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L033

 
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Kr
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Messages: 135

MessagePosté le: Dim 1 Oct - 12:00 (2017)    Sujet du message: L033 Répondre en citant

La Terre en 2180 comporte 10 milliards
d’habitants répartis en 6 nations:

- Les USA occupant également l’Amérique
du sud et l’Australie.

- L’Europe, composée d’une trentaine de
pays, mais totalement unifiée.

- La Russie, ayant reprise toutes ses
anciennes provinces.

- La Chine, occupant tout le reste de
l’Asie, y compris le Japon et les Philippines.

- Le S.A.U.(Sultanat Arabe Uni) constitué
de tous les anciens pays arabes, y compris
ceux de l’Afrique du nord et la Turquie.

- L’U.A.I.(Union Africaine Intégrée)
regroupant le reste de l’Afrique y compris
les îles environnantes.

Tout ce beau monde parle anglais, et
utilise le Dollar.

Les craintes climatiques du siècle précédent
ne sont plus de mise, des progrès
considérables en maints domaines ont été
obtenus durant la dernière centaine
d’années, les gens, qui peuvent espérer vivre
jusqu’à 120 ans, ont pratiquement tous un
domicile, mangent à leur faim, les chômeurs ?

Composés d’indépendants plutôt aventuriers, et
de jeunes qui n’ont pas encore d’emploi, sont
dans une proportion inférieure au un pour mille.

L’espace est plus que jamais surveillé, certains
privilégiés peuvent voyager dans le système
solaire, et même dans une partie de la ceinture
de Kuiper, mais atteindre, voire dépasser la
vitesse/lumière, n’est pas encore pour demain.

Les six gouvernements pensent à terra former
Mars et la Lune, mais le coût astronomique de
telles opérations, techniquement
réalisables, reporte les projets d’années en
années, et ce n’est peut-être pas la seule
raison.
 
Les six pays disposant d’une puissance
comparable à tous les niveaux, les conflits
sont devenus pratiquement inexistants, alors
que les relations commerciales et autres
coopérations tendent vers un maximum, on
peut acheter n’importe quoi, n’importe où, et
être livré sous 48 heures.

Quelques scientifiques, dans chaque pays
auquel ils appartiennent ou vivent, bénéficient
de privilèges particuliers tels qu’une rétribution
par le gouvernement local, une satisfaction de
toute demande en matériel de
pointe, logement, alimentation, boissons, eau
et  électricité, chauffage, parmi bien d’autres
choses, car il s’agit de chercheurs et de leur ou
leurs Assistant(s), ces génies procèdent dans le
domaine des dimensions et autres univers
parallèles.

Ces cas particuliers bénéficient du fait que les
recherches spatiales piétinent à cause de la
limite/lumière, et de quelques autres
techniques restant à maîtriser, l’humanité
n’est pas devenue plus raisonnable que par le
passé, elle s’est simplement retrouvée, au
siècle précédent, dans une situation de survie
obligatoire exigeant une complète solidarité de
tous, mais maintenant, alors qu’elle est dans
une relative sécurité, l’esprit de compétition
reprend progressivement le dessus, chaque
pays aimerait bien être plus avancé que ses
voisins, et tout le monde, particulièrement les
gouvernants, pensent aux éventuels bénéfices
des recherches d’ordre dimensionnel.     

Dans un vaste laboratoire en sous-sol à
Munich, pas vraiment secret, mais totalement
protégé de toute ingérence, et seul connu des
Autorités, un certain  Hermann Fehrenbach, 65
ans Professeur et génie et son assistant, Baldur
Kupfer 32 ans, s’apprêtent à tenter une
expérience dans le domaine des mondes
parallèles.

Le Professeur, inventeur du
Transdev, abréviation de transfer
device, ou appareil de transfert, vient de
le terminer après 20 ans de travail acharné.

Son Assistant depuis 5 ans, ancien brillant
élève d’une Faculté de Sciences, ancien
sportif passé maître dans les arts martiaux
et autres formes de combats, expert en
maniement d’armes, solide gaillard de près
de deux mètres.

« Bien Baldur, allons déjeuner, après un petit
apéritif, bien sûr, vodka pour vous ? »

« Oui, Professeur, je vais servir, toujours un
Bourbon ? »

« Comme d’habitude, alors maintenant, nous
sommes au pied du mur, le Transdev est
opérationnel, en partie grâce à vous, nous
avons maintes fois tout revérifié, il ne nous
reste qu’à procéder. »

« En effet, et là, j’ai une angoisse, c’est pour
demain ? »

« Oui, Baldur, c’est pour demain, vous êtes
un sacré gaillard, mais je comprends votre
souci, pendant un an, vous allez vous retrouver
dans un monde parallèle, normalement
identique au nôtre, si la Théorie de
Schwarzschild est exacte, et si notre appareil
fonctionne, je sais que nous sommes les
premiers à tenter une telle expérience, vous le
savez aussi, dans les autres pays, d’autres
appareils sont en cours, mais pas encore
opérationnels, probablement avant des années. »

« C’est sûr, Professeur, des génies comme
vous, ça doit se compter sur les doigts d’une
main, et encore… »

« Pas sûr, Baldur, je ne pense pas monopoliser 
le génie, il doit y en avoir d’autres, mais il est
vrai que dans ce domaine, nous avons un peu
d’avance, si monde parallèle il y a, je me
demande d’ailleurs où ils en sont, mais
j’aurai la réponse à votre retour. »

« Si je reviens, je crois que je vais prendre
plusieurs vodkas. »

« Tiens, moi aussi, deux ou trois Bourbons, je
ne dis pas non, vous savez comme moi que si
nous avons une vie agréable, et bénéficions
de pas mal de privilèges, ce n’est pas sans
retour, les Autorités attendent de nous des
résultats, ils font, en quelque sorte, un
investissement à long terme, si les cours sont
bons, cela les encouragera à nous maintenir
pour un temps indéterminé, bien sûr, vos
deux ou trois petites copines, il va falloir les
oublier durant cette période, mais il se
pourrait que vous en trouviez d’autres
sur place. »

« Ce n’est pas ce qui me préoccupe le
plus, Professeur, dans un monde
parallèle, normalement, il ne devrait pas
y avoir plus de danger qu’ici, mais ma
situation y sera plus difficile pour
deux raisons:

- Là bas, je ne serai pas assistant de
laboratoire, et je risque de tomber dans
un endroit peu approprié. »

- Il se pourrait qu’il y ait un problème
d’identité, surtout si mon sosie existe, et
porte le même nom que moi. »

« C’est vrai que d’ici, nous ne disposons
d’aucun moyen susceptible de vous aider, et
il se pourrait qu’il y ait quelques petites
différences, ce qui, en un sens, ne serait
peut-être pas plus mal, mais débrouillard
comme je vous connais, je sais que vous
vous en tirerez bien. »

Baldur pensa: « Vous en parlez à votre
aise, Professeur, mais le cobaye, c’est
moi. », puis:

« Bah, on verra bien, trinquons, Professeur. »

« Oui, à notre réussite, tiens ! »

Le lendemain:

« Prêt, Baldur ? »

« Prêt, Professeur. » 

Fehrenbach appuya sur un bouton, et
Baldur disparut.

Peu après, il se retrouva dans un lieu qui
ressemblait étrangement à celui qu’il venait
de quitter, devant une machine qui paraissait
pas entièrement terminée, donc pas
opérationnelle, mais que l’on aurait pu
prendre pour un transdev en cours de
finition, il était stupéfait, mais il n’eut
pas le temps de se remettre de sa
surprise, car quelqu’un l’interpela:

« Mais !! Qui êtes-vous, et que faites-vous
ici ?

Professeur ! Venez voir, nous avons un
intrus. »

Quelques secondes plus tard:

« En effet, bonjour jeune homme, je crois
que mon Assistant vous a posé deux
questions auxquelles vous devez répondre. »

Baldur: « Vous avez raison, il est normal que
vous soyez surpris de ma visite, je vois que
vous faites les mêmes recherches que
nous, alors je vais vous expliquer… »

Et c’est-ce qu’il fit pour terminer par:

« Je ne pensais pas que ce monde soit à ce
point parallèle au nôtre, j’ai l’impression
d’être chez moi d’il y a trois ou quatre mois. »

Les deux hommes se regardèrent
interloqués, puis:

« C’est extraordinaire, vraiment
fantastique, alors ainsi, vous venez d’un
monde parallèle au nôtre, bon alors je
suis le Professeur Slavomir Novotny, et
voici mon assistant, Radek
Vesela, ainsi, vous êtes l’assistant d’un
Professeur, Hermann Fehrenbach ?

C’est ça ? »

« Tout à fait, Professeur, et Radek Vesela
est, en quelque sorte, mon double ici. »

Vesela était un gaillard comparable à
Baldur, et Slavomir Novotny ne
ressemblait pas vraiment à Hermann
Fehrenbach, mais était à peu près de
même taille, portait la même sorte
d’habits et de lunettes. »

Vesela lui serra la main et:

« Content de vous connaître, Baldur, vous
venez de faire ce que je m’apprête à subir
dans trois ou quatre mois, lorsque notre
transdev sera terminé, mais je vais laisser
le soin à mon Professeur de vous expliquer
notre situation ici, car il se pourrait que
cela ne soit pas facile pour vous par
la suite. »

Novotny: « En effet, avez-vous déjeuné ?

Oui, alors rien ne nous empêche de boire
quelque chose, on vous sert quoi ? »

Baldur: « Une Vodka, si vous avez. »

Novotny: « Bien sûr que nous en avons, et
de la bonne, à votre aspect, et selon votre
goût en boisson, vous devez venir de la même
zone que nous, nous sommes à Prague, et
vous ? »

« Munich, histoire de 400 kilomètres, c’est
ça ? »

« Exactement, bon, on va
s’asseoir, Baldur, j’aurai sûrement pas mal
de choses à vous expliquer, on fait un break
pour aujourd’hui, Radek, allez nous chercher
un whisky et deux vodkas !

Oui, Baldur, non seulement Radek est quelqu’un
dans votre genre, mais il aime aussi la vodka.

Ainsi, vous devez rester un an dans
notre monde ?

S’il n’y avait que nous, puisque vous êtes, en
quelque sorte, des nôtres, on pourrait vous
garder un an ici, afin que vous puissiez repartir
tranquillement, mais il y a quatre bémols
à cela:

- Peut-être préférez-vous tenter votre chance
dehors, devez-vous revenir impérativement
ici, ou alors votre transdev pourra vous
récupérer n’importe où ?

- Nous sommes payés par notre gouvernement
central, mais ils ne sont pas particulièrement
généreux, une personne de plus en
alimentation et en boissons, ils nous
demanderont pourquoi, cela ne serait pas
difficile à expliquer pour nous, mais
vous, risqueriez d’avoir des problèmes.

- A l’extérieur, il vous faudra travailler, ça
aussi, ça ne sera pas  simple.

- Le cas de votre identité, surtout si vous avez
un sosie qui, en plus porterait le même
nom, là aussi, cela peut faire désordre.

Mais je pense que vous vous doutez de tout
cela, je vais vous laisser le soin de me
répondre avant de vous donner un maximum
d’informations sur le fonctionnement de
notre société, et peut-être, de vous apporter
une première aide ? »

Baldur: « Ne vous faites pas de
souci, Professeur, je me débrouillerai, il est
sûr que pour que mon expérience soit
satisfaisante pour mon Professeur, il est
préférable que j’apprenne à connaître votre
civilisation à l’extérieur, plutôt que de rester
cloitré ici, et puis, non seulement il n’est pas
question de vous gêner, mais le transdev
pourra me reprendre n’importe où. »

Novotny: « Alors c’est une bonne chose, je
pense que pour Radek, le cas sera le même
bientôt, le transdev pourra le reprendre où
qu’il soit, je ne peux qu’apprécier votre
intention de ne pas nous gêner, nous allons
prendre le temps de vous donner le maximum
d’informations sur notre société, et sur notre
système,  vous passerez quelques jours
ici, pour l’alimentation, pas de problème, pour
dormir non plus, nous allons envisager tous
les cas pour vous faciliter les choses, vous
pourrez aussi piocher des infos sur l’un des
deux computers là-bas, et en plus, il se
pourrait que Radek puisse profiter de
votre expérience, car vous pourrez revenir
ici de temps à autre, l’accès n’est pas
facile, mais je vous expliquerai l’astuce… »

Radek: « Pour moi, le principal problème
est son identité, s’il y a moyen de le
résoudre, le reste sera facile pour lui, surtout
si, comme je le pense, il sait bien utiliser un
computer, à mon avis, la première chose à
rechercher est s’il a un sosie vivant, qui
porte le même nom, avez-vous un document
d’identité, Baldur ? »

« Bien sûr, le voici. »

Il sortit une carte plastique codée, avec photo.

Novotny:« Hm !  Les codes sont différents, et
cela me fait penser à une vieille carte, nous
en avons eus d’analogues, mais il y a plus
d’un siècle, celle-ci ne passerait pas un
contrôle, nous allons devoir creuser
cette question. »

Le professeur et son Assistant se mirent à
rechercher, sur chaque computeur, si Baldur
avait un sosie encore vivant, au bout d’une
heure: 

Radek: « Oui, alors, Baldur, en quelle année
êtes-vous dans votre monde?

Ici, on est en 2318, alors que vous êtes
né, d’après votre carte, en 2148 ? »

« J’ai 32 ans, chez nous, on est en 2180. »

Novotny: « Alors il y aura des petites
différences, près de 140 ans d’écart, bien
des évènements peuvent se produire dans
cet intervalle, à commencer par la cas de
votre sosie, qui a effectivement existé, mais
est décédé en 2296, à l’âge de 148 ans, ce
qui est à peu près la durée de vie moyenne
chez nous, d’après les données, c’était
d’abord un brillant étudiant, puis un
sportif, avant de faire carrière en
politique, c’est sûr, il a bien vécu, mais son
nom, c’est-à-dire le vôtre, est archi
connu, puisqu’il a été Ministre, son
physique, étant passé dans les
oubliettes, vu le temps, si quelqu’un
faisait un rapprochement, vous seriez
considéré comme un descendant à six ou
sept générations, donc aucune inquiétude
de ce côté, le bémol est dans la constitution
d’une carte, avec un autre nom, un double
codage hexadécimal, à partir duquel on
pourrait lire tout votre parcours, et les
gens qui peuvent le faire sont nombreux:

-Politiciens, financiers, banquiers, médecins
et policiers c’est-à-dire 13% de la
population, cela fait trop de monde, mais
je crois que Radek pourrait trouver une
autre solution, Radek ? »

« Oui, Professeur, mais pour ça, il me
faudra revoir un ancien copain qui est passé
par là, je l’ai revu il y a à peu près six
mois, il m’a donné une adresse, et j’espère
qu’il y habite encore, à ce moment là, je
prévois un rendez-vous avec Baldur pour
que Ctibor lui explique le topo, je peux
même le contacter, ce qui serait encore
mieux, en attendant, le plus urgent est de
lui expliquer d’abord comment on fonctionne. »     

Novotny: « Très bien, plus tard, Baldur, vous
nous expliquerez dans quel type de société
vous vivez, il se pourrait qu’elle soit analogue
à la nôtre d’il y a 150 ans, bien que vous
soyez plus avancés que nous dans les
transdevs, vous venez de nous démontrer
que les mondes parallèles existent bien, mais
il est probable que leurs développements
respectifs ne soient pas toujours absolument
identiques, commençons par une brève
description de notre système:

Nous vivons dans un système
solaire, comportant 8 planètes, nous
sommes sur la troisième que nous appelons
la Terre, les autres sont:

Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus
et Neptune… »

Baldur: « Même système et mêmes noms
chez nous. »

« Bon, notre échelle de temps étant proche
de la vôtre, elle doit avoir la même cause, la
naissance d’un certain Jésus Christ ?

Oui, c’est le cas, bon, alors voilà la suite:

Nous sommes en 2318, un seul
pays, L’USW, United States of the World.

Capitale: Prague,  monnaie: Le stellar
Langue: L’anglais.

12 milliards d’habitants, humains de
différentes couleurs, noirs, jaunes, plus
ou moins blancs.

Pas de chômeurs, tous les adultes des
deux sexes sont actifs.

Partant d’une certaine soi-disant statistique
établie il y a cinq ans par un certain Folder:

Les gens gagnant 1000 stellars/Mois ont
droit à un studio qui leur coûte 330
stellars/mois, c’est la  vie d’un smigard.

Ceux qui gagnent 1200 stellars/mois ont
droit à un 2 pièces pour 400 stellars/mois, vie
dite moyenne de la moitié des gens.

A 1500 stellars/mois, permettant
l’attribution d’un 3 pièces pour 500
stellars/mois, on estime que c’est le
début d’une vie aisée.

Les exceptions à la règle, représentée par
divers privilégiés, sont les suivantes:

1% travaillant dans la politique et les
Lois 3000 stellars et plus.

1% Dans les finances et contrôles  2000
à 15000 stellars.

2% Dans les Banques                  1500 à
7000 stellars.

1% En recherches spatiales et scientifiques
2500 à 10000 stellars.

1% Dans recherches medicales 2500 à
6000 stellars.

2% Hôpitaux, médecins, soins,   2000 à
8000 stellars.

1% Artistes, sportifs autres spectacles 
2000 à …. stellars.

2% production entre 1800 et 10.000 stellars.

3% Armée et police   1500 à 5000 stellars.

2% Entretien, Ecologie  1200 à 3000 stellars.

2% Restos et alimentation  1800 à
5000 stellars

1% Autres activités  1500 à 4000 stellars.

1% Gardiens de malades, désaxés, etc, 1200
à 1500 stellars logés/nourris.

Ce qui représente 20% de la population
active.

Pour les 80%  restants, tous travaillent sur
des computers, d’après un système appelé
Résonet, qui pourvoit toutes sortes
d’informations.

Mais là, les salaires ne sont pas évidents, les
aptitudes des gens pouvant être variables
sur l’utilisation d’un computeur, certaines
personnes peuvent gagner pas mal
d’argent, alors que beaucoup d’autres
atteignent difficilement 1000 stellars/mois.

Notre durée de vie moyenne est de l’ordre
de 150 ans, nous vivons dans une société
dite démocratique, mais dans laquelle un
contrôle strict sur l’identité de chaque
individu est exercé, ne serait-ce qu’en
fonction d’un rapport entre les naissances
et les décès qui doit être de 1, une
augmentation de la population serait hors
de question, vous remarquerez que le plus
fort pourcentage dans les exceptions
représente l’armée et la police, ce n’est pas
sans raisons… »

Radek: « Justement, excusez-moi de vous
interrompre, Professeur, mais puisque nous
parlons de ça, la dernière catégorie, celle
des Gardiens de malades, de fous et autres
désaxés, est la catégorie qui va intéresser
Baldur, oh, ce ne sont pas des gros
privilégiés, et ils font un sale boulot, dans
lequel il faut être costaud et savoir se
battre, certaines journées sont parfois
plus que difficiles, mais c’est dans la seule
activité qui permet un changement
d’identité, ceci, pour des raisons historiques
que Baldur pourra lire dans le
computeur, voilà pourquoi je veux qu’il
rencontre Ctibor, qui a été Gardien pendant
un an, suite à des problèmes avec la
police, maintenant, plus de soucis pour
lui, il bosse dans l’alimentation.

