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Polar 2

 
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Kr
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MessagePosté le: Mar 17 Oct - 11:31 (2017)    Sujet du message: Polar 2 Répondre en citant

Année 2018, Centre de Police Judiciaire de
Strasbourg, le Commissaire Karl Göritz recevait
dans son bureau ses deux adjoints, Brahim
Khelifa, et Gérard Vernon, Lieutenants de Police
qui lui faisaient un compte-rendu des affaires
en cours.

Brahim: « Pour moi, Patron, il n’y a pas de
bémol, ni pour Cabomot, ni pour Cms, la Section
Financière a confirmé, suite à leurs enquêtes, que
ces deux sociétés sont cleans, on peut classer ces
deux affaires, l’auteur des lettres anonymes qui
les a dénoncées, à mon avis, a dû travailler dans
l’une d’elles, ou peut-être les deux, et
se faire virer. »

« Et vous Vernon ? »

Gérard: « Pour moi, c’est un peu plus
compliqué, Patron, comme vous le savez, le
groupe Lahr a son siège social à Stuttgart, zone
dans laquelle, comme la Financière, nous n’avons
aucun pouvoir, la filiale de Strasbourg envoie
régulièrement de grosses somme à
Stuttgart, certaines doivent être le résultat d’une
bonne gestion apparente, mais dans
l’ensemble, elles semblent très importantes, peut-être
trop, il faudrait une aquaintance sur place pour en
savoir plus. »

Karl:« Bien, alors passez à autre chose, je me charge
de ce cas. »

« D’accord Patron, tiens !

Ce matin, avant de venir, j’ai lu sur la presse régionale
qu’à Stuttgart, précisément, il y avait eu un crime
bizarre hier, une femme d’une trentaine d’années
assassinée de douze coups de couteau. »

Karl: « Oui, je l’ai lu, retournez tous les deux à vos
tâches de routine pour le moment. »

Karl Göritz était Commissaire depuis 5 ans, en passe
de devenir divisionnaire compte tenu de ses bons
résultats, doté d’un sens aigu de la Justice, passionné
par son travail, il ne comptait pas ses heures.

Grand gaillard, solide, ancien champion d’haltérophilie
et ceinture noire de Karaté, il passait la majeure
partie de son peu de temps libre à son entretien
physique, toujours célibataire, il n’avait jamais le
temps de rechercher une compagnie, il lui restait
seulement trois affaires non résolues, dont deux
issues de son prédécesseur, à la retraite, qui
n’allaient pas tarder à atteindre la prescription.

Lorsque ses deux adjoints eurent quitté son
bureau, il se mit à réfléchir.

« C’est vrai que cette affaire de Stuttgart est
étrange, une femme assassinée chez elle de douze
coups de couteau, bon niveau social, elle n’était pas
du genre à traîner dans les milieux louches, il se
trouve que j’ai un homologue sur place qui est
également un pote, Otto Schweninger, il devrait
pouvoir m’en dire plus, ainsi que sur le groupe Lahr. »

La semaine suivante, dans le bureau de Schweninger.

« Salut Karl, assieds-toi, ça fait un moment qu’on ne
s’est pas vus, tu vas bien prendre un schnaps
avec moi ? »

« Oui, mais un seul, je suis en service. »

« Toujours aussi sérieux, qu’est-ce-qui t’amène ? »

« Deux choses, mais surtout une me concernant, le
groupe Lahr, une enquête financière sur sa filiale de
Strasbourg révèle que d’importantes sommes sont
transmises ici, au siège social, j’aimerais en
savoir plus.

D’autre part, je repense au crime de la semaine
dernière sur une femme de 30 ans, tu as dû avoir
des échos à ce sujet, d’accord, ça ne me regarde pas
vraiment, c’est simplement pour ma gouverne. »

« Oh ! Je peux tout te dire sur ce que je sais, on est
collègues, non ?

Pas de cachotteries entre nous.

