en vie après
être descendu en chute libre durant des
heures, même avec une combinaison
spatiale…

Il serait l’homme mystérieux, que
cela ne m’étonnerait pas. »

Debra: « Moi non plus, Akna, cela ne
m’étonnerait pas, si nous reprenons
l’histoire récente, il apparaît près de
Dakkna, se fait mettre en prison, s’évade
aussitôt avec ce Commandant Akr
Chek, probablement passé Colonel à la
suite de son exploit, 18 vaisseaux
dakkiens, ils gagnent tous les deux
Narduk, puis il revient pour rechercher
ce tarpok(paysan) qui l’a hébergé durant
7 jours, toujours avec Akr Chek, oui, je
crois que c’est lui, il ne faisait pas partie
du groupe des indépendants, puisqu’il
vient d’ailleurs, mais comme il est
devenu copain avec Akr Chek, ce dernier
a voulu le garder dans son équipage de
navigants, et l’a fait bombarder
Lieutenant, il ne pouvait pas le mettre
plus haut que lui, et les indépendants 
n’acceptent pas facilement les nouvelles
recrues, selon leur politique, il faut
d’abord faire ses preuves, mais c’est un
bonhomme spécial qui a facilement été
accepté, pour moi, tout se tient, c’est
notre homme.

Akna: « Et toi, Rhona, qu’en penses-tu ? »     
  
Rhona: « Oui, pour moi aussi, l’analyse de
Debra me paraît bonne. »

Akna: « Eh bien, nous serons fixés dans
peu de temps, si nous prenions un
tarp(Bourbon)? »

Deux heures plus tard:

« Madame la Présidente ? »

« Oui Katzan, je vous écoute. »

« Eh bien je ne sais pas si vous allez me
croire, mais 10 minutes après votre
départ, notre homme a commencé à se
lever, puis il a retiré sa combinaison
spatiale, sans aucun effort
apparent, ensuite, il a mangé comme
quatre, et maintenant, il est en train de
marcher sur les mains dans tout le labo
en me disant:

« Merci, Docteur, de me confirmer que
je vais bien, je me sens en forme », puis
il fait d’autres acrobaties en me disant:

« Il faut que je m’entretienne
physiquement, croyez moi
Docteur, l’entretien physique, rien de
tel. », franchement, j’avoue que je ne
sais plus où donner de la tête. »

Akna: « Retenez le, nous descendons ! »

Akna: « Eh bien, mes amies, là, nous
sommes en face d’un drôle de client. »

Quelques minutes plus tard:

« Alors, cher Monsieur, ou plutôt cher
Lieutenant, visiblement, vous allez
beaucoup mieux, et votre tenue est plus
seyante, un sacré gabarit, vous devez
être de la même taille qu’Akr Chek. »

« En effet, Madame la Présidente, nous
sommes de même taille et de même
gabarit. »

Akna Zarkhan était une brune comme
Alex n’en avait encore jamais vu, des yeux
bleus, 5 pieds 11 pouces, des formes qui
feraient pâlir un saint, habillée avec une
superbe robe légère bleu turquoise qui lui
descendait à mi cuisses, et qui les faisait
encore ressortir davantage, une peau sans
défaut d’un joli bronzage, à moins qu’il
s’agisse d’une couleur naturelle, ce qui
serait encore mieux, c’était passablement
impressionnant.

« Alors est-ce vous qui avez été hébergé
durant 7 jours chez un tarpok, que vous
avez par la suite récupéré pour
l’emmener à Narduk. »

« Tarpok ?
Vous voulez parler de Zan-Karr ?

J’ai appris, Madame la Présidente, que
votre civilisation est nettement plus
avancée que celle des dakkiens, vous
venez de me le confirmer, oui, il s’agit
bien de moi. »

« Alors nous allons monter vers mon
bureau, car je crois que vous allez avoir
beaucoup de choses à me raconter. »

« Je suis à votre disposition, Madame la
Présidente. »

« Et poli avec ça, ce qui ne gâte
rien, suivez nous. »

Trois étages plus haut:

Akna: « Vous prendrez bien un tarp avec
nous ? »

Alex: « Bien sûr, Madame. »

