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L034

 
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Kr
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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 12:19 (2017)    Sujet du message: L034 Répondre en citant

La planète a peu changée durant ces trois dernières
décennies, le réchauffement climatique reste toujours
à résoudre, et devient de plus en plus inquiétant, les
différentes nations n’arrivent pas à s’accorder sur les
moyens à utiliser, trop d’intérêts divers sont en jeu.

La pluie de météorites de 2019 est passée très près
de la Terre, l’humanité espère que celle prévue pour
2036 fera de même, quelques progrès médicaux ont
été obtenus sur les cancers et d’autres
maladies, certains traitements de L’Alzheimer et du
Parkinson commencent à voir le jour, mais d’autres
sont apparues, les recherches spatiales sont en
standby, car trop coûteuses, les recherches
industrielles ont quelque peu progressées, les gens
disposent de plus de gadgets.

Neuf milliards d’habitants alors que les pollutions
s’intensifient, les USA restent prépondérants, suivis
de près par la Chine et la Russie, l’Europe existe
également, mais est encore loin de former une
Fédération, les conflits du Moyen-Orient s’étant
calmés, les gens vivent dans une bien relative sécurité.

En 2031, à Moscou, naît un certain  Bogdan
Kovrov, dans une famille très aisée pour ne pas dire
riche, fils unique d’Ivan et de Svetlana Kovrov, son
Père est un homme d’affaires international, sa
Mère, une artiste réputée, durant son enfance, il
reste toujours très calme et observateur, se gardant
bien d’exprimer ses émotions et de trop en dire, bon
élève, il s’oriente vers de hautes études.

Durant son adolescence, il devient quelqu’un de
vif, rapide, qui aime se dépenser, les
sports, particulièrement ceux de
combats, l’intéressent, ce qui ne l’empêche pas d’être
un bon élève, doué pour les sciences, il envisage de
poursuivre ses études à l’Université Technique d’Etat
de Moscou section recherches des fondamentaux, et
lorsqu’il parvient à y entrer, c’est un colosse de 6
pieds et six pouces passé maître dans les arts
martiaux et d’autres formes de combats qui, dès les
premières années, ne se fait pas que des amis, peu
communicatif, discret, autoritaire, premier de
classe, ne faisant rien ou si peu comme tout le
monde, il est admiré par certains, envié par
d’autres, et jalousé par plus encore.

Son pire ennemi est Vlass Sokolov, toujours second
derrière lui, et qui l’admet mal, issu d’une famille
bourgeoise et se croyant tout permis, il a su se
constituer un groupe de camarades dont Dimitri
Bondarev, Leonid Tokarev, et Sergei Lanoukovitch
avec lesquels, dans un bistrot, il était en pleine
discussion:

« Alors, que pensez-vous de Kovrov ? »

Sergei: « Il ne fait rien comme les autres, je le
trouve quel que peu hautain, il ne ferait pas partie
de mes potes. »

Leonid: « Oui, on sait qu’il est supérieur, il le
montre d’une certaine façon, oh, pas
ouvertement, il est malin, mais on doit laisser
Monsieur tranquille, il réfléchit, il dédaigne ce que
nous, on fait, ça n’est pas à la hauteur. »

Dimitri: « Ouais, lui, tu le verras jamais dans un
bar, ni courir après les nénettes, ses études, son
entraînement sportif, rien d’autre ne compte
pour lui, les copains, il ignore. »

Vlass: « Ce que vous avez dit est vrai, mais
supérieur ?
Parce qu’il a les meilleures notes et qu‘il est bon en
sport?

Pas convaincu, c’est moi qui devrais être le major
de promotion, vous savez que je ne peux pas le
piffrer, et j’estime qu’il mérite une bonne
leçon, qu’est-ce qui nous empêche de nous réunir à
cinq ou six au cours d’une sortie, pour la lui donner. »

Leonid: « Gaffe, Vlass, même à cinq ou six, on n’est
pas sûr de gagner, t’as vu le bestiau?

Champion de karaté, et de je ne sais pas quoi
d’autre du même genre, on sait qu’il connaît à peu
près toutes les formes de combat, en plus, il est
rapide et d‘une force énorme, faudrait être au
moins une dizaine. »

Vlass: « Une dizaine ?
D’accord, ça doit pouvoir s’arranger. »

Sergei: «Attention, il est d’une famille riche, et ses
parents ont le bras long, s’attaquer à lui, c’est
risquer un paquet d’emmerdes, faudrait pas qu’on
soit impliqués là-dedans, un tas de camarades nous
bouffent dans la main, pourquoi ne pas leur confier
le boulot ? »

Valss: « Nous aussi, sommes de bonne famille, on
est tous des bourges, mais ce que tu as dit n’est pas
idiot, obtenir le même résultat par sous-traitance en
ignorant superbement être les commanditaires ?

Je dirais même que c’est une très bonne idée, un
peu d’hosto ne lui fera pas de mal, et nous, on sera
enfin tranquilles pendant un moment, on est à trois
mois du diplôme, attendons encore quelques jours
avant de mettre ça au point, afin de m’assurer que je
sois le major de la promo. »

Leonid: « D’accord, Vlass, mais il faudra qu’on
prenne des potes de l’extérieur, pas des camarades
de classe ni de ceux qu’il connaît, Sergei a
raison, pour éviter les ennuis, faut pas qu’il puisse
remonter jusqu’à nous. »

Vlass: « Pas faux, préparez-vous à réunir vos
potes, j’en ajouterai encore quatre ou cinq s’il le
faut, mais entendons-nous bien, c’est notre
ennemi, d’accord, mais pas question de le tuer, bien
l’amocher pour qu’il ne soit pas à la remise des
diplômes, ni aux derniers examens des deux
prochains mois qui sont déterminants, voilà ce que
je veux, il faut en faire une affaire crapuleuse, des
mecs qui veulent lui piquer son porte monnaie par
exemple, après ?

Eh bien on pourra l’oublier. »

Quelques jours plus tard, une fin d’après midi, à la
fin des cours, lorsque Bogdan quitta l’Université pour
aller prendre sa voiture deux rues plus loin, dans
un parking, 12 gus l’attendaient:

« Salut, Monsieur Bogdan, alors on vient prendre sa
petite chiotte pour rentrer peinard ? Cool, cool ? »

« Qui êtes-vous, et que me voulez-vous ? »

« Oh, pas grand-chose, on sait que tu es rupin et
que tu as du fric, alors tu nous files ton
portefeuille, on te met deux ou trois mandales pour
faire sérieux, et tu pourras rentrer chez toi. »

« C’est curieux, mais pour le portefeuille?

Possible, vous êtes des bas de caisse, mais pour les
mandales, comme vous dites, je ne vous crois
pas, alors tirez-vous avant que je me fâche. »

« Holà ! Mais c’est qu’il a l’air de croire à ce qu’il
dit, il veut nous faire peur, qu’en pensez-vous, les
mecs ? »

« Ne perdons pas de temps, Misha, on le cogne
comme il faut, et on se tire. »

« Putain, pas de prénom, connard, on doit pas
nous retracer. »

Le combat eut lieu, Bogdan en étala neuf, dont six
ou sept feraient un long séjour à l’hôpital, mais sur
les trois qui restaient, il n’en vit que deux, et c’est
à ce moment là qu’il prit un violent coup sur la
tête, il perdit connaissance.

« Putain, un sacré client, mais on l’a eu, on se tire? »

« Eh, les mecs, je me sens mal, j’ai des trucs cassés. »

« Moi aussi, je suis en compote. »

« Bon, on appelle les services d’urgence qui vont
venir vous prendre, passez le mot aux autres
quand ils se réveilleront, on a été attaqués par plus
nombreux que nous, pas question de parler de ce
gus, paraît que c’est un gros bonnet qui a le bras
long, on ne le connait pas, c’est clair ? »

« Ouais, aïe, putain j’ai mal, j’espère qu’il n’est pas
mort, on devait pas le tuer. »

« Laisse béton, mort ou pas, on s’en fout, on a
exécuté la mission, point barre. »

Le lendemain, Bogdan était à l’hôpital, pas dans
le même que ceux qu’il avait frappés, heureusement
pour lui, mais il était dans le coma, ses parents
vinrent le voir et étaient en discussion avec un
Docteur, ce dernier:

« Il a pris un coup très violent sur la
tête, probablement avec une barre métallique, il
paraît que d’autres personnes ont été attaquées
et sont dans un autre hôpital, mais on ignore ce
qui s’ est exactement passé dans ce parking, bien
qu’il soit très solide, son état est inquiétant, mais
il ne nous est pas possible de nous prononcer. »      

Ivan: « Je comprend Docteur, connaissez-vous le
Professeur Kessler à Zürich ? »

« De réputation, Monsieur, nous savons qu’il a
réussi ce que l’on pourrait appeler des miracles dans
des cas analogues à celui de votre fils, mais si vous
pensez à le faire transférer là-bas, ce ne sera pas
une petite affaire, même pour vous. »

Ivan: « Ca ne sera pas un problème, dans combien
de temps peut-on prévoir son transfert ? »

« Il faut me laisser quelques jours pour le suivre et
l’examiner, je serai alors en mesure de mieux
vous répondre. »

Svetlana: « Alors nous reviendrons, disons dans
une semaine ? »

« Oui, Madame, cela devrait convenir, je pourrai
vous en dire plus. »

Une semaine plus tard:

Ivan: « Alors Docteur ? »

« Eh bien, il est sorti du coma ce matin, nous en
avons profité pour l’examiner, vous pouvez dire
que votre fils, c’est un costaud, même pas de
traumatisme crânien, mais dans le cerveau, il y a
du désordre, y remédier est hors de nos
possibilités, mais vous avez parlé du Professeur
Kessler, peut-être que lui… »

Ivan: « J’ai déjà fait le nécessaire administratif
pour prévoir son transfert, et j’ai les documents
ici, on peut aller le voir ?
Je vous reverrai après selon le cas. »

« Très bien, Monsieur suivez-moi. »

Bogdan avait les yeux ouvert, lorsqu’il vit ses
parents, un sourire un peu pincé apparut sur son
visage, plusieurs minutes s’écoulèrent avant qu’il
ne puisse parler, puis:

« Me sens mal, attaqué dans le parking par une
douzaine d’hommes, il en restait trois, puis plus rien. »

Ivan et Svetlana se regardèrent, puis Ivan:

« As-tu parlé de cela au Docteur ? »

« Non, c’est seulement maintenant que je peux
reparler. »

« Bon, alors écoute-moi bien, Bogdan, tu ne parle
à personne de ce que tu viens de nous dire, en
fait, tu ne te rappelles de rien, on va te faire
transférer à Zürich, chez le Professeur Kessler.

Dans les neuf que tu as envoyés dans un autre
hôpital, deux en sont ressortis assez vite, mais ils
n’ont rien dit en ce qui te concerne, cinq autres sont
dans un état grave, et deux sont morts, tu vois ce
que ça signifie ?

Tu risques des ennuis dont même moi, je ne pourrai
pas te sortir, car contre douze voyous, avec tes
ceintures noires, tu ne pourrais invoquer la légitime
défense, plus vite tu seras transféré, mieux cela
vaudra, j’ai tous les papiers, c’est une question de
jours, peut-être même d’heures, et bien sûr, nous
irons te voir régulièrement, surtout ne te fais pas
de soucis, nous allons faire en sorte que tout se
passe comme prévu.

Je vais voir le Docteur maintenant, puis je
reviens, ta Mère reste près de toi. »

Svetlana: « Oui, vas-y, qu’on règle ça vite.

Alors Bogdan chéri, ça va mieux ? »

« Difficile à dire, je sens que j’ai du désordre
dans le cerveau, mais à quel point ?

Des douleurs, ça oui, et peut-être pour un bon
moment.»

« On va demander au Docteur de t’administrer
un calmant. »

« D’accord, mais je crois qu’il l’a déjà fait. »

Deux jours plus tard, Bogdan était transféré à
Zürich, au moment où la police de Moscou
commençait à recueillir des informations plus
précises sur l’évènement du parking, le
Commissaire Chichkine convoqua peu après
ses parents:

« Madame, Monsieur Kovrov, je suis le Commissaire
Chichkine, et je vous ai convoqué car je suis dans
une situation embarrassante en ce qui concerne
votre fils Bogdan, d’après ce que nous aurait raconté
l’un des voyous grièvement blessé et en cours de
traitement au Pirogov, votre fils aurait eu à se
battre contre douze d’entre eux, une véritable
bande, mais malheureusement, deux d’entre eux
sont morts, ça, nous l’avons appris par
recoupement, et les cinq autres sont en très mauvais
état, mais cela est moins grave, le problème, c’est
qu’après avoir enquêté sur votre fils, nous savons
qu’il est un expert en plusieurs sortes de combats, un
maître dans les arts martiaux, quelqu’un doté d’une
force et d’une rapidité peu communes, et qu’enfin, il
a dû être obligé de se défendre, mais je crains que s’il
est amené à passer en Justice ici, l’invocation de la
légitime défense ne puisse être retenue.

Bien sûr, s’il ne s’était pas défendu, il serait
probablement mort, mais vous savez ce qu’est la
Justice, elle passe parfois par des chemins… »

Ivan: « Excusez-moi, Commissaire, mais d’une
part, je ne comprends pas pourquoi il a été attaqué
par une bande de voyous, et d’autre part, s’il avait
été mort, cela aurait été plus satisfaisant pour
la Justice ? »

« Les voyous auraient voulu le dépouiller, il s’agit
donc d’un acte crapuleux, je comprends très bien
votre point de vue, Monsieur, et nous savons que
vous êtes quelqu’un d’important et
d’honorable, ainsi que votre épouse ici présente, mais
vous devez vous douter que nous, la
police, dépendons étroitement de la Justice dont
nous sommes les premiers auxiliaires, et je dois
faire mon travail.