Pour Lahr, il y avait eu également chez nous une
enquête financière de routine, il y a deux ans, ils
avaient tiqué sur l’importance des sommes de
Strasbourg, mais comme il n’y avait aucune preuve
d’abus de biens sociaux, ou d’autres formes de
détournement, elle est actuellement en standby.

Si tu veux, je peux relancer l’enquête, mais pour
cela, il me faudrait des billes. »

« Justement, en voilà, je t’ai amené quelques copies
de relevés de comptes significatifs concernant
Strasbourg, à toi de voir si tu peux en faire
quelque chose. »

« Ah ! Je jetterai un coup d’œil là-dessus cet
après-midi, au retour de notre déjeuner, car je te
réquisitionne à midi pour un bon resto.

Pour la femme assassinée chez elle, 30 ans, elle
s’appelait Thaddéa Wiedner, décoratrice
d’intérieurs, elle gagnait bien sa vie, qui était sans
reproches, une bien belle femme d’ailleurs, quel
gâchis, notre médecin légiste, aussi une jolie femme, a
constaté que les douze coups de couteau, qui sont en
réalité des coups de dague, ont occasionné des
blessures particulièrement profondes,  dont huit
d’entre elles mortelles.

Les coups ont été administrés par quelqu’un qui
dispose d’une force peu commune, avec une certaine
précision, et froidement, les blessures sont d’une
netteté surprenante.

Voilà où nous en sommes actuellement, si cela
t’intéresse, tu pourras repartir avec des copies du
rapport du médecin légiste, mais cela doit rester
entre nous. »

« Tu me connais suffisamment pour savoir que tu
peux compter sur moi. »

Ils déjeunèrent, puis Karl Göritz regagna
Strasbourg, quelques jours plus tard, un appel
de Stuttgart.

« Oui, passez-le moi ! »

« Salut Karl, ici Otto, tes relevés se sont révélés
intéressants, je les ai confiés aux financiers, et
j’attends les résultats de leurs analyses, tu
seras, bien sûr, tenu au courant, ils parlent déjà
de redressement, mais pour le moment, je n’en
sais pas plus.

Par contre, il y a eu un autre crime identique à
Freiburg il y a deux jours, une  certaine Carla
Richter, 32 ans, maîtresse d’école, mariée, deux
enfants, cela s’est produit en plein milieu de
journée, à son domicile, pendant que son mari
travaillait, et que ses enfants étaient à la
cantine, j’ai demandé à mon homologue de
m’adresser copie des rapports de son médecin-
légiste, il est d’accord, car je lui ai transmis les
miens, tu les auras dans les jours qui viennent. »

« D’accord Otto, il s’agit d’un serial killer, je serai
très content de t’aider à le pincer, je ne peux pas
admettre de tels crimes. »

Dans les semaines qui suivirent, d’autres crimes
identiques eurent lieu, un à Saverne, un autre à
Strasbourg, et un troisième à Colmar, le criminel
avait passé la frontière, et devait résider quelque
part dans la zone, en Allemagne ou en France, et
comme beaucoup de frontaliers, il parlait
certainement les deux langues.

Tout était calme dans le service de Karl, et ses
adjoints étaient cantonnés à des actions de
routine, il se réservait le soin de suivre lui-même
ces affaires odieuses, après s’être mis en rapport
avec ses homologues de Colmar et de Saverne, et
un échange de rapports de médecins légistes, il se
mit à méditer.

« Tous les rapports sont identiques, 12 coups de
dague à chaque fois, profonds et nets, sur des
femmes brunes, aux yeux verts ou bleus, entre
25 et 35 ans, une chef de service dans une entreprise
commerciale, une hôtesse d’accueil dans une agence
de voyages, et une secrétaire de Direction, que des
gens biens, ces femmes se ressemblent plus ou
moins, ce qui veut dire que l’assassin ne procède pas
au hasard, aucun rapport apparent entre les
victimes, sinon leur aspect physique.