D’après ce que je sais, il suffit d’avoir
exercé comme gardien pendant au moins
trois mois, pour avoir droit à une nouvelle
identité, dans laquelle les hexadécimaux
le retraceront comme ex gardien, et rien
d’autre, mais Ctibor pourra lui expliquer
diverses astuces permettant d’éviter des
jours-galère. »

Novotny: « Excellent, si vous pouvez le
contacter, faites-le dès cet après
midi, maintenant que Baldur connaît la base
de notre système, le reste ne devrait pas
causer de difficulté. »

Baldur: « J’en suis sûr, gardien ?

Pas de problème, pendant que je suis chez
vous, je pourrais peut-être vous aider à
terminer votre transdev ? »

« Si Radek rencontre des difficultés, ce
dont je doute, je ne dis pas non, mais il me
semble préférable de vous reposer, car le
boulot de gardien risque quand même de
vous donner du fil à retordre.

Reprenons un pot, après, on va déjeuner. »

Radek: « Je vais appeler Ctibor ce soir, vers
18 ou 19 heures, le déranger dans son job
risque de faire désordre, et de toute
manière, il n’aura pas un jour de libre avant
quatre jours, alors on a le temps. »

Ils déjeunèrent, puis Radek:

On va se prendre un digestif, vous fumez ?

Chez nous, on sait fabriquer du tabac qui a
bien le goût de l’ancien, mais sans
aucune nocivité. »

« Oui, je suis un fumeur occasionnel, après
ou pendant un bon apéro ou un bon
digestif, je ne dis pas non, par contre, chez
nous, on n’a pas encore réussi à supprimer sa
nocivité, ce qui explique que nos gouvernements
font réduire les productions, et que les pubs
anti-tabac ne manquent pas.

Chez nous, on est à la retraite à partir de
80 ans, durée moyenne de vie 120 ans, vous
vivez plus longtemps, la retraite existe chez
vous ? »

Novotny: « Oui, elle existe, et a été portée
l’année dernière à 120 ans, Radek et
moi, avons le temps d’y penser. »   

Il avait 58 ans, et son Assistant 37 ans, tous
deux avaient effectivement le temps de voir
venir et pensaient surtout à être maintenus
le plus longtemps possible dans leur activité
actuelle.

Le Professeur était veuf, sa femme, une
astronaute, avait perdu la vie dans un
accident spatial quelques années
auparavant, parmi 140 personnes, dans un
astronef qui avait rencontré une
météorite, faute technique?

Humaine ?

L’affaire avait été rapidement classée, laissant
pas mal de questions en suspens.

Radek avait une petite amie, Anita, qu’il
voyait de temps à autre, il parvint à contacter
Ctibor dans la soirée, pour un rendez-vous
dans un bar du centre-ville dans 5 jours.

Baldur mit ce temps à profit pour utiliser
un computeur et apprendre le plus de
choses possibles sur ce monde.

Le jour du rendez-vous:

« Salut Radek, salut Baldur, enchanté de te
connaître, alors il paraît que t’es un pote à
Radek, et que tu as eu des problèmes avec
la Justice, soi disant pour un vol ?

Tu n’as pourtant pas le style à ça, coupable
ou innocent, je m’en fous, tu veux devenir
gardien pour changer d’identité ?

Ca peut se faire, je n’ai qu’une comm à
passer pour que tu débutes dès
Lundi, c’est-à-dire après-demain, tu m’as
l’air balèze, mais sais-tu te battre ? »

Baldur: « Oh ca, oui ! Je suis même un expert. »

« Alors tu ne devrais pas avoir de
problème, mais il faut que je t’explique
quelques trucs:

- D’abord, tu auras des chefs, titrés
gardiens-chefs et reconnaissables à un
carré jaune sur leur chemise, leurs ordres
sont à suivre scrupuleusement si tu ne
veux pas être mal vu ou viré.

- Ensuite, si les malades ne posent
généralement pas de difficultés, il n’en
est pas de même des certains fous ou
désaxés, qui peuvent être violents, et
certains sont forts, et rapides, ils ne
préviennent pas.

- Tu t’en sortiras si tu es constamment sur
tes gardes, mais les chefs, ou ton chef
direct, t’interdiront de leur causer des
dommages, tu auras le droit de les
immobiliser, éventuellement pour appeler
l’aide des tes collègues, ou à la rigueur de
les assommer, mais sans laisser de traces
aux analyses postérieures, autrement, il
sera considéré que tu as mal fait ton boulot.

- Attention aux jalousies internes, au
début, ce ne sera pas le cas, car tu auras
la zone que personne ne souhaite, la plus
dure, mais si tu décides de rester pour
devenir chef, dès que tu auras, par
l’ancienneté, une meilleure zone, ça ne
plaira pas à tout le monde.

- Si tu as seulement un chef direct, ce qui
sera le plus probable, analyse ses
caractéristiques, s’il aime boire des
coups, il faut l’accompagner, s’il a des
idées, mêmes baroques, il faut avoir les
mêmes, enfin, faire en sorte d’être bien avec
lui, ça facilitera considérablement les choses.

- Les horaires ?

Alors réveil à 7 heures, petit déjeuner à
7.30 heures, travail de 8 heures à midi, deux
heures de pose déjeuner, reprise du boulot
de 14 à 19 heures, dîner puis autorisation
de sortir le soir, mais attention, évite de
trop boire, tu auras une chambre sur
place, pas terrible, mais meilleure qu’une
prison.

Tu auras un jour par semaine de libre, à
déterminer avec tes collègues et à faire
enregistrer par ton chef, ce ne sera
sûrement pas le Dimanche, réservé aux
chefs de famille.

- Au bout de 3 mois de présence, si tu le
demandes, il te sera établi une carte
d’identité au nom que tu voudras, avec
des hexadécimaux vierges, mais qui
deviendront actifs à partir de ta période de
gardiennage, pour moi, c’est le seul
avantage, si j’avais pu ne faire que trois
mois, j’aurais été vachement content, mais
la moindre sanction policière ou de
Justice, justifiée ou pas, oblige à un
minimum d’un an.

Dans ton cas, si c’est ça qui t’intéresse, il
te suffit de démissionner dès que tu as ta
carte, et le tour est joué, mais encore une
chose, là, si ta nouvelle carte te permet de
vivre peinard, lorsque tu rechercheras un
autre boulot, certains d’entre eux ne te
seront pas autorisés, par exemple:

- La politique, les finances, les banquiers et
les médecins, les militaires, la police, en bref
tous ceux qui sont plus ou moins reliés au
contrôle des hexadécimaux.

Par contre, le commerce, l’alimentation
comme pour moi, l’écologie et l’entretien de
zones, pas de problème, à toi de te démerder.

Voilà, c’est à peu près tout, c’est pigé ?

Oui, alors on fait quoi ? »

Baldur: « C’est bon pour moi pour Lundi. »

« Ok, alors je rappelle Radek demain, lui file
l’adresse, il faudra être sur place Lundi matin
à 8 heures tapantes, personne ne te posera
de questions, ils manquent de gardiens, un
de plus est le bienvenu, mais comme tu dois
t’en douter, à part les fins de contrat d’un an
qui ne rempilent pas, la plus part des autres
s’en vont au bout de trois mois, en dépit
d’un poste de chef qui peut être proposé aux
meilleurs, ou jugés tels, au bout de 2 ans de
présence, car les chefs, c’est cool, à part
donner des ordres, ils ne s’occupent de rien, chez
eux, les effectifs diminuent beaucoup moins.

Tu n’auras pas besoin d’avoir une carte sur
toi, surtout si elle peut être gênante, voilà, il
ne me reste qu’a te souhaiter bonne
chance, mon pote, et tu pourras les saluer de
ma part, ça te fera un petit plus, j’avais
bonne cote.

A la revoyure. » 

Ctibor les quitta rapidement, Radek:

On s’en reboit un ? On a le temps…

Ouais, Ctibor est parti rapidement, car il a
une nénette avec laquelle il part hors de
Prague tous les week-ends, car
maintenant, il a deux jours de congés par
semaine, le veinard, Samedi et
Dimanche, comme dans la plus part des
professions répertoriées, et il gagne plus
de 2000 stellars par mois, ce qui est déjà
bon, on a été camarades d’école, les
petites classes avant la fac, on s’entendait
bien tous les deux pour filer une volée aux
autres durant les récréations, on se revoit
plus ou moins régulièrement depuis, mais
même lui ne sait pas ce que je fais en
réalité, il sait que je suis Assistant de
labo, mais pas dans quel genre de
recherches, cela doit être tenu secret.

Tiens ! Justement, quand on rentrera, je
te montrerai la combine pour accéder à
notre labo, on ouvre une lourde porte
métallique à la voix, avec un code
secret, une fois dedans, nous ferons
enregistrer ta voix. »

Le week-end se passa calmement pour
Baldur, qui ne perdit pas son temps, de
longues heures sur le computeur pour
connaître les différences entre les deux
systèmes, les dernières inventions dans
ce monde, les noms des principaux politiciens
gouvernants, des derniers évènements, parmi
d’autres choses, puis il se plaça dans un
schéma mental de gardien, se remémora tout
ce que Ctibor lui avait dit, ce qui lui permit
de mettre au point une sorte de stratégie
afin d’exercer dans les meilleures
conditions, carrément assommer un fou
sans dommages ?

Facile pour un Maître des arts martiaux
qui connait par cœur tous les points
dangereux.

Le Dimanche soir, Novotny:

« Bon, Radek, préparez nous un bon apéro
et un bon dîner, histoire de fêter le départ
de notre ami comme il se doit, j’ai
réfléchi, Baldur, à la suite de vos trois mois
de gardien, il vous restera neuf mois à
passer, peu avant le départ de Radek pour
une première expérience, d’après ce que
vous nous avez dit, le domaine des
recherches scientifiques n’est pas visé par
une interdiction d’exercer avec votre
nouvelle identité, nous, les
chercheurs, sommes toujours dans
l’ombre, les gens ne nous connaissent
pas, et c’est tant mieux, vous pouvez
donc, si vous le voulez, rester avec moi
jusqu’à votre départ, bien sûr, je n’aurai
plus grand-chose à faire à ce moment là, à
part d’autres recherches qui vous
intéresseront peut-être, vous pourrez
sortir quand vous voulez, ne serait-ce que
pour vous trouver une copine, ou un truc
de ce genre, par contre, même s’il n’y a pas
de contre-indication en cas d’éventuel
contrôle des autorités, il ne me sera pas
possible de vous déclarer comme
Assistant, mais je pourrai vous donner de
l’argent, vous n’en manquerez pas, cela
vous permettra de continuer dans ce qui
vous intéresse et ce qui rapproche le plus
de vos habitudes, et cela aurait un autre
avantage, notre quota alimentaire serait
maintenu, qu’en pensez-Vous ? »

« Cela peut-être une bonne idée, ne
pourriez-vous me déclarer comme homme
d’entretien dans votre labo?

C’est d’ailleurs ce que je ferai en l’absence
de Radek, j’ignore combien c’est payé, mais
cela vous éviterait d’avoir à me donner de
l’argent, surtout si j’en économise durant
ma période de gardien ? »

« Hm, entretien ? Ça débute à 1500
stellars, ce qui n’est pas mal, oui, vous
déclarer comme tel est tout à fait
possible, par ailleurs, les autorités savent
où j’en suis, et que je prévois de faire
partir Radek dans peu, ils comprendront
que mon labo nécessite un minimum
d’entretien et sachant que ça fait partie
des tâches habituelles d‘un Assistant, qui
gagne au moins le double, ils ne seront
pas surpris de vous voir là si vous êtes
officiellement déclaré, on peut prévoir
ça, vous aurez un job ici, dans trois
mois, je m’en occupe. »

Radek: « Ben, c’est plutôt bon, tout ça, il
me reste à espérer que je bénéficie des
mêmes possibilités dans un autre monde
parallèle. »

Le lundi matin, Radek:

« Bon, mon ami, je ne sais pas si je vous
reverrai, peut-être que mon Prof va retarder
le départ exprès, bonne chance en tout cas. »

Baldur: « D’après ce que j’ai vu de votre
transdev, et je parle en connaissance de
cause, il ne sera pas terminé avant quatre
mois, alors ne vous faites pas de souci, nous
nous reverrons. »

Sur les lieux, dans le bureau du
gardien-directeur.

« Je suis Stavrov, gardien-directeur, vous
êtes grand et avez l’air solide, je me fous
de qui vous êtes, ici, pas de
favoritisme, savez-vous vous battre? »

« J’ai une bonne vingtaine d’années de
combat de rue, Monsieur, très souvent à
mon avantage. »

« Bonne expérience, cela devrait aller, mais
attention, il y a des règles ici, qu’il ne faut
en aucun cas transgresser, ainsi, vous
voulez devenir gardien ? »

« Absolument, Monsieur. »

« Vous avez de la chance, nous en
manquons, je vais appeler Kirsan, qui sera
votre chef direct, c’est lui qui vous
transmettra toutes les instructions et vous
fera lire le règlement, ce n’est pas un
commode, et vous n’aurez pas une zone
facile, toujours d’accord ? »

« Oui, Monsieur. »

Stavrov manipula quelques touches, deux
minutes plus tard, un homme entra, un bon
mètre quatre vingt dix, visage taillé à coup
de serpe, sec mais disposant d’un bon
paquet de muscles.

« Kirsan, voici une nouvelle recrue qui va
dépendre de vous, suivez la procédure
d’usage avant de le mettre au travail. »

« Bien Monsieur. »

Il regarda longuement Baldur avant de lui dire.

« Suis-moi ! On va passer dans la salle de
recensement. »

Une fois sur les lieux:

« Assied-toi, voici un extrait du règlement, tu
as une demie heure pour l’apprendre, je
repasserai pour les recommandations
d’usage, comment tu t’appelles ou veux
t‘appeler?

Et quel âge as-tu ?»

« Je m’appelle Radim Pacek, Chef, et j’ai 32 ans. »       

Kirsan se mir à rire.

« Ton âge est peut-être vrai, mais par
contre, ton nom et ton prénom, c’est
aussi vrai que moi, je m’appelle
Joséphine, bon, on s’en fout, dans trois
mois, si tu es encore là, tu auras droit à
une nouvelle carte d’identité à ce nom et
prénom, mais ça, tu dois le savoir, tu es
venu par qui ? »

« Ctibor, Chef. »

« Ctibor !

Pas mal, si tu es aussi bon que lui, on
doit pouvoir s’entendre, mais tu devras
faire tes preuves, et ici, il n’y a pas de
cadeau, sais tu dans quelle zone tu vas
aller ? »

« Non, mais c’est sûrement la plus
pourrie, ça ne me fait pas peur. »

« J’espère pour toi que tes actes valent tes
paroles. »

Kirsan sortit, et revint une demie heure
plus tard:

« Bon, alors récite-moi les extraits du
règlement. »

Baldar s’exécuta sans hésiter.

« Ffff, bonne mémoire, rien ne
manque, passons aux recommandations. »

Et Kirsan lui répéta exactement ce que
Baldur avait entendu de Ctibor.

« C’est enregistré, Chef ! »

« Bien, alors en piste, on va dans la zone
23, je te montrerai ta chambre, après, tu
passe régulièrement dans les couloirs, et
tu fais en sorte qu’ils soient calmes, comme
tu le verras, ils sont assez fréquentés.

Tu connais tes horaires ? »

Baldur reprit les paroles de Ctibor.

« Bien, je vois que Ctibor t’a mis dans le
coup, lui aurait pu passer Chef, ce sera
peut-être ton cas… 

Alors ici, dès que tu entends une
sonnerie, selon l’heure, cela signifie
déjeuner ou fin de journée. »

« Si je comprends bien, c’est vous qui
avez été son Chef, il m’a parlé de quelqu’un
de strict, juste, pas commode, qui savait
faire régner l’ordre. »

« On dirait que tu cherches à te faire bien
voir, tu es un malin, toi, mais ça peut
m’intéresser, oui, j’ai été son
Chef, qu’est-ce qu’il devient ? »

« Il est dans l’alimentation, mais je ne sais
pas exactement où, et je le vois
rarement, car dans ses week-ends, il
quitte Prague. »

« Dans l’alim ! Bon job, maintenant, il
gagne plus que moi, pour les
week-ends, cherche pas, c’est une
nénette, je connais le gaillard.

Bon voilà ta chambre,  sur le lit, tu as ta
tenue de gardien, tu as dix minutes pour
visiter, te repasser le film des
recommandations et du règlement, puis
en piste dans les couloirs auxquels tu
accèdes là-bas.

Ah ! Voici la clé de ta chambre, une porte
métallique, normalement, tu ne crains rien.

Bon, on se revoit au réfectoire. »

Kirsan le quitta, dix minutes plus tard, il
était dans un couloir dans lequel pas mal
de monde passait, certains le regardèrent
et s’éloignèrent, d’autres faisaient
d’étranges mimiques, d’autres encore
prenaient un air agressif, sans passer à
l’acte, d’autres enfin marquèrent une
certaine surprise, une nouvelle tête.

La zone comportait quatre couloirs de
30 mètres chacun, quatre mètres de
large, qui se croisaient en leur centre, c’était
surtout là qu’il fallait être vigilant, de
chaque côté des couloirs, des portes, la
plus part d’entre elles ouvertes indiquaient
à Baldur qu’il s’agissait des chambres des
pensionnaires, il ne se passa rien de notable
jusqu’à la sonnerie du déjeuner, Kirsan lui
avait montré l’accès au réfectoire, il s’y rendit.

Il y vit une bonne vingtaine de
gardiens, certains le fixèrent, d’autres
vinrent lui serrer la main, puis trois chefs
dont Kirsan qui lui fit un signe.

« Tiens ! Viens boire un coup, ici, dans le
Centre, tout est gratuit, donc autant en
profiter, tu bois quoi ? »

« Je ne dirais pas non sur une vodka. »

« Ffff, Monsieur a des goûts de luxe, je ne
sais même pas s’il y en a ici, mais on a
de la slibo. »

« D’accord pour une slibo, Chef, c’est un
peu pareil, et en vodka, je n’ai pas
toujours eu les meilleures. »

« J’aime mieux cette réponse, alors, sur
ta première matinée, quelles sont tes
impressions ? »

« Il doit y avoir une bonne centaine de
pensionnaires dans la zone 23, pas encore
de conflit pour le moment, mais c’est
peut-être parce que je suis nouveau, et
que la surprise leur a empêché toute
tentative, il faut être particulièrement
vigilant au croisement, parce que là, il
y a du monde,  mais je me pose une
question, nous avons deux heures de break
pour déjeuner,  et le soir, après sept
heures, qu’est-ce qu’il se passe, ils
continuent à circuler dans les couloirs ?