Je sais par ailleurs que votre fils a été transféré
dans une clinique à Zürich, et qu’il a subi un coup
violent et a fait du coma, il paraît que le Professeur
Kessler peut faire des miracles dans ce genre de
cas, alors voilà comment je vois les choses, au
risque de me retrouver en retraite
anticipée, normalement, je devrais vous interdire
de quitter la Russie, et de faire en sorte que votre
fils soit rapatrié au plus tôt, mais je n’en ferai
rien, il se trouve que j’ai un fils qui poursuit des
études scientifiques, dans une Université moins
brillante que celle de Bogdan, mais je n’aimerais
pas qu’il soit attaqué par une bande de voyous, car
lui, ne s’en sortirait pas, alors compte tenu du fait
que votre fils serait normalement sorti major de sa
promotion, qu’il préparait très probablement un
Doctorat en recherches, et qu’il se conduisait
bien, nous avons également enquêté auprès de
l’Université Technique d’Etat, et qu’en quelque
sorte, son avenir risque d’être compromis, je vais
mettre cette affaire en standby, pour recherche de
plus d’informations, pendant ce temps, vous
pourrez aller à Zürich, car c’est-ce que je suppose
que vous ferez, mais je vous conseille de lui dire
qu’il vaudra mieux pour lui qu’il ne revienne pas en
Russie, par ailleurs, si je peux garder l’affaire sous
le coude pendant un certain temps, je ne peux le
faire indéfiniment, voilà la situation, à vous d’en
tirer parti, et bien sûr, je souhaite un bon
rétablissement à votre fils. »    
 
Ivan: « De Svetlana et de moi, vous venez de gagner
un grand respect, Monsieur le Commissaire, et si
un jour, je puis vous être utile en quoi que ce
soit, vous pourrez compter sur moi, n’hésitez pas
à m’appeler, voici ma carte. »

Pendant ce temps, toujours dans un bistrot:

Dimitri: « Alors, il paraît que Bogdan aurait été dans
le coma, et serait maintenant à Zürich ? »

Sergei: « Ouais, c’est-ce que m’a dit un pote qui
habite près de chez moi, Igor Chichkine, qui fait des
études scientifiques comme nous, et dont le Père
est le Commissaire Principal à Moscou, ils n’étaient
pas trop de douze, il en a dézingué neuf et tué deux. »

Leonid: « On ne devait pas lui faire faire du
coma, l’idiot qui lui a filé un coup de barre…

J’espère qu’on ne pourra pas remonter jusqu’à nous. »

Vlass: « Et alors ?
D’accord, le coup de barre n’était pas prévu, la police
croit à un truc crapuleux, comme nous l’avions
prévu, donc c’est ok, on sera tranquille, en plus, avec
la Justice que nous avons ici, si Bogdan revenait en
Russie, il aurait des ennuis, même son Père n’y
pourrait rien, alors on n’a pas non plus à craindre
des représailles. »

Dimitri: « Heureusement, car je sais qu’il ne croit pas
à un truc crapuleux, et doit fortement penser à nous. »

Vlass: « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? »

« C’est loin d’être un idiot, avec le cerveau qu’il
a, sachant que tu es son pire ennemi, sûr qu’il fait
le rapprochement, surtout si l’un des mecs a trop
parlé, et ça, on ne peut pas le savoir. »

Vlass: « Bon, on s’en fout, affaire réglée. »

Leonid: « Surtout qu’avec le coup qu’il a pris sur la
cafetière, son cerveau n’est peut-être plus
aussi brillant. »

Sergei: « Tu m’étonnes, n’importe qui à sa place
serait mort. »

Dimitri: « C’est bien ça qui m’inquiète, il n’est pas
comme les autres, si ça se trouve, dans quelques
jours, il sera en train de se balader. »

Vlass: « Arrête de jouer les pétochards, ce mec, c’est
pas Dieu.
Allez, on peut s’en reboire un. »

Dans les semaines qui suivirent, la constitution
exceptionnelle de Bogdan entra en jeu, ses parents
s’arrangeaient pour lui rendre visite deux ou trois
fois par mois, au cours de l’une d’elles:

Ivan: « Ah ! Bonjour Professeur, alors, où es est-il ? »

Kessler: « Autant dire qu’il s’est pratiquement remis
à neuf, un examen d’avant-hier nous a indiqué que
tout est à nouveau en place dans son cerveau, il n’y
aurait pas de séquelles, votre fils est un phénomène. »

Svetlana: « Grâce à vous, Professeur, et nous vous
en remercions, quand pourra-t-il sortir ? »

« Je n’ai pratiquement rien fait, sinon de le
suivre, Madame, il n’a pas vraiment eu besoin de moi
pour se refaire, c’est un cas que je n’avais encore
jamais vu, vous pouvez lui rendre visite, sortir ?
Je vais faire procéder à deux ou trois derniers
contrôles par acquit de conscience, s’il ne révèlent
rien de nouveau, il sera libre dans une semaine. »

Peu après:

Ivan: «Alors fils, le Professeur Kessler nous a donné
de bonnes nouvelles. »

Bogdan: « Je m’en doute, Père, il m’a dit hier que je suis
redevenu comme s’il ne m’était rien arrivé, il va
procéder à des derniers contrôles avant de me laisser
sortir dans quelques jours. »

Ivan: « En effet, c’est-ce qu’il nous a confirmé, mais
nous devons parler de ton avenir, revenir au pays ne
nous paraît guère envisageable, tu as
tué, involontairement certes, mais la Justice n’en
tiendrait pas compte, deux voyous parmi les
douze, ça tu le savais déjà, le Commissaire
Chichkine, qui est vraiment un homme
compréhensif, a bloqué ton affaire, mais ne peut
le faire  indéfiniment, nous restons en contact avec
lui, tu as peut-être un an ou deux de sursis, mais
après… »

« J’en suis conscient, Père, j’ai longuement réfléchi
de mon côté, le mieux pour moi serait d’aller
aux USA. »

Ivan: « Les USA ?
C’est une idée, tu as bien étudié l’anglais, il n’y
aurait pas de difficulté, tu irais là-bas pour
continuer tes études ?
Nous ferons ce qu’il faut pour cela. » 

« Pour continuer mes études ?
Oui, j’y ai pensé, je voudrais bien disposer d’un
Doctorat, reste à voir si les circonstances futures
le permettront, j’aurais préféré être au service de
mon pays pour mes futures recherches, mais
peut-être ne vaut mieux-t-il pas…

Je m’explique, l’histoire des voyous qui voulaient
me voler, je n’y crois pas, je me souviens bien de
leurs attitudes, et le fait qu’ils m’attendent dans
mon parking juste au moment de prendre ma voiture
pour rentrer, l’un d’eux m’a même appelé par mon
prénom, comment pouvait-il le connaître alors que
je n’avais jamais vu personne d’entre eux auparavant?

Pour moi, ils ont été mandatés par des gens que je
connais bien, à commencer par un certain Vlass
Sokolov, qui voulait à tout prix devenir le major de
notre promotion, très probablement avec l’aide de
trois ou quatre autres camarades qui lui mangent
dans la main. »

Ivan: « Donne-moi tous les noms, je vais faire en
sorte qu’ils paient l’addition. »

Bogdan: « Ne t’embarrasse pas avec cette
vermine, Père, si je pouvais rentrer, je serai tenté de
les exécuter les uns après les autres, ce qui
n’arrangerait rien, ce sont tous des fils de
bourges, pour mémoire, je pense que
Bondarev, Tokarev, et Lanoukovitch devaient être
concernés, et en petits malins, ils ont dû piocher dans
leurs relations avec des voyous pour que l’on ne
puisse remonter à eux, mais attention, ce n’est que
ma réflexion, je n’en suis pas sûr à 100%, non, ne
vous occupez pas de cela, mon avenir n’est pas
hypothéqué, je dois pouvoir poursuivre aux USA, la
meilleure chose que vous puissiez faire pour moi sera
de m’aider en un premier temps.

Par ailleurs, je ne suis pas mort, donc il ne serait pas
possible de les poursuivre en Justice, même en cas
de preuves, alors faites comme moi, oubliez-les. »

Svetlana: « Je crois que Bogdan a raison, Ivan, seul
son avenir compte, nous devons l’aider à poursuivre
ses études, où qu’il soit. »    
  
Ce dernier se mit à réfléchir, puis:

« Oui, je suppose que vous avez tous les deux
raison, ce sont vraiment les USA qui
t’intéressent Bogdan ? »

« Oui, Père, et là-bas, personne ne pourra me
poursuivre. »

Ivan: « Tiens ! Mais je pense à quelqu’un aux
USA, avec qui j’ai traité diverses affaires il n’y a pas
si longtemps, on est en très bon termes, et je crois
que lui aussi, a le bras long, Jeff Morgan, je
vais l’appeler. »

Svetlana: « Tu crois qu’il pourra faire quelque chose
pour Bogdan ? »

« Je pense que oui, tu sais qu’on a traité des
affaires d’armements, et de l’armement au
scientifique, il n’y a pas loin. »

« Oui, mais ce sont des études que Bogdan entend
poursuivre, pas un job dans l’armement ou
autre chose. »

« Je sais, mais je vais quand même lui raconter
son histoire, j’ai une petite idée et suis anxieux de
connaître le point de vue de Jeff.

Je vais l’appeler tout à l’heure, dès qu’il fera jour
aux USA, et décaler notre billet de retour, ta Mère
et moi resterons ici jusqu’à ta sortie
d’hôpital, Bogdan, rien ne nous presse, et si ça se
trouve, tu quitteras directement Zürich pour les USA. »

Svetlana: « Là, tu es très optimiste, Ivan. »

« Nous verrons, entretemps, Bodgan, on en profitera
pour venir te voir tous les jours. »

Plus tard, ailleurs dans Zürich:

« Jeff Morgan ? «

« Oui, c’est moi, qui appelle ? »

« Ivan Kovrov. »

« Ivan ! Ca alors, si je m’attendais…
Comment vont les affaires ? »

« Fort bien, et de votre côté ? »

« Bien aussi, que me vaut l’honneur ? »

« J’ai une petite histoire à vous raconter, elle
concerne mon fils Bogdan… »

Et Ivan de narrer tous les évènements pour finir par:

« Bogdan est en pleine forme, il pense à venir aux
USA, on pourra subvenir à ses besoins sans problème. »

« Je m’en doute, rappelez-moi donc ses
caractéristiques en sciences et en sport. »

Ivan s’exécuta.

« Un gaillard de six pieds six pouces, bâti comme
Hulk Hogan ! Major de promotion qui allait devenir
Docteur es Sciences ?
Très intéressant, j’ai un ami, ancien camarade d’école
devenu très important, mais je ne peux pas
préciser, si vous voyez ce que je veux dire, oh !

Rien de malhonnête, au contraire, c’est dans le top
secret, d’intérêt national, il doit pouvoir faire quelque
chose pour votre fils, dans l’affirmative, il faudra le
naturaliser américain, mais il ne serait pas le premier
ni le dernier, un petit génie maouss costaud ?
Oui, ça peut intéresser, je vous rappellerai, très
probablement dans quelques jours, vous restez
combien de temps à Zürich ? »

« Une semaine, peut-être plus. »

« Cela devrait suffire, vous rappeler à Moscou serait
plus gênant, attendez de mes nouvelles. »

Dix jours plus tard, Toujours à Zürich, Ivan Kovrov
reçut un appel de Jeff Morgan, ce dernier:

« Bon, Ivan, c’est moi, Jeff, votre fils ?

On achète, prenez-lui un billet pour un vol
Zürich/Washington, et rappelez moi pour la date, et
le numéro du vol, afin de prévoir un comité
d’accueil, pour la suite, il faudra que l’on se
rencontre dans les semaines qui suivent, je pourrai
alors vous en dire plus sur ce qu’il deviendra, mais
soyez sans inquiétude, ce ne sera que du bon. »

Ivan: « Dois-je comprendre que ce ne sera pas pour
poursuivre des études ? »

« Mieux que cela, croyez-moi. »

Quelques semaines plus tard, dans une discrète
arrière-salle d’un restaurant parisien.

Ivan: « Ravi de vous revoir, Jeff, je vous présente
mon épouse, Svetlana. »

« Enchanté, Madame, alors prenons place, je
connais ce restaurant pour sa discrétion.

Ivan, c’est à la fois une bonne, et une moins bonne
nouvelle que je vais vous annoncer pour
Bogdan, commençons par la seconde:

Il est peu probable que vous revoyiez votre fils
avant longtemps, car non seulement il est naturalisé
citoyen américain, mais il travaille dans une section
top secret du gouvernement, ou de la N.S.A. peu
importe, c’est la même chose.

Tout ce que je vais vous dire, vous devrez le garder
pour vous, et n’en parler à personne, si l’on vous
demande des nouvelles de votre fils, il voyage, sans
plus de précision.

En des circonstances normales, je ne devrais pas
moi-même être au courant de ce que je vais
vous révéler.

La bonne nouvelle est qu’il travaille comme Assistant
du Professeur Josh Campbell, et… »

Ivan: « Excusez-moi de vous interrompre, Jeff, mais
s’agit-il du célèbre savant qui fait des recherches sur
le dimensionnel ? »

« En effet, c’est bien lui, et parmi ses recherches, il
fait parfois des découvertes, mais revenons au début
de l’histoire, lorsque votre fils est arrivé à
Washington, deux men in black de la N.S.A. lui ont
servi de comité d’accueil, il a été piloté dans les
bureaux de mon ami, Chris Sullivan, un ponte de la
N.S.A. qui a de suite vu l’intérêt qu’il représentait, il
sait, bien sûr, où en est le Professeur Campbell dans
ses recherches, et a eu l’idée de lui proposer un nouvel
Assistant que le Professeur a vite accepté, Bogdan est
en pleine forme, a tout ce qu’il lui faut, y compris une
salle de sport et des lieux de combats dans lesquels il
s’entraîne avec nos meilleurs spécialistes, vous
pouvez me croire lorsque je vous dis qu’il aura une
belle vie, et dans le personnel des recherches, il y a
aussi des jolies femmes. »

Svetlana: « Oui, je suppose que l’on peut vous faire
confiance, mais ne pas revoir notre fils unique… »

Jeff: « Je comprends vos sentiments, Madame, j’ai
moi-même deux enfants, un fils et une fille, si je ne
revoyais pas l’un d’eux, j’ignore comment je
réagirais, mais en Russie, il n’aurait probablement
pas eu d’autre avenir que la prison, et en Europe, un
avenir incertain, c’est lui-même, je crois, qui a
décidé de venir aux USA, bien sûr, c’est le revers de
la médaille, mais considérez le côté face, il aura une
vie passionnante.

Je compte sur votre discrétion, tout comme mon ami
Chris compte sur la mienne, comme je vous l’ai
dit, je ne devrais rien savoir de tout cela. »

Ce que Jeff Morgan ne pût leur préciser, car lui-même
l’ignorait, c’est que le statut d’Assistant de Bogdan
était un peu particulier, en fait, il était le cobaye par
lequel le Professeur Campbell pourrait réaliser une
première expérience consistant à envoyer un être
humain vers d’autres mondes par une porte
dimensionnelle.

Quelque part, dans la section secrète en question
Bogdan était près du Professeur Josh Campbell qui
lui expliquait que:

« Le transtron est pratiquement opérationnel, mais
il a encore deux ou trois petits défauts auxquels il
faudrait pallier, par exemple, il ne transférera pas
la matière inerte, ce qui vous fera arriver nu, sans
rien, dans un autre monde, de plus, comme vous
pouvez le voir sur l’écran, le nombre de points
multicolores devrait être beaucoup plus
important, enfin, le réglage sur la période de votre
séjour ailleurs n’est pas précis, j’estime que le
coefficient d’erreur de 20 % est énorme, surtout sur
un six mois. »

Bogdan: « J’ai fait un monitoring de certains
antineutrinos et en ai tiré des formules, voulez-vous
les voir ? »

« Tiens ! Pourquoi pas ?

Je vois en vous un bon scientifique, Bogdan, dommage
que vous soyez choisi comme cobaye, il est vrai qu’il
n’y avait pas bousculade au portillon, et que personne
ici ne dispose de vos possibilités sportives et de
combat, en fait, c’est toujours la même chose, les
gens ont peur de l’inconnu, mais je vais étudier vos
formules et votre monitoring, on ne sait jamais. »

Deux jours plus tard, Josh Campbell.

« Vous êtes un génie, Bogdan, non seulement votre
recherche permet de résoudre les imperfections du
Transtron, mais il se pourrait qu’il l’améliore, trois
de mes assistants travaillent sur la mise en
pratique de vos formules, chapeau, je pense que
nous serons opérationnels dans une quinzaine. »

« Voilà une bonne nouvelle, Professeur. »

« En effet, mais n’êtes vous pas inquiet de servir
de cobaye? »

« J’aime les combats et le danger, et
puis, j’apprendrai d’autres choses, la période de
six mois, est-elle toujours celle prévue ? »

« Oui, mais vous êtes quelqu’un
d’étonnant, n’avez-vous aucune peur ? »

« Un peu d’angoisse, Professeur, mais je suppose que
c’est normal. »

« Tout à fait, c’est le moins qu’on puisse dire, surtout
sur une première expérience. »

Trois semaines plus tard, un soir:

« Alors, Bogdan, prêt pour le départ ? »

« Prêt, Professeur, j’espère atterrir sur un monde
plus avancé. »

« Ca, je ne peux vous le garantir, c’est vous
qui, normalement, nous donnerez la réponse. »

Campbell appuya sur un bouton, de trois grilles en
u sortirent des rayons bleu topaze, et Bogdan disparut.
      
