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L042

 
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Kr
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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 13:57 (2017)    Sujet du message: L042 Répondre en citant

En 2244 la Terre était gouvernée par un tyran du
nom d’Aran Wook, qui n’avait rien à envier à Pol
Pot, à Amin Dada ou encore à Staline.

Doté d’une armée et d’une police énormes sur
tous les continents, il régnait sans partage depuis
plus de 10 ans.

Pékin était devenue la capitale mondiale depuis
un demi-siècle, mais la langue principale restait
l’anglais, et la monnaie, le Dollar, son somptueux
Palais, au centre de la ville, était protégé par plus
de 3000 hommes qui lui assuraient une parfaite
sécurité.

Lui-même mis à part, ainsi que  ses serviteurs
directs qu’il nommait pompeusement Ministres, les
hauts gradés de l’armée et de la police, les hauts
membres de la Justice, et quelques fournisseurs
privilégiés, les gens avaient un niveau de vie assez
serré, qu’ils fussent ingénieurs, chercheurs, ou
commerçants, ou à plus forte raison, simples péquins
lambdas, huit milliards de personnes dont plus de la
moitié avait bien des difficultés à se loger et à
se nourrir.

Il n’y avait plus de chômeurs, ni de retraités, ni de
prisons, sa Justice était simplifiée au maximum:

- Un criminel, ou supposé tel, subissait la peine
de mort.

- Un voleur ou supposé tel était envoyé aux Travaux
Obligatoires, fort pénibles, et qui ne lui permettaient
pas de vivre très longtemps.

- Un contestataire affiché ou supposé était torturé en
un premier temps, puis exécuté en cas de récidive.

Tout cela faisait en sorte que pour plus de 80% des
gens, la vie sur Terre n’était pas particulièrement
agréable, des recherches spatiales et médicales ?

Il n’y en avait plus, Wook estimait que c’était une
perte de temps et d’argent, et se fichait pas mal de
l’avenir de l’humanité.

Les arts étaient logés à la même enseigne, bien des
musées et autres bibliothèques avaient été détruits
pour être remplacés par des habitations, ou des
terrains vagues.

Dans son Palais, le tyran donnait souvent des
spectacles, profitait des plus jolies femmes, mangeait
bien, et buvait plus encore, pas n’importe quoi, et
passait tout de même une partie de son temps à
entretenir sa forme physique, convaincu par ailleurs
que cette activité gommerait ses excès.

Enfin, il passait deux heures par jour dans une vaste
salle secrète disposant d’un matériel dernier cri en
matière de détection et de contrôle, qui lui
permettait de savoir ce qui se passait à l’extérieur, et
éventuellement, de contrôler l’activité et les
communications de ses serviteurs les plus importants.

Plus méfiant et parano que lui, c’était pour le moins
difficile, s’il n’était pas rassuré, ou encore au moindre
manque de satisfaction, ses réactions étaient brutales
et sans appel, lui répondre non en quoi que ce soit
n’était pas envisageable, avait-il un grain de folie ?

Très probablement, mais il était aussi remarquablement
intelligent, ce qui le rendait d’autant plus redoutable.

Enfin, il convoquait pour des réunions hebdomadaires
ses trois principaux Ministres:

Li-Yin           Ministre des finances

Chen-Yung  Ministre de la recherche et des
                     Productions.

Mang-Tsin    Ministre des armées et de la police.

« Alors, les nouvelles ? »

Li-Yin: « L’argent rentre bien, Grand Maître, on doit
pouvoir augmenter les taxes de 5%. »

« Faites-le, et vous autres ? »

Chen-Yung: « J’ai d’excellent rapports sur les moyens
d’augmenter les possibilités de nos instruments de
détections, Grand Maître, et de certaines
armes, confirmation des résultats dans 15 jours. »

« Bien, et vous Mang ? »

Mang-Tsin: « Aucun problème cette semaine, Grand
Maître, un calme plat, pas de manifestations d’aucune
sorte, pas de délits, rien à signaler, il est vrai que la
populace, où qu’elle se trouve, connaît l’efficience de
mes auxiliaires. Nous avons découvert encore un
sous-sol sur l‘ancien continent américain, que nous
avons fait fermer.»
 
« Populace dont vous feriez partie si vous n’aviez pas
prouvé votre  efficacité, Mang, ne l’oubliez pas. »

« Je saurai rester efficace, Grand Maître. »
 
« Je l’espère pour vous,  la séance est levée, je ne vous
retiens plus. »

Le dictateur envisageait déjà un programme agréable
dans les cinq minutes à venir, les trois Ministres
quittaient le Palais.

Quelque part en Sibérie, près du Lac Taymyr, dans
l’ex Krai de Krasnoïarsk,  un sous-sol existait encore, et
celui-là, la police ou l’armée étaient loin de disposer des
détections nécessaires à le découvrir, totalement
inconnu, il n’avait pas été fabriqué au profit de
personnalités telles que des membres de
gouvernements et autres célébrités, des chercheurs
scientifiques disparus depuis très longtemps avaient
commencés à le creuser dans d’autres buts, puis, au fur
et à mesure des décennies, il avait servi de refuge à des
marins, puis à divers voyageurs, avant d’être occupé
par un certain Sergei Moskovenko, qui, ayant acheté le
terrain qui l’entourait, décida d’en faire son domicile
pour ses vieux jours, c’était un théosophe, peu adapté
au modernisme, qui n’avait pas jugé utile d’y installer
l’électricité ni l’eau, ce pauvre homme s’était fort mal
remis de la perte de sa fille Anna Guraacha, qui décéda
dans un accident de voiture près de Moscou.

Sukhbataar Guraacha était le gendre de Sergeï
Moskovenko, un savant qui hérita du sous-sol qui
n’était pas vraiment aménagé, mais ses immenses
connaissances en maints domaines lui permirent de le
faire, il sut le rendre hermétique, y installer tous les
systèmes nécessaires et indépendants
d’air, d’eau, d’électricité, de chauffage, de le
transformer, après des années de patience, en un lieu
très  confortable dans lequel régnait une température
constante de 22 degrés.

Il y amena des positroniques, sortes d’ordinateurs
dernier cri qu’il sut rendre indiscernables, parmi
d’autres appareils sophistiqués, deux androïdes de sa
fabrication qui entretenaient les lieux, faisaient la
cuisine,  et assuraient le service, puis, piocha dans ses
relations pour trouver son assistant, un certain Tobias
Skornik 34 ans, un colosse de 7 pieds,  très calé dans
les domaines scientifiques, et dans les disciplines de
combats, adroit manuellement, qui pouvait
pratiquement tout faire.

Les polices d’Aran Wook  avaient bien cherchées à
savoir, pendant trois ans, ce que Sukhbataar Guraacha 
avait pu devenir, mais les scientifiques étant peu
considérés, et surtout réputés inoffensifs, ils le
supposèrent disparu et cessèrent de s’occuper de son
cas, quant à son assistant, autant dire qu’il était
inconnu au bataillon, tous deux risquaient fort de ne
pas être dérangés dans leur refuge avant longtemps.

Le savant âgé de 58 ans, travaillait depuis un certain
temps sur sa dernière invention, le Kosmoc, une sorte
de porte dimensionnelle composée d’une immense
unité centrale et de trois transformateurs directement
connectés, son assistant, qui était avec lui depuis 5
ans, l’avait considérablement aidé  sur l’aspect
pratique, sa construction.

« Bien, Tobias, le Kosmoc est pratiquement
terminé, dans quelques jours, on pourra le tester. »

« Oui, Professeur, on voit enfin le bout du tunnel. »

« Nous avons bien mérité un apéritif avant le
déjeuner, n’est-ce pas ? »

« Tout à fait Professeur, Whisky pour vous, et Vodka
pour moi, appelons Adrian. »

Adrian était l’un des deux androïdes qui assuraient
l’entretien et le service tout en sachant parfaitement
faire la cuisine, en ce qui concerne les courses pour
approvisionnement, la tâche en revenait tout
naturellement à Tobias, qui devait se rendre à Norilsk
ou éventuellement à Doudinka, là encore, il bénéficiait
d’une certaine discrétion, par le fait que la zone
s’avérait être la plus septentrionale d’Asie, Norilsk était
une ville de plus de 200.000 habitants, mais il ne s’y
passait jamais rien, la police locale se contentait de
rester bien au chaud dans ses bureaux.

Grâce à une douzaine de gros congélateurs, et autant
de frigos, notre équipe disposait de deux bons mois
d’autonomie en alimentation et autre produits, mais
cela risquait de poser un problème  lorsque le coursier 
serait absent, c’est d’ailleurs l’intéressé qui posa
la question.

« A la vôtre Professeur, nous n’en avons jamais encore
parlé, mais lorsque je serai absent, comment allez-vous
faire pour l’alimentation ? »

« A la vôtre, Tobias, il est certain que si je règle votre
départ sur, disons six mois, alors que seul, je n’aurai
que quatre mois d’autonomie, peut-être cinq, car je
mange moins que vous, il me restera un mois à
combler, au point de vue famille, je n’ai plus
personne, du côté des Moskovenko, il ne faut pas trop
y compter, et puis Moscou, c’est loin, mais j’ai
plusieurs solutions:

La première, c’est d’aller moi-même faire les courses
à Norilsk, notre tout-terrain peut rapporter un bon
mois de réserves, à défaut, j’y vais deux fois, ce serait
le plus simple.

La deuxième, il me reste largement assez d’argent pour
passer un mois à Norilsk, hôtel et restaurant compris.

La troisième, solution extrême, il me reste un ami
d’enfance et d’études, Makar Ouchakov, qui habite à
Arkhangelsk, lui doit pouvoir me loger, mais c’est à plus
de 3500 kilomètres d’ici, pour l’alimentation, je ne lui
coûterai rien, cela devrait pouvoir s’arranger, surtout
que là bas, en étant discret,  c’est un peu comme à
Norilsk, la police n’est pas trop près des gens.

Mais je pense que la première est à privilégier. »

« Je le crois aussi, Professeur, car je n’ai jamais eu de
problème, je remplirai tout au maxi avant de partir. »
 
« Très bien, à partir de cet après-midi, nous allons
procéder à quelques vérifications. »

« Pas si vite, Professeur, je sais que vous êtes
impatient, mais je dois terminer le montage du
dernier transformateur. »

« Vous l’aurez fini quand ? »

« demain, à la même heure, il sera prêt. »

Quelques jours plus tard, un matin:

« Ca y est, Tobias, c’est le moment du départ. »

« Oui, et j’ai quand même un peu d’angoisse. »

« J’ai réglé le Kosmoc sur un point bleu, qui devrait
représenter un monde avancé, si tout marche selon
mes conceptions, il ne devrait pas y avoir de problème. »

« D’accord, Professeur, vous êtes un génie, mais
même vous, ne pouvez prévoir ce que je vais
rencontrer, il peut y avoir de sacrées surprises. »

« Je vous sais capable de vous sortir de toute
situation, je n’aurais jamais pris ce risque avec qui
que ce soit d’autre. »

« Est-ce censé me consoler ? » 

Le savant appuya sur un bouton, un mini vortex
bleu-cobalt enveloppa Tobias qui disparût.

Il apparut dans le couloir d’un immeuble, près de la
porte cochère, personne ne passait à ce moment là, il
ouvrit la porte pour sortir, et se dit:

« Un bouton, donc un commutateur, ils utilisent
l’électricité, je suis dans un monde avancé. »

Il se retrouva dans une grande avenue qui disposait
de trottoirs et d’une chaussée, des passants, et des
sortes d’automobiles y circulaient.

« Drôle de forme, leurs véhicules, mais ils semblent
assez rapides, pas de bruit, ils doivent être électriques.

Certains passants me regardent bizarrement, il est vrai
que je ne suis pas habillé comme eux, et je suis plus
grand, par contre, leur tête, on dirait des américains
ou des européens, là, je ne dépars pas.