Quand est-ce qu’on les nourrit et qu’on
ferme les portes de leur chambre pour la nuit ? »

« Bien vu, décidément, tu es loin d’être
idiot, il y a effectivement 126
pensionnaires, deux chambres
inoccupées, c’est sûr que quand ils vont
s’habituer à toi, ce qui ne saurait
tarder, il y aura des réactions, j’ai vu que
tu étais vigilent, c’est bien, tu as dû
remarquer que les portes des chambres
étaient coulissantes, ce qui implique des
ouvertures et fermetures automatiques, alors
voilà comment ça se passe, dans chaque
zone, lorsque les gardiens viennent de la
quitter, une douzaine de gars en blouse
blanche passe dans les couloirs, des
costauds, qui connaissent chaque
pensionnaire et sa chambre, ils les prennent
un par un pour les remettre dans leur
chambre et leur font une piqure qui les
nourrit, ils ont une grosse habitude, c’est
rapide, puis fermeture automatique de
toutes les portes jusqu’à 14 heures, même
topo le soir à 19 heures, avec fermeture
jusqu’au lendemain matin à 8 heures, ce
qui assure notre tranquillité à tous.

Le soir, on peut aller en ville, mais attention
à ne pas trop boire, il faut rester en forme
pour le boulot du lendemain, pour ton jour
de congé, pas besoin de consulter tes
collègues, je connais le jour de chacun, pour
toi, ce sera le mardi, en l’occurrence
demain, c’est un jour qui n’intéresse
pratiquement personne, je ne sais pas
pourquoi, alors il faut assurer un équilibre.

A la tienne, si tu veux, on déjeune ensemble ? »

« Ce sera pour moi un honneur, Chef !

Même si des collègues me regardent de travers.»

« Je vois que tu as tout compris, j’attends
l’après-midi avec impatience. »

Le déjeuner était correct, avec un vin
buvable, puis l’après-midi vint, et là, parmi
les pensionnaires, il y eut des réactions, ce
nouveau gardien semblait plaire à certains
ou certaines, mais pas à tous ni à toutes, une
femme arriva près de lui, et sans prévenir, lança
sa main droite en direction de ses yeux, grâce
à ses entraînements quotidiens dans la salle
de sport du labo de Fehrenbach, il eut dans
la fraction de seconde la bonne réaction et
lui porta un coup paralysant, la femme
s’écroula mais il prit le temps d’amortir
sa chute, surtout éviter les séquelles, c’était
dans le règlement, plusieurs pensionnaires
s’éloignèrent, des fous peut-être, mais pas
totalement inconscients, il espérait avoir
ceux-là en moins sur le dos à l’avenir.

Mais à l’autre partie du croisement, un homme
se jeta sur lui, il se baissa tout en portant
un autre coup paralysant, amortissement de
chute, deux minutes plus tard, quatre
hommes en blanc vinrent chercher la
femme et l’homme pour les emmener
vers l’infirmerie, Baldur pensa:

« Avec moi, j’ai idée qu’ils vont avoir du boulot. »

Le croisement se vida, cinq autres incidents
vinrent mettre les hommes en blanc encore
à contribution, puis la sonnerie de fin de
journée retentit.

Dès que Baldur quitta les couloirs pour
regagner sa chambre, il trouva Kirsan sur
son chemin:

« Alors là, chapeau, Radim, tu maîtrises une
sacrée technique de combat que je ne connais
pas, les infirmiers m’ont dit que tu n‘avais
laissé aucune séquelle, même moi, qui ai
fait trois ans avant d’être Chef, et qui
connais toutes les techniques de combats
de rue, je n’ai pas compris, et n’aurais pu
en faire autant, la femme avec sa main
vers tes yeux, n’importe lequel de tes
collègues serait devenu aveugle, tu as
réagi avec une vitesse…

Pourtant, c’est une trouillarde, qui n’avait
jamais agressé personne auparavant, a-t-elle
réagi par simple peur ?

Ou encore parce que tu ne lui reviens pas ?

J’aimerais bien connaître la réponse à ces
questions, d’habitude, du moins la plus part
du temps, le gardien se contente
d’immobiliser le ou la pensionnaire, les
hommes en blouse blanche ont toujours
un œil sur les écrans, et viennent de suite
sur les lieux, autant pour aider le
gardien, que pour traiter le pensionnaire, mais
visiblement, toi, tu n’as pas besoin
d’aide, et tu vas leur donner du boulot.

Mais ta technique m’intrigue, où l’as-tu
apprise ? »

« Lorsque j’étais gosse, par un Centre de
vacances, j’ai eu l’occasion d’aller dans ce
que l’on appelle l’ancienne Asie, et durant
un mois, je n’étais jamais avec mes
camarades, mais passai mon temps dans un
temple, et c’est un vieil homme saint qui
m’a appris cette technique, que je me suis
toujours efforcé d’entretenir, il m’a appris
également les points vitaux sur lesquels on
peut frapper pour paralyser sans créer de
dommages. »

« Ah ouais ! Je vois, l’ancienne Chine ou
l’Himalaya, là où il y a encore quelques
vieux bonzes perdus dans des temples ?

Eh bien ils ne sont pas si **** que ça, les
bonzes, vachement utile, ta
technique, bon, tu deviens de plus en plus
intéressant, on va se boire un pot, et
on dîne ensemble? »

« Avec plaisir, Chef. »

Le dîner était aussi acceptable que l’avait
été le déjeuner, les deux hommes parlèrent
de choses et d’autres, sous un nombre
croissant de regards noirs dirigés vers
Baldur, puis ce dernier pût enfin regagner
sa chambre.

« Attention, je suis en train de me fabriquer
des ennemis parmi les collègues, et ce Chef ?

Qu’est-ce qu’il me veut exactement, pour
un pas commode, c’est tout juste s’il ne
s’étale pas à mes pieds…

Là, je suis crevé, cette vigilance
permanente, réagir au quart de tour, durant
4 heures le matin, et cinq heures
l’après-midi, il me faudra une sacrée forme
pour tenir le coup, je suis sûr que de temps à
autre, il doit y avoir des cadavres parmi les
gardiens, même s’ils sont dans de meilleures
zones, Kirsan a raison, avec la
femme, n’importe quel gardien ou
presque, serait aveugle, celle-là, je l’ai bien
repérée, et je vais en tenir compte.

Je comprends maintenant beaucoup mieux
pourquoi les gens ne veulent pas rester
gardiens, et un an de sanction, même
minimale, ce n’est pas neutre.

Je suis à un quart d’heure à pieds du labo
de Novotny, demain, je passerai les
voir, en m’assurant que je ne sois pas
suivi, puis j’utiliserai leur salle de sport, parce
que m’entrainer ici, c’est pas l’idéal. »

Il s’endormit d’une masse, mais pût se
réveiller le lendemain matin à sept
heures, en pleine forme.

« Ah, je vais prendre mon petit déjeuner, avant
de sortir. »

Il préféra remettre ses habits de
laboratoire, avant de se rendre au
réfectoire, là, il vit de nouveau
Kirsan, qui, bien sûr lui fit un signe, il
entendit vaguement:

« Ouais, ça fait un jour qu’il est là, et déjà
en congé ?

Mais c’est quoi ce mec ? »

Vers son Chef, ce dernier:

« Je vois qu’on est de sortie, Radim, profites-en
bien, tu vas chercher la nénette ? »

« Ca se pourrait bien, mais hier soir, j’étais
crevé, c’est dur au début. »

« Tu me dis ça à moi, tu m’esquintes, si je
me souviens bien, il m’a fallu près d’un
mois pour apprendre à tenir le coup, j’ai
commencé par cette zone même, la 23, la
plus dure de toutes, et j’ai même failli y
rester alors que j’étais un sacré
combattant, n’oublie jamais, tout est dans
la vigilance, la moindre distraction peut
coûter très cher. »

« Puisque vous en parlez, Chef, je suppose
que certains gardiens ont dû avoir de sérieux
ennuis, peut-être définitifs. »

« Surtout ne parle jamais de
ça, malheureux, oui, ça a été le cas, et il y
en a eu quelques uns, mais motus, notre
profession a déjà une assez mauvaise
publicité, évitons d’en rajouter.

Tu as des collègues qui commencent à te
regarder d’un sale œil, il va falloir te
méfier, évitons pendant quelques temps de
déjeuner ensemble, et ils finiront par se
calmer, surtout que certains ont entendu
parler de ta technique, et pas par
moi, ils ont des copains dans les blouses
blanches, avant, ils s’amusaient en voyant
arriver un nouveau dans la zone 23, mais
maintenant, changement de registre, ils
te craignent, et ce n’est peut-être pas bon.

Regarde les bien ! Deux d’entre eux sont
également en civil, ça veut dire qu’ils sont
également en congé le mardi, et ils sont
parmi ceux qui te regardent d’un œil
noir, alors une fois en ville, fais gaffe, je
pense qu’ils n’auraient aucune chance contre
toi, même à deux, mais ils peuvent avoir
des copains. »

Cela ne se présentait pas bien, mais Baldur
décida quand même de sortir, il trouverait
bien un moyen de les semer, les copains, ils
n’ont sûrement pas encore eu le temps de
les réunir, mais dans les semaines à venir…

Il s’assura de ne pas être suivi lorsqu’il se
retrouva devant le labo de Novotny, il
prononça un code, et poussa une lourde
porte, il était dans la place, c’est Radek
qui le vit le premier:

« Tiens, Baldur ?

Déjà de retour ?

Un pépin ? »

« Non, Radek, pas de pépin, du moins pas
vraiment, j’ai fait ma première journée
hier, mais suis  de congé aujourd’hui parce
que le mardi n’intéresse presque
personne, mais demain, je reprends le
collier, et je suis plutôt bien vu par mon
Chef, mais c’est un boulot harassant, je
vais mettre plusieurs semaines avant de
tenir le coup, et malheureusement, je me
suis fait des ennemis »

Novotny: « Bonjour Baldur, racontez nous
ce qui s’est exactement passé ? »

Baldur s’exécuta, pour finir par:

« Par la suite, je risque fort d’être obligé de
rester dans le Centre, même durant mon
jour de congé, parce que, même si je suis
plutôt bon dans les combats, je ne me vois
pas affronter une armée. »

Novotny et Radek se mirent à réfléchir, puis
ce dernier:

« D’après ce que vous venez de nous dire, la
situation est mauvaise, et mon pote Ctibor
n’était pas assez haut pour vous faire avoir
une carte rapidement, d’autre part, votre
Chef vous voit bien par pur intérêt, par le
fait que vous sortez de l’ordinaire, vous lui
donnez moins de boulot, les beuveries, c’est
du copinage de bar qui ne sont jamais
fiables, mais malheureusement, je ne vois
pas de solution. »  
  
Novotny: « J’en vois peut-être une, il
faudrait passer par un faussaire, certains
sont capables de créer des cartes plus vraies
que nature, c’est pas donné, mais on doit
pouvoir faire, je crois que vous avez eu des
relations légères là dedans, Radek ? »
   
« Mais oui, Professeur ! Vous avez tout à fait
raison, peu après la fac, j’ai connu un certain
Piotr Bartozova, suite à une histoire de
nénette, il faudrait que je retrouve ses
coordonnées, c’est un gars qui cherchait à
faire sa place dans le milieu, et il me
semblait assez doué, maintenant, il doit
être devenu important, par lui, on peut
avoir un bon faussaire, mais il y de cela
10 ans, ça ne sera pas évident de le
retrouver, surtout s’il est lui-même sous
un faux nom .»

Novotny: « Pas grave, prenez le temps de
chercher, on va fabriquer une lettre de
démission pour Baldur, à envoyer au
Centre des gardiens, que vous posterez, ne
pas répondre le ferait rechercher, bon
ici, il est en sécurité, on pourrait même
le cacher, mais avec la démission, cela
annulera les recherches, et la menace des
autres gardiens, d’une pierre deux
coups, à qui envoyer la lettre, Baldur ? »

« A un certain Stavrov, gardien-directeur, mais
je ne veux pas vous mettre dans l’embarras, et … »

Novotny: « Ne vous en faites pas, vous
valez beaucoup mieux qu’un sale boulot de
gardien, dans lequel vous risquez fort d’y
rester, à partir de maintenant, vous êtes
ici, dans disons un mois, vous pourrez sortir
en ville, en évitant le mardi, vos vindicatifs
gardiens vous auront alors oublié, je poursuis
mon idée d’origine, tant qu’il est ici, Radek
fera des courses pour un supplément
d’alimentation et de boissons et tabac, vous
nous rembourserez lorsque vous aurez votre
carte, et que je vous aurai alors embauché
comme homme d’entretien, dans cette
catégorie, c’est le gouvernement qui paie, et
pendant que Radek fera les courses, vous
entretiendrez les lieux, ça vous va ? »

« C’est parfait, Professeur, je ne pouvais
souhaiter mieux, mais j’espère que vous
n’aurez pas d’ennuis avec l’histoire du
faussaire. »

« C’est une relation à Radek, pas à
moi, mais non, il n’y aura pas de bémol, mon
Assistant sait se débrouiller, je lui fais
confiance. » 

Plusieurs heures plus tard.

Radek: « Ca y est, j’ai retrouvé la
nénette, je vais l’appeler. »

Novotny: « Prenez le poste indétectable, à
liaison sécurisée. »

Après plusieurs minutes:

« J’ai les coordonnées de Piotr, je
l’appelle, il devrait se souvenir de moi. »

« Oui, allo, je voudrais parler à Piotr. »

« Qui le demande ? »

« De la part de Radek Vesela, c’est perso. »

« Un moment. »

« Radek Vesela ! Pas possible, un fantôme
qui réapparait, ça fait un bail, je parie que
t’as eu mes coordonnées par Sonia. »

« Exact, et je t’appelle pour affaire. »

« On peut voir ça, mais j’aimerais aussi te
revoir, alors passe au Karlovy Lazné, c’est
une de mes boites, je te donne l’adresse ?

Ok, alors note….

Je mets mes hommes dans le coup, viens
Samedi après-midi, on pourra discuter. »

« D’accord Piotr, on fait comme ça, j’y serai. »

En raccrochant:

« Ca y est, Professeur, c’est bon pour
Baldur, je vois mon pote samedi
après-midi, il a plusieurs boites, sûr
qu’il est important. »

Novotny: « A quelle boite avez-vous
rendez-vous ? ».

« La Karlovy Lazné, pourquoi ? »

« Pour savoir dans quelle galoche vous
vous fourrez. »

Les jours passèrent, Baldur utilisait
régulièrement la salle de sport, et
entretenait toutes les pièces du labo, tout
allait bien.

Le Samedi après midi, à la Karlovy.

« Assieds toi, Radek, qu’est-ce que tu bois ? »

« Salut Piotr, une vodka me conviendrait. »

« Ca tombe bien, moi aussi, et j’ai la
meilleure, eh bien, ça fait un bail, 10 ans
je crois, qu’est-tu devenu ? »

« Je suis dans la recherche scientifique, et
comme je m’en doutais, je vois que tu es
devenu important. »

« Une grosse tête reste une grosse tête, important ?

Oui, je le suis, mais c’est sûrement moins
peinard que toi, je dois veiller au grain, tu
voulais me parler d’une affaire ? »

« Oui, voilà… » puis il expliqua.

« Ffff, pour un copain !!

Il doit être salement important, ton
pote, est-il répertorié ? »

« Non, plus depuis au moins une vingtaine
d’années, et il est dans ma zone d’âge, même
sur une photo, on ne le reconnaîtrait pas, il
a vécu en Asie, mais par nostalgie, il est
revenu, c’est un ancien camarade d’école, il
a bien essayé d’entrer chez les gardiens, mais
vu le côté dangereux du boulot, il n’a pas
insisté. »

« Ouais, les gardiens, je connais bien leur
histoire, j’ai même des hommes qui en ont
fait partie, pas de repérage sur les hexa, c’est
bon, tu veux une fausse carte plus vraie qu’une
vraie qui supporte n‘importe quel contrôle?

J’ai un spécialiste pour ça , mais ça va coûter
bonbon, il te faudra une photo du mec, et son
prénom et son nom, pas les vrais, bien sûr. »

« Voici une photo conforme, pour Borik
Novak, combien ? »

« Tu es vachement pressé dis donc, hm, il a
une bonne tête le mec, environ
35 balais, Borik Novak ?

Ca lui ira bien, tu devras revenir avec
40.000 stellars en cash. »

« Quand ? »

« Samedi prochain, même heure, j’aurai ta
carte, on pourra discuter un peu plus, car
là, j’ai rencart dans un quart d’heure, et
c’est du genre prioritaire, alors à
Samedi, ici même. »

Lorsque Radek s’en alla, Piotr:

« Une bonne affaire que je vais traiter de
suite, mon rencart ?

Une belle plante qui attendra bien quelques
minutes. »

« Allo Pavel ! Ici Piotr, tu me fais une carte au
nom de Borik Novak, 35 ans, je te laisse le
soin de choisir la date, et te fais porter la
photo, je l’aurai quand ? »

« Jeudi, 30.000 stellars, j’ai pas mal de boulot
en ce moment. »

« Notamment pour mon compte, alors je la
veux Mercredi, pour 20.000 stellars. »

« C’est d’accord, tu l’auras. »

« Voilà ce que j’aime entendre, alors salut. »

La Samedi suivant, Radek avait pu réunir la
somme, et obtint la carte, plus vraie que
nature, un travail d’orfèvre, Piotr avait
souhaité revoir Radek de temps à autre, ce
dernier avait acquiescé, ce qui ne lui coûtait rien.

Novotny: «  Alors ? »

Radek: « La voilà, patron, qu’en pensez vous ? »

« Ffff, elle semble plus authentique que
nature, passons la au contrôle des hexas. »

Ces derniers révélèrent que le Borik Novak
en question avait vécu comme agriculteur
dans une ferme en Oklahoma, près de 
McAlester et qu’il était récemment revenu
à Prague, les contrôles n’y verraient que
du feu.

Baldur: « C’est super, mais même à 1500
stellars pas mois, je ne pourrai jamais tout
vous rembourser ! »

Novotny: « Vous me rembourserez sous forme
de connaissances, et autres capacités
d’améliorer mes machines,  ne vous mettez
pas martel en tête, depuis bien des années, le
gouvernement me paie 9000 stellars par
mois, comme chercheur scientifique de
pointe, et je ne sors pratiquement jamais du
labo, n’ai pas de dépenses, alors 40.000
stellars, je dispose encore d’au moins 30 fois
cette somme. »

Le soir même , au Centre des gardiens, au cours
du dîner.