Lorsqu’il reprit conscience, il se trouvait dans une
allée d’accès à un bâtiment ultra moderne, lumineux, car
il faisait nuit, il était habillé et tenta de se lever, mais
il lui fallut quelques secondes pour pouvoir le
faire, heureusement pour lui, personne n’était là pour
l’observer, il regarda tout autour , et vit un vaste
espace comparable à une esplanade, puis des
bâtiments illuminés analogues à celui devant lequel
il se trouvait.

Il faisait bon,  peut-être vingt degrés, il se mit
à réfléchir:

« Bon, les dés sont jetés, j’ignore où je me
trouve, dans quelle époque ?

Cette curieuse énergie lumineuse autour des
maisons, est-ce électrique ?

Dans ce cas, il doivent payer de sacrées notes.

Ce style de construction est très curieux, archi
moderne, suis-je dans une civilisation très avancée ?

Heureusement que j’ai dîné avant de venir, car des
restos ici, je n’en vois pas, et en plus, je n’ai pas
d’argent, est-ce que les gens me ressemblent ?
Car autrement, il va y avoir des problèmes…

Personne dehors, cela m’a aidé au départ, mais
maintenant… »

Il se mit à marcher, quitta l’esplanade pour une
grande avenue longue de plusieurs
kilomètres, toujours le même style de
construction, toujours personne, il remarqua, en
bordure des trottoirs, des sortes de bornes
électroniques imposantes, presque aussi grandes
que lui.

« A quoi peuvent elles servir ?
Je vais devoir me trouver un lieu pour
dormir, mais où ? »

Quelques centaines de mètres plus loin, il se
retrouva à un carrefour, une autre avenue toute
aussi importante croisait perpendiculairement
celle qu’il empruntait, il se retourna pour évaluer
son parcours, et c’est là qu’il vit une lumière dans
le ciel, encore lointaine, mais qui se rapprochait
assez vite.

« Elle est à peu près à 50 mètres du sol, j’ignore ce
que c’est, mais mieux vaut me cacher, cette borne
là-bas, fera l’affaire. »

Elle se trouvait dans l’avenue adjacente, à vingt
mètres, il courut, et atteignit la borne juste à
temps, la puissante lumière qui venait de l’avenue
qu’il avait quittée traversa rapidement
le croisement.

« Une sorte de disque d’environ 10 mètres de
diamètre, une sentinelle de nuit ?
Qui se déplace pour contrôler s’il n’y a rien d’anormal ?

Pas très épais, je doute qu’il y ait des
occupants, autrement, ils sont petits, mais je
commence à fatiguer, à cause du transfert ?

Sur chaque avenue, il y a des étendues
vertes, certaines comportant des arbustes qui
pourraient me masquer, j’ignore combien de
temps durent les jours et les nuits ici, si jour
il y a, essayons de trouver un endroit discret, demain
sera un autre je ne sais quoi. »

Il s’endormit, et plusieurs heures plus tard, lorsqu’il
se réveilla, il faisait jour, et trois robots 
l’entouraient, l’un d’eux:

« Humain primitif détecté en zone A8b, nous le
prenons en charge pour le Centre D2K.

Suivez-nous, humain, n‘essayez pas de
résister, nous ne vous voulons aucun mal, après un
contrôle, vous serez dirigé sur une autre zone. »
 
A la vue des trois machines, et de leur
armement, Bogdan comprit qu’il valait mieux ne
rien tenter, il se leva, et décida de les suivre.
 
« Où m’emmenez-vous ? »

« Tout vous sera expliqué au Centre. »

C’était le même robot qui lui avait répondu.

Il firent environ 200 mètres pour se retrouver
en face d’une esplanade analogue à celle de son
arrivée, à une différence près, un bâtiment
conséquent se situait en plein milieu des
espaces verts, tout comme ceux de l’avenue, il
n’était plus illuminé, et c’est là qu’ils entrèrent.

« Voici l’humain détecté, notre mission est terminée. »

Bogdan se trouva face à un robot encore plus
impressionnant, plus grand, et probablement plus
puissant, ce dernier:

« Suivez-moi, nous allons vous faire passer un test
d’affectation, il est inoffensif et sans douleur. »

« Très bien, mais j’ai faim, pourrais-je déjeuner ? »

« Oui, nous avons ce qu’il faut, asseyez-vous là. »

On lui servit une sorte de pâte avec un verre
contenant un liquide ambré, le tout en quantité
raisonnable et adaptée à son châssis.

« Ca a un vague goût de corn flakes, et le liquide
ressemble à du thé, j’ignorais que ces robots étaient
anglais, mais je peux considérer ce petit déjeuner
comme satisfaisant, à défaut de katcha, de darnisky
et de blinis, mais n’en demandons pas trop, pensons
plutôt à ce que la suite me réserve. »

Lorsqu’il eut terminé, le robot imposant revint:

« Suivez moi. »

Ils entrèrent dans une vaste salle, bourrée
d’appareils électroniques et d’écrans, au milieu, une
sorte de cloche transparente, plastique, verre,  ou
énergie pure ?
Entourée de bornes analogues à celles des
avenues, lorsqu’ils furent sur les lieux, le robot:

« Restez là, nous procédons aux tests. »

La cloche se rabattit d’un coup autour de
Bogdan, les bornes émirent des rayons verts pâles et
rosés qui traversèrent sa paroi pour l’imprégner, cela
dura quelques minutes, puis la cloche reprit sa
position initiale, le robot:

« D’après les indications, vous êtes un primitif
d’ordre 5, avec une curieuse particularité au
cerveau, vous devez venir de la zone 9zi2, mais
vous êtes plus puissant que vos semblables, et
d’une intelligence supérieure, nous allons vous
transférer dans la zone 4bk12, vous vous
retrouverez dans un monde humain. »

« Puis-je vous poser des questions ? »

« Si elles sont opportunes, oui, je vous écoute. »

« Quelle est ma particularité dans le cerveau ? »

« Vous avez une grande cavité
qui, normalement, devrait être séparée en deux
plus petites par une paroi, la paroi manquante a
été remplacée par un réseau nerveux. »

« Quel est votre rôle par rapport aux humains ? »

« Nous sommes des régulateurs, venus sur cette
planète, il y a fort longtemps, vos semblables, de
diverses races et d’aspect différent, à cette
époque, étaient toujours en conflit et tentaient de
se détruire, nous les groupons dans une zone
déterminée par nature et par race, faisant en sorte
qu’ils ne puissent aller dans d’autres zones, ainsi, il
n’y a plus de conflit. »

« C’est-ce à quoi ont servis les tests ? »

« Affirmatif, d’autres questions ? »

« Non, pas pour le moment. »

« Ni par la suite, nous procédons à votre transfert
en 4bk12, un véhicule vous attend à la sortie. »

Le robot quitta la salle, et Bogdan:

« Bon, récapitulons, si je suis transféré dans une
autre zone, d’autres l’ont été avant moi, je ne
devrais donc pas avoir de problème d’argent ni pour
manger, aux nouveaux, on doit leur trouver un
boulot, maintenant, il y a une question que j’aurais
dû poser au Professeur avant de partir, est-ce
que le Transtron peut me reprendre n’importe où ?
J’espère que oui. »

Ses réflexions furent interrompues:

« Vous êtes attendu dehors, humain, ne tardez plus. »

Bogdan se dirigea vers la sortie, monta dans le
véhicule qui avait la forme d’un disque de 10
mètres, mais plus épais qu’il ne l’avait supposé, il
est vrai que la nuit…

Aucun bruit, aucune sensation de mouvement, le
disque se déplaçait rapidement, Bogdan vit de
l’eau, une mer ou un océan, ce qui l’amena à
supposer qu’il changeait de continent.

« Cela peut peut-être expliquer pourquoi chaque
race est dans une zone bien déterminée, et ne peut
la quitter, les continents peuvent être des îles, assez
éloignées les une des autres, ces robots semblent
tellement avancés que chacune d’elle doit être
entourée par un rayon infrangible.

Mais j’ai un autre problème, chaque individu, d’où
qu’il vienne, dispose d’un minimum de connaissances
sur cette planète, ce qui n’est pas mon cas, s’ils me
posent des questions, comment pourrai-je
jouer le coup ?

Invoquer une amnésie suite à un traumatisme
crânien ?

Ah ! Mais j’ai des images qui apparaissent de mon
cerveau, des lieux, un nom de ville, un autre
nom, m’aurait-on implanté des souvenirs ?

Dans ce cas, ces robots sont très forts. »

Lorsque Bogdan arriva dans la zone, il savait en effet
qui il était supposé être, ce qu’il avait fait, de quelle
ville il venait, parmi une foule d’autres détails, le
disque atterrit, il entendit avant de sortir:

« Vous êtes arrivé à Nimrak, dans la zone
4bk12, bonne fin de vie. »  

Il se retrouva sur un chemin, à environ 200 mètres
des premières maisons d’une ville, probablement
celle appelée Nimrak, il s’y dirigea, en se
retournant, il put voir la mer ou l’océan, la
température était plutôt agréable, aucune
sensation de chaud ni de froid, c’était déjà ça.

Dans la ville, il arpenta les rues, et croisa pas
mal de personnes dont certaines le regardèrent
avec surprise, mais sans plus, elles étaient plus ou
moins du même type que lui, quelques très jolies
femmes, la plus part des hommes mesuraient au
moins six pieds, les femmes, entre cinq pieds cinq
et cinq pieds 10 ou 11, donc des gens de belle taille.

« Le robot a bien trié »pensa-t-il, « mais pas de
voitures, des rues pavées, des maisons en style
très ancien, j’ai l’impression d’être dans la zone de
la Renaissance, vers le 16 ou 17 e siècle sur
Terre, qui dois-je voir pour me faire enregistrer?
Je vais demander, tiens, à ce type. »

« Pardon, Monsieur, je viens d’arriver, où dois-je
me faire déclarer ? »

« Monsieur ?
Mais d’où tu viens pour m’appeler Monsieur?
Je ne suis ni un seigneur, ni même un notable, tu es
un nouveau, mais d’où ? »

« La zone 9zi2 »

« Ah, je viens de la zone voisine, 8yh1, tu viens de
celle des guerriers, ça se voit, tu es balèze, tu dois
être un noble pour appeler les gens
Monsieur, bon, si on se revoit, je m’appelle
Karis Shuka, et toi ? »

Les souvenirs affluèrent directement dans le cerveau
de Bogdan.

« Moi, c’est Barz Chaknin. »

« Pas de doute, c’est bien de là-bas, oublies les
Monsieur ici, pour te faire enregistrer, c’est
simple, tu continues jusqu’à la Place qui s’appelle
Kanim, tu verras une boutique verte à droite, tu
demandes Gortez Bork, c’est un de chez moi, et un peu
le chef ici, c’est lui qui t’inscrira, te trouvera une
maison, et t’indiquera où bouffer, et éventuellement
où trouver des jolies femmes, car tu as le physique
de l’emploi, on se reverra probablement à la
Torquez (auberge locale). »

« Merci, à la prochaine. »

Bogdan continua sur la place, vit la boutique, et
entra, un homme d’un certain âge, des cheveux déjà
blancs, était installé derrière une grande table, sur
laquelle il y avait un paquet de feuilles de papier et
des sortes de fusains noirs.

« Gortez Bork ? »

« C’est bien moi, c’est curieux, je ne te connais
pas, tu es nouveau ? »

« Oui, je viens de la  9zi2. »

« Alors assieds-toi, je vais t’enregistrer. »

Bogdan lui raconta toute une salade qui
représentait les souvenirs implantés, Gortez Bork
nota tout scrupuleusement, et:

« Bon, tout semble normal, mais rappelles moi
donc ce que tu faisais dans ta zone. »

« J’étais second chef. »

« Ffff, tu me parais bien jeune pour un tel grade, à
23 ans ?
Oui, en te regardant bien, faut dire que tu as un
sacré format, tu dois bien savoir te battre ? »

« Plutôt, oui. »

  « Bon, alors mon adjoint, Tark va te montrer ton
domicile, quelques bricoles à faire dans ta
baraque, je dirais même que tu auras du boulot, le
couple qui l’a occupé est mort depuis une bonne
dizaine d’années, à toi de jouer de ton autorité pour
embaucher des aides, il te montrera également la
Torquez, il y a d’autres lieux de bouffe, mais pour
commencer, c’est pas mal, parfois trop de
monde, on attend, mais enfin…

Tark ! »

«Oui Gortez ! »

« Tu vas montrer à Barz Chaknin son nouveau
domicile, l’avant dernière maison au bout de la
ville, et également la Torquez. »

« Entendu Gortez, toi, Barz, viens avec moi. »

En chemin:

« Bon Tark ! J’arrive, alors peux-tu me communiquer
ce que j’ai à savoir ici en un premier temps ? »

« Ouais, on voit que tu as de l’autorité, ta maison
est à 400 mètres d’ici, Nimrak a environ 12000
habitants, le Grand Chef de la ville est Kiraz
Nem, pour un boulot, vu que tu étais second chef, tu
pourras passer le voir, il est dans la grande maison
blanche en face de notre boutique, de l’autre côté de
la Place, son adjoint  est également mon
chef, Gortez Bork, après, il y a une dizaine de
notables, le reste, c’est du tout venant, pas de guerre
ici, les guerriers de ta zone sont devenus des
agriculteurs, ou des marchands, voire des fabricants
de maisons car comme toi, ils sont
costauds, nous, comme tu l’as remarqué, à la zone
8yh1, on est un peu moins grands et costauds, et un
peu plus intellos, on est devenus des scribouillards, des
gens de service, des commerçants, enfin tout ça quoi… »

« Excuse-moi de t’interrompre, tu as parlé de marchands
et de commerçants, il y a donc de l’argent chez vous ? »

« L’argent ?
Le métal précieux ?
Oui, bien sûr qu’il existe, mais quel rapport avec les
commerçants ou les marchands ? »

Bogdan lui expliqua qu’il s’agissait d’un moyen
d’échange pour acquérir des biens ou des
marchandises, et Tark se mit à rire.

« Non, alors là, tu n’y es pas, parfois, on fait du
troc, mais pas toujours, le truc dont tu parles, je savais
pas qu’il existait chez toi, on en a pas besoin, on est
logé, on mange dans les auberges, il y en a une
dizaine, et question boulot, chacun fait ce qu’il
aime ou ce qu’il a envie, donc pas de souci, on a
une bonne vie, sur la fin c’est plus dur, mais… »

« Non, ce dont je t’ai parlé n’existe pas 
vraiment, mais chez nous, maintenant il est mort, on
avait un chef de navire qui aimait l’argent, métal
précieux, et en voulait toujours en échange de
quelque chose, d’où ma question, c’était un
cas particulier. »

« Ah bon, alors je comprends mieux, je vais
t’expliquer la suite quand on sera dans ta
baraque, car nous approchons. »

« Pas mal cette maison, Tark, et un espace vert
autour, je ne me plains pas. »

« Ouais, mais regarde là, et là, tu auras du
boulot, bon asseyons nous, je t’explique, ah !
Faudra que je te montre où est le fripier, qui fabrique
également des vêtements sur demande, parce que
ta tenue, c’est bizarre, bon alors… »

Et Tark continua ses explications, plus tard, il revint
vers la Place Kanim pour lui indiquer la Torquez, en
lui disant:

« Tiens, si tu veux, on va s’y voir tout à l’heure, le
déjeuner approche, mais je dois repasser chez Gortez.

Cet après midi, va chez le fripier, parce que là, tu
ne passes pas inaperçu.