Je voudrais bien recueillir l’avis des médecins
légistes sur le profil possible du criminel, ma section
Scientifique n’avance pas, celles de mes collègues
non plus, car l’assassin ne laisse aucune trace, pas
d’empruntes, pas d’odeurs, ni d’objets égarés, de
mégots, et autres, à qui avons-nous affaire ?

Première hypothèse, à un désaxé qui a eu pour
copine une brunette du même genre et dans la
même zone d’âge, qui l’a largué.

Autre hypothèse: Il a été abandonné par sa mère qui
aurait, en son temps, correspondu aux
descriptions, mais serait plus âgée maintenant.

Je crois que c’est de ce côté-là qu’il faut
chercher, mais recontactons mes homologues pour
avoir leur avis.

Celui de quatre d’entre eux était à peu près
identique, et ils étaient logés à la même
enseigne, l’enquête bloquait, il décida d’appeler
Otto Schweninger en dernier recours:

« Oui Karl, j’ai une copie de tous les rapports, la
mère ou la copine ?

Cela me semble une bonne hypothèse, l’assassin
est très fort, rusé, et ne laisse aucune trace ?

Il doit avoir un point faible, mais qui nous échappe
encore, il faudrait savoir s’il est fumeur et/ou s’il
se drogue, parce qu’à mon avis, il n’est pas sûr qu’il
ait opéré avec des gants, il a donné des coups
tellement forts que les gants auraient laissé des
fibres que nos scientifiques auraient
immanquablement retrouvées, les manches de
dagues sont généralement plus ou moins
décorés, d’après les légistes, il ne s’agit pas de
dagues à manches unis ou glissants, les coups ne
seraient pas aussi nets, il se peut que le gars se soit
volontairement brûlé les doigts ou même les mains
pour ne pas laisser de traces. »

« Tu viens de me donner une idée, il existe des
produits qui suppriment les empreintes, par exemple
une combinaison d’huile d’avocat et du beurre de  
Karité, ou encore de la capécitabine, là, je crois
qu’on avance, le mélange d’huiles, je n’y crois
guère, la main ne doit pas glisser sur la dague pour
de tels coups, mais la capécitabine, oui, le
Xeloda par exemple, qui est un médicament
anti cancéreux, je doute que ce salaud se soit brûlé
les mains et les doigts, ce genre de type aime infliger
des douleurs aux autres, mais ce n’est pas
réciproque, cela nous ouvre des portes, ce salopard
se soigne contre un cancer, mais où ?

Je vais parler de cela à mes collègues de Colmar
et de Saverne, on procèdera à des recherches auprès
des médecins et des hôpitaux. »

« Je vais faire de même avec mon collègue de
Freiburg, mais je crois savoir qu’il y a des milliers de
gens qui prennent ce genre de médicament, l’enquête
risque fort d’être longue, si toutefois le gars s’est
fait soigner dans la région, ce qui n’est pas certain.

Autre chose, mais ça, tu dois le savoir aussi, en 2020
ou 2021, tout le monde sera fiché en Europe, avec
empreintes et tout, on pourra consulter cela sur
les ordis… »

« Ouais, j’en ai entendu parler, mais il y aura toujours
des petits malins qui tenteront de passer à travers
les mailles du filet, et puis, j’espère bien qu’on aura
trouvé ce criminel avant.

Les enquêtes auprès des hôpitaux sont une
chose, mais il y aura aussi lieu de procéder auprès
d’organismes du genre de la DASS chez nous, qui
ont recueilli et recueillent toujours des enfants
abandonnés, je pense toujours à l’hypothèse de
la mère.

Enfin, si l’assassin est fumeur, il a peut-être été
assez malin pour ne pas le faire pendant ses
crimes, mais il peut très bien avoir laissé des mégots
pas loin dans les environs, si nous en retrouvons avec
des mêmes traces ADN, cela pourrait aider.