Mais je me retrouve devant plusieurs problèmes, d’abord
ma taille, d’après ce que je vois des gens, les hommes
font à peu près six pieds, les femmes, à peu près cinq
pieds cinq ou cinq pieds six, puis pour manger et me
loger, comment vais-je faire?

Ne connaissant personne, n’ayant pas d’argent, mon
identité, n’en parlons même pas, en plus, dans une ville…

Pas évident, mais d’autres gens me regardent avec
insistance, pas bon, mais je vais leur demander le nom
de la ville, peut-être qu’avec une femme, la conversation
sera plus facile. »

Il avisa une passante, et :

« Pardon, Madame, excusez-moi de vous déranger, mais
je ne sais pas où je me trouve, pouvez-vous m’indiquer
le nom de la ville ? »

La femme en question, paraissant une bonne
quarantaine d’années, le regarda d’un air horrifié, et
continua son chemin en pressant le pas, d’autres
hommes l’observèrent, mais n’osèrent l’approcher, sa
carrure en imposait, mais l’un d’entre eux se saisit d’un
petit appareil comparable à un mobile, et commença
à parler. »

« Fichons le camp ! »Se dit-il.

Il pressa le pas, tourna dans le première rue
perpendiculaire à sa gauche, et se mit à courir, prit
encore deux rues adjacentes, puis, au bout de 200
mètres, il vit une sorte de square vers lequel il se dirigea.

« Un clochard sur le troisième banc, lui va peut-être me
parler, et assis, je paraîtrai moins grand. »

Il s’installa à côté de l’homme qui, visiblement, n’était
pas très propre et ne sentait pas bon, quel âge pouvait-il
avoir, difficile de situer un clochard, peut-être la
cinquantaine ?

Il lui dit:

« Salut Gars, peux-tu me dire dans quelle ville je
suis ? »

L’autre lui retourna un regard surpris et lui répondit:

« Ca va pas la tête ? »

« Non, justement, ça ne va pas fort.

Bon, je t’explique, on vient de me voler mes papiers, et
j’ai pris un coup sur la tête, je ne me souviens de rien. »

« Ah ! Ils étaient combien, les mecs ? »

« Une bonne demie douzaine. »

« Alors ce sont des Farkas, t’as de la chance d’être
encore vivant, et tu te souviens de rien ? »

« Ben non, où on est ? »

« A Nakkam, capitale du Terkor, dont on fait tous
partie, mais t’es grand, dis donc, on dirait que tu es
un Zarkien, de Zarkor, mais non, c’est pas
possible, si la police te chope, ça sera pas bon pour
toi, tu ferais mieux d’aller à l’hôpital. »

Tobias pensa immédiatement: « Examiné, peut être
retenu, nourri, faire quelques connaissances … »

« Tu as raison, j’ai encore mal à la tête, en
connais-tu un ? »

« Ouais, là-bas, à la maison jaune, tu la vois ?

Ouais ?

Bon, tu tournes à droite, et là, tu peux pas te gourer, à
cinquante mètres, c’est le Kalder. »

« C’est le nom de l’hôpital ? »

« Ben ouais, qu’est-ce que tu veux que ce soit d’autre ? »

« Ok, merci, à la prochaine. »

« Je l’espère pour toi, mec. »

Tobias trouva l’hôpital à l’endroit indiqué, il était
temps, car des klaxons stridents indiquaient
probablement un passage de voitures de police, il
entra précipitamment, et se retrouva dans une grande
cour, il marqua un temps d’arrêt, la porte s’étant
refermée, il entendit encore les klaxons, mais leur
bruit s’atténuait progressivement, ils ne l’avaient
pas vu, ouf !

Dans le hall d’accueil, il se dirigea vers une
réception, une jeune femme, plutôt jolie, en tenue
d’infirmière, s’adressa à lui:

« Monsieur, venez par ici !

Quel est le motif de votre venue ? »

Il le lui expliqua, sans prononcer le nom de
Farkas, qu’il n’était pas censé connaïtre.

« Oui, on vient d’apprendre qu’il y a eu des Farkas
qui ont fait des leurs pas loin d’ici, ainsi, vous en
avez été victime ?

Et on vous a tout volé ? »

« Eh bien oui, Madame, mon identité, plus
d’argent, et je ne me souviens de rien. »

« Mademoiselle, pas même de votre nom ?

Car je dois vous enregistrer. »

« Hélas, pas pour le moment. »

« Bon, la mémoire devrait vous revenir tôt ou tard, je
vais appeler le Docteur Horkat, qui va vous
examiner, allez vous asseoir en face ! »

« Elle ne m’a pas fait de remarque sur ma taille, ni sur
mon aspect, je lui ai semblé plutôt
sympathique, j’aurais dû lui demander son
prénom, mais peut-être qu’on sera de la revue ?

Attendons la suite. »

Le Docteur apparut une demie heure plus tard, la
réceptionniste lui indiqua ma direction, et:

« Venez avec moi, Monsieur, diable, qu’est-ce que vous
êtes grand !!

Et curieusement fagoté, mais d’où venez-vous donc ? »

« Ca, Docteur, je suis incapable de vous le dire. »

« Ah, oui, l’histoire des Farkas ! Bon, on va vous
examiner, suivez moi ! »

Après un passage devant divers appareils, Horkat:

« Bon, nous attendons d’autres résultats pour nous
prononcer, mais à première vue, vous vous en tirez
bien, pas de traumatisme crânien, tout semble en
place, vous faites une amnésie post traumatique qui ne
devrait pas durer longtemps, je vais vous garder trois
jours en observation, Ah ! Tarna !

Venez ici ! Trouvez une chambre pour ce patient, il sera
en observation durant trois jours, je vous le laisse. »

L’infirmière, une belle brune d’une trentaine
apparente, s’adressa à Tobias:

« Suivez-moi, Monsieur, je vais vous conduire à
votre chambre. »

« Joli programme » pensa-t-il, mais il savait que la
raison était toute autre.

« Merci Madame, je vous suis. »

« Mademoiselle, je m’appelle Tarna, c’est moi qui vous
apporterai vos repas, vous aurez le droit de circuler
dans les couloirs, mais seulement entre 10 heures et
midi, puis entre 14 heures et 18 heures, c’est
bien compris ? »

« Tout à fait, Mademoiselle. »

« Bien, nous y arrivons, vous avez la chambre 28 ! »

« Merci, Mademoiselle. »

Tobias fit le tour de sa chambre, et:

« Pas mal, il y a tout ce qu’il faut, c’est mieux qu’un
poste de police, bon, je vais chercher à regarder des
listes de noms, pour m’en trouver un, puis parler avec
d’autres patients, histoire d’en apprendre plus sur ce
monde, on dirait la Terre d’il y a un ou deux
siècles, pas de problème de langue, Nakkam?

Terkor?

C’est où je me trouve, zarkien, Zarkor, un autre peuple
ailleurs ?

Faudra approfondir, je dois trouver d’autres habits, j’ai
une curieuse impression, d’abord ce clochard, qui m’a
indiqué l’hôpital comme porte de sortie, puis ici, les
malades semblent mieux considérés que les gens de
la rue, pourquoi ?

Clairement, il faut que j’évite la police, mais dans 3
jours, je me retrouverai devant le même
problème, comment le résoudre ? »

Plus tard, lorsque Tarna lui apporta son déjeuner:

« Tout va bien, je vous remercie, j’ai été bien reçu à la
réception, puis par le docteur Horkat, c’est très
appréciable, quel est le nom de cet hôpital ? »

« C’est le Kalder, Monsieur X, sans prétention, c’est le
meilleur de Nakkam, et même de Terkor, Savna, ma
collègue qui était à la réception ?

Oui, elle est très aimable, surtout avec les hommes
jeunes, car elle cherche à se caser, bon, mais je ne vous
ai rien dit, il faut reconnaître que vous êtes pas
mal, mais peut-être un peu trop grand et costaud, je
me demande d’où vous venez … »

« Il doit y avoir d’autres gens de mon gabarit, non ? »

« Je ne sais pas, car je n’en ai encore jamais
vus, prenez votre repas, il va refroidir, je reviendrai
plus tard. »

Tobias se mit à réfléchir:

« Savna veut se caser ?

Bon à savoir, celle-ci, Tarna, je crois lui avoir aussi tapé
dans l’œil, ne parlons pas trop vite, mais les choses
semblent s’arranger, à moi de ne pas perdre mon temps.

C’est plutôt bon, bien sûr, de l’eau, vu ce qui est supposé
m’être arrivé, je peux me promener cet après-midi entre
14 et 18 heures, je vais en profiter. »

Plus tard, lorsque Tarna revint:

« Le repas vous a convenu ? »

« Oui, tout à fait, je vais finir par vous croire sur la
réputation de cet hôpital. »

« Pour quelqu’un qui fait une amnésie post
traumatique, vous vous exprimez plutôt bien, mais
passons à autre chose, vos affreux vêtements, il va
falloir les remplacer, ce soir ou demain, je vous en
apporterai d’autres, peut-être un peu juste pour
vous, mais corrects, vous vous demandez en quel honneur ?

Les familles des patients nous apportent souvent des
vêtements, c’est une sorte de coutume,  tous ne les
utilisent pas, c’est-ce qui nous permet de constituer
un stock, à ce soir ! »

Dans l’après midi, Tobias ne perdit pas une minute, il
parla avec d’autres patients, apprit pas mal de
choses, descendit à la réception, car il se souvenait y
avoir vu des brochures, c’est une autre infirmière qui y
siégeait, une femme d’une bonne quarantaine, avec
des lunettes, plutôt forte, qui le regarda avec
insistance, avant de lui faire signe de venir.

« Qui êtes-vous ? Je ne vous connais pas ! »

Il lui expliqua être à la chambre 28, et lui raconta
son histoire.

« Ah oui, j’en ai entendu parler, la mémoire vous revient ? »

« Par bribes, parfois des images brèves, parfois des
mots, mais je n’arrive pas encore à rapprocher l’ensemble. »

« Hmm ! Pas mal, vous semblez avoir eu une bonne
éducation, mais votre stature et votre taille …

Vous ne seriez pas zarkien par hasard ? »

« ??? Zarkien ?

Non, je ne crois pas, qu’est-ce qu’un zarkien ? »

« Un autre peuple, cousin du nôtre, autrement dit de
même origine, d’ailleurs, nous parlons la même
langue, mais ils sont encore plus avancés que nous
dans tous les domaines, en fait, nous ne nous aimons
pas beaucoup, pour différentes raisons, vous patinez
encore dans la choucroute mais je pense que vous allez
vite la retrouver, votre mémoire, lorsque ce sera le
cas, revenez donc nous  voir ! »

« Je n’y manquerai pas. »

Les choses commençaient à se mettre en
place, comment devait-il interpréter les derniers mots
de la réceptionniste, décidément…

Peu de temps après avoir regagné sa chambre, le Docteur
Horkat revint pour lui faire subir d’autres examens:

« C’est par acquit de conscience, car je pense que vous
n’avez rien de grave, où en êtes-vous avec la mémoire ? »

Tobias lui répondit la même chose qu’à la réceptionniste.

« Bon, alors c’est en bon chemin, d’ici un jour ou
deux, tout ça ne sera plus qu’un souvenir, si j’ose
m’exprimer ainsi. »

« Vous ne manquez pas d’humour Docteur. »

« N’est-ce pas ?

Bon, je vous laisse regagner votre chambre, l’heure du
dîner est proche. »

Quelques minutes plus tard:

« Bon, Monsieur X, voici votre dîner, je vous apporterai
des vêtements lorsque je viendrai reprendre le
plateau, l’après-midi s’est bien passée ? »

« Oui, Mademoiselle, j’ai vu pas mal de choses, et des
éléments de mémoire me reviennent. »

« C’est bien, mais appelez moi Tarna, parce que
Mademoiselle … »

Et hop, encore une petite touche, et il avait encore deux
jours devant lui.