« C’est curieux, ce Radim Pacek qui est venu
juste une journée, c’est Kirsan qui fait la
gueule, il est redevenu comme avant. »

« Ouais, ben c’est mieux comme ça, je ne
le blairais pas ce mec, il s’est tiré ?

C’est mieux pour lui. »

« Si tu le revoyais dans la ville, qu’est-ce que
tu ferais ? »

« Rien du tout, maintenant, je m’en fous. »

« Moi aussi, ce fayot ne compte plus, et
puis, s’il est venu pour une identité, il est
toujours dans la *****. »

« Ah Ah, t’as raison, oublions le. »

Les gens changeaient selon les
circonstances, et l’horizon s’éclaircissait
pour Baldur, qui, quelques jours plus
tard, avait fait la connaissance d’une fort
jolie femme prénommée Iréna, dans les
mêmes âges, travaillant comme secrétaire
de direction dans un centre de
production, disposant d’un beau trois pièces
situé à 50 mètres du laboratoire de
Novotny, Il avait désormais tout pour passer
agréablement les onze mois qui lui
restaient, il s’était même habillé à la mode, en
plutôt classe, tout se passait bien.

Des mois passèrent, Baldur avait aidé Novotny
et Radek à terminer le transdev, procédé à
des contrôles de conformité, régulièrement
entretenu le labo, participé au départ de
Radek, amélioré les deux computers, et au
cours d’un déjeuner avec Novotny:

« A la vôtre, Professeur, quand je pense à
tout ce que vous avez fait pour moi, j’en
reste encore confondu. »

« Ne dites pas de bêtises, Baldur, si Radek
avait atterri chez vous, votre Professeur
aurait sans doute fait de même, sachez
qu’entre scientifiques, il existe une certaine
solidarité, et non seulement vous êtes un
scientifique de bon niveau, mais aussi un
bricoleur hors pair, ce que vous avez fait
sur les machines a considérablement facilité
les choses, d’ailleurs, c’est curieux, nos
mondes parallèles n’ont pas tout à fait
évolué dans la même direction, vous avez de
l’avance sur nous en certains domaines, mais
sur d’autres, vous êtes un peu en retard, votre
humanité qui est encore répartie sur six
pays, alors que la nôtre est totalement
unifiée, votre sosie né exactement la même
année que vous, mais ayant fait un parcours
différent, m’amène à la conclusion que dans
l’univers, les mondes parallèles sont
normalement totalement identiques, mais
ce sont les humains qui créent des
différences, nous avons longtemps
privilégié l’espace, prenant du retard sur
les dimensions, vous avez fait l’inverse, si
jamais il existe une infinité de mondes
parallèles, je me demande ce qu’il se
passe chez bien d’autres. »

« Voilà de profondes réflexions de
scientifique, Professeur, je repense à
Radek, et me demande ce qu’il devient, et
s’il était chez moi ? » 

« Chez votre Professeur Fehrenbach ?

Dans ce cas, d’après tout ce que vous m’avez
expliqué, il ne craindrait pas grand-chose, mais
cela me paraît peu probable. »

« Vous voulez dire que vous ne croyez pas à ce
qu’il n’y ait que deux mondes parallèles, avec
possibilité de transfert dans les deux sens ? »

« D’après mes modestes connaissances sur
l’univers, non, je pense qu’il est plus complexe
que ça, mais parlons d’autre chose, votre
charmante Irena, que je ne connais pas, lui
avez-vous expliqué que vous étiez en transfert ? »

« Certainement pas, malheureusement, car je
l’aime beaucoup, mais je n’en ai pas le
droit, pas plus que celui que vous auriez de
la connaître ici. »

« Vous avez tout à fait raison, nous sommes
un peu comme des prêtres qui consacrent
leur vie à la religion, nous, c’est aux
recherches qui doivent demeurer secrètes
que nous vouons notre vie, d’un côté nous
obtenons de grandes satisfactions, mais
aux dépens de bien d’autres choses que nous
sommes obligés de sacrifier, toujours
l’histoire de la médaille et du revers. »

Ils firent un excellent déjeuner, puis Novotny:

« Si vous voulez, Baldur, vous pouvez sortir
cet après-midi, il n’y a rien de spécial en
cours pour le moment, et le labo est
nickel, alors n’hésitez pas. »

« Oui, Professeur, c’est une idée, Irena
travaille, mais une bonne petite balade
dans Prague ne me déplaira pas. »

Baldur sortit peu après, et quitta le quartier
du labo, une demie heure plus tard, au coin
d’une rue, il se retrouva nez à nez avec
Georg Kirsan, son ancien Chef d’un jour.

« Ca alors !! Radim Pacek !!

Et sapé comme un Prince !

J’ai du mal à en croire mes yeux, visiblement
vous ne travaillez pas, et je vous en veux
de m’avoir laissé tomber, une démission dès
le lendemain, d’un gaillard comme vous, ça
rime à quoi ? »

« Bonjour Kirsan, ça rime à ce que j’ai
trouvé un meilleur arrangement, je risque
toujours ma vie à tout instant, mais pour
beaucoup plus d’argent. »

« Ah ! Ca peut être une bonne raison, vous
êtes dans quoi ? »

« Dans le milieu, j’ai même des hommes qui
ont fait un stage chez vous. »

« Ffff, Alors ça, ça me la coupe, mais vous
êtes seul, et je ne vois aucune
protection, vous avez beau être fort et
rapide, une arme ira toujours plus vite
que vous. »

« Les loups ne se mangent pas entre eux, et
je suis ce que vous appelleriez un Chef de
meute.

Mais malgré cela, nous sommes prudents, j’ai
plusieurs hommes dans le secteur, mais
vous ne les voyez pas. »

« Wow ! Quand je vais raconter ça aux autres… »

« Je ne vous le conseille pas, vous auriez de
sérieux ennuis. »

« Vous avez raison, sur tout ce qui touche
le milieu, mieux vaut la boucler…

Puis-je vous offrir un verre ? »

« Pourquoi pas ? Tenez ! Il y a un bistrot en
face, allons y. »

« C’est un honneur d’être avec vous, mais
j’aimerais comprendre une chose:

Pourquoi êtes vous venu comme gardien
pour une journée chez nous ? »

Baldur se mit à rire:

« C’est suite à un pari fait avec l’un de mes
hommes, qui m’a rapporté une petite somme.

Justement, c’était un second couteau qui a
travaillé chez vous il y a cinq ou six ans.

Il a eu, un jour, la mauvaise idée de dire à
un de ses collègues qu’il était facile à des
supérieurs de donner des ordres, mais qu’en
matière d’exécution, ils n’étaient pas dans
le coup, que comme gardiens, il ne feraient
même pas une journée.

Malheureusement pour lui, je l’ai entendu et
ai parié 10.000 stellars, depuis, il est plus
discret, et il reste un bon exécutant. »

« Ffff ! 10.000 stellars, ça me fait entre cinq
et six mois de salaire…

A ce tarif là, sûr qu’une journée de gardien
valait la peine. »

« Et vous au fait, comment ca va ? »

« Bah, sûr qu’être gardien-chef, c’est
cool, mais ça ne rapporte pas beaucoup, et
puis ça manque un peu d’action et de
variété, et ça, ça commence à me lasser. »

« Je vous vois venir, vous seriez intéressé
à travailler dans le milieu ?  »

« Ben, peut-être, qu’est-ce que je pourrais
faire selon vous ? »

« Un second couteau, c’est sûr, peut-être
même un Chef de groupe après avoir fait
vos preuves. »

« Intéressant, et ça gagne bien ? »

« Dans le premier cas, basez vous sur 4.000
stellars, dans le second, 6.000 à 7.000. »

« Ffff ! Super… Et il y aurait des possibilités ? »

« Pas pour le moment, mais dans quatre ou
cinq mois d’ici, peut-être.

Je sais où vous trouver.

On s’en reboit un ?

Que penseriez-vous d’une bonne vodka ? »

« Ah oui ! Monsieur Pacek, ou peu importe
votre nom, je me souviens de vos goûts de
luxe, et là, je comprends mieux.

Si un jour, j’ai l’honneur de vous appeler Chef
ou Patron, cela me fera drôle au début, mais
quel réconfort…

Je peux encore faire un bon exécutant. »

« J’en suis convaincu. »

Peu après, ils se quittèrent, et Baldur:

« A l’avenir, il est préférable que je ne sorte
plus de mon quartier, je ferais d’ailleurs
mieux d’y retourner, afin d’éviter d’autres
surprises. »

D’autres mois passèrent, le jour du retour
approchait, les derniers temps, Baldur passait
la moitié de ses nuits dans l’appartement
d’Irena, et l’autres moitié, bien sûr, dans le
labo, qu’il continuait toujours à entretenir, mais
le Professeur n’apportant rien de nouveau
dans ses recherches, Baldur trouvait que la
situation devenait monotone, et il n’était que
temps de repartir, Baldur connaissait son
heure d’arrivée, il  fit ses adieux à Novotny en
lui disant:

« Mes salutations à Radek quand il
reviendra, j’espère que ma petite expérience
lui aura été utile là où il est, peut-être à une
autre fois, Professeur, je crois qu’un certain
Teilhard de Chardin a dit:

Il y a un temps où les temps se rejoignent. »

Puis il disparut.

Revenu chez Fehrenbach, ce dernier:

« Ah, le transfert a bien fonctionné comme
prévu, alors allons prendre un verre, et
racontez moi tout. »

« Bonjour Professeur, vous n’auriez pas
vu Radek ? »

« Radek ? Qui est-ce ? »

Baldur lui raconta la totalité de son
aventure, ce qui prit non seulement le
reste de la matinée, mais aussi le
déjeuner, et une bonne partie de
l’après- midi, pour terminer par:

« Alors vous comprenez, Professeur, que
Radek est important. »

Tous deux éclatèrent de rire, et Fehrenbach:

« Une sacrée aventure en effet, mais je
crois que le Professeur Novotny a raison, dans
l’univers, s’il n’y en a pas plusieurs, le nombre
de passages parallèles et dimensionnels est
bien supérieur à deux, et tout comme
lui, j’ignore si on peut les pratiquer dans les
deux sens. »

Deux mois plus tard:

Fehrenbach: « Allons prendre un
apéro, Baldur, cet après-midi, nous
procèderons aux dernières vérifications. »

« Bourbon pour vous, Vodka pour moi…
Dommage que nous n’ayons pas de robots
de service pour nous les apporter. »

« Puisque vous parlez de cela, Baldur, oui, j’y
ai déjà réfléchi depuis longtemps, disposer
d’androïdes intelligents serait l’idéal, pour
bien des raisons, mais malheureusement… »

« Ouais, c’est surtout à moi que cela rendrait
service, plus de cuisine ni d’entretien des lieux
à faire… »

« Oh, pas que cela, Baldur, imaginez que l’on
en ait plusieurs, on pourrait leur confier
diverses recherches, scientifiques pour les
vaisseaux spatiaux et autres, médicales pour
allonger notre durée de vie, mais cessons de
rêver, les robots intelligents, nous ne savons
pas faire. »   

« Vous, vous le pourriez, Professeur, mais
c’est le Transdev qui prend tout notre
temps, à quand le prochain départ ? »

« Pas sûr que je dispose des connaissances
nécessaires pour créer un androïde intelligent
mais pour perfectionner un Transdev, oui, je
crois, et prévois votre prochain départ dans
15 jours. »

Les deux scientifiques passèrent ces deux
semaines à d’ultimes vérifications et à divers
tests, puis Fehrenbach:

« Bon, je crois que tout est en ordre, Baldur, à
votre place, je profiterais de cet après-midi
pour rendre visite à mes parents, car demain… »

« Oui, Professeur, c’est-ce que je vais faire. »

Le lendemain:

« Prêt, Baldur ? »

« Prêt, Professeur. » 

Fehrenbach appuya sur un bouton, et Baldur
disparut.

Peu après, il se retrouva dans un lieu qui, sans
vraiment ressembler à celui qu‘il venait de
quitter, ne le surprenait pas pour autant:

« Tiens ! Où suis-je ?

C’est très vaste, on dirait le sous-sol d‘une
base militaire, mais c’est moderne, je dirais
même plutôt futuriste et classe, dans les
alentours, tout est nickel. »

Baldur se retrouvait assis sur le sol, près d’un
lot de caisses, sur une très grande surface
dont les murs pouvaient se situer à environ
150 mètres.

Près des murs, des machines donnant un
éclairage irréel qui rappelait des décors de
jeux vidéos, il se releva, vit une porte sur la
partie droite du mur opposé, et s’y dirigea.

Arrivé à une dizaine de mètres de la sortie, il
vit la porte s’ouvrir, et trois créatures
entrer, elles mesuraient deux mètres, avaient
une vague apparence humaine, avec deux
bras, deux jambes, d’un aspect métallique, elles
le fixèrent, puis la première des trois se mit à
lui parler:

« Vous êtes un intrus, visiblement
humain, grand, d’où venez-vous ?

Et que faites-vous ici ? »

Baldur, après quelques secondes de
réflexion, décida de leur dire la vérité et
termina par:

« Je suppose que vous êtes des robots, puis-je
rencontrer vos maîtres ? »

C’est le robot qui venait de lui parler qui lui
répondit:

« Robot est un terme inexact, nous sommes
des androïdes intelligents, c’est-à-dire
capables de concevoir, d’inventer, tout comme
les humains, mon nom est Markus, et voici
Georg et Nikita.

Si ce que vous venez de nous dire est
exact, vous viendriez alors d’un monde
analogue au nôtre, et seriez une sorte de
confrère, et dans ce cas, vous rencontrerez
le Professeur Fedor Obolonsky, et son
assistant, Andrei Nemetch.

Pour le moment, alors qu’ils sont occupés, nous
allons vous guider vers une salle de
transit, suivez-nous, Baldur. »

Ils quittèrent l’immense salle, firent deux
cents mètres, Markus ouvrit une porte et:

« Vous avez un fauteuil et un bureau
ici, reposez-vous, nous reviendrons vous
chercher. »

Baldur se retrouva dans une salle nettement
plus petite, mais qui devait tout de même
faire 400 mètres carrés, soit environ
20  x 20 mètres, il s’assit dans le fauteuil qui
lui parut très confortable, et se dit:

« Prenons notre mal en patience, aucun signe
d’agressivité, un monde parallèle au mien ?

Cela peut vouloir dire un bon accueil, mais
attendons la suite. »

Il ignorait que revenus près du Professeur
Obolonsky et de son assistant
Nemetch, Markus, Georg et Nikita avaient
actionné un bouton pour diffuser un courant
d’énergie invisible dans la salle où Baldur
attendait, et Markus:

« Vous voyez, Fedor et Andrei, nous n’allons
pas tarder à savoir si ce Baldur est de bonne foi. »

Andrei: « Intéressant, Professeur, quelqu’un qui
viendrait d’un monde parallèle par une porte
dimensionnelle qu’ils appellent Transdev, il
pourrait nous être très utile. »

Fedor: « S’il a dit la vérité, oui, on pourra
alors lui faciliter son séjour, un an, s’il nous aide
à créer un Transdev, si ce Baldur est vraiment ce
qu’il prétend, alors il sera le bienvenu, autrement… »

Andrei: « Que ferait-on ? Le remettre à la police ? »

Markus: « Cela poserait d’autres problèmes, la
pièce K8Z était hermétiquement close, pas de
doute sur le fait qu’il vienne d’ailleurs, et pas par
téléportation. »

Georg: « Non, tout notre complexe est entouré
par un rayon Khâ, cela ne serait pas possible. »
 
Quelques minutes plus tard:

Markus: « Concordance 100 %, Fedor, il n’a
pas menti, peut-on le considérer comme un
collègue ? »

« Tout à fait, allez le chercher, et n’hésitez
pas à lui dire qu’il est le bienvenu, nous
l’attendons. »

Nikita: « Ne devrait-on pas prendre une
précaution supplémentaire, à savoir s’il
n’est pas susceptible de comportement
hostile, ou de mauvaise intention ? »

Fedor: « Non, Nikita, si tu devais choisir
quelqu’un pour un voyage inter dimensionnel
par Transdev, quelles qualités lui
demanderais-tu ? »

« Vous avez raison, Fedor, il faudrait
quelqu’un de fort, comme il l’est
visiblement, de compétent, qui ait un
minimum de connaissances, soit intelligent
et honnête, surtout pour d’autres voyages, et
lui a dit que c’était son deuxième. »

Fedor:« Tout à fait, un second voyage prouve
qu’il a la confiance de son Professeur, qui ne
doit pas être n’importe qui, il a, en quelque
sorte, un rôle d’Ambassadeur, allez le chercher. »

Quelques minutes plus tard, Baldur se
retrouva dans une grande salle truffée
d’appareils complexes et d’écrans.

Fédor: « Ah, voilà notre invité
surprise, Baldur, je crois, comment allez-vous ? »

Baldur: « Bien merci, et vous ?

Vous êtes ? »

« Fedor Obolonsky, chercheur, et voici mon
Assistant, Andrei Nemetch.

Vous connaissez nos trois amis, Markus, Georg
et Nikita.

Soyez le bienvenu parmi nous, je crois savoir
que vous êtes ici pour un an, et si les voyages
spatiotemporels nous intéressent en tant que
chercheurs, nous ne disposons pas de votre
expérience, ni même de machines pour les
assurer,  il faudra que nous parlions de cela.

De notre côté, il se pourrait que nous puissions
vous apporter quelque chose, la solidarité
entre scientifiques, cela existe chez nous.

Visiblement, vous êtes un humain comme
nous, grand et costaud, mais du même type
que nous, vous pourriez facilement passer
pour l’un des nôtres, bien sûr, Markus,
Georg et Nikita sont différents, aussi grands
que vous, ces androïdes créés par nos
ancêtres sont nos amis et coopèrent avec
nous, eux, sont immortels, net avantage
sur nous qui ne vivons que 200 ans en
moyenne. »

Baldur: « C’est déjà pas mal, chez nous, il
est rare de dépasser le siècle. »

« Ah ! Cela veut dire que la médecine est
un domaine qui reste a améliorer chez
vous, ainsi que chez nous d’ailleurs, mais
peu importe, dans une heure, nous pourrons
prendre un apéritif et déjeuner, avantage
que nous avons sur nos amis, nous en
profiterons pour commencer à échanger
nos connaissances et de savoir si nos
mondes respectifs sont bien parallèles.

