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L041

 
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Kr
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Messages: 135

MessagePosté le: Dim 1 Oct - 12:36 (2017)    Sujet du message: L041 Répondre en citant

Année 2117 sur Terre, peu de changements au
niveau des nations, les USA conservent une place
prépondérante.

Les peuples ont progressivement abandonnés
l’énergie atomique au profit de l’énergie
solaire, de sérieux progrès scientifiques et
médicaux dans les recherches permettent des
voyages dans l’espace jusqu’aux confins du
système, et une durée moyenne de vie de
120 ans.

Mais ces progrès n’apportent pas que des
avantages, peuplée de 10 milliards d’habitants, la
planète à dû être repensée au niveau des gestions
économiques et territoriales, ainsi que pour les
naissances.

Le Dollar existe encore, mais plus sous forme
monétaire, toute transaction, tout achat, toute
vente ne sont qu’affaire d’écritures à travers les
ordinateurs, des micros puces sont implantées
aux nouveaux nés, dans l’un des indexes, elles
permettent à leur hôte de ne plus avoir besoin
de monnaie ni de billets de Banque, elles
indiquent également l’identité du porteur et son
état de santé, mais certaines inquiétudes
remontant à des décennies et relatives à
un contrôle humain ne sont pas à craindre.
    
L’ensemble de l’humanité se porte plutôt bien, les
diverses nations bénéficient d’un niveau de vie
comparable aux plus riches, avec du travail et
un domicile pour chaque personne ou famille, les
enfants reçoivent tous une bonne instruction, les
guerres et autres conflits n’existent plus.

Terra former Mars fait partie des projets à court
terme, se déplacer plus vite que la lumière grâce
aux dernières découvertes devient envisageable.

Les découvertes du siècle dernier des éléments
113 à 118, puis celles plus récentes des 119 à
122 rendent possible ce qui était considéré
comme impensable il y a encore peu de temps.

 Quelque part sous le Pentagone à Arlington
en Virginie, dans un labo de recherches, connu
seulement par dix  des personnes les plus
importantes du pays, un évènement sans
précédent va bientôt se produire, il s’agit d’un
transfert dimensionnel, au moyen d’un appareil
regroupant un ensemble de composants
électroniques complexes, qui a fait l’objet de
recherches et de mises au point durant des
années, par son concepteur, le Professeur
Kenneth Richardson, avec l’aide de son
assistant, Ned Fisher, solide gaillard de 35
ans, sachant pratiquement tout faire et qui
a accepté de servir de cobaye à cette
expérience, celle d’être envoyé dans un autre
monde durant un an.

En ce jour du Mardi 6 Avril 2117, à 10 heures
du matin, sont présents dans le laboratoire:

Le Président des USA,  Richard Bailey.
Victoria Craven, Ministre des recherches.
Ted Clark, Directeur de la N.S.A.
Et une demie douzaine de personnes d’une
haute importance.

Richardson: « Mesdames et Messieurs, nous
sommes en ce jour qui restera à jamais dans les
Annales, prêts au plus grand voyage de tous les
temps, on plus exactement, c’est Ned qui va
effectuer ce voyage pour revenir ici même, dans
exactement un an, à la seconde près.

Prêt Ned ? »

« Prêt, Professeur. »

« Alors allons-y ! »

Richardson appuya sur un bouton, un faisceau
laser jaune entoura Ned Fisher qui disparut dans
la seconde suivante. »

Bailey: « Wow ! Impressionnant, pour la gouverne
des personnes ici présentes, comment s’appelle
votre étonnante machine ? »

Richardson: « C’est le Cosmo 1, Monsieur le
Président, nous n’avons pas recherché un nom
compliqué. »

Bailey: « Si je comprends bien, Professeur, c’est
le premier d’une série à venir ?
Et votre assistant, Ned Fisher, sera de retour ici
dans exactement un an ? »

« En effet, Monsieur le Président, si tout
fonctionne comme prévu. »

« Bien, alors il aura certainement beaucoup de
choses à nous raconter, nous aussi, serons ici
dans un an, si, comme vous le prévoyez, il se
retrouve dans une civilisation plus avancée que
la nôtre, cela risque de nous faire franchir un
grand pas. » 

Au même moment, l’intéressé apparut assez
brutalement dans un lieu entouré d’arbres:

« Wosh ! Quel transfert…
C’est plutôt sec, heureusement que je suis sur
de la mousse et de la terre…

On dirait une sorte de clairière, les arbres sont à
une vingtaine de mètres, vers où faut-il me
diriger ? »

Il allait se lever lorsqu’il ressentit des douleurs
aux jambes et dans le dos.

« Me voilà bien, si j’ai quelque chose de cassé, cela
n’améliorera pas mes affaires, restons immobile
durant quelques minutes, ça va peut-être
s’arranger. »

Dix minutes plus tard:

« Bon, essayons à nouveau…

Ah ! C’est encore un peu raide, mais les douleurs
sont beaucoup moins fortes, je dois pouvoir me
lever. »

Et c’est-ce qu’il fit, quelques minutes plus tard, il
se retrouva à nouveau dans un état normal, et put
se demander quelle direction prendre, en regardant
vers le ciel, il vit des nuages, et un soleil qui tentait
d’apparaître.

« Ca tombe bien, parmi mes bricoles dans mes
poches, j’ai une boussole, je ne suis sûrement
pas sur Terre, mais si cette planète est
magnétique, je me dirigerai vers le sud. »

Et ce fut le cas, mais l’aiguille qui, normalement, aurait
dû indiquer le nord, était dirigée plein sud.

« Tiens ! Curieux…
Bon, j’ignore tout de cette planète, à commencer
par la durée des jours, si au moins, je voyais
directement l’étoile, en étant patient, je saurai
alors quelle direction elle suit, mais je n’ai pas
cette chance, alors suivons l’aiguille, on verra bien. »

Ned quitta la clairière pour se retrouver en pleine
forêt, doté aussi d’un thermomètre, il avait
constaté une température de 12 degrés.

« Pas chaud, et plutôt humide, mais ici, c’est de
l’air pur, rien autour, et je vais finir par avoir
faim, continuons ! »

Après avoir marché pendant plusieurs kilomètres
dans des conditions loin d’être idéales, il
atteignit la limite de la forêt, pour se retrouver
devant un mélange de terres et de rocaille, à
cet endroit, le ciel était encore nuageux, mais il
pouvait parfois apercevoir l’étoile qui faisait
office de soleil:

« C’est moins humide et plus chaud, 17
degrés, dans la forêt, il n’y avait pas d’oiseaux ni
de gibier, ici non plus, il n’y a rien, heureusement
que j’ai pris des rations de survie et de l’eau, mais
j’ai trois jours au maximum pour trouver de quoi
boire et manger…

Le sol n’est pas tout à fait plat, comme si j’étais
sur une hauteur, cela expliquerait la basse
température de la forêt, mais est-ce que la
planète est seulement habitée ? »

Ned aura sa réponse quelques kilomètres plus
loin, à la tombée de la nuit.

« Je suis en altitude, les terres et autres roches
descendent sur plusieurs kilomètres, et au
loin, peut-être à dix ou quinze kilomètres, des
lumières, donc un lieu habité, au-delà, il fait
trop sombre pour que je puisse distinguer, je
ne sais pas comment les gens vont me
recevoir, si seulement ce sont des humains, le
mieux est que je dorme ici, demain
matin, j’aviserai. »

Après une journée passablement fatigante, Ned
s’endormit comme une masse,  lorsqu’il se
réveilla, il avait faim, et vit que le ciel était plus
dégagé que la veille, il consulta sa montre.

« Huit heures, il se pourrait que les jours et les
nuits soient comparables aux nôtres, il a plu
et je suis assez sale, car sur de la terre, où
vais-je trouver de l’eau pour me laver ?

Allons jeter un coup d’œil du côté des lumières
d’hier soir…

Je n’ai pas pris de jumelles, mais j’y vois des
maisons, du moins je crois, mais !

Au-delà des maisons, ou supposées telles, on
dirait une étendue d’eau, une mer ? Un océan ?
rapprochons-nous. »

Plusieurs heures plus tard:

« C’est plus loin que je  croyais, les maisons ?
Une cinquantaine, on dirait un village, pas de
véhicules, certaines lumières restent allumées, mais
ce sont d’immenses torches…

Il y a des chevaux, des charrettes, puis des gens
qui discutent, ils sont drôlement fagotés, serais-je
au Moyen Age ?

S’ils sont les seuls à habiter dans ce secteur, il se
pourrait que je ne sois pas bien vu, puis il y aura
un problème de langue, comment communiquer ?
Leur demander à boire et à manger, quitte à leur
proposer mes services ?
Comment vont-ils interpréter ça ?