« Bon, alors je me présente, Akna
Zarkhan, Présidente de Dao, voici
Debra Harknim, ma Ministre des
Armées, et Rhona Ordrakk, Ministre
de la Gestion Sociale, nous essayons
de gérer les gens de ce continent
avec justice et équité, nous veillons
à ce qu’aucun déonien ni aucune
déonienne ne soit dans le besoin, mais
nous sommes très méfiantes envers les
dakkiens, et nettement moins envers
les indépendants, je pense que
vous comprenez pourquoi. »

« Tout à fait, rien que votre nom, Madame
la Présidente, impressionne, votre
société est matriarcale, ce qui n’est
peut-être pas plus mal, gouverner les
gens avec justice et équité, et faire en
sorte que personne ne soit dans le
besoin, grand respect, ces nobles valeurs
vous honorent, et en plus, vous pouvez
avantageusement vous protéger de gens
peu recommandables comme les
dakkiens, du moins ceux qui les
gouvernent, parce que pour moi, les
autres ne sont que des victimes, les
indépendants sont nettement plus
valables, je crois qu’un jour, vous
pourrez vous associer avec eux. »

Akna: « Nous n’en sommes pas encore
là en ce qui concerne les
indépendants, mais nous leur
reconnaissons des valeurs, tout ce
que vous venez de me dire me
plait, mais j’aimerais en savoir
plus sur vous, d’où venez-vous ? »

Alex: « A l’impression que vous me
faites, je crois que je peux vous dire
la vérité, alors je m’appelle Alex
Sutter, je viens effectivement d’un
autre monde… »

Et Alex continua à tout lui expliquer
pour terminer par:

« Vous voyez, il me reste une quarantaine
de jours à rester dans ce monde, puis le
Phasotron me reprendra pour me ramener
sur Terre, ma planète, voilà, vous
savez tout. »

« Très bien, alors je suppose que vouloir
retourner sur Narduk ne signifie pas
grand-chose pour vous ? »

« J’aurais quand même voulu revoir
Zan-Karr, et savoir si Akr Chek s‘en est
sorti, mais pour le reste, vous avez
raison, mon destin est ailleurs.»

« Bien, Debra et Rhona, je vais
emmener Alex chez moi, nous avons
encore bien des choses à nous
dire, nous nous reverrons demain. »

Les deux femmes-Ministres quittèrent
le bureau de la Présidente avec un air
passablement dépité.

« Bon, Alex, tu es un très bel homme, et
tu me plais, c’est dommage que tu restes
peu de temps ici, mais autant en
profiter, il y a longtemps que je n’ai pas
eu de compagnon digne de ce nom, les
transferts spatiotemporels m’intéressent
beaucoup, mais quarante jours…

Je suppose que c’est nettement insuffisant
pour construire un phasotron, et
puis, il n’est pas sûr que tous les voyages
spatiotemporels soient valables, on peut
avoir de vilaines surprises, non?

Finalement, le mieux me paraît être de
profiter au maximum de ce court
délai, je crois que je vais faire une
délicieuse expérience. »

« Et moi, donc. »

« N’est-ce pas ?

Oui, j’ai vu que je te plais, cela
sera d’autant plus agréable. »

« J’ai vu que tes Ministres sont parties
avec regret. »

Akna se mit à rire: « Tu m’étonnes, elles
aimeraient bien être à ma place, et pas
uniquement pour la Présidence, elles
retrouveront vite le sourire
quand, malheureusement, tu seras parti. »

« Je vois qu’il y a une justice dans la
distribution des rôles. »

« N’est-ce pas ? 

Quel âge as-tu ? »

« 35 ans, et toi ? »

Akna rit de nouveau:« Presque le
double, 67, je pourrais être ta mère, nous
ne vieillissons pas jusqu’à notre
mort, qui se situe au niveau des 200 ans. »

« Une jolie femme comme je n’en ai
jamais encore vu, âgée de 67 ans, nous
sommes dans le fantastique, mais moi
aussi, il me reste 120 ou 130 ans à vivre
sans vieillir, du moins théoriquement. »

« Ah, dans votre monde aussi ? 

Vous disposez de prolongateurs de Vie !!