Ici, par exemple, nous sommes en l’an 
5942, et vous, en quelle année êtes-vous ? »

Baldur: « Nous en sommes fort loin, chez
nous, on est en 2181, mais attendez que
je réfléchisse, il me semble que sur notre
Terre, un calendrier hébraïque existe, qui
daterait de 5000 ou 6000 ans, je ne sais
pas exactement. »

Fédor: « Vous appelez votre planète la Terre ?

Alors c’est comme chez nous, ainsi que le
calendrier hébraïque dont vous faites
mention, qui part du Tishri, ou du Nissan, je
ne sais plus exactement, mais pourquoi
avez-vous plusieurs calendriers ? Et votre
année 2181, quelle est son origine ? »

« C’est probablement dû au fait que
plusieurs populations ont vécu avant
nous, je pense aux Mayas, et qu’avant, les
gens ne s’occupaient guère des
calendriers, ils étaient trop primitifs.

Notre décompte part d’un certain Jésus
Christ, qui aurait été le fils de Dieu, mais
c’est une histoire de religion, et pour
nous, les scientifiques, nous restons pour
le moins sceptiques. »

Fedor: « Et vous avez tout à fait raison, les
Mayas ?

Oui, ils ont existé chez nous
aussi, Jésus Christ ?

Ca me dit vaguement quelque chose, toi
qui étais bon en histoire, Andrei, ça te parle ? »

« Oui, Fedor, il a existé, mais pas comme
fils de Dieu, c’était un chef révolutionnaire
qui s’est fait exécuter en luttant contre les
romains, il y a effectivement plus de 2000
ans, d’après ce que je vois, on a des faits
en commun, et d’autres qui diffèrent, il
serait intéressant d’approfondir. »

Baldur: « J’ai sur moi un support que je vais
vous passer, ainsi que quelques documents
reprenant quelques uns de nos principaux
évènements historiques, cela devrait pouvoir
vous intéresser. »

Fedor: « Et comment ! Merci de nous les
prêter, nous allons y porter une grande
attention, et vous dirons ce que nous en
pensons, de notre côté, nous vous
parlerons de notre société, de
géographie, d’astronomie entre autres, il
sera très intéressant pour nous ainsi que pour
vous, de savoir quelles sont nos différences et
nos similitudes, vous et nous, en apprendrons
beaucoup, mais ne nous précipitons pas, pensons
plutôt à déjeuner, Markus, peux-tu faire
fabriquer un lecteur pour qu’on lise cette
disquette ? »

« Sans problème, Fedor, vous l’aurez après la
pose café. »
  
« Parfait, alors direction le salon ! »

Pendant le déjeuner, Baldur:

« Excellent, vous savez recevoir. »

Andrei:« Baldur, c’est de quelle origine ? »

« Allemande, je viens de Münich »

Fedor: « Alors vous êtes presque un voisin, ici, on
est à Moscou. »

Baldur: « Faudra me parler de votre système, et
de tout quoi. »

Fedor: « Aucun problème, pour le
moment, contentez vous de déjeuner
tranquillement, cet après-midi, vous
disposerez d’un lieu qui vous servira de
salon, avec une chambre et une salle de
bains, juste à côté d’une salle de sport, dans
le salon, vous disposerez d’une positronique
dans laquelle vous aurez tous les
renseignements, Markus vous en montrera
l’usage. »

« Et j’aurai toutes les informations ? »

« Oui, à commencer par celles de notre
sous-sol, dans lequel nous avons pas mal de
monde. »

Le lendemain, vers midi, alors que Baldur se
rendait vers le salon.

« Tiens, Baldur ! Vous tombez bien, alors, bien
dormi et bien déjeuné ? »

« Oui, merci Fedor, le lieu que vous m’avez
affecté est digne d’un cinq étoiles, le grand
luxe, dans lequel je ne manque de rien, et
j’ai appris pas mal de choses. »

« Nous aussi, Baldur, vos documents nous ont
permis de bien situer votre monde, mais allons
prendre un apéritif avant de déjeuner, Andrei
est déjà sur les lieux, et tout comme vous, c’est
un grand amateur de vodka. »

« Pas vous ? »

« Parfois oui, mais la plus part du temps, je
préfère un bon whisky. »

Ils déjeunèrent, et arrivés au digestif, Fédor:

« Avec Andrei et Markus, nous avons décidé
de vous laisser passer encore deux jours sur
votre positronique avant d’aborder les grandes
questions, à ce moment là, je pense que vous
en saurez assez pour que nous puissions
confronter nos points de vue. »

« D’accord avec vous Fedor, cela me convient, car
Je crois que je n’ai pas encore tout vu, loin de
là, votre société me semble en avance dans
presque tous les domaines d’au moins deux ou
trois siècles, j’ai encore bien des leçons à prendre. »

« Des leçons ?

Je ne dirais pas cela, vous êtes plus proche de
nous que vous ne le pensez, de plus, notre
modèle n’est pas parfait, lorsque vous en saurez
plus, vous comprendrez mieux pourquoi.

Nous aurons le plaisir de déjeuner et de dîner de
nouveau avec vous ce soir, demain et après
demain, mais il sera préférable de ne parler
de rien d’important durant ces deux jours et
demi, là aussi, ce que je vous dis vous sera plus
clair, notre véritable coopération débutera dans
trois jours. »

Durant les trois jours suivants, Baldur passa
une partie du temps dans la salle de sports
voisine, et notamment dans la piscine, et le
reste devant sa positronique.

Et c’est là qu’il commença à mieux connaître
le type de société qui prévalait dans ce monde
parallèle.

Mises à part quelques différences scientifiques
et historiques, la planète était gérée d’une
manière toute différente, qui permettait entre
autres, d’éviter les guerres et autres conflits, un
seul pays existait sur tous les
continents, l’U.R.S.S, capitale Moscou, pas de
monnaie, 50 millions d’habitants, presque tous
répartis dans divers sous-sols.

Baldur apprit que c’est au début du cinquante
et unième siècle, soit l’an 5000 que des
différences radicales apparurent par rapport à
ce qu’il connaissait de sa planète, les gens
connus nés après cette période n’avaient plus
joué le même rôle.

Ici, sur cette planète également appelée la
Terre, des grosses têtes du genre Einstein, Tesla
et autres, portant des noms différents, étaient
apparues près de 1000 plus tôt, ce qui modifia
complètement la suite des évènements
 
La technologie et les connaissances étant
arrivées plus brutalement, les guerres et
conflits le furent également, lorsque la bombe
atomique fut découverte, les différents pays
de l’époque l’utilisèrent à outrance, détruisant
plus de 90% de la population globale.

Ils mirent environ deux siècles à s’en
remettre, et comprirent rapidement par la
suite que s’ils voulaient survivre, la solidarité
serait un meilleur moyen que les conflits, ils
utilisèrent leurs nouvelles connaissances à des
fins constructives, adoptèrent une seule langue
et une seule bannière, et lorsque leur
technologie leur permit de creuser des
sous-sols, et de disposer des moyens de les
rendre totalement indépendants, cela profita
d’emblée aux gouvernants et à leurs proches.    

D’autres personnes ayant compris qu’une vie
en sous-sol pourrait présenter des
avantages, tant collectifs
qu’individuels, d’autres sous-sols, de plus
en plus nombreux se constituèrent, ce qui
fait que maintenant, plus des deux tiers de
la population globale vit en sous-sol, celles
et ceux qui restent en surface le font par
goût, ou encore par souci
d’indépendance, genre aventuriers peu
amateurs de sociétés pasteurisées et
préférant nettement la nature.

Le chômage n’existe pas, tout le monde, tant
Les gens de la surface que ceux des
sous-sols, mènent une activité.

Mais c’est la constitution du sous-sol dans lequel
se trouvait Baldur qui l’intéressa, il se délimitait
en trois zones, une banalisée qui occupait à peu
près 80  % de la surface et 90% de la
population, une zone résidentielle couvrant 10%
de la surface et autant de la population, et une
zone secrète, dans laquelle il se trouvait, qui
était celle des recherches.

La sous-sol abritait près de 10.000 habitants
dont 2000 androïdes ordinaires, c’est-à-dire des
parfaits serviteurs, les habitants dans la zone
banalisée n’avaient pas tellement besoin
d’androïdes, disposant d’une production
automatique d’aliments, de boissons et
autres, d’une positronique et d’un logis
confortable, ils les utilisaient comme
prestataires de service lorsqu’une réparation
s’avérait nécessaire.

Pour la zone dite résidentielle, celle des
gouvernants, de leurs proches et de leurs
serviteurs, que l’on aurait pu baptiser zone de
commandement ou de gouvernement, les
androïdes étaient plus impliqués dans les
activités, politiques et de gestion, mais là
encore, aucun androïde intelligent.

La zone secrète occupait une centaine de
personnes triées sur le volet en fonction de
leur descendance et de leurs compétences, et
une quinzaine d’androïdes intelligents, en plus
d’une vingtaine d’androîdes ordinaires, cette
zone était très vaste compte tenu du nombre
restreint d’occupants, et elle n’était
connue des autres que sous l’appellation
« zone de Recherches » sans détail
supplémentaire, seul le Président de la planète
qui vivait dans la zone résidentielle, ainsi que
ses Ministres, pouvaient éventuellement
communiquer avec Fedor ou
Andrei, Markus, Georg ou Nikita, étaient
inconnus au bataillon, les androïdes supérieurs
n’existaient ni pour les gouvernants ni pour le
peuple, parmi bien d’autres choses, et cela
surprit Baldur qui entendait bien poser la
question à Fedor.          

Lorsque le délai prit fin, et que Baldur se
retrouva dans le salon, avec Andrei et
Fedor, ce dernier:

« Tiens, Markus ! S’il te plaît, fais-nous servir
deux whiskys et une vodka ! »

« De suite, Fedor. »

« Alors, Baldur, ces trois jours ont dû s’avérer
instructifs pour vous, non ? »

« Oui, Fedor, en effet, et pour vous ?

D’après le peu que je vous ai apporté ? »

« Le peu ?

 Détrompez-vous mon cher, votre disquette est
fort bien faite, avec ses trois parties:

Astronomique, géographique et politique.

Quant à vos documents qui complètent fort
bien la section politique en y ajoutant une
section économique, tout cela nous a permis
de voir, à très peu de choses près, à quoi
ressemble votre société actuelle, d’après
quelques unes de vos données historiques, nos
deux mondes ont été assez parallèles jusqu’à
notre an 5000 qui correspond à la fin de votre
treizième siècle.

Puis là, pour une raison que j’ignore, tout
d’un coup, des grosses têtes apparaissent
chez nous bien plus tôt que chez vous, et
la suite n’est plus la même, d’après ce que
nous avons compris, vos gens vivent
pratiquement tous en surface, cela
ne doit pas être bien agréable. »

Baldur: « C’est comme tout, question d’habitude.

Chez nous beaucoup de gens préféreront
vivre à la surface plutôt que dans un
sous-sol, la vie pasteurisée n’est pas du goût
de tout le monde.

Mais il y a surtout deux choses que j’aimerais
comprendre, la première, même si l’on ne
connaît pas la vraie raison, quelle explication
pourrait-on donner au fait que deux
mondes, parallèles durant des millénaires, ne
le soient plus du jour au lendemain ? »

Andrei: « Plus ou moins parallèles, à une époque
j’y avais réfléchi, la seule conclusion qui m’a
parue logique et peut-être valable
scientifiquement, c’est que l’univers ou une
force équivalente, dispose de plusieurs
dimensions dans laquelle elle fait des
essais, elle crée un certain nombre de
réalisations possibles au développement, puis
elle en met certaines en standby, avant d’en
éliminer d’autres, selon ce qu’elle
constate, si, dans une dimension parallèle
elle doute d’un résultat dans le
développement, elle va alors modifier un
élément de cette dimension pour
recherche d’un meilleur résultat, par
exemple modifier la naissance ou la
destinée d’une personne célèbre, ou d’un
évènement, puis elle laisse la suite se
poursuivre durant un temps, avant une autre
modification, et ainsi de suite, voilà comment
Les choses m’apparaissent. »

Baldur: « Fff! Brillante déduction, Andreï, qui
pourrait expliquer pas mal de
choses, chapeau, je me réserve un moment
pour réfléchir à cette théorie. »

Fedor: « Oui, Andrei peut être surprenant, ce
n’est pas pour rien qu’il est mon Assistant, et
votre deuxième question, Baldur ? »

« Oui, elle concerne votre sous-sol, et ses trois
zones, je suppose que les données qui sont sur
ma positronique font partie des données
secrètes, non accessibles aux autres ? »

« Exact, et… »

« Et pourquoi en est-il ainsi ?

Bien sûr, dans mon monde le secret existe
aussi, mais probablement pas pour les mêmes
raisons, votre société ici est pasteurisée, pas
de conflits, presque tout le monde vit dans des
sous-sols, les autres zones n’ont pas accès à
celle des recherches, je pense que même le
Président de cette planète ignore les neuf
dixièmes de ce que vous faites, l’impression
que cela me donne, c’est que c’est Andrei et
vous, avec l’aide de Markus et que quelques
autres, qui dirigez et/ou gérez la planète. »               

Fedor: « Votre intelligence ne fait aucun
doute, Baldur.

Alors voilà l’explication, partant du fait que
nos humains ne sont pas meilleurs ni pires
que les vôtres, il vous sera facile de
comprendre que le savoir n’est pas accessible
à tout le monde, pour différentes raisons, pour
les uns, il n’aurait aucun intérêt, pour
d’autres, il pourrait être utilisé à de mauvaises
fins, enfin pour d’autres encore, sous prétexte
d’une égalité utopique, ils voudraient le
posséder alors qu’il ne disposent pas de la
capacité d’en faire usage.

Vous parliez de notre Président, Monsieur
Pavel Lesskov, comment peut on le définir ?

C’est un brave homme, un peu trop porté
sur la bonne chère, les alcools et les femmes.

Pour lui, s’il n’entend parler de rien, c’est-ce
qu’il y a de mieux, que ferait un tel homme
de nos secrets ?

Ses Ministres ?

 Une douzaine, parmi eux, il y en a au moins
trois ou quatre auxquels il vaudrait mieux
ne pas les confier, trois ou quatre autres, comme
notre Président vivent très bien sans, et les
quatre derniers sont faits pour être Ministres
comme moi pour être militaire.

D’autre part, nous avons remarqué que votre
société dépend d’une hiérarchie verticale, pas
dans le sens primaire du terme, mais qui
marche tout de même aux ordres, chez
nous, cette forme de hiérarchie n’existe plus
depuis des siècles, notre hiérarchie, si
seulement il y en a encore une, serait d’ordre
fonctionnelle, notre sous-sol, qui est le
gouvernemental de la planète, ne donne plus
d’ordres depuis longtemps, chacun d’eux est
indépendant, personne ne commande les gens
de la surface, nos modes de gestion sont
différents des vôtres, et je comprends que
cela vous surprenne.

Par la suite, ici, vous découvrirez bien des
choses qui ont d’excellentes raisons de
demeurer secrètes.

Andreï et moi, régents de cette planète ?

Pas vraiment, sous sommes avant tout des
chercheurs et  ce sont les avancées
scientifiques et médicales qui nous
intéressent, ce que peut faire un Piotr, un
Sergei, une Nina ou une Olga dans le
sous-sol 527 ou le 832 est le cadet de nos
soucis. »
  
Baldur: « Effectivement, bonnes réponses.
J’aurais dû garder nos différences à
l’esprit, votre position est d’une logique
imparable, acte de grande sagesse, le savoir
reste entre de bonnes mains. »
         
Fedor: « Si vous n’étiez pas obligé de
repartir, on vous aurait définitivement gardé
dans notre équipe, un an sera peut-être court
mais suffisant, j’espère, pour un apport mutuel
bénéfique.

Ah, une dernière petite chose avant de
déjeuner, vous avez dû voir que notre labo a
une situation spéciale même dans la zone
secrète, ainsi que d’autres choses que nous
vous montrerons, comment ça se passe chez
vous au niveau des femmes et du sexe ? »

« Ca, c’est une bonne question, dans notre
monde, pour la plus part des hommes, bien
qu’ils le reconnaissent rarement, les femmes
sont importantes, certains malades peuvent
être dangereux pour elles, elles ne sont pas
tout à fait considérées au même niveau que
les hommes, un des points sur lequel je ne suis
pas d’accord. »

« Je vois, nous avons une quarantaine de
femmes ici, dans la section secrète, mais pas
dans le labo, pour des raisons évidentes, votre
identité devra rester secrète, vous êtes mon
second Assistant, on va vous faire une carte au
nom de Makar Bolgarov, votre âge ?

Disons 35 ans… »

« Vous n’êtes pas tombé loin, j’en ai 34, et je
suppose que je ne dois dire à personne que
je suis un voyageur dimensionnel. »

« Non, en effet, si vous vous faites une petite
amie dans la zone voisine, pas question qu’elle
sache. »

« Clair, parce que vous pensez que… »

« Vous aurez une amie ?

Oui, avec votre physique, vous risquez même
de faire un malheur parmi une quinzaine de
jolies femmes disponibles, et puis, en un
sens, un an, ça peut être long, le temps vous
semblera passer un peu plus vite. »

Andreï: « Oh ! Même dans le labo, Fedor, Dunya
Maslo, la chercheuse médicale… »

« La jolie blonde de six pieds avec tout ce
qu’il faut ?

Fff ! Oui, un canon, mais elle a 52 ans, je crois. »

Andrei: « Et alors?

Grâce au traitement, tiens faudra lui parler de
ça aussi, on ne vieillit plus avant 200 ans, après
non plus parce qu’on n’est plus là. »
 
Baldur: « Ah ! Parce que vous avez trouvé un
traitement qui … »

Fedor: « Prolonge la vie ?

Oui, qui est en passe d’être amélioré, avec un
peu de chance, vous bénéficierez du suivant. »

« Mais alors, quel âge avez-vous ? »

Andrei: « Fédor a 98 ans, moi, seulement 72. »

Baldur: « Seulement 72, ah ah, alors que
vous n’en paraissez guère plus de 30 et à
Fedor, on donnerait tout juste la
cinquantaine, chapeau !

Mais vous avez parlé d’un prochain traitement. »

Andreï: « Bon, sous contrôle de Fedor, je dirais
qu’un nouveau composant vient d’être
découvert, l’équipe de Dunya, justement, est en
train de le tester pour les éventuels effets
secondaires, et un toutim d’autres considérations
qui me dépassent, il pourrait être ajouté à
l’ancien traitement, mais là-dessus, une
prudence maximale s’impose, nous serons fixés
dans plusieurs mois. »

« Et de combien rallongerait-il ? »

« Indéterminé pour le moment, mais Dunya a
parlé d’au moins 1000 ans. »

« Fff ! Mais si je vis 1000 ans de plus, qu’est
ce que je vais faire sur Terre ?

Pas question de prendre une retraite.»