Demain, t’auras plutôt intérêt à te balader dans la
ville afin de voir tous les lieux, c’est faisable, et les
autres auberges, par la même occasion, d’ailleurs, l’une
n’est pas loin de chez toi, et elle est bonne, tenue par
une belle salope. »

Dans le mois qui suivit, Bogdan, qui n’était pas
maladroit, passa le plus clair de son temps à réparer
sa maison, qui était assez vaste, un bras de rivière
passant près de chez lui, il fit une dérivation afin
d’avoir l’eau directement dans la maison, connaissant
la ville par cœur, il s’y promenait de temps à autre, il
revit plusieurs fois Karis Shuka qui commençait à lui
manger dans la main, et lui racontait tout, les mœurs
assez légères de la ville, les bonnes combines dont
certaines et certains profitaient, parmi bien d’autres
choses, il approchait de sa vitesse de croisière, et 
commençait à avoir plus de temps pour réfléchir:

« Bon, maintenant je connais presque tout, depuis le
système planétaire dans lequel nous sommes, cadeau
du robot, jusqu’aux derniers potins de Nimrak, cadeau
de Karis, personne ne me bouscule pour un
job, question scientifique, pas grand choses à tirer
d’ici, sauf peut-être que si je me mets à travailler le
métal, j’améliorerai mon confort, fabriquer une douche ?
Pourquoi pas ?
L’équivalent du savon existe, heureusement, les murs
sont presque étanches, en partie grâce à Karis, j’ai
planté des graines dans mon espace vert, mais les
résultats, faut que j’attende, et je vais trouver le
temps long car j’ai encore cinq mois à tirer.

Une femme, oui, c’est peut-être intéressant, il y en a
des belles, mais question drague, je manque
cruellement de pratique, par contre, pour le sport et
le combat, dans la maison, discrètement et à la vue
de personne, c’est bon, m’entraîner m’aide a
passer du temps.

Question chambre, un meilleur matelas sera de
mise, je sais où en obtenir un bon, je pense au
Professeur Campbell, je ne vais pas lui rapporter
grand-chose, lui parler des robots, oui, mais après…

L’auberge près d’ici, oui, c’est là que je vais le plus
souvent, car elle est meilleure que la Torquez, et
on attend nettement moins, la patronne, une chaude
celle là, jolie femme, mais qui doit être très
sollicitée, je crois que je lui ai tapé dans l’œil, mais
je préfère ne pas en tenir compte.

Il m’en faudrait une pour entretenir un peu ici, mais
bon, on n’a pas toujours ce que l’on veut, pour en
revenir à un job, je n’ai aucune utilité pour qui que
ce soit, côté scientifique, ils sont trop en
retard, côté médical, ils en sont encore à la
saignée, c’est tout dire, pour aider qui que ce
soit, ils sont déjà tous installés bien avant moi, et
n’ont besoin de rien, les Chefs, ça devient du
décorum, les notables, ils n’ont rien à faire, tout
ça est bien ennuyeux, surtout sur cinq mois.

Je n‘ai pas encore pensé aller du côté de
l’océan, histoire de voir s‘il y a un rayon
infrangible, faudra que je voie ça un des ces quatre.»

Durant le mois suivant, il se mit notamment à
travailler le métal, et s’installa une douche, il alla
bien du côté de l’océan pour le rayon, mais comprit
très vite qu’une baignade, mieux valait la faire
dans peu de fond car de redoutables prédateurs
n’étaient pas loin, faire une embarcation ?

Il y pensa mais laissa la question en suspens, une
bonne embarcation prendrait du temps, surtout
pour un non spécialiste, et le jeu n’en vaudrait pas
la chandelle.

Il se fit deux autres relations sur lesquelles il
savait déjà qu’il aurait une emprise, cela
augmentait sa capacité d’informations.

Tark, le sous-fifre de Gortez, aurait pu faire partie
de ses acolytes, mais ce dernier le maintenait
constamment dans la boutique, même lorsqu’il n’y
avait rien à faire, ce qui était le cas le plus fréquent.
   
Les deux nouveaux compères s’appelaient Hupk
Sarnem et Norz Kindam, tous deux issus de la
8yh1, le premier discutailleur en diable, passait
son temps dans les auberges, et le second qui y
passait moins souvent, sans toutefois refuser un bon
coup à boire, s’occupait essentiellement de son
jardin, hors de ses promenades.
   
Un soir, devant un bon verre de zerpk qui lui rappelait
vaguement le goût du whisky, Bogdan:

« Dommage, avec de la glace, il serait
meilleur, heureusement que j’ai du papier et des
fusains pour noter les décalages horaires, les jours
et nuits sont un peu plus courts
ici, malheureusement, vingt et une heures, cinquante
neuf minutes et quatre secondes, mes dates sont
calculées d’avance, mais il faudra que j’en tienne
compte pour mon retour.

Question confort, une douche et un bon
matelas, c’est Byzance, il ne faisait jamais ni chaud ni
froid, le décalage axial étant moins important que sur
Terre, seulement 10 degrés, on se trouvait presque au
niveau d’un tropique, il y aurait peu de variations.

L’électricité me manque, en obtenir serait
possible, mais fabriquer des ampoules ou des lampes
ici, c’est une autre histoire, et puis, mieux vaut ne pas
sortir de l’ordinaire, on ne sait jamais, ils et elles me
traiteraient de sorcier, pas une très bonne pub.

Vivre pratiquement avec la nature, ça a son charme. »

Le lendemain, lorsqu’il alla déjeuner à son
auberge, celle de la jolie patronne proche de son
domicile, il venait de s’installer lorsqu’une superbe
brune très grande, proche de six pieds, environ la
trentaine , lui demanda:

« Puis-je m’installer ici ? »

Bogdan: « Pourquoi pas ?
Cela me changera de manger seul. »

« J’ignore si je dois prendre cette réponse pour un
compliment, mais peu importe, il y a longtemps que
je t’observe, et je voulais te parler. »

« De quoi ? »

« Holà, ce n’est pas très encourageant, mais cela ne
me surprend pas, je connais aussi ton caractère, Barz. »

« Ainsi que mon prénom, assieds-toi, je ne suis pas
très doué pour rechercher la compagnie d’une
femme, bien que cela puisse m’intéresser, mais en
ce moment, je suis en train de finir ma maison, qui
es-tu ? »

« Voilà qui est déjà mieux, et en plus, tu n’es pas
prétentieux, je suis  Nara Pimz, notable, fille de
Kort Pinz, Chef de guerre décédé, en 9zi2 il y a cinq
ans, c’est à ce moment là que je suis arrivée ici, tout
comme chaque personne, par un curieux moyen
de transport.

J’ai eu un compagnon durant les trois premières
années, mais je m’en suis lassée, car il s’intéressait
à d’autres femmes, ici, les mœurs sont plutôt
légères, mais je ne fais pas partie de ce genre, si
quelqu’un m’intéresse, ce qui est ton cas, je
recherche une relation stable.

Visiblement, tu as tapé dans l’œil de la
patronne, mais je sais qu’elle ne t’intéresse
pas, mais moi, est-ce que je peux t’intéresser ? »

« Tu es franche et directe, et très belle, mais
moi, un pauvre guerrier qui vient d’arriver, avec
une notable ?
Est-ce que ça ne ferait pas un peu désordre ? »

« Pas du tout, la seule question importante est si
je te plais ? »

« Tu as tout pour, mais pourquoi suis-je si
intéressant ? »

« Tu n’es pas comme les autres, il y a des gestes
et des attitudes chez toi qui m’intriguent, et
puis, tu es très beau, capable de prétendre à
n’importe quelle femme ici, d’ailleurs, je ne suis
pas la seule à t’observer, crois moi, il y a de la
concurrence, mais tu as un côté bloquant, tu fais
un peu peur, tu inspires aussi du respect, second
Chef à 23 ans, c’est impressionnant et sans
précédent, tu dois être un combattant
extraordinaire pour être parvenu si rapidement à
un tel grade, toi aussi, en quelque sorte, tu es
un notable. »

« Tu es surprenante, et très psychologue, j’ignorais
avoir autant de succès, oui, tu me plais car tu es
intelligente, mais il y a un problème. »

« Ah ! Lequel ? »

« Ma maison me convient, mais ce n’est pas un
endroit pour toi, j’y ai bien apporté quelques
améliorations, mais tu dois vivre dans un lieu bien
plus confortable. »

« Ce n’est pas sûr, j’ai vu que tu as bien arrangé
ton toit et tes murs, et même ton jardin, et tu as
un bon matelas, je t’ai vu lorsque tu es allé le
quérir, j’habite sur la place, dans la maison grise
du même côté que la boutique verte de
Gortez Bork, et puis, rien ne nous empêche de
garder chacun son domicile, tu pourras faire
la comparaison. »

« Pour toi aussi, il doit y avoir pas mal de
prétendants chez les hommes. »

« Oui, mais ils savent que je suis une notable, ça
les bloque, et ça me protège. »

« Que faisais-tu ces derniers temps?
Car des réunions avec Kiraz Nem, il ne doit pas y
en avoir des masses. »

« C’est exact, seulement une fois par mois, pour
discuter de choses sans intérêt, je passais une
partie de mon temps à lire des écrits, c’est
instructif, une autre partie à t’observer, et le reste
des journées à sortir de la ville, vivre dans la nature
environnante, et à m’entretenir physiquement. »

« T’entretenir physiquement ?
Ca, c’est intéressant, que faisais-tu
exactement, courir?
Faire des exercices d’assouplissement?
C’est vrai que tu es superbement proportionnée. »

« Oh que ça me fait plaisir à entendre, pour le
reste, de la tête aussi, tu es fort, car tu as à peu
près tout deviné. »

« Tiens ! Enfin on va pouvoir manger. »

Lorsque le repas fût terminé:    

« J’aimerais voir l’intérieur de ta
maison, demain, on ira voir la mienne, ça te va ? »

« Bien sûr, viens ! »

Quelques instants plus tard:

« Il est sympa ton intérieur, tu l’as plutôt bien
arrangé, et là-bas, derrière ce mur ? »

« C’est la chambre, et la salle de bains, qui est
plutôt une salle de douche. »

« De douche ? »

« Oui, je vais te montrer. »

Bogdan fit fonctionner la douche, Nara regarda, stupéfaite.

« Vraiment extraordinaire ! Et très pratique, tu ne
cesses de me surprendre, c’est toi qui a fabriqué
ça, avec cette sorte de tube allongé ? »

« Exact, ça te plait ? »

« Oh oui que ça me plait, c’est mieux qu’une
baignoire, et plus rapide, et en plus tu es un
génie, mais de quel monde viens-tu ? »

« Rien d’extraordinaire, tu sais que chez nous, il
y avait des forgeurs d’armes qui travaillaient le métal ?

Oui, tu le sais, alors j’ai eu l’occasion d’observer ces
forgerons, d’assister à leur travail et en
réfléchissant, cela m’a donné l’idée de faire
cette douche. »

« Ffff, eh bien quand même, il fallait y penser, et
personne ne l’a fait avant toi, je crois que je vais
essayer ta douche, ah !

Mais je n’ai pas mes produits de maquillage et de
traitement ici, zut ! »

« Tu es très jolie, et tu n’en as pas besoin. »

« Oh toi, tu es un amour, viens prendre une
douche avec moi. »

La suite se passa comme on pourrait le
deviner, ils retournèrent le soir à l’auberge, puis
le lendemain matin:

« Bien dormi, mon chéri ?
Je repense à hier, quelle merveilleuse journée…

Tu sais ce qu’on va faire ?

On va d’abord aller chez moi, tu verras les lieux, puis
après, on quittera la ville et on fera de
l’entraînement, car j’ai vu ce que tu as fait avec les
masses de métal, des poids, pour entraîner ta
force, mais la souplesse aussi, nécessite un
entraînement, il ne faut pas la négliger, qu’en
penses-tu? »

« Très bon programme, ma chérie, et tu as raison
pour la souplesse. »

« Est-ce que tu m’aimes ? »

« Oh oui, et toi ? »

« Bien sûr que je t’aime, comme une folle, si nous
n’avons concrétisé qu’hier, cela fait plus de deux mois
que dans ma tête, je suis avec toi, mais je suis
quelqu’un de réservée, qui veut être sûre de son
choix, ne pas faire l’erreur du précédent. »

« C’était un si mauvais choix ? »

« Pas vraiment, il a aussi des qualités, mais rien que
le fait de s’intéresser à d’autres femmes, cela veut
dire que je ne représentais rien pour lui, qu’il
n’éprouvait rien pour moi,  et j’espère que ce ne
sera pas ton cas. »

« Oh non, ça, tu peux en être sûr, car tu es
une amoureuse parfaite. »

« Wow ! Tu es beaucoup plus doué que tu ne le
penses pour parler aux femmes. »

L’écoulement du temps, à partir de ce moment
là, parut beaucoup plus agréable à Bogdan, et
peut-être aussi plus rapide, les quatre mois
passèrent presque comme un éclair, le décalage
temporel de 15 jours avec la Terre avait aussi été
absorbé, il repartirait en début d’après-midi, vers
14 heures et des poussières, il savait depuis
quelques jours que Nara était enceinte, mais il
ne pouvait rien lui dire, un descendant de
Bogdan, puis d’autres peut-être, continueront à
vivre dans ce monde, lui, pensait à son retour.

« Tu as l’air soucieux, mon chéri, à quoi penses-tu ? »

« A notre descendant, fils ou fille, nous ne savons
pas encore. »

« Nous le saurons bientôt, un peu de patience, tout
ira bien.

Allons à l’auberge de la Place, à 30 mètres, ils me
connaissent bien, et je vais faire en sorte qu’ils
nous servent rapidement. »

« Oui parce qu’à celle près de chez moi, enfin chez
nous aussi, ces derniers temps, le service s’oriente
vers le bas de gamme. »

« Tu m’étonnes, et tu peux être sûr que la patronne
y est pour quelque chose, elle n’a pas pu t’avoir, et
elle le prend mal, à mon avis. »

« C’est aussi ce que je pense, alors on ira plus. »   
   
Après le repas, Nara et Bogdan étaient revenus dans
sa belle maison grise, elle s’était assoupie au
moment où un rayon le frappa.

Il se retrouva dans la section secrète du Professeur
Campbell, ce dernier était là et attendait, ainsi que
Chris Sullivan, et deux ou trois autres personnalités
importantes.

« Ouf, Eh bien j’ai pas mal de choses à vous
dire, mais ce ne sera peut-être pas ce à quoi vous
vous attendez. »

Campbell: « Je m’en doute, rien qu’à voir vos habits. »


Bogdan relata son aventure durant plus de
deux heures, avant de terminer par:

« J’ai laissé une descendance probable
là-bas, voilà tout ce que je peux vous dire. »

Campbell: « Hm ! Un bon séjour en
somme, pratiquement sans risques, dommage
que nous n’en sachions pas plus sur ces robots
régulateurs tellement avancés , mais vu les
circonstances… »

Sullivan: « J’ignore ce qu’en pensent Messieurs
les Sénateurs ici présents, mais pour moi, pour
une première expérience, c’est plutôt
encourageant. »

Patterson: « Pour moi aussi, je pense que John
sera d’accord, cela mérite d’accorder d’autres
budgets, avec un peu plus de pratique, on finira
par tomber sur des mondes plus évolués desquels
on pourra tirer bien des avantages, surtout que
votre Transtron, Professeur, transfère aussi les
objets inertes. »

Coleman: « Oui, ce qui veut dire que dans
l’avenir, Bogdan pourra nous rapporter des
documents, des enregistrements précieux, bien
sûr qu’il faut continuer, surtout que votre
assistant, d’après ce que j’ai appris, est capable
d’améliorer votre appareil, un champion de
combats doublé d’un génie, il a tout ce qu’il faut
pour mener à bien les futures missions. »

Campbell : « Je ne peux qu’apprécier votre
optimisme et vos encouragements, Messieurs, mais
n’oublions pas que dans l’avenir, il se pourrait que
Bogdan soit placé dans des situations plus
délicates, surtout avec des civilisations
avancées, je n’hésite pas à le dire devant lui, car
il le sait, peut-être qu’un jour, il ne reviendra pas. »

Sullivan: « Nous en sommes parfaitement
conscients, Professeur, mais nous en prenons le
risque, j’y vois plusieurs raisons:

- D’abord les vôtres, avoir travaillé durant 30 ans
pour créer cet appareil,  vous ne l’avez pas fait
histoire de dire que c’était uniquement pour
passer le temps.