Bon, je sais me battre, et suis assez résistant, s’il
le faut, et je n’ai pas le choix, il faut prendre
contact avec eux, et peut-être durant un an, faire
partie des leurs, s’ils ne me tuent pas, d’après ce
que je vois, si je reviens sur Terre dans un an, le
Président, mon Professeur et toute la clique, je
n’aurai pas grand-chose à leur
apprendre, allons-y, tentons notre chance. »

Il allait se lever pour marcher en direction du
village lorsque:

« A votre place, je me garderais bien d’aller
là-bas, vers ces sauvages passablement
vindicatifs, qui se croient les seuls à exister, venez
plutôt avec nous ! »

Ned se retourna stupéfait pour voir deux hommes
habillés avec des sortes de tenues militaires, assez
élégantes, en se levant, il constata qu’il les dépassait
d’une dizaine de centimètres, mais il mesurait un
mètre quatre vingt dix, il n’avait rien entendu ni ne
les avait vu venir, mais ce qui le surprenait le plus
était qu’il les comprenait parfaitement, il n’y avait
aucune barrière linguistique.

« J’ignore d’où vous sortez, mais cela m’amène à
me poser des questions:

- Pourquoi irais-je plutôt avec vous qu’avec ceux
que vous qualifiez de sauvages ?

- Comment se fait-il que vous parliez parfaitement
ma langue ?

- Enfin, vous semblez être des militaires, gouvernés
par qui ? »

L’homme qui venait de lui parler avait des
galons, trois étoiles sur chaque épaule, alors que
son collègue n’en avait que deux, c’est donc celui
qui semblait être le chef qui reprit la parole:

« Vos questions sont surprenantes, mais je vais
y répondre.

- Si vous allez vers ces êtres peu évolués, ils vous
détruiront, alors que ce ne sera pas le cas chez nous.

- Vous qui êtes un voyageur spatio/temporel, devriez
savoir que dans les transferts, les barrières
linguistiques n’existent pas, à moins que ce ne soit
que votre premier transfert.     
     
 - Enfin, comme vous dites, nous faisons partie de
la police de la Reine, Je suis le Surintendant Kowarr
et voici l’Intendant Jekarr. »

Ned marqua une seconde de réflexion, puis:

« En général, je ne suis pas facile à surprendre, mais
vous y avez réussi.

Pour vos sauvages, je ne les crains pas, car ils
n’ont aucune idée de mes possibilités.

Vous avez raison lorsque vous parlez d’un premier
transfert.

Police de la Reine ? Est-elle jolie ?

D’accord, je vais avec vous parce que vous semblez
représenter une civilisation plus avancée qu’eux, et
vous connaissez les transferts dimensionnels, cela
permettra à mon Professeur d’en apprendre
davantage.

Je me présente, Ned Fisher. »

Ned était en effet un maître des arts martiaux, et doué
d’une force peu commune.
Il tendit sa main vers le trois étoiles, mais ce
dernier ne répondit pas à son salut, et se contenta de
lui dire:

« Ne soyez pas prétentieux, et plus respectueux
envers notre Reine .

Vos possibilités ? Nous les testerons.
Suivez-nous ! » 

Ils se dirigèrent vers une dune proche, Ned les
suivit, et ne tarda pas à voir un vaisseau spatial de
50 mètres dans lequel il monta.

A l’intérieur, une demie douzaine d’hommes
étaient installés, tous dotés de la même tenue
élégante, mais certains n’avaient qu’une étoile, et
d’autres, aucune, un signe fut fait au pilote qui
décolla. »

Ned: « Où allons-nous ? »

Kowarr: « A Arkana, mais vous en saurez plus une
fois sur place, notre mission n’est pas de répondre
à vos questions, mais de vous amener à bon port. »

Il vit rapidement défiler une étendue d’eau
pendant plusieurs minutes, ce qui le fit réfléchir:

« Ils ne veulent plus répondre à mes
questions, n’insistons pas pour le moment, ils ne
sont pas agressifs, c’est plutôt bon signe, l’eau ?
Sûrement un océan, ce qui veut dire qu’ils habitent
sur un autre continent, qui doit être inaccessible
aux dits sauvages, en un sens, cela favorise mes
plans, mais tout dépend de ce qu’ils me réservent. »  

Une demie heure plus tard, il sentit que l’appareil
perdait de l’altitude et diminuait sa vitesse:

« Arkana approche, je suppose, ne disons
rien, laissons les venir. »

Peu après, Ned fut invité à quitter l’appareil, et
Kowarr:

« Mon adjoint, Jekarr, va vous emmener à notre
Centre de Tests, dans lequel vous séjournerez
jusqu’à nouvel ordre, c’est au Surintendant
Principal Talderr que vous aurez affaire. »

Ned: « Très bien, Surintendant Kowarr, mais j’ai
faim et soif, un déjeuner sera nécessaire si vous
voulez avoir un bon candidat à vos tests. »

Kowarr esquissa un sourire avant de répondre:

« Tout est prévu, vous aurez ce dont vous avez
besoin en arrivant, et les tests ne débuteront que
demain. »

Une fois arrivé au Centre, et après avoir passé un
certain temps dans le bureau de Talderr, un quatre
étoiles  on lui attribua une chambre, plutôt
correcte, et il fut dirigé vers le réfectoire avant
d’être installé à une table de huit personnes, tous
des hommes, qui passaient également des tests
pour diverses raisons, mais majoritairement
professionnelles.

Non seulement le déjeuner était satisfaisant, mais
il put aussi apprendre un certain nombre de choses
de par ses camarades de table, qui n’eurent envers
lui aucune attitude agressive, l’un d’eux ira même
jusqu’à lui dire:

« Toi, d’après les questions que tu poses, tu n’es
pas d’ici, je crois que tu es un transfert.
 
Mais j’ai vu que tu es loin de plaire à tout le monde
alors fais gaffe, surtout quand tu passeras les tests
physiques de combats, certains ne vont pas te faire
de cadeaux, mais je ne peux pas t’en dire plus. »

Ned: « Merci de me prévenir, je ne l’oublierai
pas, quel est ton blaze ? Moi c’est Ned. »

« Je suis Gandarr. »

« Au fait Gandarr, la Reine, elle s’appelle comment ? »

« Houlà, tu ne devrais pas penser à ça. »

« C’est simplement pour savoir, rien d’autre, je
ne la connais même pas. »

« Ouais, eh bien crois moi, mieux vaut ne pas
avoir affaire à elle, son nom ?  Même lui n’est pas
comme les autres, c’est Tannara-Niborr.

Il paraît qu’elle gouverne la planète depuis des
millénaires, et qu’elle serait immortelle, en tout cas
c’est sûr, elle aussi vient d’ailleurs. »

Ned: « Ok, et toi, les tests, pourquoi ? »

Gandarr: «Je ne passe que des tests de
connaissances, passionné d’histoire, j’aimerais
obtenir un titre officiel de chercheur et
d’enseignant. »

« Ffff ! T’es un mec bien, toi. »
 
Dans l’après-midi, on lui permit de circuler dans
l’immense Centre, mais pas n’importe où, il put avoir
accès à des livres et des données ordinateurs qui lui
apprirent bien d’autres choses sur le monde dans
lequel il se trouvait, il connaissait désormais le
système, le nom de l’étoile, qu’il était sur la quatrième
planète, qu’elle comportait trois continents, celui sur
lequel il se trouvait, un autre sur lequel il était
arrivé, puis un troisième qui était Inhabité.

A l’heure du dîner, il s’arrangea pour être à côté de
Gandarr avec qui il discuta encore, puis il regagna
sa chambre, pressé de se reposer car les choses
sérieuses n’allaient pas tarder.

La Reine, Tannara-Niborr, âge indéterminé, brune
de plus d’un mètre quatre vingt, d’une beauté
époustouflante, confortablement installée dans son
Palais, l’observait:

« C’est un très beau garçon, superbe physique, il
est facile de voir que c’est un combattant, mais est
il intelligent ?

Les tests vont le déterminer, je l’ai vu apparaître
dans la clairière, un transfert débutant m’a dit
Kowarr, nous avons  enregistré son parcours, il
vient de loin.

Mais en quoi peut-il m’intéresser ?
Bon d’accord, je n’ai pas eu d’hommes depuis
longtemps, mais s’il n’a que ça à offrir…

Cet après-midi, il s’est immédiatement intéressé
à notre monde, c’est un point positif, il veut
savoir, pose des tas de questions, tout cela va
plutôt dans le bon sens.

Depuis un moment, je me sens seule, avoir un
compagnon me plairait peut-être, mais à
condition qu’il en soit digne, serait-il celui-là ?     

Il disposerait de capacités de combat d‘après
Kowarr?
Alors voyons si c’est vraiment le cas.