Oui, finalement, c’est logique, avec le
spatiotemporel, tu viens d’une
civilisation très avancée, qui doit
également voyager dans l’espace. »

« Oui, enfin pour les voyages dans
l’espace, nous ne sommes pas très
avancés, nos cosmonautes sont allés
sur notre satellite, la Lune, puis sur
Mars, une planète voisine, mais pas
plus loin, seul mon ami et chef est
quelqu’un de très avancé, il s’appelle
Cornelius Manning, c’est lui, l’inventeur
du phasotron, mais il travaille en
secret, avec des androïdes qu’il a
aussi fabriqués. »

« Cornelius Manning, j’aime bien, il
est beau ton chef ?

Et que sont les androïdes ? »

« Oui, il est très beau, pour les
androïdes, je vais t’expliquer…. »

« Extraordinaire, ils ont l’air humain, et
se comportent comme des humains ?

Mais ils ne mangent pas et n’ont pas de
sexe  d’après ce que tu m’as dit, ils ne
dorment pas non plus, comme
serviteurs, ils sont très intéressants, pas
besoin de les entretenir, ils se rappellent
de tout, peuvent tout faire, je crois que
je vais sérieusement me pencher sur
cette question, notre technologie doit
pouvoir nous le permettre, cela pourrait
nous faciliter la vie encore bien
davantage, c’est carrément génial.

Bien, nous allons à mon appartement
qui est à l’étage au dessus, histoire de
prendre un tarp, et de nous connaître
un peu mieux, si tu vois ce que je
veux dire. »

« Tout à fait, avec le plus grand plaisir. »

« N’est-ce pas? »

Et elle se remit à rire.

Deux heures plus tard:

Akna: « Wow ! Quelle expérience !

Merveilleux, j’aimerais bien posséder
une sorte d’antiphasotron qui
t’empêcherait de partir. »

« Je crois que moi aussi, j’aurais aimé
que tu le possèdes. »

« Suis-je ta meilleure expérience ? »

« Oui, et de loin. »

« Bon, nous allons nous faire servir un
excellent dîner, puis observer si tout
se passe bien dans Deona, avant de
passer une bonne nuit, tiens, avec
le tarp, tu vas prendre ceci. »

Elle lui tendit une pilule, il la regarda d’un air
interrogatif.

« Oui, elle va multiplier tes moyens, tu
vois lesquels…

Tu pourras en prendre une par jour sans
risque à partir de demain, nous allons
nous éclater. »

« Et tes responsabilités de Présidente ? »

« Oh, ne t’en fais pas pour ça, j’ai deux
autres atouts dans ma poche, qui
commenceront par surveiller mes deux
copines, et qui s’occuperont des affaires
courantes, nous ne craignons rien de
l’extérieur, et nos gens à Deona sont
tranquilles, aucun problème.

Je vais appeler pour commander à
dîner. »

« Je vais aux toilettes. »

Alex en profita pour réfléchir:

« Alors là, c’est encore 10 fois Etna et
100 fois Samira, intensité
incomparable, les pilules, c’est
bien, mais vais-je tenir le coup…

Elle ne va pas me lâcher d’un pouce, et
40 jours, c’est long, même lorsque c’est
particulièrement agréable, jamais je n’ai
eu quelqu’un comme elle…

Ca, c’est un coup à me faire devenir moine. »

Boire, manger, faire l’amour, dormir, les
40 jours passèrent à la vitesse de
l’éclair, Alex se trouva au jour de son
départ, qui aurait lieu dans quelques
minutes, il n’avait pas précisé l’heure à
Akna qui prenait une douche lorsque
cela se produisit.

Comme d’habitude, attendu par
Cornelius, Adrian et Laura, il leur
raconta tout.

Cornelius:« Eh bien mon vieux, une au
premier voyage, deux au second, un
jour, tu vas nous revenir complètement HS.

Une Présidente ! On ne se refuse rien, pour
le reste, Dakkna, sans intérêt, les
indépendants, bof !

Tu n’étais pas tombé dans la bonne
section, et comme tu l’as dit, le délai
était trop court, et à Deona, en
somme, c’est une civilisation un peu
plus avancée que nous dans les
détections et dans le spatial, mais
pour le reste…

Je me demande si ça vaut le coup de
poursuivre ?

Oui, peut-être mais ce sont des
androïdes que nous devrons former
au combat…» 


-----***-----    
 















 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 11:57 (2017)    Sujet du message: Publicité

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