Fedor: « Sur Terre ou ailleurs, vous n’êtes pas
du genre à prendre une retraite, surtout avec
une vie prolongée,  nous savons qu’en
spatial, vous n’allez pas loin, dans votre
labo, pourriez vous discrètement fabriquer
un vaisseau spatial ? »

« Moi, non, mon Prof non plus, c’est un brillant
cerveau, mais pas très bricoleur, le
Transdev, c’est moi qui l’ai monté pièce par
pièce, mais pourquoi me parlez vous d’un
vaisseau spatial ? »

Fedor: « Dans les prochains jours, nous
allons vous montrer ceux que nous
avons, officiellement nous ne sommes pas plus
avancés que vous, les gens ne peuvent
dépasser le système, mais avec l’équipe de
Markus, ceux que nous avons fabriqués
peuvent atteindre Kaarta que vous appelez
Andromède en quelques jours. »

« Fff ! Oui, en aménageant notre sous-sol, on
doit pouvoir fabriquer un vaisseau de 200
mètres, mais nous n’en avons pas les
connaissances. »

Fedor: « Ce n’est qu’un détail, êtes-vous
capable de nous monter un Transdev ou mieux
encore, de donner les éléments à Markus et à
son équipe, qui le montera plus vite ? »

« Oui, je le peux, et serais d’accord pour le
faire, mais en échange de quoi ? »

Fedor: « De trois choses, vous repartirez d’ici
avec:

- Les éléments nécessaires pour constituer un
androïde intelligent, pour vous, ce sera facile.

- Les éléments nécessaires à un vaisseau
spatial, pour cela, il faut disposer d’une équipe
d’androïdes intelligents, entre 10 et 15.

- Le Traitement s’il sort à temps. »

« Waoh ! Là, vous êtes plutôt généreux, vous
me donnez trois fois plus que ce que je peux
vous apporter. »  

Andreï: « Cela ne se mesure pas en
quantité, entre scientifiques, il est normal de
nous aider, de plus, nous savons qu’il n’y a
aucun risque car d’après ce que j’ai compris de
votre Transdev, il est peu probable de vous
revoir dans notre dimension. »

« Exact, ou alors il faudrait que nous fassions
de sacrés progrès alors qu’on débute, même
avec 1000 ans de plus, je doute que nous y
parvenions, mais vous, avec vos
avancées, pourquoi pas ?

C’est sûr que j’aimerais bien vous
revoir, mais… »

Andrei: « Nous vous considérons comme un ami. »

« Merci, Andrei, mais n’oubliez pas, jusqu’à
présent, j’ai eu de la chance, déjà bien accueilli
par des confrères au premier voyage, et mieux
encore maintenant, je n’ai pas d’expérience
suffisante pour être sûr que ce sera toujours
le cas, le cobaye, ou disons le voyageur peut très
bien rencontrer des conditions beaucoup mois
favorables. »

Fedor: « Nous en sommes conscients, mais ce
Transdev est une dimension qui nous manque
dans nos recherches, nous pensons que c’est
une porte d’accès aux connaissances de
l’univers, et cela, pour un scientifique, c’est
plus important que tout. »

Le déjeuner se termina, et Andrei:

« On n’a pas trop à faire en ce
moment, Fedor, que pensez-vous de
montrer à notre ami le hangar des
vaisseaux, et l’atelier des androïdes ? »

« Oui, pourquoi pas ?

Mais pour les labos de recherches, nous
verrons cela demain ou après demain, on
ne peut pas tout faire d’un coup. »

Baldur put voir une demi douzaine de vaisseaux
spatiaux de 300 mètres de long, et Fedor:

« Qu’en pensez-vous ? »

Baldur: « Très impressionnant, et une telle
surface peut rester secrète ? »

« Sans problème, personne à part les gens des
Recherches, les androïdes et nous, ne vient
dans cette zone, aucune carte ni aucun plan
n’y fait référence, cette zone est censée ne pas
exister, autrement dit, être en matériaux pleins. »

Baldur: « D’accord, ces vaisseaux paraissent
très confortables, je les suppose armés, à
quelle vitesse peuvent-ils aller ? »

Andreî: « Ils sont extrêmement confortables
pour 500 personnes, disposent de canons
transformateurs puissants, et peuvent dépasser
la vitesse de la lumière de cent millions de
fois, l’autonomie des propulseurs est de 500
millions  d’années/lumière, mais tout cela
reste théorique, car ils n’ont encore jamais
servis, mais ils sont régulièrement vérifiés
et entretenus par l’équipe de Markus. »
 
Baldur: « Ffff ! Vos chiffres donnent le vertige.

Je suppose qu’ils sont dotés de compensateurs
de gravité, de systèmes de défense, d’air et
d’eau, ainsi que d’une production permanente
d’aliments et de boissons. »

Fedor: « Ils ont en effet tout cela, chaque
vaisseau est une véritable usine, la défense
se compose de rayons Khâ pratiquement
infrangibles, une des très belles réalisations
de l’équipe de Markus. »

Baldur: « Tiens, puisque vous parlez d’eux, à
part les deux androïdes qui servent nos repas
et boissons, Markus, Georg et Nikita, je n’ai
pas encore vu les autres. »

Andreî: « C’est normal, ils sont dans les services
humains de recherches, cinq au scientifique, et
cinq autres au médical, et sont en parfaite
collaboration avec notre personnel, vous les
verrez dans peu de temps, lorsque nous vous
présenterons comme chercheur spécialiste des
portes dimensionnelles, un vieux projet qui
nous tient à cœur, et qu’ils connaissent, personne
ne sera surpris. »

Fedor: « Surtout que le nom que nous vous
attribuons, celui de Makar Bolgarov n’a pas été
choisi au hasard, vous êtes l’un des fils d’un
riche industriel qui vit dans la zone
résidentielle, mais ni lui, ni nos gouvernants
n’apprendront votre présence parmi nous. »

« Votre personnel de recherches doit connaître
les Bolgarovs, s’ils sont importants, comment
allez-vous me présenter ? »

Andrei: « Excellente question, sachez qu’à
quelques rares exceptions près, les gens sont
nés dans la zone à laquelle ils
appartiennent, parmi nos chercheurs, deux
font partie de ces exceptions,  Boris Soloviev
104 ans, chercheur scientifique qui vient de
la zone banalisée, et ne connait donc pas les
Bolgarovs, et Irina Kovalevski, 102 ans
chercheur scientifique qui vient bien  de la
zone résidentielle, si elle les connaît, ce serait
au niveau des arrières grands parents, car elle
fait partie de la zone des recherches depuis
75 ans, pour des raisons d’efficacité, les
chercheurs ont accès, de par leur
positronique, à ce qui se passe dans la zone
banalisée, et en surface, mais pas à la zone
résidentielle, domaine de la politique.

L’expérience nous a appris que la politique, et
les recherches, ça ne faisait pas bon
ménage, d’un autre côté, il est hors de
question que nous gouvernants perturbent
nos services de recherches quel qu’en serait
le motif, les seuls interlocuteurs sont Andrei
et moi.

Pour répondre à votre légitime question, nous
allons vous présenter tel quel, un brillant
étudiant qui s’est spécialisé dans les
recherches dimensionnelles, et dont nous
avons désormais besoin. »

Le soir même, après avoir dîné avec ses
partenaires devenus habituels, Baldur regagna
son domicile, et s’installa dans son salon:

« J’ai de la vodka ici, ils ont tout prévu, bon
alors je suis parti pour passer un an dans
cette zone, mais ça vaudra le coup si Fedor
et Andrei tiennent leur promesse, pouvoir
ramener au Professeur tous les éléments
permettant de fabriquer des androïdes
intelligents, puis un vaisseau spatial, c’est
au-delà de tout ce que j’aurais pu espérer.

Deux gros malins ces deux là, l’air de rien, ce
sont eux, les chefs d’orchestre, court-circuiter
les chercheurs de la zone résidentielle, c’est
fort, mais dans un autre sens, je peux les
comprendre, car ni le Prof, ni moi, n’aimions
avoir affaire aux autorités dans mon
monde, finalement, des scientifiques, c’est
fait pour rechercher, pas pour autre chose, je
suis un cas particulier dans le sens que j’aime
le sport, les compétitions et les combats, de
temps à autres, j’aimerais bien être à la
surface, mais dans ce monde, compte tenu de
la configuration de la société, cela n’aurait
peut-être aucun intérêt.

Passer beaucoup de temps dans les services de
recherches ?

Non, pas vraiment, avoir une copine, oui, ok, si
ça se fait, mais le mieux sera de rester ici le plus
possible, devant cette positronique qui
m’apprendra encore beaucoup de choses, tiens, à
ce sujet, 100 personnes aux Recherches?

A mon avis, seules les trois ou quatre personnes
les plus importantes de chaque groupe, et les
coordinateurs de Markus vont compter, voyons
voir si je peux savoir qui fait quoi avec cet
appareil. »     

Au bout d’une demie heure:

« Même cette positro a des codes, certains
endroits me sont interdits, et notamment les
recherches, c’est l’occasion de voir si je peux
vraiment faire confiance à Fedor et à
Andrei, allons les leur demander. »

Baldur quitta son salon pour se diriger vers le
laboratoire principal, il y retrouva les deux
savants en conversation avec Markus.

« Excusez-moi, je peux vous déranger ? »

Fedor: « Bien sûr, Baldur, nous parlions
justement de vous, de quoi avez-vous besoin ? »

« Des codes sur la positronique pour pouvoir
accéder à l’organigramme des services de
Recherche, pas par indiscrétion, bien sûr, mais
pour connaître les noms des principales
personnes des groupes afin de ne pas paraître
trop bête lorsque vous me présenterez. »

Andrei et Fedor se fixèrent, ce dernier fit un
signe de Tête et Andrei:

« Mais bien sûr, cher ami, on vous accompagne
vers votre salon, Markus va vous montrer
comment procéder. »

Peu après, Markus:

« Bien, Baldur, allumez la positronique et tapez
Recherches. »

Baldur s’exécuta et put lire:

« Vous tentez d’accéder à la Section
Secrète, Service des Recherches, tapez le
code d’accueil. »

Markus: « Tapez CH3CO2C2H5 ! »

Baldur: « De l’acétate d’ethyl ! Original. »

Fedor: « Je vois que vous vous y connaissez
également en chimie, bravo. »

Baldur put encore lire:

« Accepté, maintenant, tapez le code d’accès. »

Markus: « Là, il va falloir procéder d’une manière
inhabituelle, je vais prendre votre place et
procéder, afin d’inscrire un nouveau membre
disposant d’une autorisation d’accès, pour
vous, ce sera MAKAR.

Il aurait été possible de taper FEDOR, ou
ANDREI ou encore moi-même, ou GEORG, ou
enfin NIKITA mais en voyant votre visage, la
positronique ne reconnaissant aucun d’entre
nous aurait considéré l’action comme une
tentative de hack, et aurait réagi en
conséquence.

Je vais régulariser cela. »

Baldur vit Markus taper à une vitesse folle une
série de codes incompréhensibles, et quelques
secondes plus tard.

« Voilà, c’est régularisé, redémarrez à
« Recherches » et faites la
suite, CH3CO2C2H5, puis MAKAR, pour voir. »

Baldur fit ce que Markus lui avait demandé, et
quelques secondes plus tard, l’écran lui afficha
un certain nombre de rubriques parmi lesquelles
Il pouvait apercevoir:

SECTION SCIENTIFIQUE    SECTION MEDICALE
      Organigramme                   Organigramme

Markus: « Voilà, vous y êtes, et pourrez
désormais y accéder à votre guise, à ce
niveau, vous utilisez le curseur, et vous cliquez.

Plus bas, puisque vous recherchez des noms, vous
avez également pour chaque section une « liste
du personnel » dans laquelle les membres sont
présentés avec d’autres informations, à vous de
voir celles qui vous conviennent. »

Baldur: « Merci à vous trois, chapeau Markus, la
vitesse à laquelle vous tapez, puis cette série de
codes bizarres. »

Markus: « Oh ! Rigolade, je n’ai fait qu’entrer de
l’assembleur afin d’aller plus vite. »

Fedor: « Bien, Baldur, nous vous laissons, passez
une bonne soirée. »

Lorsque Fedor, Andrei et Markus quittèrent le
salon de Baldur, probablement pour revenir au
laboratoire et poursuivre leur conversation, ce
dernier:

« Woosh ! Je vais me reprendre une vodka, et
consulter cette liste. »

Tout se passa bien, et au bout de quelques
secondes, Baldur vit la rubrique:

Section Scientifique      Liste du personnel

« Peut-être aurais-je ici plus d’informations
que sur l’organigramme, cliquons.

Ah ! Voilà, des données apparaissent:

Effectif global: 55 personnes.

Assistées par: Alexsei, Dmitri, Isidor, Prokhor
et Viktor.

Chef de laboratoire: Pavel Rosoff 78 ans

Chef de groupe: Irina Kovalevski, 102 ans

Adjoint de recherches: Varya Tiourine 38 ans

Adjoint de recherches: Nazar Vinogradov 61 ans

Bon ça va, toute une liste d’autres noms, je ne
dispose pas d’une mémoire éidétique, passons
à l’autre section.

Section médicale    Liste du personnel

Effectif global: 45 personnes

Assistées par: Anton, Filat, Kostya, Radomir
et Yegor.

Chef de laboratoire: Dunya Maslo 52 ans.

Chef de groupe: Rolan Melnik 73 ans

Adjoint de recherches: Evgeni Chichkine 66 ans

Adjoint de recherches: Elena Kurski 43  ans.

Bon, la fille canon est Chef de Labo, 55
personnes d’un côté et 45 de l’autre, ça fait
du monde.

A la place d’assistées, j’aurais mis
surveillées, mais bon…

Là, je commence à fatiguer, la journée a été
chargée, le mieux est d’aller me coucher, suite
à demain. »

Le surlendemain matin, Fedor:

« Ah ! Bonjour Baldur, ça va ? »

« Merci, et vous ? »

« Très bien, avec Andrei, je vais vous faire
visiter les deux sections de recherches, nous
n’avons pas pensé à vous le dire, mais il
serait inutile de vouloir retenir tous les
noms du personnel, dans chaque section, seul
les quatre les plus importants suffisent, à
savoir:

Le Chef de Labo, le Chef de groupe et les
deux assistants de recherche, le reste… »

« Très bien, Fedor, cela va me faciliter les
choses. »

Ce qui ne l’empêcha pas de penser:

« C’est exactement ce que j’ai fait, mais
première alarme, lorsque Fedor qualifie de
RESTE l’ensemble du personnel de recherches
qui peut lui être bien utile, dans quel esprit
l’a-t-il fait ?

Celui du mépris ou seulement afin de faciliter?

Son visage n’a rien fait apparaître, alors restons
prudent. »

Fedor: « Nous allons commencer par la section
médicale, peut-être aurons plus d’informations
sur le nouveau produit en cours d’analyse. »

Arrivés dans la section en question, Baldur pensa
immédiatement que la visite avait déjà été
programmée, car tout le personnel était réuni
dans la grande salle d’accueil.

Andrei: « Bon, je vais procéder aux présentations.

Mesdames, Messieurs, voici Makar Bolgarov, mon
nouveau collègue et second assistant du
Professeur Fedor Obolonsky, si un jour il repasse
vous voir pour une question technique, nous
comptons sur votre collaboration.

Makar, voici Dunya Maslo, notre Chef de
Laboratoire. »

Baldur: « Ravi de faire votre
connaissance, Dunya Maslo. »

Dunya: « Moi également, vous êtes
impressionnant, Monsieur Makar, et bel
homme, ce qui ne gâte rien, si vous avez
besoin de quoi que ce soit, je suis à
votre disposition. »

« Merci Dunya, je saurai m’en souvenir. »

Andrei: « Bon, et voici Rolan Melnik le Chef
de groupe…»

Les présentations continuèrent jusqu’à
Elena Kurski la seconde adjointe aux
recherches, qui était également une fort
jolie femme.

Fedor: « Bien, Dunya, des nouvelles sur vos
tests. »

« Oui, Professeur, et c’est en bonne voie, de
nombreux tests indiquent qu’en ajoutant ce
produit à l’ancien traitement, l’éventualité
de réactions secondaires est de l’ordre de
1/1.000.000, donc pratiquement
inexistantes, j’attendais les résultats des
derniers tests que nous menons sur son
champ d’action pour vous en parler. »

« Son champ d’action, c’est-à-dire la durée
d’allongement ? »

« Exactement, Professeur, le minimum est
de 2000 ans, peut-être aurons-nous des
indications définitives dans 15 jours. »

« Vos derniers tests ? »

« Oui, à ce moment là, nous pourrons mettre
au point le nouveau traitement, qui sera
applicable dans un mois. »

« Excellente nouvelle, bon, nous vous quittons
pour passer à l’autre section, continuez vos
recherches. »

Les trois hommes, et Markus, quittèrent la
section médicale pour se diriger vers la
scientifique, Baldur: 

« Ce n’est peut-être qu’une
impression, Fedor, mais je trouve que vous
êtes dur avec ces gens qui vous sont finalement
utiles. »

« C’est plus qu’une impression, Baldur, je vois
que vous vous posez des questions, et c’est
plutôt bon signe.

D’après ce que je sais de votre monde, il n’y a
pas que des petits saints chez vous, et c’est
logique dans le sens que pour être respecté, il
faut être craint, telle est la nature humaine.

Andrei et moi dirigeons ce Centre de
Recherches pour le bien de l’humanité entre
autres, c’est la seule zone dans laquelle une
hiérarchie verticale existe encore, et il ne
saurait en être autrement, que croyez-vous?

Imaginez un instant que chez Dunya ou chez
Pavel, un employé, pour une raison ou une
autre, devienne incompétent ou ne puisse
continuer à assurer ses missions, comment
pensez-vous que cela va se passer ?
 
Eh bien, c’est simple, dans les jours qui suivent
Dunya ou Pavel me contacteront pour une
prise de décision, c’est-à-dire faire remplacer
l’employé devenu inadéquat, ce dernier sera
alors réintégré dans sa zone d’origine, et un
ou une, nouveau promu prendra la suite.

Mais pour en revenir à ce qui vous
concerne, surtout n’ayez aucune crainte, je
tiens toujours parole, nous avons fait un
marché, si vos compétences nous permettent
de fabriquer un Transdev qui fonctionne, vous
repartirez avec ce que nous vous avons promis. »

« Alors là, Fedor, je ne peux que vous
présenter toutes mes excuses. »

« Elles sont acceptées, nous savons que
vous êtes quelqu’un de bien, tiens !

Nous arrivons. »

Andrei: « Un moment avant
d’entrer, Fedor, vous avez du voir, Baldur, que
vous avez tapé dans l’œil à Dunya, qui vous a
jeté une sacrée balise.