Je vais appeler Talderr, pas question de
cadeaux, on va lui faire passer les tests les plus
durs, aux combats, j’ai vu que deux ou trois
membres qu’il aura à affronter lui décochaient
des regards haineux, c’est  excellent, cela me
permettra de voir ce qu’il vaut. »

De son côté, Ned, dans sa chambre:

« Ils savent que je suis un transfert, alors pourquoi
ces tests ?
Pour m’utiliser pendant un an ?
Pour me garder ici, dans ce monde ?
Qui va corriger mes tests ? A qui vont-ils servir ?

Une Reine qui serait immortelle ? Est-elle au moins
au courant de ma venue ?  Quel intérêt aurais-je
pour une personne aussi puissante ?

Après ces tests, quelqu’un me réservera certainement
une suite, pour qu’elle soit la meilleure possible, dois-je
utiliser le maximum de mes capacités ?

Là, je peux répondre, je pense que oui, ma suite sera
liée à mes résultats, il faut qu’ils soient bons.

Intellectuellement, je sais pas mal de trucs, mais ils
semblent tellement avancés ici, que cela pourrait ne
pas suffire.

Physiquement, je pense faire le poids, mais là non
plus, je ne les connais pas, et ma maîtrise des arts
martiaux ne me protègera peut-être pas des
mauvaises surprises.

Evitons les craintes qui ne font rien de bon, je dois
y croire, et combattre comme si ma vie était en
jeu, je dois être sans pitié, mais ne pas tuer, ni
même faire trop de dégâts, ça ne sera pas facile, car
il se pourrait que mes adversaires n’aient pas les
mêmes scrupules, tout dépendra de ce qu’ils savent
faire, et des ordres qu’ils auront. »

Le lendemain, après un bon petit déjeuner, Ned
passa ses premiers tests, durant les deux premiers
jours, ils s’agissait exclusivement de tests de
connaissances et autres d’intellect.

Mais au troisième jour, débutèrent les tests
physiques, d’abord ceux de souplesse, puis ceux de
force, et enfin, ceux de rapidité .

Ceux de combats étaient réservés aux deux
derniers jours, Ned, bien que très décidé, les
craignait, mais là, il fut passablement surpris, et
dans le bon sens, si on avait commencé par lui
opposer un seul adversaire, puis plusieurs, jusqu’à
six dans les derniers combats dont il sortait
toujours vainqueur, il comprit que les gens de ce
monde disposaient de techniques loin de valoir celle
des arts martiaux, et surtout du karaté ou de
l’aïkido, cela lui permit de terminer ses tests sans
égratignures, fatigué, mais très content, après avoir
toutefois causé quelques dégâts mineurs aux
haineux et autres excités, convaincu par ailleurs
que dans ce monde, la médecine pouvait facilement
les soigner.

Lorsqu’il entra dans sa chambre, pour la dernière
nuit, il s’endormit comme une masse.

Pendant ce temps, chez la Reine:

« Alors Talderr ? »

« Eh bien, Votre Majesté, jamais je n’aurais cru
cela possible, nous sommes tombés sur un
mutant, voici les résultats. »

Il énonça tous les tests, puis récapitula les
résultats par discipline pour terminer par:

« Tests Intellectuels:                    418/500.
    Connaissances générales         403/500.
    Connaissances scientifiques    408/500.

    Physiques de souplesse            393/500.
                      De force                    428/500.
                      De rapidité               419/500.

    Les Combats  invaincu           1500/1500.

Effarant, les totaux:                   3969/4500. »

« Merci Talderr.
S’il dort, réveillez-le et faites le venir dans
mon Palais. »

« De suite, votre Majesté. »

Elle coupa la communication, et sourit
intérieurement, les résultats, elles les
connaissait déjà avant que Talderr ne lui en
parle, mais pas question de faire soupçonner
des moyens de contrôle hors normes.

« Bon, pas de doute, s’il est aussi bon en amour
c’est bien celui que je recherche, encore faut-il
que je lui plaise, mais je crois que nous
avons, d’après ce que j’ai pu observer, beaucoup
de points communs, il s’est même payé le luxe
d’éviter de faire des dégâts importants dans ses
combats…
En plus, c’est quelqu’un de bien, il est vrai qu’en
un sens, à la vue des techniques extraordinaires
dont il dispose, il pouvait se le permettre, mais
beaucoup d’autres ne l’auraient pas fait, il n’y a
aucun doute, il sort vraiment de l’ordinaire, je
l’attends avec une certaine impatience.

Je vais donner des ordres pour qu’on lui affecte
pour cette nuit, la chambre voisine, je vais le
laisser dormir, demain sera un autre jour. »   

Le lendemain matin, alors que Ned prenait son
petit déjeuner dans sa nouvelle chambre et
regardait les alentours:

« Une suite cinq étoile ferait figure de cagibi
à côté d’ici…  Quelle chambre ! Quel luxe !
Je suis dans le Palais de la Reine, je crois.

Alors je ne vais pas tarder à la rencontrer, pour
qu’elle me convoque, mes résultats aux tests
ont dû être bons, je me demande à quoi elle
ressemble… »

Un quart d’heure plus tard, un serviteur entra:

« Monsieur, sa Majesté la Reine voudra vous voir
dans une demie heure, je me permettrai donc
de revenir pour vous demander de
m’accompagner.

En attendant, voici des vêtements qui vous
seront plus seyants et mieux adaptés à cette
circonstance exceptionnelle, je vous laisse le
soin de vous préparer. »

Lorsque le serviteur quitta la chambre, Ned:

« Voyons je vais prendre une douche rapido, et
voir si ces vêtements chics me vont, une belle
paire de chaussures en cuir noir, un slip
super, une chemise jabot blanche très classe, un
costume gris métallisé qui en jette, et une
superbe montre !

Si elle a pris mes mesures, elle est forte, très
forte, il est vrai que j’ai dormi comme c’est pas
possible, durant plus de dix heures, j’en avais
bien besoin, mais là, je pète le feu…

La Reine… Une personne si puissante, pourquoi
veut-elle me voir ? Pour mes résultats aux tests ?
Non, il doit y avoir autre chose, mais laissons la
venir, je ne vais pas tarder à le savoir. »

Un peu plus tard:

« Ah, entrez Ned Fisher…  Et asseyez-vous, ici
devant moi.

J’ai pas mal de choses à vous dire, et aussi à vous
écouter,  mais goutez-moi ceci, j’espère que ça
vous plaira. »

Ned se trouva devant une créature magnifique et
se dit:

« Non ! Même pas en rêve, c’est tout simplement
la plus belle femme de l’univers…
Bon, il faut lui répondre. »

Il s’assit et gouta la boisson en question:

« Vous me faites grand honneur, Votre Majesté.

La chambre d’où je viens est d’un luxe, excellent
petit déjeuner, votre serviteur qui me prend pour
un Ministre, et ce Bourbon d’au moins 20 ans
d’âge, ma boisson préférée, c’est trop.

Tout ça parce que je me suis pas mal débrouillé
dans vos tests ? Ca n’en mérite pas tant. »

« Détrompez-vous jeune homme, pas mal
débrouillé ? Vous avez fait beaucoup mieux que
cela, un homme qui aurait dépassé 3000
points, je lui aurais déjà remis une médaille, mais
regardez donc les vôtres. »

La Reine remit à Ned ses résultats, ce dernier:

« Ah oui, Là, c’est la surprise, je ne pensais pas
avoir réussi à ce point, mais je ne crois pas que
ce résultat extraordinaire soit la seule raison de
votre convocation. »

« Décidément, vous raisonnez plutôt bien, alors
dans ce cas, à votre avis, pour quelle autre raison
je vous ai convoqué ? »

« Parce que je suis un transfert  et que vous
aimeriez peut-être parler métier, mais je suppose
que vous savez que je suis un débutant dans ce
domaine, que c’est mon premier voyage. »

« Je sais en effet tout cela, vos résultats aux
tests, que même moi, je croyais impossibles, sont
une première raison, celui de vous avoir vu
apparaître dans une clairière sur le continent
voisin en est une autre, parler métier ?

Pas vraiment, comme vous l’avez dit, vous êtes
encore léger dans ce domaine, ce qui ne
m’empêche pas de féliciter celui qui a créé la
machine par laquelle vous êtes venu, comment
l’appelez-vous ? »    

« Cosmo 1, le Professeur Richardson, concepteur
de cette machine, ne s’est pas foulé sur le nom. »

« Le Professeur Richardson … Je suppose que
vous étiez son assistant ? »

« En effet, et je le suis toujours, je dois rester
un an ici. »

« Oui, Kowarr me l’a dit, mais il se pourrait que
vous ne puissiez pas regagner votre
planète, avez-vous pensé à cela ? »

« Oui, si vous disposez du moyen de m’en
empêcher, mais pourquoi le feriez-vous ? »

« Les raisons ne manqueraient pas, mais ne
craignez rien, cela n’entre pas dans mes
intentions.