Enfin, si l’hypothèse du cancer se tient, le gars
peut-être également drogué, un cancer attrapé
jeune, c’est souvent par des drogues du genre
cannabis ou autres. »

« Tout à fait Karl, je fais le nécessaire, tant à
Freiburg que chez moi, on se tient au courant. »

L’affaire du groupe Lahr venait de trouver son
dénouement, un sérieux redressement financier, et
Gérard Vernon, tout heureux:

« Ca y est Patron, Lahr s’en est pris un bon
coup, des détournements de fonds doublés d’abus
de biens sociaux par le fait que certains versements
profitaient directement à trois dirigeants de
Stuttgart, sans compter celui d’ici qui s’en mettait
aussi plein les poches. »

« Bravo, Vernon, vous pouvez passer à autre chose. »

Ce dernier avait peut-être oublié que c’est grâce au
Commissaire et à son collègue de Stuttgart que
l’affaire avait été résolue.  

Un autre crime avait eu lieu, identique aux cinq
précédents, mais cette fois-ci, c’était à Paris, ce qui
compliquait singulièrement les choses, sur une
femme brune, aux yeux clairs, de 35
ans, commerçante, divorcée, mais qui avait deux
enfants.

Karl en fit aussitôt part à Otto, ce dernier:

« Oui, un de mes Lieutenants, français d’origine et
regardant beaucoup la Télé, me l’a dit, mes recherches
sont toujours en cours, mais s’il se met à opérer loin
d’ici, cela va compliquer. »

« Peut-être, Otto, mais peut-être pas, il se peut qu’il
soit simplement allé à Paris en touriste, je vais me
rapprocher de Paris, mais je doute d’obtenir une
nouvelle piste. »

Le lendemain:

« Un appel de Paris, Monsieur le Commissaire. »

« Passez-le moi ! »

« Allô, Commissaire Göritz ?

Ici Simon Galtier, Commissaire à la Judiciaire de
Paris, une femme s’est fait assassiner chez nous, de
douze coups de dague,  nous savons que dans votre
secteur, il y a eu des crimes analogues, on pourrait
peut-être coopérer ? »

« Tout à fait, Simon, appelez moi Karl, je me
propose de vous adresser des copies des rapports
de l’époque des médecins légistes, ainsi que ceux
de Stuttgart et de Freiburg, vous aurez de quoi lire.

Par la même occasion, je vais vous exposer mes
hypothèses, vous me direz ce que vous en pensez. »

Et Karl s’exécuta pour finir par:

« Nous effectuons actuellement de longues enquêtes
auprès des hôpitaux, des centres de recueillement
pour enfants abandonnés, en supposant l’assassin
âgé entre 20 et 30 ans. »

« Excellentes déductions, cher collègue, auxquelles
je crois, je vous enverrai les rapports du légiste, il
s’agit d’une femme nommée Chantale Dupreux, 35
ans, commerçante, divorcée, 2 enfants, ayant vécu
honnêtement, on se tient au courant, bonne journée. »

Karl, dans son bureau:

«En voilà un sixième, qui me renforce dans mes
hypothèses, est-il allé à Paris pour se fournir en
drogue ?

Ou se faire soigner ?

Possible, j’espère que son prochain crime ne sera
pas à Londres ou à New-York, parce que là… »

Des semaines passèrent, à Strasbourg, les affaires
courantes se passaient bien, à tel point que les
Lieutenants de Karl en arrivaient à jouer aux
cartes, au 421 ou à passer le reste du temps sur le
net, ce qui ne plaisait pas particulièrement à ce
dernier qui en leur fit la remarque en leur disant:

« Au moins, soyez discrets, si le contrôleur général
passe, vous allez le sentir passer. »

Un jour, Göritz reçut un appel de Jean
Severac, Commissaire à Saverne:

« Bonjour Karl, c’est Jean Severac de
Saverne, votre idée d’examiner les alentours pour
trouver des preuves, et notamment des mégots, à
supposer que l’assassin soit fumeur, a donné des
résultats, mais nous ne savons pas à qui les
appliquer, certain mégots ont le même ADN, non
répertorié, et de là à pouvoir dire que c’est celui
de l’assassin… »

« Je sais, Jean, j’en suis exactement au même
point, vous avez reçu les rapports de Paris ?