La façon dont elle vous a dit :

« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je
suis à votre disposition. » ne pouvait être
plus claire, et se traduirait plutôt par:
« Si vous avez besoin de moi, je suis à votre
disposition. »»

Fedor et Baldur éclatèrent de rire, puis ils
entrèrent.

Présentation identique à celle de la
médecine, c’est toujours Andreï qui
parlait, lorsqu’il arriva à Varya Tiourine 38 ans
brune 1.80 mètre superbe avec des formes de
rêve, première Assistante de Recherches, Baldur
pensa immédiatement qu’il trouverait le moyen
de revenir dans cette section.

C’est à ce moment là qu’il entendit:

« Monsieur Bolgarov ! Vous faites partie de la
grande famille des Bolgarovs ?

J’ai connu deux ou trois de vos ancêtres, des
gens bien, et… »

Andrei:« Oui, Irina Kovalevski on sait que vos
deux grandes familles se connaissent, eh bien
voyez, chez eux aussi, il y a des gens
brillants, mais nous avons peu de
temps, continuons les présentations… »

Une heure plus tard, dans le salon de
Baldur, devant un apéritif, Andrei:

« Oui, tout à l’heure j’ai été obligé d’interrompre
Irina, d’abord parce que c’est une sacrée
bavarde, lorsqu’elle est lancée elle est difficile à
arrêter, ensuite, parce que votre pedigree est un
sujet qu’il faut plutôt éviter, enfin, il s’agit de vous
imposer dans la hiérarchie, vous êtes désormais le
numéro quatre sur cette planète.

Que pensez-vous de Dunya ? »

Baldur: « Effectivement, un sacré canon, et
preneuse, mais ce n’est peut-être pas
elle qui m’intéresse le plus. »

Andrei et Fedor marquèrent un temps de
surprise puis ce dernier:

« Hm, oui, ne serait-ce pas notre ravissante
sportive de la section scientifique,  Varya
Tiourine ? »

Baldur: « Vrai. »

Fedor: « Egalement un bon parti, mais plus
difficile à acquérir, même pour vous. »

Baldur: « Pourquoi ? »

Andrei: « Parce que d’après ce qu’on a pu
observer d’elle jusqu’à présent, les hommes
ou les femmes, pas de relations, seul le sport
semble compter pour elle, indépendamment
des Recherches, bien sûr. »

Baldur: « Dans ce cas, à moi de me montrer
suffisamment sportif pour l’intéresser. »

Fedor: « Vu de cette façon…

Mais attention, ce sont des sports de combats
qu’elle pratique le plus. »

Baldur: « Alors ça, ça m’intéresse encore plus
car sur tout ce qui est combat, sans me
vanter, j’en connais un rayon. »

Andrei: « Une autorisation d’aller à sa salle
de sports pour entrainements de
combats, plutôt que de pratiquer tout seul
dans la salle de sport à côté de votre domicile ?

Qu’en pensez-vous Fédor ?

On devrait pouvoir arranger ça ? »

Fedor: « Et comment, Markus fera le nécessaire. »
   
Baldur: « Je crois que je peux vous faire
confiance, alors dans les jours qui viennent, je
vais commencer à faire des croquis, et autres
plans, comportant les explications, pour la
création d’un Transdev. »

Fedor: « Nous aussi, nous vous faisons
confiance, et ne pouvons qu’apprécier ce que
vous venez de dire, notre coopération ne pourra
être qu’excellente. »

Plusieurs semaines s’écoulèrent, Baldur
répartissait son temps entre ses discussions
avec Fédor et Andrei, sa coopération avec
Markus pour constituer des premiers plans
des éléments annexes du Transdev, ses
études via la positronique sur les androïdes
et les vaisseaux spatiaux, ses entraînements
sportifs et de combats dans la salle de sport
fréquentée par  Varya Tiourin, au cours de
l’un d’eux, cette dernière:

« Vous me surprenez, Monsieur Makar, vous
êtes fort, très fort, vif, rapide, et apte aux
combats, pour un scientifique supérieur, vous
êtes le seul cas que je connaisse. »

« Détrompez-vous, nous sommes deux. »

« Ah ! Et qui d’autre ? »

« Vous. »

« Si je suis bonne dans les combats, je ne suis
pas pour autant une scientifique
supérieure, mais seulement une employée dans
les Recherches, ce qui est différent. »

« Ne vous sous-estimez pas, je suis sûr que
vous êtes très compétente dans ce que vous
faites. »

« Vous m’honorez, Monsieur Makar, vous êtes
l’un de nos supérieurs suprêmes, et sans
vouloir vous manquer de respect, savez-vous
ce à quoi je pense ? »

« A m’affronter en combat. »

« Exactement, décidément, vous êtes rapide
en tout, et feriez un redoutable adversaire, mais
je n’ai pas peur, j’aime le risque et
la compétition. »

« Dans ce cas, nous sommes deux. »   
 
« On fait un combat ? »

« Allons-y. »

Ils se mirent en position, Baldur connaissait
les règles du combat qui se pratiquait dans
cette salle, et qui s’apparentaient à celles de
la boxe thaîlandaise.

Après quelques secondes d’observation, c’est
Varya qui lança deux coups d’anglaise, un crochet
et un uppercut, doublé d’un coup de pied destiné
à une cuisse, Baldur s’aperçut qu’elle était
étonnamment rapide, mais pas suffisamment
pour l’inquiéter, il para les coups de poing, et
le pied de Varya ne rencontra que le vide.

Il ne voulait surtout pas lui causer de dommages
mais devait rester très vigilent pour ne pas en
subir, d’un autre côté, faire durer un peu le
combat était de mise, la paralyser de suite par
une prise inconnue aurait fait désordre.

Il décida de ne pas utiliser les jambes, mais
seulement les poings, et de préférence, dans la
garde de Varya, cela faillit lui coûter cher, car
cette dernière n’avait pas les mêmes
scrupules, elle doubla deux crochets puis fit un
bond de plus d’un mètre pour un coup de pied
vers le visage que Baldur sut éviter de justesse.

« Pourquoi vous contentez-vous de parer mes
coups ?

Combattez donc, je ne suis pas en porcelaine. »

« Peut-être pas, mais trop jolie pour être
démolie. »

Deux coups de pied et deux crochets furent
parés par Baldur dans les secondes suivantes.

« Parce que vous croyez pouvoir me démolir ? »

« Ce n’est pas mon intention, mais je vais
vous paralyser dans moins de 30 secondes. »

Varya éclata de rire, et:

« Je voudrais bien voir cela. »

« Alors mettez-vous en garde. »

Varya lui lança un coup de pied sous la garde
destiné à toucher l’abdomen, mais Baldur se
saisit du pied, Varya en équilibre
instable, tenta de le rétablir, et pour
cela, dût baisser sa garde, Baldur en profita
pour lui administrer du plat de la main un
coup sec sur son cou, à une rapidité qu’elle
ne vit pas venir, et bien que combattant sur
une sorte de moquette, se précipita pour
amortir sa chute, la déposant délicatement
sur le sol.

Dès qu’elle reprit conscience, une minute plus
Tard:

« Que, que s’est-il passé ? »

Elle constata qu’elle était allongée sur la
moquette, regarda Baldur tout en réfléchissant.

« Comment vous sentez-vous ? »

« Ca se remet, vous m’avez paralysée, le coup
de la main, je ne l’ai pas vu venir, vous êtes
encore plus rapide que je ne pensai, mais
pourquoi m’avez-vous épargnée ? »

« Parce que vous me plaisez, mais oublions
tout cela, connaissez vous un lieu dans
lequel on pourrait boire un verre ? »

« Je vous plais !! Waow ! Boire un verre ?
Oui, il y a un café restaurant pas loin. »

« Alors allons nous changer, puis allons
y, d’accord ? »

« Je ne sais si je dois accepter, pourquoi
le devrais-je?

Oui, vous faites partie de mes supérieurs, si
c’est un ordre alors j’exécute. »

« Ne soyez pas si sauvage, vous n’avez
aucune obligation d’accepter, ce n’était
qu’une proposition, tout dépend si cette idée
vous convient ou pas. »

« Laissez-moi réfléchir… »

Varya n’avait pas un caractère facile, mais
Baldur l’impressionnait, elle gardait en
mémoire sa déconvenue avec un homme
quelques années auparavant, mais là, très
instinctive, elle sentait quelque chose de
différent, elle n’avait jamais voulu se
l’avouer, mais depuis qu’elle connaissait
Baldur et qu’elle le rencontrait régulièrement
dans sa salle de sports, il l’intriguait, elle
avait remarqué qu’avec lui, tout paraissait
simple, même des choses loin de l’être.

« D’accord, j’accepte, je vais prendre une
douche, et on se retrouve à la sortie. »

« Très bien, je vous attendrai. »

C’est-ce qu’il fit, et pendant ce temps, il
réfléchissait:

« Je n’ai jamais vu une femme aussi belle, et
une sacrée combattante, ses coups, on les
sent, elle est forte et rapide, la conquérir ne
sera pas facile, si j’y parviens, mais pour le
Transdev, je crois que devenir une confrère
pourrait l’intéresser, ainsi qu’Andrei et Fedor
qui auraient bien du mal à trouver quelqu’un. »

Un peu plus tard, au restaurant:

« Vous prenez de la vodka !

Ce n’est pas bon pour le sport, ça. »

« Pour le sport, je ne sais pas, mais pour
moi, c’est excellent. »

« Vous êtes quelqu’un d’étrange, Monsieur
Makar, vous ne seriez pas un Bolgarov, je me
demanderai de quelle planète vous viendriez. »

« Oh ! Vous avez entendu parler de nous ? »

« Oh, oui, avec Irina qui nous en rabat les
oreilles depuis que vous êtes là, et ils sont
ceci, puis cela, et encore cela, les hommes
font tous deux mètres comme vous, des
balèzes, les femmes sont les plus belles, et
patati, et patata.

Voilà pourquoi vous m’énervez, alors que
finalement, je suppose que ce n’est pas
votre faute. »

« En effet, si je lui rappelle des souvenirs, ce
n’est pas de ma faute. »

« Non, j’en conviens, mais le fait que vous
soyez ici, nous en subissons quand même les
conséquences. »

« Que puis-je faire pour me faire pardonner ? »

« Si haut que vous soyez, pas grand-chose je
pense, il faudrait faire en sorte qu’Irina
devienne muette. »

« Fait-elle bien son travail ? »

« Il n’y a pas de plaintes à son encontre, alors
je suppose que oui. »

« Savez-vous si elle a des connaissances en
médecine. »

« Tiens ! Curieuse question, pourquoi ? »

« Parce que si c’était le cas, un petit changement
de section avec une collègue de la médecine qui
aurait des notions scientifiques… » 
  
Varya écarquilla les yeux:

« Alors vous ! Vous êtes carrément hallucinant.

Je suppose que vous avez le pouvoir de faire
ce que vous dites, de changer ou de virer
n’importe laquelle ou lequel d’entre nous, et
vous feriez cela pour moi ? »

« Sans hésiter. »

« Que voulez-vous de moi exactement ? »

« Que vous deveniez ma compagne. »
 
« Waow ! Bon, alors physiquement, vous
êtes  beau, sportivement, vous êtes hors
normes, vous occupez un poste au
sommet, vous êtes impressionnant, cela
mérite une sérieuse réflexion. »

« D’autant plus que de deux choses l’une, si
vous devenez ma compagne, vous logerez chez
moi, et apprendrez bien des choses, dans le cas
contraire, cela ne m’empêchera pas de vous aider
car je vous aime. »

« Puis-je vous donner ma réponse après
demain, à notre prochaine séance de sport ? »

« Bien sûr, vous avez tout le temps, vers quelle
heure allez-vous à la salle ? »

« Vers 19 heures, après mon travail, et avant
de dîner. »

« Peut-être pourrons-nous dîner ici même, c’est
bien ? »

« Oui, très bien, d’accord pour le dîner. »

Le lendemain fût un jour de réflexions des deux
côtés, Varya était une véritable aventurière qui
s’ignorait, dotée d’un paquet de qualités, elle
ne manquait pas de sensibilité, voire d’une
certaine fragilité ou force féminine, celle de
vouloir être aimée, et voilà qu’un colosse au
physique plutôt agréable qui semblait n’avoir
peur de rien, et pouvoir pratiquement tout
résoudre, qui faisait partie du sommet de la
hiérarchie, et dont la sincérité était
évidente, lui témoignait les plus hauts
sentiments et lui assurait un avenir encore
meilleur, c’était tout autre chose que ce
qu’elle avait connu.

« J’avoue que je suis très tentée
d’accepter, j’ai découvert chez lui un
certain nombre de traits communs avec les
miens, si je lui dis non, il est quand même
prêt à m’aider ? 

Il est hors normes sur tous les
plans, peut-être qu’il me plaît, et que je
serais stupide de refuser ?

De plus, je suis curieuse de nature, quand
ça en vaut la peine, et là, je crois que c’est
le cas, alors pourquoi pas ?

Il me crée d’étranges impressions, par
exemple celle de penser qu’il a le facteur
chance avec lui, je comprend qu’il ait pu
plaire à Dunya qui maintenant, lui en veut
à mort, mais elle ne fait pas le poids, et elle
le sait, elle n’a jamais été ma copine, mais
peu importe, d’accord c’est décidé, j’accepte. » 
  
De son côté Baldur dans son salon avec
Andrei:

« Oui, j’ai bu un pot avec elle hier soir, et
dînerai  demain soir dans son restaurant, je
lui ai annoncé la couleur et attend sa réponse. »

Andrei: « Ca devrait être bon, Monsieur
Makar, elle aurait bien tort de refuser. »

« Ha ha, si elle accepte et qu’elle vit avec
moi ici, ça ne vous posera pas de problèmes ? »

« Non, au contraire, puis votre idée de
l’utiliser comme cobaye à notre Transdev n’est
pas mal non plus, Fedor est un peu plus
réticent parce que c’est une femme, très jolie
en plus, mais j’ai su lui faire comprendre
qu’ayant des traits communs avec vous, elle
était toute indiquée, si elle accepte bien
sûr, autrement, je suis d’accord avec vous, pour
avoir quelqu’un d’autre, et ça ne serait pas
moi, pas évident du tout. »

« Justement, à propos de femmes, Fedor et
vous, vous n’y pensez pas ? »

« Fedor non, c’est sûr, il est trop absorbé par
ses responsabilités, et le sexe et les sentiments…

Pas trop son truc, pour moi c’est
différent, pendant plus de 30 ans, je me suis
régalé avec des bonnes bourgeoises de la
zone résidentielle, j’en vois même encore
une de temps en temps, une vieille
amie, celle là, depuis 20 ans qu’on se
connaît, et elle est bonne. »

« Bravo, mais si Varya vient vivre avec
moi, comment ça va se passer ? »

Andrei: « On s’en reboit un ?

Ok, alors ce sera sans problème, c’est une
scientifique, alors ici, elle ne sera pas
dépaysée, on  lui fera la leçon pour ce
qu’elle devra dire aux gens des sections, en
un premier temps, deux androïdes, ou
vous-même l’accompagneront.

Si elle accepte son rôle de cobaye, cela ne
se fera pas avant votre départ bien sûr, elle
logera là où vous êtes, et connaîtra un peu plus
de nos petits secrets, mais nous savons qu’elle
n’est pas du genre à baver, si elle sait d’avance
ce qu’elle peut ou ne peut pas dire, c’est cool. »

« Elle deviendra peut-être votre seconde
assistante, Madame Makar. »

« Ha, ha, seconde assistante, peut-être, allez
savoir, Madame Makar, non, elle a déjà une
identité ici. »
 
« Il y a eu un sérieux décalage pour le
traitement miracle, il est prêt ou pas ? »

« Il l’est, c’est prévu pour la semaine
prochaine, Fedor et moi sommes en train de
finir la liste de celles et ceux qui pourront en
bénéficier, extension minimale de 3000 ans
d’après les dernières analyses, pour vous, on
fera en sorte que ça ne soit pas Dunya qui
vous l’administre, elle sait qu’en cas de
mauvaise idée, les représailles seraient
sévères, mais mieux vaut éviter tout
risque. »
 
Le lendemain soir, au restaurant:

Vayra: « Tenez ! Pour changer, je vais
prendre moi aussi une vodka. »

Baldur: «Très bien, il se pourrait qu’on n’en
boivent pas qu’une ou bien ? »

« C’est même très probable, j’accepte de
devenir votre compagne. »

« Excellent, vous ne le regretterez pas. »

La soirée fût bien arrosée, mais dans le domaine
du supportable, Vayra:

« Hm ! Un fameux dîner, on a bu pas mal, mais
à évènement exceptionnel dispositions
correspondantes.

Je suppose qu’on va passer chez moi pour
voir ce que je vais pouvoir emmener ? »

« Ne vous faites pas de soucis là-dessus, on
peut toujours y passer pour voir, mais
demain, je ferai donner les ordres à Markus
et à son équipe. »

« Markus et son équipe? Oui, je ne devrais
pas être surprise de ne pas les connaître, la
zone secrète va me créer bien d’autres
étonnements. »

« Plus que vous ne le pensez, que
faisons-nous ? »

« Bah, on peut se rendre directement chez
vous, ce sera peut-être plus simple. »

Le lendemain matin, Baldur:

« Bien dormi ? »

« Oui, et toi ?

Dis donc, tu es un sacré cochon. »

« Ca t’apprendra à être aussi ravissante. »

« Waow ! Bon remarque, ça m’a plu, mais
maintenant, j’ai faim. »

« Pas de problème, ici, il y a tout ce qu’il
faut. »

Dans la journée, tout fût régularisé, les
affaires de Vayra chez Baldur, le
remplacement de Vayra dans la section
scientifique, les présentations qui n’étaient
pas vraiment des nouveautés, sauf pour
Markus, Georg et Nikita, Baldur se repencha
sur ses plans du nouveau Transdev, Fedor
et Andrei terminaient leur liste.

Vayra: «  Ce que tu fais a l’air compliqué, qu’est
ce que c’est ? »

Baldur: « Des plans pour la constitution d’un
Transdev, ou porte dimensionnelle, maintenant
tu vas connaître les secrets de la zone secrète. »

« Ah ! Et je ne peux pas t’aider en quoi que ce
soit, je suppose…

Te regarder, j’aime assez, mais ne rien faire
me plaît moins.

C’est quoi, une porte dimensionnelle ? »

« Un appareil qui peut transporter quelqu’un
dans une autre dimension, ou un autre
espace/temps, sur une autre planète habitée
pendant un temps déterminé, par exemple
un an. »

« Ffff ! Et c’est toi qui fait ça ? 

Tu es une sacrée tête dis-donc, je comprends
mieux pourquoi tu es ici.