- Ensuite, c’est un évènement qui ressort de
l’intérêt supérieur de la nation, nos gouvernements
s’efforcent, depuis des décennies, de maintenir
la paix dans le monde, pour qu’ils puissent
continuer, nous devons rester forts, et, de
préférence, conserver une avance technologique
sur des voisins pas toujours bien intentionnés.

- Enfin, il y a lieu de prévoir qu’une expansion
démographique ou des catastrophes provenant
de météorites ou ayant d’autres causes, peuvent
se produire, rendant notre planète inhabitable, on
peut voir dans cette superbe invention, un début
de solution possible à ce genre de problèmes. » 

Coleman: « Dieu sait si j’ai l’habitude des
discours, mais là, je n’aurais pu dire mieux, les
arguments de Sullivan sont imparables, n’ayons
pas peur des risques, surtout lorsqu’il s’agit de
raisonner au niveau de l’humanité. »

Lorsque les divers pontes quittèrent le
laboratoire, le Professeur Campbell:

« Bon, Bogdan, on va bientôt dîner, un petit
whisky en attendant ? »

« Pas de refus, Professeur, restons américains, un
Bourbon serait encore mieux. »

« Tiens, curieux ! J’aurais pensé que vous seriez
plutôt tenté par une Vodka, mais vous avez
raison, un bon Bourbon, c’est aussi quelque chose.

J’ai pu paraître un peu rabat-joie, devant ces
Messieurs et vous, en énonçant le risque, qu’en
pensez-vous? »

« Je pense que vous avez bien fait, Professeur, les
mises en gardes sont toujours utiles, bien sûr
qu’ils en sont conscients, mais le rappeler m’a
semblé opportun, en ce qui me concerne, si j’ai
bien compris, ce n’était qu’un premier départ, il
y en aura d’autres ?

Cela ne me fait ni chaud ni froid, on peut tout
aussi bien mourir sur un trottoir ou en étant
confortablement chez soi, en Russie, je serais
très probablement en prison, le vie est une sorte
de livre, une page vient d’être tournée, abordons
la suivante. »    

« Là, Bogdan, j’admire la façon dont vous prenez
les choses, et je me demande en quoi vous êtes
fait, mais allons prendre notre apéritif. »

Pendant le dîner:

« Bon, Bogdan, vous devez vous douter que vos
améliorations ont fonctionnées, mais surtout qu’en
ce qui concerne les points multicolores sur
l’écran, ils sont beaucoup plus nombreux, et
certains peuvent être bicolores, par exemple celui
qui a conditionné votre départ avait une sorte de
gris au centre, et était entouré d’un vert assez
clair, je pense que le gris se rapporte à la présence
des robots, alors que le vert, à celui des populations
humaines, si cette supposition s’avère exacte, dans
l’avenir, on visera des points bleus pour tomber sur
des civilisations plus avancées, mais vous, qu’en
pensez-vous ? »

« Il se pourrait que votre supposition soit
exacte, cela reste à expérimenter, mon point de
départ, est-il toujours sur l’écran ? »

« Oui, il y est, pourquoi ? Pensez-vous à repartir par
le même point ? »

« Non, d’abord parce que les personnalités qui sont
venues ne comprendraient pas, ensuite, à mon
avis, le temps n’est pas le même d’un continuum à
un autre, si je voulais revoir Nara, il se pourrait que
je tombe sur ses petits enfants, ou plus loin
encore, enfin, l’objectif principal reste les
civilisations plus avancées. »

« Bravo, en ce qui concerne les décalages
temporels, sans pouvoir tout à fait en être
sûr, je pense comme vous, en un premier
temps, nous allons rechercher d’autres
améliorations pour le Transtron, ce qui vous permettra
de vous reposer ici pendant quelques semaines, voire
quelques mois, si l’on veut faire les choses comme il
se doit, cela nécessite un minimum de temps, les
bousculades sont mauvaises conseillères, comme vous
le dites si bien, il faut savoir rester cool.

Et puis, dans les annexes du labo, je connais deux ou
trois jolies femmes qui sont célibataires, on ne
sait jamais.»

« Ah ! Si je vous comprends bien, Professeur, vous
voulez qu’une femme soit inquiète à chacun de
mes départs ? »

Tous deux se mirent à rire.

Des semaines s’écoulèrent, l’amitié entre Bogdan et
le Professeur, basée sur une sorte d’admiration
réciproque, se renforçait régulièrement, un jour, ce
dernier:

« Ah ! Bogdan, venez voir ! Je crois que j’ai fait une
autre découverte. »

« Il se trouve que moi aussi, Professeur, mais parlons
de la vôtre en premier. »

« Voilà, en manipulant certaines énergies pour tenter
de les mettre en harmonie avec d’autres, je me suis
aperçu que désormais, non seulement on doit pouvoir
retracer vos futurs parcours, mais aussi les
enregistrer, je ne pourrais en être sûr que lors de
votre prochain départ, mais dans l’affirmative, c’est
une avancée qui laisserait pas mal de portes ouvertes.

Voici quelques enregistrements, qu’en pensez-vous? »

Bogdan les regarda, puis:

« Oui, en effet, je crois que vous êtes sur la bonne
voie, mais cela m’amène à penser qu’il faudra
utiliser certaines portes ouvertes, comme vous le
dites, pour la protéger, la mienne est plus
simple, c’est une affaire de programmation, qui
consiste à établir une sécurité 9ww2z de
rapatriement automatique au cas où le lien
disparaîtrait momentanément entre le
Transtron et moi, pour différentes raisons, je
suis mort ou en très mauvais état, je me déplace
plus vite que la lumière, je suis transféré par
d’autres portes dimensionnelles, entre autres. »

« Mais c’est une excellente idée, êtes-vous sûr
de pouvoir assurer cette programmation ? »

« Tout à fait, Professeur. »

« Alors chapeau, mais pourquoi parlez-vous de
protéger ma découverte ? »

« Je pense à d’autres civilisations avancées qui
maîtriseraient des portes dimensionnelles et
seraient encore plus avancées que nous, elles
pourraient elles aussi, repérer et enregistrer nos
tracés, il nous faudra trouver un moyen de
protection, par brouillage ou autre, afin qu’elles
ne puissent le faire. »

« Décidément, il est vraiment dommage que vous
soyez le cobaye dans cette affaire, ce n’est pas un
Assistant que j’aurais fait de vous, mais un
véritable associé, nous nous entendons parfaitement. »

« C’est un honneur, Professeur, mais je pense encore
à autre chose. »

« Si vous voulez me parler des points
multicolores, cela m’intéresse au plus haut degré. »

« Chapeau à vous, Professeur, c’est exactement de
ça dont je voulais vous parler, partant du principe
que le gris et le blanc ne sont pas vraiment
considérées comme des couleurs, le gris, combinaison
des deux, ne l’est pas davantage, et il pourrait bien
se rapporter à la présence d’être artificiels tels que
des robots ou des androïdes, d’ailleurs je me demande
quelle civilisation avancée a pu créer ceux que j’ai
rencontrés, en cas d’exactitude de cette
théorie, peut-être sera-t-il préférable pour
l’avenir, de rechercher d’autres couleurs, tels
que les bleus par exemple, ou peut-être les
violets, car je … »

« Là aussi, je vois ce que vous voulez
dire, Bogdan, les jaunes, les oranges, et les rouges
se rapporteraient à des civilisations les moins
avancées, les verts à des civilisations
intermédiaires, les bleus et les violets seraient
celles qui nous intéressent ? »

« Seriez-vous télépathe, Professeur ? »

« Pas à ma connaissance, mais allons donc déjeuner. »

D’autres semaines passèrent, au cours desquelles
Bogdan Kovrov fit plus ample connaissance avec
Jessica Harrington, 28 ans, une belle brune aux
yeux bleus 5 pieds 10 pouces, sportive, technicienne.

Cette ravissante personne, qui n’avait pas froid aux
yeux, et qui entendait régulièrement parler de lui
comme d’une sorte de messie, fût d’abord
intriguée, puis intéressée, il impressionnait, puis
en jetait…

Une différence d’âge de 5 ans n’étant pas
importante, ils en vinrent rapidement à des relations
plus intimes, un jour:

« Tu sais, chéri, mais ça tu t’en doutes, je serai
très inquiète à ton prochain départ. »

« Il n’y a pas lieu, je pars du principe que nos destins
sont écrits, et que ce qui doit
s’accomplir, s’accomplira, si je dois faire une
cinquantaine d’aventures, je les ferai, si je dois
m’arrêter avant, pour une raison ou une autre, eh
bien j’envisagerai autre chose, Campbell espère qu’un
jour, je deviendrai son associé, mais il sera peut-être
trop vieux pour que ça se produise, à moins que la
médecine fasse des progrès pour allonger les
durées de vie, mais je n’ai pas d’informations
là-dessus. »

« Moi si, ils sont en train de travailler, dans notre
section, sur un produit qu’ils appellent le
Stannex, et ils pensent aboutir à des résultats, on en
saura plus dans six mois ou un an, c’est
curieux, cette croyance en un destin tout
tracé, c’est russe ? »

« Pas particulièrement, je sais qu’ici, vous
autres, avez l’habitude de croire qu’un destin, ça se
forge, peut-être avez-vous raison, mais je pense que
toi, qui participes à tous les projets importants, et
dont les compétences sont reconnues, tu finiras
par devenir ingénieur. »

« Si Dieu existe, qu’il t’entende, mais tout cela ne
diminue pas mon inquiétude pour autant, j’aimerais
que quelqu’un d’autre puisse prendre le relai. »

« Tu n’es pas la seule, mais pour le moment… »

Quelques jours pus tard:

« Allo, Professeur Campbell ? »

« Lui, même, qui est à l’appareil ? »
   
« Sullivan, je viens d’avoir Coleman qui aimerait
savoir où vous en êtes. »

« Nouveau départ prévu pour Bogdan dans deux
ou trois semaines, nous avons pris un temps nécessaire
pour appliquer des nouvelles découvertes au
Transtron. »
Puis il donna une brève synthèse des trouvailles pour
finir par:

« Il faut comprendre qu’un minimum de prudence
s’impose dans ce domaine d’avant-garde. »

« Vous avez tout à fait raison, Professeur, je vais
pouvoir rassurer les Sénateurs. »

Trois semaines plus tard:

« Nous ne voyons pas de points violets, mais celui
bleu cobalt que vous voyez là, devrait nous
intéresser, si notre théorie est correcte, mais vous
êtes venu avec Jessica ! »

« C’est elle qui a voulu être présente, Professeur, le
lui refuser m’a semblé plus que difficile. »

« Bien, alors préparez-vous Bogdan. »

C’était juste après le dîner, le Professeur appuya
sur un bouton, et Bogdan disparut.

Il se retrouva dans une immense salle bourrée
d’électronique, occupée par plusieurs hommes
devant des bureaux, ils ne le virent pas arriver, mais
un son strident raisonna, Bogdan qui reprenait
conscience eut à peine le temps de comprendre
qu’il s’agissait d’une alarme, et encore moins celui
de réagir, plusieurs hommes se levèrent et se
retournèrent.

« Là bas ! Un intrus ! Que faisons-nous Linker ? »

« Saisissez-le, toi Kirnar, appelles  Barken !
Et toi, Makar, n‘oublies pas d‘enregistrer
son parcours.»

Deux hommes se dirigèrent vers Bogdan, qui
venait de réussir à se lever, il leur fit un signe en
leur disant:

« Je ne suis pas un ennemi, j’ai atterri là
accidentellement, je peux vous expliquer… »

Linker: « Rien du tout, on sait que tu es venu par
transfert, les explications, c’est à Barken que tu les
donneras, Garnor, Torkar, saisissez-le ! »

Les deux hommes, supposés être des sortes de
contrôleurs, mesuraient plus de six pieds et
paraissaient assez costauds, de type caucasien, ils
se ruèrent sur lui, mais Bogdan réagit, un coup de
poing d’un côté et une manchette de l’autre, les
dénommés Garnor et Torkar se retrouvèrent au
sol, mais Linker sortit une arme de sa poche et
tira, Bogdan fût paralysé, et s’écroula.

Linker: « Il est costaud, relevez-vous ! Vous
autres, l’équipe de Barken devrait arriver. »

Trois minutes plus tard, une demie douzaine
d’hommes entrèrent dans la salle avec un
immense engin qui se déplaçait par anti-gravité, à
50 centimètres du sol, l’un d’eux donna un ordre:

« Cikner, Jettnar, Panor, prenez le et mettez le
dans le Kemz ! »

« Entendu Fardar, on l’emmèce où ? »

« Pour le moment, en zone K11. »

Le Kemz en question n’était autre que l’appareil 
qui se déplaçait avec eux, ils refermèrent la
porte, et quittèrent la salle, Bogdan:

« Je ne peux plus bouger, me voilà dans de beaux
draps, ces gens là n’aiment pas les étrangers…

Mais ils savent que je suis venu par transfert, ils
sont donc très avancés et doivent pouvoir utiliser
des Transtrons, je sens qu’il va falloir jouer serré. »

Quelques minutes plus tard, toujours paralysé, il
se retrouva dans une salle vide et
neutre, probablement celle qu’ils appelaient la
zone K11, l’un des hommes qui l’avaient sortis du
Kemz lui dit en riant:

« Tu en as pour deux heures, après, c’est à
Barken lui-même que tu auras affaire, je
n’aimerais pas être à ta place. »

Mais Bogdan n’était pas constitué comme tout le
monde, et notamment pas comme les habitants de
celui-ci, au bout d’une demie heure, il retrouva sa
capacité de mouvements.

« Bon, mais je vais faire comme si j’étais encore
paralysé, ce Barken semble être une terreur, mais
il ne m’impressionera pas, il n’y a plus qu’à attendre
pour voir à qui j’ai affaire, et pour en savoir plus.

J’ai divers matériaux dans les poches, ainsi qu’une
arme, ils vont certainement me prendre tout ça, je
dois cacher l’arme sur moi, le reste ?

Vu le niveau de civilisation auquel je pense avoir
affaire, ils risquent de les considérer comme éléments
primitifs, peut-être qu’ils se méfieront moins.

Oh ! Mais attends ! J’ai des cartes en mains, notre
Transtron a présenté un faux tracé en
m’expédiant, tout en ayant conservé le vrai, si
l’invention du Professeur fonctionne, ce Makar a
relevé le faux, ce qui me permettra de raconter
n’importe quoi, car c’est sûr, ce Barken va m’interroger.

Le problème est de savoir ce qu’il va se passer
après, s’ils ont la bonne idée de me mettre en prison
avec d’autres détenus, non seulement cela me
permettra d’en savoir plus, mais aussi d’établir un plan
d’évasion, mais pour aller où ? Peut-être le savent-ils.

Ils peuvent également prévoir de m’exécuter, mais
si je parais primitif, et faible, genre trouillard, j’ai
peut-être une chance, on utilise souvent les
trouillards, devant Barken, je vais la jouer profil
bas, je le sens, moins j’aurai d’importance, mieux ce
sera pour moi. »

Une heure et demie plus tard, un policier entra:

« Je suis Jettnar, un de ceux qui t’a amené ici, et
toi, quel est ton blaze ? »

« Je m’appelle Bogdan, ma paralysie semble s’achever. »

« Bogdan ? Drôle de nom, enfin peu importe, lève-toi et
viens avec moi, tu vas être reçu et interrogé par Barken. »

Ils prirent un couloir sur une trentaine de mètres, puis
une porte à droite sur laquelle le nom de Barken était
indiqué ainsi qu’une qualification de:
« Chef de la Police de l’Empire Kartt».