Par la suite, les vêtements que Tarna lui apporta étaient
un peu courts, surtout au niveau du bas de
pantalon, mais ils étaient propres, et plutôt de bon
goût, il est avait enfilés dans la salle de bains, et en se
présentant devant Tarna:

« Ah oui ! C’est nettement mieux, voyons voir, en
reprenant le revers du bas de pantalon, ainsi que du bas
de veste, ils vous iraient encore mieux, c’était ceux d’un
homme également très costaud, lorsque la longueur sera
rectifiée, on pourrait croire que ce sont les vôtres, j’ai
une amie qui doit pouvoir vous faire ça pour
demain, redonnez moi la veste et le pantalon, je vous les
rapporterai après demain matin. »

Tobias s’exécuta, et remit ses vêtements, la suite passa
très vite, il apprit encore beaucoup de choses sur la
société des Terkoriens, fort peu différente de celles de
la Terre au vingt et unième siècle, la planète s’appelait 
Sovran, l’étoile, Perkan, le système comportait huit
planètes dont trois importantes, Sovran était la
troisième, d’une taille très proche de celle de la
Terre, elle comportait deux continents, Zarkor et
Terkor, sur lequel il se trouvait, il irait bien
volontiers sur l’autre, séparé par un vaste océan, si
les circonstances le permettaient, mais pour le
moment, il avait d’autres chats à fouetter, la sortie
de l’hôpital approchait, une autre personne était à
la réception, mais Tarna vint à sa rencontre.

« Alors, Monsieur X, où en êtes vous de votre mémoire ? »

« En grand progrès, je sais maintenant que je m’appelle
Vrad Nador que j’ai 34 ans, que je suis né à
Sadekkapp, que je suis chercheur scientifique, parmi
d’autres choses. »

Tarna éclata de rire, et Tobias:

« ??? »

« Oui Vrad, vous êtes né au bon endroit, voyez ce que je
veux dire ? »

« Vous ne manquez pas d’humour. »

« N’est-ce pas ?

Etes-vous pressé de sortir ? »

« Pas vraiment, pourquoi ? »

« Je termine dans une demie heure, si cela vous
intéresse, je vous propose de m’attendre, on ira boire
un verre, dîner, je sais que vous n’avez pas
d’argent, alors je vous invite, et après, on verra bien.

Chercheur scientifique ? Vous êtes un type
bien, dites-donc, attendez-moi ! »

« D’accord. »

Tobias s’assit en face de la réception, sur la même chaise
que lorsqu’il était entré, et se mit à réfléchir sérieusement:

« Ffff, je ne me croyais pas avoir un tel charme, cela ne se
serait probablement jamais passé comme ça sur
Terre, d’accord, j’avais bien mon petit succès, mais pas à
ce point, là c’est stupéfiant, je fais tilt à tous les coups, du
jamais vu.

Heureusement pour moi, c’est peut-être ce qui va me
sauver, encore que j’ai eu le malheur de dire que j’étais
chercheur scientifique, c’est en quelque sorte vrai, mais
pas ici, comment vais-je pouvoir lui expliquer la suite ?

Pas question de parler de transfert dimensionnel, cette
population n’en n’est pas encore là, elle ne comprendrait
pas, ah !

J’ai peut-être une carte à jouer, le gouvernement de
cette société n’est pas très tolérant, j’ai fait une
découverte que je voulais divulguer, mais ça ne plaisait
pas à tout le monde, je me suis fait licencier, ne pouvant
plus travailler, je ne pouvais plus payer mon
appartement et était SDF, on verra bien comment elle
réagira, de toute manière, je ne suis pas là pour
longtemps, alors… »

Une heure plus tard, lorsque Tarna le rejoignit:

« Bon, il y a changement de programme, je vous
expliquerai, lorsque vous allez sortir de l’hôpital, vous
tournez à gauche, jusqu’à ce que vous voyez une maison
jaune sur le trottoir d’en face, vous prenez la rue en
face de cette maison, autrement dit la première rue à
gauche, elle vous mènera à un square, asseyez-vous sur
un banc et attendez moi, j’habite juste en bordure de ce
square, ayez confiance, je serai là. »

« Très bien, je sais où est le square, c’est par là que je
suis venu, je vous attendrai. »

Dix minutes plus tard, Tobias était dans le square, et
voyait le clochard, qui dormait, il serait bien allé lui
parler, ne serait-ce que pour le remercier, mais peut-être
plus tard, il préférait ne pas bouger et attendre, dix
minutes plus tard, Tarna apparut:

« Venez, j’habite juste en face ! »

Lorsqu’il furent chez elle, Tobias:

« Pas mal votre appartement. »

« Oh, ce n’est qu’un deux pièces, mais qui me convient fort
bien, près de mon travail, dans un quartier agréable, si
j’exerçais une autre profession, je n’aurais qu’un
studio, dont je devrais payer le loyer en totalité, alors
que là, je ne paie que 40 % du loyer, le reste est payé par
l’hôpital, un petit privilège des professions médicales
qui sont considérées comme importantes, si je le
veux, je peux également déjeuner et dîner à
l’hôpital, vous avez vu que les repas sont corrects, cela
me permet de faire des économies.

Bon, pour en revenir à vous, le Docteur Horkat m’a
convoqué au dernier moment, pour me dire qu’il fallait
que je fasse attention, d’après lui, il est clair que vous
n’êtes pas de Terkor, mais plutôt de Zarkor, nos cousins
qui, séparés de nous depuis plusieurs siècles, tout en
parlant la même langue, sont beaucoup plus avancés que
nous, et les zarkiens sont plus grands et plus forts que
nous, mais je me demande pourquoi je vous dis tout cela
puisque vous avez retrouvé la mémoire, et que vous êtes
zarkien, la question qui pourrait se poser est qu’est ce que
vous êtes venu faire ici ?

Je pense même que vous êtes quelqu’un d’important, mais
finalement, je m’en fous, car vous me plaisez, alors voilà ce
qu’on va faire, le mieux pour vous est de rester ici, de ne
pas sortir, l’apéritif et le dîner, c’est ici que nous allons les
prendre, je m’appelle  Tarna Ekvan, j’ai  29 ans, et comme
vous le savez, je suis infirmière, les gens de Nakkam, et
généralement les terkoriens, n’aiment pas les zarkiens, je
ne sais pas exactement pourquoi, il y a peut-être un
contexte historique, mais le gouvernement fait tout pour
entretenir ce malaise, et ça aussi, j’ignore pourquoi, si vous
sortez, vous aurez vite des ennuis, et aurez probablement
affaire à la police, qui, chez nous, n’est pas très
agréable, je ne veux pas vous voir dans cette
situation, alors voilà ce que je vous propose, si bien sûr je
vous plais, vous vivez ici, avec moi, j’ai assez d’argent pour
deux, ma situation me convient aussi, et j’y tiens, le
Docteur Horkat est déjà passé ici plusieurs fois, mais c’est
un ami, un vrai, il n’y a jamais rien eu d’autre entre
nous, alors si un jour il vient, et qu’il vous voit, vous
n’aurez rien à craindre, maintenant, la question est de
savoir si je vous plais. »

« Le fait que vous me plaisiez est incontestable, vous
êtes une très jolie femme, et … »

« Alors c’est parfait ! On peut se dire tu, ce sera plus
simple, prenons le cet apéritif, et ça ne sera peut-être pas
le seul, qu’est-ce que tu préfères ? »

« Il faudra peut-être que j’en goûte quelques uns pour me
faire une opinion. »

Tarna éclata de rire:

« Tu vois, je t’ai pris la main dans le sac, tu es bien un
zarkien, qui ne connaît pas nos apéritifs, mais ce n’est pas
grave, je veux être avec toi. »

« C’est bien, mais je vois une autre possibilité, avec
toi, bien sûr, si je voulais retourner à
Zarkanam, viendrais-tu avec moi ? »

« Cela mérite une sérieuse réflexion, qui pose plusieurs
problèmes:

- Pourquoi voudrais tu retourner là bas, si tu peux être
heureux ici, avec moi ?

- Cela m’amènerait à abandonner ma situation
ici, pourrais-tu alors me trouver la même là bas ?

Avec les mêmes avantages ?

- Je serai dans un monde de géants et de
géantes, serais-je acceptée ?

- Enfin, par quel moyen comptes tu nous faire atteindre
Zarkor, qui normalement, est infranchissable avec leur
protection par rayon ?    

« Tu as tout à fait raison, mais saches que je suis
réellement un chercheur scientifique, assez avancé, là
bas, tu risques fort de découvrir pas mal de choses
intéressantes, c’est à moi de réfléchir sur les points que
tu viens d’évoquer, car je dois t’assurer un avenir, je
manque d’informations sur Terkor, et comme je ne pourrai
jamais sortir dans Nakkam, sauf pour éventuellement la
quitter, je vois que tu disposes d’une positronique, elle va
me servir à récupérer des informations sur votre degré
d’avancement, et sur d’autres choses, voilà ce que je te
propose, si je ne parviens pas à trouver des moyens
suffisants pour t’assurer un avenir à Zarkanam et pour
nous permettre d’y aller en toute sécurité, alors je
reste ici, avec toi. »

« Positronique ?

Tu veux parler de mon ordinateur?

Oui, tu pourras le consulter, je te montrerai
comment, nous sommes sur un réseau, mais
attention, il est surveillé de près par le
Gouvernement, sois très prudent sur ce que tu
veux consulter.

Ta proposition est très honnête et me convient, bien
sûr, je sais que ce n’est pas drôle, surtout pour un
homme, de ne jamais pouvoir sortir, un peu comme si
tu étais en prison, ni ne pouvoir faire de sport, car bâti
comme tu es, cela te manquera inévitablement, nous
allons réfléchir ensemble sur les possibilités, je te
le promets.

Bon, eh bien maintenant, essayons divers apéritifs pour
voir celui ou ceux qui te plairont. »

« Ne te fais pas de souci pour l’ordinateur, je sais
comment le rendre indétectable, je suppose que vous
avez des satellites en orbites ? »

« Oui, effectivement, nous débutons l’ère spatiale, mais
je suis curieuse de voir comment tu vas t’y prendre. »

« Facile pour un bon bricoleur, je me brancherai directement
sur vos satellites, et le gouvernement n’y verra que du feu. »

« Wow ! Trop fort. »

  Après quelques apéritifs, un excellent dîner, un petit
temps de récupération, ils passèrent une excellente nuit, le
lendemain matin:

« Bon, mon chéri, il faut que j’aille travailler, si tu veux, je
peux revenir à midi ? »

« Non, ma chérie, ce ne sera pas nécessaire, profites de
tes avantages, mais n’oublies pas de dire au Docteur de
détruire mon dossier, si vous avez des contrôles… »

« Tu as raison, mais le dossier n’a pas de nom, c’est
Monsieur X, mais sûr que ça risque de ne pas
plaire, mieux vaut le détruire, mais peut-être qu’il l’a
fait, je vais m’en assurer, passe une bonne journée. »

« Toi aussi, je vais m’occuper de ton ordi. »

Tobias, qui était capable de démonter et remonter
pratiquement n’importe quoi, y compris une
positronique, constata que pour un ordinateur, c’était un
jeu d’enfant, mais cela ne suffisait pas pour atteindre son
objectif, alors il consulta le contenu des programmes
pour se familiariser avec le ou les langage(s)
utilisé(s), mettre un faux numéro de réseau risquerait
fort de donner l’éveil, seule la connaissance des langages
utilisés pourrait l’aider, mais il préféra, durant les premiers
jours, consulter, comme tout utilisateur moyen, les
différentes données accessibles:
Géographiques, politiques, scientifiques, médicales et être
au courant des principaux évènements du jour, au bout
d’une semaine:

« Bon, c’est sûr que Tarna est particulièrement
agréable, pas question de la mettre dans un sale coup.