Je sais qu’auprès de certains de mes sujets, j’ai
plutôt mauvaise réputation, et que les oui dire
vont bon train, j’ignore s’il en est de même dans
votre monde, mais ici, bien des gens aiment parler
de ce qu’ils ne connaissent pas. »

« Exactement de même, on dirait que les humains
se ressemblent, quel que soit l’univers ou la
dimension auxquels ils appartiennent.

Vous me faites un curieuse impression, et je pense
que contrairement à ce que j’ai pu entendre, vous
êtes une personne bien. » 

« Vous voulez parler de Gandarr, qui préfère ne
pas avoir affaire à moi ?

Je ne lui en veux pas, il n’a fait que transmettre
des préjugés.

Par ailleurs, c’est un bon élément, il a réussi ses
tests de connaissances, et il aura son diplôme
d’historien.

Mais là encore, ce n’est pas la seule raison pour
laquelle je vous ai convoqué. »

« Ah ! Alors je vous écoute, Votre Majesté, car
il m’est difficile d’en voir une autre en ce moment »

« Pas Votre Majesté, Ned, pour vous, Tannara
suffira, une autre chose me préoccupe, est-ce que
je vous plais ? »

Ned ne s’y attendait vraiment pas, il mit plusieurs
secondes à réagir:

« Là, je viens de prendre un choc émotionnel
encore plus fort qu’un coup de poing, comment
vous dire cela ? Oui, vous me plaisez, comment
pourrait-il en être autrement? Vous êtes la plus
jolie femme de l’univers. »

« Voyons, Ned chéri, car vous aussi, vous me
plaisez, n’exagérons pas, sur votre planète, vous
avez dû en avoir, des succès, et auprès de fort
jolies femmes, non ? »

« Eh bien, je peux dire non, pour plusieurs
raisons, d’abord parce qu’en tant que chercheur
scientifique, je n’ai pas eu beaucoup de temps
pour m’occuper de cela, que si j’ai vu ou tant
soit peu connu quelques jolies femmes,  elles
étaient loin de vous égaliser, et qu’enfin, lorsque
nous nous sommes rencontrés tout à l’heure, dès
que je vous ai vue, cela m’a fait un choc tel que je
sais qu’il est et restera unique. » 

« Wow, alors là, mon chéri, on peut se dire
tu, de grands projets nous attendent, car j’ai
encore beaucoup de choses à t’expliquer.

Que penserais-tu d’un autre Jatter ?
Ce que tu appelles un Bourbon qui a
effectivement plus de 20 ans d‘âge? »

« Très volontiers, ce Jatter est tellement
 bon, mais peut-être qu’après, il faudra
devenir raisonnable, non ? »

« En effet, nous pourrons tenir jusqu’au
déjeuner, mais en attendant, par quoi vais-je
commencer… »

« Justement, j’ai une question…

Tu parles de grands projets auxquels tu veux me
faire participer,  mais tu sais que je dois repartir
dans moins d’un an, et tu m’as dit que tu ne t’y
opposerais pas, alors je ne vois pas trop la
compatibilité de cet ensemble. »

« Effectivement, à ce stade de tout début de
notre rencontre, cela peut paraître peu cohérent
pour toi, mais si, comme je le pense, tu es bien
celui que je recherche, autant que je puisse être
celle de ton cœur, tu comprendras alors que ton
retour automatique ne sera qu’un détail facile
à résoudre.

Il nous reste une heure avant le déjeuner, je
vais la mettre à profit pour te raconter mon
histoire.

Dans ma lointaine galaxie d’origine, située
comme ta planète, dans une autre
dimension, j’ai commencé par poursuivre des
études scientifiques afin de faire partie d’une
équipe de recherches, étant par ailleurs
plutôt bonne en sports, et particulièrement
dans ceux de combats, et dotée d’un esprit
d’aventurière, je voulais tout savoir, tout
découvrir, sans penser que ma vie était
courte et qu’il n’y aurait peut-être rien
derrière.

Je faisais partie d’une civilisation assez
avancée, sans conflits, et pouvant visiter
d’autres galaxies, la vitesse/lumière n’était
plus un obstacle depuis longtemps.

Pilote spatial m’aurait également plu, mais
le côté militaire m’était assez rébarbatif.

C’est à ce moment là qu’un chercheur, un
certain Koradd-Nemm, analogue à ton
Professeur Richardson, conçut un appareil
dimensionnel du même genre que ton
Cosmo 1, il y a un peu plus de 12.000 ans
de cela.

Il lui fallait un assistant ou une assistante
pour servir de cobaye à des transferts, chez
nous, les fonctions principales et autres
exceptionnelles nécessitaient des aptitudes
particulières que seuls des concours pouvaient
révéler, cobaye d’un transfert, surtout sur
un nouvel appareil, n’attirait pas beaucoup de
monde, nous étions 1000 candidat(e)s au
poste d’assistant  de Koradd-Nemm, et je fus
la première à ce concours.

Je découvris très vite, en travaillant avec
lui, qu’il avait d’autres cartes dans sa
manche, à commencer par une équipe de
20 androïdes très sophistiqués que l’on
pouvait confondre avec des humains, à
quelques différences près, ils étaient tout
aussi intelligents, dotés d’une mémoire
absolue, immortels, plus forts, plus
rapides, parmi bien d’autres.

D’autres androïdes étaient couramment
utilisés dans notre civilisation, mais ils
étaient moins évolués et relégués au rang
de parfaits serviteurs.

Avec Koradd, au cours des années
suivantes, nous sommes devenus des
amis, mais je devais toujours assurer les
transferts.

Nos androïdes spéciaux avaient eux aussi leur
rôle, certains étaient affectés aux recherches
scientifiques, d’autres aux recherches
médicales, d’autres encore, à d’autres
fonctions, mais ce sont les scientifiques et
les médicaux qui, suite à une coopération
exemplaire, découvrirent le moyen de nous
rendre pratiquement immortels, mais je te
parlerai de cela un autre jour.

J’avais déjà effectué cinq transferts, avec des
résultats variables, lorsque Koradd, suite à
une amélioration de la machine dimensionnelle
par nos androïdes scientifiques, me demanda
d’en effectuer un sixième, je ne le sentais pas
ce voyage, sans pouvoir dire pourquoi, une
voix intérieure me dit qu’il y aurait un danger
ou une grosse difficulté, bien sûr, je n’avais
pas le choix, mais posai une condition, celle
d’être accompagnée par un androïde, qui est
d’ailleurs ici, il s’appelle Zorrann.

Koradd accepta, j’étais partie pour deux ans, et
arrivai sur cette planète, Arka , et sur le
continent sur lequel nous sommes, Arkann, les
deux autres étant  Cortann, celui sur lequel tu
es apparu, et Nirtann qui reste inhabité.

Ce continent étant déjà habité, par des humains
qui me ressemblaient vaguement, mais dont
le degré d’évolution était assez primitif, je
préférai, en un premier temps, me tenir à l’écart
des diverses tribus, j’avisai de résider dans un
endroit non fréquenté, me permettant, avec
l’aide précieuse de Zorrann, de m’organiser.

Mon premier objectif était un domicile, avec
des aliments et tout le nécessaire, Zorrann savait
faire tout cela, d’autant plus que j’avais emporté
avec moi un petit container d’outils bien utiles.

L’objectif de Koradd était de tester une nouvelle
modification du XARRT, ton Cosmo 1 amélioré, et
le mien, comme assistante, était de prendre
contact et de m’intégrer à des populations afin de
rapporter de nouvelles connaissances à Koradd.

Seulement cette fois-ci, je me trouvai sur un
continent peuplé de primitifs, alors que pouvais-je
lui rapporter?

C’est-ce qui motiva ma décision, en pensant que
plus tard, peut-être, peu avant mon retour, j’irai
rendre visite aux deux ou trois tribus les plus
proches.

Des mois passèrent, Zorrann m’avait fabriqué un
domicile assez confortable en sous-sol, histoire de
ne pas être dérangée, dotée de tous les systèmes, y
compris celui de la production d’aliments et
de boissons, je m’y sentais déjà bien, mais je
commençais à m’ennuyer, je demandais alors
a Zorrann de me fabriquer une positronique qui
serait reliée à des capteurs externes pouvant
voler.

Sachant parfaitement programmer une
positronique, cela m’occupa durant quelques
jours, et durant les suivants, je passai le clair
de mon temps à observer, à travers les
capteurs, les continents, les océans, et tout ce
qui pouvait se trouver à la surface d’Arka.

Un jour, Zorrann me dit:

« Notre temps de retour approche, tu devrais
rendre visite à deux ou trois tribus avant de
partir, à moins que tu veuilles raconter à
Koradd une histoire de ton cru ? »

« Tiens ! Mais voilà une excellente idée, Zorrann.