« Ffff», pensa Bogdan, « Voilà un client, raison de plus
pour jouer les mous. »

Dans une grande salle également bourrée d’écrans et
d’autre matériel électronique, une vaste table-bureau
derrière laquelle trois hommes étaient assis, celui du
centre semblait être plus décoré que les autres, et c’est
lui qui parla.

« Ah, voilà un pigeon-voyageur qui nous arrive de je
ne sais où, mais bien sûr, nous allons le savoir, il va
tout nous dire, n’est-ce pas Messieurs ? »

« Tu as une chaise devant toi, assieds-toi, nous ne
sommes pas des sauvages. Je te présente Bottur et
Kirnam, mes adjoints, l’un d’eux saura si tu
mens, mais assez parlé, c’est toi qui as beaucoup de
choses à nous dire, et nous t’écoutons. »

Bogdan avait déjà préparé ses réponses, le faux
tracé du Transtron partait d’une lointaine
galaxie, pour le reste, il pouvait à peu près tout dire
en omettant de parler de ses capacités de
combat, c’était un assistant de Professeur, et rien
d’autre, il parla d’un premier voyage, et non d’un
second.

Barken: « Hm ! Ainsi, là d’où tu viens, vous êtes des
débutants en matière de transfert
dimensionnel, trouvaille de ton Professeur Campbell ? 

Et d’après le relevé de Makar, ce que tu as d’ailleurs
confirmé, tu viens d’un système situé dans la galaxie
M86 ?
Il y a un sacré amas d’étoiles dans ta zone, donc il
doit y avoir du monde… Intéressant.

Bon, tu ne bouge pas de là, on te reprend dans
5 minutes. »

Un rideau d’énergie opaque sépara d’un coup la
pièce en deux, Bogdan ne voyait plus les trois
policiers, ni n’entendait plus rien, deux gardes se
tenaient près de la porte de sortie.

Barken: «  Alors Kirnam et surtout Bottur quelles
sont vos impressions ? »

Bottur: « Je crois à tout ce qu’il a dit, Chef, il n’a pas
menti. »

Kirnam: « Oui, c’est aussi mon avis, mais une chose
m’intrigue chez lui. »

Barken: « Laquelle ? »

Kirnam: « Il paraît comme un primitif mou et
trouillard, alors qu’il est bâti comme un puissant, je
serais partisan de le tester. »

Barken: « Le tester ? En combat par exemple ?

Non, nous n’avons pas le temps, je dois informer
Maître Zankar de sa présence, c’est lui qui décidera
de son sort, par ailleurs, j’ai connu, tout comme
vous, bien des costauds apparents qui étaient en
réalité des trouillards, et celui-là en fait visiblement
partie, un Assistant scientifique, ces gens-là ne
sont pas des courageux. »

Bottur: « Je partage votre avis, Chef. »

Kirnam: « Bon, dans ce cas, moi aussi, les
impressions peuvent être trompeuses. »

« J’appelle le Maître »

« Maître Zankar ? »

« Oui, Barken, qu’as-tu à m’annoncer ? »

Le Chef de la Police ne fut pas avare d’explications, au
tyran, il valait mieux en dire plus que pas assez, il
termina par:

« Avec Bottur et Kirnam, nous sommes parvenus à la
conclusion que c’était un faible, un trouillard, qu’on
avait dû envoyer en transfert probablement parce que
personne d’autre, dans leur galaxie, ne voulait y aller. »

Le tyran éclata de rire, et:

« D’après tout ce que tu m’as dit, c’est le
cas, quelqu’un qui cherche visiblement à sauver sa
peau, bon, envoie le dans la zone K41 ! »

« Celle d’un tas de durs qui vont le bouffer ? »

« Oui, comme ça, nous en serons
débarrassés, tu connais mes principes, les
inutiles ne sont pas autorisés à vivre. »

« Ca sera fait, Maître. »

Le rideau opaque se releva, puis, s’adressant aux
gardes, Barken:

« Accompagnez le en zone K41! »

« Bien Chef, allez, toi, viens avec nous. »

Lorsqu’il fût sorti, Bottur:

« Je n’aimerais pas être à sa place. »

Barken: « Personne n’aimerait, vous pouvez
regagner vos bureaux. »

Arrivés dans la zone en question, on demanda à
Bogdan de vider ses poches, de se déshabiller tout
en gardant son slip, c’est-ce qui lui permit de
conserver l’arme, on lui attribua une nouvelle
tenue, puis le contrôleur du lieu dit à l’un des
deux gardes:

« Il reste un lit de libre dans la 212, il sera avec
Karburr et Zortak. »

L’un des deux gardes, visiblement surpris:

« Ils vont n’en faire qu’une bouchée. »

Ce à quoi le contrôleur répondit:

« Ce n’est pas mon problème. »

A la 212, Bogdan fut poussé à l’intérieur par l’un
des deux gardes, et la porte se referma, à
l’intérieur, Karburr:

« Regarde, Zortak, nous avons un envahisseur, qui
vient respirer notre air, doit-on admettre ça ? »

« Bien sûr que non, mais c’est une bonne occasion
de voir ce qu’il vaut. »

Un combat s’engagea entre Bogdan et les deux
hommes, mais à ce stade, il n’était plus question de
jouer les mous, ces derniers, bien que pratiquement
aussi grands et aussi fortement charpentés que
Bogdan, en furent pour leurs frais, et comprirent
très vite que parmi les trois le Chef, ce serait lui. »

Lorsqu’ils reprirent connaissance, Karburr:

« Bon d’accord, tu es plus fort que nous, mais
attends, nous avons deux heures de sortie par
jour, et dans la cour, tu auras des clients, à
commencer par Tarkass, qui fait une tête de plus
que toi, et à côté de qui tu es un peu léger, il ne
fait pas de cadeaux. »

« Alors tant pis pour lui. »

« Ffff, alors là, toi, tu es un fou ou un
inconscient, il ne fera de toi qu’une bouchée, et
en plus, tu n’as pas de chance car lui et moi, on
est potes. »

Lui répondit Zortak.

Bogdan, dans la situation où il se trouvait, n’avait
plus de raison de se retenir, mais il fallait qu’il vive
assez longtemps pour connaître tout le contexte, il
répondit:

« Tu n’aurais pas dû me dire que vous étiez
potes, bon arrêtons les conneries, et parlons de
choses sérieuses, Karburr, je viens d’un transfert
dimensionnel, dans quel monde je suis, et
comment c’est gouverné ? »

« Ah putain ! T’es un cobaye de transfert ?
Je comprends mieux pourquoi tu utilises des
techniques de combat que l’on ne connait pas, mais
ça te sauvera pas de Tarkass, alors Zortak, t’es
d’accord avec moi, il va se faire écharper
demain, on peut tout lui dire. »

Zortak, sûr de lui, ou plutôt de son pote en
question, répondit:

« Bien sûr, comme ça, il ne mourra pas idiot. »

« Bon alors voilà, Zankar est le tyran de la planète
Xziphen sur laquelle nous sommes, et du système
Kartt, auquel elle appartient, je passe sur les
données astronomiques que je ne connais pas, la
planète a trois continents, Zankar en domine
deux, mais sur le troisième, il y a des rebelles
qu’il n’a pas encore réussi à vaincre, ce qui le
fout en pétard, tiens, je vais même te faire un
dessin, tu vois, on ne refuse rien à un condamné. »

Et ce dernier dessina les continents, indiqua
celui des rebelles, puis la ville, Markaia la ville
dans laquelle ils étaient détenus, pour
poursuivre par:

« Après Zankar, le personnage numéro deux est
Barken, le Chef de l’armée et de la police, qui
dispose d’une dizaine de millions d’hommes, avec
ça, il contrôle tout, on a des vaisseaux spatiaux qui
peuvent aller loin, rien que le système Kartt
recouvre des centaines de planètes et plusieurs
étoiles, il est énorme, et on a colonisé tout ça, les
transferts, on connaît aussi, ton transfert par
exemple, a dû être retracé, maintenant, ton monde
ne sera plus tranquille, car ils savent d’où tu
viens, sur cette planète, il y a plus d’un milliard de
péquins, mais aussi des centaines de millions sur
d’autres, et Zankar contrôle la majorité d’entre elles. »

Il continua ses explications pour finir par:

« Tu as dû remarquer qu’à Markaia, nous sommes
près d’un océan, à quelques kilomètres, en face du
continent des rebelles, mais si tu as pensé à te faire
la paire, tu peux y renoncer, pour deux raisons:

La première, demain, tu seras mort, la
seconde, personne n’a encore réussi à sortir de
K41, c’est une prison de haute sécurité, rien que
dans la ville qui a deux millions d’habitants, Barken
dispose de 100.000 sbires.

Voilà, tu sais à peu près tout.»

« Vous êtes d’ici, tous les deux, pourquoi êtes-vous
en prison ? »

Karburr: « Oui, on est d’ici, Zortak, avant, c’était
un intello, il bossait devant des écrans de
contrôle, mais comme il savait bidouiller des
programmes, il a fait ce que l’on appelle des
détournements de fonds, puis il s’est fait
prendre, là depuis dix ans, il en a encore treize
à tirer.

Moi c’est plus simple, j’étais
cambrioleur/voleur, j’ai pris onze ans, il m’en
reste six à tirer.

Bon, la bouffe va pas tarder à venir, je te
préviens, c’est de la *****. »

La soirée se passa sans autre incident, Bogdan
en profita pour mettre son arme en lieu sûr, et
réfléchir:

« Faisons le point de la situation, demain
matin, j’aurai un combat à livrer, car Zortak va
s’empresser de parler à sa terreur, il est tellement
sûr de lui que ce soir et cette nuit, j’aurai la
paix, il me faudra rester vigilant, je ne dois pas
sous-estimer mon adversaire, qui doit être très
fort, il ne faut pas lui laisser la possibilité de me
saisir, ou d’un corps à corps.

Si je m’en sors, je pense que les autres me
respecteront, là il me faudra une activité, par
exemple travailler dans un atelier, pour prévoir mon
évasion, mon objectif, le continent des rebelles. »

Le lendemain matin, dans la cour:

Tarkass: « Alors connard, t’es un nouveau, et qu’à
peine arrivé, t’emmerdes déjà mes potes ?

Ca, je ne peux pas le permettre, tu vas devoir payer. »

L’Homme qui se tenait devant Bogdan mesurait au
moins sept pieds, était bâti comme un monstre, tête
chauve, teint basané, l’œil mauvais, au travers
duquel on pouvait y lire la rage, Bogdan ne se
démonta pas, il maintint une certaine distance, et
répondit:

« C’est toi la terreur des mouches à ***** ? »

Il n’en fallut pas plus pour que Tarkass lui bondisse
dessus, il était rapide, mais ne trouva que le
vide, Bodgan s’était déplacé latéralement, et lui
envoya un Yoko-Geri puissant, le colosse accusa à
peine le coup.

Pendant que Bogdan restait en mouvement, il
se disait:

« Il n’a pas bronché, il est hors normes, mais doit
bien avoir un point faible, il faut le trouver. »

Tarkass faillit se saisir de lui, mais sa vigilance et sa
rapidité le sauvèrent, une fois encore, le monstre ne
rencontra que le vide, ce qui augmenta sa colère, et
pouvait le rendre encore plus dangereux, un
ushiro-geri le maintint sur place une demie
seconde, temps suffisant pour que Bogdan, en se
retournant, lui administre un Mae-geri kekomi, mais
le colosse ne bronchait toujours pas, et un immense
coup de poing passa à ras du visage de Bogdan, ce
dernier aurait pu prendre le bras de Tarkass et lui
faire une prise de Judo, mais n’étant pas sûr du
résultat, il préféra désengager par un déplacement
latéral, contre un tel adversaire, mieux valait éviter
tout corps à corps, une foule de 300 ou 400
détenus était tout autour des deux combattants et
appréciaient le spectacle, certains faisaient des paris.

Un side-kick particulièrement puissant et placé sur le
genou de Tarkass le fit chanceler, il fallait tirer parti
de cet avantage, quelques frappes sur les points
vitaux le désorientèrent complètement, deux
yokos-geri à la tête l’achevèrent, là était son point
faible, il se retrouva au sol pour le compte, cinq
minutes plus tard, une demie douzaine de gardiens
vinrent le ramasser pour l’emmener à l’infirmerie.

Bogdan avait entretemps pu lire la stupéfaction sur
un grand nombre de visages, puis plus personne
n’osa le regarder en face, chacun se retirait dans son
coin, est-ce que cela lui assurerait une tranquillité
pour l’avenir ?
Il devait rester vigilant.

Lorsque les détenus réintégrèrent leur
cellule, Zortak dit à Bogdan:

« Ne crois pas avoir gagné, tu t’en es
sorti, d’accord, mais quand il aura récupéré, il va
t’attendre au tournant. »

« Pourquoi ? Tu veux que cette fois-ci, je le tue ? »

Bogdan avait dit cela avec une telle assurance que
Zortak:

« Je te savais fou, mais un fou dangereux … »

Karburr: « Pas dangereux, mortel, tu
sais, Zortak, à mon avis, mieux vaut pour Tarkass
qu’il ne cherche pas une revanche, parceque
là, il va rentrer en morceaux, les techniques de
combat de Bogdan et sa rapidité sont
supérieures, de loin, et en matière de combat, je
m’y connais, jamais je n’avais vu ça, mon
Chef, maintenant, c’est lui. »

Comme Karburr avait une certaine influence sur
Zortak, ne serait-ce que parcequ’il était plus
costaud, ce dernier:

« Ouais, après tout, tu as peut-être raison, Tarkass
aurait trouvé son maître ? »

Karburr: « Tu peux en être sûr .»

L’histoire se répandit d’abord dans la prison, puis
parvint jusqu’à  Barken:

« Quoi ! Ce Bogdan s’est battu avec Tarkass qui est
à l’infirmerie avec un genou brisé et une tête
en compote ?

Je veux une confirmation de cette information
extraordinaire. »

Il ne tarda pas à l’avoir et appela aussitôt son
Maître, ce dernier:

« Es-tu bien sûr de ce que tu dis, Barken? »

« Tout aussi sûr que je suis en train de vous
parler, Maître, je me suis moi-même rendu à
l’infirmerie, et ai constaté les faits, Tarkass
lui-même, que l’on croyait imbattable, m’a dit
qu’il est trop rapide, qu’il frappe très fort, et
qu’il a des techniques de combat
inconnues, maintenant, il en a peur, en fait, ce
Bogdan n’a rien du trouillard que l’on supposait. »

« Alors si je comprends bien, Kirnam, Bottur et
toi, vous vous êtes faits avoir comme des gamins, il
vous a joué une belle comédie, bon, je vais
réfléchir à son sort. »

Pendant ce temps, Bogdan s’imposait de plus en
plus pour devenir le Chef des détenus, tout le
monde le craignait, et donc le respectait, de son
côté, le tyran réfléchissait:

« Peut-être qu’il peut m’être utile, le faire
exécuter ?
Pas sûr que ce soit la bonne solution, un cobaye de
transfert, même primitif ?
Il doit avoir des connaissances scientifiques, en plus
un combattant comme lui, c’est unique, du jamais
vu, j’étais convaincu que Tarkass était
imbattable, j’ignore pour combien de temps il est
là, mais si je le veux comme auxiliaire, on a son
tracé, donc pas de problème pour le récupérer, j’y
mettrai le monde qu’il faut, en plus, s’il a réussi à
berner Kirnam et Bottur, qui ne sont pas des
manchots, c’est qu’il est intelligent, très
intelligent, l’avoir de mon côté serait
intéressant, je vais rappeler Barken, pour lui
faire faire des tests scientifiques, en combat et
tout, après, on verra la suite à donner. »

Il appela Barken en conséquence, et termina par:

« Je compte sur toi pour me donner de bons
résultats. »

« Vous pouvez, Maître, je crois qu’il est très
intelligent, et qu’on peut en faire quelque chose. »

« C’est exactement ce que j’ai pensé, figure-toi, alors
exécution! »

Une semaine plus tard, Barken rappela Zankar:

« Les résultats sont stupéfiants, Maître, en
sciences, c’est un génie, en combat, il est
terrible, dix de nos spécialistes mis ensemble contre
lui, en ont fait l’expérience, ils ne sont pas en bon
état, quant à son intelligence, j’ai toujours eu
l’impression qu’il me baladait dans sa main pour
me tester, c’est intriguant, on voit qu’il n’est pas
de notre monde, et que même dans le sien, ça doit
être un sacré numéro. »

« Excellent, je vais te rappeler pour la suite
à donner. »

Bogdan, de son côté, avait évalué la situation.