Je commence à connaître pas mal de choses, leur science
et leur politique me font penser au début du 21 ème
siècle, la médecine, ils vivent 90 ans, c’est moyen, ils ont
des progrès à faire, mais les données géographiques sont
particulièrement intéressantes, Nakkam est à 20
kilomètres de l’océan, et Zarkanam, tout au bord, plus
au sud, sur l’autre continent, comme sur Terre, il y a des
pêcheurs, et on peut louer des bateaux pour des
ballades, les deux continents sont séparés de 3000
kilomètres, ce qui dépasse l’autonomie des bateaux
loués, et les tempêtes existent, dans un labo, je pourrais
trafiquer un moteur pour lui donner l’autonomie
nécessaire, mais peut-être qu’avec l’ordi, il y a une
meilleure solution, celle de pouvoir envoyer des messages
sécurisés à Zarkanam, ça, je dois pouvoir le faire, mais
quand ?

C’est la seule solution que je vois, les satellites sont
capables de créer des codes passe-partout
indétectables, mais il faut pouvoir les inciter à le faire, et
là, je risque de galérer un peu, il me faut une profonde
connaissance des langages, il n’y a pas à sortir de
là, après, pirater des programmes secrets et dits protégés
ne sera qu’une plaisanterie. »

Tobias s’aperçut très vite que trois langages utilisés
étaient importants et pouvaient mener à tout, il en
connaissait de bien plus complexes sur Terre, et mit
environ un mois pour les maîtriser.     

A partir de là, tomber sur des programmes scientifiques
importants à pirater ne fût qu’une question d’heures, dès
le lendemain, il savait qu’il pourrait tenter de contacter
Zarkanam sans être inquiété, mais il préféra laisser passer
deux autres jours afin de disposer de toutes les
informations des terkoriens sur les zarkiens, il constata
sans surprise que le gouvernement en savait beaucoup
plus que le peuple, et surtout que les zarkiens étaient
des gens qui aimaient leur population, et faisaient tout
ce qui était possible pour rendre les gens
heureux, contrairement aux dirigeants terkoriens qui
étaient des égoïstes qui voulaient tout pour leur
pomme, il pût même lire les vrais motifs de la
mésentente entre les deux peuples, totalement imputable
aux terkoriens, la jalousie en avait sa part, enfin, si ces
derniers vivaient environ 90 ans au niveau du peuple, les
dirigeants pouvaient vivre trente ans de plus, quant aux
zarkiens, ils pouvaient exister durant trois siècles…

D’après ce qu’il savait, et surtout ce qu’il savait faire, il
pouvait répondre aux points problématiques soulevés
par Tarna et datant d’un mois, il décida de lui en
parler, elle l’écouta avec attention, puis grande
surprise, puis:

« Mais qui es tu donc pour avoir, en si peu de
temps, acquis un savoir que nous ignorons, et une
capacité pratique correspondante ?

C’est hallucinant, peux-tu vraiment communiquer
avec les tiens ?

En toute sécurité ?

Mais que vas-tu leur dire ? »

« Rien pour le moment, je veux d’abord savoir si tu
acceptes. »

Tarna se mit à réfléchir:

« Ainsi, notre gouvernement, qui soi disant privilégie les
fonctions médicales, le font par pur intérêt, celui de vivre
bien plus longtemps que les autres ?

Et se sont encore eux qui, essentiellement par jalousie, et
par un mauvais comportement, en attribuent la faute
aux zarkiens ?

Qui en fait sont très agréables envers leur population ?

Alors que la nôtre subit des tas d’injustices ?

Alors là, oui, je marche avec toi ! »

« Tu ne le regretteras pas, prenons-nous quelques
apéros, j’attaquerai dès  demain. »

Le lendemain soir, lorsque Tarna revint de son travail:

« Alors ? »

« Pas encore de réponse, je crois qu’ils doivent être
surpris, et qu’il sont en train d’étudier mon message. »

« Penses-tu qu’ils l’ont bien reçu ? »

« Oh oui, je n’ai aucun doute là-dessus. »

« Qu’est-ce que tu leur a mis ? »

« J’attends leur réponse, si elle va dans le bon
sens, c’est-à-dire, s’ils t’acceptent, alors je te citerai
mon message mot pour mot. »

Deux jours plus tard, la réponse parvint à Tobias, son
contenu était:

« Bonjour Tobias, bonjour Tarna,

Bien reçu votre message, vous serez les bienvenus
chez nous, un glisseur passera vous prendre demain
matin à 10 heures.

Passez une bonne journée

Naïkama Wrask Présidente de Zarkanam et de Zarkor. »

« Ffff ! J’attends ce soir avec impatience pour le montrer
à Tarna, je pense qu’elle sera contente. » Songea
Tobias, et le soir même.

Tarna: « Bonsoir, mon chéri, as-tu passé une bonne journée ? »

« Meilleure que tu peux le penser, nous avons mérité
quelques apéritifs. »

« Ah, que vas-tu m’annoncer ? »

Tobias appuya sur deux touches d’ordis et:

« Regarde par toi-même. »

Tarna prit connaissance du message et:

« Wow, c’est extraordinaire !

Et c’est la Présidente elle-même qui te répond !!

Tu dois être très important ?

Mais tu m’as promis de me montrer ton message d’avant-hier. »

« Ma chérie, tu ne perds pas le nord, attends-toi à
une autre surprise. »

Puis Il lui montra un autre texte:

« Bonjour zarkiens, moi, Tobias Skornik, Assistant d’un
Savant nommé Sukhbataar Guraacha, qui m’a envoyé
par transfert dimensionnel sur Terkor, il y a six
semaines, je sais que vous êtes beaucoup plus avancés
que les terkoriens, et que surtout, vous oeuvrez dans un
bien meilleur esprit.

J’ai 34 ans, je viens de la Terre, une planète
probablement fort loin d’ici, et guère mieux gouvernée
que Terkor, malheureusement.

Nous nous ressemblons beaucoup, je mesure 7 pieds, et
me débrouille bien dans tout ce qui est manuel, bonnes
connaissances en électronique, mécanique, informatique
parmi d’autres domaines scientifiques, en bref, je devrais
pouvoir vous être utile.

Une charmante compagne avec moi, à qui je dois beaucoup
pour ne pas dire ma vie, elle est infirmière et s’appelle 
Tarna Ekvan , elle a 29 ans, et peut parfaitement s’adapter
à votre monde, elle est intelligente et agréable, si vous
nous acceptez, nous nous trouvons devant le
Square Ediramm.

Depuis plusieurs siècles, vous vous êtes séparés de vos
cousins terkoriens, et nous savons pourquoi, alors que le
gouvernement le cache au peuple et entretient une
discorde par pure jalousie.

Dans l’attente de votre réponse quelle qu’elle soit, nous
vous saluons. »

« Sacré message, mais d’après ce que j’ai lu, tu n’es pas
zarkien ?

Tu viens d’un autre monde ?

Fantastique, pourquoi ne me l’as-tu pas dit ? »

« Parce que votre degré d’avancement n’est pas suffisant
pour comprendre les transferts dimensionnels, ni
peut-être le fait de venir d’une autre planète, les gens
d’ici m’ont cru zarkien, j’ai jugé plus utile de les laisser
dans cette croyance. »

« Je comprends ta position, mon chéri, je ne connais
rien aux transferts dont tu parles, le reste de ton message
me rend heureuse, car il prouve que ta sincérité envers
moi ne fait aucun doute, tu es quelqu’un de bien, même
plus que cela,  mais je pense à deux choses:

- Comment vais-je faire pour mon domicile, je perds tout
ici, non ?

- D‘autre part, je pense au Docteur Horkat, il aurait pu
venir avec nous.»

« Tout comme ce clochard que tu dois connaître et que je
ne pourrai jamais remercier,  dans la situation où j’étais en
arrivant ici, je ne savais rien, les flics me
poursuivaient,  c’est à lui que je dois la vie en premier, au
lieu de m’envoyer à la police, ou ailleurs, il m’a indiqué
ton hôpital.

Ton domicile ?

Tes précieuses petites affaires ?

Oublie-les, tu auras dix fois mieux là où nous allons. »

« Es-tu bien sûr de cela ?

Es-tu sûr que nous n’allons pas dans un piège ?

Bon, d’accord, tu es hyper doué en tout, avec toi, tout
semble si facile, mais quand même, j’ai encore
quelques craintes. »

« Qui n’ont pas lieu d’être, tu vas vivre dans un nouveau
monde, meilleur que celui que tu as connu, apprends à
me faire confiance. »

« Oh ! En toi, j’ai confiance maintenant, mais tu ne
domines quand même pas tout, et là, nous allons devant
l’inconnu, mais j’ai peut-être tort, prenons les, ces apéros. »

Les lendemain matin, à l’heure dite, tout se passa très
vite, avant de monter dans le glisseur, qui était
invisible, Tobias fit un signe au clochard qui était à 50
mètres sur un banc, ce dernier le vit et lui répondit, puis
tout disparut, en moins d’une heure, ils étaient à
destination, à Zarkanam, ils atterrirent devant le Palais
de la Présidente, une foule s’y trouvait, les
acclamant, Tarna et Tobias virent une grande femme de
six pieds s’approcher d’eux, elle était d’une beauté à
couper le souffle, habillée très classe, elle leur dit:

« Je suis  Naïkama Wrask , soyez les bienvenus, allons
dans mon Palais, dans lequel quelques uns de mes
Ministres sont en réunion, et nous attendent, nous allons
parler de votre avenir. »

Tobias: « Vous nous faites grand honneur, Madame
la Présidente. »

« Vous le méritez, Tobias, et ce n’est pas tout à fait
désintéressé, vu ce que vous représentez, mais nous
préciserons également ce point.

Effectivement, vous nous ressemblez beaucoup, et vous
êtes d’une taille et d’un gabarit impressionnants, et beau
garçon avec ça, ce qui ne gâte rien, suivez-moi ! »

Dans le Palais, ils passèrent devant un luxueux bureau
de réception:

« Bonjour Makra, en forme ? »

« Bonjour, Madame la Présidente, bonjour Madame et
Monsieur, tous les Ministres convoqués sont là.

Oui, pour moi, tout va bien, merci. »

Devant une immense porte, un voyant vert leur signala
qu’ils pouvaient entrer, une grande et belle salle de
réunions, une vaste table en forme d’ellipse sur laquelle
il y avait des boissons, de belles chaises tout autour, une
douzaine, dont 5 étaient occupées, la Présidente prit sa
place et:

« Vous pouvez vous asseoir, Tarna et Tobias, en face de
moi, je vais vous présenter une partie de mon équipe. »

Il n’y avait pas besoin de parler fort,  un fond de musique
euphonique et à peine audible contribuait à détendre
l’atmosphère déjà fort agréable.

«  Bien, alors à ma gauche, voici:

Kanid Erevan      66 ans Ministre des Sciences

Ezna Kraaft         57 ans Ministre des affaires sociales

Haarda Sibitsk    83 ans Ministre de la Médecine

Et à ma droite:

Lortak Paradim    74 ans  Ministre de l’urbanisation et du
                                            Logement.

Aznid  Berkanam  62 ans  Ministre de la Production.

Je vais commencer par une brève description de notre
type de société, très différente de celle des terkoriens, notre
continent, Zarkor abrite 200 millions d’habitants, moitié
moins qu’à Terkor, nous vous expliquerons pourquoi. »

Puis elle poursuivit, pendant une bonne demie
heure, sa brève description pour terminer par:

« Maintenant, Torna et Tobias, vous devenez citoyens de
ce continent, à ce titre, vous bénéficierez d’un
logement, pas loin d’ici, dans lequel vous devriez vous
sentir bien, Lortak vous fera prendre en charge dès
cet après-midi.