Fais-moi donc un tri des séquences enregistrées
par les capteurs sur certaines tribus, tu m’inclus
dans des montages, que tu agrémentes de
quelques conversations, et le tour sera joué. »      
 
Quelques jours plus tard, Zorrann et moi, étions
prêts à un retour qui n’eut jamais lieu.

Que s’était-il passé ? Nous avons pensés à diverses
hypothèses dont la plus vraisemblable serait une
tempête électromagnétique qui se serait produite
sur le parcours de notre transfert, et qui aurait
détruit l’enregistrement.

Nous savions enregistrer et recréer des parcours de
transferts pour, si besoin est, pouvoir retourner
vers un même lieu, mais recréer n’était possible
que si l’on pouvait copier un enregistrement
existant, or dans notre cas, le tracé en question
n’existait plus, ou était détérioré, ce qui nous a
amenés à supposer que le XARRT, doté d’une
clause de sauvegarde, continuait à nous appeler
dans le vide.

Voilà pourquoi je suis ici, depuis plus de
12.000 ans, alors pour te faire court sur la
suite, lorsque je compris que je resterai
prisonnière ici, et que je ne reverrai plus
jamais Koradd-Nemm et d’autres, la seule
option qui me restait serait de me créer mon
monde ici même, je commençai par me
constituer un plus grand domicile, toujours
avec l’aide de  Zorrann, puis lui demandai
de reproduire une centaine d’autres androïdes
qui lui soient identiques, et qu’il
commanderait, puis un XARRT dont il avait
tous les plans, les années passaient, je décidai
de créer une ville, en l’occurrence Arkana.

Bon, restons en là pour le moment, je vais
nous commander deux Jatters, voici une
pilule qui non seulement t’évitera de ressentir
les effets de l’alcool, mais te donnera pendant
plusieurs heures, une forme que tu n’as encore
jamais connue, ensuite, eh bien on pourra
déjeuner. »

« D’accord, mais tu dois te douter que j’ai pas
mal de questions en suspens. »

« Bien sûr, mais chaque chose en son temps. »

Ils burent quelques apéros, puis firent un
déjeuner plantureux, après un bon
digestif, Tannara:

« Tu m’as dit que je te plaisais, Ned, alors
maintenant, c’est le moment de me le prouver. »

Quelques heures plus tard, Ned:

« Wosh ! Fantastique, merveilleux, il n’y a pas
de mots pour décrire cela, mais là, j’ai besoin de
récupérer. »

Tannara se mit à rire, puis:

« Pas mal, pas mal du tout même, sur ce plan
aussi, tu es doué.

Mais dans peu de temps, tu pourras faire encore
mieux, et sans fatigue, à ma grande satisfaction.
 
Pour le moment, tu vaux 450/500, mais là-dessus
aussi je suis plutôt exigeante, et ne serai satisfaite
qu’à partir de 480.

Prends ceci, pour te faire récupérer, comme tu
dis, je reviens dans quelques instants. »

La Reine ayant quitté les lieux, Ned regarda
autour de lui:

« Ainsi, je suis dans sa chambre, encore plus
luxueuse que celle de la nuit dernière, il est vrai
que le salon ne dépare pas…
     
Encore 51 semaines à passer ici, j’ai idée qu’il
va falloir qu’elle dispose d’un sacré stock de
pilules pour que je tienne le coup.

Par contre, faire l’amour avec elle, c’est au-delà
de toute description possible. »

Lorsqu’elle revint:

« Ah ! Tu es debout, c’est bien, préparons-nous
pour le dîner. »

« Tu me raconteras la suite de ton histoire ? »

« Bien sûr, et je serai curieuse de connaître la
tienne...

Mais tu m‘as l‘air pensif, peut-on savoir ? »

« Justement, je repense à cette histoire de tempête
électromagnétique, et cela me rend plutôt mal
à l’aise. »

« Oh ! Pensons à des choses plus gaies, d’après mon
expérience si c’est bien de cela qu’il s’agit, ce
phénomène doit être rare, aurais-tu peur pour ton
retour ? »

« Pas vraiment, être bloqué ici ne devrait pas
me déplaire, mais je ne peux m’empêcher de penser
aux gens que je connais sur Terre, et à ce qu’ils
pourraient devenir. »

« Leur vie se poursuivrait tranquillement, de
telles tempêtes n’existent pas au niveau
planétaire.
Allez, viens ! »

Ils dinèrent, très agréablement, prirent quelques
digestifs, et Tannara continua son histoire.
  
« Après avoir passée un siècle toute seule dans
Arkana, je décidai de la faire habiter, se sentir
seule, même avec de gros moyens et tout ce
qu’il faut, cela finit par devenir ennuyeux.

Oh, durant ce siècle, je n’ai pas perdu mon
temps, avec mon équipe d’androïdes, j’ai fait
construire, j’ai observé les diverses tribus de
ce continent, sur l’autre aussi, elles existaient
déjà, mais les Cortanns sont trop vindicatifs
pour en tirer quoi que ce soit, même
maintenant, ils manquent d’évolution, et ne
pensent qu’à se quereller pour des broutilles.

A l’époque, sur Arkann, il y avait une centaine
de tribus, dont les effectifs variaient de 1.000
à 15.000, ma ville pouvait recueillir environ
10.000 personnes, par des moyens que tu
connaîtras plus tard, j’ai persuadé des membres
des tribus les plus pacifiques à venir habiter
Arkana, ils y ont rapidement trouvé leur
compte, au bout de quatre ou cinq
générations, c’était soldé, maintenant, la ville
comporte deux millions d’habitants, et le
continent comporte une trentaine d’autres
villes moins peuplées, mais le total approche
les 20.000.000.

Au début, lorsque les humains locaux se sont
mis à construire d’autres villes en copiant plus
ou moins correctement l’architecture
d’Arkana, j’ai voulu les aider en leur faisant
fabriquer des producteurs d’aliments et de
boissons, mais cela n’a pas plu à tout le
monde, plus de la moitié des humains préfèrent
vivre avec la nature, en cultivant des terres, en
élevant des animaux pour s’en
nourrir, pêcher, chasser, et probablement aussi
pour éviter de rencontrer trop souvent leurs
semblables, alors seules les villes ont conservé
leur alimentation automatique, les autres
habitants vivant hors des villes produisent
eux-mêmes leurs aliments, ils sont environ
trente millions.

Le continent est vaste et assez chaud, ici par
exemple, à Arkana, la température moyenne
est de 22 degrés, au nord d’Arkann, c’est un
peu plus froid, de l’ordre de 16 degrés, mais
les humains qui vivent là ne s’en plaignent pas.

Au sud, c’est de l’ordre de 27 degrés, là non
plus, personne ne s’en plaint.

Donc pour résumer, avec ceux de Cortann qui
sont dix millions, la planète est peuplée de
soixante millions d’humains, faible densité
par rapport à d’autres que j’ai pu connaître.

Tu disposeras d’une positronique qui te
permettra de tout savoir en peu de temps… »

« Une question, tes androïdes, combien sont-ils
maintenant, et que font-ils ? »

« Bonne question, leur savoir et leurs possibilités
sont telles que je n’ai pas besoin d’en avoir
beaucoup, ils sont tous ici, à Arkana, dans mon
palais, au nombre de 120, ils représentent ce que
les humains appellent ma police.
             
Par exemple Kowarr, que tu connais, en est un, ainsi
que Jekarr, Talderr, et d’autres, tous ceux qui portent
un uniforme, ils disposent tous des mêmes possibilités
potentielles, mais comme il faut une
hiérarchie, les grades peuvent être variables, seul
Zorrann, mon Intendant Général et Chef de la
Police, fait exception aux règles, il est particulier, et
c’est d’ailleurs lui qui a fabriqué les
autres, enfin, c’est mon grand ami. »

« Je commence à mieux comprendre, tu as fait un
travail de Titan, j’aimerais bien, à l’avenir, pouvoir
me balader dans Arkana. »

« Un travail de Titan, c’est quoi ? »

« Ah, Titan ? C’est un personnage historique de
chez nous, une sorte d’hercule, un homme très
costaud. »

« Je vois, mais le Titan, c’est plutôt Zorrann.

Te balader dans Arkana ?
Il ne vaut mieux pas, tu auras tout ce qu’il faut
ici, salles de sport, des jardins bordant mon
Palais, des bassins permettant de t’y baigner, et
bien d’autres chose encore.