« Le Chef de la Police est venu, le tyran doit être
au courant, s’il m’ont fait passer des tests, c’est
que je les intrigue, ce Zankar doit penser à une
manière de m’utiliser, cette civilisation est très
avancée, mais il y a du mou, et le tyran le sent
bien, donc fini les profils bas, si je sors de cette
prison, il n’est pas sûr que j’aie les coudées
franches, mais je multiplierai tout de même mes
chances, mis à part le fait d’avoir à tuer des
gens, je marcherai dans ses combines, du moins
en un premier temps, mon objectif reste le
même, le continent des rebelles. »

De son côté, Zankar:

« L’utiliser en sciences ?
Non, ce n’est pas le meilleur objectif, en
combat, comme Commandant de vaisseau ?
Non plus, c’est sur son intelligence qu’il faut
miser, et m’assurer sa fidélité, je vais lui
octroyer une place parmi mes conseillers qui
sont un peu mous et manquent d’initiative, c’est
peut-être dû au fait qu’ils me craignent, reste à
voir si lui, va me craindre, il semble devenir le
Chef des détenus, c’est assez impressionnant, il
paraît qu’il a de la poigne, s’il est prêt à marcher
avec moi, cela pourrait me servir, s’il a de l’ambition
et qu’il peut serrer ma bande d’imbéciles, ce sera
tout bénef, mais il faut que je le teste, je dois
connaître ses intentions, je vais le recevoir dans
une pièce truffée de détecteurs invisibles, qui
enregistreront tout et me donneront les
résultats, c’est là que je serai sûr, appelons
Barken, et faire venir aussi Kirnam et Bottur, pour
mise à jour de leurs intentions. »
 
« Barken, c’est le Maître qui te parle, convoque-moi
ce Bogdan ! Tu viendras avec lui au Palais, ainsi
qu’avec tes adjoints, plusieurs avis valent mieux
qu’un, mais pour le personnel de la prison, il sera
supposé être chez toi, est-ce clair ? »

« Lumineux, Maître. »

« Alors je vous attends. »

Un peu plus tard, en chemin, Bogdan:

« Là attention, il va chercher à sonder mes
intentions, il se peut qu’il ait des appareils spéciaux
pour cela, j’espère que ma particularité au cerveau
me servira, de plus, j’ai appris à l’isoler en
prison, mais est-ce que ce sera suffisant pour
donner le change ?
Garder longuement une concentration sera dur. »

Une fois au Palais du tyran, dans la salle en question:

« Prenez place, Messieurs, comme vous vous en
doutez, nous allons aborder des questions sérieuses
concernant l’avenir de notre pigeon voyageur ici
présent, je vais donc lui poser quelques
questions, et vous me direz ce que vous pensez
de ses réponses, pour détendre l’atmosphère, que
voulez-vous boire ? »

Barken; « Pour moi, Maître, ce sera un klubk. »

Kirnam: « Pour Bottur et moi aussi, Maître. »

Bogdan: «  je me rallie à l’avis général. »
          
Zankar: « Gerka ! Cinq klubks bien frappés ! »

« Je les apporte, Maître. »

« Bien, alors Bogdan, content de te voir, tu es
arrivé comme un cheveu sur la soupe, mais
comment as-tu vécu ton court séjour ici ? »

Bogdan: « Vous voulez dire en prison, Maître, les
repas sont des bas de gamme, comme chez
nous, mais le reste, pas de problème particulier. »

« Pas de problème particulier ?
Tu as quand même fait la connaissance de
Tarkass, non ? «

« Malheureusement pour lui. »

« Intéressant, et je suppose que tu aimerais bien
sortir de la zone K41, dont tu es en train de
devenir le Chef ? »

« Je vois que l’information circule bien, oui, sortir
de cette zone m’intéresserait, mais qu’allez-vous
demander en échange ? »

« Décidément, tu es quelqu’un de
pragmatique, as-tu de l’ambition?
Si oui, laquelle ou lesquelles ? »

« Vous savez que je suis en transfert, mais je
suppose que vous pouvez contrarier le
retour, alors si je dois rester ici, sachant que vous
êtes le Maître du système, je veux aller le plus
haut possible, c’est-à-dire le plus près de vous. »

« Et comment vois-tu la chose ? »

« Très simple, vous gouvernez, l’objectif, c’est de
vous maintenir, car gouverner un système ne
m’intéresse pas, mais je pourrais vous aider dans
la mesure de mes compétences. »

« Qui doivent être grandes, encore une réponse
intéressante, ainsi, tu n’hésiterais pas à faire ce
que je te demanderais ? »

« Contre quelqu’un qui dispose de toutes les
cartes, même moi, je sais que je n’ai aucune
chance, alors si vous me proposez de jouer
l’associé, le faire valoir, je suis preneur. »

« Bien, bien ! Si tes actes futurs valent tes
paroles, tu auras un bel avenir ici, qu’en
penses-tu ? »

« Que les actes valent mieux que les paroles, un
bel avenir ?
Je ne le refuserai pas. »

« Je vois que nous nous comprenons, mais je ne
gouverne pas encore tout le système, sur l’un des
trois continents, ici même, il y a des rebelles, ainsi
que sur d’autres planètes, le savais-tu ? »

« Oui, l’un de mes colocataires m’en a parlé, mais
j’ai quelques idées là-dessus. »

« Vraiment ?
Cela devient passionnant, parle-nous donc de
ces idées ! »

« Oh ! Je pense que vous-même y avez déjà
songé, deux possibilités:

- La première est d’augmenter la puissance de
l’armement, et je pense pouvoir le faire, mais c’est
une méthode brutale qui peut laisser beaucoup
de résidus et faire désordre.

- La seconde, que je peux également étudier, serait
de créer un rayon qui ait une action mentale sur les
gens, en travaillant un peu les infiniment
petits, on doit pouvoir créer quelque chose
d’efficace qu’il suffira de répandre sur les zones
à traiter. »

« Ffff, si j’ai pensé à ces deux possibilités?

C’est exact, la seconde méthode, plus subtile que
la première me plait, mais jusqu’à présent, je
n’avais personne capable de la mettre au point, si
tu peux le faire, alors j’achète, je vais vous
demander de passer dans la pièce à côté, par
cette porte, afin que je puisse réfléchir, je vous
ferai appeler dans quelques instants. »

Lorsque Bogdan et les policiers quittèrent la
pièce,  Zankar sortit une tablette dotée de
touches, il en actionna deux, et put lire les
résultats suivants:

                      SN                          SP 

 
Bogdan          92                         96
 
Sous réserve de paroles de confirmation:


Barken           78                         90

Kirnam           66                         88

Bottur            58                         72

« Bon, sincérité naturelle et sincérité
provoquée, c’est-à-dire acquise par
obligation, Bogdan est hors de doute, je
peux compter sur lui, excellent.

Pour mes policiers, il va falloir les faire
parler, Barken est limite, les deux autres… »

« Gerka ! Fais les revenir ! »

« Bien Maître. »

Gerka était une très jolie femme dans la
trentaine, qui devait avoir d’autres fonctions
annexes, les quatre hommes regagnèrent la pièce.

« Bien, alors Gerka, ressers-nous cinq klubks !  
 
Messieurs, je souhaite recueillir votre avis, aussi
détaillé que possible, sur les réponses de
Bogdan, qu’en pensez- vous ? »

Barken: « Eh bien, Maître, ses réponses m’ont
parues logiques, pour le côté scientifique, je ne
suis pas apte à juger, certaines autres m’ont
semblées un peu péremptoires, mais dans
l’ensemble, sont-elles sincères ou de
l’arrivisme, de l’opportunisme, je ne saurais dire. »

Bottur: « Je n’ai pas vu de failles dans ses
réponses, Maître, sauf peut-être les scientifiques
sur lesquelles il me reste un doute. »

Kirnan: « Je ne m’étais pas trompé la première
fois, Maître, lorsque j’avais des doutes à le qualifier
de trouillard, j’ai encore des doutes sur ses
réponses, je crois qu’il contrôle bien son cerveau. »

« Bien, alors finissez votre verre et repassez dans
l’autre pièce ! Gerta vous rappellera tout à l’heure. »

Le tyran reprit sa tablette pour obtenir les
résultats suivants:

                       SN                        SP 

 
Bogdan          92                         96
 
Barken           82                         92

Kirnam           80                         90

Bottur            76                         92

« Hm ! Dans l’ensemble, c’est mieux, il est vrai
que les mesures sont plus précises après les
paroles, mais Bogdan reste plus fidèle que mes
policiers, ça, c’est surprenant, la dernière réponse
de Kirnan me reste en mémoire, s’il contrôle bien
son cerveau, il est très fort.

C’est Bottur qui est censé avoir de l’empathie, et
non Kirnan, tous doutent du côté scientifique, et
c’est-ce que mes appareils ne peuvent pas
mesurer, d’un autre côté, ses tests se sont révélés
stupéfiants, si vraiment c’est un génie, sa
proposition résoudrait tous mes problèmes, je
régnerais sur la totalité du système, qu’est-ce que
je risque avec lui ?
Si je l’affecte à la recherche scientifique, avec accès
non autorisé au secteur des transferts, rien du
tout, par contre s’il fait ce qu’il a prétendu, je suis
gagnant, dans le cas contraire, je le fais
exécuter, alors c’est dit, je le fais affecter à la
recherche scientifique, comme Assistant de
Narodim, et le fais surveiller par ses autres
Assistants, s’il réussit, je le ferai quand même
exécuter, ce type est trop dangereux… »

« Bon, Gerka, rappelez-les ! »

« Bien alors Messieurs, vous faites sortir Bogdan
de la zone  K41, il logera désormais dans la
Section Recherches de Narodim, dont il sera l’un
des Assistants, de mon côté, je préviens
Narodim, toi Barken, tu fais le nécessaire pour
lui trouver des vêtements plus seyants, qu’avait-il
dans les poches avant son entrée ? »

Barken: « Rien d’intéressant, Maître, des petits
appareils primitifs dont les piles doivent êtes
usées, et des pinces, des fils électriques, même
pas de document d’identité. »

« Bien alors fais jeter tout ça, et fais-le conduire à
la Section Recherches !

Pour toi, Bogdan, tu vas gagner au
change, notamment pour la nourriture, dans la
Section, on tient à ce que nos cerveaux ne manquent
de rien, il y a même un bon restaurant et une
salle de sport. »

Bogdan: « Merci Maître, vous ne le regretterez pas. »

« Mais je l’espère bien. »

Lorsque les quatre homme quittèrent les
lieux, Zankar:

« Trop poli pour être honnête celui-là, mais on
t’aura à l’œil. »

Deux jours plus tard, dans le laboratoire de
recherches:  

« Les policiers ont tous doutés de mes compétences
scientifiques, le tyran était prêt à m’accorder
beaucoup de choses, mais son attitude a changé
lors de la dernière entrevue, alors soit il estime
que je ne tiendrai pas ma promesse, soit encore il
me trouve trop inquiétant, je penche pour la
deuxième hypothèse par le fait qu’il m’a quand
même affecté à la Section Scientifique, mais il est
clair que même si je réussissais à lui procurer
ce qui l’intéresse, il me ferait exécuter par la
suite, je n’ai fait que gagner un peu de temps.

La bouffe est nettement meilleure ici, et j’ai
une bonne chambre tout confort, c’est déjà
ça, ce Professeur Narodim est un peu
bizarre, difficile à sonder, mais ses Assistants
me surveillent de près, ils ne sont pas
discrets, j’ai une carte de niveau 4, les transferts
en nécessitent une de niveau 6, donc accès
interdit pour moi, ce n’est pas grave, je vais rester
ici quelques jours pour apprendre de nouvelles
choses, après, il me faudra trouver un moyen de
traverser l’océan, je dois trouver une astuce, mais
laquelle ? »  

Pendant ce temps, Narodim:

« Oui, Maître, Bogdan dispose de connaissances
scientifiques réelles, pas de doute il est doué, il est
en train d’étudier comment fabriquer une sorte de
rayon hypnotique, je lui ai demandé pourquoi, il m’a
répondu que vous, vous le saviez. »

« C’est exact, Narodim, qu’il continue ses
recherches, et tiens-moi au courant, j’insiste sur le
fait qu’il fasse l’objet d’une surveillance
rapprochée. »

« Comptez sur moi, Maître, et sur mes Assistants
qui font le nécessaire. »

Zankar raccrocha et médita de nouveau:

« Hm ! Ses Assistants ne brillent pas par leur
discrétion, maintenant, il sait qu’il est surveillé, mais
tant qu’il va dans le bon sens…

Je repense à ses réponses, surtout à celle
’’Contre quelqu’un qui dispose de toutes les
cartes, même moi, je sais que je n’ai aucune chance.’’

Là, il s’est trahi, il agit, en quelque sorte, comme
contraint et forcé, et les appareils, qui ont enregistré
cette réponse comme sincère, n’ont pas
tiqué, puisqu’elle l’est, pourquoi je continue à
penser à lui, et à tenter de découvrir ce qu’il
cogite alors que dans sa situation actuelle, je
n’ai aucun risque ? 

Les appareils ont relevé 92 et 96, ce qui veut
dire que sur la question scientifique, il croit qu’il
va réussir, autrement les résultats auraient  été
inférieurs d’au moins 20 points, et pourtant, mes
intuitions ne me trompent jamais, il y a quelque
chose de bizarre chez lui, et je n’arrive pas à
déterminer quoi, le faire parler sous la torture ?

Peu probable, il préfèrera mourir, ça aussi, je
le sens.

C’est idiot, mais je lui ai pas demandé son temps
de retour, dans la plus part des cas, c’est 6 mois
ou un an, mais peu importe, avec un profil
retracé, on peut le reprendre comme on veut, ce
n’est pas encore ça qui me gêne, mais quoi ? »

Quelques jours plus tard, alors que la plus part
des gens dormaient, sauf les sentinelles à chaque
accès du laboratoire, Bogdan fit plusieurs
recherches sur un ordinateur, et tomba sur les
plans du labo, qui indiquèrent clairement que dans
un espace adjacent, des schémas de vaisseaux s’y
trouvaient, et que des croquis de bouches et de
conduits d’aération permettaient de passer d’un
espace à l’autre, s’il étaient assez larges, ce que
semblait indiquer l’échelle, et Bogdan:

« La voilà, ma solution, mais il y a deux
problèmes, le premier, je ne sais pas piloter un
vaisseau, et le temps que j’apprenne serait trop
long, le second, c’est l’autonomie des ces petits
vaisseaux par rapport à la largeur de l’océan que
je ne connais pas, essayons d’avoir d’autres
informations plus précises, sur ces éléments.