Demain, Ezna s’occupera de faire procéder à votre
immatriculation, et Haarda, de vous faire passer une
visite médicale, avec administration d’un traitement qui
allongera votre durée de vie de près de trois siècles.

Enfin, après demain, nous nous réunirons à nouveau ici
pour aborder votre intégration professionnelle, soyez sans
crainte, cela ne devrait pas poser de difficulté, juste un
court temps d’adaptation, l’heure du déjeuner
approche, nous disposons d’un excellent restaurant ici
même, permettez moi de vous y inviter, ainsi que vous
Mesdames et Messieurs, bien sûr, qui le connaissez déjà
fort bien, la séance est levée. »

Après un excellent déjeuner, Torna et Tobias  en
compagnie de Lortak, se dirigèrent vers un centre de
logement qui leur attribua de suite un appartement de
400 mètres carrés, qui occupait tout un bâtiment, le
AAABBB0003, comportant une foule d’appareils dernier
cri, une piscine, un bar, et bien d’autres choses dignes
d’une suite cinq étoiles, autour de ce bâtiment, très
proche du Palais présidentiel codifié AAABBB0001, se
trouvait un superbe jardin qui avait également une
piscine en plein air, il est vrai que la température moyenne
annuelle à Zarkanam était de 27 degrés, avec plus de 300
jours de soleil par an.

Le soir, après avoir dîné dans un restaurant situé à 300
mètres de leur domicile, Tobias:

« Alors chérie, quelles sont tes impressions ? »

« Je suis stupéfaite !

Quel monde !

Le restaurant d’où on vient, fameux et presque égal au
présidentiel, et on ne paie rien, cette société n’utilise
pas l’argent…

Nous avons été formidablement accueillis, tu as eu ton
petit succès auprès de la Présidente, dis-donc, une drôle de
jolie femme, elle pourrait largement être ta mère, mais j’ai
confiance en toi, pour le reste, tout ce qu’elle nous a dit sur
Zarkor, et leur niveau de vie, c’est carrément
hallucinant, plus de la moitié des personnes ne travaillent
pas, et les autres le font parce que ça les passionne, et
tout le monde vit bien…

Notre appartement !!

Vraiment démentiel, quel luxe !

Bon, elle a expliqué des tas d’autres choses que j’ai du
mal à comprendre, mais c’est normal, nous sommes dans
une civilisation supérieure, à laquelle je devrai
m’adapter, je ne regrette pas d’être venue, ici, c’est plus
qu’un rêve. »

« Tu as raison, les zarkiens me font une très bonne
impression, et en plus, ici, il n’y a pas de police, pas de délits
ni de crimes, ni de vols, c’est un paradis.

Nous avons deux positroniques dans l’appart, deux ordis pour
toi, cela va bougrement m’intéresser, une salle de
sport, excellent, deux piscines, et tu as vu la salle de bains ?

Les rangements, et le bar ? »

« Tiens ! A propos de bar, je ne suis pas contre une petite
dégustation, leurs apéritifs et autres digestifs sont fameux. »

« Je suis partant, mais il ne faudra pas se coucher trop
tard, demain, on a école. »

« Oh oui, mais avant de dormir…
Si tu vois ce que je veux dire ? »

Tous deux se mirent à rire et regagnèrent leur
luxueux domicile.      

Le lendemain, ils eurent des papiers en règle, la visite
médicale les décréta en parfaite santé, ils bénéficièrent du
traitement qui prolongerait leur vie de trois siècles, tout
allait pour le mieux, Tobias était en train de songer que:

« Dans moins de 20 semaines, le Kosmoc me
reprendra, pauvre Torna, ça va lui faire un choc, et un peu
à moi aussi, vivre dans un monde idéal et être obligé de
le quitter pour ne plus pouvoir y revenir, car nos
connaissances sur Terre ne sont pas suffisantes, c’est
la poisse…

Bien sûr, sur Terre aussi je vis bien, j’ai tout, sauf la jolie
compagnie, mais le Professeur, que je considère comme
mon père, va m’envoyer dans d’autres lieux,  histoire de
perfectionner son appareil, et là, je risque de connaître
des épisodes moins agréables, je doute qu‘il y ait une
autre civilisation comparable à celle-ci… »

« A quoi penses-tu, chéri ? »

« Oh ! A mes recherches scientifiques, car demain, n’oublies
pas, on va parler boulot. »

« C’est vrai, et ça m’ angoisse. »

« Pas moi, ton utilité ne fait pas de doute, avec une petite
mise à jour, tout ira bien. »

« Tu en parles à ton aise, toi, tu t’adaptes à tout. »

Le lendemain à 10 heures, dans la salle de réunions du
Palais présidentiel:

Naïkama Wrask: « Bon, l’ordre du jour de cette réunion est
d’intégrer Torna et Tobias à une occupation, s’ils le
désirent, car on peut aussi ne pas travailler, ici, mais je
pense qu’ils ne sont pas de nature à être inactifs, ils seront
fort utiles à notre collectivité.

Pour Tobias, il ne devrait pas y avoir de problème, un
scientifique de son niveau, capable de voyager dans les
dimensions, je lui vois bien une position d’adjoint à
Kanid, qu’en pensez-vous, Kanid ? »

« Tout à fait, Madame la Présidente, d’après ce que je sais
de son pedigree, cela est tout à fait envisageable, après une
petite mise à jour sur nos méthodes, toutefois, qui peuvent
être différentes de celles de sa planète. »  

Naïkama: « Bien entendu, pour Torna, c’est un peu la
même démarche, comme infirmière, elle est déjà très
intéressante, après une mise à jour de méthodes, si cela
l’intéresse, elle pourra devenir Docteur un jour, qu’en
pensez-vous, Tarna ? »

« Docteur ? Cela mérite une sérieuse réflexion, mais
comme vous l’avez dit, Madame la Présidente, je dois
d’abord devenir une bonne infirmière. »

« Votre réponse vous honore, les transmissions de
connaissances seront faciles, nous procédons par hypno
enseignement, c’est une affaire de quelques jours, le
charisme, vous l’avez, n’est-ce pas, Haarda ? »

« Tout à fait, Madame la Présidente, elle deviendra vite
une précieuse auxiliaire au Docteur Forkritt, en un
premier temps. » 

« Très bien, d’autres questions à débattre, pendant que
nous y sommes ?
 
Non ?

Formidable, alors Tarna va aller dans la salle A2 avec
Haarda, pour plus ample information, et Tobias ira en A3
avec Kanid.

Par la suite, nous nous rendrons au restaurant. »

En A2:

« Pour nous, Tarna, ça ne va pas être long, demain
matin, on vous apportera à domicile un appareil
d’hypno enseignement relatif à votre spécialité, dans
disons 15 jours, pour laisser un bon délai, nous ferons
une mise au point sur vos nouvelles connaissances, et, si
vous avez tout assimilé, je vous enverrai au Centre1
bat AAABBB0006, à 800 mètres d’ici, pour vous mettre
à la disposition du Docteur Forkritt, le meilleur de
nos médecins.

Les malades?

Nous n’en avons pratiquement pas, mais ce sont les
enfants qui sont à suivre, lorsqu’ils seront adultes, nous
leur administrerons le traitement de longévité, mais
avant cela, ils peuvent rester fragiles, et le traitement
en question, eh bien il n’est sûr qu’à
999.999/1.000.000, ce qui veut dire qu’une personne
sur un million peut en mourir, nous ne pouvons pas
encore modifier le traitement, et l’immortalité n’est pas
pour demain, alors on tente de prendre la maximum de
précautions dès l’enfance pour minimiser les risques. »

« Ah ! Cela veut dire que j’ai une chance sur un million
de mourir ? »

« En effet, Tobias aussi, mais vous conviendrez avec
moi que c’est un risque extrêmement faible. »

« D’accord, Madame la Ministre, alors j’attends mon
appareil avec impatience. »

« Vous l’aurez, nous pouvons rejoindre la Présidente. »

En A3:

« Bien, asseyez-vous Tobias, demain matin, vous aurez
un appareil d’hypno pour votre mise à jour sur nos
méthodes, dans 10 à 15 jours, nous vérifierons si vous
avez assimilé, dans l’affirmative, je vous enverrai faire
un stage chez Zekid Hartmann  92 ans, Chef du Centre
2 bat AAABBB0009 qui est près d’ici, à un kilomètre, le
plus délicat à comprendre est le traitement des
cristaux, base de notre société, mais vous en saurez
beaucoup plus grâce à l’hypno, Zekid est un remarquable
savant, vous serez à bonne école, je suppose que vous
n’avez pas parlé de votre retour sur Terre à votre
compagne ? »

« Non, Monsieur le Ministre, peut être que maintenant, je
pourrai le faire, mais tant que j’étais chez les terkoriens
qui n’ont pas atteint ce niveau… »

 « Excellent, vous avez fait preuve de discernement, mais
appelez-moi Kanid, parce que les titres ronflants, trop
peu pour moi.

Loin de critiquer la Présidente, qui est une femme
extraordinaire qui fait ce qu’elle peut pour le bien de tous
nos citoyens, il faut que vous sachiez que c’est elle qui
commande tout, et que nous ne sommes que ses premiers
serviteurs, mais comme je l’ai dit, elle a un bon
esprit, c’est une femme généreuse, et puis, comme
membres du gouvernement, il fallait bien qu’on ait une
distinction, cela se justifie, mais moi, je suis pour les
relations directes.

Une dernière chose, je ne sais pas si vous faites comme
nous, mais en matière de transfert dimensionnel, nous
pouvons retracer un transfert, dans les deux heures qui
suivent, au-delà, c’est perdu, quand devez-vous retourner
sur Terre ? »

« Dans un peu plus de 19 semaines, mais nous, nous ne
sommes pas encore capables de suivre des transferts, c’est
mon premier voyage. »

« Ah ! Vous débutez, mais cela peut être intéressant pour
nous, car si notre société vous intéresse, ne serait-ce que
pour rester avec Tarna, sachez que nous pouvons vous
récupérer dans les deux heures qui suivent votre
retour, comment ça se passe, sur Terre ? »

« Pour mon Professeur et moi, nous vivons plutôt
bien, mais en secret, dans un sous-sol, car notre planète
est gouvernée par un tyran depuis plus de 10 ans, et il a
encore pas mal de temps devant lui. »

« Justement, c’est une raison de plus pour venir ici, votre
savant serait également invité, car c’est sûrement une
personne bien, combien de temps vivez-vous ? »
 
« Pas longtemps, le tyran a bénéficié d’un progrès
médical, il peut atteindre 120 ou 130 ans, mais pour les
autres, c’est plutôt 90 ans.

Sukhbataar Guraacha, mon Professeur ?

Je le considère comme mon père. »

« Encore une raison de plus pour le faire venir chez
nous, des grosses têtes, on n’en a jamais de trop, qu’en
pensez-vous ? »

« Que cela peut effectivement m’intéresser, mais dans
l’affirmative, décider mon Prof ne sera pas évident. »

« Vous me semblez suffisamment persuasif pour y
parvenir, cher ami, on va retourner voir la Présidente. »

Après le restaurant, le couple regagna son domicile, et
Tarna:

« Bon, j’ai ma feuille de route, et reçois mon appareil
demain matin, mais Haarda, la Ministre, ma dit que le
traitement qu’on a eu n’est pas d’une sécurité
totale, une personne sur un million peut en
mourir, d’accord, c’est un risque très faible, mais
j’ignore pourquoi, cela m’inquiète toujours. »

« Non, ma chérie, ne te fais pas de souci, ça ira, les
gens meurent au bout de combien de temps ? »

« Un mois. »

« Bon, d’accord, on n’est pas sortis de l’auberge, mais
une chance sur un million…

Moi aussi, j’ai mon ordre de marche, l’hypno demain
matin, on va bosser… »

« Il fait beau, si on allait à la piscine, dehors ? »

« On vient de manger, attendons un peu. »

Un peu plus tard, ils profitèrent de la piscine, la
Présidente, dans sa salle secrète, les observait.