Et tu dis que les gens qu’on envoie ailleurs, on
les récupère ? »

« Bien sûr, si le Transdev fonctionne
correctement, mon boulot ici est d’en mettre
un au point.
Mais tu vas t’y faire. »

Durant la semaine suivante, une centaine
de personnes bénéficia du nouveau
traitement, il était difficile de faire
autrement dans la mesure où sa
conception était parfaitement connue des
deux sections, Vayra, Baldur, Andrei et
Fedor étaient du lot, ils vivraient
désormais au moins 3000 ans
de plus.  

D’autres mois passèrent, Vayra passait son
temps entre des entraînements sportifs, des
combats dans sa salle d’origine, une
formation scientifique accélérée avec
Markus, Georg ou Nikita, une autre formation
avec Baldur sur le Transdev, elle déjeunait et
dinait régulièrement avec Fedor, Andrei
et Baldur chez ce dernier, dans son salon.

Lorsqu’elle repassait dans les sections, d’anciens
camarades tentaient d’en savoir plus, mais elle
ne divulgua rien.

Baldur, lui, venait de terminer les derniers
plans de l’unité centrale du Transdev, Markus
et son équipe s’étaient bien avancés en
fabriquant les éléments annexes, deux mois
plus tard, à 90 jours de son départ, le Transdev
de Baldur était terminé et prêt à l’emploi.

A l’initiative de Fedor, Markus retira Dmitri et
Prokhor de la section scientifique et Anton et
Radomir de la médicale pour les affecter à
l’étude et aux recherches d’amélioration du
Transdev, en complément à Georg et
Nikita, persuadé qu’à six, ils avanceraient vite
sur d’éventuelles découvertes.

Baldur, qui avait réalisé sa part de marché
avec Fedor et Andrei disposait de plus de
temps libre.

Il en profita pour s’occuper davantage de
Vayra qui ignorait toujours qu’il venait
d’un autre monde, dès son arrivée dans la
section secrète, Fedor et Andrei s’étaient
mis à l’appeler Makar, et ce n’est pas
Markus, Georg ou Nikita qui auraient pu trahir.

Baldur le savait également, et cela le mettait
de plus en plus mal à l’aise, Vayra était
devenue follement amoureuse de lui, et
c’était réciproque.

Autant il avait été d’accord au départ avec
Fedor et Andrei, pour mettre Vayra devant
le fait accompli, c’est-à-dire qu’elle ne
saurait qu’il venait d’ailleurs que dès qu’il
y serait retourné, autant il l’était beaucoup
moins maintenant, mais en réfléchissant, il
réalisa qu’une autre possibilité existait, celle
que Vayra parte avec lui.

« Si, comme ils me l’ont promis, ils vont me
donner:

- Une potion du traitement.

- Le moyen de fabriquer des androïdes
intelligents.

- Les données pour construire un vaisseau et
le faire aller plus vite que la lumière.

Alors je peux jouer le coup, en expliquant tout
cela à Vayra, je pense qu’elle ne m’en voudra
pas, surtout si je le fais dès maintenant, mais
pour cela, il me faut l’accord de Fedor et
d’Andrei, tous deux aimeraient bien qu’elle
serve de cobaye pour leur Transdev, mais ils
lui ont pas encore demandé si elle accepterait
ou refuserait, et peut-être que trouver
quelqu’un d’autre serait plus facile qu’ils ne
le pensent, je dois leur soumettre cette demande.

Bien sûr, ce sera moins confortable qu’ici, du
moins au départ, mais avec les androïdes, cela
devrait se rétablir, même si nous n’atteignons
pas le même modernisme dans tous les
compartiments, Vayra et moi, affronterons la
suite ensemble, elle est extraordinaire, jamais je
n’aurais supposé qu’une telle femme puisse
exister, puis mon Professeur, c’est un
cerveau, avec 3000 ans de rabe, il pourra faire
pas mal de choses, l’éventualité d’arrêter les
Transdevs pour voyager autrement dans
l’univers est encore une solution, surtout
dans un bon vaisseau. »

Baldur dût attendre après le déjeuner, que
Vayra parte prendre des cours de
perfectionnements scientifiques avec
Georg, pour se rapprocher de Fedor, d’Andrei
et de Markus, et leur soumettre sa requête, il
le fit en terminant par:

« Je suis conscient du fait que ma demande
frise l’abus et qu’elle va à l’encontre de
votre souhait d’utiliser Vayra pour le
Transdev, mais l’idée de la perdre me
paraît difficile à supporter. »       
 
Fedor: « Bon, Andrei et moi, on s’en doutait
un peu, votre souhait dépend étroitement de
ce que nous allons vous donner,  mais une
chose promise étant une chose due, vous
n’avez pas à vous inquiéter sur ce plan, pour
Vayra, c’est théoriquement un peu plus
compliqué car elle fait partie de notre
monde, et ne connaît même pas la
situation, par ailleurs, nos androïdes qui
étudient les moyens d’améliorer votre
Transdev peuvent parvenir à des
résultats, mais lesquels ?

Enfin, nous ne savons pas si Vayra
accepterait ou pas de nous servir de
cobaye, et même si elle refuse, quel serait
sa position si vous décidiez de la mettre
au courant ?
 
Il reste un peu plus de deux mois avant
votre départ, et vous semblez tenir
énormément à elle, alors le mieux est
déjà de l’informer de la situation, de
recueillir son point de vue, et notre décision
dépendra notamment de ces éléments. »

« Vous voulez dire que si elle n’admet pas
cette nouvelle donnée, et qu’elle peut très
bien ne pas me pardonner, vous considérerez
le problème comme résolu, mais dans le cas
contraire ? »

Andrei: « Le mieux sera d’en discuter avec
elle au dîner ou demain au déjeuner, cela
aura au moins le mérite d’éclaircir la
situation, mais les décisions risquent encore
de se modifier en fonction des avancées de
l’équipe de Markus. »

Markus: « Andrei a raison, mon équipe avance
bien et a déjà réalisé un certain nombre de
modifications, supposez que l’on trouve le
moyen de tracer vos déplacements et que
l’on puisse également les utiliser, supprimant
ainsi la barrière dimensionnelle, quelle serait
alors votre décision et celle de Vayra ?

Voudriez-vous retourner dans votre monde, ou
vivre dans celui-ci, ou encore aller ailleurs ? »

Baldur: « Très bonne question Markus, je vais
parler de tout cela à Vayra, on verra ensuite. »    
        
Le lendemain vers midi, dans le salon de
Baldur, Veyra:

« Pour moi, ce sera une première vodka, je
n’ignore pas que vous êtes mes
supérieurs, mais je suis encore en colère, et
je peux vous dire qu’hier soir, Baldur, puisque
tel est son nom, en a pris pour son grade.

En plus, j’étais prévue pour servir de cobaye
à votre Transdev ?

Parce que vous avez misé  sur le fait que le
danger et les combats ne me font pas peur ?

Et si je refuse, qu’allez vous faire ?

Me virer des sections pour m’envoyer dans la
banalisée alors que je suis née ici, dans
la section scientifique ?

Mais pour qui me prend-t-on ?

Je suis furieuse. »

Fedor: « Nous comprenons parfaitement votre
colère, Vayra, mais j’ignore si vous voyez cette
situation complexe dans sa globalité, non, si
vous ne voulez pas servir de cobaye au
Transdev, rassurez vous, nous ne vous
renverrons pas ailleurs, si vous prenez des
cours de perfectionnement scientifique, ce
n’est pas sans raison, nous vous savons
intelligente et capable, on trouverait
une solution.

Baldur aurait très bien pu ne rien vous dire
s’il ne vous aimait pas, il serait parti après
avoir bien profité de vous, et adieu.

Par ailleurs, pour le moment, le Transdev du
Professeur de Baldur le reprendra
implacablement, et pour le moment, nous ne
savons pas comment éviter cela, Baldur nous
a demandé s’il pouvait vous emmener dans
son monde, nettement moins avancé que le
nôtre actuellement, mais il ne repartirait pas
les mains vides, et… »

« Je sais, Professeur, il m’a dit tout cela, mais
c’est dès le départ qu’il aurait dû m’en
parler, un graand Bolgarov, je t’en foutrai
moi, des Bolgarovs, remarquez que je m’en
fous pas mal de ce qu’il était au départ, Baldur
m’a plu, c’est sûr, et je l’aime encore, mais bon
sang qu’il m’a fait mal en me cachant la
vérité, j’ai horreur du mensonge qui est le lot
des faibles, bien sûr, ici, ce n’est pas le cas, vous
en avez, en quelque sorte, fait une affaire
stratégique, genre intérêt supérieur de l’Etat
dépassant l’individu, vous avez vos
raisons, certes, mais lorsque c’est moi qui
suis le dindon de la farce, je n’apprécie pas. »

Andrei: « Si Baldur vous avait dit la vérité dès
le départ, sachant qu’il quitterait notre monde
dans un an, l’auriez-vous accepté ? »

Vayra: « Probablement pas, vous marquez un
point, mais alors il aurait pu me le dire depuis
au moins six mois, j’aurais mieux compris et
pardonné, mais là, je ne sais vraiment pas si je
dois le faire. »

Fedor: « S’il vous en avait parlé il y a six mois
vous n’auriez pas plus accepté, les hommes
comme Baldur sont plutôt rares, croyez-moi.

Et c’est en partie de notre fait, comme vous
l’avez dit, il s’agit d’une affaire d’ordre
stratégique, mais en plus, à l’époque, rien ne
disait que votre relation deviendrait stable
et vraie, c’est tout aussi bien Dunya ou une
autre, qui aurait pu être à votre place.

C’est dans sa globalité qu’il faut comprendre
une situation, un beau jour, un certain Baldur
arrive dans notre monde, au point de vue
technologique, nous disposons d’à peu près
tout, des androïdes intelligents, des vaisseaux
spatiaux pouvant traverser des galaxies, un
confort et une sécurité inégalés dans toutes
nos installations, nous prolongeons la vie, nous
étudions l’univers, et qu’est-ce qui peut mieux
nous y aider qu’une porte dimensionnelle ?

Chose que nous ne connaissions pas, et qu’un
spécialiste comme Baldur vient nous apporter
sur un plateau ?

Vous connaissez les humains, imaginez un
instant que toutes les zones de la planète
soient au courant ne serait-ce que du quart de
ce que nous faisons, que pensez-vous qu’il se
passerait ?

Seriez-vous en sécurité dans vos petites
sections privilégiées ou ici même ?

Non, certainement pas, nous serions tous morts
depuis longtemps, voilà un exemple de l’utilité
d’un secret, quitte à transformer une apparence
pour le maintenir, les gens, en général, ne
disposent pas d’une sagesse suffisante pour
pouvoir bénéficier de certaines choses redoutables
si mal utilisées .

Nous faisons le maximum pour maintenir des
conditions de vie décentes aux gens, mais une
parfaite égalité ne serait qu’une utopie
destructrice, aucune civilisation quel que
soit son degré d’avancement, n’y résisterait.

Il faut comprendre que parfois, pour ne pas
dire souvent, l’intérêt collectif est préséant
à l’intérêt particulier, comprenez-vous cela ? »

Vayra: « Je crois qu’une autre vodka me
conviendrait, j’ai bien suivi vos
explications, Professeur, et l’histoire des
secrets et des intérêts supérieurs au profit
d’une collectivité plutôt que d’individus
isolés, maintenant, je les comprends mieux.

De sacrés arguments dans vos explications, et
bien sûr, entre Baldur qui voyage dans les
dimensions, et dispose d’énormes
connaissances scientifiques, sans parler des
stratégies, Andrei et Vous qui êtes des
super cerveaux, qu’est-ce que je viens faire
là-dedans, moi, une gamine qui sait tout
juste se battre, et encore, Baldur m’est aussi
supérieur sur ce plan, mon savoir ?

Il est faible, j’ai beaucoup à apprendre, mais
que suis-je donc ? »

Baldur: « Chérie, permets-moi de te
répondre, tu es une femme magnifique, la
plus jolie que j’ai rencontré, tes faibles
connaissances ?

Tu es une douée parmi les doués, être à 38 ans
une Assistante de Recherches dans la section
Scientifique, située dans la zone secrète, donc
une des plus hautes instances, ton grade signifie
que tu es au troisième rang sur 55 dans ton
ancienne section, imagines un peu ce que ça
représente ?

Tu sais tout juste te battre ?

Pratiquement n’importe quel autre que moi, tu
en aurais fait de la charpie.

Tu n’as pas encore conscience de ta valeur
qui est énorme, et le mot est faible, pourquoi
crois-tu que je veuille te garder à tout prix ?

Mon rêve est de vivre avec toi, fini pour
moi, les transferts dimensionnels, mon
Professeur se fera une raison, ou alors nous
les ferons à deux.

Si je peux rester ici, ce sera super, si tu viens
avec moi, ça sera également passionnant, je
comprends ta colère, mais tu dois bien te
douter que pour moi, la situation n’est pas
facile non plus.

Surtout, ne te sous estime pas, tu vaux bien
plus que tu ne le crois, et l’avenir le
démontrera. »

Andrei: « Fff ! Quelle déclaration !

Vous devriez écouter votre homme, Vayra. »

Vayra: « Wow ! Alors là, je ne sais plus
que dire.

Bon, eh bien déjeunons. »              

Le lendemain, à la même heure, quatre
personnes prenaient un apéritif dans le salon
de Baldur, l’ambiance était bien plus
détendue que la veille, un homme et une
femme s’échangeaient des regards amoureux
alors que deux autres hommes souriaient, c’est
à ce moment là que Markus entra dans le salon:

« Excusez-moi d’interrompre ce qui me semble
être un moment agréable, mais nous venons de
faire une avancée fulgurante dans l’amélioration
du Transdev, Dimitri, Anton et Radomir viennent
de découvrir comment tracer un transfert, et
d’après eux, la pratique le confirmera qu’un
transfert tracé et enregistré pourrait être, encore
théorique, utilisé plusieurs heures après sa
création. »

Les quatre humains attablés se regardèrent
stupéfaits, Fedor fût le premier à réagir:

« Merci Markus, Baldur doit savoir ce que ça
signifie, mais vous deux, Andrei et Vayra, qu’en
pensez-vous ? »

Vayra: « D’après ce que Baldur m’a appris, cela
voudrait dire que cette découverte, si elle est
effective, supprimerait les barrières
dimensionnelles dans l’univers ? »

Baldur: « Je n’aurai pu donner meilleure
explication. »

Andrei: « Moi non plus, bravo Vayra, prenez
confiance en vous, et un jour, c’est de vous
que nous prendrons les enseignements. »

Vayra: « N’exagérez pas, Andrei, mais je suis
contente de ce que j’apprends, cela peut-il
aider à une solution pour le départ de Baldur
et le mien ? »

Fedor: « Oui, ça le peut, nous avons encore
un peu de temps, mais nous allons nous
mettre tous les quatre à rechercher la
meilleure. »

A partir de ce moment là, le temps passa très
vite, quelques jours avant le retour, toujours
devant un apéritif et en prévision d’un bon
dîner, nos quatre humains conversaient, Markus
était également présent.

Fedor: « Andrei et moi avons réfléchi pour
parvenir à la conclusion suivante:

Nous ne donnerons pas ce que nous avons
promis à Baldur car nous prévoyons de le
récupérer, en garantie de notre bonne
foi, Andrei partira avec lui, qu’en
pensez-vous ? »

Après un court moment de silence, Baldur:

« Je vais encore paraître abusif, Fedor, mais
si j’adopte votre proposition, j’aimerais que
mon Professeur, Hermann Fehrenbach en
profite également. »

Fedor: « Je vois que vous l’aimez bien, quel
âge a-t-il ? »

« 58 ans, bon vivant et sympathique, grand
amateur de Bourbon. »

Fedor: « C’est indirectement grâce à lui que
nous améliorerons nos connaissances de
l’univers, sera-t-il d’accord pour venir ? »

« Je pense que oui, mais on saura le
convaincre. »

Fedor: « Alors il sera le bienvenu, j’aurai
un alter-ego, nous serons désormais cinq
ici, il doit avoir un sacré cerveau et sa mise
à jour sera rapide, solution adoptée, Markus !

Ton équipe peut procéder aux ultimes
vérifications. »

« Entendu Fedor, nous serons prêts. »

Après le dîner, lorsque Vayra et Baldur
furent seuls:

« Tu sais, chéri, je pense à ton
Professeur, c’est chouette qu’il vienne, enfin
s’il le veut, ce qui n’est pas sûr. »

« Non, ce n’est pas sûr, l’idée d’avoir à
quitter un labo dans lequel il a si longtemps
vécu, il aura du mal à l’admettre, oh ! Je
sais comment le convaincre, mais alors
là, Fedor va finir par me maudire. »

« Ah ! Et pourquoi ? »

« Il faudrait emmener Markus avec
nous, là, c’est lui qui pourra le
convaincre, Le Professeur a toujours
regretté de ne pas avoir d’androïdes. »

« Décidément, tu trouves toujours une
solution à tout.»

La veille du départ, Fedor:

« Bon, d’après les données fournies par
Markus, on doit pouvoir le récupérer avec
Andrei, Baldur et le Professeur, deux heures
après le départ prévu pour dix heures.

Pas de regrets, Baldur ? »

« Aucun, Fedor, avec notre mode de
vie, la planète sur laquelle nous sommes
importe peu. »

« Parfait, alors bonne nuit à tous, à
demain. »

Et le départ eut lieu, Andrei, Baldur et
Markus, qui se tenaient les uns les
autres, apparurent d’un coup dans le
Laboratoire d’Hermann Fehrenbach, à
la grande surprise de ce dernier.

« Ca alors, Baldur, qui nous ramenez-vous
Là ? »

« Je vais vous expliquer, Professeur, mais
sachez avant tout que nous avons un temps
limité de deux heures avant de repartir. »

« Repartir !! Mais comment cela ? »

« Je vais nous servir à boire, un bon Bourbon
pour vous, Markus va tout vous expliquer. »

Une heure et demie plus tard, Fehrenbach:

« C’est carrément fantastique, j’ai envie d’un
dernier Bourbon pour la route, et vous dites
qu’un traitement va rallonger ma vie de 3000
ans au moins, sans vieillir ?

Cela dépasse tout, des androïdes plus
intelligents que des humains et parlant
aussi bien ?

Bon, eh bien d’accord, je vais regretter mon
labo, mais la contrepartie est plus
qu’intéressante, je marche. » 
 
Un peu plus tard, dans la zone secrète.

Fedor: « Ravi de vous connaître, Professeur
Fehrenbach, peut-être puis-je  vous appeler
Hermann ? Ici, nous nous appelons tous par
par nos prénoms. »

« Bien sûr Fedor, j’y pensais depuis un
moment avec Baldur, Professeur, ça fait
un peu pompeux, et ce n’est pas à vous
que je risque d’enseigner quoi que ce
soit. »

« Allez savoir. »

-----***-----   
 


 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 12:00 (2017)    Sujet du message: Publicité

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