Moi aussi, mais ils n’apportent rien de
plus, malheureusement, et j’ai reçu un coup de fil
d’Otto hier, qui m’a dit que certaines recherches
auprès des hôpitaux indiquaient que des dizaines de
gens qui prenaient des médicaments anti cancer
venaient de Berlin, de Hamburg, ou d’autres
villes, tout comme chez moi lorsqu’ils viennent de
Marseille, de Lyon, ou d’ailleurs.

Pour le moment, je suis obligé de laisser l’affaire
en standby, en espérant que le recensement
systématique qui aura lieu dans un an ou
deux, puisse faire avancer le schmilblick. »

« Hélas, Karl, mais conservons bien toutes les
données dont nous disposons, on ne sait jamais, un
jour, quelque chose pourra peut-être ressurgir. »

« Vous avez raison, je passerai peut-être à Saverne
un de ces quatre s’il y a un bon restaurant. »

« Oh oui, il y en a même plusieurs, et vous serez
le bienvenu. »

Un peu plus tard, Brahim Khelifa:

« Patron, excusez-moi de vous déranger, mais sur
votre affaire, je viens d’avoir une idée, on pourrait
rapprocher les ADN des mégots avec ceux que l’on
obtient des hôpitaux, histoire de provoquer le
facteur chance ? »

« Excellente idée, Khelifa, qui m’est également
venue à l’esprit, mais nous sommes encore loin
d’avoir recueilli toutes les données
médicales, certains hôpitaux ne sont pas très
coopérants et se retranchent derrière le secret
médical, je suis obligé d’avoir recours au
Préfet, certaines coutumes sont tenaces ici. »

Quelques jours plus tard, Göritz fût mis au courant
d’un incident survenu à la gare de Nancy, un train
qui venait de Paris, un drogué ou semblant tel
avait fait une esclandre mais malheureusement
de courte durée, la police n’était pas intervenue, le
voyageur put tranquillement continuer sur
Strasbourg.

« Au moins, notre secteur est sa zone de
prédilection, Paris n’était qu’un passage,  mais cela
ne nous fait pas avancer, allez donc retrouver des
gens qui auraient pu le décrire… »

Il se mit tout de même en rapport avec le
Commissariat de Nancy, qui ne put lui donner de
meilleures précision sauf peut-être une, mais il
fallait retrouver le gamin en question, qui aurait
pris le drogué en photo sur son portable, d’après
le récit d’un autre voyageur qui s’arrêtait à Nancy.

« Où est-il ?

 A-t-il continué sur Strasbourg ?

Est-il passé en Allemagne ?

J’ai mes adjoints qui passent pas mal de temps sur
le net, si le gosse a l’idée d’y passer la photo, là, on
aurait vraiment le facteur chance, à supposer qu’il
s’agisse bien de l’assassin, car des drogués, il y en
a partout, mais cela nous permettrait de faire le
rapprochement avec les hôpitaux et les Centres
d‘hébergement…»

Brahim Khelifa avait acquis une excellente maîtrise
du net, geek de l’informatique, il y passait le clair
de son temps, et trois jours plus tard, frappa à la
porte de son supérieur.

« Entrez ! »

Khelifa: « Patron, j’ai retrouvé la photo prise à
Nancy sur le drogué, la voici, je viens de la tirer
de l’imprimante. »

« Bien Khelifa, bravo, a-t-on une identité ? »

« Non, pas encore, mais avec Gérard, on continue les
recherches. »

« Pas la peine, nous allons la diffuser auprès des
hôpitaux, en adresser une copie aux collègues des
différentes villes, ne pas oublier les Centres d’enfants
 abandonnés, cela sera peut-être plus facile. »

« Je m’en occupe Patron. »

Une semaine plus tard:

« Un appel de la Dass, Monsieur le Commissaire. »

« Oui, je le prends. »

« Allô, Commissaire Göritz, ici Bruno Roesch, Directeur
adjoint à la Dass de Strasbourg, j’ai bien reçu votre
photo du supposé drogué de Nancy, et je crois le
reconnaître, il est resté chez nous jusqu’à l’âge de
14 ans, il s’agit de Hugo Koch qui devrait avoir
maintenant 25 ans, c’était un enfant très difficile, qui
nous causait pas mal de problèmes, il nous avait été
remis à l’âge de trois ans, car sa mère n’avait pas les
moyens de l’élever, et son père était parti en
Allemagne, les laissant sans ressources. »

« Très bien, Monsieur Roesch, pouvez-vous me
donner d’autres précisions, par exemple s’il détestait
des femmes brunes aux yeux clairs, s’il fumait, des
choses de ce genre ? »

« Ah oui, Commissaire, vous être extralucide, il
fumait effectivement, on se demandait d’ailleurs
comment il pouvait obtenir des cigarettes, et il
agressait toute assistante brune aux yeux
bleus, dans la trentaine ou même plus jeune, les
blondes, ça allait, les hommes aussi, il était
imprévisible, et un Jour, à 14 ans, il s’est
enfui, nous ne l’avons jamais revu. »

« Vous serait-il possible de m’adresser une copie
complète de son dossier ? »

« Bien sûr, avec groupe sanguin et tout. »

« Avez-vous encore des objets qui lui ont appartenu ? »

« Pour l’ADN, je suppose, oui, je crois que nous en
avons deux ou trois, mais je dois vérifier avant de
vous le confirmer, je vous rappelle, mais pourquoi
le recherchez-vous ? »

« Vous avez dû entendre parler de femmes
assassinées par 12 coups de dague ou de
couteau, nous le soupçonnons. »

« Ah! Mon dieu !
Ces histoires horribles !

Oui, alors je me dépêche, et vous rappelle sans faute. »

Roesch lui confirma que deux objets avaient
appartenu au délinquant supposé, et les lui adressa
pour identification, l’équipe de Göritz se chargea
des rapprochements, notamment avec les
mégots, le résultat fût positif, le Commissaire
transmit ses résultats, l’identité et les objets à ses
collègues des autres villes y compris celles
d’Allemagne, afin d’obtenir une confirmation.

Les différents Commissaires se repassèrent les
objets, avec les précautions d’usage, avant de
confirmer d’autres résultats positifs, et de restituer
les objets à Karl qui les conserva le temps
nécessaire, pièces à conviction, avant de penser
à les restituer à la Dass, cela suffisait à déterminer
qu’il était coupable, mais encore fallait-il l’attraper.

D’autres résultats auprès d’un hôpital de
Strasbourg confirmèrent le verdict, Hugo Koch
prenait bien du Xeloda, et des drogues, là, il n’y
avait plus de doute, mais où le trouver avant
qu’il ne commette d’autres crimes ?

Karl en lui-même: « Il me faudra recueillir l’avis
de tous mes collègues concernés, faut-il
maintenir un secret sur cette affaire et tenter
d’attraper l’assassin ?

Sans pour autant pouvoir compter sur une erreur
de sa part, ou bien faut-il faire diffuser un
portrait robot, processus qui facilitera sa
capture, mais qui peut aussi augmenter la
fréquence d’autres crimes ?