« Quel corps ! Il est vraiment magnifique, j’en ai vu pas
mal, mais un comme celui là…

Tobias est très beau, dommage qu’il ait une compagne, elle
est plutôt mignonne, d’accord, mais quand même, enfin, tant
pis, pas question de ce genre de choses, je n’en ai pas le droit. »

Quinze jours plus tard, les enseignements hypnos s’étaient
avérés efficaces, Tarna et Tobias passèrent les tests avec
brio, le nouveau savoir était bien acquis, Tarna partit
travailler chez Forkritt, au Centre 1, et Tobias commença
son stage auprès de Zekid Hartmann, au Centre 2, chacun
des Centres disposait d’un restaurant de bonne facture, six
heures de travail et deux de pose déjeuner, leur permettait
de profiter pleinement de leur domicile, la consciencieuse
Tarna s’adaptait tellement bien qu’au bout de quelques
jours, le Docteur la convoqua:

Forkritt: « Je dois vous féliciter, Tarna, vous êtes une très
bonne infirmière, je pense même que vous pourriez, un
jour, devenir une confrère. »

Tarna: «  Devenir Docteur ? Docteur !

Ce serait extraordinaire, j’y ai vaguement pensé, mais
en suis-je capable ? »

« Je pense que oui, et là, je parle contre mon
intérêt, mais songez-y. »

 De son côté, Hartmann:

« Vous êtes rapide, Tobias, et précis, chapeau, dans peu de
temps, vous en saurez autant que moi. »

Quelques jours passèrent encore, puis un matin, alors que
le couple était au travail, la catastrophe se produisit, Tarna
s’écroula d’un coup, elle était morte.

Panique dans les services, Forkritt arriva sur les lieux, prit le
temps d’examiner Tarna, mais tout meilleur médecin qu’il
était, il fut obligé de constater que:

« On ne la récupérera pas, prévenez la Minsitre et la
Présidente, puis bien sûr, Tobias, son compagnon. »

Il savait parfaitement qu’elle était le fameux cas sur un
million, dont le traitement, paradoxalement, s’était révélé
mortel, elle fût enterrée dans un cimetière proche, celui des
personnes les plus marquantes, piètre consolation, la
crémation n’avait pas cours sur Zarka.

Tobias, complètement abattu, n’allait plus au stage, il
retournait sans cesse l’évènement dans sa tête, la Présidente
en personne était passée deux fois à son domicile pour lui
rendre visite, et tenter de lui redonner le moral, mais c’était
trop tôt, il fallait laisser le temps au temps.

Quelques jours plus tard: 

  « Il me reste 10 semaines, quel malheur, elle n’a vraiment
pas mérité ça, quelle ironie du sort !
Que vais-je faire maintenant ?

Normalement, malgré ma douleur, je dois me ressaisir, je
n’ai pas le droit de me laisser aller, cela ne servirait à rien
ni à personne. »

Le lendemain, il était à son stage, et Hartmann:

« Mon pauvre ami, toutes mes condoléances, j’ai pensé
à venir chez vous, mais cela n’aurait peut-être rien
apporté, la douleur doit être terrible, mais je sais que vous
pouvez la supporter, vous êtes fort, le temps travaillera
pour vous. »

« C’est aussi ce que je me suis dit, et c’est pour ça que je
suis là. »

De son côté, la Présidente réfléchissait:

« Quel malheur pour Tobias, et en plus, j’aime cet
homme, dans dix semaines, il regagnera probablement la
Terre, et je doute qu’il veuille revenir, un cas sur un
million !

Et c’est cette pauvre Tarna qui en a été victime, le Docteur
Forkritt était très satisfait de son travail, ce qui n’est pas
peu dire, elle était devenue une excellente zarkienne, Tobias
semble avoir repris le dessus en se rendant à son stage, il a
dû comprendre que se laisser aller n’était pas une
solution, et il est fort, je ne peux encore rien faire pour
lui, c’est trop tôt, laissons passer quelques
semaines, j’essaierai de connaître sa décision, mais
surtout, ne précipitons rien, Kanid m’a dit que sur
Terre, ce n’était pas la joie, que son Professeur et lui
vivaient plutôt bien, mais en ermites, il se pourrait bien
qu’il ne veuille plus faire de transferts, enfin, je vais garder
un contact proche avec Kanid et Zekid, j’en saurai
peut-être plus. »

Tobias ne réintégrait son domicile que pour utiliser les 
positroniques, pour dormir, ou encore pour
s’entraîner, comme un forcené, dans la salle de sports, le
reste du temps, il était dans le jardin, près de la
piscine, mais curieusement, quelque chose se faisait jour
dans son esprit, il pensait de plus en plus à la Présidente.

« Ai-je le droit de penser à elle, une bien merveilleuse
femme, mais ma pauvre Tarna… »

Des jours passèrent, puis plusieurs semaines, son départ
approchait, mais il continuait son stage, et s’efforçait
d’apprendre, encore apprendre, toujours apprendre, c’est-ce
qui, avec son entraînement physique, le maintenait à flot.

Il était à deux semaines de son départ, comme toutes les
personnes actives du continent, il avait un jour de repos
par semaine, et un matin de son jour de repos, il
rencontra la Présidente.

Ce n’était pas par hasard, elle avait décidé de quitter son
Palais pour aller se promener près de son domicile:

« Bonjour Tobias, comment-allez vous ? »

« Un peu mieux, Madame la Présidente, je suis bien
obligé d’admettre ce malheur, on ne peut rien contre
certains évènements, le seul remède que j’ai trouvé, c’est
d’apprendre le plus possible, et de faire du sport. »

« Un très bon remède, Tobias, verriez-vous un inconvénient
à déjeuner avec moi, à midi, dans mon Palais ?

Nous pourrions parler de pas mal de choses.»

« Ce sera un honneur pour moi, Madame la Présidente. »

« Très bien, Tobias, alors je vous attendrai. »

Elle regagna son Palais tout en réfléchissant:

« Il est à deux semaines de son départ, je n’ai pas pu obtenir
d’éclaircissements de Kanid ou de Zekid, mais ce dernier m’a
dit qu’il pétait la forme, très bonne indication, j’aborderai
tout doucement ce sujet à midi, peut-être aurais-je une
réponse, s’il décide de rester…

Ah oui ! Kanid m’a dit que ramener son Professeur serait bien
aussi, cela peut être un élément en faveur pour le faire
rester, surtout que dans le domaine scientifique, d’après
Zekid, il est super doué, bon, je suis égoïste lorsque je pense
à mon petit intérêt, mais je sens qu’avec Tobias, en dehors
de l’amour, on peut faire de grandes choses, notamment pour
tous les zarkiens, de nouvelles découvertes, ce serait
merveilleux, il considère son Prof comme un père, alors
oui, la présence de ce, comment s’appelle-t-il déjà, un nom
bizarre, Sukhbataar Guraacha ?

Oui, c’est ça, un nom à coucher dehors, mais sûrement un
grand savant, est-il vieux ?

Si on lui administre le traitement, je n’aimerais pas que… »         

Un peu plus tard, dans le Palais, la Présidente avait donné
des consignes au restaurant, personne à part Tobias et elle
à midi, les Ministres iront à l’annexe, pour une fois.

« Ah Tobias, venez ! Je suis vraiment contente de voir que
vous allez mieux, nous avons une grande et belle table
ici, et nous ne serons pas dérangés. »

Ils prirent deux ou trois apéritifs, un alcool qui ressemblait
étrangement au Bourbon, on the rocks, Tobias:

« Fameux ! »

« Vous connaissez, c’est un Gortazz de 20 ans d’âge. »

«  Très proche de ce que nous appelons le Bourbon
sur Terre. »

« Décidément, il y a pas mal de similitudes entre nos planètes. »

« En effet, sauf votre société qui est particulière. »

« Notre société, Tobias, vous en faites partie, supporterez
vous que je puisse vous parler franchement ? »

« Je pense que oui, Madame la Présidente, je dois
admettre que la vie continue, et je me sens assez fort pour
affronter la suite. »

« Très bonne réaction qui ne m’étonne pas de vous, Kanid
m’a dit que sur Terre, vous étiez gouvernés par un tyran, et
qu’il y avait beaucoup de gens tristes et désabusés, à
cela, malheureusement, même nous, on ne peut pas faire
grand-chose, mais il m’a également fait comprendre que
votre Professeur pourrait venir ici, bénéficier, cette fois-ci
je l’espère, du traitement que vous avez-vous-même
supporté, et qu’il l’aiderait à mieux se réaliser, qu’en
pensez-vous ? »

« Cela fait déjà un moment que je réfléchis à tout
cela, Madame la Présidente, Je considère mon Professeur
comme mon père, un père que j’ai perdu par la faute du
tyran, justement, serait peut-être mieux ici, encore que
sur Terre, il est indépendant, personne ne le dérange, mais… »

« Madame la Présidente, Madame la Présidente, appelez moi
Naïkama, vous le méritez bien, vous avez perdu votre père ?

Quelle tristesse, je ne sais que vous dire, mais si vous
considérez votre Professeur comme votre père, c’est que c’est
un homme bien, et si c’est lui qui a conçu la possibilité de vous
transférer, c’est encore mieux, c’est un sacré
cerveau, comment vous entendez-vous avec Zekid ? »

« Très bien, il est sympathique, et bougrement compétent, il
ne manque pas d’humour. »

« Alors peut-être accepterez-vous que l’on puisse vous
récupérer, avec votre père et Professeur, dans les deux
heures qui suivent votre retour ? »

« Je sais qu’il serait bien ici, et qu’il fera encore de sacrés
découvertes, vous-même, Naïkama, vous battez constamment
pour le bien des zarkiens, de mon côté, je vous dois
beaucoup, si j’ai deux sous de logique, il serait normal que
je reste ici, mais vous, le souhaitez vous ? »

« Comment pourrait-il en être autrement, vous avez une
énorme valeur, tout le monde me dit du bien de vous, bien sûr
que je le souhaite, et ardemment même, convaincue par
ailleurs que vous serez mieux ici que sur Terre, bien sûr, elle
est votre planète d‘origine, mais pour un homme de science qui
peut faire des transferts dimensionnels, qu‘est-ce qu‘une
planète ?»

« Vous n’avez pas tort, admettons que je dise oui, convaincre
mon Professeur est encore une autre affaire, et deux
heures, c‘est peu de temps. »

« Je suis prête à aller avec vous, s’il le faut. »

« Ffff ! Alors là, je n’ai plus d’arguments, c’est d’accord pour
tenter le coup. »

« Je peux vous promettre que vous ne le regretterez pas. »

« Je le sais déjà. »

« Vraiment ?