Le labo est tellement grand que les gardes ne me
voient même pas, il surveillent leur accès, point
barre, mais il ne faudrait pas me faire surprendre
par quelqu’un d’autre, entraînons nous d’abord à
basculer au plus vite de mon programme de
recherches officiel aux miennes, qui le sont
beaucoup moins, et restons en alerte au moindre
bruit, tiens justement, basculons vite fait.  »

Quelques secondes plus tard:

« Que fais-tu là, encore à cette heure-ci, Bogdan ? »

« Vois par toi-même, je continue mes recherches. »

« Hm ! Des combinaisons d’électrons !

Bon d’accord, mais tu ferais mieux d’aller te
coucher, ce n’est plus l’heure de rechercher
des miracles. »

« Tu as raison, je commence à fatiguer. »

Hocam faisait partie des Assistants du Professeur
Narodim, et des plus zélés à le
surveiller, heureusement, c’était un assistant
affecté à l’entretien, peu familier avec les
ordinateurs, Bogdan le savait, et en profita pour
procéder à des effacements de ses dernières
recherches, peu après, il regagna sa chambre.

Bogdan: « Bonne nuit, Hocam. »

« Oui, oui, bonne nuit. »

Il lui fallut attendre plusieurs nuits pour recueillir
les éléments désirés, l’océan entre Markaïa et le
continent des rebelles faisait 5000 kilomètres, les
petits vaisseaux, du type G8K, disposaient d’une
autonomie beaucoup plus grande, basés sur un
système électronique, ils pouvaient le traverser
en quelques minutes, enfin, plusieurs plans
détaillés des G8K lui permettraient de pouvoir
en piloter un, il lui fallait tout mémoriser, les
conduits, les contacts des portes de sorties du
hangar des vaisseaux, puis les commandes pour en
piloter un, chose assez facile pour lui qui disposait
d’un cerveau hors normes, ne s’étant pas fait
surprendre une seconde fois, il regagna sa chambre
discrètement en se disant:

« Pour la nuit prochaine, ce sera bon, l’ordinateur
indique à chaque fois d’une manière précise si des
vaisseaux sont présents, je vérifierai avant
d’emprunter un conduit. »

La journée suivante s’étant passée sans incident
 à un détail près, Narodim:

« Alors, Bogdan, où en es-tu de ta fameuse
recherche ?
Il paraît que même la nuit, tu continues ?»

« Oh, c’est arrivé une fois ou deux, Professeur, vous
savez que j’ai fait une promesse au Maître, alors je
suis pressé d’aboutir, dans deux ou trois jours, cela
devrait être fait. »

« Ah ! Intéressant, j’aimerais être tenu au courant
des détails. »

« Vous le serez, Professeur. »

Le soir, après le dîner, Bogdan, dans sa chambre:

« Bon, le moment intéressant approche, mais il
faut attendre  jusqu’à deux heures du matin pour être
sûr, entretemps, je vais dormir un peu.
Il fera nuit sur tout le parcours, ce qui ne facilitera
pas les choses, récapitulons mentalement toutes les
manœuvres, bon, les communications, ok, les
fréquences, c’est clair, tout est clean, repos. »

A l’heure dite, Bogdan se leva, quitta sa chambre
avec circonspection pour se diriger vers
l’ordinateur, personne dans les environs, tout
allait bien, il put constater la présence de trois
vaisseaux dans l’espace voisin, après un effacement
de la recherche, il emprunta le conduit idoine qui
devait le mener vers la zone de décollage, après un
parcours tarabiscoté et assez pénible, il se retrouva
dans l’autre zone, sans perdre de temps, il
déclencha l’ouverture des portes, et sauta dans le
G8K le plus proche, qu’il actionna:

« Bon, c’est maintenant qu’il ne faut pas se tromper. »

Le vaisseau, qui fonctionnait à l’électronique, était
silencieux, avantage qui permit à Bogdan de prendre
son temps, le G8K s’éleva à 50 centimètres du
sol, puis à un mètre, et d’un seul coup, franchit les
portes, par précaution, ne connaissant pas la
configuration extérieure entourant le centre
de recherches, il prit de suite de l’altitude, il
disposait toutefois d’un indicateur, qu’il put
lire, altitude 800 mètres, il s’éleva encore, puis
se dirigea vers l’océan.

Au même moment, dans le Centre de contrôle
annexé à la Police Centrale de Barken:

« Viens voir, Karat, un G8K vient de sortir de la
zone de recherches et se dirige vers l’océan ! »

« A cette heure-ci !!
Ce n’est pas normal, déclenche l’alarme pendant
que j’appelle Kirnam ! »

Lorsque ce dernier fût informé, il réagit de suite:

« Envoyez trois M3S à sa poursuite. »

Les M3S étaient des vaisseaux de combat dernier
cri, plus puissants, plus rapides, il décollèrent
dans la minute suivante.

Un peu plus tard, Barken, puis Zankar lui-même
furent mis au courant, ce dernier:

« J’aurais dû y penser, ce G8K, sûr que c’est
Bogdan qui cherche à gagner le continent des
rebelles, et il est bien capable d’y parvenir sans
que les M3S l’aient rattrapé, il a entre trois et
quatre minutes d’avance, les M3S ne peuvent
survoler l’autre continent, ils se feraient
descendre, il n’y a plus qu’à espérer que ce soit
aussi le cas pour Bogdan, décidément, ce salaud
est très malin. »

Bogdan survolait déjà le continent en
question, il reçut un appel:

« Ici Karten  du Centre zz2B, identifiez-vous ! »

« Bonsoir Karten, je ne suis pas un ennemi, au
contraire, je suis venu vous aider, mais pour
pouvoir vous expliquer mon histoire, il faut que
je puisse atterrir, je suis dans un G8K, un petit
vaisseau non armé, il se pourrait que d’autres
vaisseaux me poursuivent dans les minutes à
venir, c’est d’eux qu’il faudra vous
occuper, Zankar, le tyran voulait m’exécuter, je
suis un évadé qui a fait de la prison en zone
K41, si ça vous parle, à vous ! »

« Alors comme ça, tu nous donnes des ordres !
Abattre tes poursuivants !
La zone K41, nous en avons entendu
parler, personne ne peut s’en échapper, alors tu
nous racontes des histoires, tu es un espion, nous
allons t’abattre. »

« Stop ! Je suis un transfert, si vous disposez d’un
détecteur de vérité, je peux le prouver. »

C’est à ce moment là que Bogdan entendit dans
son récepteur:

« Karten, trois vaisseaux de combats ennemis
arrivent dans notre zone, des M3S, je crois. »

« Feu ! Détruisez-les. »

Bogdan profita de l’occasion:

« Voyez, des vaisseaux qui me poursuivaient, mon
vaisseau n’est par armé, je le répète, d’après ce que
je viens de comprendre, Karten, vous semblez être
le Chef de votre Centre, faites de moi votre
prisonnier si vous voulez, indiquez moi un point où
je puis atterrir, vous comprendrez très vite que
non seulement mes intentions sont bonnes, mais
que je ne vous ai pas menti. »

Bogdan entendit de nouveau:

« Il est dans un G8K, Karten, un vaisseau
inoffensif, de plus, il serait intéressant pour nos
Chefs d’avoir un Xziphenien prisonnier pour en tirer
des informations. »

« Pas faux, Rovak, bon, alors toi, dans le
vaisseau, ralentis au maximum, tu vas bientôt voir
une lumière verte, c’est à cet endroit que tu devras
atterrir, nous te surveillons, pas de fausse
manœuvre, sinon, nous tirons, tes trois
poursuivants ou tes trois copains ont été abattus. »

« Je ne les pleurerais pas, je vois la lumière et me
prépare à atterrir. »

Après quelques manœuvres délicates, il parvint à
ses fins, une porte s’ouvrit, il se retrouva dans un
ascenseur rapide qui le descendit jusque dans un
couloir d’une vingtaine de mètres, qui le conduisit
à une grande salle dans laquelle se trouvait une
dizaine d’hommes, l’un d’entre eux se détacha du
groupe et:

« Je suis Karten, Chef de ce Centre, tu as une
histoire à nous raconter, je crois, il vaut mieux pour
toi qu’elle soit bonne. »

« Je suis Bogdan, arrivé sur cette planète il y a un
mois et demi… » puis il raconta la suite, avec un
maximum de détails, pour terminer par:

Je suis un scientifique, et c’est-ce qui a intéressé
Zankar, qui m’a fait placer comme assistant du
Professeur Narodim, en espérant obtenir de moi un
rayon hypnotique qui vous soumettrait, heureusement
que le labo était à côté d’une zone de décollage de
G8K, c’est ainsi que j’ai pu arriver ici. »

Karten: « D’après ce que tu viens de nous
raconter, tu es un surhomme doublé d’un génie !
Ca fait du monde ça, d’accord, on voit que tu es
sacrément bâti, mais pour le reste… »

Rovak: « Il se peut qu’il dise la vérité, j’ai moi-même
été assistant de  Narodim, tout ce qu’il a décrit du
labo est exact, à part peut-être, quelques petites
modifs que je n’ai pas connues, si vraiment il est
sincère, si c’est bien un transfert, le Tektarz pourra
nous le dire, à ce moment là, il fera partie
des nôtres. »

Karten: « Oui, mais dans le cas contraire, je le
fais abattre. »

On conduisit Bogdan dans une salle, une chaise, un
bureau sur lequel se trouvait un énorme casque
relié à une télécommande, c’est un certain
Saktan qui se chargea de l’opération, plaçant le
casque sur la tête de Bogdan et actionnant la
télécommande.

« Tu en as pour dix minutes environ, avec des
maux de tête à la sortie, mais si tu as dit la
vérité, ça vaudra mieux que de se faire
descendre, surtout ne bouge plus, je repasserai
en temps opportun. »

Un quart d’heure plus tard, dans la grande
salle, alors que Bogdan se massait la
tête, Karten et Rovak:

« La bande est blanche tout au long, ce qui est
bon signe. »

« Oui, Rovak, dans quelques secondes, on aura
les résultats. »

« Sincérité: 100%, il n’a pas menti d’un pouce !!
Karten. »

« Non, en effet, un génie scientifique venu
d’ailleurs qui a dégommé Tarkass après avoir
corrigé deux colocataires, et qui, enfin, échappe à
Zankar !
On vient de récupérer un drôle de client, Saktan !
Donne lui quelque chose pour ses maux de
tête, il est des nôtres. »

Bogdan: « Non, merci, ça va déjà mieux, dans
quelques secondes, ce sera fini. »

Karten: « Vraiment ! Ffff, d’habitude, il faut au
moins une heure pour récupérer du Tektarz, j’ignore
d’où tu viens, mais ils sont tous comme ça chez toi ? »

« Pas vraiment, disons que je suis un peu spécial. »

« Un peu !
Ah ah ah, il faut que j’appelle Porkann, ça devrait
l’intéresser. » 

Bogdan: « Qui est Porkann ? »

Karten: « Notre Grand Chef à tous, c’est lui qui
commande sur le continent des rebelles. »

« Porkann ? Ici Karten, je viens d’hériter d’un
bonhomme assez particulier, je vous raconte son
histoire que le Tektarz a confirmé
comme véridique… »

Lorsque ce dernier eut fini, Porkann:

« Dès demain matin, tu me l’envoies chez
moi, au aa1C. »

« Bien Chef, on s’en occupe. »

À Bogdan:

« Tu intéresses le Grand Chef, demain matin, on
te transfère chez lui, un sacré privilège » puis en
riant: « Un jour, c’est peut-être toi qui nous
commanderas, et faudra qu’on te dise vous, la
classe. »

« Pourquoi ? Porkann est âgé ? »

« Non, il a 45 ans, et en pleine forme, mais vu ton
pedigree, à mon avis, il va te coller à un
poste important. »

« Pendant que j’y suis, j’aimerais en apprendre
plus sur votre organisation, que je n’ai pas l’air d’un
ignorant quand au Central ils parleront de
quelque chose. »

Karten: « Toi, tu as la fibre du commandement, tu
dois être quelqu’un sur ta planète, d’accord, on va
te raconter ce que l’on sait, on va même te montrer
des documents sur nos organigrammes, tu n’as
vraiment plus mal à la tête ? »

« Non, c’est fini, je dois pouvoir tout enregistrer. »

« Tout enregistrer !!
Ffff, alors si tu sais faire ça, j’aurais connu le plus
grand cerveau du siècle. »

Quelques heures plus tard, après le
déjeuner, Bogdan pût restituer la quasi-totalité de
son nouveau savoir à Karten, ce dernier:

« Alors là, je me mets à genoux…
Jamais je n’aurais cru ça possible, maintenant, je
comprends pourquoi tu as pu facilement t’évader
de Markaïa, réputée forteresse imprenable, ridiculisé
Zankar, qui doit bouillir, tu as ce qu’on appelle une
mémoire eidétique, pour ne pas dire absolue, même
Porkann, qui est un phénomène, sera surpris. »

En attendant son transfert, Bogdan comprenait
pourquoi le tyran ne pouvait pas vaincre les
rebelles, toutes leurs zones étaient à 100 mètres
en sous-sol, et avec 500 millions d’occupants, ils
formaient une résistance non négligeable.

Le lendemain, il eut une longue conversation avec
Porkann, qui porta sur un tas de sujets, y compris
la rayon hypnotique qu’il devait faire pour le
compte de Zankar, et  Porkann:

« D’après vos connaissances, serait-il possible dans
l’autre sens ? »

« Vous voulez dire afin qu’il agisse sur les sbires
du tyran ? »

« Exactement. »

« Oui, vous me laissez quelques jours et je vais
arranger ça. »

« Formidable, vous mettrez une fin à des dizaines
d’années de guerres, et ouvrirez un avenir plus
radieux aux générations à venir. »

« C’est bien ce que j’entends faire, et je laisserai
les formules à vos services scientifiques. » 
 
Un mois  plus tard, les vaisseaux du continent des
rebelles allèrent sur les deux autres continents, puis
sur des dizaines d’autres planètes, pour diffuser le
rayon en question, il y eut, bien sûr, quelques
pertes sur des dizaines de vaisseaux, mais tout
finit par se régulariser, Porkann:

« Bravo, Bogdan, dommage que vous deviez nous
quitter dans trois mois, on pourrait faire en sorte
que vous restiez, mais connaissant votre
position, je ne peux que vous comprendre, et
puis, d’autres mondes auront besoin de vos
compétences.

Votre appartement vous plaît? »

« Et comment donc, un quatre pièces digne d’un
cinq étoiles, je serais difficile. »

Dans les trois mois qui suivirent, et qui passèrent
très vite, Bogdan fit la connaissance de
Fkarta, une jolie brune, nièce de Porkann, qui
l’aida à finir son séjour au mieux, il aurait pu
apporter de nouvelles connaissances au
Professeur Campbell, mais préféra ne pas le
faire, et disposait déjà d’une excuse toute prête, cette
fois-ci il ne dirait pas toute la vérité, des
scientifiques de Porkann l’aidèrent à faire un
enregistrement total des évènements en
version revisitée.

Lorsque Bogdan fût repris par le rayon du
Transtron, et se retrouva dans le laboratoire du
Professeur Campbell, ce dernier était là, bien
sûr, avec Chris Sullivan, mais pas les Sénateurs qui
devaient être occupés ailleurs.

Campbell: « Alors ? »

Bogdan: « Voici un enregistrement complet de mon
séjour, Professeur, je vous laisse le soin, ainsi qu’à
Monsieur Sullivan, d’apprécier son utilité. »


-----***-----
 








 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 12:19 (2017)    Sujet du message: Publicité

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