Plusieurs raisons à cela, d’abord tu es mon
compagnon, et moi, je ne me promène jamais
dans Arkana, les gens connaissent mon existence
et mon nom, mais rien de plus, toi, tu es fort, et
une sorte de champion des combats, mais
Gandarr t’a indiqué que tu ne plaisais pas à tout
le monde, si des gens se liguaient contre toi, tu
serais en danger, et c’est précisément ce que je
ne veux pas, estropier ou tuer quelqu’un pour
qui je prévois un grand destin, je ne le supporterai
pas, il n’y aurait alors plus d’humain vivant sur
cette planète le jour suivant, mieux vaut m‘éviter
de recourir à cette extrémité…

Demain, je te ferai connaître Zorrann et son
équipe, mais maintenant, sais-tu ce que j’ai envie
de faire ? »

Ned la fixa et:

« Oh ! Si c’est-ce que je pense, c’est plutôt une
bonne idée, mais j’espère que tu disposes d’un bon
stock de pilules miracle. »

Tannara éclata de rire, et:

« Ne te fais aucun souci pour ça, je te réserve bien
d’autres surprises, et plutôt agréables. »

Après deux heures d’une intense activité, Ned
s’endormit sans demander son reste, le lendemain
matin, vers 10 heures, il ouvrit les yeux.

Tannara: « Bonjour chéri, comment te sens-tu ? »

« Ca a l’air d’aller, et toi, ravissante personne ? »

« Hm ! Serais-je toujours la plus jolie de l’univers ? »

« Oh oui, et de loin. »

« Voilà qui me plait, tu as dormi durant dix bonnes
heures, mais maintenant, il faut te lever, prendre
ton déjeuner, nous avons un programme chargé
aujourd’hui. »

« Ah ! J’ai idée que je vais apprendre encore une
foule de choses, non ? »

« Bien au-delà de ce que tu peux penser. »      

Après le petit déjeuner, Tannara et Ned quittèrent
les appartements de la Reine pour descendre
quelques étages et se retrouver dans un immense
complexe souterrain indescriptible selon les
normes terriennes, trois androïdes vinrent à leur
rencontre, celui du centre portait sept étoiles, les
deux autres  six, Tannara à Ned:

« Voici Zorrann mon Intendant Général, puis à
sa gauche, Kartenn,  adjoint de Zorrann, et à sa
droite, Vorterr, son second adjoint. »

Ned: « Fff ! Il y a du galon, Messieurs les
Généraux, je vous salue. »

Tannara: « Galon ? Généraux ? Que veux-tu dire
par là ? »

Ned: « Oui, il faut que je t’explique, chez
nous, Jekarr serait considéré comme un Lieutenant.
Kowarr, comme un Capitaine, Talderr, comme un
Commandant, ce sont des grades d’officiers
militaires, alors eux, avec leurs étoiles, ils sont
au moins Généraux. »

Tannara: « Je comprends mieux, mais tout sera
plus clair lorsque je connaitrai ton histoire, pour le
moment, ils savent que tu es mon compagnon, et
vont t’expliquer ce qui se passe ici. »

Zorrann: « Bonjour Tannara, bonjour Ned, en
effet, nous sommes au courant, car nous
disposons des mêmes moyens de contrôle
que Tannara, une sorte de double commande.

Mais ce que Ned vient de dire sur les grades ne
nous surprend pas, rappelles-toi, Tannara, sur
Xzertann, planète voisine de la nôtre et peuplée
de militaires, ils avaient sur les épaules des
barrettes au lieu d’étoiles, mais peu importe.

Que devons nous apprendre à Ned ? »  
  
Tannara: « Pour le moment, lui faire visiter les
lieux, lui expliquer l’utilisation de certaines
machines, vous connaissez ses résultats aux
tests, il comprendra vite. »  

Vorterr: « Nous n’en doutons pas, alors
suivez-nous. »

Après plusieurs kilomètres et moultes
explications, Zorrann:

« Nous n’avons pas encore tout vu, c’est très
étendu, une seconde visite sera à prévoir. »

Ned: « D’accord Zorrann, mais pour le
moment, j’ai mon compte, déjà emmagasiner
tout ce que je viens d’entendre, et comprendre
deux ou trois trucs assez pointus, ce n’est pas
une petite affaire. »

Tannara: « Nous verrons cela demain, Zorrann.

Cet après-midi, je vais débloquer la seconde
positronique afin de le faire réviser. »

« C’est toi qui décides, Tannara, il en sera comme
tu le souhaites. »

« Merci, Zorrann, nous vous quittons pour aller
déjeuner, à demain. »

Ils réintégrèrent les appartements de Tannara, et
Ned:

« Ffff ! J’admire, il te respecte drôlement, le
Zorrann. »

« C’est une longue histoire, tu comprendras
mieux par la suite. »

« Sûr que je ne sais encore pratiquement
rien, sinon que ta longue histoire date de
12.000 ans, il t’a en haute estime. »

« Comme je te l’ai dit, c’est une profonde
amitié, un Jatter ? »   

« C’est parti, tu mérites ce respect et cette
amitié, tu es vraiment une femme extraordinaire. »

« Ce que tu viens de me dire me touche, mais
ce qui me toucherait plus encore serait de
savoir si tu m’aimes. »

« Je suis assez maladroit pour exprimer mes
sentiments, mais si ça peut te rassurer, oui, je
t’aime, et je te le redirai. »

« Ta sincérité ne fait aucun doute, alors oui, tu
ne me le rediras jamais trop. »

Ils déjeunèrent, puis l’après-midi passa très
vite, peu avant le dîner, Tannara:

« Alors, chéri ? »

« Oui ma chérie, maintenant, les trois points qui
me semblaient nébuleux sont très clairs, j’ai
bien mémorisé les lieux, du moins ceux que
j’ai vus, la visite de demain pourra se faire sans
problème, on aura encore beaucoup à voir ? »

« Nous avons fait les deux tiers du parcours, ce
sera plus facile demain. »

Plusieurs semaines passèrent, puis un
matin, Tannara:

« Aujourd’hui chéri, il y a une chose que je
voudrais savoir, où en es-tu dans tes pensées
de retour ? »  

« Alors effectivement, ça fait déjà un moment
que je suis en train de retourner tout ça dans
ma tête, mes parents sur Terre ? Je les aime
bien, ils m’ont apporté beaucoup, mais ils
vieillissent, et je les voyais peu ces derniers
temps, le labo de Richardson et les huiles
qui venaient nous voir de temps à autre ?

Bof ! Mes sentiments sont assez partagés, le
Professeur lui-même ? Bon, c’est sûrement
un grand homme, mais j’éprouvais plus
d’admiration que d’amitié pour lui, nous
n’avons jamais vraiment été proches, lui
c’est Cosmo 1 avant tout, il voulait surtout
faire en sorte que le Président puisse dire:

« Nous sommes en avance sur les autres
pays, nous les américains, sommes les plus
forts. »     

Depuis plusieurs années, je n’étais plus
autorisé à sortir, à revoir l’extérieur, les
intérêts supérieurs de l’état me
clouaient, moi, le cobaye de service.

L’humanité ? Elle se portait plutôt bien
on avait encore de la monnaie, mais sous
forme d’écritures, tiens ! J’ai oublié de te
dire, j’ai une micro puce implantée dans
l’index droit.

Ici ? Je vis dans le luxe, avec la plus belle
femme qui puisse exister, et que j’aime, et
j’apprends toujours une foule de choses, tes
copains androïdes sont pratiquement
devenus aussi mes amis, finalement, je
n’aurais peut-être pas envie de retourner
sur Terre, mais par moments, je me
demande ce que je peux t’apporter à toi, qui
es pratiquement immortelle, alors que dans
quelques dizaines d’années, je ne serai plus
qu’un souvenir ? »

« Vivrais-tu avec moi durant des millions
d’années ? Ici ? »

« Pourquoi pas, mais est-ce possible ? »

« Tout dépend de ta réponse. »

« ?? Ah ! Si je dis oui, c’est bon ? »

« Si c’est sincère, oui, ton destin va changer. »

« Bon, laisse-moi réfléchir, ce qui est sûr, c’est
que je tiens à toi, la chance d’avoir une compagne
de rêve, et pendant des millions d’années ?

Wow, ça dépasse tout, en plus, les humains
d’ici, tes serviteurs, me considèrent comme
un Ministre, certains m ’appellent même
Monseigneur, d’autres, Votre Excellence…

Sûr que j’ai toutes les raisons de vouloir rester
ici, si j’ai deux sous de logique, après
tout, qu’est-ce qui m’attend sur Terre ?

Que Richardson me renvoie dans un endroit
beaucoup moins sympa qu’ici, histoire
d’améliorer sa trouvaille ?

Que des années passent et que mes moyens
physiques diminuent ? Pour finir plus ou moins
péniblement ?

D’accord, y a pas photo, je reste, mais comment
vas-tu t’y prendre pour éviter mon retour ? »

« Alors là, mon chéri, ne te fais aucun souci, c’est
avec impatience que j’attendais cette réponse
pour, avec l’aide de Zorrann bien sûr, préparer
ton immortalité, ou du moins à un processus
qu’il faudra répéter tous les 500.000 ans.