Dans quel sens dois-je prendre cette affirmation ? »

« Vous non plus, Naïkama, ne manquez pas d’humour, dans
le sens de pouvoir faire de grandes choses dans
l’avenir, bien sûr. »

« Bien sûr, un autre Gortazz ? »

« Volontiers. »

Quelque chose venait de faire tilt dans l’esprit de
Tobias, cette femme le troublait passablement, et il lui
fallait toute sa carapace pour ne pas trop le faire
paraître, il était en train de penser qu’elle avait 72 ans
alors qu’il en avait 34, elle aurait pu être sa grand-mère, mais
une grand-mère qui n’en paraissait guère plus de 30, et
d’une beauté…

Ils resteraient ainsi, jeunes et beaux durant plusieurs
siècles, ça aussi, c’était hallucinant, il fût interrompu dans
ses pensées:

« Quel est l’âge de votre Professeur, Tobias ? »

« Il vient d’avoir 59 ans. »

« Alors il aura du temps devant lui. »

Ils firent un excellent repas, le moral de Tobias remontait
vers le beau fixe, et Naïkama devait le sentir car elle lui dit:

« Pourquoi ne reviendrions-nous pas dîner ici, ce soir ? »

« Hm ! Oui, pourquoi pas ? »

« Alors revenez vers 19 heures, je serai là. »

Il passa son après midi à augmenter ses connaissances, et à
faire du sport, les deux entrecoupés de longs séjours dans
la piscine externe, Naïkama passa un moment à l’observer
sur un écran et:

« Je ne sais pas si c’est une impression, mais il est encore plus
musclé qu’avant, il va finir par exploser, alors que je préférerais
que ce soit moi qu’il éclate…

Mais je crois que je lui plais, Peut-être que ce soir…
Pourquoi perdre du temps ? »

De son côté, Tobias, dans sa piscine:

« Avec Naïkama, c’est chaud de chaud, bon, il est clair
qu’ elle m’a posé un tas de questions l’air de rien pour me
faire rester ici, même en souvenir de Tarna, que j’aimais
vraiment beaucoup, mais que j’ai un peu regretté d’avoir
pris quand j’ai vu la Présidente, qui m’a coupé le
souffle, je suis sûr que ma merveilleuse petite infirmière
aurait voulu que je reste, Naïkama aussi, et pas uniquement
pour sa collectivité, mes sentiments envers elle ne sont pas
tout à fait de même nature qu’avec Tarna, ils sont  plus
violents, elle me donne presque l’impression qu’hors
d’elle, il n’y a rien.

J’ai idée que ce soir, ça va être encore plus chaud, la suite ?

Je préfère ne pas y penser. »

Et l’heure du dîner arriva, La Présidente était devant la
porte du restaurant, lorsque Tobias se rendit sur les lieux, mais
cette fois-ci, il y avait déjà quelques personnes à l’intérieur.

« Oui, je ne peux pas toujours interdire le
restaurant, mais nous avons une bonne table bien séparée
des autres. »

Ils dînèrent, parlèrent de diverses choses, Naîkama
commença à orienter Tobias vers des projets qu’elle
envisageait, tout en guettant ses réactions, lui, de son
côté, procédait à une sorte de tri, choses intéressantes ?

Décorum ?

Quand entrerait-on dans le vif du sujet ?

Il fallut que le dîner se termine, et qu’ils quittent le
restaurant, franchissent la porte du Palais, pour que Naïkama:

« Et si je vous accompagnais jusqu’à votre
domicile, peut-être m’offrirez-vous un verre ? »

« Bien sûr, et même plusieurs. »

Un fois sur les lieux:

« Bel appartement, spacieux, agréable, la classe. »

« Pas autant que votre Palais. »

« Peut-être, mais vous y êtes quand même bien, non ? »

« C’est sûr, il serait difficile d’avoir mieux, il me semble
que j’ai du Gortazz, voyons-voir. »

« Je l’espère bien. »

Quelques minutes plus tard, après en avoir bu deux:

« Puis-je voir votre chambre ? »

« Venez. »

« Hmm ! Un endroit idéal pour faire l’amour. »

« C’est-ce que vous voulez ? »

« Si vous m’aimez, oui, et vous ? »

« Moi aussi, et je vous aime. »

« Wow ! C’est la première fois depuis fort longtemps que je
dormirai hors de mon Palais, on va pouvoir se dire tu, ce sera
plus simple non ? »

La nuit ne fût pas triste, le lendemain matin, Naïkama:

« Hmm ! J’ai faim, as-tu ce qu’il faut dans ton bar ? »

« Je crois que oui, on va déjeuner, mais je ne sais pas si je vais
aller au stage ce matin. »

« Besoin de récupérer ?

Consoles-toi, tu n’es pas le seul, dis donc, je ne regrette pas
d’être venue, sacré cochon, là, tu as fait fort. »

« Que devrais-je dire de toi, plus parfait, ce n’est pas
possible, et je crois m’y connaître. »

« Voilà qui me fait plaisir, m’aimes-tu toujours ? »

« De plus en plus. »

« Alors tout est bien, je ne sais pas si la suite de ton stage
sera nécessaire, aujourd’hui, tu peux te reposer, je
parlerai à Zekid.

Par la suite, nous allons gouverner tous les deux, tu pourras
venir à toute les réunions, les Ministres?

Ah oui ! Tu ne les a pas encore tous vus, ils seront à tes
ordres comme aux miens.

J’espère que tu préféreras loger dans le Palais, avec moi ? »

« Bien sûr, pas de problème, je préférerai même ne plus
avoir trop de souvenirs de cet appartement pourtant
magnifique. »

« Je comprends, mais demain, nous allons voir Zekid, afin
d’accorder les violons pour ton départ, si tu vois où je veux
en venir ? »

« Tout à fait, je suis curieux de savoir comment ça va
se coordonner. »

« Pour la technique, tu comprendras facilement, mais j’irai
avec toi au transfert, dois-tu te rendre dans un lieu précis ? »

« Non, le Professeur m’a dit que le Kosmoc peut me récupérer
n’importe où. »

« Le Kosmoc !! Tiens !

Un nom amusant, Le nôtre s’appelle… »

« Le Transkudd, je sais. »

« Je vois que tu as bien appris tes leçons, je crois que je vais
pouvoir faire quelque chose de toi. »

Et tous deux se mirent à rire.   

Le moment du départ arriva, la terre devait être en 2245, un
certain mardi 9 Mars, à 10 heures du matin dans le Palais de
la Présidente:

« Prête, serrons nous l’un contre l’autre, le faisceau va passer. »

« Nous serrer l’un contre l’autre ?

Je ne demande que ça, et… »

Le faisceau passa, ils disparurent pour réapparaître dans le labo de Sukhbataar Guraacha, ce dernier:

« Tiens une visite, jolie personne, vous ramenez un
souvenir, Tobias ? »

« Elle va tout vous expliquer, Professeur. »

« Non, pas tout, nous n’avons pas assez de
temps, Professeur, ravie de vous rencontrer, nous devons
être repris dans une heure, au plus tard, et nous aimerions
que vous veniez avec nous, je vais vous dire pourquoi. »

Elle fit une brève description de sa planète, de son
continent, puis de son peuple, parla de son degré
d’avancement scientifique et médical, pour terminer par:

« Tobias, qui est désormais mon compagnon, peut vous
confirmer tout ce que je viens de vous expliquer, qu’en
pensez-vous ? »

Sukhbataar: « C’est plutôt brutal, comme proposition pour
quelqu’un qui vit dans ce laboratoire depuis plus de dix
ans, mais je peux comprendre, ainsi vous vivez dans une
société paradisiaque que vous dirigez, et qui est encore plus
avancée que nous, et vous me proposez de vivre 300 ans
de plus ?

En plus, j’aurai du travail sur des techniques avancées ?

Voyons voir.

- Je considère Tobias comme un fils que je n’ai jamais eu, un
plus puis qu’il veut retourner à Zarka.

- Des techniques plus avancées, un autre plus.

- Une société sans argent, pas de police, les gens s’y sentent
bien, en surface, il fait toujours beau ?

Un troisième plus.

- Vous vous êtes révélée très convaincante, autre plus.

- Je peux vivre beaucoup plus longtemps sans vieillir
davantage ?

Encore un plus.

- Je quitte un labo que j’aime et dans lequel j’ai mes
habitudes, un moins.

Bon arrêtons-nous là, cinq plus contre un moins, c’est
bon, je suis prêt. »

Naïkama: « Vous raisonnez vite et bien, Professeur, dans
vingt minutes, le faisceau va venir nous prendre, nous devrons
nous serrer les uns contre les autres, avons-nous le temps de
boire un coup ? »

« Bien sûr, que voulez-vous ? »

Tobias: « Je vais lui servir un whisky on the rocks, c’est-ce qui
se rapproche le plus du Gortazz, pour vous aussi, Professeur ?
Toujours un whisky ?

Bon, Et moi, une Vodka, en souvenir. »

Naïkama: « Tu pourras me la faire goûter, ta Vodka ? »

Tobias: « Evidemment. »

Sukhbataar: « J’espère qu’une fois là bas, vous m’expliquerez
tout, Tobias. »

« Bien sûr Professeur, Et Naîkama complètera. »

« Comptez sur moi. »

Quelques minutes plus tard, le transfert s’effectua
parfaitement, Zekid et trois de ses collaborateurs étaient près
de la zone de réception.

« Parfait, Ah !

Vous êtes le Professeur de Tobias, je suppose ?

Je suis Zekid, votre confrère.»

« Ah ! Bonjour Zekid, enchanté de vous connaître, alors, c’est
avec vous que je vais travailler? »

« Si vous le souhaitez, oui, vous serez mon associé. »

« Et Tobias ? »

« Il était en stage, mais il est brillant,, il n’allait pas tarder
à devenir mon adjoint, si vous souhaitez qu’il reste le vôtre… »

Naïkama: « Pour le moment, ce n’est pas décidé, d’autres
responsabilités attendent Tobias, qui, comme vous le
savez, Zekid, est mon compagnon.

Nous avons le temps de voir cela, Tobias, Professeur
dirigeons-nous vers le Palais, cet après-midi, nous pourrons
vous affecter l’ex appartement de Tobias, un beau 400
mètres carrés avec piscine et jardin près du Palais, vous y
serez bien, mais avant, vous allez profiter d’un
bon restaurant. »

Sukhbataar: « Excellent programme en perspective, merci
beaucoup. »

« De rien, Professeur, vous le méritez largement, à midi, nous
aurons l’honneur, Tobias et moi, de vous avoir à notre
table, nous pourrons parler. »

Dans les jours qui suivirent, le Professeur Sukhbataar fût
régularisé comme citoyen zarkien, passa une visite médicale
et bénéficia du traitement, assista aux diverses réunions sur
la demande de Tobias, utilisa un hypno pour une mise à jour
des connaissances générales de Zarkor, et autres
connaissances médicales et scientifiques, devint membre
du gouvernement comme Conseiller Scientifique, une
treizième chaise fût installée dans la salle de réunions du
Palais, au cours d’un repas à midi, attablé avec
Naïkama et Tobias:

Naïkama: « Alors, Professeur, quelles sont vos impressions ? »

« Je ne peux que vous féliciter pour votre
entreprise, Naïkama, vous êtes une femme
extraordinaire, Tobias, malgré ou en plus de ses immenses
qualités, a bien de la chance, et c’est une bonne chose.

J’ai été reçu comme un roi, votre communauté est un
paradis, enfin des gens heureux, ça nous change bougrement
de la Terre, je ne pensais pas qu’une telle société, et
surtout une telle réussite puisse exister, vous m’avez
permis de vous appeler par votre prénom, Madame la
Présidente, c’est un honneur dont je m’efforcerai de me
rendre digne, n’hésitez pas à m’appeler par mon
prénom, Sukhbataar, un peu long peut être, il est, comme
moi, d’origine mongole, la Mongolie, un pays qui n’existe
plus, et que je n’ai même pas connu.

Pour finir, je ne demande qu’à me rendre utile à notre
communauté, et à vous deux, bien sûr, mais parler donne
soif, un petit Gortazz, je ne serai pas contre, c’est encore
meilleur que le Bourbon. »

Tobias: « Surtout un vingt ans d’âge, Professeur »

Naïkama: « Ce que vous venez de dire m’a
bouleversée, Sukhbataar, vous êtes digne de votre fils ici
présent, grand respect à vous, un Gortazz, plusieurs
même, pourquoi pas ? »

Sukhbataar: « Oui, pourquoi pas ?

Vous aussi, Tobias, pouvez m’appeler par mon prénom, j’ai
failli vous le dire plusieurs fois, Professeur ?