Il préféra consulter tous les intéressés, et
malheureusement là, les avis étaient
partagés, Paris préférait l’émission de portraits
robots, ainsi que Stuttgart, mais Saverne, Colmar
et Freiburg étaient nettement moins chauds, de
crainte de voir leurs populations
surexposées, Kartl se remit à réfléchir:

« Si je fais diffuser un portrait robot, ainsi que
mes collègues, peut-être on aura deux ou trois
crimes de plus, mais on finira par l’avoir une
bonne fois pour toutes, si on laisse faire les
choses en espérant le prendre par surprise, il
peut se passer des dizaines d’années avant
qu’il ne soit pris, s’il l’est un jour, ce qui peut
se traduire par des dizaines de crimes à
venir, d’un autre côté, à l’émission de portraits
robots, il faudra constituer un dispositif tel qu’il
ne puisse pas quitter la zone, contrôle de la
frontière, des trains, des avions, des
voitures, des hôtels, de tout endroit où il
pourrait loger, des restaurants et autres lieux
d’alimentation, nous n’avons pas les moyens
d’établir un dispositif d’une telle ampleur, s’il se
sent en danger et quitte la région, c’est fichu…

Quelle décision prendre ? »

Un évènement imprévu allait modifier la donne.

« Patron, Patron ! »

« Oui, Khelifa, vous auriez pu frapper avant
d’entrer. »

« Tout juste, Patron, mille excuses, mais c’est
hyper important. »

« Ah, alors je vous écoute. »

« J’ai continué à surveiller l’auteur de la photo
sur le net, oui, j’ai trouvé son blog, et comme
vous le savez, je me débrouille, il vient de
recevoir un message qui est le suivant:

‘’  Pauvre ***, tu as eu tort de publier ma
photo, car tu viens de signer ton arrêt de
mort, dans moins de 48 heures, tu seras liquidé.’’

J’ai bien sûr obtenu son adresse à Nancy, la
voici, si vous voulez capturer votre serial
killer, c’est là-bas qu’il faut prévoir un dispositif. »

« Merci Khelifa, et chapeau ! »

Karl appela de suite son homologue de Nancy, un
Commissaire un peu spécial répondant au nom
de Valentin Forcioli, il lui raconta rapidement
toute l’histoire, ceci pour s’entendre répondre:

« Bon, d’accord, collègue, votre histoire est
intéressante, j’en ai d’ailleurs pas mal entendu
parler, mais je ne dispose pas de gros effectifs, et
mes gars sont actuellement pas mal
occupés, alors… »

« N’en dites pas plus, êtes-vous d’accord pour que
je vienne avec mes effectifs ? »

« Bof ! Après tout, pourquoi pas?

Je vous souhaite de capturer votre phénomène, je
vais donner ordre à mes gars de ne pas mettre les
pieds dans la zone pendant 48 heures, et basta. »

« C’est parfait, n’en faites pas plus. »

Il raccrocha et.

« Khelifa, Vernon, dans mon bureau, maintenant ! »

Lorsque ses deux Lieutenant furent sur place:

« Bien, alors Khelifa, vous connaissez
l’adresse, réunissez moi une cinquantaine
d’hommes, armés, tenue de combat, nous partons
pour Nancy.

Laissez une demie douzaine de personnes de
permanence ici, rien d’autre ne presse. »

Pendant que ses adjoints procédaient:

« Bon, il vient de commettre sa première et sa
seule erreur, il va en payer le prix, à nous
de jouer.

C‘est à 150 bornes, il nous faut deux heures pour
y aller, dans la discrétion, mes hommes
connaissent le dispositif que mes Lieutenants ne
vont pas manquer de rappeler, le message
remonte à un peu plus de deux heures, nous
serons à Nancy avant l‘assassin, ce qui nous
donnera le temps de nous répartir comme il faut
près du domicile du gosse, cette fois-ci, Hugo
Koch, à nous deux.»

Une fois sur place, Karl fit répartir ses hommes
dans les coins discrets environnants, le gosse
habitait dans une petite rue mais longue et
comportant pas mal de portes cochères, on
pouvait voir venir les gens de loin, c’était au
mieux, Karl avait pris la précaution de faire
évacuer le gamin et ses parents, qui se trouvaient
dans l’arrière salle d’un bar proche, pour une
période indéterminée, ils pourraient
boire et manger.