Ton retour ? Nous avons enregistré ton transfert
que nous pouvons même reproduire, alors là
aussi, aucune inquiétude, nous disposons de
deux possibilités, la première, utiliser une copie
de transfert en aller-retour en détruisant ton
Cosmo au passage, mais encore une meilleure
solution, utiliser ton retour pour programmer
notre copie de transfert à quelques secondes
afin de ne pas laisser à ton Professeur et aux
autres huiles, le temps de réagir, notre copie
ignore la clause de sécurité de ton Cosmo, et
je serai avec toi.

Nous savons que tu as une puce dans l’index
droit, qui bien sûr, n’a aucune utilité
ici, Zorrann ou quelqu’un de son équipe te
l’enlèvera en moins de temps qu’il n’en
faut pour le dire…

Alors, rassuré ? »

« Tu es une belle cachottière, mais je ne peux
que te comprendre, il est normal qu’avant de
me faire profiter de quoi que ce soit, tu veuilles
savoir si ça en vaut la peine.

Mon Cosmo ? Ce n’est pas mon Cosmo, bien que
ce soit moi qui l’ait monté en totalité, Richardson
concevait, et je donnais corps à ses
conceptions, finalement, il m’appartient un peu
quand même, mais je le lui laisse sans regret. »

« C’est toi qui as monté le Cosmo ?
Alors cela ne peut signifier qu’une chose, en
manuel tu peux à peu près tout faire, je me
trompe ? »

«Peut-être pas, c’est vrai qu’en manuel, je suis
plutôt bon, c’est d’ailleurs un des éléments qui
m’ont permis d’acquérir le poste d’Assistant. »

« Un pur intello peut parfois être un génie, mais
rarement un bon bricoleur, et j’en sais quelque
chose…
 
Moi non plus, je ne suis pas facile à surprendre, et
pourtant, tu y parviens encore, décidément, ta
cote augmente régulièrement au cours du temps. »

« Et ma note, elle augmente aussi ? »

« Ooh ! Tu veux parler de ce à quoi je pense ?

Hm, je situerais ta moyenne autour de 470, mais
avec le processus dont je t’ai parlé, ce petit
record, tu vas le pulvériser. »

Tous deux éclatèrent de rire, dans la semaine qui
suivit, Tannara et Ned descendirent chez Zorrann
pour le processus en question, l’androïde expliqua
au terrien:

« Bon, Ned, tu vas t’installer ici, sur ce fauteuil
électronique, tu devras rester complètement
immobile pendant la constitution de ton emprunte
électromagnétique qui prendra une demie heure.

Je sais que rester longtemps immobile pour un
humain n’est pas évident, mais cette phase est
indispensable pour que l’emprunte soit parfaite.

Je suppose que Tannara t’a expliqué ce dont il
s’agit ? Oui, alors ce n’est qu’un moment délicat
à passer, lorsque ton emprunte sera faite, tu
pourras te lever et marcher un peu, il ne restera
qu’à te l’appliquer, il te faudra rester à nouveau
immobile, mais pendant 30 secondes, une seconde
phase beaucoup moins contraignante que la
première, nous conserverons précieusement ton
spectre afin de pouvoir te l’appliquer tous les
500.000 ans.

Autant dire que cela équivaut pratiquement à
une immortalité, mais attention, elle restera
relative, tu ne seras pas invulnérable pour autant. »

Ned: « Oui, Zorrann, je sais, un projectile d’arme
ou une chute trop importante pourraient me
tuer, Tannara m’a expliqué que ma copie magnétique
est une sorte d’activateur cellulaire qui n’aurait pas
le temps d’agir sur un impact trop soudain et
violent.

Je suis prêt. » 
 
« Alors prends place ! Nous allons procéder, surtout
reste immobile jusqu‘à ce que je te dise quand tu
pourras de nouveau te mouvoir.»

« Entendu. »

Ned alla s’installer sur le fauteuil en question et
s’efforça de ne pas bouger, ne serait-ce qu’un
cil, s’il avait un solide entraînement dans certains
domaines, et notamment dans les combats, il
n’avait jamais appris à se tenir immobile, et
une demie heure, c’était long, mais il y parvint
et Zorrann:

« Excellent résultat, Ned, tu peux te dégourdir
à présent, dans 5 minutes on t’appliquera
l’emprunte, et tu seras tranquille pour un bon
bout de temps. »

Ned: « Un bon bout de temps ? 500.000  ans ?
Ouais, c’est le moins qu’on puisse dire. »

La seconde phase ne fut qu’une formalité, le
couple remonta vers les appartements de
Tannara, cette dernière:

« Tiens chéri ! On a bien mérité quelques
Jatters, non ? »

« Oh oui ! »

« De plus, ton nouvel état, comme tu le
sais, ne va pas t’apporter que 500.000 ans de
rabe, les effets de l’alcool vont devenir nuls, et
les fatigues feront partie de l’histoire. »

« Très intéressant. »

D’autres semaines, puis des mois passèrent, Ned
avait considérablement augmenté son
savoir, pratiqué beaucoup de sport, et connaissait
un bonheur sans précédent, la date de son retour
approchait, il ne restait que 16 semaines, mais ni
Tannara, ni lui, n’ y pensaient vraiment, aucune
inquiétude, car la solution existait.

Mais trois jours plus tard, ils reçurent un appel
de Zorrann:

« Tannara, Ned, venez vite ! Vous allez découvrir
quelque chose de surprenant. »

Les amoureux  se rendirent immédiatement chez
Zorrann qui leur montra deux cadrans, Tannara:

« Mais !! N’est-ce pas la copie du transfert de Ned ? »

Zorrann: « Tout à fait,  et qu’est-ce que tu vois ? »

« Qu’elle est tronquée dans une certaine zone
dimensionnelle !! Mais pourquoi ? »

« Difficile à dire, Ned a bien fait de vouloir rester
ici, car il ne pourrait plus retourner sur Terre. »

Ned: « Oui, mais quelque chose me gêne dans
cette histoire…

Quelle sera la réaction du Cosmo au niveau de
la sécurité ? Surtout si la trace du transfert se
reconstitue ? »

Zorrann: « C’est hautement improbable, mais ce
que nous pouvons tenter de faire, c’est de
reconstituer le chaînon manquant à partir d’un
enregistrement sous archive, mais sans garantie.

D’autre part, c’est à toi de nous dire si cela en
vaudrait la peine. »

Ned: « Je ne suis qu’un humain, il faut me laisser
un temps de réflexion…

Retourner sur Terre ne m’intéresse plus, cela au
contraire, représenterait plutôt un danger, mais
je suppose que durant ces milliers d’années, toi
et ton équipe, Zorrann, vous avez cherché à
améliorer vos moyens de détection, non ? »

Kartenn: « En effet, Ned, nous y travaillons
régulièrement. »

Ned: « Et vous devez fréquemment vérifier les
archives, y compris ceux de mon transfert ? »

Kartenn: « Exact, c’est de mon ressort, et je le
fais toutes les semaines, d’où ma découverte de
ce matin, la semaine dernière, ton tracé de
transfert était encore complet. »        

Ned: « Bien, alors il me vient une idée, je repense
à votre dernier transfert ici, vous n’avez pu regagner
votre galaxie à cause d’un phénomène du genre de
celui-ci, peut-être une tempête électromagnétique.
A mon avis, il serait intéressant de pouvoir
reconstituer mon tracé, dans l’affirmative, je
retournerai alors sur Terre pour un aller/retour
qui me permettrait de ramener la positronique
du Cosmo, ce qu’elle aura enregistré nous
aidera peut-être à mieux comprendre ce qui
vous est arrivé il y a 12.000 ans. »

Tannara: « Mais tu es fou, chéri, ça n’est pas
du tout raisonnable. »

Zorrann: « Peut-être que si, c’est une brillante
idée, mais pas exempte de dangers, c’est à notre
tour de réfléchir afin d’évaluer d’éventuelles
solutions, nous allons tenter ce dont nous vous
avons parlé, dans les deux cas, nous vous
rappelons, mais si succès, on se réunira de
nouveau. »

Tannara: « Entendu, on fait comme ça. »

Deux jours plus tard, Zorrann:

« Bonjour Tannara, vous pouvez venir avec
Ned, hier, nous avons réussis à reconstituer
un tracé stable de transfert. »

« Hier !! Et pourquoi ne rappelles-tu que
maintenant ? »

« Tu me connais suffisamment pour penser que
j’ai une bonne raison, à savoir que depuis
hier, nous n’avons pas cessé de rechercher une
solution, et je pense que nous l’avons trouvée. »

« Ah ! Excuse-moi Zorrann, nous arrivons. »

Quelques minutes plus tard, Zorrann:

« Bien, dans un peu plus de 5 semaines, si le
tracé n’avait pas été perturbé, Ned aurait pu
retourner sur Terre, bien que cela ne soit plus
vraiment d’actualité, il aurait quand même
fallu résoudre le problème de la clause de
sécurité du Cosmo.