Il y a longtemps que je n’enseigne plus, et ici, avec des
gens qui en savent plus que moi… »

Tobias: « D’accord, Sukhbataar, ça me fait drôle de vous
appeler ainsi, mais surtout, ne vous sous-estimez
pas, à notre santé ! »

Sukhbataar: « Vous êtes tous très grands ici, même certaines
femmes me dépassent d’une demie tête, avec mes 5 pieds
4 pouces… »

Naïkama: « Ce n’est pas la taille qui est la plus
importante, Sukhbataar, mais ce que valent les
gens, ça, c’est important. »

« Vous avez tout à fait raison, ce n’était qu’une remarque
en passant.

Chez nous, on dit que la beauté ne se mange pas en
salade, mais si vous l’avez en plus d’être bien, ça
aussi, ça compte. »

Au cours des semaines qui suivirent, l’ex Professeur fit des
progrès conséquents dans le maniement des cristaux, ce qui
lui donna une idée qu’il proposa à Naïkama et à Tobias, celle
de fabriquer des vaisseaux spatiaux, c’est la Présidente qui
lui répondit:

« J’y ai pensé, à une époque, et y ai longuement réfléchi, mais
c’est à double tranchant, cela serait utile dans le cas d’une
surpopulation de la planète, ce qui est loin d’être le cas chez
nous, mais il y a plusieurs inconvénients, d’abord aller plus
vite que la lumière, cela pourrait déphaser les gens en cas de
transfert, ensuite, la résistance de la coque et des
propulseurs, contre des météorites, il faut une sorte d’alliage
extrêmement solide, que nous n’avons pas encore
trouvé, cela pourrait éventuellement se compléter par des
rayons protecteurs,  qui coûteraient cher en énergie, nous
disposons d’un nombre limité de cristaux, et les exploitons
presque en totalité, c’est donc un luxe que nous ne pouvons
pas nous offrir.

J’ai vu vos deux androïdes dans votre labo sur
Terre, Sukhbataar, peut-être les regrettez-vous?

Mais ça aussi, j’y avais songé, nous pourrions en fabriquer des
très sophistiqués, et même leur donner une totale apparence
humaine, mais à quoi bon ?

Là non plus, nous n’en aurions pas vraiment besoin, autant
 ils peuvent être pratiques dans votre cas, sur Terre,, lorsque
vous étiez obligé de vivre en reclus, autant ici …

Par contre, la recherche médicale nous intéresse beaucoup
plus, vivre plus de 300 ans, c’est déjà très bien, surtout sans
vraiment vieillir, mais vivre plus longtemps encore, cela serait
encore mieux, l’immortalité, nous doutons de pouvoir la
découvrir un jour, mais améliorer un traitement, pourquoi pas ? »

Les paroles de Naïkama, en matière de recherche
médicale, s’avérèrent prophétiques, car quelques semaines plus
tard, au cours d’une réunion:

Haarda: « Madame la Présidente, vous savez que le
Docteur  Ark Forkritt a profité récemment de quinze jours
de congés?

Eh bien il les a utilisés pour lancer une piste à son
adjoint, le Docteur Zerb Korann sur la manière de traiter le
système des cellules anarchiques, qui déclenchent tôt ou
tard le vieillissement puis la mort, d’après nos
connaissances actuelles, il ne peut pas être détruit, mais
d’après lui, il est possible de l’endormir, voire de le
neutraliser en l’isolant, de le mettre en quarantaine, grâce à
une plante de son jardin, dont il a porté quelques exemplaires
au Centre, n’ayant pas chez lui le matériel de recherche
nécessaire, Zerb a procédé à des analyses assez
poussées, puis il en a combiné des extraits aux  composants
du traitement que nous connaissons, les éventuelles
incompatibilités et autres effets secondaires sont en cours
d’étude, mais il pense qu’un nouveau traitement, nette
amélioration du précédent serait possible, et d’après lui, la
dite quarantaine pourrait durer des milliers d’années, voire
davantage, il promet des résultats définitifs dans un mois. »

Naïkama: « Voilà qui est intéressant, nous attendons ces
résultats avec impatience, pour le moment, évitez d’en
parler, cela doit rester un secret qui ne doit sortir ni d’ici, ni
du Centre, faites le nécessaire pour que ce secret soit
maintenu hermétique jusqu’à nouvel ordre, j’y tiens.

La séance est levée. »

A midi, lors de l’apéritif dans le restaurant du Palais:

Tobias: « Je comprend jusqu’à un certain point qu’un secret
sur une telle trouvaille soit nécessaire, mais je suppose que
tu as de bonnes raisons pour le maintenir peut-être
plus longtemps. »

Sukhbataar: « Excusez-moi de vous prendre la
parole, Naïkama, mais vous avez tout à fait raison, et je vois
très bien pourquoi. »
   
Naïkama: « Là, vous m’intriguez, Sukhbataar, quelles raisons
donneriez-vous pour la question du secret ? »

« Plusieurs:

- D’abord, la trouvaille comme le dit Tobias est bien autre
chose, lourde de conséquences, elle n’est pas encore
achevée, alors pourquoi parler dans le vide ?

- Ensuite, dans le cas d’un traitement fiable, sans
incompatibilités ni effets secondaires, vouloir rendre
200.000.000 de personnes quasi-immortelles poserait de
sérieux problèmes à court et moyen terme.

Que des personnes dirigeantes, en nombre restreint, pas
n’importe lesquelles puissent en bénéficier, c’est une
chose, l’appliquer à une population en est une toute
autre, je dirais qu’un tel privilège doit rester bien placé, le
remettre entre toutes ou beaucoup de mains n’aurait
aucun sens.

- Enfin, il se pourrait qu’un certain nombre de personnes
ne souhaitent pas vraiment devenir immortelles, ou vivre
trop longtemps, j’ai connu des cas sur Terre, pourquoi vouloir
donner aux gens une chose qu’ils ne souhaitent pas.

Sans parler de ceux qui seraient susceptibles d’en faire un
mauvais usage, même ici.

Pour conclure, un tel traitement représenterait un immense
privilège, et certaines personnes doivent, pour des raisons
de destin, bénéficier de privilèges, même si aux dépens des
autres, une société dans laquelle les gens seraient tous
égaux, même la vôtre, serait inconcevable, elle n’y
survivrait pas. »  

Naïkama: « Ffff ! Comme fait parfois Tobias, vous
m’épatez, Sukhbataar, non seulement vous avez bien perçu
toutes les incidences possibles, mais on n’aurait pu mieux
l’exprimer, je ne vous savais pas psychologue, vous m’avez
dispensé d’une longue réponse, à votre santé ! »

Tobias: « Santé ! C’est vrai que dans la nature, il n’y a pas
d’égalité, les animaux ne sont pas égaux entre eux, même si
de même race, les humains non plus, encore moins, si les
gens étaient tous égaux en privilèges, ce qui est
impossible, ce serait le foutoir, chaque personne est
différente d’une autre, diriger, ou être savant ou encore
expert en quelque chose, ce n’est pas donné à tout le
monde, mais seulement à quelques uns, et ça n’intéresse pas
la plus part des autres qui n’ont pas les aptitudes
nécessaires, comme le dit Sukhbataar, pourquoi
donnerait-on à des gens des choses pour lesquelles ils ne
sont pas faits, et qu’ils ne veulent pas ? » 

Naïkama: « Bien, Tobias chéri, toi aussi, tu as tout
compris, mais maintenant, sortons de la psychologie pour
nous occuper de notre repas qui va refroidir. »

Deux mois  plus tard, alors que Sukhbataar avait bien
supporté son traitement et que les recherches sur le
nouveau avaient fini par aboutir, une réunion s’avérait
nécessaire pour une éventuelle mise en application, Naïkama:

« Bien, nous vous écoutons, Haarda. »

« Madame la Présidente, le nouveau traitement est au
point,  Ark Forkritt et Zerb Korann me l’on confirmé hier
soir au cours d’un dîner auquel je les avais invités, ainsi, le
secret a bien été conservé, personne d’autre n’est au
courant, pas même leurs compagnes, ils ont passé des nuits
dans le Centre de recherches, sans personne d’autre.

La nouvelle substance ajoutée aux anciennes ne présente
aucun risque ajouté d’effets secondaires ou
d’incompatibilités, ce qui veut dire que les risques sont
identiques à ceux de l’ancien, soit de un sur un million.

On peut penser que toute personne ayant bénéficié de l’ancien
traitement supportera le nouveau, une étude approfondie de
la nouvelle composante, et diverses simulations positroniques
très poussées permettent de dire que si nous n’en sommes pas
encore à l’immortalité, on peut compter sur un allongement
minimal de plus de 100.000 ans, ces résultats sont sûrs et
ouvrent de larges perspectives. »

Naïkama: « En effet, cela nous ouvre à de vastes
horizons, excellent Haarda, alors maintenant, puisque nous
sommes là et que personne d’autre ne peut nous voir ni nous
écouter nous allons déterminer les personnes qui bénéficieront
de ce nouveau traitement, elle ne sont pas
nombreuses, Sukhbataar, Tobias, et moi nous sommes mis
d’accord sur les personnes suivantes, en fait, toutes celles qui
sont déjà dans le secret plus quelques autres:

1/ Sukhbataar, Tobias et moi.

2/ Ezna, Haarda et Kanid.

3/ Nos spécialistes, Forkritt et Korann.

Satisfaite d’une partie de mon équipe, j’y rajouterai:

4/ Aznid, Lortak et Makra.

Enfin, quelques personnes méritantes telles que:

5/ Harnem, Tarduk, Wattir, Zekid et Zirka .

Ce qui fait un total de 16 personnes.

Pour la gouverne de Sukhbataar et de Tobias, qui les
fréquentent moins, Harnem est notre grand historien, qui
connait sur le bout des doigts toute l’histoire de notre
population depuis son origine, y compris les époques où
nous ne faisions qu’un avec les terkors.

Tarduk l’adjoint de Lortak dans l’urbanisation à qui nous
devons pas mal de splendides réalisations sur tout le
continent, il est, en quelque sorte, notre architecte, un
homme très bien.

 Wattir, n’ayant pas vraiment de police, ni de
militaires, comme sur Terkor, ou sur la Terre, nous disposons
quand même de quelqu’un qui veille au grain au niveau de
notre population, directement en relation avec Ezna, il fait
en sorte que nous bénéficions d’une parfaite sécurité, dévoué
au possible, il mérite cette récompense.

Zekid, nous le connaissons tous, ses qualités parlent pour lui.

Enfin Zirka, l’adjointe d‘Aznid, une brillante ingénieur à qui
nous devons aussi pas mal de choses dans les techniques
de production, une femme remarquable vraiment.   

Le premier traitement permettant de masquer le
second, puisque les gens vivent plus de 300 ans sans
vieillir, et meurent généralement d’un coup, ou
rapidement, rien de paraîtra suspect à personne.

Il faut savoir qu’il n’est pas possible de l’administrer
à 200 millions de personnes pour bien des raisons qui sont
faciles à comprendre, nous nous efforçons de faire en sorte
que les gens vivent le mieux possible, mais une égalité
absolue dans les privilèges ne saurait être.

Haarda, je vous laisse le soin de procéder en toute
discrétion avec nos deux spécialistes pour l’administration
de ce traitement, particulièrement pour convoquer les
personnes méritantes, une fois encore, le secret doit être
maintenu, Aznid, Lortak et Makra participeront à une réunion
spéciale à laquelle toutes les personnes ici seront
présentes, je sais que je peux compter sur vous. »

Certains zarkiens avaient encore de beaux jours devant
eux, l’immortalité dont tout le monde rêve ?

Question de temps.


-----***-----
 
 
 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Dim 1 Oct - 13:57 (2017)    Sujet du message: Publicité

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