Trois heures plus tard, en plein milieu
d’après-midi, une moto, un motard aux cheveux
longs et lunettes noires, entre 20 et 30 ans, c’était
bien lui qui venait en reconnaissance, personne
ne bougea, il stationna un moment devant la porte
du domicile en question, jeta un coup d’œil sur le
panneau signalétique, probablement afin de
repérer l’étage correspondant au nom de sa
future proie, puis il repartit.

Vernon: « Que fait-on, Patron ? »

Karl: « Allons rassurer le gosse et ses
parents, Hugo a une case de vide, mais il n’est
pas assez fou pour attaquer en pleine
journée, par ailleurs, il doit penser que le
gamin est à l’école et préfèrera revenir de
nuit, vers une ou deux heures du matin lorsque
les gens dorment, c’est un paranoïaque qui se
méfie, et veut courir le moins de risque
possible, on va faire en sorte que le bar reste
ouvert jusqu’à deux heures du matin, Hugo n’a
pas vu de piège et ne pense pas que son
message ait pu être intercepté par une autre
personne que son destinataire, il se sent en
sécurité, et fort de ses crimes encore impunis, il
a un excès de confiance en lui, cela va jouer en
notre faveur, il se peut qu’il aille dans un
bar, notamment celui où notre petite famille est
réfugiée, mais il n’aura pas accès à l’arrière
salle, et sa moto est repérable, plus tard, nous
regagnons nos véhicules en planque, certains
de nos hommes iront chercher des sandwichs
et des boissons pour nous permettre d’attendre
le bon moment, s’il revient plus tôt, on le verra. »

Les heures passèrent, vers minuit:

« Bon vigilance maintenant, reprenons nos
places derrières les portes cochères, il ne va pas
tarder, je vais personnellement m’occuper de lui. »

« Attention, Patron, il paraît qu’il a une force peu
commune. »

« Moi aussi, et il n’a pas ma science du
combat, contentez vous de refermer le
cercle, mais il n’y en aura pas pour
longtemps, même s’il a un couteau ou une dague. »

Vers une heure et demie du matin, la moto
revint, en roue libre, il s’arrêta juste devant la
porte, le Commissaire quitta sa planque pour se
promener le long du trottoir, vers Hugo qui le
regarda fixement avant de sortir sa lame.

« Toi, tu pues le flic à trois kilomètres, casse-toi
ou je te plante. »

« Bonsoir Hugo, malheureusement pour toi, ta
lame n’ira pas assez vite. »

L’assurance de Karl surprit Hugo pendant une
fraction de seconde, cela fût suffisant pour
permettre au Commissaire d’appliquer dans la
même seconde  un choku zuki,  un kagi zuki, pour
terminer par un  age zuki, Hugo se retrouva cloué
sur place, comme paralysé, un mae geri puis
un yoko keage l’achevèrent, il était par
terre, inanimé, les policiers s’approchèrent, lui
passèrent les menottes, le fouillèrent, il avait
encore une autre dague, ils l’emmenèrent sur
100 mètres, il essaya bien de se débattre, mais
parmi les policiers, d’autres savaient donner des
coups, il en prit plein la figure, ce qui le
calma, ils le jetèrent dans un panier à salade
spécialement aménagé, la partie était jouée.

Après être retournés au bar, Karl et ses
Lieutenants accompagnèrent la famille jusqu’à
leur domicile, puis prirent le chemin du retour
sur Strasbourg.

Le lendemain matin, Karl Göritz prévint tous ses
collègues concernés par l’affaire, qui quelques
jours plus tard, participèrent à sa joie d’avoir
enfin abouti, au cours d’un bon gueuleton dans
un bon restaurant de Strasbourg.

Dans une quinzaine de jours, le Commissaire
Karl Göritz fêterait ses 40 ans, prendrait deux
semaines de vacances, pour le première fois
depuis six ans, et peut-être que…



-----***-----
 

 
 
     
 
_________________
Cicéron c'est Poincaré.

Bébert


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MessagePosté le: Mar 17 Oct - 11:31 (2017)    Sujet du message: Publicité

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