Avec le nouveau tracé que nous venons de
constituer, nous sommes dans une toute
autre situation, la réaction du Cosmo n’est
plus à craindre mais…

Si notre nouveau tracé est identique à
l’ancien, la fraction constituée pour
remplacer la zone tronquée a bien été
ponctionnée dans le même espace, mais
pas sur la même échelle de temps, car le
passé ne se rattrape pas.

Cela veut dire en clair que le nouveau tracé
fonctionnera aussi bien que l’ancien, mais
la Terre, au lieu de l’an 2118, pourra très
bien se retrouver des milliers, ou des dizaines
de milliers d’années plus tard.

Et ce n’est pas le seul inconvénient, dans un
tel laps de temps, il peut se passer bien des
choses, tant que le tracé existe, cela veut
dire que la positronique du Cosmo fonctionne
encore et qu’elle continue à opérer sur le tracé
tronqué, mais peut-être que le sous-sol n’existe
plus, ou encore qu’elle peut se trouver dans un
endroit inaccessible ou dangereux aux humains.

Pour cette dernière raison, si Ned veut toujours
récupérer la positronique afin d’en analyser le
contenu, le mieux serait d’envoyer un ou deux
des nôtres sur Terre pour un aller/retour, je
suppose qu’elle est reliée à un certain nombre
de câbles, combien de temps faudrait-il pour la
débrancher ? »   
  
Ned: « Moi, je mettrais une heure, si les
branchements sont restés normaux, mais vous
autres, irez beaucoup plus vite, ce que j’espère
c’est qu’elle n’est pas prise  sous terre, ou entre
des blocs de pierre ou métalliques, car là, même
à vous, cela poserait problème. »

Zorrann: « Pas vraiment, nous sommes très
solides, et même en cas de détériorations, pouvons
nous reconstituer facilement.

Aujourd’hui, nous allons finaliser toutes les mises
au point, puis restera à déterminer quand tu
voudras récupérer l’objet, Ned . »

Ned: «  Ben, dès que vous aurez fini vos contrôles, vous
m’appelez. »

Le lendemain matin, Zorrann:

« Bonjour Ned, nos contrôles sont terminés. »

« Ok, Zorrann, nous descendons. »

Tous s’accordèrent pour une utilisation du XARRT
dès le lendemain, un aller/retour avec un battement
d’une heure, c’est Garlorr et Nerlann, deux androïdes
spécialisés dans les montages/démontages, qui
iraient récupérer la positronique, tout se passa
bien, les deux techniciens revinrent avec l’objet
mais il semblait dans un état…

Zorrann: « Alors ? »

Nerlann: « Accès difficile, tout déconnecter n’a pas
été simple, zone irrespirable pour un humain, des
murs écroulés partout, un cataclysme a dû se
produire, mais quand ?

La positronique a besoin d’un sérieux
nettoyage, nous nous en chargeons. »

Zorrann: « Avez-vous rencontré des humains ? »

Garlorr: « Non, l’endroit était très exigu, quelques
mètres entourés d’immenses blocs de pierre et
métalliques, lieu invivable pour un humain. »
 
Ned: « Quelques mètres !! J’étais dans un sous-sol
presque aussi grand que celui-ci, et la zone du
Cosmo était salement renforcée…

J’attends avec impatience de savoir ce que cette
****** de boite va nous raconter. »

Tannara: « Voyons chéri. »

Ned: « Oh pardon ! Tes chastes et jolies oreilles..
D’accord, je ferai plus attention. »

Dans l’après-midi, Taranna et Ned retournèrent
chez Zorrann, la positronique avait été nettoyée
et vérifiée, elle était prête à l’emploi, Zorrann:

« Vas-y, Ned, à toi l’honneur, c’est ton matériel. »

Pendant la première heure, des signes et autres
symboles incompréhensibles défilaient sur
l’écran, sans discontinuer, Zorrann, Kartenn
Vorterr, Tannara et Ned se regardaient souvent
puis Ned:

« On dirait que c’est fichu, cette boite est bonne
pour la poubelle. »

Tannara: « Attends encore un peu, ce n’est pas
le temps qui nous manque.»

« D’accord chérie, mais ma patience ne dépassera
pas l’heure du dîner. »

Peu après, une sonnerie retentit, à la grande
surprise de Ned:

« Tiens ! C’est la première fois qu’elle fait ça. »

Puis quelques secondes plus tard, un message
s’afficha:

«             - FIN D’ENREGISTREMENT -
              Rafraichissement des données.
                   Veuillez patienter SVP. »

Ned: « Enfin ! Attendons la suite. »

Peu après, les écritures commencèrent à défiler, à
une vitesse telle qui rendait toute lecture directe
impossible, il fallait s’armer de patience.

Beaucoup plus tard, presque à l’heure du
dîner, Ned:

« Bon Zorrann, nous remontons, quand cette
boite aura fini son cinéma, on reviendra. »

« Très bien, nous vous préviendrons. »

Le lendemain matin, Zorrann:

« Bonjour Tannara, bonjour Ned, ce que vous
allez voir va certainement vous intéresser, mais
autant vous dire que c’est pour le moins
stupéfiant. »

Tannara: « Ah ! Alors on arrive. »

Ned: « La positronique était reliée à des
satellites, on va découvrir un paquet de trucs. »

« Mais mon chéri, je connais, allons-y. »

Un peu plus tard, les cinq participants de la veille
regardaient à nouveau l’écran, des dates, des
descriptions d’évènements entrecoupées d’images
défilaient d’une manière ininterrompue, des
heures s’écoulèrent, puis Tannara:

« Bon, si nous allions déjeuner ? Coupes-moi ça
pour le moment, chéri, on reviendra voir la suite. »

« Ca marche. »

Plus tard, Ned:

« Tu vois, chérie, nous voilà en 2457, et ça
continue… »

Bien des heures passèrent, le lendemain matin, Ned:

« Regarde, Tannara chérie, 2832, début d’inversion
des pôles ! Là, ça va faire mal…
D’après ce qu’ils disent, c’est une lente, à mon
avis, c’est encore plus mauvais. »   

Tannara; « Oui, Zorrann et moi, on
connaît, certaines planètes dans notre galaxie
d’origine en ont subies, notamment Xzertan, tu
as raison, les conséquences vont être lourdes.

D’après ce que tu m’as raconté, vous étiez dix
milliards sur Terre ? »

Ned: « Exact, tu as bonne mémoire. »

« Nombre facile à retenir, mais le pire est à
craindre, des humains, il ne va plus en rester
beaucoup. » 

« Ah, c’est sûr, mais au vingt neuvième
siècle, ils ne sont plus que 4 milliards sur
Terre, beaucoup sont partis dans l’espace, vers
des exoplanètes, Mars comporte 200 millions
d’habitants, quelques autres millions sur la
Lune, Ouais, sur Terre, les survivants seront
de l’ordre de 1 %, je ne te dis pas comment
les gens doivent se battre pour les sous-sols. »

Un  peu plus tard:

« 2849, un astéroïde de 300 mètres tombe
sur le Pentagone, Ffff ! De mon temps, on
était à peu près 40.000 à y bosser, mais là
il devait y en avoir plus, pas mal ont dû se
faire dessouder, quelle vacherie… »

Tannara: « Maintenant, je comprends mieux
l’histoire des murs rapprochés dans ton ex
sous-sol, un astéroïde de 300 mètres, ça fait
pas mal de dégâts, pas grand-chose ne peut
y résister. »

Ned: « Bon, eh bien l’humanité se refera
ailleurs, voyons la suite. »

D’autres évènements et images apparurent
encore durant deux heures, puis d’un seul
coup, plus rien, la dernière date indiquée
était 2999. 

Tannara: « Bon, remontons, des Jatters seront
les bienvenus, que pense-tu de cette dernière
date de 2999 ? »

Ned: « Limite d’enregistrement de la
positronique ?
Fin de vie des satellites qui l’alimentaient ?

Je ne sais que répondre, mais Zorrann ne
s’était pas trompé, une perturbation cosmique
peut agir sur le temps, si ça se trouve, sur ta
planète d’origine, il ne s’est peut-être écoulé
que 1.000 ou 2.000 ans, vas savoir. »

« Ou l’inverse, dans ton cas, on a une idée de
la cause, alors que dans le mien… »

« Heureusement pour moi, ta perturbation
cosmique, je peux la remercier, sans pour
autant vouloir faire sa connaissance. »

« Oh chéri, tu es un amour, après le
repas, j’aimerais qu’on se détende, on a trop
oublié ça, ces derniers temps. »

« Oui, c’est une idée qui en vaut une autre. »

« Oh toi, tu vas prendre une claque. »

Et tous deux d’éclater de rire.

-----***-----
 
 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 12:36 (2017)    Sujet du message: Publicité

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